Résumé de "Non au script | Sortir de la matrice pour choisir la vie, la liberté et l'entrepreneuriat " de MJ DeMarco : ce livre nous explique comment sortir de la matrice du salariat traditionnel et briser les chaînes invisibles du conformisme sociétal pour construire une véritable liberté financière grâce à une entreprise concrète, loin des promesses fallacieuses du système traditionnel.
Par MJ DeMarco, 2020, 615 pages.
Titre original : "Unscripted: Life, Liberty, and the Pursuit of Entrepreneurship", 2023, 432 pages.
Chronique et résumé de "Non au script | Sortir de la matrice pour choisir la vie, la liberté et l'entrepreneuriat" de MJ DeMarco
Avant-propos | : La vie se résume-t‑elle aujourd’hui à payer des factures et attendre le week-end ?
MJ DeMarco commence son livre "Non au script" par une réflexion profonde sur le sens de la vie. Il invite le lecteur à se projeter à la fin de son existence et à s'interroger sur ses potentiels regrets.
L'auteur partage ensuite son expérience personnelle : après avoir vendu sa société Internet et pris sa retraite jeune, il s'est demandé quels conseils il aurait aimé recevoir à 20 ans.
MJ DeMarco explique que son livre va à l'encontre de la pensée communément admise sur le succès et le bonheur. Il critique les ouvrages classiques sur la finance et l'entrepreneuriat, les qualifiant de "contes de fées réconfortants".
L'auteur promet de livrer une vérité crue sur l'entrepreneuriat et la création de richesse, basée sur son expérience personnelle.
Introduction
Dans l'introduction de "Non au script", MJ DeMarco décrit une vie idéale d'abondance et de liberté, affirmant qu'elle est accessible en quelques années seulement. L'auteur se présente comme un entrepreneur ayant réussi sans diplôme prestigieux ni financement extérieur. Il explique la structure de son livre en cinq parties, promettant de révéler le "SCRIPT" - un contrat social implicite qui nous emprisonne dans une vie de labeur.
MJ DeMarco souligne que son ouvrage s'adresse à ceux qui sont insatisfaits de leur situation professionnelle et aspirent à l'entrepreneuriat. Il prévient que le livre sera long et parfois dérangeant, mais promet une transformation profonde pour ceux qui sont prêts à remettre en question leurs convictions et à embrasser le changement.
Première partie | La dissonance... N'y a-t-il pas quelque chose qui cloche ?
L’objectif de l’auteur => la confession
Chapitre 1 - Un lundi comme les autres : une histoire du script
Dans ce premier chapitre, MJ DeMarco brosse le portrait d'une journée typique d'un travailleur pris dans le "SCRIPT".
Il décrit avec un réalisme cru le réveil difficile, les embouteillages, l'atmosphère oppressante du bureau et la désillusion croissante du protagoniste. Il relate la découverte du licenciement d'un collègue et l'augmentation de la charge de travail qui s'ensuit.
MJ DeMarco souligne le sentiment d'être piégé par les dettes et les obligations, ainsi que la frustration face à des rêves qui s'évanouissent. Il dépeint la fin de journée morne, marquée par l'alcool et la télévision, avant que le cycle ne recommence.
À travers ce récit, l'auteur met en lumière la monotonie et le désenchantement d'une vie dictée par le SCRIPT, invitant le lecteur à s'interroger sur sa propre situation.
Chapitre 2 - Cette petite voix que l’on n’écoute pas
Dans ce chapitre, MJ DeMarco approfondit le concept de cette "petite voix" intérieure qui signale que quelque chose ne va pas dans notre vie. L'auteur explique que cette sensation peut prendre différentes formes selon l'âge et la situation de chacun. Il évoque le sentiment d'insignifiance, l'angoisse du dimanche soir, la frustration face à une vie qui ne progresse pas malgré les efforts, et le regret de rêves abandonnés.
Ces malaises sont, pour MJ DeMarco, des signes qu'on a été trompé et qu'on vit sans vraiment être vivant. Il nous invite à prêter attention à cette voix intérieure, souvent étouffée par les distractions quotidiennes, et à nous interroger sur la façon dont on y répond.
Chapitre 3 - La Matrix des temps modernes : le script
Dans le chapitre 3 de son livre "Non au script", MJ DeMarco introduit le concept du "SCRIPT", qu'il compare à la Matrix du film éponyme.
L'auteur relate une expérience personnelle où, observant la foule matinale à Chicago, il a pris conscience d'un comportement robotique généralisé. Il décrit le SCRIPT comme un système d'exploitation par défaut de notre société, une mystification orchestrée par l'intelligence conventionnelle.
MJ DeMarco affirme que ce SCRIPT nous impose une vie inauthentique, préétablie et médiocre, dictée par des normes sociétales. Il met en garde contre ce "génocide de rêves" et invite le lecteur à prendre conscience de cette réalité, comparant cette prise de conscience à l'ingestion de la pilule rouge dans Matrix.
Deuxième partie | Le script... ou comment fonctionne l'asservissement involontaire
L’objectif de l’auteur => la prise de conscience
Chapitre 4 - La vie inauthentique : pris au piège de la pensée d’autrui
Dans le quatrième chapitre de son livre "Non au script", MJ DeMarco approfondit le concept du SCRIPT, qu'il décrit comme un système d'exploitation invisible mais omniprésent qui régit nos vies.
Il dresse un portrait de la vie typique dictée par le SCRIPT, depuis l'obtention d'un diplôme jusqu'à la retraite, en passant par l'endettement, le travail aliénant et la consommation effrénée.
MJ DeMarco dépeint une existence rythmée par des cycles répétitifs de travail, de dépenses et de divertissements, et dans laquelle les rêves sont progressivement abandonnés au profit d'une sécurité illusoire. Il souligne comment le SCRIPT nous pousse à faire confiance aveuglément aux institutions et aux promesses d'une retraite confortable, tout en nous éloignant de nos véritables aspirations.
L'auteur partage ensuite son expérience personnelle, expliquant comment une rencontre fortuite avec un entrepreneur propriétaire d'une Lamborghini a semé en lui la graine du doute envers le SCRIPT. Il raconte comment cette prise de conscience l'a conduit à explorer l'entrepreneuriat comme alternative à la vie conventionnelle.
MJ DeMarco conclut en nous invitant à remettre en question les normes sociales et culturelles qu'on a suivies sans réfléchir, et à évaluer si elles ont vraiment mené à la vie dont on rêvait.
Chapitre 5 - La sagesse conventionnelle : le chemin tout tracé vers une vie conventionnelle
Dans ce chapitre, MJ DeMarco s'attaque à ce qu'il appelle la "sagesse conventionnelle", qu'il décrit comme l'arme la plus puissante du SCRIPT. L'auteur définit cette sagesse comme un ensemble de croyances et de normes sociales largement acceptées mais rarement remises en question.
MJ DeMarco présente une liste d'affirmations courantes qu'il qualifie de "baratin de SCRIPT", comme l'importance d'un diplôme universitaire ou la nécessité d'économiser pour la retraite. Il explique que ces idées sont propagées soit par des personnes "acquises au système", qui répètent simplement ce qu'elles ont appris, soit par des "partisans intéressés" qui en tirent profit.
L'auteur met en garde contre l'acceptation aveugle de ces conseils, soulignant qu'ils mènent souvent à une vie médiocre. Il invite les lecteurs à remettre en question ces croyances et à réfléchir à qui bénéficie réellement de leur adhésion au SCRIPT. MJ DeMarco conclut en encourageant les lecteurs à retrouver leur liberté de pensée et d'action, comme lorsqu'ils étaient enfants et osaient rêver grand.
Chapitre 6 - Le système d’exploitation du script : le Web de la servitude
MJ DeMarco compare ici le SCRIPT à un système d'exploitation conçu pour programmer l'esprit à accepter un asservissement volontaire. L'auteur décrit les composantes de ce système :
Les semeurs : ceux qui propagent la doctrine du SCRIPT,
Les hyperréalités : illusions qui renforcent l'obéissance,
La prostitution temporelle : exploitation du temps des individus,
Les chemins de vie : illusion de choix entre deux voies prédéfinies,
Les distractions : qui masquent le fonctionnement du système,
La citoyenneté M.O.D.E.L. : résultat final produisant des individus Médiocres, Obéissants, Dépendants, Égayés et Léthargiques.
MJ DeMarco souligne que la connaissance est la meilleure défense contre ce système, tandis que l'entrepreneuriat est le moyen de l'attaquer.
Chapitre 7 - Les semeurs : notre vie est moche, alors pourquoi pas la tienne ?
Dans le chapitre 7, l'auteur détaille les six principaux "semeurs" du SCRIPT :
Les proches : famille et amis qui perpétuent inconsciemment le SCRIPT.
Le système éducatif : qui conditionne à l'obéissance et étouffe l'esprit critique.
Les entreprises : qui associent bonheur et consommation.
L'industrie financière : qui promeut des stratégies d'investissement douteuses.
Le gouvernement : qui maintient un système de servitude économique.
Les médias : qui façonnent l'opinion publique et propagent la doctrine du SCRIPT.
Pour chaque semeur, MJ DeMarco donne des exemples concrets de leur influence. Il critique notamment :
L'endoctrinement familial qui décourage les rêves non conventionnels,
Le système éducatif qui détruit l'esprit critique et normalise la médiocrité,
Les publicités qui associent consommation et bonheur,
Les conseils financiers trompeurs promus par l'industrie,
Les promesses fallacieuses des politiciens,
Le manque d'objectivité des médias et leur rôle dans la propagation du SCRIPT.
L'auteur met en garde contre l'acceptation aveugle des idées véhiculées par ces semeurs, encourageant les lecteurs à remettre en question leurs motivations. Il souligne que beaucoup de ces influences servent davantage les intérêts du système que ceux des individus.
MJ DeMarco conclut en invitant le lecteur à réfléchir sur les semeurs qui influencent sa propre vie et à se demander si leurs motivations sont vraiment bienveillantes ou intéressées.
Chapitre 8 - Les hyperréalités : vos capteurs d’illusions
MJ DeMarco introduit ensuite le concept d'hyperréalités, qu'il définit comme des illusions ou simulations de la réalité créées par le SCRIPT. L'auteur explique que ces hyperréalités sont des fausses vérités que notre cerveau accepte sans les remettre en question, ce qui nous empêche de vivre une vie extraordinaire.
MJ DeMarco présente 9 hyperréalités principales :
Les jours de la semaine : l'auteur explique que notre perception du temps en jours nommés est une construction artificielle sans fondement naturel. Il souligne que cette structure temporelle nous conditionne à un rythme de travail et de loisirs prédéfini.
Le consumérisme : MJ DeMarco décrit comment la consommation est présentée comme source de bonheur et de réussite. Il met en garde contre les dettes et l'attachement matériel qui en découlent.
Les études supérieures : l'auteur remet en question l'idée que les diplômes universitaires sont indispensables à la réussite et à l'intelligence. Il critique le système éducatif qui, selon lui, produit des diplômés endettés et mal préparés au monde réel.
L'hyperpersonnalité : MJ DeMarco explique comment les réseaux sociaux et la célébrité créent des versions idéalisées et irréalistes des individus, conduisant à des comparaisons malsaines et à une déconnexion de la réalité.
La réalité virtuelle : l'auteur nous met en garde contre l'addiction aux jeux vidéo et aux mondes virtuels, qui peuvent détourner les gens de leur vie réelle et de leurs objectifs.
Les loisirs : De Marco critique l'investissement émotionnel excessif dans le sport et le divertissement, qui peut devenir une partie importante de l'identité des gens au détriment de leur propre développement.
L'argent : l'auteur rappelle que l'argent n'a de valeur que par convention sociale et que cette valeur peut disparaître en cas d'effondrement du système.
La liberté : MJ DeMarco remet en question l'idée de liberté absolue, arguant que nous sommes tous, dans une certaine mesure, des "garanties" du gouvernement à travers nos contributions économiques.
Les entreprises : L'auteur déconstruit l'idée que les entreprises sont des entités sans visage, rappelant qu'elles sont dirigées et composées de personnes réelles.
Tout au long du chapitre, MJ DeMarco utilise des exemples concrets et des anecdotes personnelles pour illustrer ces hyperréalités. Il explique notamment comment sa perception des voitures de luxe a changé après avoir acheté une Lamborghini, révélant l'aspect illusoire du statut lié à certains biens de consommation.
Pour l'auteur, il est primordial de prendre conscience de ces hyperréalités pour pouvoir s'en libérer. Il encourage les lecteurs à activer leur Système d'Activation Réticulaire (SAR) pour commencer à voir au-delà de ces illusions. MJ DeMarco souligne que cette prise de conscience est essentielle pour réécrire ses croyances et, par conséquent, transformer sa vie.
En conclusion, l'auteur nous invite à réfléchir sur les hyperréalités qui jouent un rôle prépondérant dans notre vie et à envisager comment notre prise de conscience pourrait modifier notre interaction future avec ces illusions. MJ DeMarco suggère que cette remise en question est une étape clé pour sortir du SCRIPT et vivre une vie plus authentique et épanouissante.
Chapitre 9 - La prostitution temporelle : échanger du bon temps contre du mauvais
Dans le chapitre 9 de "Non au script", MJ DeMarco introduit le concept de "prostitution temporelle", qu'il définit comme l'échange du temps contre de l'argent, souvent au détriment de la qualité de vie. L'auteur souligne que le temps est une ressource limitée et non renouvelable, contrairement à l'argent.
MJ DeMarco utilise une anecdote personnelle de son adolescence pour illustrer sa prise de conscience sur la valeur du temps. Il explique comment le SCRIPT nous conditionne à échanger notre temps de jeunesse contre un hypothétique temps libre à la retraite.
L'auteur fait la distinction entre le "temps libre" et le "temps sous contrat", mettant en garde contre le fait de sacrifier trop de temps libre pour du temps sous contrat. Il conclut en comparant deux modes de vie hypothétiques pour souligner l'importance de valoriser le temps libre tout au long de la vie, plutôt que de le reporter à la retraite.
Chapitre 10 - Les chemins de la vie : deux portes, un abattoir, aucune différence
MJ DeMarco présente ici ce qu'il appelle "les chemins de la vie" proposés par le SCRIPT. Ces chemins, affirme-t-il, sont en réalité une illusion de choix, tous deux menant à une vie insatisfaisante.
MJ DeMarco décrit d'abord le "Trottoir", un mode de vie axé sur la consommation immédiate et l'endettement. Il explique comment ce chemin est encouragé dès l'université, menant à un cycle de dépenses et de travail pour rembourser les dettes.
Ensuite, l'auteur présente la "Voie lente", présentée comme l'alternative responsable. MJ DeMarco critique cette approche qui prône l'épargne drastique et l'investissement à long terme, la qualifiant de plan "Espérez, arrêtez et attendez". De nombreuses hypothèses optimistes sont nécessaires pour que cette stratégie fonctionne.
L'auteur nous met en garde contre la privation excessive prônée par les adeptes de la Voie lente, arguant qu'elle conduit à "arrêter de vivre et commencer à mourir". Il critique également l'industrie financière qui profite de ces conseils sans nécessairement les suivre elle-même.
MJ DeMarco conclut en soulignant que ces deux chemins sont des pièges du SCRIPT, conduisant à une vie de servitude soit envers la consommation, soit envers un futur incertain. Il nous encourage à réfléchir sur notre propre chemin de vie et à nous demander s'il nous mènera vraiment à la vie que nous désirons.
Chapitre 11 - Les distractions : le ministère des loisirs et Chapitre 12 : La citoyenneté M.O.D.E.L. Numéro de série #666-77-8888
Dans ces deux derniers chapitres 11 et 12, MJ DeMarco aborde le rôle des distractions et le concept de "citoyenneté M.O.D.E.L." dans le SCRIPT.
L'auteur explique que les distractions servent à détourner l'attention des problèmes réels et à maintenir les gens dans le système.
MJ DeMarco introduit ensuite l'acronyme M.O.D.E.L. - Médiocre, Obéissant, Dépendant, Égayé, Léthargique - pour décrire l'état final d'une personne piégée dans le SCRIPT. Il compare ce processus à une grenouille dans une marmite d'eau chauffée lentement, soulignant la difficulté de s'en échapper une fois pris au piège.
L'auteur conclut en nous encourageant à rejeter ce système et à reprendre le contrôle de leur vie.
Troisième partie | L'alternative: vivre sans script
L’objectif de l’auteur => la vision
Chapitre 13 - La vie sans script, c’est adopter l’esprit "rien à foutre"
MJ DeMarco démarre cette nouvelle partie de "Non au script" en nous présentant sa vision d'une vie libérée du SCRIPT, qu'il résume par l'expression "rien à foutre".
L'auteur décrit 5 libertés fondamentales qui caractérisent cette existence :
La liberté par rapport au travail : MJ DeMarco explique qu'il n'a plus besoin de travailler, mais choisit de le faire par passion.
La liberté financière : il illustre cela en racontant comment il a acheté sa maison cash et possède ses voitures sans crédit.
La liberté face aux hyperréalités : l'auteur relate comment il est devenu insensible aux distractions de la culture populaire et de la consommation ostentatoire.
La liberté par rapport à l'espoir et à la dépendance : MJ DeMarco souligne qu'il ne dépend pas des marchés financiers traditionnels pour sa richesse.
La liberté face à l'ordinaire et à la routine : il décrit comment il a échappé aux normes sociales et aux routines quotidiennes imposées par le travail traditionnel.
Pour chaque liberté, l'auteur donne des exemples concrets de sa vie, comme le fait de ne pas se soucier des fluctuations boursières ou de pouvoir s'habiller comme il le souhaite.
MJ DeMarco conclut en nous proposant d'imaginer notre propre vie libérée du SCRIPT, à réfléchir à ce que nous ferions ou ne ferions pas dans une telle existence.
Chapitre 14 - D’abord "ras-le-bol" puis "rien à foutre"
Pas fait ?
Quatrième partie | L'évasion... Le cadre de l'entrepreneur pour la vie hors script
Chapitre 15 - Le Cadre de l’entrepreneur pour la vie hors script (CEVHS) CROYANCES, BIAIS ET CONNERIES (CBC)
Dans ce chapitre de "Non au script", MJ DeMarco présente le Cadre de l'Entrepreneur pour la Vie Hors Script (CEVHS), qu'il décrit comme un plan directeur pour réussir dans la vie, la liberté et l'entrepreneuriat.
L'auteur explique que ce cadre est le fruit de ses années d'observation et d'interaction avec des entrepreneurs.
MJ DeMarco détaille la structure du CEVHS, qui comprend cinq phases de pensées et d'actions. Il illustre le cadre à travers un diagramme en 3D et une formule mathématique, et souligne l'importance de chaque composante.
L'auteur met en avant le concept du "point G entrepreneurial", le moment où la vie change radicalement. Il partage son expérience personnelle pour illustrer ce concept.
MJ DeMarco explique ensuite les deux processus essentiels du cadre : les microprocessus (schémas de pensée) et les macroprocessus (actions répétées et modifiées). Ces deux aspects, affirme-t-il, sont essentiels pour atteindre le succès.
Enfin, l'auteur insiste sur la nécessité de remettre en question les croyances existantes et de les reprogrammer pour sortir du SCRIPT. Il présente les huit croyances dichotomiques qu'il faut exposer et polariser pour réussir.
Chapitre 16 - La prison que nous nous imposons : croyances, biais et conneries (CBC)
MJ DeMarco introduit, dans ce chapitre, le concept de Croyances, Biais et Conneries (CBC). L'auteur explique que ces éléments forment les cartes mentales qui guident ou entravent la transformation personnelle.
MJ DeMarco souligne l'importance de remettre en question ces CBC, souvent hérités de notre environnement ou imposés par la société. Il met en garde contre l'acceptation aveugle des idées reçues et encourage les lecteurs à développer leur pensée critique.
L'auteur insiste sur le fait que ces CBC maintiennent le système d'exploitation du SCRIPT en place. Il invite les lecteurs à reprogrammer ces blocs de code défectueux pour pouvoir poursuivre une vie hors script.
Chapitre 17 - Ces mensonges que nous croyons : les 8 croyances dues à des escroqueries
Dans ce chapitre, MJ DeMarco aborde le concept des "trois hommes donnent naissance à un tigre", un proverbe chinois illustrant notre tendance à accepter des informations fausses si elles sont répétées suffisamment.
L'auteur critique la façon dont nous adoptons souvent des croyances sans les remettre en question, qu'elles viennent de notre famille, de notre communauté ou des médias. Il souligne l'importance de développer une pensée indépendante.
MJ DeMarco encourage les lecteurs à examiner leurs croyances et à se demander d'où elles viennent. Il met en garde contre les dangers de suivre aveuglément la pensée collective et invite à cultiver un esprit critique pour échapper au SCRIPT.
Chapitre 18 - Croyance #1 L’arnaque du raccourci : qui dit ordinaire n’implique pas extraordinaire
Dans ce chapitre, MJ DeMarco introduit le concept de "l'arnaque du raccourci", qu'il définit comme la croyance erronée que des résultats extraordinaires peuvent être obtenus sans effort grâce à des secrets ou des astuces miraculeuses. L'auteur explique que cette arnaque est omniprésente dans notre société, des publicités pour les régimes miracles aux promesses de succès financier rapide.
MJ DeMarco oppose cette mentalité à ce qu'il appelle le "principe du processus", qui reconnaît que des résultats extraordinaires nécessitent des efforts extraordinaires, des habitudes quotidiennes et des sacrifices. Il souligne que la plupart des gens sont attirés par l'idée de résultats rapides et faciles, mais que cette approche mène rarement au succès durable.
L'auteur présente ensuite 9 étapes pour adopter un état d'esprit axé sur le processus :
Prendre conscience des défauts neurologiques qui nous poussent à rechercher des raccourcis.
Modifier ses attentes et réévaluer la difficulté réelle des objectifs.
Identifier et visualiser clairement la cible à atteindre.
Attribuer un chiffre précis à son objectif pour le rendre mesurable.
Décomposer l'objectif en actions quotidiennes concrètes.
Identifier les menaces potentielles à la réalisation de l'objectif.
Reconnaître les véritables champs de bataille où se joue le succès.
Associer les mauvaises habitudes à des inconvénients pour les rendre moins attrayantes.
Agir de manière constante jusqu'à obtenir un retour positif.
MJ DeMarco insiste sur l'importance de transformer les actions en habitudes et de persévérer jusqu'à ce que les efforts commencent à porter leurs fruits. Il utilise l'analogie des dominos pour illustrer comment de petites actions quotidiennes peuvent mener à des changements importants au fil du temps.
L'auteur conclut en soulignant que le véritable changement ne vient pas de raccourcis ou d'événements ponctuels, mais d'un processus quotidien intégré dans la vie de chacun. Il nous conseille de nous concentrer sur les petites améliorations constantes plutôt que de rechercher des solutions miracles.
Chapitre 19 - Croyance #2 L’arnaque spéciale : "Je ne suis pas bon à ça"
MJ DeMarco aborde ici "l'arnaque spéciale", une croyance trompeuse selon laquelle nos talents innés suffisent à réaliser nos rêves ou sont immuables. L'auteur explique que cette mentalité peut nous empêcher de travailler dur pour nous améliorer.
MJ DeMarco critique la culture actuelle qui surprotège les jeunes et leur donne un faux sentiment de supériorité. Il met en garde contre les dangers d'un "état d'esprit fixe", qui considère les talents comme des caractéristiques immuables.
L'auteur présente les recherches de Carol Dweck sur les effets néfastes des louanges basées sur l'intelligence plutôt que sur l'effort. Il souligne comment cela peut conduire à éviter les défis et à mentir pour cacher ses faiblesses.
En contraste, MJ DeMarco prône un "état d'esprit de développement" et le principe Kaizen d'amélioration continue. Il encourage les lecteurs à se concentrer sur leur propre progression plutôt que sur la comparaison avec les autres, et à valoriser les efforts et le processus d'apprentissage plutôt que les résultats immédiats.
Chapitre 20 - Croyance #3 L’arnaque de la consommation : combien ça a coûté ?
MJ DeMarco introduit aussi le concept de "l'arnaque de la consommation". Selon l'auteur, cette croyance erronée consiste à percevoir la consommation comme indépendante de la production.
MJ DeMarco illustre cette idée en décrivant sa visite à une décharge municipale, où il réalise que tous les objets jetés ont un jour été achetés, souvent à crédit. Il souligne que l'endettement est en réalité un déficit de production.
L'auteur critique la culture consumériste qui pousse les gens à dépenser plus qu'ils ne produisent. Il donne l'exemple d'Antoine Walker, joueur de NBA qui a dilapidé ses millions en consommation excessive.
L'alternative proposée est alors le "producteurisme", qui consiste à se concentrer sur la création de valeur plutôt que sur la consommation. Dans cette idée, l'auteur nous conseille d'adopter une mentalité de producteur, en créant des produits ou services plutôt que de simplement les consommer.
Chapitre 21 - Croyance #4 L’arnaque de l’argent : "Si je le veux, je serai riche"
MJ DeMarco aborde, dans ce chapitre, "l'arnaque de l'argent", une croyance qui pousse les gens à poursuivre l'argent comme une fin en soi. L'auteur explique que cette approche est inefficace et souvent contre-productive.
MJ DeMarco définit l'argent comme un médiateur de valeur perçue entre deux parties. Il souligne l'importance de comprendre la différence entre valeur réelle et valeur perçue.
L'auteur critique les "traqueurs d'argent" qui sautent d'une opportunité à l'autre sans créer de réelle valeur. Il propose à la place le "principe du chèque-valeur", qui consiste à se concentrer sur la création et la livraison de valeur réelle.
MJ DeMarco conclut en encourageant les lecteurs à adopter une approche centrée sur la valeur plutôt que sur l'argent, affirmant que c'est la clé pour attirer la richesse de manière honorable et durable.
Chapitre 22 - Croyance #5 L’arnaque de la pauvreté : "Je suis pauvre parce que tu es riche"
MJ DeMarco débute ce chapitre par une anecdote provocatrice sur un homme obèse dans un buffet, pour illustrer l'absurdité de croire qu'une personne est pauvre parce qu'une autre est riche. L'auteur explique que cette croyance, qu'il appelle "l'arnaque de la pauvreté", découle d'une incompréhension de la valeur perçue versus la valeur réelle.
Il souligne que les escrocs exploitent souvent ce décalage entre valeur perçue et réelle. DeMarco donne l'exemple historique de Victor Lustig et ses fausses machines à imprimer de l'argent, ainsi que des arnaqueurs modernes dans le marketing en ligne.
L'auteur critique ce qu'il nomme le "BRO-marketing", des tactiques marketing agressives vendant des produits sans réelle valeur. Il affirme que ces pratiques ont corrompu l'entrepreneuriat.
MJ DeMarco explique ensuite comment cette mentalité mène à "l'histoire du méchant" - la croyance que les riches sont nécessairement égoïstes et malhonnêtes. Il illustre comment les médias et la politique renforcent cette perception.
Pour contrer cette mentalité, l'auteur propose le concept de "principe fiduciaire". Il encourage les entrepreneurs à créer de la valeur réelle et à être des atouts pour la société, plutôt que de se concentrer uniquement sur les profits.
MJ DeMarco conclut en soulignant que la vraie richesse provient de la création d'une grande valeur, pas de l'exploitation des autres. Il invite les lecteurs à réfléchir à leur relation avec l'argent et à la façon dont ils créent de la valeur.
Chapitre 23 - Croyance #6 L’arnaque de la chance : il n’y a que ceux qui jouent qui peuvent gagner
MJ DeMarco s'attaque à l'idée que le succès est principalement dû à la chance.
L'auteur commence par énumérer ironiquement toutes les fois où il a "eu de la chance" dans sa vie, montrant que ces moments étaient en réalité le résultat de choix et d'actions délibérés.
MJ DeMarco explique que la croyance en la chance comme facteur principal de réussite est une illusion. Il souligne que cette mentalité peut être handicapante, car elle diminue la motivation et le sentiment de contrôle sur sa vie.
L'auteur introduit le concept de "déplacement de la probabilité". Il encourage les lecteurs à créer leurs propres opportunités en agissant de manière répétée et en apprenant de leurs échecs.
MJ DeMarco utilise la métaphore d'un distributeur de chewing-gums pour illustrer comment nos actions influencent nos résultats. Il insiste sur l'importance de persévérer et de continuer à "tourner la manivelle" pour augmenter ses chances de succès.
Le chapitre se conclut en nous proposant de prendre le contrôle de notre destin plutôt que d'attendre passivement la chance.
Chapitre 24 - Croyance #7 L’arnaque de la frugalité : vivez pauvre, mourez riche
Ici, MJ DeMarco critique l'idée que l'extrême frugalité est la clé de la richesse.
L'auteur compare cette mentalité à jouer en défense au baseball sans jamais attaquer. Il argumente que se concentrer uniquement sur la réduction des dépenses limite le potentiel de croissance financière.
MJ DeMarco introduit le concept de "levier illimité contrôlable" (LIC), soulignant l'importance de se concentrer sur l'augmentation des revenus plutôt que sur la simple réduction des dépenses.
Il conclut en encourageant une approche équilibrée, combinant une gestion prudente des dépenses avec des stratégies proactives pour augmenter les revenus.
Chapitre 25 - Croyance #8 L’arnaque de l’intérêt composé : ce n’est pas Wall Street qui va vous enrichir
MJ DeMarco remet en question l'idée répandue que l'investissement à long terme sur les marchés financiers est le meilleur moyen de s'enrichir.
L'auteur commence par critiquer ce qu'il appelle "l'arnaque de l'intérêt composé", c'est-à-dire la croyance que les investissements réguliers sur le marché boursier rendront inévitablement les gens riches à long terme. Il souligne que cette idée est souvent promue par l'industrie financière et les médias, créant ce qu'il appelle le "Graphique utopique".
DeMarco identifie 3 facteurs principaux qui rendent l'intérêt composé moins efficace qu'on ne le prétend souvent :
Le temps : l'auteur argue que la plupart des gens commencent à investir trop tard et que les calculs d'intérêt composé supposent souvent des périodes irréalistes.
La réalité : MJ DeMarco souligne que les rendements réels sont souvent bien inférieurs aux projections optimistes, et que les risques et la volatilité du marché sont souvent sous-estimés.
L'inflation : l'auteur rappelle que l'inflation érode le pouvoir d'achat au fil du temps, réduisant ainsi la valeur réelle des gains d'investissement.
MJ DeMarco critique également le "biais du survivant" dans les histoires de succès financier, notant que nous entendons rarement parler des nombreuses personnes qui n'ont pas réussi à s'enrichir grâce à l'investissement à long terme.
L'auteur met en garde contre la confiance aveugle dans les "experts" financiers et les gourous de l'investissement, soulignant que beaucoup d'entre eux gagnent plus d'argent en vendant des conseils qu'en investissant eux-mêmes.
Au lieu de compter uniquement sur l'intérêt composé, MJ DeMarco propose le "principe du capital". Cette approche consiste à utiliser les marchés financiers pour le revenu, le déploiement du capital et la liquidité, plutôt que comme principal moyen de création de richesse.
Pour l'auteur, il faut se concentrer d'abord sur la création de richesse par l'entrepreneuriat et la création de valeur. Une fois qu'une personne a accumulé un capital important, l'intérêt composé peut alors devenir un outil puissant pour générer des revenus passifs.
MJ DeMarco partage ses propres stratégies d'investissement, qui incluent des obligations, des actions à dividendes et des fonds d'investissement immobilier (REIT). Il souligne que ces investissements lui permettent de générer des revenus passifs substantiels, mais seulement après avoir accumulé un capital important grâce à l'entrepreneuriat.
L'auteur conclut en encourageant les lecteurs à ne pas compter uniquement sur l'intérêt composé pour créer de la richesse. Il les exhorte plutôt à se concentrer sur la création de valeur par l'entrepreneuriat, l'innovation et la résolution de problèmes. Une fois qu'ils auront accumulé un capital substantiel, ils pourront alors utiliser les marchés financiers de manière plus efficace pour préserver et faire fructifier leur richesse.
MJ DeMarco rappelle que la véritable création de richesse provient de la fourniture de valeur à grande échelle, et non de l'attente passive que le marché boursier fasse le travail à notre place. Il encourage les lecteurs à adopter une mentalité de "producteur" plutôt que celle d'un simple investisseur, affirmant que c'est la voie la plus sûre vers la liberté financière et la création de richesse significative.
Chapitre 26 - Les biais : les illusions de votre cerveau
MJ DeMarco examine ici les différents biais cognitifs qui peuvent entraver notre réussite et notre prise de décision.
L'auteur commence par décrire le conflit interne entre notre "moi authentique" qui aspire au succès, et notre cerveau, qui préfère la sécurité et la prévisibilité. MJ DeMarco identifie 7 "batailles du cerveau" principales :
La résistance au changement : notre tendance à préférer le statu quo, même lorsque le changement est nécessaire. L'auteur souligne que le changement est souvent la clé du succès et de l'innovation.
L'apathie antithétique : le conflit interne qui se produit lorsque nos croyances sont en contradiction avec nos objectifs. DeMarco encourage à aligner nos croyances avec nos aspirations.
Le culte des podiums : la tendance à imiter aveuglément les stratégies de réussite des autres, sans tenir compte du contexte ou de notre situation personnelle.
La paralysie de l'élan : notre difficulté à changer de direction une fois engagés dans une voie, même si elle n'est plus bénéfique.
La volonté d'avoir toujours raison : notre tendance à chercher la confirmation de nos croyances plutôt que de remettre en question nos idées préconçues.
Le lavage à la Semmel : la résistance que nous rencontrons lorsque nous défions les conventions établies. DeMarco utilise l'histoire du Dr Ignaz Semmelweis pour illustrer ce point.
Le culte des survivants : notre tendance à nous focaliser sur les réussites exceptionnelles tout en ignorant les nombreux échecs, ce qui peut conduire à des attentes irréalistes.
MJ DeMarco explique comment ces biais peuvent nous empêcher de prendre des décisions éclairées et de progresser vers nos objectifs. Il souligne l'importance d'être conscient de ces biais et de les remettre activement en question.
L'auteur propose plusieurs stratégies pour surmonter ces biais :
Adopter une approche plus "vulcaine" (logique) et moins émotionnelle dans notre prise de décision.
Remettre régulièrement en question nos croyances et nos hypothèses.
Être prêt à changer de direction lorsque les circonstances l'exigent.
Rechercher activement des points de vue différents et des informations qui pourraient contredire nos croyances.
MJ DeMarco insiste sur l'importance de "penser à notre façon de penser". Il encourage les lecteurs à examiner leurs processus mentaux et à identifier les biais qui pourraient les freiner.
L'auteur conclut en soulignant que la prise de conscience de ces biais est la première étape pour les surmonter. Il encourage les lecteurs à développer une mentalité plus flexible et adaptable, capable de remettre en question les conventions et d'embrasser le changement lorsque c'est nécessaire.
MJ DeMarco affirme que la maîtrise de ces biais est essentielle pour réussir en tant qu'entrepreneur et pour vivre une vie "hors script". Il invite les lecteurs à voir ces défis comme des opportunités de croissance personnelle et professionnelle.
Chapitre 27 - Les conneries des professionnels du genre : excuses, clichés et sectes
LA RAISON D’ÊTRE (RÊ)
Dans le chapitre de "Non au script", MJ DeMarco aborde les pièges mentaux courants qui peuvent entraver le succès entrepreneurial.
L'auteur identifie 3 grandes catégories de "conneries" :
Les excuses : MJ DeMarco utilise l'analogie d'un bodybuilder qui saute les entraînements des jambes pour illustrer comment nous nous justifions souvent de ne pas faire ce qui est nécessaire. Il appelle cela le "dogme cérébral", un ensemble d'excuses que nous utilisons pour protéger notre ego et éviter de sortir de notre zone de confort.
Les clichés : des mantras et proverbes simplistes que nous acceptons sans réfléchir. L'auteur met en garde contre ces phrases toutes faites qui peuvent limiter notre pensée et notre action.
Les sectes et leurs chefs : DeMarco critique les gourous et les leaders charismatiques qui offrent des solutions simples à des problèmes complexes.
L'auteur propose ensuite 3 techniques pour surmonter ces pièges mentaux :
Le questionnement socratique : Une méthode d'auto-interrogation pour remettre en question nos hypothèses et nos croyances.
Le corollaire du cancer : Un exercice mental qui nous pousse à réfléchir à ce qui compte vraiment en imaginant un scénario de vie ou de mort.
Les cataclysmes de l'identité : L'idée que de profonds changements de comportement surviennent souvent après des expériences émotionnelles intenses qui transforment notre identité.
MJ DeMarco souligne l'importance de l'authenticité, en particulier lorsqu'on écoute des conseils d'experts ou de gourous. Il encourage les lecteurs à se méfier des paradoxes vivants - ceux qui prêchent une chose mais en pratiquent une autre.
L'auteur conclut en insistant sur le fait que l'entrepreneuriat "vit et meurt dans la tête". Il nous encourage à maîtriser nos croyances, biais et "conneries" pour nous préparer à une vie entrepreneuriale réussie.
Pour MJ DeMarco, nous devrons vivre l'entrepreneuriat plutôt que de simplement l'essayer. Ce dernier nous suggère de remettre constamment en question nos pensées et nos croyances, certain que c'est la clé pour sortir du "script" conventionnel et atteindre le succès entrepreneurial.
Chapitre 28 - La raison d’être : l’irrépressible volonté de gagner
MJ DeMarco explique que la raison d'être est le moteur principal de la réussite entrepreneuriale. Il la décrit comme une force puissante qui pousse à l'action malgré les obstacles.
L'auteur présente le cycle de motivation, où la raison d'être alimente l'action, qui génère des résultats, créant ainsi une boucle de rétroaction positive.
MJ DeMarco souligne l'importance d'avoir des raisons solides pour persévérer face aux défis. Il encourage les lecteurs à identifier leurs propres raisons profondes, au-delà des simples désirs superficiels.
L'auteur conclut que la raison d'être est essentielle pour maintenir la motivation et surmonter les difficultés inhérentes à l'entrepreneuriat.
Chapitre 29 - Poursuivre sa passion, faire ce que l’on aime… Les deux pires conseils qui soient
MJ DeMarco critique vivement deux conseils populaires : "Faites ce que vous aimez" et "Poursuivez votre passion". Il les qualifie de "pires conseils qui soient".
L'auteur explique que ces mantras sont souvent mal interprétés et peuvent mener à des décisions de carrière désastreuses. Il souligne que la passion seule ne suffit pas à garantir le succès entrepreneurial.
MJ DeMarco dénonce le "biais du survivant", notant que nous entendons rarement parler des nombreux passionnés qui ont échoué. Il argue que le marché se soucie peu de votre passion, mais valorise la résolution de problèmes et la création de valeur.
L'auteur propose une alternative : se concentrer sur la création de valeur pour les autres. Il suggère que la vraie passion émerge souvent après avoir maîtrisé une compétence et connu le succès, plutôt que d'être le point de départ.
MJ DeMarco introduit le concept de "boucle de rétroaction" comme clé de la passion durable. Il explique que le succès et la reconnaissance alimentent la passion, créant un cycle vertueux.
L'auteur conclut en nous encourageant à privilégier une forte raison d'être et la création de valeur, plutôt que de simplement suivre notre passion. Il soutient que cette approche est plus susceptible de mener au succès entrepreneurial et à une passion authentique.
MJ DeMarco termine en rappelant que la passion peut fluctuer, mais qu'une solide raison d'être et un engagement à créer de la valeur sont des fondations plus stables pour une carrière entrepreneuriale réussie.
Chapitre 30 - Suscitez votre raison d’être, dynamisez votre âme
MJ DeMarco explore ensuite la manière de trouver et cultiver sa raison d'être. Il souligne l'importance d'avoir un but profond qui transcende les distractions quotidiennes.
L'auteur propose plusieurs approches pour découvrir sa raison d'être :
Réfléchir à ce qu'on ferait après avoir gagné un milliard de dollars
S'engager dans diverses activités pour trouver ce qui nous anime
Être attentif aux moments marquants de la vie qui peuvent révéler un but
MJ DeMarco introduit le "défi de la valeur", un exercice visant à créer de la valeur pour les autres en apprenant une nouvelle compétence. Il explique que cette expérience peut aider à découvrir une raison d'être entrepreneuriale.
L'auteur aborde ensuite le concept d'autonomie comme clé du bonheur. Il argue que l'argent peut acheter le bonheur s'il est utilisé pour accroître l'autonomie et le contrôle sur sa vie.
MJ DeMarco met l'accent sur l'importance d'avoir un "lieu de maîtrise interne" - la croyance qu'on peut influencer sa vie par ses choix. Il encourage les lecteurs à remettre en question leurs limitations perçues et à prendre le contrôle de leur destin.
En conclusion, l'auteur insiste sur le fait que trouver et nourrir sa raison d'être est essentiel pour réussir en tant qu'entrepreneur et mener une vie épanouissante hors du script conventionnel.
AUTOROUTE DE L’ENTREPRENEUR (AE)
Chapitre 31 - Comment créer une entreprise qui transforme votre vie
MJ DeMarco partage ses expériences d'échecs entrepreneuriaux pour illustrer que l'échec est une partie normale du parcours d'un entrepreneur. Il compare l'entrepreneuriat au baseball, où même les meilleurs joueurs échouent souvent.
L'auteur introduit le concept d'"Autoroute de l'entrepreneur" comme un moyen d'augmenter les chances de succès. Il le décrit comme une structure composée de six éléments clés qui, lorsqu'ils sont mis en œuvre, peuvent considérablement améliorer les probabilités de réussite d'une entreprise.
DeMarco conclut en encourageant les entrepreneurs à persévérer malgré les échecs, en utilisant l'Autoroute de l'entrepreneur comme guide.
Chapitre 32 - La productocratie : comment faire marcher la planche à billets (et bien dormir)
MJ DeMarco introduit le concept de "productocratie", qu'il définit comme une entreprise qui attire naturellement l'argent grâce à la valeur exceptionnelle qu'elle crée. L'auteur illustre ce concept avec l'exemple de chaînes de restaurants qui prospèrent sans publicité.
MJ DeMarco explique que dans une productocratie, le produit se vend de lui-même grâce au bouche-à-oreille et à la satisfaction des clients. Il contraste cette approche avec les entreprises dépendantes de la publicité, qu'il considère comme ayant souvent des produits médiocres.
L'auteur développe la notion de "pull" (attraction) versus "push" (poussée), arguant que les entreprises à succès attirent naturellement les clients plutôt que de les pousser à l'achat via la publicité.
MJ DeMarco met en garde contre la facilité apparente de certains modèles d'affaires, comme l'auto-édition ou la vente sur Amazon. Il souligne que ces marchés saturés rendent difficile la différenciation et la rentabilité.
L'auteur conclut en encourageant les entrepreneurs à se concentrer sur la résolution de problèmes réels et la création de valeur unique, plutôt que de rechercher des solutions toutes faites ou des raccourcis vers le succès. Il insiste sur l'importance de développer un produit ou service remarquable qui génère naturellement de la demande.
Chapitre 33 - Le commandement du Contrôle : possédez ce que vous construisez
MJ DeMarco présente le "commandement du Contrôle" comme un principe clé pour les entrepreneurs qui souhaitent se détacher du script conventionnel. Il utilise la métaphore du requin et du guppy pour illustrer l'importance d'être maître de son entreprise plutôt que dépendant d'autres entités.
L'auteur met en garde contre les modèles d'affaires où le succès dépend entièrement de plateformes ou d'entreprises tierces, comme le marketing de réseau ou la vente exclusive sur Amazon. Il souligne les risques de voir son entreprise anéantie par une simple décision d'un tiers.
MJ DeMarco encourage les entrepreneurs à construire des entreprises qu'ils contrôlent pleinement ou dont l'influence est diversifiée. Il insiste sur l'importance de posséder sa propre marque et de réduire les risques catastrophiques.
L'auteur conclut en soulignant que le véritable entrepreneuriat implique de diriger plutôt que d'être dirigé, et de créer sa propre valeur plutôt que de dépendre des systèmes d'autres entreprises.
Chapitre 34 - Le commandement de l’Entrée : qui dit difficulté dit opportunité !
Dans ce chapitre, MJ DeMarco introduit le "commandement de l'Entrée", un principe qui stipule que plus il est facile d'entrer sur un marché, moins l'opportunité est intéressante. L'auteur utilise l'analogie d'une ville saturée de restaurants pour illustrer ce concept.
MJ DeMarco explique que la "facilitation", ou la réduction des barrières à l'entrée, attire souvent une concurrence intense et réduit les marges de profit. Il critique les entrepreneurs qui recherchent uniquement des opportunités faciles, argumentant que la véritable valeur se trouve dans la résolution de problèmes difficiles.
L'auteur souligne que les meilleures opportunités entrepreneuriales sont souvent celles qui semblent les plus difficiles à réaliser. Il encourage les lecteurs à voir la difficulté comme un signe d'opportunité potentielle plutôt que comme un obstacle.
MJ DeMarco illustre son propos avec des exemples d'entrepreneurs qui ont réussi en s'attaquant à des problèmes complexes et en persévérant malgré les difficultés initiales.
L'auteur conclut en expliquant que même dans des marchés à faibles barrières d'entrée, le succès est possible grâce à une exécution excellente. Il souligne l'importance du processus et de l'engagement à long terme, plutôt que la recherche de solutions rapides et faciles.
MJ DeMarco encourage les entrepreneurs à embrasser les défis et à être prêts à faire ce que les autres ne feront pas pour réussir.
Chapitre 35 - Le commandement du Besoin : comment créer une opportunité dans n’importe quel secteur
MJ DeMarco aborde ici le "commandement du Besoin", qu'il considère comme le plus important des cinq commandements pour créer une productocratie. L'auteur affirme que ce commandement définit l'opportunité entrepreneuriale.
MJ DeMarco explique que le commandement du Besoin stipule qu'une entreprise peut se développer et générer des bénéfices si elle apporte une valeur relative qui répond à des besoins ou des désirs. Il souligne l'importance de créer de la valeur plutôt que de simplement vouloir devenir riche.
L'auteur introduit le concept de "concours des valeurs", expliquant que chaque achat implique une évaluation pondérée des différents attributs d'un produit ou service. Il présente "l'éventail des valeurs", une liste d'attributs qui caractérisent intrinsèquement toutes les offres du marché.
MJ DeMarco met l'accent sur l'importance de la "manipulation de la valeur" pour gagner des ventes et dominer les marchés. Il conseille aux entrepreneurs d'identifier et d'améliorer chaque attribut de valeur de leur produit ou service.
L'auteur présente ensuite 13 façons de trouver des idées d'"Autoroute" :
La langue : être attentif aux plaintes et aux expressions de frustration.
Le côté pratique : rendre les choses plus faciles ou plus pratiques.
La simplification et/ou la facilitation : simplifier ce qui est compliqué.
Les désirs : Répondre aux envies, même si elles ne sont pas des besoins.
Les lacunes dans un service : offrir un meilleur service client.
L'arbitrage géographique : proposer quelque chose de commun dans une région où c'est rare.
Nourrir les foules qui violent le commandement de l'entrée : servir ceux qui se lancent dans des marchés saturés.
L'arbitrage de valeur : ajouter de la valeur à quelque chose d'existant.
La réaffectation : réutiliser des matériaux ou objets à d'autres fins.
L'arbitrage marketing : optimiser le marketing d'un actif sous-exploité.
Le surcapitalisme : répondre aux besoins négligés par les grandes entreprises trop focalisées sur les profits.
La rétrogradation des parties prenantes : saisir les opportunités quand les entreprises négligent leurs clients au profit des actionnaires.
L'amélioration (et la suppression) : améliorer des produits existants ou supprimer des aspects indésirables.
MJ DeMarco met en garde contre 6 mythes ou pièges à éviter concernant la manipulation de valeur :
Le mythe du marché : ignorer le marché et se concentrer uniquement sur ses propres désirs.
Le mythe de l'isolement : se focaliser sur un seul attribut (souvent le prix) au détriment des autres.
Le mythe du blockbuster : croire qu'il faut inventer quelque chose de totalement nouveau.
Le mythe de la salle bondée : penser qu'il n'y a pas de place sur un marché existant.
Le mythe de la salle vide : croire qu'il n'y a pas de marché si personne ne fait déjà quelque chose.
Le mythe de l'utilisation : penser qu'on doit être un utilisateur passionné de son propre produit.
L'auteur souligne l'importance de l'expérience dans un secteur pour identifier des opportunités. Il explique que de nombreuses idées d'entreprises naissent de l'expérience professionnelle des fondateurs.
MJ DeMarco présente la "vente de solution" comme une alternative pour ceux qui manquent d'expérience dans un secteur. Cette méthode consiste à interroger des professionnels d'une industrie sur leurs problèmes pour identifier des opportunités.
L'auteur conclut en rappelant que l'obtention d'un emploi et l'acquisition d'expérience ne sont pas des échecs pour un entrepreneur, mais plutôt des étapes dans son parcours.
Tout au long du chapitre, MJ DeMarco illustre ses propos avec des exemples concrets et des anecdotes personnelles. Il encourage les lecteurs à être attentifs aux opportunités qui les entourent et à ne pas se laisser décourager par les obstacles perçus comme l'expérience ou l'argent.
L'auteur insiste sur le fait que les vrais entrepreneurs sont ceux qui résolvent des problèmes et créent de la valeur, plutôt que ceux qui cherchent simplement à s'enrichir rapidement. Il encourage les lecteurs à adopter une mentalité de résolution de problèmes et à être prêts à travailler dur pour créer de la valeur réelle sur le marché.
Chapitre 36 - Le commandement du Temps : gagnez plus que de l’argent, gagnez du temps
MJ DeMarco présente le quatrième commandement du Cadre de l'entrepreneur pour la vie hors script (CEVHS) : le commandement du Temps.
L'auteur explique que l'objectif est de dissocier le revenu du temps investi, afin de ne plus être esclave de la "prostitution temporelle".
Il décrit deux composantes essentielles :
La physicalité : créer de la valeur indépendante de sa présence.
Le détachement : se libérer progressivement de la gestion opérationnelle.
MJ DeMarco met en garde contre l'obsession du "revenu passif", souvent mal comprise. Il souligne que les revenus passifs durables nécessitent généralement des années d'efforts intenses en amont.
L'auteur conseille de se concentrer sur la création de systèmes de valeur durable (SVD) plutôt que sur le revenu passif immédiat. Il présente 6 types de SVD :
Systèmes d'argent (investissements),
Produits numériques,
Logiciels/systèmes Internet,
Produits physiques,
Systèmes de location,
Systèmes de ressources humaines.
MJ DeMarco insiste sur l'importance des "structures durables" qui promeuvent les SVD sans intervention constante. Il partage des exemples personnels illustrant comment ces systèmes lui permettent de générer des revenus en continu.
L'auteur conclut en soulignant que créer de la durabilité demande un investissement initial important en temps, mais permet à terme de gagner à la fois du temps et de l'argent.
Chapitre 37 - Le commandement de l’Échelle : gagnez la vie et la liberté, pas un repas et un film
L'EXÉCUTION CINÉTIQUE (EC)
MJ DeMarco présente le cinquième commandement de l'Autoroute : l'Échelle.
Il explique que ce commandement implique de reproduire les systèmes de valeur durable à grande échelle tout en ayant un impact rentable.
L'auteur détaille les quatre composantes de l'Échelle :
Un système de valeur durable.
La reproduction.
De la masse ou de la magnitude.
Un impact rentable.
MJ DeMarco souligne l'importance d'avoir un impact rentable dès la première année, contrairement à certaines startups qui perdent de l'argent pendant des années. Il insiste sur la nécessité de servir de nombreux consommateurs de manière rentable pour réellement changer de vie.
L'auteur introduit ensuite le concept de valeur attendue (VA), qu'il définit comme le résultat attendu de nombreuses occurrences aléatoires. Il illustre ce concept à travers des exemples chiffrés et encourage les entrepreneurs à viser des opportunités avec une VA élevée.
MJ DeMarco met en garde contre la mentalité de "tenter sa chance" en entrepreneuriat, qui ne permet pas de tirer parti de la VA positive sur le long terme. Il conseille plutôt de s'engager pleinement et de multiplier les tentatives.
L'auteur conclut en soulignant l'importance de viser grand :
Ne pas se contenter de petites récompenses pour de gros efforts.
Construire une entreprise qui fait une réelle différence pour les clients et l'entrepreneur.
Commencer par impacter un seul client de manière rentable avant de viser plus grand.
Il présente enfin trois stratégies de passage à l'échelle :
La stratégie client (vente directe).
La stratégie unitaire (franchise, chaîne).
La stratégie de canal (distribution indirecte).
MJ DeMarco encourage à explorer toutes les opportunités, y compris les business traditionnels, en gardant à l'esprit le potentiel d'échelle à long terme.
Chapitre 38 - Exceller dans la mise en œuvre : il est impossible de prévoir l’imprévisible
MJ DeMarco aborde l'exécution cinétique, la phase d'action du monde HORS SCRIPT. Il souligne que l'exécution est cruciale mais souvent mal comprise. L'auteur met en garde contre la pseudo-exécution, qui consiste à se perdre dans des actions non productives.
MJ DeMarco compare la mise en œuvre entrepreneuriale aux Hunger Games, expliquant qu'on ne peut pas savoir à l'avance quelles compétences seront nécessaires. Il conseille d'être prêt à apprendre et à s'adapter en fonction des défis rencontrés, plutôt que de trop se préparer à l'avance.
Chapitre 39 - L’Exécution cinétique : tout ce qui est significatif a commencé de manière insignifiante
MJ DeMarco présente le modèle d'exécution cinétique, composé de trois éléments :
L'esprit du marché.
Les 3 A : Agir, Apprécier, Ajuster.
Les 7 P du processus.
L'auteur explique que l'esprit du marché est imprévisible et ne peut être contrôlé. Il critique les business plans détaillés, les jugeant inutiles face à cette réalité.
MJ DeMarco développe ensuite les 3 A :
Agir : commencer sans avoir toutes les réponses
Apprécier : écouter les retours du marché (diffusion ou écho)
Ajuster : modifier sa stratégie en fonction des retours
Il souligne l'importance d'être attentif aux échos répétitifs du marché pour guider les ajustements.
L'auteur illustre ce processus avec son propre exemple : après avoir reçu des critiques sur la couverture de son livre, il l'a modifiée, ce qui a contribué à une forte augmentation des ventes.
MJ DeMarco conclut en encourageant les entrepreneurs à rester ouverts aux retours du marché et à être prêts à s'adapter constamment.
Chapitre 40 : Les 7 P du processus : passez de l’idée à la productocratie
MJ DeMarco présente les 7 P du processus, dernière séquence de l'exécution cinétique :
Le plan : l'auteur recommande une planification courte, évaluant l'opportunité selon les cinq commandements (contrôle, entrée, besoin, temps, échelle).
La preuve de principe : MJDeMarco décrit six méthodes pour valider un concept :
Symptômes langagiers (expressions de frustration),
Recherche via un canal (ex: Amazon),
Volume de recherches (ex: Google Keyword Planner),
Questions posées au marché cible,
Simulation du marché (pages de destination, prototypes factices),
Test sur le marché.
Le parcours du processus : L'auteur conseille d'établir une feuille de route détaillée jusqu'à la première vente, fractionnant la mise en œuvre en étapes digestes.
Le prototype : MJ DeMarco souligne l'importance de créer un produit minimum viable, en se concentrant sur les fonctionnalités essentielles. Il met en garde contre le risque d'abandon à cette étape cruciale.
La preuve tangible : L'auteur explique comment obtenir les premières ventes en passant par les étapes de sensibilisation, évaluation et intégration du cycle de vie client. Il insiste sur l'importance d'analyser les retours du marché (échos, diffusion, conversions) et d'ajuster en conséquence.
La productocratie : MJ DeMarco souligne l'importance de confirmer la valeur réelle du produit auprès des clients, au-delà de la valeur perçue. Il encourage à écouter les retours clients pour améliorer continuellement le produit.
La propagation : cette phase est celle où se créent les fortunes. L'auteur présente trois stratégies de propagation :
Étendre sa portée (marketing, contenus),
Élargir ses canaux de distribution,
Étendre son réseau (partenariats, affiliations).
MJ DeMarco met en garde contre la surexposition qui peut nuire à la marque. Il conseille de se concentrer sur la valeur apportée lors de l'extension du réseau.
L'auteur conclut en soulignant l'importance de bien gérer ses finances durant la phase de propagation :
Éviter les dépenses superflues.
Réinvestir les bénéfices dans la croissance.
Être prudent avec le financement externe.
Il recommande de privilégier l'autofinancement si possible, pour garder le contrôle de l'entreprise. En cas de besoin de financement, MJ DeMarco suggère d'explorer les options de financement participatif en fonds propres, mais seulement une fois que le concept a fait ses preuves et que les ventes se développent.
Chapitre 41 - Que votre mise en œuvre soit importante : 13 très bonnes pratiques
MJ DeMarco présente 13 bonnes pratiques pour une mise en œuvre efficace :
S'attendre aux difficultés et aux déviations : l'auteur souligne que les échecs ne sont que des signaux d'ajustement nécessaire.
Être fidèlement monogame : MJ DeMarco conseille de se concentrer sur une seule entreprise à la fois pour maximiser les chances de succès.
Rejeter le mythe de l'équilibre : il affirme que les grands résultats viennent de grands déséquilibres temporaires.
L'importance de l'environnement : l'auteur encourage à trouver un environnement qui inspire et motive.
Ne pas demander la permission : MJ DeMarco explique qu'à l'ère numérique, il n'est plus nécessaire d'attendre l'approbation des "gardiens" traditionnels.
Construire une marque assimilée à une personnalité : il souligne l'importance de créer une identité de marque qui résonne avec celle des clients.
Bâtir une marque avec de la cohérence : l'auteur insiste sur l'importance d'aligner les actions avec l'image de marque promise.
Vendre ou être vendu : MJ DeMarco souligne l'importance cruciale des compétences en vente et marketing.
Mettre ses biais de côté : Il encourage à dépasser ses propres préjugés pour saisir les opportunités.
Éviter de trop se focaliser sur le SEO : L'auteur met en garde contre une dépendance excessive à l'optimisation pour les moteurs de recherche.
Éviter les modes ou les tendances : MJ DeMarco déconseille de se lancer dans des entreprises basées sur des phénomènes de mode éphémères.
Éviter la politique en affaires : il recommande de ne pas mêler politique et business pour ne pas aliéner une partie de la clientèle.
Accepter que tout le monde n'aimera pas votre produit : l'auteur rappelle qu'il faut s'attendre à des critiques et savoir y répondre ou les ignorer selon leur pertinence.
MJ DeMarco illustre ces principes avec des exemples concrets tirés de son expérience personnelle et d'autres entrepreneurs. Il insiste particulièrement sur l'importance de la preuve sociale, encourageant à collecter et mettre en avant les témoignages positifs des clients.
L'auteur met également l'accent sur la nécessité de raconter une histoire autour de son produit ou de son entreprise pour créer un lien émotionnel avec les clients. Il encourage à humaniser l'entreprise, notamment en montrant les visages derrière celle-ci.
MJ DeMarco conclut en rappelant que ces pratiques visent à créer une "productocratie" durable, capable de générer de la valeur sur le long terme, plutôt que de rechercher des succès éphémères basés sur des tendances passagères ou des techniques de marketing agressives.
Les 4 disciplines (4D)
Chapitre 42 - Les 4 disciplines du monde hors script : créez puis assurez votre avenir
MJ DeMarco présente les 4 disciplines essentielles pour maintenir un succès durable dans le monde hors script :
L'immunité comparative,
L'épargne intentionnelle,
L'élévation mesurée,
La pensée conséquentielle.
L'auteur compare ces disciplines au "prestige" en magie, soulignant leur importance cruciale pour gérer les récompenses du succès entrepreneurial.
Chapitre 43 - L’immunité comparative : des esclaves bien habillés sont toujours des esclaves
MJ DeMarco présente l'immunité comparative comme la première discipline du monde hors script. Il explique qu'elle consiste à être en paix avec sa situation actuelle tout en évitant de se comparer aux autres.
L'auteur souligne que la comparaison constante mène au malheur, car il y aura toujours quelqu'un qui possède plus.
MJ DeMarco encourage à se concentrer sur la gratitude pour ce qu'on a plutôt que sur ce qu'on n'a pas. Il conclut que l'immunité comparative permet de poursuivre ses propres objectifs sans se laisser distraire.
Chapitre 44 - L’épargne intentionnelle : se préparer à un revenu passif à vie
MJ DeMarco présente l'épargne intentionnelle comme la deuxième discipline du monde hors script. Cette discipline vise trois objectifs principaux : un revenu passif à vie, une retraite anticipée, et un dégrèvement d'impôts.
Pour l'auteur, il est important de créer un système d'argent générant des revenus passifs, financé par l'épargne et les bénéfices de l'entreprise. Il met en garde contre les pièges fiscaux qui peuvent surprendre les entrepreneurs non préparés.
MJ DeMarco propose une stratégie de reconstruction financière en 5 étapes :
Recadrer sa perception de l'argent,
Réformer ses dépenses,
Réduire ses dettes,
Réallouer de l'argent vers l'épargne,
Se récompenser pour les étapes franchies.
L'auteur insiste sur l'importance d'épargner intentionnellement, même de petites sommes, pour construire progressivement un système d'argent. Il encourage à visualiser cette épargne comme une armée de "combattants de la liberté" travaillant pour assurer l'indépendance financière future.
MJ DeMarco conclut en rappelant que l'épargne intentionnelle permet de préparer un avenir où le travail devient un choix plutôt qu'une nécessité.
Chapitre 45 - L’élévation mesurée : récompensez-vous et profitez de la balade !
MJ DeMarco présente l'élévation mesurée comme la troisième discipline du monde hors script. Il explique qu'elle consiste à améliorer son style de vie de manière disproportionnée par rapport à l'augmentation des revenus. L'auteur encourage à profiter des fruits du succès, mais avec modération, sans compromettre l'objectif d'indépendance financière.
MJ DeMarco met en garde contre l'adaptation hédonique qui pousse à dépenser tout nouveau revenu.
Chapitre 46 - La pensée conséquentielle : protégez votre vie géniale
MJ DeMarco présente la pensée conséquentielle comme la quatrième et dernière discipline du monde hors script. Il explique qu'elle consiste à anticiper les conséquences de ses actions avant d'agir.
L'auteur souligne l'iniquité des conséquences : une seule mauvaise décision peut annuler des années d'efforts, tandis que l'inverse n'est pas vrai. MJ DeMarco illustre ce principe par des exemples personnels et tirés du monde du sport.
Il encourage à devenir un "penseur conséquentiel" en évaluant systématiquement les risques et les conséquences potentielles de chaque décision importante. L'auteur insiste sur l'importance de faire des choix réfléchis, comme un PDG gère son entreprise.
MJ DeMarco conclut en rappelant que la discipline est essentielle pour maintenir le succès à long terme, car l'argent seul ne peut pas acheter un bon jugement.
Cinquième partie | Le jour se lève... Ne plus jamais travailler
L’objectif de l’auteur => un revenu passif à vie
Chapitre 47 - Bienvenue dans le monde du "rien à foutre"
MJ DeMarco présente le concept de "rien à foutre" comme l'aboutissement d'une vie hors script. L'auteur explique que cette liberté résulte de la combinaison des cinq unions : croyance, raison d'être, productocratie, mise en œuvre et discipline.
MJ DeMarco met en garde contre l'oubli d'un seul de ces éléments, qui empêcherait de sortir du script. Il décrit ensuite cinq profils d'entrepreneurs incomplets, chacun manquant d'un élément essentiel : l'autodestructeur compétent, l'inconstant, l'entrepreneur qui "paie les factures", l'entrepreneur à idées, et la rock star qui joue et tombe de son état de grâce.
Chapitre 48 - Le dernier business de votre vie (si vous le voulez)
MJ DeMarco présente le concept de système d'argent hors script, composé de trois "pots" :
Le pot "rien à foutre" : réserve d'argent pour les opportunités et les investissements risqués.
Le pot pour la maison : optionnel, pour une résidence sans dette.
Le pot pour la paye : essentiel, générant un revenu passif régulier.
L'auteur détaille ensuite 7 règles pour gérer efficacement le pot pour la paye :
La règle du loyer : exiger un revenu régulier pour tout investissement.
La règle du claquement de doigts : privilégier les investissements très liquides.
La règle de l'apocalypse : n'investir que dans des institutions financières majeures.
La règle des "trois années en trois mois" : vendre si les gains non réalisés dépassent trois ans de dividendes en trois mois.
La règle de l'amiral Ackbar : se méfier des rendements trop élevés.
La règle du 1 % : éviter les fonds avec des frais de gestion supérieurs à 1 %.
La règle de l'autruche : éviter les investissements dans des entreprises ou secteurs en déclin.
MJ DeMarco présente ensuite 6 instruments financiers pour le pot pour la paye :
Dividendes d'actions,
Dividendes de REIT,
Revenus des MLP,
Intérêt obligataire,
Intérêts de prêt,
Revenu géré.
L'auteur fournit des conseils pour l'achat d'actifs et donne un exemple détaillé de portefeuille générant un revenu passif mensuel. Il insiste sur l'importance d'adapter la stratégie d'investissement à ses objectifs personnels et à sa tolérance au risque.
MJ DeMarco conclut en soulignant que ce système d'argent permet de vivre confortablement sans épuiser son capital, offrant ainsi une liberté financière durable. Il nous encourage à réorienter nos efforts vers ce système plutôt que vers le script traditionnel, rappelant que notre propre réussite prouve que ce mode de vie est accessible à tous ceux qui sont prêts à faire les efforts nécessaires.
Chapitre 49 - #NonAuScript
MJ DeMarco conclut son livre en remerciant les lecteurs pour leur temps et leur attention. Il espère que "Non au script" servira de guide pour libérer leur vie et leurs rêves. L'auteur encourage à commencer dès maintenant à réécrire sa propre histoire hors script.
Conclusion de "Non au script | Sortir de la matrice pour choisir la vie, la liberté et l'entrepreneuriat" de MJ DeMarco
Trois idées clés à retenir du livre "Non au script | Sortir de la matrice pour choisir la vie, la liberté et l'entrepreneuriat"
Idée clé n°1 : Le SCRIPT est une prison dorée qui maintient les individus dans l'illusion de la sécurité
MJ DeMarco révèle avec une clarté saisissante comment notre société nous enferme dans un système d'exploitation invisible qu'il nomme le SCRIPT. Cette matrice moderne nous fait croire que la voie traditionnelle - études, emploi salarié, épargne, retraite - mène au bonheur et à la sécurité. En réalité, l'auteur démontre que ce chemin conduit à une prostitution temporelle où nous échangeons notre temps le plus précieux contre un salaire qui nous maintient dans la dépendance. Le SCRIPT nous fait accepter une vie préprogrammée, rythmée par les obligations et les contraintes, nous éloignant de nos véritables aspirations. Cette prise de conscience constitue le premier pas vers la liberté authentique.
Idée clé n°2 : L'entrepreneuriat véritable repose sur la création de valeur, pas sur la poursuite de l'argent
Contrairement aux promesses d'enrichissement rapide, MJ DeMarco établit que le succès entrepreneurial durable naît de la résolution de problèmes réels.
L'auteur introduit le concept de "productocratie", une entreprise qui attire naturellement l'argent parce qu'elle crée une valeur exceptionnelle pour ses clients.
Cette approche s'oppose radicalement aux stratégies de marketing agressif ou aux modèles basés sur l'exploitation. En se concentrant sur la création de valeur authentique, l'entrepreneur construit une entreprise solide qui génère des revenus passifs durables et transforme véritablement la vie de ses clients comme la sienne.
Idée clé n°3 : La liberté financière nécessite un système d'argent structuré et des disciplines personnelles rigoureuses
L'auteur nous explique que créer de la richesse ne suffit pas - il faut également savoir la préserver et la faire fructifier. MJ DeMarco présente un système d'argent sophistiqué basé sur trois "pots" distincts qui permettent de générer un revenu passif à vie.
Cependant, cette liberté financière exige une discipline personnelle incarnée par les quatre piliers : l'immunité comparative, l'épargne intentionnelle, l'élévation mesurée et la pensée conséquentielle. Ces disciplines protègent contre les pièges qui guettent ceux qui ont réussi financièrement mais échouent à maintenir leur indépendance sur le long terme.
Qu'est-ce que la lecture de "Non au script" de MJ DeMarco vous apportera ?
"Non au script" apporte bien plus qu'une critique du système traditionnel : il vous fournit un plan d'action concret pour construire votre propre chemin vers l'indépendance.
Vous découvrirez comment identifier vos croyances limitantes, développer un mindset entrepreneurial authentique, et surtout, comment transformer une idée en entreprise rentable grâce au cadre CEVHS.
L'auteur ne se contente pas de théories : il partage des stratégies pratiques, des exemples réels et des outils immédiatement applicables. Vous apprendrez à reconnaître les vraies opportunités, à éviter les pièges courants de l'entrepreneuriat, et à construire un système financier qui travaille pour vous. Ce livre transforme votre rapport à l'argent, au travail et à la liberté personnelle.
Pourquoi lire "Non au script | Sortir de la matrice pour choisir la vie, la liberté et l'entrepreneuriat" ?
"Non au script" constitue un manifeste puissant pour tous ceux qui refusent de subir leur existence et aspirent à une vie extraordinaire. MJ DeMarco réussit le pari difficile de combiner une analyse percutante des mécanismes sociétaux avec un guide pratique vers l'entrepreneuriat.
D'abord, ce livre vous éveille à la réalité du monde moderne et vous donne les clés pour sortir de la matrice du conformisme.
Ensuite, il vous apporte un système entrepreneurial complet qui a fait ses preuves, loin des promesses vides des gourous de l'enrichissement rapide.
Pour vous, lecteurs de "Des livres pour changer de vie", cette lecture représente un tournant décisif vers une autonomie véritable et une richesse durable.
Points forts :
Une analyse implacable et documentée des mécanismes de contrôle sociétal.
Un cadre entrepreneurial concret et actionnable (CEVHS) basé sur l'expérience réelle de l'auteur.
Des stratégies financières détaillées pour créer un revenu passif durable.
Un style direct et sans complaisance qui brise les illusions communes.
Points faibles :
La longueur du livre peut décourager certains lecteurs (615 pages).
Certaines références culturelles et exemples spécifiquement américains.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Quittez la course des rats | De l’esclavage salarial à la liberté financière" de MJ DeMarco : à mi-chemin entre récit inspirant et manuel d'action, ce livre bouscule les codes. Il suit le parcours des Trotman, un couple ordinaire devenu multimillionnaire en appliquant les principes entrepreneuriaux révélés dans ce manifeste anti-système. Véritable coup de pied dans la fourmilière, cet ouvrage livre 120 stratégies concrètes pour échapper au piège du salariat et accéder à la liberté financière via des rendements asymétriques et des business intelligemment pensés.
Par MJ DeMarco, 2023, 500 pages.
Titre original : "Unscripted: The Great Rat Race Escape| From Wage Slavery to Wealth", 2021, 448 pages
Chronique et résumé de "Quittez la course des rats | De l’esclavage salarial à la liberté financière" de MJ DeMarco
Avant-propos
Dans l'avant-propos de "Quittez la course des rats", MJ DeMarco adopte un ton autodérisoire et authentique.
Il explique avoir relevé le défi d'écrire un livre hybride unique, mêlant fiction et guide pratique d'entrepreneuriat. L'auteur a mis quatre ans à rédiger cet ouvrage qui dévoile 120 stratégies et principes pour échapper à la routine du salariat et rejoindre le club des 1%. Sa conviction : si lui a pu réussir, tout le monde le peut.
Ce résumé de l'avant-propos capte l'essence du message tout en conservant le ton direct et sincère de l'auteur. J'ai mis en avant les éléments clés (le format hybride du livre et le nombre de stratégies) tout en restant fidèle au style conversationnel de DeMarco. Souhaitez-vous que je poursuive avec la partie suivante ?
Introduction
Dans l'introduction de "Quittez la course des rats", MJ DeMarco présente la structure unique de son ouvrage : un récit hybride mêlant fiction et guide pratique. Il suit l'histoire des Trotman, un couple cherchant à s'évader de la routine du salariat par l'entrepreneuriat, tout en dévoilant 120 stratégies et principes concrets.
L'auteur s'adresse particulièrement aux personnes insatisfaites de leur situation professionnelle ou aux entrepreneurs n'ayant pas encore percé. Il partage son expérience personnelle : l'entrepreneuriat lui a permis d'atteindre une véritable liberté financière, bien au-delà d'une simple "retraite anticipée", et ce depuis plus de 25 ans.
Chapitre 1 - ONZE MINUTES
1.1 - Lundi 10 novembre 2008 - 5h34
Dans ce premier chapitre, MJ DeMarco nous plonge dans la vie de Jeff Trotman, un comptable de 27 ans pris au piège de ce qu'il appelle le "cauchemar américain". Derrière une façade de réussite - maison en banlieue, BMW, diplôme prestigieux - se cache une profonde détresse.
Jeff et sa femme Sam, infirmière enceinte, mènent une vie qui s'effrite : leur mariage bat de l'aile, leur travail les étouffe, et les dettes s'accumulent. Ce matin-là, réveillé 11 minutes avant son alarme, Jeff confronte sa réalité : il a abandonné ses rêves créatifs pour une carrière "raisonnable" qui le rend profondément malheureux. À 27 ans, il se sent déjà mort intérieurement, simple rouage dans une machine qui le consume jour après jour.
1.2 - Le principe de la sagesse conventionnelle
MJ DeMarco introduit ici un concept fondamental : le "Script", système qui programme nos vies selon une sagesse conventionnelle. L'auteur explique que suivre cette sagesse commune mène inévitablement à une vie médiocre, dictée par la "course des rats" : études, travail stable, remboursements sur 30 ans, et retraite hypothétique.
Il met en garde contre ce conditionnement culturel promu par les institutions, les médias et notre entourage. Pour rejoindre les 1%, il faut selon lui rejeter cette pensée conventionnelle qui maintient les 99% dans la servitude économique.
1.3 - La stratégie du stylo neuf
À travers son expérience personnelle, MJ DeMarco expose ici un concept crucial : nos croyances façonnent nos choix, qui à leur tour déterminent notre vie. Il compare nos croyances à des stylos qui écrivent notre histoire.
L'auteur révèle comment, au bord du suicide en 1995, il a réalisé que ses "stylos empoisonnés" - ces croyances limitantes héritées du "Script" - l'empêchaient d'avancer. Il souligne que la réalité se moque de nos croyances : si celles-ci sont erronées, elles mènent inévitablement à l'échec.
Pour échapper à la course des rats, DeMarco insiste sur la nécessité d'identifier et d'éliminer ces croyances toxiques qui nous maintiennent dans la médiocrité.
Chapitre 2 - LE POT-DE-VIN
2.1 - Dimanche 16 novembre 2008 – 14 h 10 (6 jours plus tard)
Dans ce passage, MJ DeMarco poursuit le récit des Trotman en se concentrant sur leur crise conjugale. Jeff, rongé par son mal-être, confronte enfin sa femme Sam sur l'état de leur mariage. Il pointe du doigt leurs problèmes : une vie intime inexistante, des horaires incompatibles, et surtout des dettes qui s'accumulent malgré leurs emplois "respectables".
Sam, enceinte et infirmière de nuit, tente d'éviter la conversation en proposant un "pot-de-vin" sous forme de week-end à Las Vegas. Cette échappatoire temporaire illustre leur façon d'éviter les vrais problèmes. Jeff, conscient que ce voyage ne résoudra rien, accepte néanmoins, prisonnier de ce que l'auteur appelle "une nouvelle forme de souffrance" à venir.
Ce chapitre illustre parfaitement comment le couple est pris au piège du "Script", cherchant le bonheur dans des distractions plutôt que dans de véritables changements.
2.2 - Le principe de la souffrance confortable
MJ DeMarco expose ici un paradoxe crucial : le confort médiocre est notre pire ennemi. À travers son expérience personnelle d'achat d'une voiture de sport, il explique comment un niveau de vie "supportable" peut devenir une prison dorée.
L'auteur révèle que la semaine de 5 jours, instaurée par Henry Ford, est en réalité un système conçu pour maintenir les travailleurs dans une consommation confortable qui les empêche de réaliser leurs vrais rêves. Seul un "FTE" (Fuck This Event) peut briser ce cycle.
2.3 - Le principe du "un jour"
Dans ce passage, MJ DeMarco met en garde contre le piège du "un jour", cette tendance à repousser nos rêves à plus tard. À travers une réflexion dans un cimetière, il souligne que cette expression n'est qu'un mensonge que nous nous racontons, une excuse perpétuelle pour l'inaction.
Chapitre 3 - LE POT DE MIEL
3.1 - Dimanche 26 septembre 2010 – 17 h 31 (2 ans plus tard)
L'histoire reprend deux ans plus tard, montrant l'impact dévastateur de la récession sur le couple Trotman. Jeff a perdu son emploi, forçant le couple à abandonner leur maison et leurs voitures de luxe pour une modeste location et des véhicules d'occasion.
Leur fille Madison est née entre-temps, mais leur situation s'est détériorée. Un soir, Sam propose de suivre les conseils d'experts financiers : vivre frugalement et épargner pour la retraite. Jeff, frustré, rejette violemment cette idée, estimant absurde d'attendre ses 65 ans pour profiter de la vie. Cette confrontation révèle leur désaccord profond sur la gestion financière et leur vision de l'avenir.
3.2 - Le principe de la religion économique
Dans cette partie, MJ DeMarco expose le concept de la "religion économique" qui régit nos vies. Il explique que la course des rats est un système économique qui nous est imposé dès la naissance, nous assignant l'un des deux rôles : soit "serial-shoppeur" (cherchant le bonheur dans la consommation), soit "serial-épargnant" (croyant à l'enrichissement par l'épargne patiente).
L'auteur décortique l'acronyme SCRIPT qui structure ce système : Scolarisation (formatage), Consumérisme (addiction aux biens), Responsabilité (dettes), Ignorance (absence d'éducation financière), Promesses (retraite future) et Taxes (confiscation continue du travail). Selon lui, ce système est conçu pour maintenir un esclavage économique moderne.
3.3 - Le principe du pot de miel
Dans ce passage, MJ DeMarco démonte le mythe des intérêts composés, qu'il qualifie de "pot de miel" de la course des rats. Il explique que ce système propose deux voies tout aussi piégeantes : le consumérisme effréné ou l'épargne fanatique.
L'auteur dénonce particulièrement l'hypocrisie des "gourous financiers" qui prêchent la frugalité et l'investissement patient tout en s'enrichissant par la vente de leurs conseils. Il démontre, chiffres à l'appui, que l'épargne lente ne fonctionne pas dans la vraie vie : inflation, aléas économiques et instabilité de l'emploi rendent ce modèle inefficace pour 99% des gens. Pour lui, Wall Street enrichit ses promoteurs, pas ses investisseurs.
Chapitre 4 - LA MORT CENTIME APRÈS CENTIME
4.1 – Samedi 26 septembre 2015 - 14 h 00 (5 ans plus tard)
Cinq ans après leur décision de suivre une stratégie d'épargne stricte, la vie des Trotman s'est encore dégradée. Jeff observe avec amertume ce que leur choix de vie frugale leur a coûté : leur fille Madison grandit sans qu'ils puissent lui offrir des souvenirs heureux, leur chien Bella vieillit, et leur relation conjugale se délite.
Malgré cinq années d'efforts et de privations, ils n'ont accumulé que 33 000 dollars d'épargne. Sam s'accroche aux conseils des experts financiers, tandis que Jeff réalise que leur vie s'écoule sans joie ni moments mémorables. Il constate avec désespoir qu'ils ont simplement remplacé la course à la consommation par une course à l'épargne, tout aussi aliénante.
4.2 - La stratégie du scientifique
MJ DeMarco utilise la métaphore d'une mouche se cognant contre une vitre pour illustrer l'absurdité de la course des rats. Il encourage à rejeter les rôles de "serial-shoppeur" ou "serial-épargnant" pour adopter celui du scientifique qui observe et comprend le système plutôt que d'y participer aveuglément.
4.3 - Le principe de "la perte de principe"
L'auteur compare le temps au "roi" d'une partie d'échecs. Il démontre que travailler 5 jours pour 2 jours de liberté représente un rendement négatif de 60% de notre temps - une ressource infiniment plus précieuse que l'argent car non renouvelable. Il suggère d'inverser cette équation pour obtenir un rendement positif.
Chapitre 5 - LE "FTE"
5.1 - Vendredi 24 juin 2016 – 17 h 56 (8 mois, 28 jours plus tard)
Dans cette scène, MJ DeMarco décrit le moment décisif, le "FTE" (Fuck This Event), du couple Trotman. Sam, bouleversée par une frayeur liée à sa santé, réalise soudain l'absurdité de leur situation : cinq années d'épargne drastique ont été en partie effacées par une chute boursière.
Cette prise de conscience agit comme un électrochoc : leur vie est devenue une prison où ils sacrifient leur bonheur présent pour une hypothétique retraite future. Sam refuse désormais cette existence de "zombie" : travail sans sens, mariage qui s'étiole, absence auprès de leur fille. Cette crise devient leur point de bascule : ils doivent changer radicalement leur approche ou accepter cette vie médiocre jusqu'à la fin.
5.2 - La stratégie "non au Script !"
MJ DeMarco présente les trois niveaux d'entrepreneurs qui ont échappé à la course des rats :
Le "Débranché du Script" : celui qui prend conscience du système et décide d'en sortir.
Le "Non-Scripté Débridé" : l'entrepreneur qui réussit à créer une entreprise lui offrant liberté et flexibilité.
Le "Non-Scripté Libéré" : celui qui atteint l'indépendance financière totale.
L'auteur distingue cette approche du mouvement FIRE, qu'il considère comme un simple échange de dépendances. Pour lui, la vraie liberté vient de l'entrepreneuriat et non de l'épargne.
5.3 - Le principe du temps au rabais
MJ DeMarco introduit un concept clé : tout comme l'argent futur vaut moins que l'argent présent, le temps de vie jeune a plus de valeur que le temps en fin de vie. Il critique le système qui nous fait échanger nos meilleures années contre une hypothétique retraite.
5.4 - Le principe du fanatisme financier
L'auteur distingue la vraie liberté financière de l'ascétisme extrême. Pour lui, la véritable indépendance se mesure à 5 critères : liberté de mode de vie, absence de budget, maintien du train de vie désiré, liberté de voyager, et résistance aux crises économiques.
Chapitre 6 - LAISSEZ FAIRE LES CASTORS…
6.1 - Dimanche 26 juin 2016 – 14 h 16 (2 jours plus tard)
Dans ce passage, MJ DeMarco décrit le moment où Jeff et Sam Trotman commencent à planifier leur avenir, deux jours après leur prise de conscience. À l'approche de leur 10e anniversaire de mariage, ils dressent sur un tableau blanc leurs rêves pour les 10 prochaines années.
Sam aspire à quitter son métier d'infirmière pour devenir mère au foyer et ouvrir un refuge pour animaux, inspirée par la simplicité des séries TV des années 50. Jeff, lui, rêve de retrouver ses passions : jouer du saxophone, écrire des romans et travailler le bois dans son atelier.
Le couple réalise qu'ils partagent un même désir de liberté - liberté de temps, de choix et d'action - plutôt qu'une simple recherche de richesse matérielle.
6.2 - La stratégie "1/5/10"
MJ DeMarco introduit le concept de "plantasme" (plan + fantasme) : une méthode structurée pour transformer ses rêves en objectifs concrets sur 10 ans, 5 ans, 1 an et 1 mois. L'auteur illustre cette progression par un schéma en forme de flèche inversée, montrant clairement comment partir des actions immédiates pour atteindre sa vision à long terme. Cet outil devient un cadre décisionnel guidant les actions quotidiennes.
6.3 - Le principe d’attaque/défense
L'auteur explique que la liberté financière repose sur deux piliers : l'attaque (augmentation massive des revenus) et la défense (gestion prudente). Cependant, il insiste sur le fait que la simple frugalité ne suffit pas - il faut d'abord créer l'abondance avant de la préserver.
6.4 - La stratégie du montage financier
MJ DeMarco explique comment utiliser intelligemment les marchés financiers, non pas pour s'enrichir mais pour générer des revenus passifs réguliers. Il partage son expérience d'investissement diversifié (obligations, dividendes, immobilier) qui lui assure un revenu mensuel comparable à celui d'un cadre supérieur.
À travers un tableau détaillé, il montre comment différents montants investis peuvent générer des revenus mensuels substantiels selon divers taux de rendement. L'auteur insiste cependant sur le fait que ces investissements ne représentent qu'une partie de sa stratégie globale, ne dépassant jamais 25% de son patrimoine total. Cette approche diffère fondamentalement de l'épargne traditionnelle car elle vise à préserver et faire fructifier une richesse déjà constituée.
6.5 - La stratégie du nombre d’évasion
L'auteur introduit une formule mathématique pour calculer le montant exact nécessaire à la liberté financière. Ce "nombre d'évasion" combine trois éléments : le coût net d'impôt des actifs désirés (maisons, voitures), un montage financier générant suffisamment de revenus passifs pour couvrir les dépenses courantes, et une réserve de sécurité. Cette approche permet de transformer un rêve vague en objectif chiffré concret.
Chapitre 7 - L’IGNORANCE EST AVEUGLE
7.1 - Lundi 5 septembre 2016 - 16 h 43 (71 jours plus tard)
Soixante-et-onze jours après avoir établi leur plan, le couple Trotman se plonge dans les livres de finance et de développement personnel pour trouver un moyen d'atteindre leurs objectifs. Mais ils découvrent avec frustration que tous les "gourous financiers" prêchent le même message : vivre frugalement pendant des décennies pour une hypothétique retraite dorée.
Face au montant colossal nécessaire à leur liberté (5 millions de dollars), ils se sentent démunis et "aveugles". Ni les heures supplémentaires, ni un MBA, ni le bitcoin ne semblent être des solutions viables pour sortir de leur impasse.
7.2 - La stratégie de la perspective de profit
MJ DeMarco explique que notre perception de l'argent détermine nos solutions face aux difficultés financières. Il distingue trois perspectives : la perspective salariale (travail horaire), la perspective de rémunération (carrière spécialisée), et la perspective de profit (entrepreneuriat). Seule cette dernière, basée sur la création de valeur, permet d'échapper à la course des rats.
7.3 - Le principe des mauvais calculs
L'auteur démontre que le salariat et les carrières traditionnelles reposent sur des calculs mathématiquement impossibles pour atteindre la liberté financière. Ces "mauvais calculs" sont ancrés dans trois limitations : le temps ne peut pas être multiplié, les revenus sont liés au temps, et l'économie maintient les salaires bas. Même avec un bon salaire, il faudrait plusieurs siècles pour épargner 5 millions de dollars. Seuls les athlètes et célébrités échappent à ces limitations grâce à leur talent unique.
7.4 - La stratégie des unités spécialisées
MJ DeMarco présente deux types d'unités permettant d'échapper à la course des rats : l'unité de "second ordre" (transformer une compétence en service à haute valeur) et l'unité de "premier ordre" (créer un produit qui génère des revenus indépendamment du temps investi).
7.5 - La stratégie du dispositif de commercialisation
L'auteur souligne l'importance de créer un système de distribution efficace pour vendre ses unités spécialisées. Ce dispositif (sites web, réseaux de distribution, marketing) permet de vendre 24h/24 sans intervention directe.
7.6 - La stratégie du déficit de connaissances
DeMarco met en garde contre le danger d'un savoir obsolète. Il insiste sur la nécessité d'une formation continue pour combler le fossé grandissant entre ce qu'on sait et ce qu'on doit savoir, particulièrement dans un monde en constante évolution.
Chapitre 8 - UN NOUVEL ESPOIR
8.1 - Samedi 12 novembre 2016 – 20 h 11 (68 jours plus tard)
Lors d'un dîner impromptu au restaurant mexicain, Sam partage avec Jeff son enthousiasme : elle a trouvé une solution pour échapper à la course des rats. À travers la lecture de deux livres, dont "L'Autoroute du millionnaire", elle a découvert qu'il fallait créer sa propre entreprise pour générer des "rendements asymétriques". Jeff, bien que sceptique, est intrigué par cette nouvelle perspective entrepreneuriale.
8.2 - La stratégie des rendements asymétriques
MJ DeMarco développe le concept de "rendements asymétriques" : plutôt que d'échanger son temps contre de l'argent, il faut créer un système qui génère des revenus de façon exponentielle. Il illustre cette idée par une métaphore du marathon : alors que les salariés et les professionnels avancent à pied (avec des sandales ou des baskets), l'entrepreneur construit un "véhicule à effet de levier" qui peut parcourir la distance plus rapidement. C'est la combinaison d'une unité spécialisée (le moteur) et d'un dispositif de commercialisation (le véhicule) qui permet d'obtenir ces rendements démultipliés.
8.3 - Le principe de la rémunération polymorphe
MJ DeMarco distingue deux types de rémunération : la monomorphe (échange direct temps contre argent) et la polymorphe (revenus générés par un investissement passé). Il encourage à investir son temps dans des systèmes qui continuent de rapporter, plutôt que de simplement le vendre.
8.4 - Le principe du consommateur-producteur
L'auteur propose d'analyser notre situation financière comme le rapport annuel d'une entreprise, à travers 5 indicateurs clés : la Production Annuelle Brute (PAB), la Consommation Annuelle Brute (CAB), l'Existence Nette Annuelle (ENA), la Valeur Nette (VN) et la Recherche & Développement (R&D). Ces chiffres révèlent si nous sommes des "consommateurs" (rats) ou des "producteurs" (scientifiques) dans l'économie.
Chapitre 9 - LA CHASSE À L’ARGENT
9.1 - Mercredi 16 novembre 2016 - 18 h 15 (4 jours plus tard)
Quatre jours après leur discussion au restaurant, Jeff tente maladroitement de trouver une idée d'entreprise en listant des passions à monétiser : blog sur le jardinage, podcast sur les Cubs, vente de miroirs... Sam, déçue qu'il n'ait pas lu les livres qu'elle lui a recommandés, observe son mari s'égarer dans une approche superficielle de l'entrepreneuriat, rêvant surtout de pouvoir démissionner.
9.2 - La stratégie de polarité
MJ DeMarco explique que de nombreux entrepreneurs échouent car ils abordent les affaires de manière égocentrée, comme si leurs désirs personnels étaient au centre de l'univers. L'auteur compare cette approche au modèle géocentrique de Ptolémée. Pour lui, l'argent fonctionne comme un aimant : les gens ont naturellement une charge positive envers lui, tout comme l'argent lui-même. Or, deux charges positives se repoussent. La solution ? Inverser sa polarité en se concentrant sur la valeur à apporter aux autres plutôt que sur ses propres besoins.
9.3 - Le principe de la passion
L'auteur met en garde contre le conseil populaire de "suivre sa passion". Il démontre que les marchés basés sur la passion sont généralement saturés, ce qui entraîne trois problèmes majeurs : une concurrence excessive, des marges réduites et un faible effet de levier. MJ DeMarco souligne que la passion devrait être le résultat, non le moteur. Selon lui, elle naît de l'accomplissement et de la création de valeur : "Arrêtez de suivre votre passion ; faites en sorte que ce soit votre passion qui suive vos efforts !"
9.4 - La stratégie de mariage des valeurs
MJ DeMarco distingue cinq types de valeur qui déterminent le succès d'une entreprise : la valeur réelle (ce que le produit apporte réellement), la valeur d'utilité (l'expérience client effective), la plus-value (avantage dans les marchés banalisés), la valeur relative (comparaison avec la concurrence) et la valeur perçue (image sur le marché). Il souligne que le succès repose sur l'alliance de la valeur relative et de la valeur perçue. L'auteur illustre son propos avec l'histoire de Wolfgang Druckenheimer, dont le remède contre le cancer n'a jamais percé faute d'avoir su communiquer sa valeur.
9.5 - Le principe du salariat déguisé
L'auteur met en garde contre certaines formes d'entrepreneuriat qui ne sont en réalité qu'un salariat masqué, reproduisant les mêmes contraintes et limitations. Il souligne l'importance de créer un véritable système capable de générer des revenus indépendants du temps investi.
Chapitre 10 - RÉVEIL BRUTAL
10.1 - Mardi 22 novembre 2016 - 12 h 19 (6 jours plus tard)
MJ DeMarco nous replonge dans la vie des Trotman à travers une scène tendue. Sam, réveillée en plein sommeil après sa garde de nuit d'infirmière, découvre que Jeff a dépensé 500$ dans une entreprise de T-shirts en ligne. Elle est furieuse de constater que son mari se lance dans des projets irréfléchis au lieu de lire les livres sur l'entrepreneuriat qu'elle lui avait recommandés.
10.2 - Le principe du rat assoiffé
MJ DeMarco utilise une métaphore animale : comme on ne peut forcer un rat à boire, on ne peut obliger quelqu'un à lire un livre s'il n'en ressent pas le besoin. L'auteur identifie trois leviers possibles : le bon timing (après un événement déclencheur), la curiosité (suscitée par des résultats visibles) et la motivation externe.
10.3 - Le principe du processus
Selon l'auteur, la différence entre les 1% et les 99% réside dans leur approche : les premiers se concentrent sur le processus quotidien, les seconds sur les résultats immédiats. Il illustre son propos avec l'exemple de Michael Phelps, dont les médailles masquent des années d'entraînement rigoureux. "Le secret du succès n'est pas un secret, c'est juste qu'il ne se retrouve jamais en une des journaux."
10.4 - Le principe de la problématique
MJ DeMarco se définit comme un "problématicien" plutôt qu'un entrepreneur. Pour lui, créer une entreprise revient à résoudre une cascade de problèmes, des plus petits aux plus grands. À l'image du programme Apollo, chaque micro-solution contribue à résoudre le macro-problème.
10.5- Le principe du raccourci
L'auteur dénonce l'industrie des raccourcis qui promet des résultats sans effort. Il souligne que la recherche perpétuelle de solutions rapides ne fait que nous détourner du véritable processus nécessaire à la réussite.
Chapitre 11 - SOIR D’ORAGE
11.1 – Vendredi 2 décembre 2016 – 19 h 37 (10 jours plus tard)
MJ DeMarco poursuit l'histoire des Trotman avec une scène tendue. Jeff avoue à Sam avoir perdu 1400$ en publicité Facebook pour son entreprise de t-shirts politiques. Son échec entrepreneurial est cuisant : malgré 6000 clics, il n'a vendu que deux t-shirts. Cette initiative irréfléchie, basée sur "suivre sa passion", illustre parfaitement ce qu'il ne faut ne pas faire.
11.2 - La stratégie du biais des valeurs
MJ DeMarco explique que pour réussir, une entreprise doit se démarquer à travers plusieurs attributs de valeur. Il distingue les attributs primaires (liés au produit) et secondaires (marketing, service client). Plus une entreprise crée de "biais positifs" par rapport à la concurrence, plus elle a de chances de convaincre différents types de clients.
11.3 - Le principe de la standardisation
L'auteur met en garde contre la vente de produits standardisés où le prix devient le seul critère de différenciation. Cette approche mène à une course vers le bas, où les marges se réduisent jusqu'à rendre l'activité non viable. "Dans un marché de produits standardisés, vous ne pouvez être aussi bon que votre concurrent le plus stupide", cite-t-il.
11.4 - Le principe du facile qui devient difficile
MJ DeMarco énonce un principe clé : plus une entreprise est facile à démarrer, plus elle sera difficile à rentabiliser. L'auteur explique que les business "faciles" attirent trop de concurrence, réduisant les marges. Pour réussir dans un marché saturé, il faut viser l'excellence absolue - être dans le 1% des meilleurs.
11.5 - La stratégie du rempart concurrentiel
L'auteur recommande de créer une offre difficile à copier mais facile à reproduire en interne. Cette approche permet de se protéger de la concurrence tout en conservant la capacité à répondre à une forte demande. Le succès vient d'un processus complexe à reproduire, pas d'un simple événement.
11.6 - La stratégie du biais négatif
MJ DeMarco souligne qu'un seul attribut négatif peut anéantir de nombreux aspects positifs d'une entreprise. Il montre comment des détails apparemment mineurs (fautes d'orthographe sur un site web, service client médiocre) peuvent faire fuir les clients potentiels vers la concurrence.
11.7 - Le principe d’imperfection
L'auteur voit dans chaque imperfection une opportunité d'entreprendre. Il explique que l'entrepreneuriat consiste moins à inventer quelque chose de nouveau qu'à améliorer l'existant, que ce soit le produit lui-même ou ses attributs secondaires (design, service client, etc.).
11.8 - Le principe des parties prenantes
MJ DeMarco met en garde contre les entreprises qui délaissent leurs clients au profit d'autres parties prenantes (actionnaires, investisseurs...). Il nomme ce phénomène le "squeeze" : dégradation du service, hausse des prix et baisse de la qualité pour satisfaire Wall Street. L'auteur souligne que le client doit rester la priorité absolue.
11.9 - La stratégie du "ça craint" à "ça paie"
L'auteur voit dans le service client médiocre une opportunité à saisir. Il propose de créer ce qu'il appelle une "surprise au service client" (SUSC) en dépassant systématiquement les attentes standard du secteur. Cette approche permet non seulement de fidéliser les clients mais aussi de justifier des prix plus élevés. Il insiste sur l'importance d'appliquer cette stratégie à tous les niveaux de l'entreprise.
Chapitre 12 - LA PILULE ROUGE
12.1 – Jeudi 15 décembre 2016 – 18 h 03 (13 jours plus tard)
MJ DeMarco met en scène un moment charnière pour Jeff. Après avoir perdu 1400$ dans son entreprise de t-shirts et subi la colère glaciale de Sam, il se décide enfin à lire les livres recommandés par sa femme. Cette lecture provoque chez lui une véritable prise de conscience. Lors du dîner, Jeff partage avec Sam sa nouvelle compréhension du "système" : il réalise avoir vécu selon un "script" qui l'a maintenu dans l'illusion, du sport aux réseaux sociaux en passant par l'éducation. Pour la première fois, il voit clairement les mécanismes qui l'ont piégé dans la course des rats.
12.2 - Le principe "la force ne se réveille pas"
MJ DeMarco s'attaque au mythe du talent inné. Il explique que le succès dépend de notre "locus de contrôle" : soit externe (croyance que tout est déterminé par la chance ou les gènes), soit interne (conviction qu'on peut influencer sa vie par ses choix). Les compétences entrepreneuriales s'acquièrent avec de la pratique et du travail, comme toute autre expertise. L'auteur insiste sur deux compétences essentielles : la prise de décision et la communication.
12.3 - Le principe du fourneau
MJ DeMarco compare l'université à un casino, attirant les étudiants avec des promesses mais les laissant souvent criblés de dettes. Il distingue trois types de diplômes : ceux à valeur relative (compétences recherchées), les diplômes "loterie" (domaines saturés), et les diplômes "surenchère" (sans débouchés réels). L'auteur conseille de traiter l'université comme un "fourneau brûlant" - utile mais potentiellement dangereux.
12.4 - La stratégie du double changement
Pour réussir, l'auteur souligne l'importance d'embrasser deux types de changement : extrinsèque (évolutions de l'environnement) et intrinsèque (développement personnel). La chance vient de notre capacité à repérer et exploiter les changements, pas du hasard. Il recommande l'analyse PESTLE (Politique, Économique, Sociologique, Technologique, Légal, Environnemental) pour identifier les opportunités émergentes.
12.5 - La stratégie de la ligne dure
MJ DeMarco met en garde contre la focalisation excessive sur les entreprises en ligne. Il suggère que les meilleures opportunités se trouvent souvent dans les business physiques, moins prisés mais aussi moins concurrentiels.
12.6 - La stratégie de la fastlane
L'auteur présente son cadre d'analyse CENTE pour évaluer le potentiel d'une entreprise : Contrôle (indépendance), Entrée (barrières), Nécessité (valeur apportée), Temps (automatisation) et Échelle (reproduction). Plus une entreprise respecte ces commandements, plus elle a de chances de réussir.
Chapitre 13 - DU FANTASME AU PLANTASME
13.1- Jeudi 15 décembre 2016 – 21 h 13 (3 heures plus tard)
Après sa prise de conscience, Jeff, revigoré par ses lectures, travaille avec Sam sur leur plan d'entreprise. Le couple transforme leurs vagues rêves en objectifs concrets et structurés dans le temps. Jeff propose de créer sous un an une entreprise respectant les critères CENTE et générant ses premiers profits. Sam retrouve chez son mari cette passion et cette détermination qui l'avaient séduite à l'université, ravivant leur complicité.
13.2 - La stratégie des règles et des risques
MJ DeMarco encourage à briser les règles culturelles (non les lois) qui maintiennent dans le "Script". Il prend l'exemple de l'édition où transgresser les conventions permet de se démarquer, tout en notant que ces transgressions finissent souvent par devenir la nouvelle norme.
13.3 - La stratégie des petites victoires
L'auteur conseille aux débutants de ne pas se paralyser en cherchant l'entreprise CENTE parfaite. Il recommande plutôt de commencer par des "petites victoires" : des actions entrepreneuriales simples générant un petit profit, qui permettent d'acquérir de l'expérience avant de viser plus grand.
Chapitre 14 - DE ZÉRO À UN
14.1 - Samedi 24 décembre 2016 – 9 h 11 (9 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment Jeff, à la veille de Noël, construit un arbre à chat haut de gamme (le "Cat Mahal") qu'il vend rapidement à 300$. D'abord sceptique, Sam finit par reconnaître l'initiative de son mari. Lors de leur première réunion stratégique hebdomadaire, le couple fait un brainstorming d'idées d'entreprise, comme un service d'aiguisage de couteaux à domicile.
14.2 - La stratégie de la boucle de rétroaction
L'auteur révèle que la passion naît des résultats positifs de nos efforts, pas l'inverse. Il illustre ce principe avec son expérience de prise de parole en public et l'installation de bidets dans sa maison. La passion créatrice surgit quand une action difficile aboutit à un résultat gratifiant:
"La vérité est que plus vous êtes prêt à souffrir, à endurer, à persévérer et à vous lancer des défis, plus vous réussirez."
14.3 - La stratégie "MacGyver"
Cette approche consiste à transformer des éléments de faible valeur en quelque chose de précieux, comme l'arbre à chat de Jeff. L'auteur explique qu'avant d'influencer des millions de personnes, on doit apprendre à en influencer une seule. Ces petites victoires déclenchent la passion créatrice.
14.4 - Le principe du marketing qui démarque
DeMarco souligne que le marketing est un méga-biais qui crée la valeur perçue. À produit égal et budget équivalent, c'est le meilleur marketeur qui l'emporte. Le marketing englobe de nombreuses variables (emballage, récit, slogans) qui peuvent chacune créer un avantage concurrentiel.
Chapitre 15 - UN JOUR, MON FRÈRE A MONTÉ SA BOÎTE…
15.1 - Mardi 3 janvier 2017 – 3 h 30 (9 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment Sam, pendant sa garde de nuit à l'hôpital, annonce à sa collègue Janice son projet d'entreprise avec Jeff. Janice répond avec scepticisme en évoquant son frère qui, après plusieurs échecs entrepreneuriaux, travaille désormais comme gardien de centre commercial.
15.2 - Le principe "la réussite efface le doute"
L'auteur explique que personne ne croira à vos ambitions jusqu'à ce que vous obteniez des résultats visibles. Il partage comment sa mère a cessé de douter de lui en découvrant les factures clients de son entreprise dépassant 100 000$. DeMarco conseille d'économiser sa salive et d'agir plutôt que d'annoncer ses projets.
15.3 - Le principe de la mise en œuvre
DeMarco démontre que les idées ne valent rien sans leur concrétisation. Il illustre ce principe avec Bumble, un service de rencontres qu'il avait imaginé sept ans avant sa création par quelqu'un d'autre. L'auteur présente un tableau prouvant qu'une idée moyenne bien exécutée vaut davantage qu'une idée brillante mal mise en œuvre.
Chapitre 16 - UN COUTEAU DANS LA FUSILLADE
16.1 – Samedi 21 janvier 2017 – 18 h 51 (18 jours plus tard)
Dans un pub irlandais, DeMarco met en scène la confrontation entre Jeff et son ami Scott. Alors que Scott se plaint de sa vie tout en n'aspirant qu'à un meilleur bureau et des billets pour des matchs sportifs, Jeff lui reproche son manque d'ambition. Plus tard, Jeff et Sam décident officiellement de se lancer dans l'affûtage de couteaux, analysant cette opportunité selon les critères CENTE.
16.2 - Le principe "vieux amis, vieilles habitudes"
L'auteur met en garde contre les "poids morts" – ces relations qui résistent à notre transformation personnelle et préfèrent maintenir le statu quo. Ces personnes nous font douter et peuvent nous ramener à nos anciennes habitudes limitantes.
16.3 - La stratégie du terrain de chasse
DeMarco explique l'importance de cibler un marché suffisamment large (MTA - Marché Total Adressable) pour permettre des rendements asymétriques. Il compare différentes tailles de marché (mare, lac, mer, océan) et explique comment transformer un Marché Total Inaccessible (MTI) en MTA par des stratégies comme les franchises ou la vente en ligne.
16.4 - Le principe de l'équation de Drake
L'auteur compare les business plans traditionnels à l'équation de Drake en astronomie – pleins de variables incommensurables les rendant quasiment inutiles. Il recommande plutôt de se concentrer sur sept questions essentielles incluant le CENTE, le MTA et les stratégies de sortie.
16.5 - La stratégie des 3A
MJ DeMarco présente sa méthode scientifique d'entrepreneuriat : Agir (expérimenter sur le marché), Apprécier (analyser les résultats) et Ajuster (modifier une variable). Ce processus itératif permet de résoudre progressivement les problèmes, souvent en déviant de l'idée initiale.
16.6 - La stratégie de la valeur attendue
L'auteur démontre mathématiquement que les opportunités avec les récompenses potentielles les plus importantes offrent la meilleure valeur attendue, même avec une faible probabilité de succès. Il illustre son propos en comparant deux entreprises : une entreprise de limousines (faible potentiel, probabilité moyenne de succès) et une plateforme web (fort potentiel, faible probabilité de succès). Dans ce cas, la seconde option présentait une valeur attendue 100 fois supérieure.
Chapitre 17 - LE DÉSERT DE LA DÉSERTION
17.1 – Samedi 17 juin 2017 – 20 h 03 (147 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment, cinq mois après leur décision de créer une entreprise d'affûtage de couteaux, Jeff et Sam font face à la démotivation. L'enthousiasme initial s'est évaporé face aux problèmes pratiques : coûts élevés du matériel, logistique d'expédition complexe, et quotidien qui s'impose. Un silence gêné règne jusqu'à ce que Sam annonce sa grossesse.
17.2 - Le principe de désertion
L'auteur explique que tout entrepreneur traverse "le désert de la désertion" - cette période où la motivation faiblit et où l'abandon semble inévitable. Les obstacles du quotidien, la déconnexion de la boucle de rétroaction et l'absence de résultats immédiats mettent notre volonté à l'épreuve. Ce désert est un "cimetière d'aspirations" que tous doivent traverser.
17.3 - Le principe du baseball
DeMarco compare l'entrepreneuriat au baseball : un seul échec ne définit pas une carrière. Il partage l'exemple de David Reichart qui a créé 40 jeux mobiles sans succès avant de développer "Color Switch", téléchargé plus de 200 millions de fois. L'auteur souligne que la moyenne de réussite est souvent faible (3 succès sur 9 tentatives dans son cas).
17.4 - La stratégie de piratage des probabilités
L'auteur démontre que la chance est une perception émotionnelle alors que la probabilité est une réalité mathématique. Chaque choix modifie nos probabilités de succès. DeMarco explique comment "pirater" ces probabilités en contrôlant ce qui est contrôlable : notre travail, notre secteur d'activité, notre persévérance et nos décisions quotidiennes.
Chapitre 18 - UNE DÉTERMINATION À TOUTE ÉPREUVE
18.1 - Samedi 17 juin 2017 - 1 h 12 (5 heures plus tard)
MJ DeMarco décrit la conversation émouvante entre Jeff et Sam après l'annonce de la grossesse. Sam craignait que cet événement ne les force à abandonner leurs rêves entrepreneuriaux, mais Jeff la rassure. Loin de les décourager, cette nouvelle renforce leur détermination à réussir pour offrir une meilleure vie à leurs enfants.
18.2 - La stratégie du pèse-personne
L'auteur souligne l'importance de maîtriser les chiffres d'une entreprise avant de se lancer. Il énumère les variables cruciales : prix de vente réaliste, coût de fabrication, bénéfice par unité, coût d'acquisition client, taille du marché et valeur à vie d'un client. DeMarco avertit qu'une excellente idée sans chiffres viables n'est qu'une illusion.
18.3 - La stratégie de l'expérience optimale
DeMarco conseille de concevoir son business à partir de l'expérience client idéale puis de travailler à rebours pour résoudre les problèmes pratiques. Il illustre cette approche avec l'exemple de Netflix abandonnant l'envoi de DVD pour le streaming, et montre comment les Trotman auraient pu repenser leur service d'affûtage de couteaux.
Chapitre 19 - L’AMOUR EST UN AUSSI BON CARBURANT QUE LA HAINE
19.1 – Jeudi 22 juin 2017 – 14 h 45 (5 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment Jeff, dans un moment d'illumination, réalise que les opportunités peuvent naître de l'amour autant que de l'aversion. Il rappelle à Sam que sa soupe végane fait l'unanimité même auprès des non-végans. Malgré les doutes initiaux de Jeff sur ce marché, Sam le convainc que le véganisme est une tendance durable, et non une mode passagère.
19.2 - La stratégie du jockstrap
L'auteur explique qu'on n'a pas besoin d'être utilisateur de son propre produit pour réussir. Il cite Chip Wilson, fondateur de Lululemon qui a popularisé les pantalons de yoga, et John Sylvan de Keurig qui ne boit pas de café. La clé est de comprendre l'appétit du marché, pas de le partager.
19.3 - La stratégie d'engagement
DeMarco insiste sur l'importance de s'engager activement dans le monde pour découvrir des opportunités. Il partage comment son implication dans l'édition puis dans l'alimentation végétale lui a révélé d'innombrables idées d'entreprise. Les idées ne viennent pas en restant sur son canapé à regarder Netflix.
19.4 - Le principe de Cendrillon
L'auteur met en garde contre les entreprises basées sur des modes passagères qui portent en elles une date d'expiration. Il conseille d'évaluer si une tendance offre une valeur d'utilité durable ou si elle dépend uniquement de goûts éphémères. Les Trotman estiment que l'alimentation végétale s'inscrit dans une évolution sociétale profonde.
Chapitre 20 - DANS LA CHALEUR DE LA NUIT
20.1 - Jeudi 29 juin 2017 - 20 h 41 (7 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment, dans leur maison surchauffée par une panne de climatisation, Jeff et Sam continuent à planifier leur entreprise de soupe végane. Sam s'inquiète à l'idée de devoir cuisiner dans une cuisine brûlante, mais Jeff la rassure en expliquant qu'ils feront appel à un co-transformateur pour produire la soupe à grande échelle. Il a déjà effectué des recherches approfondies et trouvé plusieurs fabricants potentiels.
20.2 - La stratégie du chemin essentiel
L'auteur souligne l'importance d'identifier et de suivre le chemin le plus direct vers votre premier client. Sans cette problématique définie, on se perd dans des détails inutiles. DeMarco utilise l'analogie d'un pneu crevé dans le désert : téléchargeriez-vous "comment réparer un pneu" ou "comment cuire un soufflé" ? Le chemin essentiel consiste à éliminer tout ce qui ne vous rapproche pas de votre objectif.
20.3 - La stratégie du bon bouquin
DeMarco explique qu'il faut lire les livres qui résolvent vos problèmes actuels, pas ceux qui sont simplement populaires. Il partage comment ses dernières lectures étaient des romans policiers, car son projet actuel était d'écrire une fiction de ce genre. La lecture doit faire avancer votre plantasme 1/5/10, pas alimenter une quête sans fin de connaissances générales.
20.4 - Le principe du simulacre d'action
L'auteur met en garde contre les actions qui ne font pas avancer réellement votre projet. Ce "simulacre d'action" inclut l'impression de cartes de visite pour une entreprise inexistante ou la rédaction de business plans complexes. "L'action se place au-dessus de l'activité", rappelle DeMarco. Il faut bouger l'aiguille, pas seulement l'affûter.
20.5 - La stratégie du problème unique
MJ DeMarco critique ce qu'il appelle le "Ferrari shopping" - s'inquiéter de problèmes futurs et lointains avant d'avoir résolu les premiers obstacles. Il conseille de se concentrer sur le problème immédiat qui empêche l'avancement, pas sur des questions hypothétiques comme "quel type de comptable embaucher quand mon entreprise sera cotée en bourse".
20.6 - La stratégie "1/2/3, mariage !"
L'auteur présente sa règle pour les relations durables : une heure pour discuter des cinq sujets qui brisent les couples (politique, religion, enfants, finances, régime alimentaire), deux jours d'épreuve ensemble dans des conditions difficiles, et trois ans de relation avant le mariage. Il affirme que ces critères permettent d'éviter le plus grand poste de dépense d'une vie : un divorce.
20.7 - La stratégie du code de recherche
DeMarco explique que le "bon code de recherche" est la clé pour accéder aux connaissances spécifiques nécessaires. Il partage comment Jeff a dû essayer plusieurs termes avant de découvrir "co-transformateur alimentaire", le mot magique qui a déverrouillé l'information dont il avait besoin. L'auteur conseille de persévérer dans la recherche jusqu'à trouver la terminologie exacte du domaine.
Chapitre 21 - RENCONTRE DU "BRO-MARKETING" TYPE
21.1 – Mercredi 5 juillet 2017 – 17 h 14 (6 jours plus tard)
MJ DeMarco relate l'épisode où Jeff est confronté à un technicien malhonnête qui tente de lui facturer 1700$ pour une simple réparation de climatiseur qui n'en coûtera finalement que 180$. Plus tard, Jeff prépare un stratagème pour tester la soupe de Sam, en utilisant des boîtes de restaurants.
21.2 - La stratégie de la productocratie
L'auteur oppose les "pushers" (qui vendent de la valeur perçue) aux entreprises qui créent une "productocratie" - un système où le produit lui-même génère sa propre publicité par sa qualité. Une vraie productocratie se reconnaît aux recommandations spontanées des clients, qui réduisent dramatiquement le coût d'acquisition et augmentent les marges.
21.3 - Le principe de l'absence de liste
DeMarco démystifie l'idée qu'il existerait une liste parfaite d'étapes vers le succès. Si une telle liste existait, tout le monde l'utiliserait, ce qui annulerait son avantage. Les livres comme le sien ne sont que des "panneaux indicateurs dans un désert entrepreneurial" - le chemin entre ces panneaux doit être parcouru seul.
Chapitre 22 - RUSE EN SALLE DE PAUSE
22.1 – Vendredi 7 juillet 2017 – 6 h 55 (2 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment Jeff, malgré son anxiété, décide de tester la soupe de Sam en l'apportant à son bureau dans des contenants de restaurant japonais. Sa ruse fonctionne : sur les 35 employés, 11 passent commande pour un total de 62 bocaux de soupe, soit 248$. Sam s'inquiète cependant de cette tromperie.
22.2 - Le principe de l'enveloppe éthique
L'auteur admet avoir lui-même joué avec "l'enveloppe éthique" en affichant de faux employés sur son site web. Il explique que l'éthique est subjective, et que des actions considérées acceptables par certains peuvent créer un biais négatif chez d'autres. Sa règle : si vous devriez vous excuser publiquement pour une action, ne la faites pas.
22.3 - Le principe de la preuve par le paiement
DeMarco souligne que seul l'argent valide réellement une idée. Il distingue la "validation triviale" (compliments, likes, e-mails) de la "validation par l'argent" (ventes, précommandes). L'argent, comme le vote dans une urne, est le seul plébiscite qui compte vraiment en affaires.
22.4 - Le principe du pardon
À travers l'histoire de Dave's Killer Bread, l'auteur démontre que la valeur efface les erreurs de parcours. Un ex-détenu a créé une entreprise vendue 275 millions de dollars. Quand vous offrez une vraie valeur au monde, votre passé importe peu - le marché achète votre solution, pas votre histoire personnelle.
Chapitre 23 - PETIT CONCOURS EN TOUTE AMITIÉ
23.1 – Samedi 15 juillet 2017 – 8 h 44 (8 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte l'échec du test du minestrone à l'hôpital, contrasté avec le succès des nouilles asiatiques au bureau. Jeff informe Sam que produire à grande échelle coûterait entre 3800$ et 7360$, un investissement considérable. Sam suggère alors de louer une cuisine professionnelle pour débuter à plus petite échelle. Le couple lance ensuite un concours pour nommer leur entreprise, avec un massage hebdomadaire comme prix.
23.2 - La stratégie du piratage environnemental
L'auteur utilise l'analogie d'une émission sur l'obésité pour souligner l'importance de modifier son environnement pour faciliter le succès. Il explique comment il a quitté Chicago pour l'Arizona, sachant que le soleil était crucial pour sa productivité. DeMarco conseille d'organiser son espace de travail, de choisir la bonne ville, et de s'entourer de personnes qui soutiennent vos objectifs.
23.3 - Le principe des chats capricieux
DeMarco illustre comment ses chats ont préféré le carton d'emballage à l'arbre à chat coûteux qu'il leur avait acheté. Cette anecdote sert à démontrer que le marché réagit de façon imprévisible et qu'il ne faut pas confondre quelques opinions individuelles avec le consensus général. "Tout le monde n'aime pas le café", rappelle-t-il, même si c'est un marché de 150 milliards de dollars.
Chapitre 24 - UNE MARQUE EST NÉE
24.1 - Lundi 24 juillet 2017 – 16 h 44 (9 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment Sam présente fièrement à Jeff son idée pour leur entreprise : "Heroic Kitchens". Ce nom s'accompagne d'une mission caritative - reverser une partie des bénéfices pour aider des animaux de ferme rescapés. Malgré sa réaction initialement neutre, Jeff finit par accepter avec enthousiasme cette proposition.
24.2 - LA stratégie de l'objectif et de la personnification
L'auteur explique que les entreprises à succès doivent avoir une personnalité et une mission qui résonnent avec l'identité de leurs clients. Il partage l'anecdote de sa Lamborghini vendue parce qu'elle ne correspondait plus à son identité. Les marques fortes comme Harley-Davidson ou Nike réussissent parce qu'elles affirment l'identité de leurs clients.
24.3 - Le principe du bien c'est bien, mieux c'est mieux
DeMarco démontre mathématiquement que viser simplement le "bien" conduit statistiquement à la médiocrité. Si on vise l'excellence, le résultat le plus probable sera "bien". L'auteur explique avoir rédigé chaque chapitre de son livre comme s'il devait obtenir un "A+" pour décrocher son diplôme.
Chapitre 25 - QUELQUE CHOSE À FÊTER
25.1 – Lundi 1er Janvier 2018 – 00 h 01 (5 mois, 8 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment Jeff et Sam Trotman célèbrent le Nouvel An au Grand Hyatt Hotel, savourant les progrès de leur entreprise de soupe végane. Malgré un chiffre d'affaires modeste de 17 000 dollars, leur motivation reste intacte. Six semaines chaotiques ont suivi, marquées par des succès (comme la vente de 120 bocaux en deux heures dans une foire artisanale) et des défis (échec sur Kickstarter, problème de conservation des soupes).
25.2 - La stratégie du bon point
L'auteur encourage à célébrer chaque victoire entrepreneuriale, des premiers prototypes aux premiers bénéfices, avec des récompenses proportionnées qui n'entravent pas la progression.
25.3 - La stratégie de l'arbre fruitier
MJ DeMarco met en garde contre les "tactiques en épluchures de fruits" - ces conseils marketing qui deviennent rapidement obsolètes - et prône la recherche "d'arbres fruitiers" émergents, ces canaux et stratégies pas encore surexploités.
25.4 - La stratégie de la démonstration
L'auteur souligne que la démonstration est l'outil de vente le plus puissant qui soit, car elle élimine les risques perçus et crée de la réciprocité.
25.5 - La stratégie de gamification
MJ DeMarco conseille d'aborder l'entrepreneuriat comme un jeu vidéo stimulant plutôt qu'une échappatoire, en surmontant des obstacles pour progresser vers la liberté.
Chapitre 26 - UN PAS DE GÉANT POUR LA TROTMANITÉ…
26.1 – Lundi 5 mars 2018 – 10 h 11 (63 jours plus tard)
Début mars 2018, Sam, désormais enceinte de huit mois, a réduit son temps de travail pour se consacrer davantage à leur entreprise. Jeff et elle franchissent un cap décisif en commandant 6 400 bocaux de soupe pour 8 900 dollars - leur première commande à un co-transformateur. Cette décision marque leur transition d'une production artisanale à une véritable structure commerciale.
26.2 - Le principe du saut des zéros
MJ DeMarco introduit le "principe du saut des zéros", ce moment crucial où l'entrepreneur doit prendre des décisions financières importantes malgré l'appréhension.
L'auteur affirme que ces investissements doivent être à la fois raisonnables et nécessaires pour faire passer l'entreprise au niveau supérieur.
26.3 - La stratégie de la rémunération de millionnaire
L'auteur partage sa "stratégie de la rémunération de millionnaire", démontrant comment quelques secondes consacrées à négocier ou chercher un code de réduction peuvent rapporter l'équivalent de milliers de dollars horaires.
"Transformez les petits blocs de votre vie en journées millionnaires, et un jour... vous deviendrez millionnaire", conclut-il.
Chapitre 27 - SACRÉES GRANDS-MÈRES ? !
27.1 - Lundi 12 mars 2018 – 15 h 01 (7 jours plus tard)
Sept jours après leur grande commande, les Trotman poursuivent leur aventure entrepreneuriale avec une nouvelle énergie. Sam contacte des influenceurs végans tandis que Jeff démarche des distributeurs.
L'auteur raconte comment le test marketing révèle qu'environ 0,003% des abonnés d'un influenceur achètent après une recommandation. L'entreprise décroche sa première commande professionnelle grâce à un épicier italien de Philadelphie qui cherche des soupes véganes pour les grands-mères dont les petits-enfants refusent la viande.
27.2 - La stratégie du client viré
DeMarco introduit la "stratégie du client viré" où il conseille de se débarrasser des clients problématiques dont la valeur est inférieure au coût qu'ils engendrent. Il illustre son propos avec l'exemple d'une cliente qui lui coûtait 125 dollars de service client pour une facture de 12,87 dollars. L'auteur rappelle que "les clients ne sont pas des rois, mais des présidents, et les présidents peuvent être démis de leurs fonctions".
27.3 - La stratégie "rétrospection"
L'auteur présente la "stratégie rétrospection", mettant en garde contre les choix impulsifs qui peuvent détruire en minutes un processus bâti pendant des années. Il donne des exemples frappants comme celui d'un directeur financier qui a perdu son emploi et 2 millions de dollars en stock-options pour avoir filmé et ridiculisé un employé de fast-food. DeMarco recommande d'adopter une "pensée conséquentielle" pour anticiper les répercussions de chaque décision.
Chapitre 28 - UN JOUR DE PLUS AU BUREAU…
28.1 – Jeudi 15 mars 2018 – 17 h 12 (3 jours plus tard)
MJ DeMarco décrit Jeff, découragé devant son ordinateur après avoir dépensé 200 dollars en publicités Google sans résultat. Le couple fait face aux défis quotidiens de l'entrepreneuriat : difficultés à percer et congrès trop coûteux. Sam rencontre également des obstacles pour convaincre les influenceurs de goûter leur soupe, mais gagne une petite victoire en recrutant sa nièce Becky pour les foires artisanales.
28.2 - La stratégie de la valeur triangulée
L'auteur compare l'entrepreneuriat à la pêche à la mouche. Il détaille les cinq composantes d'un système de vente efficace : la valeur relative (l'appât), le message (l'hameçon), le canal (le bateau), la portée (la ligne) et la conversion (la canne à pêche). DeMarco met en garde contre l'abandon prématuré d'une idée sans avoir testé ces cinq éléments.
28.3 - La stratégie EGAIDA
DeMarco présente la formule marketing "EGAIDA" pour créer des messages percutants : Égocentrisme (répondre au "qu'est-ce que j'y gagne ?"), Attention (titre accrocheur), Intérêt (empiler les avantages), Désir (ajouter de la valeur), et Action (appel à conclure avec rareté).
28.4 - Le principe de la traction asymétrique
L'auteur explique que 80% des ventes proviendront de seulement 20% des efforts marketing. Il identifie huit grands canaux marketing et souligne l'importance de cibler les plus prometteurs ("autoroutes") plutôt que les canaux marginaux ("allées"), tout en testant continuellement de nouvelles approches à travers la méthode des 3A.
Chapitre 29 - BURN-OUT
29.1 – Dimanche 1er avril 2018 – 12 h 05 (17 jours plus tard)
MJ DeMarco décrit la semaine infernale des Trotman. Sam, épuisée et enceinte, s'effondre sur le canapé tandis que Jeff travaille à la table de cuisine. Contre toute attente, Jeff annonce une excellente nouvelle: son projet Kickstarter a atteint son objectif en quelques heures grâce à une histoire poignante sur Mookie, un chien rescapé du festival de la viande de Yulin. Plus important encore, l'entreprise a dépassé les 100 000 dollars de ventes avec un flux mensuel de 6 000 dollars. Cette réussite permet à Sam de quitter son emploi d'infirmière dès le lendemain.
29.2 - Le principe d'engagement et d'équilibre
L'auteur démontre que le chemin vers l'équilibre passe paradoxalement par des périodes de déséquilibre temporaire. Il critique la culture du "ouf, c'est vendredi" et explique que l'engagement entrepreneurial peut sembler extrême mais mène à terme à une vie plus épanouissante. DeMarco partage son expérience des journées de douze heures consacrées à son entreprise, qui ont porté leurs fruits.
29.3 - La stratégie de la lettre de licenciement à soi-même
MJ DeMarco conseille de ne pas quitter son emploi prématurément. Il recommande d'attendre quatre signaux positifs : des ventes avec marges bénéficiaires, six mois de trésorerie, un potentiel de croissance, et une productocratie avérée.
29.4 - La stratégie de storification
L'auteur explique comment les histoires ajoutent de la valeur aux produits. Il cite l'exemple de chiens de refuge qui trouvent preneur à la télévision grâce à leur histoire, et celui de SignificantObjects.com qui a revendu des objets ordinaires à prix d'or en y attachant un récit captivant.
Chapitre 30 - CE QUI EST VU NE PEUT ÊTRE IGNORÉ
30.1 - Mardi 3 avril 2018 – 00 h 04 (2 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment Sam prépare son départ de l'hôpital, tandis que Jeff gère une publicité désastreuse dans un magazine écologique. Pour rebondir, il engage un détective qui lui procure les adresses d'influenceurs végans. Audacieuse mais efficace, cette stratégie génère 5 000 dollars de ventes grâce à seulement deux soutiens d'influenceurs. Pendant ce temps, Sam découvre en rentrant de sa dernière garde que Jeff a changé radicalement : face aux demandes de parrainage d'animaux maltraités, il prend conscience de la souffrance animale et décide de devenir végétarien.
30.2 - Le principe des ponts brûlés
MJ DeMarco met en garde contre la tentation de claquer la porte de son emploi de façon spectaculaire. Il rappelle que les nouvelles idées d'entreprise naissent souvent au travail et que votre employeur pourrait devenir un futur client ou partenaire.
30.3 - La stratégie de l'élargissement
L'auteur distingue deux approches commerciales : "aller au fond des choses" (cibler mieux un marché existant) et "l'élargissement" (atteindre de nouveaux marchés). Il illustre ce concept avec l'exemple de Burger King qui a élargi son marché total adressable de 13 millions de personnes en proposant l'Impossible Whopper végétarien.
30.4 - La stratégie de la finalité
MJ DeMarco affirme que seul un objectif puissant permet de traverser le désert entrepreneurial. Il partage comment son désir d'éviter une vie de pendulaire l'a motivé à persévérer malgré ses cinq premiers échecs commerciaux. Il suggère "l'expérience de l'hypothèse du milliardaire" pour découvrir son propre objectif : que feriez-vous après avoir tout accompli ?
30.5 - La stratégie des croyances poreuses
L'auteur raconte sa surprenante conversion au véganisme et plaide pour des croyances ouvertes à la remise en question. Il critique le biais de confirmation qui nous pousse à rechercher uniquement ce qui conforte nos opinions. DeMarco encourage à examiner et reconsidérer régulièrement ses croyances pour trouver la vérité et prendre de meilleures décisions.
Chapitre 31 - CAPITULATION DANS LA JOIE ET LA BONNE HUMEUR
31.1 - Samedi 7 avril 2018 – 19 h 00 (4 jours plus tard)
MJ DeMarco décrit la scène où Jeff, au restaurant, commande un steak de tofu au lieu de son habituel plat carné. D'abord incrédule, Sam fond en larmes en comprenant que son mari a sincèrement adopté le véganisme après avoir été bouleversé par les histoires des animaux maltraités. Sur le plan professionnel, l'entreprise progresse avec un petit distributeur d'épiceries et Derlinger, qui pourrait leur ouvrir les portes de Kroger, à condition qu'ils ajustent leurs étiquettes et développent une troisième recette.
31.2 - La stratégie des trois coups
MJ DeMarco explique comment gérer les retours négatifs : distinguer l'invalidation significative (contenant une intelligence exploitable) de l'invalidation triviale (sans valeur concrète). Il propose la "règle des trois coups": un écho négatif est un incident, deux deviennent une préoccupation, et trois signalent un problème critique nécessitant un ajustement.
31.3 - La stratégie de modélisation de l'observation
L'auteur recommande d'observer et d'imiter ce que font les meilleurs plutôt que d'acheter ce qu'ils vendent. Il raconte comment il a calqué l'interface de son site de voyages sur celles d'Expedia et Travelocity, récoltant ainsi les fruits de leurs tests coûteux.
31.4 - La stratégie zéro jugement
MJ DeMarco montre comment nos préjugés personnels peuvent bloquer notre réussite. Il partage l'anecdote d'une découverte à un million de dollars sur son forum, née de l'écoute de ses utilisateurs malgré son scepticisme initial.
Sa conclusion : "Acceptez l'erreur et devenez riche, ou cramponnez-vous à vos certitudes et restez pauvre."
Chapitre 32 - LA COURSE DES RATS PERD SA REINE
32.1 – Dimanche 15 avril 2018 – 20 h 00 (8 jours plus tard)
MJ DeMarco décrit la naissance du fils des Trotman, un moment que Jeff vit pleinement, contrairement à celle de Madison neuf ans plus tôt. Entre deux contractions, Jeff constate que leur entreprise décolle : un e-mail promotionnel envoyé à 630 000 abonnés d'une newsletter a généré 3 000 commandes. Jeff observe les chiffres avec émerveillement : chaque dollar investi en podcast rapporte 3,50 $, mais chaque dollar investi dans la newsletter génère 37 $ de profit.
Il comprend alors comment les millionnaires sont devenus millionnaires : non pas en épargnant, mais en créant des "planches à billets" qui offrent des rendements asymétriques spectaculaires.
32.2 - La stratégie du bonheur choisi
L'auteur révèle que son plus grand bonheur est venu de la réalisation qu'il possédait les compétences pour ne plus jamais avoir besoin d'un emploi. DeMarco explique que le bonheur est un choix intérieur qui devient facile quand on se concentre sur cinq leviers de joie : la gratitude, les relations positives, l'autonomie, l'épanouissement, et la santé.
Il critique la "pensée fractale" qui conditionne le bonheur à des accomplissements futurs : "Lorsque votre esprit s'attarde sur le passé ou le futur, la joie du moment présent est perdue".
32.3 - Le principe d'accélération de la richesse
MJ DeMarco explique comment les entrepreneurs multiplient leur valeur nette grâce au "multiple de valorisation" - ce facteur d'accélération qui fait qu'une entreprise vaut plusieurs fois ses bénéfices.
Il présente un tableau de multiples par secteur, montrant que chaque dollar de profit peut augmenter la valeur d'une entreprise de 150 % à 2500 %. L'auteur conclut :
"Une fois que vous maîtrisez ce pouvoir, économiser 10 dollars par semaine et espérer 8 % par an semble terriblement ridicule".
32.4 - La stratégie de la grande liste
L'auteur relate la vente de Morning Brew, simple newsletter, pour 75 millions de dollars. Il souligne l'importance cruciale de collecter des adresses électroniques pour toute entreprise.
MJ DeMarco explique comment créer une liste grâce à des "aimants à prospects" - offres gratuites captivantes - et partage comment ses propres listes de 100 000 adresses lui permettent de générer rapidement des revenus. Sa conclusion : "une liste plus importante génère des profits plus importants, ce qui entraîne une valorisation plus importante."
Chapitre 33 - VIVA LAS VEGAS ! !
33.1 – Samedi 16 juin 2018 – 11 h 42 (62 jours plus tard)
MJ DeMarco relate la discussion entre Sam et Jeff sur l'embauche potentielle de Becky. Jeff refuse, malgré les bons résultats de leur entreprise qui génère 10 000 dollars de bénéfices mensuels et vaut maintenant plus d'un demi-million. Sam dévoile alors sa surprise : elle a décroché un stand au salon professionnel grâce à une sous-location auprès de Tottingham Tofu pour seulement 3 000 dollars, soit dix fois moins que le prix normal.
33.2 - Le téléphone et la stratégie FedEx
L'auteur raconte comment un membre de son forum a rencontré un milliardaire simplement en osant décrocher son téléphone. DeMarco souligne que dans notre ère numérique, les méthodes "à l'ancienne" comme appeler ou envoyer un colis FedEx peuvent créer un avantage concurrentiel majeur.
33.3 - La stratégie gagnant-gagnant
DeMarco explique comment il a obtenu une pleine page de publicité dans un magazine spécialisé sans payer le prix fort, en proposant d'écrire gratuitement des articles mentionnant son entreprise. Il recommande d'utiliser cette analyse pour résoudre des problèmes apparemment insolubles par des accords où toutes les parties impliquées bénéficient.
33.4 - La stratégie de l'excuse différée
L'auteur recommande de cesser de demander la permission et d'agir d'abord, s'excuser plus tard. Il illustre ce concept avec l'exemple d'Uber qui n'a pas attendu l'approbation des autorités pour s'implanter. DeMarco affirme que grâce à internet, les gardiens traditionnels ont perdu leur pouvoir : "Il n'y a qu'un seul gardien à cibler : l'esprit du marché".
33.5 - La stratégie des points faibles et des fils-pièges
L'auteur explique comment Van Halen utilisait la "clause des M&M's marron" comme un fil-piège pour détecter l'incompétence. Il conseille d'intégrer de tels tests dans les offres d'emploi pour éliminer les candidats négligents et recommande de se concentrer sur ses points forts tout en recrutant pour compenser ses faiblesses.
33.6 - Le principe du laveur de vaisselle
MJ DeMarco partage son expérience de petits boulots ingrats où il s'efforçait d'exceller. Il affirme que "la façon dont vous faites ce qui n'a pas de sens est la façon dont vous faites ce qui a du sens".
L'auteur conseille de faire chaque tâche avec effort, fierté et optimisme, car le chemin vers la liberté passe souvent par des tâches déplaisantes mais nécessaires.
Chapitre 34 - NOUVELLES FINANCES, VIEILLES HABITUDES
34.1 – Mercredi 25 juillet 2018 – 19 h 15 (39 jours plus tard)
MJ DeMarco décrit la confrontation entre Sam et Jeff, qui a réservé des billets d'avion première classe et un nouveau costume malgré leurs dettes. Bien que leur compte affiche 81 000 dollars, Sam rappelle leurs 13 200 dollars de dettes sur cartes de crédit et d'autres factures impayées. Jeff finit par reconnaître son erreur.
34.2 - Le principe Diderot
L'auteur explique que la consommation est virale - un achat de luxe en entraîne d'autres. Il illustre ce principe avec sa Lamborghini qui a généré d'innombrables dépenses annexes, de l'entretien à la garde-robe. Ce phénomène, nommé d'après le philosophe Denis Diderot, décrit comment un objet luxueux dévalue nos autres possessions, nous poussant à consommer davantage.
34.3 - La stratégie du quignon de pain
MJ DeMarco conseille de prioriser les "dépenses quignon de pain" (celles qui rapportent) avant les "dépenses champagne" (superficielles).
Il illustre cette stratégie par son ancienne entreprise, déplacée à San Francisco pour l'image plutôt que pour la rentabilité. L'auteur prévient que chaque dollar doit contribuer aux résultats jusqu'à ce que l'entreprise atteigne sa maturité.
Chapitre 35 - CHARGEMENT DES MUNITIONS DANS LE CANON…
35.1 – Samedi 20 octobre 2018 – 23 h 15 (87 jours plus tard)
MJ DeMarco raconte comment Jeff se retrouve dans un club de strip-tease miteux avec Dale, son partenaire du salon professionnel. Après quelques verres, Dale lui offre une "danse spéciale" avec Jade. Jeff, tiraillé entre l'alcool et sa conscience, refuse finalement avant de quitter le club.
35.2 - La stratégie DARE
L'auteur relate son grave accident au volant d'une Viper après avoir consommé de l'alcool et explique le concept de DARE (événement à risque de détérioration asymétrique) - des situations où le gain potentiel est minime mais la perte catastrophique. MJ DeMarco critique le mouvement FIRE (indépendance financière et retraite anticipée) comme un DARE déguisé : "Changer votre esclavagiste d'un emploi salarié à Wall Street ne change pas l'esclavage".
35.3 - Le principe de la banquette arrière
MJ DeMarco explique que chaque personne qu'on fréquente nous place à un degré de ses conséquences. À travers l'histoire d'un ami d'enfance devenu meurtrier, il conseille d'observer nos relations comme si nous étions passagers de leur voiture : les mauvaises fréquentations nous conduisent inévitablement vers des situations problématiques.
35.4 - La stratégie des faibles attentes
L'auteur raconte ses expériences de rencontres en ligne et révèle que de faibles attentes conduisent à une grande satisfaction. En abordant chaque rendez-vous avec l'unique attente de rencontrer un être humain, il était rarement déçu. MJ DeMarco conclut que "l'abîme entre les attentes et la réalité est source de déceptions" et que contrôler nos attentes permet d'augmenter notre bonheur.
Chapitre 36 - LA PEUR TRAHIT LE PASSÉ
36.1 - Mardi 30 juillet 2019 – 14 h 15 (283 jours plus tard)
MJ DeMarco nous plonge dans une scène chargée d'émotions où Jeff fait visiter à Sam leurs futurs bureaux, un espace de 6000$ mensuels qu'il a loué sans la consulter. Contrairement à son habitude, Sam n'apprécie pas cette surprise et craint que ce choix mette en péril tout ce qu'ils ont construit.
Touchée émotionnellement, elle révèle un traumatisme d'enfance jamais partagé : à 10 ans, elle s'était attachée à Pinky, une agnelle qui avait partagé son été, avant de découvrir avec horreur que son père l'avait abattue et servie pour Thanksgiving. Cette trahison explique sa peur viscérale de voir son bonheur actuel lui être brutalement arraché.
Jeff, comprenant enfin ces craintes profondes, la rassure sur leur solidité financière : toutes leurs dettes sont remboursées et ils économisent des dizaines de milliers de dollars mensuellement, leur permettant d'atteindre presque leur nombre d'évasion.
36.2 - La stratégie de la persévérance
DeMarco explique que la persévérance est une recette à quatre ingrédients essentiels :
la croyance (remplacer ses "stylos empoisonnés" par une mentalité de producteur),
un objectif fort (son "pourquoi" moteur),
un objectif ambitieux (plantasme 1/5/10),
et une transformation identitaire (devenir une nouvelle personne).
L'auteur souligne l'importance de passer d'une "identité passée" à une "identité future" : "Je suis un entrepreneur qui travaille temporairement chez Intel" plutôt que "Je suis ingénieur chez Intel et j'aimerais monter ma boîte un jour". Il illustre ce concept par sa propre conversion au véganisme, rendue possible grâce à un changement d'identité et des ancrages émotionnels forts.
36.3 - La stratégie de l'armée financière
DeMarco compare chaque dollar épargné à un soldat travaillant pour notre liberté. Il recommande d'affecter tout revenu selon quatre priorités : frais de subsistance basiques, remboursement de dettes, investissements dans l'entreprise (type "quignon de pain"), et montage financier.
L'auteur souligne que le remboursement de dettes équivaut à un rendement instantané équivalent au taux d'intérêt. Il recommande d'épargner progressivement, même quelques dollars hebdomadaires, pour constituer une armée financière qui nous libérera de la religion économique mondiale.
Chapitre 37 - COVID-190 000 000
37.1 – Jeudi 2 avril 2020 – 14 h 45 (247 jours plus tard)
La pandémie frappe l'économie mondiale, mais Jeff observe calmement la tempête depuis son bureau au 17ème étage. Contrairement à 2008 où sa famille avait été durement touchée, cette fois ils prospèrent : Heroic Kitchens est en plein essor et les Trotman sont devenus multimillionnaires.
La tranquillité de Jeff est interrompue par Sam qui apporte une lettre du fisc réclamant 220 000$. À sa surprise, Jeff accueille calmement cette nouvelle et ouvre joyeusement une autre enveloppe contenant une offre d'achat pour leur entreprise : 190 millions de dollars (95M$ en liquidités, 95M$ en actions). L'offre maintient leur mission et propose à Sam un poste de consultante à 120 000$ annuels pour continuer à gérer les parrainages d'animaux.
37.2 - La stratégie du coût de l'argent
MJ DeMarco distingue deux approches de l'endettement : un outil d'accessibilité (pour les 99 %) ou une fonction de coût (pour les 1 %). Il explique que les décisions d'endettement devraient être basées sur le taux d'intérêt et non sur l'accessibilité financière. "Si vous avez besoin d'un prêt pour avoir les moyens de payer quelque chose, vous n'avez pas les moyens de vous payer ce quelque chose."
37.3 - La stratégie du nouveau cheval
L'auteur raconte comment il a vendu son entreprise six mois avant qu'Uber ne perturbe son secteur. Il explique qu'il faut savoir reconnaître quand un chapitre de vie doit se clore pour en commencer un nouveau, surtout lorsque votre plantasme 1/5/10 est majoritairement réalisé.
37.4 - La stratégie financière des 3T
DeMarco conseille d'évaluer les décisions financières selon trois critères : le Temps (un dollar aujourd'hui vaut plus qu'un dollar demain), les Tracas (les profits futurs ne sont jamais garantis) et les Taxes (les événements de liquidité sont généralement moins taxés).
Il calcule qu'une offre de 20 millions aujourd'hui, taxée à 20%, rapporte bien plus que 2 millions annuels pendant 10 ans taxés à 45%.
37.5 - La stratégie de la monogamie
L'auteur critique fermement la dispersion entrepreneuriale : "Chaque fois que quelqu'un déclare avoir six business, c'est un code pour dire : "J'ai six affaires qui craignent et ne rapportent rien"." Il prône la concentration des efforts sur une seule entreprise pour obtenir des résultats significatifs. La monogamie doit précéder la polygamie, même dans les affaires.
37.6 - Le principe "vivre son rêve"
Dans sa conclusion, DeMarco nous rappelle que nous sommes "à une fraction de seconde de vivre notre rêve". Il suffit de le ressusciter, lui donner une vision et le poursuivre sans relâche. Le voyage de la poursuite d'un rêve est le rêve lui-même.
L'auteur nous encourage à embrasser les 120 stratégies et principes du livre pour faire progresser les probabilités de notre vie : "Le regret de l'échec est passager ; le regret de ne jamais avoir tenté votre chance sera éternel."
Épilogue
Dans un clin d'œil au début du livre, DeMarco boucle l'histoire des Trotman en 2022. Après avoir vendu leur entreprise pour 190 millions de dollars, ils ont acheté un terrain près d'Austin et ouvert le "refuge animalier de Pinky" en hommage à l'agnelle traumatiquement perdue par Sam dans son enfance.
Quand leur nouveau voisin Charlie, propriétaire d'une ferme laitière en difficulté, découvre qui ils sont, Jeff lui fait une offre d'achat généreuse – avec un ultimatum de "onze minutes" pour décider, référence directe au titre du premier chapitre et symbole du pouvoir transformateur des décisions rapides.
Annexe
L'annexe détaille la méthode de calcul du "nombre d'évasion" à travers trois exemples concrets : le voyageur nomade (4,78 millions), le playboy célibataire (18 millions) et l'artiste/musicien "fauché" (3,67 millions). Chaque cas montre comment calculer le montant nécessaire à la liberté financière en cinq étapes : coût net d'impôts des actifs, coût de détention annuel, montage financier nécessaire, trésorerie d'urgence, et total final.
Ressources complémentaires
MJ DeMarco invite les lecteurs à rejoindre son réseau "Unscripted" via SMS ou Telegram, et partage ses coordonnées sur les réseaux sociaux. Il mentionne ses autres ouvrages, dont "L'Autoroute du millionnaire" et invite les entrepreneurs ayant réussi à lui envoyer leur histoire pour son prochain livre.
Conclusion de "Quittez la course des rats | De l’esclavage salarial à la liberté financière" de MJ DeMarco
Quatre idées clés à retenir du livre "Quittez la course des rats | De l'esclavage salarial à la liberté financière"
Idée clé n°1 : Le "Script" traditionnel mène inexorablement à l'esclavage salarial moderne
MJ DeMarco démontre avec une précision chirurgicale que notre société nous conditionne dès la naissance selon un "Script" toxique : études, emploi stable, épargne fanatique et retraite hypothétique.
Ce système, qu'il nomme la "religion économique", transforme la majorité des individus en "serial-shoppeurs" ou "serial-épargnants", deux faces d'une même prison dorée. L'auteur révèle comment ce conditionnement culturel, orchestré par les institutions et les médias, maintient 99 % de la population dans une servitude économique déguisée.
En décortiquant l'acronyme SCRIPT (Scolarisation, Consumérisme, Responsabilité, Ignorance, Promesses, Taxes), MJ DeMarco expose les mécanismes qui nous transforment en rouages d'un système conçu pour enrichir une élite au détriment de notre liberté financière.
Idée clé n°2 : Les rendements asymétriques de l'entrepreneuriat surpassent infiniment l'épargne traditionnelle
Contrairement aux promesses creuses des "gourous financiers", DeMarco démontre mathématiquement que l'épargne lente et l'investissement patient sont des mirages. L'auteur oppose deux approches diamétralement opposées : la perspective salariale (échange temps contre argent) et la perspective de profit (création de valeur).
À travers l'histoire des Trotman, il illustre comment un couple ordinaire peut générer des rendements asymétriques spectaculaires en créant une entreprise respectant les critères CENTE (Contrôle, Entrée, Nécessité, Temps, Échelle).
L'entrepreneuriat devient ainsi le seul véritable levier pour échapper à la médiocrité financière et atteindre une prospérité durable.
Idée clé n°3 : La transformation identitaire précède et conditionne la réussite entrepreneuriale
MJ DeMarco révèle que la véritable révolution commence dans notre esprit. Pour atteindre la liberté financière, nous devons opérer une mutation identitaire profonde : passer d'une "identité passée" à une "identité future".
Au lieu de se dire "Je suis ingénieur et j'aimerais monter ma boîte un jour", il faut affirmer "Je suis entrepreneur et je travaille temporairement comme ingénieur". Cette transformation psychologique, soutenue par des ancrages émotionnels forts, déclenche la persévérance nécessaire pour traverser le "désert de la désertion" que tout entrepreneur affronte.
L'auteur insiste sur l'importance de développer un "plantasme 1/5/10" - une vision structurée sur 10 ans, 5 ans et 1 an - qui sert de GPS dans cette quête de l'indépendance.
Idée clé n°4 : Le "nombre d'évasion" transforme les rêves vagues en objectifs mathématiques précis
L'une des contributions les plus concrètes de MJ DeMarco réside dans sa formule du "nombre d'évasion" : le montant exact nécessaire pour atteindre la liberté financière totale.
Cette approche scientifique combine trois éléments : le coût net d'impôts des actifs désirés, un montage financier générant suffisamment de revenus passifs, et une réserve de sécurité.
Contrairement aux conseils flous du développement personnel, MJ DeMarco nous donne un cadre mathématique précis qui transforme l'aspiration à l'indépendance en objectif chiffré et atteignable. Cette méthode élimine les approximations et nous force à confronter la réalité financière de nos ambitions.
Qu'est-ce que la lecture de "Quittez la course des rats" vous apportera ?
"Quittez la course des rats" vous offre bien plus qu'un simple manifeste contre le salariat : c'est un véritable manuel de guerre économique personnelle.
Vous découvrirez des stratégies concrètes pour identifier et éliminer vos "stylos empoisonnés" - ces croyances limitantes qui sabotent votre potentiel. L'ouvrage vous équipe d'outils pratiques comme les critères CENTE pour évaluer vos opportunités d'affaires, la méthode des 3A (Agir, Apprécier, Ajuster) pour tester vos idées, et surtout, cette approche révolutionnaire du "nombre d'évasion" qui transforme vos rêves en objectifs mathématiquement atteignables.
En suivant l'évolution des Trotman, vous assimilez naturellement les étapes cruciales de la transition du salariat vers l'entrepreneuriat, évitant ainsi les pièges classiques qui paralysent la plupart des aspirants entrepreneurs.
Pourquoi lire "Quittez la course des rats" de MJ DeMarco ?
"Quittez la course des rats" de MJ DeMarco mérite votre attention pour deux raisons fondamentales.
D'abord, contrairement à la plupart des ouvrages sur la liberté financière qui se contentent de philosophie générale, DeMarco vous livre une méthode structurée et mathématiquement fondée, étayée par 120 stratégies concrètes et immédiatement applicables.
Ensuite, le format hybride fiction-guide pratique rend l'apprentissage particulièrement efficace : en suivant la transformation des Trotman, vous intégrez naturellement les concepts sans avoir l'impression d'ingurgiter un manuel technique aride.
Ce livre constitue un antidote puissant contre les mensonges de la "religion économique" moderne et vous donne les clés pour reprendre le contrôle de votre destin financier.
Points forts :
Format hybride fiction-guide pratique qui rend l'apprentissage captivant et mémorable.
120 stratégies concrètes et immédiatement applicables pour l'entrepreneuriat.
Démonstration mathématique rigoureuse de l'inefficacité de l'épargne traditionnelle.
Méthode du "nombre d'évasion" qui transforme les rêves en objectifs chiffrés précis.
Points faibles :
Peut sembler répétitif dans sa critique du système traditionnel d'épargne.
Approche parfois radicale qui pourrait décourager les profils plus conservateurs.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Slow productivity : retrouver efficacité, équilibre et goût du travail dans un monde d’excès" de Cal Newport : ce livre déconstruit le mythe de l’hyperactivité et notre relation moderne au travail pour proposer, à la place, une philosophie baptisée "Slow Productivity". Cette approche, fondée sur trois principes fondamentaux - en faire moins, respecter un rythme naturel et faire de la qualité une obsession - permet d’accomplir davantage en ralentissant consciemment et en se concentrant sur l’essentiel.
Par Cal Newport, 2024, 285 pages.
Titre original : "Slow Productivity : The Lost Art of Accomplishment Without Burnout", 2024, 240 pages.
Chronique et résumé de "Slow productivity : retrouver efficacité, équilibre et goût du travail dans un monde d’excès" de Cal Newport
Introduction
Dans l'introduction de "Slow Productivity", l’auteur, Cal Newport raconte l’histoire de John McPhee, rédacteur au New Yorker qui, en 1966, passa deux semaines allongé sur une table de jardin à fixer les branches d'un frêne, avant de trouver comment structurer un article complexe. Cette anecdote va servir à l’auteur de point de départ à une réflexion plus large sur notre relation au travail.
L'auteur relate ensuite comment, durant la pandémie, un malaise croissant envers la productivité s'est manifesté chez les travailleurs du savoir. Ce sentiment s'est matérialisé dans plusieurs livres critiques publiés entre 2020 et 2021, ainsi que dans des phénomènes sociaux comme la "Grande Démission" et le "quiet quitting".
Cal Newport avance qu’en fait, le problème n'est pas la productivité elle-même, mais sa définition moderne erronée. La surcharge qui nous épuise provient, dit-il, de "la croyance selon laquelle le 'bon' travail implique une suractivité débordante".
Face à ce constat, il propose une alternative qu'il nomme "Slow Productivity". Cette approche se fonde sur trois principes fondamentaux :
En faire moins,
Respecter un rythme naturel,
Faire de la qualité une obsession.
L’ambition de l’auteur n'est pas simplement de rendre le travail moins épuisant, mais de "proposer une toute nouvelle façon de réfléchir à ce que signifie 'être efficace'" afin de rendre les métiers du savoir plus humains et soutenables.
Première partie – Origines
Chapitre 1 – L'essor et le déclin de la pseudo-productivité
1.1 - Une anecdote révélatrice : le bureau vide du vendredi
Cal Newport ouvre le premier chapitre de son livre "Slow productivity" avec une histoire : celle de Leslie Moonves, directeur du divertissement chez CBS, qui, en 1995, envoie une note cinglante à ses employés après avoir constaté que plusieurs bureaux étaient vides un vendredi après-midi.
Pour l’auteur, cette anecdote illustre parfaitement la conception dominante de la productivité dans les professions du savoir : plus d'heures visibles au bureau équivaut à plus de travail accompli.
1.2 - Une définition floue de la productivité
L'auteur relate ensuite comment, en sondant ses lecteurs, il a découvert un fait troublant : la majorité des travailleurs du savoir n'ont pas de définition claire de la productivité. La plupart se contentent de lister leurs tâches sans mentionner d'objectifs précis ni de mesures de performance. Cette absence de clarté s'étend même aux travaux universitaires sur le sujet, comme le note Tom Davenport, expert en management : "Le plus souvent, nous ne mesurons pas la productivité des travailleurs du savoir. Et quand nous le faisons, nous le faisons d'une manière vraiment stupide."
1.3 - Le travail intellectuel est plus dur à mesurer
Cal Newport souligne également le fossé qui existe avec d'autres secteurs économiques où la productivité est clairement définie et quantifiable.
Les agriculteurs mesurent les rendements par acre. Les usines quantifient les unités produites par heure. Toute l’histoire de la croissance économique moderne repose sur cette logique productiviste.
Alors pourquoi est-elle si peu appliquée aux métiers intellectuels ?
Parce que, répond Newport, les métiers du savoir sont fondamentalement différents : ils sont complexes, irréguliers, évolutifs. Impossible d’y appliquer la mesure d’un rendement standard. De plus, comme l'affirmait Peter Drucker : "Le travailleur du savoir ne peut pas être supervisé de près ou en détail. On peut l'aider, mais il doit se superviser tout seul."
1.4 - La pseudo-productivité : l’illusion de l’efficacité
Faute de mieux, on a donc cherché des indicateurs visibles : une présence physique ou numérique, des réponses rapides aux mails, des réunions à gogo, etc. Cette illusion d’efficacité, Cal Newport la nomme la pseudo-productivité", qu'il définit comme "l'utilisation de l'activité visible comme principal moyen d'évaluer l'effort productif réel."
Le problème s’est encore aggravé avec la montée en puissance des technologies numériques dans les années 1990. Aujourd’hui, on consulte ses mails toutes les six minutes en moyenne. Résultat : une spirale d’hyperactivité qui épuise plus qu’elle n’accomplit. Les témoignages recueillis par Cal Newport décrivent une surcharge mentale constante, où la quantité écrase la qualité.
1.5 - Une alternative existe : l’exemple d’Anthony Zuiker
En revanche, il termine le chapitre par l’histoire inspirante d’Anthony Zuiker, le créateur de la série "Les Experts". Grâce à trois années de travail lent, patient et obstiné sur sa vision, Zuiker finit par propulser CBS au sommet. Une preuve, selon Cal Newport, qu’il existe une autre voie : ralentir, oui, mais pour mieux produire et orienter son travail vers la qualité plutôt que l'agitation perpétuelle.
Chapitre 2 – Le choix de la lenteur
2.1 - Slow Food : une réponse créative à l’accélération
Le chapitre 2 de "Slow productivity" s'ouvre sur la genèse du mouvement Slow Food.
En 1986, face à l'ouverture d'un McDonald's sur la place d'Espagne à Rome, Carlo Petrini lance cette initiative pour défendre une alimentation plus lente et plus respectueuse des traditions. Cal Newport souligne que ce mouvement repose sur deux idées novatrices : proposer des alternatives séduisantes (plutôt que simplement critiquer) et s'inspirer d'innovations culturelles éprouvées par le temps.
2.2 - Une philosophie qui se propage à d’autres sphères
L'auteur explique comment cette philosophie s'est étendue à d'autres domaines. Elle a ainsi donné naissance aux mouvements Cittaslow (villes lentes), Slow Medicine, Slow Schooling et Slow Media.
Il observe que tous partagent une approche similaire : offrir un choix de modernité plus lent et plus supportable en puisant dans une sagesse traditionnelle.
2.3 - Le monde du travail à la croisée des chemins
Cal Newport établit ensuite un parallèle avec le monde du travail post-pandémie, où une opportunité de transformation s'est présentée. Il évoque les débats sur le retour au bureau chez Apple et l'intérêt croissant pour la semaine de quatre jours. Toutefois, selon l’auteur, ces initiatives ne font qu'atténuer les symptômes sans s'attaquer aux causes profondes de la pseudo-productivité.
2.4 - S’inspirer des anciens métiers du savoir
Pour trouver des alternatives inspirantes, l'auteur élargit ici la définition des "professions du savoir" pour y inclure des métiers cognitifs plus anciens, tels que les écrivains, philosophes et artistes. Il décrit comment ces professions traditionnelles ont développé des approches plus durables du travail intellectuel, citant Isaac Newton, Anna Rubincam et divers écrivains.
2.5 - Les fondations de la slow productivity
Cal Newport conclut en présentant sa philosophie de slow productivity, fondée sur trois principes essentiels (comme mentionné en introduction) :
En faire moins — mais mieux.
Respecter un rythme naturel — celui du corps, de l’esprit, du projet.
Faire de la qualité une obsession — car c’est elle qui crée la valeur, pas la vitesse.
Il précise : adopter cette approche ne signifie pas renoncer à l’ambition. C’est au contraire choisir un chemin plus viable pour aller loin. Et il conclut en rappelant cette phrase inspirante à propos de Newton : "la valeur des idées perdure, la lenteur à laquelle elles ont été produites est vite oubliée."
Deuxième partie – Principes
Chapitre 3 – En faire moins
3.1 - Principe n°1 de la slow productivity : en faire moins
Le mythe de Jane Austen brisé : libérée des corvées pour créer
Cal Newport commence le troisième chapitre de son livre "Slow productivity" en démystifiant l'histoire de Jane Austen.
Il explique que contrairement au mythe populaire selon lequel l'écrivaine aurait écrit ses chefs-d'œuvre en cachette entre deux obligations sociales, la réalité est bien différente. Après une analyse approfondie de sa biographie, l'auteur révèle que c'est précisément quand Austen fut libérée de la plupart de ses obligations domestiques et sociales qu'elle put réellement produire ses romans remarquables.
C’est en effet une fois dans le cottage de Chawton, exempte de la majorité des tâches ménagères, que l’écrivaine put enfin se consacrer à finaliser "Raison et sentiments", "Orgueil et préjugés", puis écrire "Mansfield Park" et "Emma".
Ainsi, l’idée selon laquelle "en faire moins permet de faire mieux" constitue le premier principe fondamental de la slow productivity.
En faire moins : le paradoxe de la productivité accrue
Pour Cal Newport, le premier principe - en faire moins – consiste, en fait, à "s'efforcer de réduire ses obligations jusqu'à aisément imaginer pouvoir les accomplir avec du temps libre".
Il s’agit alors de "tirer parti de cette charge allégée pour s'investir davantage dans le petit nombre de projets qui comptent le plus et ainsi les faire avancer".
L'art de la simplification créative
Cal Newport reconnaît que ce principe peut toutefois sembler plus facile à énoncer qu'à mettre en pratique. Et nous sommes effectivement légitime de poser la question : dans un environnement professionnel où la suractivité semble inévitable, comment alléger sa charge de travail ?
À cette question, l’auteur répond que cette vision ambitieuse de simplicité aménagée est en fait possible dans la plupart des contextes professionnels modernes, à condition d'être créatif et parfois radical dans sa façon d'organiser ses tâches.
3.2 - Pourquoi les travailleurs du savoir devraient en faire moins
Le piège invisible des coûts indirects
Pour illustrer la pertinence actuelle de ce principe, Cal Newport raconte l'histoire de Jonathan Frostick, cadre chez HSBC qui, après une crise cardiaque en 2021, prit la résolution de ne plus passer toutes ses journées sur Zoom.
Cette situation révèle un problème majeur dans les professions intellectuelles contemporaines, lance l’auteur : celle de l'accumulation excessive de "coûts indirects".
L'auteur explique que chaque tâche ou projet accepté s'accompagne, en effet, de coûts indirects administratifs (emails, réunions, etc.). Ces derniers s'accumulent jusqu'à atteindre un "seuil critique" au-delà duquel il devient impossible de gérer efficacement son travail.
C’est ce qui explique le phénomène que Cal Newport surnomme "l'Apocalypse Zoom" qui a eu lieu pendant la pandémie : l'augmentation même modeste des coûts indirects a suffi à faire basculer de nombreux travailleurs au-delà de ce seuil critique.
Le paradoxe productif : moins pour faire plus
À travers un exemple chiffré, Cal Newport démontre ici que faire moins de choses à la fois permet paradoxalement de produire davantage.
En plus d'accroître la quantité produite, cette approche améliore également la qualité du travail, car "notre cerveau fonctionne mieux lorsque nous ne sommes pas pressés."
Le stress comme mauvais conseiller
L'auteur s'attaque ensuite à une question fondamentale : pourquoi tant de travailleurs du savoir se retrouvent-ils constamment au bord de la surcharge ?
Sa réponse est révélatrice : nous utilisons le stress comme heuristique pour modérer notre charge de travail. Nous ne refusons de nouvelles tâches que lorsque nous ressentons suffisamment de détresse personnelle pour justifier le coût social de ce refus.
Des pionniers de la simplification
Pour illustrer qu'une autre approche est possible, Cal Newport partage plusieurs témoignages de personnes ayant réussi à simplifier leur vie professionnelle : une coach qui a réduit ses offres à quelques services clés, un professeur de droit qui s'est concentré sur une seule affaire importante, une enseignante qui a arrêté tout travail non rémunéré, un consultant dont l'entreprise a mis en place des heures non facturables, et un ingénieur qui a réduit son temps de travail.
3.3 - Proposition n°1 : Limitez les gros projets
Pour mettre en œuvre ce premier principe, Cal Newport s'inspire d'abord d'Andrew Wiles, le mathématicien qui résolut le dernier théorème de Fermat. Après avoir décidé de se consacrer à ce projet, Wiles prit des mesures concrètes pour réduire drastiquement ses engagements : il renonça aux conférences, évita les distractions universitaires, et mit au point un "stratagème" pour maintenir une apparence de productivité tout en travaillant sur son objectif principal.
Cal Newport recommande de suivre cet exemple en limitant systématiquement le nombre de projets professionnels importants à trois échelles différentes :
Moins de missions
Cal Newport considère qu'idéalement, on ne devrait pas dépasser trois missions principales, ces objectifs professionnels majeurs qui déterminent notre attention. Il raconte comment son amie Jenny Blake a réduit ses sources de revenus de plus de dix à seulement quelques-unes, ce qui lui a permis de réduire son temps de travail à vingt heures par semaine.
Moins de projets
Pour limiter ses projets en cours, Cal Newport conseille d'utiliser la réalité concrète de son temps disponible comme argument. Il suggère d'estimer le temps nécessaire pour chaque nouveau projet et de le programmer dans son calendrier. Si on ne trouve pas assez de plages horaires, c'est qu'on n'a pas le temps de gérer ce projet et qu'il faut soit le refuser, soit en annuler un autre.
Moins d'objectifs quotidiens
À l'échelle de la journée, Cal Newport recommande de travailler sur un seul projet important par jour maximum. Il explique avoir appris cette approche de sa directrice de thèse au MIT, qui préférait se concentrer intensément sur un seul projet à la fois plutôt que de jongler entre plusieurs. Ce rythme peut sembler lent, mais sur le long terme, les résultats s'accumulent remarquablement.
3.4 - Proposition n°2 : Contenez les petites tâches
Cal Newport évoque ensuite Benjamin Franklin, qui contrairement à sa réputation de travailleur infatigable, avait compris l'importance de se libérer des petites tâches administratives.
À 48 ans, Franklin promut son employé David Hall au rang d'associé, lui confiant toute la gestion de son imprimerie pour se consacrer à ses recherches sur l'électricité et à d'autres projets plus significatifs.
L'auteur observe que de nombreux créateurs ont développé des stratégies similaires pour se protéger des petites tâches perturbantes : Ian Rankin s'isole dans une maison en Écosse, Edith Wharton avait une routine matinale stricte, etc. Reconnaissant que ces solutions ne sont pas à la portée de tous, Cal Newport propose plusieurs stratégies plus accessibles :
Passez en pilotage automatique
Créez un "calendrier de pilotage automatique" en réservant des créneaux horaires spécifiques pour effectuer des tâches récurrentes dans des catégories spécifiques. Associez ces tâches à des lieux et rituels spécifiques pour maximiser leur efficacité.
Synchronisez
Cal Newport explique que la surcharge collaborative peut être réduite en remplaçant la communication asynchrone par des conversations en temps réel.
Il propose deux méthodes :
Organiser des "permanences" quotidiennes dédiées aux discussions rapides.
Mettre en place des "réunions de déblayage" hebdomadaires pour traiter les tâches en suspens avec toute l'équipe.
Déléguez !
L'auteur suggère plusieurs techniques pour réduire l'asymétrie dans l'attribution des tâches :
La "liste de tâches inversée" : créer des listes partagées où les autres doivent ajouter eux-mêmes les tâches qu'ils vous demandent d'accomplir.
Mettre en place des processus qui obligent les autres à effectuer une partie du travail.
Ne pas hésiter à utiliser ces stratégies, car "les gens sont souvent trop focalisés sur leurs propres problèmes pour se préoccuper de la façon dont vous résolvez les vôtres".
Évitez les "machines à tâches"
Cal Newport recommande d'évaluer les nouveaux projets non seulement en fonction de leur difficulté ou du temps qu'ils prendront, mais aussi en fonction du nombre de petites tâches qu'ils généreront.
Il donne l'exemple d'un directeur des ventes qui devrait choisir la rédaction d'un rapport plutôt que l'organisation d'une conférence, car cette dernière est une véritable "machine à tâches".
Dépensez de l'argent
S'inspirant de son amie Jenny Blake qui dépense environ 2400 euros mensuellement en services logiciels professionnels, Cal Newport soutient que dépenser de l'argent pour réduire sa liste de tâches est un investissement judicieux.
Il suggère également d'embaucher des personnes pour déléguer des tâches ou de faire appel à des prestataires de services professionnels.
3.5 - Interlude : qu'en est-il des parents débordés ?
Dans un interlude plus personnel, Cal Newport aborde la situation particulièrement difficile des parents qui travaillent.
Il cite Brigid Schulte, journaliste et mère de deux enfants, et décrit son quotidien chaotique : préparer des cupcakes jusqu'à 2h du matin, finir des articles à 4h, faire des interviews dans la salle d'attente du dentiste de son fils...
L'auteur observe que la pseudo-productivité oblige les individus à gérer seuls les tensions entre vie professionnelle et vie privée, sans cadre clair pour négocier ces compromis.
Il élargit cette réflexion à tous ceux qui font face à des défis personnels (maladie, parents âgés, etc.) et rappelle comment la pandémie a exacerbé ces tensions.
Cal Newport conclut cet interlude en soulignant que "être débordé n'est pas seulement inefficace ; cela peut devenir, pour beaucoup, purement et simplement inhumain." Le premier principe de la slow productivity n'est donc pas qu'une question d'efficacité professionnelle, mais aussi "une réponse pour ceux qui ont le sentiment que leur emploi empiète sur tous les autres domaines de leur vie."
3.6 – Proposition n°3 : Ne poussez plus, tirez !
Push vs Pull : deux philosophies opposées
Dans sa dernière proposition, Cal Newport s'inspire du Broad Institute, un centre de recherche génomique qui a transformé son processus de séquençage génétique en passant d'une stratégie "push" (pousser) à une stratégie "pull" (tirer).
L'auteur explique alors la distinction fondamentale entre ces deux stratégies :
Dans un processus "push", à chaque étape terminée, la tâche passe automatiquement à l'étape suivante.
Dans un processus "pull", chaque étape tire vers elle la nouvelle tâche uniquement lorsqu'elle est prête à le faire.
Cette transition, indique l’auteur, a permis au Broad Institute de réduire le temps de traitement des échantillons de 85 % et d'améliorer considérablement son efficacité. Un groupe de développement technologique de l'institut a également adopté cette approche avec succès, et grâce à elle, réduit le nombre de projets en cours de 50 % tout en augmentant leur taux d'achèvement.
Le système pull pour tous : une méthode en trois temps
Pour les personnes qui n'ont pas le pouvoir de transformer complètement leur environnement de travail, Cal Newport propose une stratégie en trois étapes pour simuler un système "pull" :
Créez des listes "en attente" et "en cours"
Limitez votre liste "en cours" à trois projets maximum et concentrez votre attention uniquement sur ces projets. Lorsqu'un projet est terminé, tirez-en un nouveau depuis la liste "en attente".
Envoyez un accusé de réception
Pour chaque nouveau projet, envoyez un message qui officialise votre engagement mais inclut : les informations supplémentaires dont vous avez besoin, le nombre de projets déjà sur vos listes, et une estimation de délai réaliste.
Cal Newport souligne que la transparence est ici cruciale et que souvent, ce type de message conduit le demandeur à retirer son projet.
Mettez à jour vos listes hebdomadairement
Revoyez les échéances, donnez la priorité à ce qui doit être bouclé rapidement, et n'hésitez pas à demander à être libéré des projets que vous ne cessez de repousser ou qui sont devenus obsolètes.
Chapitre 4 – Respecter un rythme naturel
4.1 - Principe n°2 de la slow productivity : respecter un rythme naturel
Cal Newport démarre le chapitre 4 de son livre "Slow productivity" avec une révélation qui l'a frappé durant l'été 2021 alors qu'il lisait "The Scientists" de John Gribbin.
Il a observé que les grands scientifiques de l'histoire, bien que remarquablement productifs, travaillaient à un rythme qui, selon nos standards actuels, semblerait étonnamment lent et irrégulier.
L'auteur illustre cette idée avec plusieurs exemples frappants :
Copernic mit plus de 30 ans à publier ses théories révolutionnaires sur le mouvement des planètes après sa première ébauche.
Galilée commença à réfléchir au mouvement du pendule en 1584, mais n'entreprit ses expériences formelles qu'en 1602.
Newton développa sa théorie de la gravitation sur une période de plus de 15 ans.
Même Marie Curie, au beau milieu de ses recherches majeures sur la radioactivité, partit en vacances prolongées à la campagne avec sa famille.
Ces observations ont conduit Cal Newport à réaliser que l'échelle de temps est essentielle à notre compréhension de la productivité. À l'échelle rapide des jours et des semaines, ces scientifiques semblaient travailler lentement, mais à l'échelle des années et des décennies, leurs efforts étaient indéniablement fructueux.
D’où le deuxième principe de la slow productivity : respecter un rythme naturel.
Autrement dit : "n'effectuez pas votre travail le plus important au pas de charge. Laissez-le se réaliser selon une chronologie soutenable, incluant des variations d'intensité, dans un cadre favorisant l'intelligence".
4.2 - Pourquoi les travailleurs du savoir devraient renouer avec un rythme plus naturel
Cal Newport s'appuie sur les recherches anthropologiques, notamment celles de Richard Lee sur les Ju/hoansi du désert du Kalahari, pour démontrer que le rythme de travail constant et intense qui caractérise notre époque est fondamentalement contraire à notre nature humaine.
En effet, l'auteur explique que pendant environ 290 000 des 300 000 années d'existence de notre espèce, les humains ont vécu comme chasseurs-cueilleurs. Leurs efforts quotidiens pour se nourrir étaient caractérisés par une alternance naturelle entre périodes d'activité et périodes de repos. Les études de Mark Dyble sur les Agta des Philippines confirment cette tendance : les chasseurs-cueilleurs consacraient 40 à 50 % de leur journée au loisir, avec des rythmes de travail très variables.
Cette variabilité fut bouleversée par la révolution néolithique et l'avènement de l'agriculture, qui imposa un travail plus monotone. Toutefois, l'agriculture maintenait encore une certaine saisonnalité : l'intense activité des semailles et des récoltes alternant avec des périodes plus calmes. La Révolution industrielle effaça ces dernières variations, transformant chaque jour en "jour de récolte".
Cal Newport affirme que l'avènement des professions du savoir aurait pu renverser cette tendance, mais la pseudo-productivité a au contraire poussé à une aliénation encore plus profonde par rapport à nos rythmes naturels. Contrairement au secteur industriel, où des lois et des syndicats établirent des limites, les professions intellectuelles ne disposent d'aucune protection similaire.
L'ironie, souligne l'auteur, est que les travailleurs du savoir traditionnels qui jouissaient d'une grande liberté - comme les scientifiques mentionnés au début du chapitre - revenaient naturellement à des rythmes de travail plus variés. Ce n'est pas par hasard : notre physiologie est programmée pour cette alternance.
4.3 - Proposition n°1 : prenez plus de temps
Pour illustrer l'avantage de prendre son temps, Cal Newport raconte l'histoire de Lin-Manuel Miranda et de sa comédie musicale "In the Heights". Contrairement à la croyance selon laquelle il aurait créé ce chef-d'œuvre en un éclair de génie pendant ses études, Miranda a en réalité travaillé sur ce projet pendant sept ans, l'améliorant progressivement tout en poursuivant d'autres activités.
L'auteur propose trois stratégies concrètes pour allonger ses délais :
Concevez un plan sur cinq ans
Cal Newport partage sa propre expérience lorsqu'il commença son doctorat au MIT tout en souhaitant poursuivre sa carrière d'écrivain. Ce plan à long terme lui a permis de traverser des périodes où l'écriture passait au second plan, sans jamais abandonner son objectif global.
Doublez vos délais
Reconnaissant notre tendance à sous-estimer le temps nécessaire aux projets cognitifs, l'auteur suggère de déterminer un délai qui semble raisonnable, puis de le multiplier par deux. Cette "police d'assurance" contrecarre notre optimisme instinctif et permet un rythme plus paisible.
Simplifiez votre journée
Cal Newport recommande de réduire de 25 à 50 % les tâches prévues quotidiennement et de s'assurer que les réunions n'occupent pas plus de la moitié de notre journée de travail. Il propose la stratégie "une heure pour toi, une heure pour moi" qui consiste à protéger une durée équivalente à chaque nouvelle réunion programmée.
L'auteur conclut cette proposition en soulignant l'importance de se pardonner lorsque nos tentatives de prendre plus de temps échouent : "La clé d'un travail ayant du sens est de décider de revenir encore et toujours à ce qui vous paraît important. Pas de parvenir à tout bien faire tout le temps."
4.4 - Proposition n°2 : respectez la saisonnalité
Cal Newport s’intéresse ensuite à la vie de Georgia O'Keeffe qui, après des années frénétiques d'enseignement dans différentes institutions, trouva son rythme dans une propriété au bord du lac George. Entre 1918 et 1934, travaillant souvent en plein air, elle produisit plus de 200 tableaux, alternant entre des étés créatifs dans cette retraite et des automnes plus trépidants à New York.
L'auteur souligne que cette approche saisonnière du travail, où l'intensité des efforts varie au fil de l'année, est naturelle mais devenue rare dans notre société.
Il propose plusieurs stratégies pour réintroduire cette saisonnalité :
Programmez des saisons lentes
S'inspirant du concept de "quiet quitting", Cal Newport suggère de ralentir délibérément pendant une ou deux saisons par an, en bouclant les projets importants avant cette période et en repoussant les nouveaux jusqu'à son terme.
Raccourcissez votre année de travail
L'auteur raconte comment Ian Fleming négocia de ne travailler que dix mois par an pour passer les deux autres mois dans sa maison jamaïcaine, où il écrivit ses romans "James Bond".
Cal Newport cite également des exemples contemporains comme Jenny Blake et Andrew Sullivan qui s'accordent plusieurs semaines de pause chaque année.
Optez pour les "petites variations saisonnières"
Pour ceux qui ne peuvent pas prendre des mois entiers, l'auteur propose quatre micro-stratégies :
Pas de réunion le lundi (ou un autre jour fixe),
Une séance de cinéma ou autre activité en journée une fois par mois,
Programmer des projets de loisirs pour équilibrer chaque grand projet professionnel,
Travailler par cycles d'intensité variée, à l'image de l'entreprise Basecamp.
4.5 - Interlude : Jack Kerouac n'a-t-il pas écrit "Sur la route" en trois semaines ?
Dans un bref interlude, Cal Newport aborde l'objection évidente que certains travaux créatifs semblent avoir été produits dans des sursauts frénétiques plutôt qu'à un rythme lent.
Il démystifie l'histoire de Jack Kerouac, qui prétendait avoir écrit "Sur la route" en trois semaines, alors qu'en réalité il avait travaillé sur ce livre pendant six ans, tenant des journaux détaillés et rédigeant six versions différentes après le premier jet.
Comme le conclut l'auteur : ""Sur la route" se lit vite, mais le rythme auquel le livre a été écrit, comme pour la plupart des œuvres qui résistent à l'épreuve du temps, fut en réalité assez lent."
4.6 - Proposition n°3 : travaillez poétiquement
La dernière proposition du chapitre concerne le contexte dans lequel nous accomplissons notre travail.
Cal Newport s'inspire de Mary Oliver, poétesse lauréate du Pulitzer, qui composait ses poèmes lors de longues marches dans les bois. Il suggère que le cadre dans lequel nous effectuons notre travail peut transformer notre expérience cognitive, rendant nos efforts plus vivants et plus naturels.
L'auteur propose trois approches pour travailler "poétiquement" :
Accordez l'espace à votre travail
Créez un environnement physique qui résonne avec ce que vous essayez d'accomplir, comme le fit Lin-Manuel Miranda en écrivant "Hamilton" dans une maison historique liée à George Washington, ou encore Neil Gaiman en rédigeant dans une cabane octogonale en forêt.
Étrange plutôt que stylé
Cal Newport cite des écrivains comme Peter Benchley qui écrivit "Les Dents de la mer" dans l'arrière-boutique d'un atelier de réparation de hauts-fourneaux, ainsi que Maya Angelou qui louait des chambres d'hôtel dépouillées pour travailler.
Il explique que l'environnement familier du domicile piège notre attention et qu'un cadre étrange, même laid, peut être plus propice à la concentration.
Des rituels remarquables
S'inspirant des mystères de la Grèce antique, Cal Newport souligne que des rituels suffisamment remarquables peuvent modifier notre état mental dans une direction favorable à la réalisation de nos objectifs. Il cite David Lynch qui commandait un énorme milkshake au chocolat pour stimuler sa créativité, ou N.C. Wyeth qui coupait du bois pendant une heure avant de travailler.
En conclusion, Cal Newport réaffirme que le deuxième principe de la slow productivity nous invite à rejeter "les gratifications performatives de l'urgence perpétuelle" pour accorder à nos efforts professionnels "l'espace et le respect nécessaires afin qu'ils s'intègrent dans une vie bien vécue, au lieu d'y faire obstacle."
Chapitre 5 – Faire de la qualité une obsession
5.1 - Le principe n°3 de la slow productivity : faire de la qualité une obsession
Dans le cinquième chapitre de son ouvrage "Slow productivity", Cal Newport partage d’abord l'histoire de Jewel, une jeune chanteuse qui vivait dans sa voiture à San Diego dans les années 1990. Malgré sa situation précaire, elle parvint à attirer l'attention du public lors de ses performances à l'Inner Change Coffeehouse. Son talent brut et authentique finit par séduire les maisons de disques et aboutit à une offre d'un million de dollars à la signature.
Mais ce qui rend cette histoire particulièrement pertinente, précise l’auteur, c'est que Jewel refusa cette somme colossale. Cal Newport explique que la chanteuse avait, en fait, compris qu'accepter un tel montant la forcerait à vendre énormément de disques très rapidement pour que le label récupère son investissement. Au lieu de cela, elle choisit alors de rester "bon marché" pour sa maison de disques, se donnant ainsi le temps nécessaire pour développer sa musique et son art. Elle résuma cette philosophie par une maxime : "Le bois dur pousse lentement."
Cette histoire illustre parfaitement le troisième et dernier principe de la slow productivity que Cal Newport formule ainsi :
Soyez obsédé par la qualité de ce que vous produisez, même si cela veut dire rater des opportunités à court terme. Tirez parti des résultats obtenus pour gagner toujours plus de liberté de travail sur le long terme.
L'auteur souligne que ce principe n'est pas placé en dernier par hasard : en effet, il constitue le ciment de la slow productivity. Sans cette obsession de la qualité, les deux premiers principes (en faire moins et respecter un rythme naturel) risqueraient de transformer le travail en simple contrainte à gérer, plutôt qu'en source d'accomplissement.
5.2 - Pourquoi les travailleurs du savoir devraient être obsédés par la qualité
Cal Newport reconnaît que le lien entre qualité et succès est évident pour les artistes comme Jewel, mais peut sembler moins direct dans les professions intellectuelles.
En tant qu'enseignant-chercheur, il jongle lui-même entre multiples tâches : enseignement, demandes de subventions, supervision d'étudiants, comités, articles scientifiques...
Pourtant, il affirme que même dans les métiers du savoir, certaines activités clés déterminent véritablement notre succès. Pour un professeur d'université, ce sont les publications majeures ; pour un graphiste, ce sont ses réalisations visuelles ; pour un commercial, ce sont ses ventes.
Le troisième principe invite à privilégier la qualité de ces activités essentielles non seulement pour exceller, mais aussi parce que cette qualité entretient des liens inattendus avec le désir de ralentir.
Cal Newport illustre ce lien à travers deux dynamiques complémentaires :
La qualité exige de ralentir
Pour produire un travail vraiment bon, on doit nécessairement prendre son temps. Il cite l'exemple de Steve Jobs qui, de retour chez Apple en 1997, réduisit drastiquement les lignes de produits pour se concentrer sur quatre ordinateurs seulement. Cette simplification permit de travailler sur la qualité et l'innovation et par là même, transformer rapidement les pertes en profits.
La qualité permet de ralentir
Le succès basé sur l'excellence donne une plus grande liberté.
L'auteur raconte comment Jewel, après le succès de son album "Spirit", refusa de s'installer à Los Angeles pour poursuivre une carrière frénétique. Elle préféra s'établir dans un ranch au Texas avec son petit ami :
"Je n'avais pas besoin d'être plus riche ou plus célèbre", expliqua-t-elle.
Pour illustrer plus concrètement cette seconde dynamique, Cal Newport présente Paul Jarvis, auteur de "Company of One", qui vit dans une maison isolée sur l'île de Vancouver. Jarvis préconise d'exploiter ses compétences non pas pour agrandir son entreprise, mais pour gagner en liberté. Par exemple, un concepteur web facturant 50€/heure pourrait, une fois sa réputation établie, passer à 100€/heure et travailler moitié moins tout en maintenant le même revenu.
Cal Newport conclut que nous avons été tellement habitués à considérer que le perfectionnement de nos compétences ne doit servir qu'à augmenter nos revenus et responsabilités, que nous oublions qu'il peut aussi nous offrir un mode de vie plus soutenable.
5.3 - Proposition n°1 : affinez votre goût
La première proposition concrète de ce chapitre s'inspire d'une déclaration d'Ira Glass, créateur de l'émission "This American Life". Glass souligne qu'en matière de création, il existe souvent un fossé entre ce que notre goût reconnaît comme bon et ce que nos compétences nous permettent de produire. C'est la frustration de ce décalage qui nous pousse à nous améliorer.
Toutefois, Cal Newport remarque qu’un élément primordial est souvent négligé : la nécessité d'affiner d'abord notre goût. Il est impossible de produire un travail exceptionnel sans comprendre ce qu'est l'excellence dans notre domaine.
Il propose alors trois approches pour développer ce discernement :
Devenez cinéphile (ou expert dans un autre domaine)
Cal Newport raconte comment l'étude du cinéma l'a aidé à améliorer son écriture. Il suggère que l'exploration d'un art différent du nôtre peut nous inspirer sans nous intimider.
Fondez votre propre club
S'inspirant du cercle des "Inklings" qui réunissait C.S. Lewis et J.R.R. Tolkien à Oxford, l'auteur encourage la création de groupes où des pairs peuvent échanger sur leurs travaux. Le goût collectif est généralement supérieur au goût individuel.
Achetez un carnet à 50 euros
Cal Newport partage comment l'achat d'un carnet de laboratoire haut de gamme durant son post-doctorat au MIT a transformé sa façon de travailler. Il soutient que des outils de qualité nous poussent à produire un travail de qualité.
5.4 - Interlude : et le perfectionnisme dans tout ça ?
Face à une lectrice inquiète que l'obsession de la qualité puisse mener au perfectionnisme paralysant, Cal Newport nuance son propos.
Il prend l'exemple des Beatles qui, après avoir abandonné les tournées en 1966, passèrent près de 700 heures en studio pour produire "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band", un album révolutionnaire dans l'histoire de la musique pop. Si ce chef-d'œuvre démontre les bénéfices de l'obsession de la qualité, l'auteur reconnaît que cette tendance a également conduit de nombreux groupes à s'enliser dans un "perfectionnisme solitaire" stérile.
Pour éviter ce piège, Cal Newport conseille de se donner suffisamment de temps pour produire quelque chose de brillant, mais pas un temps illimité.
5.5 – Proposition n°2 : misez sur vous-même
La seconde proposition nous invite à prendre des risques calculés dans le but d’améliorer la qualité de son travail.
Cal Newport illustre cette idée avec l'histoire d'Alanis Morissette qui, après un succès dans la pop commerciale au Canada, fut abandonnée par sa maison de disques lorsqu'elle voulut explorer un style plus personnel. Ce pari risqué la conduisit finalement à créer "Jagged Little Pill", un album qui s'est vendu à 33 millions d'exemplaires.
L'auteur propose plusieurs approches pour mettre en œuvre cette stratégie :
Écrivez "quand les gosses sont couchés"
S’inspirant de figures comme Stephenie Meyer (Twilight), Clive Cussler ou John Grisham, Cal Newport suggère d’utiliser une partie de son temps libre pour se consacrer temporairement à un projet qui compte vraiment.
Réduisez vos revenus
Pas question de tout lâcher sur un coup de tête ! Cal Newport recommande d’agir prudemment avant de quitter son emploi, même s'il reconnaît que parfois, la pression financière peut stimuler la créativité. L’essentiel : s’assurer que le projet a un vrai potentiel avant de sauter le pas.
Annoncez vos délais
Communiquer publiquement sur un projet crée des attentes sociales qui motivent à l'excellence.
Attirez un investisseur
L'auteur raconte comment John Carpenter réalisa "Halloween" avec un budget modeste fourni par Moustapha Akkad. Dans cet exemple, on voit bien que la volonté de ne pas décevoir ceux qui nous font confiance peut nous pousser au-delà de nos limites habituelles.
En résumé, faire de la qualité une priorité n’est pas juste une posture professionnelle. C’est un choix stratégique. Un levier pour reprendre la main sur son temps, sa carrière, sa liberté. En produisant moins mais mieux, on gagne paradoxalement plus : plus d’impact, plus d’autonomie, et plus d’équilibre.
Conclusion de Cal Newport
John McPhee, figure du travail lent et méthodique
Cal Newport clôt son livre en revenant sur l’histoire de John McPhee, évoquée en introduction.
Il décrit plus en détail la méthode rigoureuse que ce grand écrivain a affinée au fil des années : d’abord taper ses notes pendant des semaines, puis découper chaque idée en blocs cohérents, les classer dans des dossiers thématiques, avant de disposer ces fragments sur un panneau pour en dégager la structure parfaite… Seulement à partir de cette étape commence l’écriture.
Une leçon de fond : ralentir pour mieux avancer
Cette évolution incarne à merveille le message central de l’ouvrage : ralentir n’est pas un simple appel à lever le pied, c’est une stratégie de fond pour mieux travailler. Car Cal Newport insiste : "ralentir ne se résume pas à s'élever contre le travail. Il s'agit plutôt de trouver une meilleure manière de travailler", repenser notre façon de l’aborder.
Echapper à la pseudo-productivité et repenser le travail
Cal Newport explique ensuite les deux ambitions qui ont guidé l’écriture de ce livre :
D’un côté, aider concrètement les travailleurs du savoir à échapper à la pseudo-productivité, en s’appuyant sur les trois principes-clés énoncés au fil des chapitres.
De l’autre, contribuer à une réflexion plus large sur la manière dont le travail intellectuel est structuré aujourd’hui.
Cal Newport conclut en citant McPhee qui s'étonnait d'être perçu comme prolifique : "Si vous versez chaque jour une goutte d'eau dans un seau, au bout de 365 jours, il y a une certaine quantité d'eau". Ce qui compte vraiment, rappelle l'auteur, ce n'est pas la vitesse mais l'endroit où l'on arrive.
Conclusion de "Slow productivity : retrouver efficacité, équilibre et goût du travail dans un monde d’excès" de Cal Newport
Les 4 idées clés à retenir du livre "Slow productivity"
Idée clé n°1 : La pseudo-productivité nous épuise… sans rien produire de vraiment utile
Dans "Slow productivity", Cal Newport remet en question notre conception moderne de la productivité qui confond activité constante et véritable efficacité.
Ce qu’il appelle "pseudo-productivité", c’est cette tendance à utiliser l'activité visible comme indicateur de travail performant. C'est cette illusion selon laquelle être toujours occupé, toujours joignable, et enchaîner les mails et les réunions, serait la preuve d’un travail bien fait.
En réalité, ce modèle repose sur des signes extérieurs d'effort, mais ne produit que peu de résultats concrets, surtout dans les métiers intellectuels, où la valeur produite n'est pas proportionnelle au temps passé devant un écran.
Dès lors, Cal Newport montre comment cette logique, renforcée par les outils numériques et technologies connectées, est devenue un piège : on consulte nos mails en moyenne toutes les 6 minutes, on saute d’une tâche à l’autre sans jamais aller au fond des choses, et on termine nos journées épuisés, mais sans sentiment d’avancer vraiment.
Résultat : un cycle d’hyperactivité vide de sens, où l’on confond "être occupé" avec "créer de la valeur".
Idée clé n°2 : Faire moins permet paradoxalement d'accomplir davantage
Cette idée est l’un des grands paradoxes de la slow productivity que Cal Newport défend avec force : réduire délibérément nos engagements nous rend plus efficaces, pas moins.
Plutôt que de multiplier les tâches et les projets - au risque de nous disperser – Cal Newport propose une approche sélective et intentionnelle. En limitant notre charge mentale à ce que l’on peut réellement traiter avec attention et profondeur, on libère de l’espace pour produire un travail de qualité.
Il illustre ce principe avec l’exemple de Jane Austen, qui ne put écrire ses chefs-d'œuvre qu’une fois soulagée de ses contraintes domestiques. Son génie créatif a émergé quand elle a retrouvé du temps libre, non fragmenté.
Cal Newport introduit ici la logique des systèmes "pull" (on choisit quand et comment on tire une nouvelle tâche) face aux systèmes "push" (les tâches nous arrivent sans fin, sans filtre). Selon lui, cette approche réduit les "coûts indirects" - échanges, suivis, frictions - qui s’accumulent silencieusement jusqu’à atteindre ce "seuil critique" au-delà duquel notre efficacité s'effondre.
En bref, en en faisant moins, mais mieux, on évite la surcharge… et on accomplit davantage.
Idée clé n°3 : Notre corps (et notre cerveau) ne sont pas faits pour travailler à plein régime toute l’année
Un autre principe clé de la slow productivity repose sur une vérité souvent négligée : notre physiologie a besoin de rythme, de variation, de respiration.
Cal Newport s’appuie sur des observations anthropologiques pour montrer que pendant la quasi-totalité de l’histoire humaine (sur 290 000 années des 300 000 ans d'existence de notre espèce), nos ancêtres ont travaillé selon des cycles irréguliers, influencés par les saisons, les ressources disponibles et les besoins du moment. L’intensité constante est une invention moderne… et profondément contre-nature.
Même les plus grands esprits de l’histoire - chercheurs, artistes, inventeurs - travaillaient à des cadences lentes, alternant entre des phases de concentration intense et de longs temps de recul. Et pourtant, leur impact est immense.
Cal Newport plaide donc pour un retour à cette saisonnalité naturelle du travail perdue, que ce soit par :
Des périodes plus calmes dans l’année, propices au repos ou à la réflexion,
Des environnements de travail inspirants, qui nourrissent plutôt que d’épuiser,
Des délais plus réalistes, parfois doublés, pour sortir de la pression permanente.
Alors, travailler intensément, oui — mais pas tout le temps. L’alternance est essentielle pour préserver notre énergie, notre créativité et notre santé mentale.
Idée clé n°4 : L'obsession de la qualité devient un levier pour gagner en liberté professionnelle
Le troisième principe de la slow productivity révèle que viser l’excellence ne signifie pas en faire plus… mais mieux, avec plus de sens et plus de liberté à la clé.
À travers des histoires marquantes - comme celle de la chanteuse Jewel qui refuse un contrat d’un million de dollars pour rester fidèle à son art, ou celle de Paul Jarvis, designer qui choisit une vie simple sur l’île de Vancouver - Cal Newport montre que la vraie réussite n’est pas toujours dans l’accumulation de projets ou de responsabilités, mais dans la qualité de ce qu’on crée… et la liberté qu’on en tire.
Pour cela, il faut d’abord développer un goût exigeant, apprendre à reconnaître ce qui est réellement bon, ce qui a de la valeur. Puis, oser miser sur soi, prendre des risques calculés qui nous poussent à donner le meilleur de nous-mêmes.
Cette quête d’excellence, loin d’être un piège perfectionniste, devient un levier puissant pour créer une carrière à notre image : plus sobre, plus alignée, plus libre.
En somme, plus on s’approche de la maîtrise, plus on peut choisir notre manière de travailler - et de vivre.
Ce que la lecture de "Slow Productivity" vous apportera
Lire "Slow Productivity", c’est certes découvrir une nouvelle méthode de travail, mais c’est surtout changer de perspective sur la productivité elle-même.
Dans cet ouvrage, Cal Newport propose en effet un regard radicalement différent du travail intellectuel que l’on se fait habituellement : il partage une vision libérée des diktats de l’urgence, de l’hyper-disponibilité et du “toujours plus”.
Mais le livre ne se limite pas à un constat : il offre des stratégies concrètes, applicables dès aujourd’hui, pour transformer votre relation au travail. Vous y découvrirez notamment comment, au travail :
Réduire vos engagements sans culpabiliser,
Retrouver un rythme plus humain et plus naturel,
Miser sur la qualité plutôt que sur la quantité de vos réalisations,
Faire le tri entre l’essentiel et le superflu, identifier ces activités qui, dans votre métier, produisent véritablement de la valeur, et éliminer progressivement ce qui vous épuise sans rien apporter.
Et réinventer votre rapport au travail, sans sacrifier votre bien-être.
Plus qu’un simple guide de productivité, Slow Productivity est une philosophie complète, qui replace l’exigence de qualité, la sérénité et le plaisir du travail bien fait, à un rythme soutenable sans les sacrifices imposés par notre culture de l'urgence perpétuelle.
Enfin une lecture qui réconcilie efficacité durable et équilibre personnel !
Pourquoi lire "Slow productivity" de Cal Newport ?
"Slow Productivity" ne vous apprendra pas simplement à mieux vous organiser : il vous apprendra à mieux vivre votre travail.
En effet, dans cet ouvrage, Cal Newport ne propose pas une nouvelle méthode miracle de gestion du temps, mais une approche profondément humaine et durable du travail intellectuel. Il nous rappelle une vérité que notre époque a reléguée au second plan : Travailler moins, mais mieux, ce n’est pas une utopie. C’est une nécessité.
Que vous soyez cadre surmené, entrepreneur débordé, freelance créatif sous pression ou universitaire au bord de la saturation, ce livre vous partage des principes simples, libérateurs et adaptés à votre réalité pour :
Retrouver du sens dans ce que vous faites,
Protéger votre santé mentale,
Préserver votre énergie,
Et renouer avec ce qui compte vraiment : la joie de créer, de penser, d’agir - sans vous épuiser.
"Slow Productivity" n’est pas un outil de plus. C’est un tournant.
Points forts :
Une critique fondamentale et nécessaire de la pseudo-productivité qui domine le monde professionnel moderne.
Des principes ancrés dans la réalité anthropologique et physiologique de l'être humain.
De nombreux exemples concrets et historiques qui illustrent parfaitement les concepts présentés.
Des propositions pratiques applicables immédiatement pour transformer sa vie professionnelle.
Points faibles :
Une philosophie qui peut être difficile à mettre en œuvre dans certains environnements professionnels très contraignants.
Certaines stratégies proposées - comme le retrait saisonnier du travail - semblent plus accessibles aux professions intellectuelles indépendantes qu'aux salariés traditionnels.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus" de John Gray : un phénomène de librairie dès sa sortie, et jamais démenti depuis ! Ce livre vous aidera à mieux vivre votre relation de couple (ou toute autre relation homme-femme) en comprenant les spécificités de chacun.
Par John Gray, 1997, 346 pages.
Titre original : Men Are From Mars, Women Are From Venus (1994).
Chronique et résumé de "Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus" de John Gray
Introduction
John Gray raconte un moment marquant de son mariage avec sa femme Bonnie, une semaine après la naissance de leur fille. Épuisée et en souffrance, Bonnie se sent abandonnée. Lorsqu'il rentre à la maison, une dispute éclate, mais elle l'implore de rester et de simplement l'enlacer. Cet instant change sa perception de l’amour, lui faisant comprendre l’importance de l’écoute et du soutien inconditionnel.
Il réalise que les hommes et les femmes communiquent différemment et que leur méconnaissance mutuelle est souvent à l’origine des conflits. Son expérience personnelle l’incite à approfondir ces différences, aboutissant à sept années de recherche et à la rédaction de son livre. Il observe que de nombreux couples souffrent de frustrations similaires et que comprendre ces dissemblances transforme radicalement leurs relations.
Son séminaire aide des couples au bord du divorce, comme Susan et Jim, qui découvrent que leurs différences sont naturelles et prévisibles. Grâce à ces enseignements, ils ravivent leur amour et renforcent leur relation. John Gray souligne que les hommes et les femmes pensent, ressentent et agissent différemment. Accepter ces écarts permet d’améliorer la communication et d’éviter tensions et rancœurs.
Il insiste sur l’importance d’une approche concrète et bienveillante pour bâtir des relations durables. Bien que les origines des différences entre sexes soient complexes, leur reconnaissance permet d’accroître amour et compréhension mutuelle. Il espère que ses découvertes aideront chacun à développer des relations plus harmonieuses et épanouissantes.
Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus
John Gray imagine une métaphore où les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Un jour, les Martiens découvrent les Vénusiennes et tombent amoureux. Leur passion les pousse à inventer les voyages interplanétaires pour rejoindre ces êtres fascinants. Les Vénusiennes les accueillent avec enthousiasme, donnant naissance à un amour magique et harmonieux. Ils apprécient leurs différences et vivent en parfaite entente.
Mais lorsqu’ils émigrent sur Terre, l’atmosphère terrestre provoque chez eux une amnésie sélective. Du jour au lendemain, ils oublient qu’ils viennent de mondes différents et cessent de comprendre leurs dissemblances. Cette perte de mémoire engendre incompréhensions et conflits entre hommes et femmes.
Depuis, leurs relations sont marquées par des tensions qu’une meilleure connaissance de leurs différences pourrait apaiser.
Nous rappeler nos différences
Lorsqu’ils oublient leurs différences, les hommes et les femmes entrent en conflit. Chacun s’attend à ce que l’autre ressente et réagisse comme lui. On suppose que s’il nous aime, il exprimera son amour de la même manière. Cette illusion engendre frustration et déception, empêchant une communication bienveillante.
"Nous supposons à tort que dès lors que notre partenaire nous aime, il aura les réactions et le comportement qui sont les nôtres lorsque nous aimons quelqu'un." (Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Chapitre 1)
Les hommes croient que les femmes pensent et agissent comme eux, tandis que les femmes font la même erreur. Or, leurs modes de communication et de fonctionnement diffèrent profondément. Ces malentendus sont à l’origine de tensions inutiles.
Reconnaître et respecter ces différences transforme les relations de couple. Il faut toujours garder à l’esprit que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus.
Un rapide survol de nos principales différences
Dans ce livre, chaque chapitre explore les différences fondamentales entre hommes et femmes.
Le chapitre 2 aborde les valeurs opposées des deux sexes. Les hommes ont tendance à proposer des solutions sans tenir compte des émotions, tandis que les femmes donnent des conseils non sollicités. Comprendre ces erreurs courantes permet d’améliorer la communication.
Le chapitre 3 traite des réactions face au stress : les hommes préfèrent s’isoler, tandis que les femmes ressentent le besoin de parler. De nouvelles méthodes de communication seront proposées.
Le chapitre 4 explique comment motiver le sexe opposé. Les hommes se sentent valorisés en étant utiles, tandis que les femmes ont besoin de se sentir aimées. Des conseils aideront chacun à dépasser ses réticences à donner ou recevoir de l’amour.
Le chapitre 5 révèle les différences de langage et propose un dictionnaire martien-vénusien. Il aide les hommes à mieux écouter et les femmes à comprendre le silence masculin.
Le chapitre 6 détaille les besoins d’intimité : après un rapprochement, un homme ressent le besoin de s’éloigner temporairement. Les femmes apprendront à gérer cette dynamique sans crainte ni frustration.
Le chapitre 7 explique pourquoi les émotions féminines suivent un rythme cyclique. Les hommes apprendront à identifier les moments où leur partenaire a le plus besoin d’eux.
Le chapitre 8 montre comment chacun donne l’amour qu’il aimerait recevoir plutôt que celui dont son partenaire a besoin. Les hommes recherchent confiance et admiration, tandis que les femmes privilégient tendresse et compréhension.
Le chapitre 9 donne des clés pour éviter les disputes. Les hommes apprendront à ne pas invalider les émotions de leur compagne, et les femmes comprendront pourquoi leur désaccord peut être perçu comme une critique.
Le chapitre 10 explique que les hommes et les femmes ne comptent pas les points de la même façon. Un homme mise sur un grand geste, alors qu’une femme valorise chaque petite attention. Une liste de 101 idées aidera les hommes à multiplier ces gestes d’amour.
Le chapitre 11 enseigne l’art de communiquer dans les moments difficiles. Une méthode de lettre d’amour permettra d’exprimer ses émotions sans blesser l’autre.
Le chapitre 12 aide les femmes à mieux formuler leurs demandes, en évitant des expressions qui rebutent les hommes, tout en encourageant ces derniers à donner davantage d’eux-mêmes.
Le chapitre 13 explore les quatre saisons de l’amour et l’évolution naturelle des relations. Il explique comment les expériences passées influencent la dynamique du couple et propose des outils pour préserver la passion.
Chaque chapitre de Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus offre des conseils concrets pour bâtir une relation épanouie et durable.
Les bonnes intentions ne suffisent pas
Tomber amoureux semble magique et éternel. On croit naïvement que notre amour échappera aux problèmes des autres couples. Pourtant, avec le temps, la routine s’installe et les différences apparaissent. Les hommes attendent des femmes qu’elles réagissent comme eux, et inversement. Sans compréhension mutuelle, l’exigence et l’intolérance prennent le dessus, entraînant jugements et rancœurs.
Progressivement, malgré les bonnes intentions, l’amour s’efface. La communication se brise, la méfiance s’installe et le rejet finit par remplacer l’affection. On se demande alors pourquoi et comment cela a pu arriver. Malgré des théories complexes, le même schéma se répète, et l’amour meurt trop souvent.
Chaque année, des millions de couples se forment puis se séparent. La moitié des mariages échoue, et parmi ceux qui durent, beaucoup ne sont pas épanouis. Seuls ceux qui apprennent à se respecter et à accepter leurs différences parviennent à préserver leur amour.
Comprendre ces différences permet d’aimer plus justement et de mieux recevoir l’amour de l’autre. En les acceptant, on trouve des solutions adaptées aux besoins de chacun. L’amour peut durer, à condition de se rappeler ce qui distingue hommes et femmes.
Monsieur Réponse-à-tout et le comité d'amélioration du foyer
Les femmes reprochent aux hommes de ne pas les écouter. Plutôt que d’accueillir leurs paroles avec compréhension, ils interrompent pour proposer des solutions, persuadés d’aider. Ils ne saisissent pas que leur compagne attend une écoute bienveillante, et non des conseils.
Les hommes, de leur côté, reprochent aux femmes de vouloir les changer. Lorsqu’elles aiment, elles tentent d’améliorer leur partenaire, pensant l’aider à progresser. Mais lui perçoit cela comme du contrôle et préférerait être accepté tel qu’il est.
Pourquoi les hommes cherchent-ils à résoudre les problèmes et les femmes à perfectionner leur compagnon ? Un retour sur Mars et Vénus avant leur rencontre pourrait éclairer ces comportements.
La vie sur Mars
Sur Mars, pouvoir, compétence et réussite sont les valeurs essentielles. Un homme mesure sa valeur à ses résultats et tire fierté de ses succès.
Les Martiens s’intéressent davantage aux objectifs qu’aux émotions. Ils valorisent leur autonomie et refusent qu’on leur dicte leur conduite. Recevoir un conseil non sollicité est perçu comme une remise en question de leur capacité à réussir seul.
"Donner à un homme un conseil qu'il n'a pas sollicité équivaut à présumer qu'il ne sait pas ce qu'il faut faire, ou qu'il est incapable de le faire par lui-même." (Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Chapitre 2)
Les hommes parlent rarement de leurs problèmes, sauf en quête d’un avis spécialisé. Sur Mars, demander de l’aide est une preuve de sagesse seulement si cela est indispensable. Quand une femme exprime ses soucis, l’homme suppose qu’elle cherche une solution. Il endosse alors le rôle de monsieur Réponse-à-tout, pensant lui témoigner son amour.
Ce comportement crée un malentendu : il ne réalise pas qu’elle souhaite avant tout être écoutée et soutenue, sans attendre de solution immédiate.
La vie sur Vénus
Sur Vénus, l’amour, la communication et les relations humaines sont primordiaux. Les femmes mesurent leur valeur à la qualité de leurs sentiments et de leurs liens avec les autres.
Les Vénusiennes privilégient l’harmonie et l’échange, bien plus que la réussite ou l’efficacité. Leur monde est donc très différent de celui des Martiens. Elles aiment exprimer leurs émotions et valorisent les conversations profondes, qui leur apportent autant de satisfaction qu’un succès matériel pour un Martien.
Elles ont une forte intuition, développée par des siècles d’anticipation des besoins d’autrui. Offrir de l’aide, sans qu’elle soit demandée, est un geste naturel et affectueux.
Sur Mars, en revanche, un homme perçoit ces conseils comme un manque de confiance en lui. Il pense qu’il est jugé incompétent, là où une femme voit une simple marque d’attention. Cette différence explique pourquoi un homme rejette souvent les suggestions de sa compagne, alors qu’elle croit simplement l’aider à s’améliorer.
Arrêter les conseils
Une femme peut blesser son compagnon sans le vouloir, simplement en lui donnant un conseil non sollicité.
L’histoire de Mary illustre bien ce point. Son mari, Tom, s’était perdu en voiture. Lorsqu’elle lui suggéra de demander son chemin, il se braqua. Pour elle, c’était une marque d’affection. Pour lui, c’était une remise en question de sa compétence.
Sur Mars, offrir un conseil sans demande préalable est perçu comme un manque de respect. Un homme préfère prouver qu’il peut atteindre son objectif seul, même s’il s’agit d’une tâche simple. S’il sent que sa femme doute de lui sur un détail, il extrapole et pense qu’elle ne lui ferait pas confiance pour des enjeux plus importants.
Mary, en comprenant cette dynamique, a appris à soutenir Tom en restant silencieuse. Lorsqu’ils se sont de nouveau perdus, elle l’a laissé gérer la situation, ce qui a renforcé leur complicité.
Apprendre à écouter
Un homme peut offenser involontairement sa compagne en cherchant à l’aider plutôt qu’à l’écouter.
Mary, après une journée éprouvante, partage ses soucis avec Tom, qui lui propose immédiatement des solutions. Elle se sent incomprise, tandis que lui ne comprend pas pourquoi ses conseils sont rejetés. Sur Vénus, écouter sans interrompre est une marque de respect et de soutien.
Tom apprend alors à simplement écouter Mary. Lorsqu’elle exprime son stress, il valide ses émotions sans chercher à résoudre ses problèmes. Cette approche transforme leur relation et apaise leurs tensions.
À la défense de monsieur Réponse-à-tout et du comité d'amélioration du foyer
Ces comportements ne sont pas mauvais en soi, mais leur moment et leur méthode sont souvent inadaptés.
Un homme peut proposer des solutions, mais pas lorsque sa compagne est bouleversée. Elle attend seulement une écoute et du réconfort.
De même, un homme accepte mieux les conseils s’il les sollicite. Sinon, il les perçoit comme une remise en cause de ses capacités. Lorsqu’il se sent pleinement accepté, il devient plus réceptif. Comprendre ces différences permet d’éviter tensions et malentendus en ajustant son approche.
Quand une femme rejette les solutions proposées par son mari
Lorsqu’une femme résiste aux suggestions de son mari, il le vit comme une remise en question de sa compétence. Il pense qu’elle ne lui fait pas confiance et devient moins attentif. Pourtant, elle attend simplement de l’écoute et du réconfort, pas une solution immédiate.
Les hommes commettent souvent l’erreur de minimiser les émotions de leur compagne en répondant par des phrases comme "Tu ne devrais pas t'en faire autant" ou "Ça ne s'est pas du tout passé comme ça". Ces remarques nient ses sentiments et cherchent à régler le problème trop vite.
Apprendre à écouter sans interrompre ni proposer de solutions immédiates améliore la communication. Un homme qui comprend que c’est le moment et la façon dont il présente ses idées qui posent problème, et non ses suggestions en elles-mêmes, vivra mieux les réticences de sa partenaire. Avec le temps, il verra qu’elle apprécie davantage ses efforts.
Quand un homme résiste au comité d'amélioration du foyer
Lorsqu’un homme rejette les conseils de sa compagne, elle pense qu’il ne l’aime pas ou ignore ses besoins. Cela crée chez elle un sentiment d’abandon. Pourtant, il ne refuse pas l’aide en soi, mais la manière dont elle est formulée.
Les critiques et remarques anodines, comme "Tu devrais appeler un plombier" ou "Ta chemise ne va pas avec ton pantalon", peuvent sembler inoffensives mais sont perçues comme des ordres ou des reproches.
En apprenant à exprimer ses besoins sans jugement, une femme obtiendra plus de coopération. Si elle accepte son mari tel qu’il est et formule ses demandes différemment, il sera plus réceptif aux changements.
Un exercice simple :
Les femmes : éviter conseils et critiques pendant une semaine pour observer une réaction plus positive des hommes.
Les hommes : écouter attentivement sans proposer de solution immédiate pour améliorer la communication.
Les hommes s'enferment dans leur caverne et les femmes bavardent
Les hommes et les femmes gèrent le stress de manière opposée : les hommes se referment, tandis que les femmes expriment leurs émotions. Lui a besoin de solitude pour résoudre ses problèmes, elle ressent le besoin d’en parler.
Quand Tom rentre du travail, il veut se détendre en lisant. Mary, au contraire, souhaite discuter pour évacuer sa journée. Tom trouve qu’elle parle trop et l’écoute distraitement, ce qui la frustre. Cette incompréhension génère rancœur et distance dans le couple.
Même si l’amour est fort, ils ne pourront s’harmoniser qu’en comprenant leurs différences. Tom doit reconnaître que Mary a réellement besoin d’exprimer ses soucis, et Mary doit accepter que Tom se replie pour gérer son stress.
Pour mieux comprendre ces comportements, il faut revenir aux origines martiennes et vénusiennes des hommes et des femmes.
Gestion du stress sur Mars et sur Vénus
Quand un Martien est stressé, il se retire dans sa caverne pour réfléchir seul à son problème. Il n’en parle que s’il a besoin d’aide. Si aucune solution ne lui vient, il se distrait avec des activités comme la lecture ou le sport intense.
Les Vénusiennes, elles, cherchent du réconfort en parlant de leurs soucis avec une personne de confiance. Pour elles, partager leurs émotions est un signe d’amour et de confiance, et non une faiblesse.
Un homme trouve satisfaction en réglant seul ses difficultés, tandis qu’une femme se sent bien lorsqu’elle peut les exprimer et échanger. Aujourd’hui encore, ces différences influencent les relations de couple.
La caverne dispensatrice de soulagement
Lorsqu’un homme est stressé, il se replie dans sa caverne pour se concentrer sur la résolution de son problème principal. Cette préoccupation l’absorbe totalement, le rendant distant et distrait avec sa partenaire.
Physiquement présent, il n’est mentalement disponible qu’à 5 %, le reste de son esprit étant accaparé par sa réflexion. Plus son souci est sérieux, plus il semble indifférent à sa relation de couple. Une fois la solution trouvée, il redevient pleinement attentif.
Pour se vider l’esprit, il se tourne vers des activités déconnectées, comme lire le journal, regarder un match ou faire du sport. Ces distractions lui permettent d’évacuer la pression et de retrouver une nouvelle impulsion mentale.
Les femmes et la caverne
Les femmes ne comprennent pas toujours ce besoin masculin de se replier. Elles aimeraient qu’il exprime ses difficultés, comme elles le font. Lorsqu’il semble plus attentif à la télévision ou au sport qu’à elles, elles se sentent blessées.
Mais attendre qu’un homme sous pression soit immédiatement tendre et disponible est aussi irréaliste que demander à une femme bouleversée de se calmer en un instant.
Si elle se rappelle que les hommes viennent de Mars, une femme comprendra que cette attitude n’a rien à voir avec l’amour. Inversement, un homme conscient de cette différence pourra rassurer sa compagne lorsqu’elle se sent négligée.
Les conflits naissent souvent d’un malentendu. Voici des réactions courantes :
"Tu ne m’écoutes pas !" – Lui pense qu’écouter signifie entendre, elle veut une attention totale.
"J’ai l’impression que tu n’es pas là." – Il est physiquement présent, mais mentalement ailleurs.
"Tu ne tiens pas à moi." – Il pense prouver son amour en trouvant une solution, mais elle préfère de l’affection directe.
Pour éviter les tensions, chacun doit comprendre et accepter les besoins de l’autre. Un homme doit reconnaître la légitimité des sentiments de sa compagne, et elle doit accepter qu’il ait parfois besoin de se retirer.
Comment une femme gère le stress
Lorsqu’une femme est stressée, elle ressent un besoin instinctif de parler de tout ce qui la préoccupe, sans établir de priorité entre les problèmes. Elle ne cherche pas forcément une solution, mais un interlocuteur compréhensif.
Contrairement à l’homme, qui se concentre sur un souci précis, elle perçoit tous ses problèmes comme un ensemble pesant. En les exprimant librement, elle se sent progressivement soulagée et comprend mieux ses émotions.
Si elle se sent incomprise, son stress s’accentue et de nouvelles inquiétudes apparaissent. Elle peut alors détourner son attention vers les soucis d’amis, de proches ou même d’inconnus, car discuter reste pour elle une réaction naturelle face au stress.
Les hommes et le besoin qu’ont les femmes de parler
Lorsqu’une femme parle de ses problèmes, un homme croit souvent qu’elle lui en fait le reproche ou qu’elle attend une solution. Il se défend ou propose des réponses rapides, ce qui ne fait qu’aggraver le malentendu.
"Tout comme l'homme tire satisfaction de l'élaboration d'une solution parfaite jusque dans ses moindres détails, la femme s'épanouit en relatant ses soucis avec une précision quasi chirurgicale." (Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Chapitre 3)
Les hommes ne réalisent pas que leur compagne ne cherche pas de réponse, mais simplement à partager ses émotions. Plus elle donne de détails, plus il s’impatiente, cherchant une logique et une conclusion qui n’existent pas.
Les femmes peuvent faciliter l’écoute de leur partenaire en annonçant d’abord la conclusion, puis en développant. Rassurer un homme en précisant qu’aucune solution n’est attendue l’aide aussi à écouter sans frustration. Avec le temps, il comprendra que prêter attention suffit à soulager sa compagne.
Ce que les Martiens ont appris
Les hommes ont découvert que les reproches et critiques des femmes étaient temporaires et disparaissaient une fois qu’elles se sentaient écoutées. Ils ont compris que leur besoin de parler n’était pas une attaque mais un moyen de se soulager.
Beaucoup d’hommes ignorent à quel point une femme peut retrouver le sourire simplement en se sentant comprise. En revanche, ils ont souvent vu des femmes qui, faute d’écoute, ressassent sans fin leurs soucis. Ce n’est pas leur tendance à parler qui pose problème, mais le manque d’attention et de soutien.
Enfin, les hommes ont découvert qu'écouter leur compagne pouvait être aussi apaisant que regarder les nouvelles ou lire un journal. Toutefois, en période de stress intense, ils continuent à privilégier leurs distractions habituelles pour se ressourcer.
Ce que les Vénusiennes ont appris
Les Vénusiennes ont compris que l’entrée d’un homme dans sa caverne n’était pas un signe de désamour. Elles ont appris à être plus tolérantes et à ne plus s’offusquer de son comportement distant en période de stress.
Plutôt que de se vexer lorsqu’un homme semble distrait, elles attendent patiemment qu’il retrouve son attention avant de continuer à parler. Cette approche donne de meilleurs résultats que les plaintes ou reproches.
Elles ont aussi accepté ses moments de retrait et en profitent pour passer du temps avec leurs amies. Cette attitude apaise la relation, et les Martiens, se sentant aimés et compris, ressortent plus vite de leur isolement.
]]>Résumé de "Latitude zéro | 40 000 km pour partir à la rencontre du monde" de Mike Horn : dans ce récit d’aventure autobiographique, Mike Horn nous plonge au cœur de son tour du monde le long de l'équateur, une odyssée de 17 mois durant laquelle il traverse à pied, en bateau et à vélo 40 000 kilomètres de territoires inexplorés. Il y affronte, en solitaire, les océans déchaînés, la jungle impénétrable et les dangers humains, en démontrant une résilience extraordinaire face aux éléments les plus hostiles de notre planète. L’explorateur nous livre alors, au fil de son périple, une profonde réflexion sur la liberté et les limites humaines.
Par Mike Horn, 2004, 352 pages.
Chronique et résumé de "Latitude zéro | 40 000 km pour partir à la rencontre du monde" de Mike Horn
Prologue - Juin 2001
Avant d’entamer son récit, Mike Horn nous dévoile, dans ce prologue, ses souvenirs de l’expédition "Latitude zéro" qu’il s’apprête à nous raconter.
Ainsi, des années plus tard, en 2001, il garde de ces 17 mois de son expédition une empreinte profonde, "une sorte d’instant unique, d'une intensité époustouflante" écrit-il.
Au cours de ce périple, il confie avoir traversé, presque simultanément, toutes les expériences humaines possibles : la naissance et la mort, la tempête et l’accalmie, la joie et la tristesse. Mais au-delà du défi solitaire, cette aventure fut aussi collective, portée par les rencontres marquantes et les enseignements précieux de ceux qui l'ont accompagné et soutenu en chemin.
Chapitre I - Six coquillages | Le 2 juin 1999. Libreville
Le 2 juin 1999, Mike Horn se trouve sur une plage du Gabon, devant l'océan Atlantique. Il s'apprête à réaliser un exploit que personne n'avait jamais tenté auparavant : faire le tour du monde en suivant la ligne de l'équateur, en s'autorisant une marge de quarante kilomètres au nord et au sud.
Le principe, comme il l'explique, est simple mais paradoxal : avancer tout droit en tournant le dos à son objectif pendant les 20 000 premiers kilomètres, puis retrouver son point de départ lors des 20 000 suivants.
1.1 - Une équipe réduite mais soudée
Pour cette aventure extraordinaire, Horn s'est entouré d'une équipe extrêmement réduite de cinq personnes. Il présente chacun de ses membres avec respect et reconnaissance :
Martin Horn, son frère cadet, responsable de toute la logistique.
Claude-Alain Gailland, alpiniste suisse expérimenté qui l'avait déjà accompagné lors de sa descente de l'Amazone.
Alma, sa cousine, chargée de la mise à jour du site web.
Sebastian Devenish, photographe anglais élevé en Suisse.
Sean Wisedale, cameraman sud-africain.
L'aventurier souligne que cette équipe fonctionne comme un véritable collectif, chacun pouvant sortir de sa spécialité pour aider les autres. Sa femme Cathy joue également un rôle crucial en tant que coordinatrice, gérant les problèmes administratifs et assurant le lien entre Mike et le reste du monde.
1.2 - Les préparatifs et la mise à l'eau
Neuf jours avant le départ, l'équipe avait effectué l'inventaire du matériel et vérifié l'état du bateau. Mike Horn raconte comment son trimaran, arrivé par cargo de Miami, a été soigneusement assemblé et testé.
La veille du départ, l'explorateur fait face à deux problèmes de taille : son téléphone satellite grillé et une déchirure dans la coque après avoir heurté un tronc d'arbre immergé. Malgré ces contretemps, sa détermination reste intacte.
À 15h30, le jour du départ, Mike Horn et ses proches nagent jusqu'à la plage pour accomplir un rituel personnel. L'aventurier confie :
"Je m'accroupis dans le sable et le fouille du bout des doigts. J'en extrais six petits coquillages, que j'enferme soigneusement dans un carré de tissu."
Chaque coquillage symbolise une étape de son parcours : l'Atlantique, l'Amérique du Sud, le Pacifique, l'Indonésie, l'océan Indien et l'Afrique. Il se promet de les reposer exactement au même endroit à son retour.
1.3 - Le moment du départ
À 16 h, Mike Horn se jette à l'eau pour regagner son bateau, lève l'ancre, hisse ses voiles et part. Ses proches le suivent un moment sur deux hors-bord, puis le laissent seul. L'explorateur prend alors pleinement conscience de sa solitude face à 5 000 kilomètres d'océan. Il raconte avec émotion ce moment charnière :
"Je ne le sais pas encore, mais l'émotion que je ressens à ce moment précis - un mélange de trac, d'angoisse et d'exaltation - est plus forte que tout ce que j'éprouverai par la suite."
Paradoxalement, il se sent soulagé d'être enfin seul, mais s'interroge sur sa capacité à tenir le coup. Il réalise soudain l'ampleur du défi qu'il s'est lancé et fond en larmes.
1.4 - L'histoire du bateau : un miracle de générosité
Mike Horn remonte le temps pour nous raconter comment il a obtenu son bateau, élément vital de son expédition.
Malgré le soutien de ses sponsors principaux (Sector et Opel), il lui manquait, confie-t-il, les fonds nécessaires pour acquérir un trimaran. C'est Marc-Édouard Landolt, un banquier suisse rencontré lors d'un dîner, qui lui offre généreusement ce bateau après avoir été enthousiasmé par son projet.
L'aventurier relate ensuite les tests effectués à San Diego, où il choisit un modèle de huit mètres plutôt que de douze, moins par économie que par praticité. Le test du bateau s'avère mouvementé : l'équipage sauve huit immigrants mexicains de la noyade, ce que Steve Ravussin interprète comme un bon présage : "Ton bateau sera béni jusqu'à la fin de son existence."
En fin de construction, le transport du trimaran vers l'Afrique se complique sérieusement. Mike Horn apprend qu'aucun cargo ne quitte San Diego avant un mois, ce qui compromet tout son calendrier. Il décide alors, avec son frère, de traverser les États-Unis en camion pour rejoindre Miami, où un cargo part dans deux jours. Ce périple de 48 heures sans sommeil, ponctué d'incidents (dont un assoupissement au volant évité de justesse), se conclut par une course contre la montre pour placer le bateau démonté dans un conteneur avant la fermeture du port.
1.5 - L'apprentissage de la navigation
Mike Horn avoue son inexpérience maritime : toute sa pratique se résumait à trois jours de navigation sur le lac Léman et quelques expériences comme wincher sur des bateaux professionnels. Il relate avec humilité ses premiers pas de marin autodidacte, étudiant son manuel d'utilisation et apprenant à maîtriser les différentes voiles de son trimaran.
Il détaille son système de navigation nocturne, alternant pilotage automatique et manuel pour préserver l'énergie de ses batteries alimentées par panneaux solaires. Il maintient une vitesse moyenne de six nœuds, conforme à ses prévisions, mais doit rester constamment vigilant face aux changements météorologiques.
1.6 - Premières épreuves sur l'océan
L'aventurier raconte plusieurs incidents qui lui servent de leçons.
D'abord, son arrivée périlleuse aux îles São Tomé, où il s'endort trop longtemps et se réveille à quelques mètres d'une falaise. Ce n'est que grâce à un concours de circonstances miraculeux qu'il évite la collision.
Il relate ensuite comment il manque de tomber à l'eau pendant qu'il fait la vaisselle à l'arrière du bateau, retenant le plat-bord de justesse. Ces expériences lui enseignent que "le danger existe même quand il n'y a pas de danger."
Plus tard, il affronte trois tempêtes tropicales en approchant des côtes brésiliennes, et doit naviguer dans une zone dangereuse où flottent des conteneurs perdus par les cargos. Une nuit, sa drisse cède et son gennaker tombe à l'eau. Dans sa tentative de récupération, il risque d'être emporté par les vagues, n'étant pas attaché à son bateau.
1.7 - L'arrivée au Brésil
Après 19 jours de traversée (record pour un bateau de cette taille), Mike Horn sent la terre avant de la voir, grâce à "une odeur de glaise fraîche". Il entre dans l'embouchure de l'Amazone, dont les eaux boueuses repoussent l'océan sur près de 180 kilomètres.
Arrivé à l'île de Marajó, il est accueilli par Martin, Sebastian et Sean. Il poursuit ensuite jusqu'à Macapá, où l'attendent sa femme Cathy et ses filles Annika et Jessica. Il décrit la ville comme "poussiéreuse, sale et surpeuplée", constamment menacée d'être engloutie par la jungle.
L'explorateur se heurte alors à la bureaucratie brésilienne : inspections sanitaires, contrôles douaniers et taxes diverses. Il confie sa frustration devant ces formalités qui lui semblent "plus pénibles encore à traverser que l'Atlantique."
1.8 - Le début de l'enfer vert
Après quelques jours à Macapá, Mike Horn reprend son périple, naviguant sur le fleuve aussi loin que possible en compagnie de sa famille qui le suit sur un bateau à moteur. Lorsque le cours d'eau devient trop étroit, il dit adieu à Cathy et ses filles, poursuit en VTT jusqu'à la fin d'une route de terre, puis se retrouve face à la jungle vierge.
Ce premier chapitre de "Latitude zéro" se termine sur ce moment critique où l'aventurier hésite avant de s'engager dans 3 600 kilomètres de forêt tropicale que personne n'avait jamais traversée à pied. Malgré la peur qui le paralyse momentanément, il surmonte ses doutes :
"Je mets une bonne demi-heure à retrouver mon énergie et ma motivation. Peu à peu, je cesse de considérer la forêt vierge comme un ennemi monstrueux."
Finalement, il tire sa machette et s'enfonce dans la jungle, concluant avec ces mots : "La jungle m'avale. Je disparais dans la nuit verte."
Chapitre II - Le cri du caïman
Dans le deuxième chapitre de "Latitude zéro", Mike Horn poursuit son incroyable périple en s'enfonçant de plus en plus dans la jungle amazonienne.
Chaque pas est une immersion dans l’inconnu. Après avoir traversé l'Atlantique, l'aventurier affronte désormais un environnement tout aussi hostile mais radicalement différent : la forêt tropicale la plus dense du monde, qu'il compte traverser à pied sur près de 3 600 kilomètres.
2.1 - Les premiers pas dans l'enfer vert
Mike Horn pénètre dans la jungle avec une priorité : avancer suffisamment pour couper définitivement "le cordon invisible" qui le relie encore à Martin et Sean. Il raconte qu'il progresse comme un forcené, taillant sa route à coups de machette dans cette végétation si épaisse que la lumière peine à y pénétrer.
"Je ne pense qu'à une chose : avancer aussi vite que possible pour franchir le point de non-retour, couper les ponts et supprimer la tentation du retour en arrière."
La progression est incroyablement lente : quelques mètres par minute seulement. L'explorateur s'oriente à la boussole, se dirigeant plein ouest à 270 degrés (avec une légère correction pour la variation magnétique). Il confie qu'il s'efforce de trouver le bon rythme, le bon allongement pour chaque pas, tout en s'adaptant à ce milieu qui semble le rejeter comme une greffe.
Mike Horn nous dévoile sa philosophie d'adaptation : il ne se considère pas comme un intrus mais comme un élément qui doit s'intégrer à la jungle. Son objectif n'est pas de combattre cet environnement mais de se faire accepter par lui.
2.2 - Le sac à dos : une maison sur le dos
L'aventurier décrit en détail son fidèle compagnon de route : son sac à dos, véritable prolongement de lui-même et bouée de sauvetage dans cet environnement hostile. Ce n'est pas un modèle standard mais une création sur-mesure qu'il a conçue en collaboration avec la marque italienne Ferrino.
Ce sac présente des caractéristiques exceptionnelles :
Fabriqué en Cordura, un nylon ultra-résistant et imperméable,
Équipé de trous d'évacuation d'eau au fond,
Doté de filets latéraux pour accéder rapidement aux bouteilles d'eau,
Muni d'un "camel pack" intégré (vessie d'eau avec tuyau d'accès facile),
Fermé par des zips incassables plutôt que du velcro (qui aurait absorbé l'humidité),
Conçu spécifiquement pour ses 48 kilos d'équipement.
Mike Horn explique que chaque objet a sa place exacte, ce qui lui permet de faire et défaire son sac les yeux fermés ou dans l'urgence. À l'intérieur, des conteneurs hermétiques protègent son équipement électronique : panneau solaire, lampe frontale, caméra vidéo et téléphone satellite.
L'aventurier mentionne avoir abandonné son ordinateur, trop lourd et encombrant, ne gardant que le téléphone satellite pour communiquer avec sa famille. Il avoue que ces communications sont parfois douloureuses : "Dès que j'entends la voix de ma femme et de mes enfants, j'ai envie de tout laisser tomber et de rentrer chez moi."
2.3 - Une tenue adaptée aux conditions extrêmes
Tout comme son sac, ses vêtements ont été minutieusement choisis.
Sa chemise à manches courtes possède des coutures placées en arrière des épaules pour éviter les frottements douloureux avec le sac. Le tissu synthétique évacue l'humidité vers l'extérieur, gardant sa peau relativement sèche.
Ses chaussures sont peut-être l'élément le plus crucial de son équipement. Contrairement aux recommandations reçues, il a opté pour des modèles légers de type jogging plutôt que de lourdes chaussures montantes. Il décrit leurs caractéristiques uniques :
Des chaussures fermées comme des chaussettes en néoprène élastique,
Des trous percés juste au-dessus de la semelle pour évacuer l'eau,
Des semelles rigides mais souples à l'extrémité pour adhérer aux obstacles,
Un système de cache pour les lacets.
2.4 - Installer son campement dans la jungle
Après quatre heures d'avancée, épuisé, Mike Horn prépare son premier bivouac. Il partage sa technique pour installer son hamac entre deux arbres soigneusement choisis, à environ 1,50 mètre du sol pour se protéger des prédateurs terrestres.
Pour choisir les bons arbres, l'explorateur utilise une astuce apprise d'un Indien : une corde de longueur précise lui permet de sélectionner des troncs trop minces pour qu'un jaguar ou un puma puisse y grimper. "Quand l'arbre est trop mince, les pattes de l'animal se croisent et il glisse", explique-t-il.
La première nuit est particulièrement éprouvante. Les moustiques l'assaillent dès le coucher du soleil et, contrairement à ses prévisions, une pluie torrentielle le trempe entièrement. Il raconte cette mésaventure avec humour : "Pour une première nuit dans la jungle, ça ne pouvait pas démarrer plus mal."
2.5 - Les techniques de survie
Dès le matin, Mike Horn partage une règle de base : ne jamais laisser d'objets au sol pour éviter qu'ils ne soient dévorés par les fourmis. Il raconte comment il suspend systématiquement son sac à un arbre pour cette raison.
Le dixième jour, l'aventurier explique comment il se transforme en prédateur pour se nourrir. Il révèle sa technique de chasse au collet :
Choisir une tige souple et solide enracinée dans le sol.
La courber et la maintenir en tension avec un système de déclenchement sensible.
Ajouter un lasso en fil de nylon.
Attendre patiemment que le gibier déclenche le piège.
L'explorateur capture ainsi un petit singe, puis un cochon sauvage. Il ne cache pas la dimension difficile de cette épreuve : "C'est peut-être cruel, mais quand il s'agit de survivre, ces notions passent au second plan."
Mike Horn décrit également comment il conserve sa viande par fumage, en plaçant des lamelles de viande au-dessus de braises recouvertes de bois mouillé : cette technique élimine l'humidité et empêche les bactéries de se développer.
2.6 - L'adaptation à l'environnement
L'aventurier détaille sa consommation d'eau quotidienne : 14 litres par jour dans cette chaleur étouffante (40°C, 95 % d'humidité). Il précise qu'il ne produit quasiment pas d'urine tant il transpire.
Pour s'approvisionner en eau, Mike Horn taille les lianes, véritables réservoirs naturels : "Plus la liane est longue, plus elle contient d'eau." Il sélectionne celles dont le "jus" n'est pas trop amer et se réjouit de leur eau "délicieuse, d'une limpidité de cristal et d'une pureté de source montagnarde."
Au fil des jours, il adopte un rythme régulier, marchant environ huit heures par jour et évitant de faire des haltes avant la fin de sa journée de marche : "Je commence à savoir par expérience que si je pose mon sac à dos, je ne le remettrai pas."
2.7 - L'épreuve du marécage
Au 17ème jour, Mike Horn fait face à son premier obstacle majeur : un marécage de 600 mètres de large qu'il est impossible de contourner. Il révèle sa stratégie pour le traverser :
Enfiler des vêtements longs pour se protéger.
Pratiquer un exercice mental de "pensée positive" pour se rendre "invulnérable".
Avancer en coupant les herbes-lames coupantes comme des rasoirs.
L'épreuve est terrible. L'aventurier raconte : "Chaque pas est un calvaire. Chaque coup de machette me coûte un morceau de peau." Il décrit ses mains devenues "une plaie dont le sang ruisselle" au point qu'il n'arrive plus à tenir sa machette.
Épuisé, il s'endort debout à plusieurs reprises et replonge dans l'eau croupie. La traversée, qu'il pensait faire en quelques heures, lui prend finalement près de 10 heures pour seulement 600 mètres. Cette expérience devient son "Rubicond, un point de non-retour" : il sortira de cette jungle en se dirigeant vers l'ouest, ne serait-ce que pour ne jamais avoir à refaire ce qu'il vient de vivre.
2.8 - Face aux dangers de la jungle
Le 35ème jour, Mike Horn fait une erreur qui aurait pu lui être fatale : marchant de nuit à la lampe frontale, il est mordu au petit doigt par un serpent qu'il n'a pas vu. D'abord indifférent à cette égratignure, il réalise rapidement que quelque chose ne va pas : "Tout devient flou. La tête me tourne."
Il décrit avec précision l'évolution de son état :
Son visage devient insensible.
Sa main gonfle "comme un ballon de foot américain".
Sa chair autour de la morsure pourrit et part en lambeaux.
Il reste paralysé dans son hamac pendant plusieurs jours.
L'aventurier admet avoir eu peur pour la première fois : "Ce n'est plus de moi que les choses dépendent. Je vais peut-être mourir, peut-être pas, mais dans les deux cas je ne pourrai rien y faire."
Après cinq jours de convalescence, Mike Horn reprend sa progression, mais cette expérience lui enseigne une "règle d'or" : toujours regarder où l'on s'apprête à poser la main.
Il raconte avec une certaine légèreté sa rencontre avec une araignée tropicale qu'il laisse délibérément marcher sur sa main - "peut-être pour me redonner une dose de confiance en moi-même" lâche-t-il.
2.9 - La beauté au cœur de l'enfer
Malgré les épreuves, Mike Horn s'émerveille constamment devant la splendeur de cette nature primitive. Il évoque avec poésie les orages tropicaux : "Les cris et les bruits s'apaisent... il y a comme une attente. Un grondement de tonnerre étouffé, au loin..." Il décrit la jungle fumante qui sèche après la pluie et les arcs-en-ciel qui jaillissent dans les clairières "comme une fabuleuse colonne de lumière peinte."
Le 41ème jour, l'aventurier écoute avec ravissement le chant d'une rivière et s'y jette avec euphorie : "Si le bonheur absolu existe, il doit ressembler à ce que j'éprouve à cet instant précis." Il combat la légende des piranhas mangeurs d'hommes, expliquant qu'ils ne deviennent dangereux que dans certaines conditions bien précises.
À propos de l'eau du fleuve, il affirme : "Contrairement à une autre légende, l'eau des rivières amazoniennes est d'une pureté de cristal." Il boit directement à la source sans jamais tomber malade, bien qu'il dispose d'un filtre Katadyn Water Filter pour les cas douteux.
2.10 - Le passage à la pirogue
Après deux mois dans la jungle, Mike Horn décide de changer de stratégie.
Ayant atteint le rio Japura, il troque la marche pour la navigation et acquiert une pirogue auprès d'un Indien. Ce changement de mode de déplacement constitue à la fois un soulagement et un nouveau défi : il doit maintenant lutter contre le courant inverse.
L'explorateur présente sa nouvelle technique de chasse - la pêche au harpon - qu'il pratique la nuit à la lampe frontale. Il perçoit les yeux des poissons brillant sous la surface et les frappe avec précision. Il explique aussi comment il pêche des piranhas, qu'il utilise ensuite comme appâts pour attraper d'autres espèces.
Mike Horn partage également sa technique pour éviter les caïmans. Il les appâte la nuit en imitant leur cri caractéristique - "Hgwôââ ! Hgwôââ !" - puis choisit minutieusement les petits spécimens : "Dans le caïman, seule la partie en forme de losange située entre le bas du dos et le milieu de la queue est comestible."
2.11 - L'émerveillement permanent
Au-delà des défis physiques, Mike Horn souligne l'exceptionnel voyage sensoriel qu'il vit. Il confie : "Je marche là où personne n'a jamais marché. Tous les jours de cette parenthèse irréelle dans ma vie, j'entends et je vois des choses qu'aucun homme ou presque n'a vues ou entendues avant moi."
L'aventurier s'extasie devant les papillons "grands comme des assiettes", les orchidées aux parfums uniques et les plantes carnivores qui se referment comme "un rideau de scène mortel" sur les insectes. Il décrit la "symphonie" des bruits de la jungle, entre cris d'oiseaux, jacassements de singes et feulements de lynx.
Il ajoute avoir appris à "voir derrière une porte fermée" et à "entendre avant qu'il soit trop tard" développant ses sens à un niveau presque animal.
Cette immersion complète lui fait avouer : "J'ai fini par aimer la jungle, et je crois intimement qu'elle a fini par me le rendre."
2.12 - La sortie de la jungle amazonienne
Après 108 jours d'expédition, Mike Horn atteint enfin Vila Bittencourt, le poste frontière brésilien. Il est désormais aux portes de la Colombie, pays qu'il devra traverser malgré les avertissements des militaires sur les dangers liés aux narcotrafiquants.
En quittant le Brésil, l'aventurier éprouve une étrange nostalgie : "J'ai l'impression d'avoir quitté pour toujours le jardin d'Éden..." Mais il sait que d'autres défis l'attendent, "des dangers bien humains" cette fois, peut-être plus redoutables encore que ceux de la nature sauvage.
Ce chapitre 2 de "Latitude zéro" se termine sur cette transition vers un nouveau territoire et de nouvelles menaces, nous laissant en haleine pour la suite de cette extraordinaire odyssée le long de l'équateur.
Chapitre III - La mer promise
3.1 - L'arrivée triomphale sur les côtes équatoriennes
Après sa victoire sur l'Amazonie et les Andes, Mike Horn arrive enfin sur les plages de Pedernales, en Équateur. Tandis qu'il se jette dans les vagues, sa famille et son équipe célèbrent avec lui ce moment extraordinaire, même si personne ne peut vraiment partager l'intensité de ce qu'il ressent après six mois d'expédition.
3.2 - Des retrouvailles familiales sous contrainte
Un contretemps l'attend cependant : son bateau est bloqué à 300 kilomètres au sud, retenu par les douanes équatoriennes de Guayaquil. Ces "vacances forcées" lui offrent un moment privilégié avec Cathy et ses filles. L'explorateur sait que ces instants sont précieux, car une fois reparti, il ne reverra pas sa famille avant trois mois.
3.3 - Les épreuves du trimaran pendant son absence
Lorsque son trimaran est enfin libéré, Mike Horn apprend ses péripéties : pendant qu'il traversait la jungle, le bateau a subi de graves avaries et a dû être envoyé à San Diego pour réparations complètes. En effet, Martin, son frère, raconte qu'après avoir perdu la carte marine dans l'embouchure de l'Amazone, ils ont heurté un tronc flottant. Plus tard, lorsqu'une grue portuaire soulevait l'embarcation, un câble s'est rompu et le bateau s'est écrasé sur le quai.
3.4 - Un départ teinté de mélancolie
Le 12 décembre, Mike Horn décide de partir malgré une crise de malaria qui l'affaiblit considérablement. Il confie : "Une mélancolie s'exprime malgré nous au travers d'une amertume presque agressive."
Son départ est moins triomphal que prévu, sans l'enthousiasme qui avait marqué son départ de Libreville. Et tandis que la marée soulève son bateau du sable, Mike Horn fait une erreur critique : il oublie de visser le compteur de vitesse au fond de la coque. Dès les premiers chocs avec les vagues, le dispositif saute et l'eau s'engouffre par un trou de vingt centimètres. L'habitacle est à moitié inondé.
3.5 - Des défaillances techniques en série
À peine a-t-il fait quelques kilomètres que d'autres problèmes surgissent : les deux pilotes automatiques, le téléphone satellite intégré, la radio et l'ordinateur de bord tombent en panne.
Il doit faire escale aux îles Galápagos, où Sebastian lui apporte du matériel de rechange depuis la Suisse, après avoir failli se retrouver au Mexique à cause d'une confusion d'aéroports.
3.6 - Solitude et émerveillement sur l'océan
Mike Horn décrit ensuite avec sensibilité son Noël et son passage à l'an 2000, seul sur l'océan : "Je ne ressens aucun regret, aucune tristesse d'être ainsi à l'écart de toutes ces réjouissances. Contrairement à tant d'autres, je suis seul, je suis libre, et je fais ce que j'ai choisi de faire."
Mais sa traversée est ponctuée d'incidents : nouvelles crises de malaria, blessure au doigt, panne de pilote automatique.
L'aventurier raconte comment, malgré ses difficultés, il reste attentif aux beautés de l'océan : dauphins aux "yeux pleins d'innocence", oiseaux plongeant en masse, changements subtils de couleur de la mer.
3.7 - Le cap symbolique de mi-parcours
Au quarante-cinquième jour, son GPS devient "fou" et il comprend pourquoi : il se trouve exactement à mi-parcours de son tour du monde, à égale distance de son point de départ et d'arrivée. Cette prise de conscience le remplit à la fois d'euphorie et d'angoisse.
3.8 - L'arrivée à Halmahera et la dure réalité
Après 79 jours de mer, Mike Horn aperçoit enfin les côtes d'Halmahera, sa première île indonésienne.
Dans un élan d'enthousiasme, il plonge spontanément vers cette terre tant désirée, avant de réaliser qu'il n'est pas attaché et que son bateau continue sa route sur pilote automatique. In extremis, il parvient à s'accrocher à un câble.
Cette victoire sur le Pacifique est pourtant ternie par une nouvelle inattendue : la guerre a éclaté à Halmahera entre djihadistes et chrétiens. Martin et l'équipe, venus à sa rencontre, ont failli être exécutés par des extrémistes avant d'être sauvés par l'armée.
L'explorateur termine le chapitre 3 de "Latitude zéro" sur une note amère : "Après la solitude et la liberté de l'océan, voici la terre des hommes."
Chapitre IV - Tempêtes au paradis
4.1 – Contourner l’enfer de la guerre
Mike Horn entame ce nouveau chapitre dans des conditions périlleuses : nous retrouvons, en effet, l’aventurier en train de naviguer de nuit à travers le détroit de Patinti tandis que son équipe a été mise à l’abri par les militaires sur l'île de Bacan.
Aveuglé par l'obscurité et propulsé à grande vitesse par des vents puissants, il risque de s'écraser sur l'île. Grâce à l'intervention de Martin qui le guide par téléphone à l’aide d’une carte détaillée, il évite de justesse les rochers.
Mike Horn finit par retrouver Martin, Seb et Sean, tous secoués par les atrocités dont ils ont été témoins ces derniers jours. Sans autre moyen de transport à cause du conflit, Mike Horn les embarque avec lui sur "Latitude zéro".
Face à la guerre qui fait rage dans la région, l'aventurier doit aussi revoir son itinéraire. Escorté par l’armée, l’équipage se dirige alors vers l’archipel des Célèbes. Mike Horn a décidé de contourner Sulawesi en bateau plutôt que de traverser l'île à pied comme initialement prévu, et de traverser sa partie la plus étroite à vélo, parcourant 50 kilomètres en une journée.
4.2 - Le paradis de Bunaken, entre coraux et cocotiers
"Je suis passé à côté de l’enfer, pour jeter l’ancre au paradis". C'est en effet à Bunaken, minuscule île paradisiaque abritant un parc naturel et une réserve marine, que Mike Horn connaît un moment de répit.
Il décrit ce lieu comme "une carte postale" avec ses cocotiers ondulant dans le vent et ses paysages sous-marins féeriques. Avec son équipe, il profite de ces eaux transparentes pour nettoyer la coque de son trimaran tout en s'émerveillant des beautés naturelles et de ce havre de paix qui contrastent radicalement avec les zones de guerre qu'ils viennent de quitter.
4.3 - La fureur de l'océan
Malheureusement, cette tranquillité est brutalement interrompue par une tornade en route pour les Philippines. En quelques minutes, des vents déchaînés et d'énormes vagues frappent l'île. Le bateau de Mike Horn, bien qu'amarré et ancré, est arraché à ses attaches et projeté contre une jetée de béton. L'aventurier raconte comment son flotteur gauche "explose littéralement" sous le choc.
Dans un acte désespéré, Mike Horn se jette à l'eau pour tenter de sauver son embarcation. Malgré les appels des Indonésiens qui l'encouragent à abandonner son navire, il s'obstine : "Je ne veux pas renoncer. Il n'en est pas question. Je refuse de laisser l'ouragan me priver de ma victoire, détruire mon bateau et tous mes espoirs en même temps…". Cette détermination lui coûte une blessure sérieuse lorsque le bateau l'écrase contre le béton.
Après plusieurs heures de lutte contre les éléments, Mike Horn parvient finalement à mettre son bateau hors de danger.
4.4 - À travers la jungle de Bornéo
L'aventurier poursuit son périple vers Samarinda, sur la côte est de Bornéo (Kalimantan), où Steve Ravussin l'attend avec un kit complet de réparation. Après avoir remis son embarcation en état, Mike Horn s'enfonce dans la jungle de Bornéo, qu'il traverse en combinant vélo et pirogue.
Contrairement à ses attentes, ce n'est pas l'enfer qu'il redoutait. Les routes forestières créées par les multinationales du bois lui facilitent le parcours, bien que transformées en bourbiers par la pluie incessante. Mike Horn observe avec tristesse les ravages causés par le déboisement et les incendies qui ont détruit une grande partie de cette forêt autrefois préservée.
4.5 - La gentillesse et l’hospitalité des Dayak
Durant cette traversée, il rencontre les Dayak, qu'il décrit comme "le peuple sans doute le plus amical et le plus fraternel" de son voyage. Acceptant leur hospitalité, il partage leur dortoir communal. Il décrit la scène avec amusement :
"Je passe la nuit au milieu d’un véritable nid humain. Dans l’abandon du sommeil, une grand-mère sans âge laisse aller sa tête sur mon épaule, une aïeule pose son bras ridé en travers de ma poitrine… Ceux qui dorment tête-bêche par rapport à moi m’envoient leurs pieds dans la figure… des fesses d’enfant replacent soudain mon oreiller…
Il poursuit :
Par crainte de réveiller quelqu’un, je n’ose pas bouger, malgré l’inconfort de ma situation. Pour tout arranger, je suis plus grand que mes compagnons de chambrée et mes pieds, dépassant de la moustiquaire, la soulèvent. Ce dont les maudites bestioles profitent aussitôt pour se ruer sous le filet. Le résultat est presque immédiat. Sans se réveiller pour autant, chacun et chacune commence à se gifler le visage dans un réflexe destiné à écraser les moustiques. Au martèlement de la pluie sur le toit et au bruit des ronflements s’ajoute celui de milliers de paires de claques résonnant dans l’obscurité."
Au moment de quitter les Dayak, l’aventurier devra repousser son départ de deux jours pour soigner un jeune homme dont le pied infecté risquait l'amputation.
4.5 – La suite de l’épreuve indonésienne avant celle de l’océan Indien
À Pontianak, ville "peut-être la plus décrépite, la plus répugnante, la plus… pourrie, à tous les sens du terme, qu’il m’ait été donné de traverser" écrit-il, l'aventurier retrouve son bateau et sa famille.
Il affronte ensuite le redoutable détroit de Singapour, où le trafic maritime est le plus dense au monde. Il atteint finalement Sumatra, qu'il traverse à vélo tandis que son frère Martin transporte le bateau par voie terrestre puis maritime.
Ce quatrième chapitre s'achève à Padang, où ils surmontent des problèmes administratifs grâce à l'aide d'un quartier-maître indien. Mike Horn peut alors poursuivre son improbable périple…
Chapitre V - L'œil du cyclone
5.1 - Face à l'immensité de l'océan Indien
À Padang, Mike Horn se retrouve face à l'océan Indien, conscient des 5 500 kilomètres qui l'attendent jusqu'aux côtes africaines. Cette traversée s'annonce particulièrement périlleuse car la mousson approche, période redoutée des marins les plus aguerris. "Quand je jette un coup d'œil sur ma carte météo, je suis parcouru d'un frisson : d'énormes dépressions tournent au-dessus de cet océan comme des patineuses folles", lance l'aventurier.
Malgré ces signes inquiétants, Mike Horn quitte Padang avec Martin, Claude-Alain et Sean. Trois jours plus tard, il remarque que son flotteur gauche, celui qui avait été endommagé à Bunaken, se remplit d'eau à nouveau. L'examen révèle que les réparations effectuées n'ont pas tenu et que l'eau s'infiltre par de nouvelles fissures. Mike comprend qu'avec cette avarie, il ne peut pas affronter l'océan Indien. Il va devoir faire escale aux Maldives pour réparer correctement son bateau.
Lorsqu'ils atteignent l'île de Siberut, le temps se dégrade considérablement. Sean et Claude-Alain quittent le navire pour rejoindre Padang par ferry. Martin, lui, décide de rester aux côtés de son frère pour l'aider à maintenir le trimaran à flot.
5.2 - La lutte acharnée contre les éléments
Les jours suivants transforment le voyage en cauchemar alors que Mike et Martin tentent de rejoindre le Sri Lanka puis les Maldives. Le flotteur prend l'eau de plus en plus vite et nécessite des pompages constants. Pour compliquer la situation, le mauvais temps empêche toute réparation en mer. Les deux frères doivent se relayer jour et nuit pour pomper, affrontant des vagues monstrueuses qui menacent de faire chavirer l'embarcation.
Mike Horn raconte comment, à plusieurs reprises, ils ont frôlé la catastrophe. Une nuit, une vague géante les frappe par le travers, couchant complètement le bateau sur le côté. "Un moment, j'ai cru que c'était fini" admet-il. Par miracle, le trimaran se redresse, mais la situation reste désespérée.
Après plusieurs jours de lutte acharnée, ils aperçoivent enfin l'archipel des Maldives. Mike Horn évoque avec soulagement leur arrivée à Malé, la capitale, où ils peuvent enfin amarrer leur navire malmené et procéder aux réparations essentielles.
5.3 - La fenêtre providentielle : naviguer dans l'œil du cyclone
Pendant leur séjour aux Maldives, l'aventurier apprend qu'un répit météorologique de quelques jours s'annonce, créant une fenêtre de navigation idéale pour traverser l'océan Indien. "C'est l'œil du cyclone", explique-t-il, "une période calme entre deux systèmes dépressionnaires majeurs. Si nous ne saisissons pas cette opportunité, nous resterons bloqués ici pendant des semaines."
Les réparations s'effectuent en un temps record, et Mike Horn prévoit de repartir au plus vite. Toutefois, Martin doit rentrer en Suisse pour des obligations professionnelles. L'explorateur se retrouve donc seul pour affronter l'une des traversées les plus redoutables de son périple.
Le jour du départ, Mike Horn découvre avec consternation que son GPS principal est tombé en panne. Comme si cela ne suffisait pas, son téléphone satellite refuse également de fonctionner. Il devra naviguer à l'ancienne, en utilisant son sextant et en se fiant aux étoiles.
5.4 - Défier l'océan en solitaire
L'océan se montre d'abord clément, offrant des conditions de navigation idéales. Mike Horn profite de cette accalmie pour préparer son bateau aux tempêtes qu'il sait inévitables. Il décrit méthodiquement comment il sécurise chaque élément de son embarcation, vérifie les points d'amarrage et prépare ses rations de survie.
Ce n'est qu'une question de jours avant que l'œil du cyclone ne se referme et que l'océan ne dévoile sa face la plus terrible. Les premières tempêtes le frappent avec une violence inouïe. Des vagues hautes comme des immeubles de quatre étages s'abattent sur son trimaran. Mike Horn relate comment il s'attache en permanence pour éviter d'être emporté par-dessus bord.
Durant cette traversée éprouvante, l'aventurier connaît des moments de solitude intense et de doute. Il note dans son journal : "Il y a des moments où je me demande si j'ai eu raison de me lancer dans cette aventure. Mais aussitôt, je me reprends. Ce n'est pas le moment de flancher."
Après vingt-huit jours de navigation en solitaire, Mike Horn aperçoit enfin les côtes africaines. L'émotion le submerge quand il réalise qu'il a réussi à traverser l'océan Indien malgré les conditions extrêmes et son bateau endommagé.
"En touchant la terre ferme des Seychelles, j'ai eu le sentiment d'avoir remporté la plus grande victoire de toute mon expédition" conclut l'explorateur, conscient que ce passage représentait probablement le défi le plus périlleux de tout son tour du monde.
Chapitre VI - Le pire, c'est l'homme
6.1 - L'Afrique : un continent aux mille visages
Mike Horn entame le sixième chapitre de son récit "Latitude zéro" en soulignant que la traversée de l'Afrique équatoriale, bien que relativement courte en distance par rapport au reste de son voyage, s'avère être la plus "dense" de toutes.
Cette dernière étape, rapporte-il, regroupe à elle seule toutes les variétés d'environnements - désert, montagne, jungle, lacs et fleuves - et cumule les dangers inhérents au continent africain, parmi lesquels l'instabilité politique figure en tête de liste.
L'aventurier quitte Lamu, sur la côte kenyane, avec l'intention de suivre une route qui longe la frontière somalienne vers Garissa. Malgré les avertissements des autorités concernant les "shifters" (nomades armés) qui terrorisent la région, Mike Horn décide, contre toute prudence, d'emprunter cet itinéraire. Pour échapper aux contrôles policiers, il contourne de nuit les barrages et s'enfonce dans des territoires déconseillés.
Il raconte alors comment il doit sans cesse se cacher à la vue des patrouilles militaires et des convois. Le sable envahissant la piste, il avance péniblement, souvent contraint de porter son VTT. À plusieurs reprises, il évite de justesse des embuscades. Un jour, il aperçoit des hommes armés en plein milieu de la route et se dissimule dans les buissons pendant plusieurs heures jusqu'à ce qu'ils partent.
6.2 - Le défi du mont Kenya : l'ascension impossible
Après avoir atteint la région du mont Kenya, l'explorateur décide de gravir cette montagne de 5 199 mètres, bien qu'elle ne se trouve pas exactement sur l'équateur. La malchance s'en mêle lorsque son équipement d'alpinisme, qui devait lui être livré par avion, est volé par un manutentionnaire à l'aéroport de Nairobi.
Mike Horn partage sa réflexion à ce moment-là : "J'ai désormais le choix entre contourner le mont Kenya et reprendre ma route sur l'équateur, ou... y aller quand même, avec le peu d'équipement dont je dispose. Cette dernière solution est évidemment totalement déraisonnable. Mais si j'étais raisonnable, je ne serais pas là..."
Sans surprise, l'ascension, réalisée sans casque ni crampons, et avec un équipement minimal, s'avère particulièrement périlleuse. À 200 mètres du sommet, le groupe est, de plus, contraint de passer la nuit dans une petite cavité rocheuse par -15°C, sans sacs de couchage adaptés.
Mais le lendemain, le groupe atteint enfin le sommet et peut alors admirer un panorama exceptionnel sur toute l'Afrique.
6.3 - Sur les eaux tumultueuses du lac Victoria
Après cette victoire sur la montagne, Mike Horn poursuit sa route à vélo vers les rives du lac Victoria.
Il raconte avec tendresse sa rencontre avec un jeune Massaï à qui il offre un tour de vélo, et son arrivée à Kisumu où il retrouve sa famille venue le soutenir.
À Kisumu, l'aventurier se procure un canot traditionnel Sese pour traverser le lac Victoria, véritable mer intérieure. Son périple manque de tourner au drame quand une tempête fait chavirer son embarcation en pleine nuit : "Le vent se déchaîne et des vagues monstrueuses surgissent de l'obscurité. J'essaie vainement de rétablir l'équilibre. Mon canot se remplit d'eau un peu plus à chaque vague... Je suis assis sur une embarcation en train de sombrer en pleine tempête."
Le navigateur passe huit heures à se battre contre les éléments, à retourner son canot, à utiliser son sac à dos comme bouée et à vider l'eau embarquée. Il parvient finalement à remettre son embarcation à flot et atteint, six jours plus tard, les rives de l'Ouganda.
6.4 - Le Congo : dans l'enfer de la guerre civile
En Ouganda, Mike Horn fait la connaissance d'Alison Porteous et Tim Cooper, deux anciens reporters de guerre anglais qui l'accueillent sur leur île paradisiaque du lac Victoria. Ces nouveaux amis l'aident à préparer sa traversée du Congo, pays déchiré par la guerre civile. Ils lui suggèrent de se créer un "alibi" officiel pour franchir la frontière.
L'explorateur raconte :
"Je contacte aussitôt Cathy, qui m'écrit elle-même de faux certificats et de fausses lettres de recommandation. Sous des formes et des signatures variées, ces divers documents expliquent tous que je suis un scientifique, chargé de recherches par un laboratoire."
6.5 - Survivre aux prédateurs humains
La traversée du Congo s'annonce alors comme le défi le plus dangereux de toute son expédition.
Dès son arrivée à la frontière, à Kasindi, les problèmes commencent : son visa émis par le consulat de Genève pose problème car la zone frontalière est tenue par les rebelles du FLC (Front de libération du Congo), opposés au gouvernement de Kinshasa. Considéré comme un espion potentiel, Mike Horn est emprisonné quatre jours avant d'être relâché, avec pour ordre de retourner à Kampala..
Déterminé à poursuivre, Mike revient en Ouganda et obtient des lettres de recommandation du gouvernement ougandais ainsi que des contacts directs avec les chefs rebelles congolais, dont Jean-Pierre Mbemba et Lumbala. Moyennant des pots-de-vin, il reçoit finalement les autorisations nécessaires pour traverser les territoires contrôlés par les différentes factions rebelles.
6.6 - Traque, menaces et survie : une traversée du Congo sous haute-tension
L'aventurier décrit avec effroi la violence omniprésente dans le pays :
"Des siècles de colonialisme, des décennies de subventions occidentales et de touristes mettant systématiquement la main au portefeuille ont fini par leur donner le réflexe de la mendicité. Ou pire..."
Il compare son expérience avec les Amérindiens d'Amazonie, chez qui il pouvait laisser ses affaires sans surveillance pendant des jours, alors qu'au Congo, il doit constamment rester sur ses gardes.
Pendant son périple congolais, Mike Horn va ainsi faire face à de multiples dangers et va frôler la mort à plusieurs reprises.
Il est d’abord poursuivi par des pirates de la jungle, des ex-Faz (Forces armées zaïroises). Il doit alors utiliser ses talents de survie pour leur échapper en créant des cercles de distraction dans la forêt.
Il est ensuite arrêté par un commandant psychopathe qui le menace d'exécution et le torture psychologiquement avant que des policiers n'interviennent.
À Bafwasende, il est à nouveau détenu, mais parvient à impressionner ses geôliers lors d'un incident nocturne :
"Je vois la panique sur son visage, pendant qu'il cherche partout sa kalachnikov. Je rentre dans ma cabane et ressors l'instant d'après, l'arme bien en main, le canon pointé droit sur son abdomen. Le garde se décompose. Au lieu de quoi, je retourne l'arme et la lui tends."
Ce geste de clémence lui vaut un changement d'attitude de ses gardiens. Grâce à l'intervention d'un officier ougandais, il est finalement libéré.
La traversée du Congo de l’explorateur est ponctuée d'arrestations arbitraires, de rackets, de menaces de mort et d'actes de violence dont il est témoin ou victime. Il raconte comment des soldats congolais le dépouillent de presque tous ses biens, ne laissant que sa caméra et son téléphone satellite après qu'il leur ait fait croire que ces appareils pouvaient exploser si on manipulait un mauvais bouton.
À un moment particulièrement critique, il se retrouve dans une confrontation avec un commandant ivre qui organise une sorte de "duel au soleil" et le menace avec une kalachnikov :
"Arrivé devant lui, j'empoigne le canon de son arme et me l'appuie moi-même contre le front. Dans un état second, je hurle : - Vas-y, connard ! Tue-moi ! Allez, vas-y, abruti ! Sale con ! Pauvre merde ! Sans couilles ! Minable !"
Cette réaction inattendue déstabilise son agresseur qui finit par le reconduire en cellule plutôt que de tirer. Il est sauvé par l'intervention de policiers, puis par l'aide des militaires ougandais qui arrêtent et punissent sévèrement son tortionnaire.
6.7 – Petit intermède, mais le périple extrême congolais continue
Mike Horn connaît un moment de répit lorsqu'il atteint Bwadolite, le quartier général de Jean-Pierre Mbemba. Il y est accueilli en héros car personne ne croyait qu'il parviendrait jusque-là vivant.
Il profite de ce séjour pour visiter les châteaux luxueux de l'ancien dictateur Mobutu Sese Seko, dont il décrit avec dégoût l'opulence indécente contrastant avec la misère environnante.
L'aventurier retrouve son frère Martin à Bwadolite, mais leur tentative de continuer ensemble se complique quand les avions de Kabila bombardent la ville. Dans la confusion, ils s'échappent et poursuivent leur route en pirogue sur la rivière Oubangui vers Bangui, en République centrafricaine.
Durant leur périple tantôt sur le fleuve, tantôt à travers la jungle, dans cette région en proie au chaos, les deux hommes se font systématiquement arrêter, rançonner, dépouiller, poursuivre. Ils échappent maintes fois aux soldats.
"Les uniformes, les armes et les yeux qui n’expriment que la mort resurgissent… Sans cesse, on nous arrête, on nous demande nos papiers, on nous somme d’expliquer notre présence… (…) Systématiquement, on nous réclame de l’argent, on nous rançonne, on tente de nous dépouiller… on envisage même de nous fusiller."
Arrivés à Bangui, les deux aventuriers se séparent. Mike se lance seul à travers la République centrafricaine à vélo. Après plus de dix jours de piste sablonneuse où il lui est quasiment impossible de pédaler, il retrouve son frère Martin à Bayanda, avec Sebastian, le photographe de l’aventure (Sean rejoindra aussi le trio un peu plus loin).
Mike Horn poursuit son expédition en pirogue sur la rivière Sangha jusqu'à Ouesso. Mais alors qu’il s’apprête à sortir du territoire centrafricain et d’entrer au Cameroun, il raconte comment, épuisé par la violence permanente, il finit par répondre agressivement à un douanier corrompu :
"Furieux, je l’empoigne par le col et le soulève de derrière sa petite table. Dans un réflexe, Martin s’empare du soldat et l’immobilise en lui faisant un tour de clé. Face contre face, j'annonce au douanier : - Vous n'êtes qu'un voleur, et je ne vous donnerai pas un sou ! Et si vous insistez, je vous casse la gueule !"
6.8 - La dernière frontière : vers la mer promise
Mike Horn et son équipe foncent désormais vers la frontière gabonaise.
Pour éviter les derniers contrôles, l'aventurier s'enfonce une dernière fois dans la jungle, son vélo attaché sur le dos.
À Madjingo, il franchit enfin la frontière du Gabon, dernier pays de son périple. Accueilli chaleureusement par un vieillard à la crinière blanche surnommé le "président", Mike Horn ressent un profond soulagement. Pour la première fois depuis des mois, personne ne lui demande d'argent ni ne le menace.
6.9 - Les derniers kilomètres : entre soulagement, euphorie et vertige de l’après
"C'est à la fois le moment le plus heureux de toute mon expédition, et le plus triste. Soudain, je me sens vide. Après Libreville, je fais quoi ? Je vais où ? Que vais-je faire de mes journées ? Ce but, cette terre promise dont j’ai rêvé pendant dix-sept mois et que j’ai eu tant de mal à atteindre, est là, à portée de main… et je n’en veux plus."
Il poursuit, pensif :
"J’ai presque peur de devoir me réhabituer à la vie "normale". J’ai oublié ce que c’était que d’ouvrir un robinet pour en faire couler de l’eau chaude, de fermer une porte pour s’isoler, d’utiliser des toilettes avec une chasse d’eau, de tourner la clé de contact d’une voiture."
6.10 - Le rituel final : la boucle est bouclée
À Libreville, l'aventurier retrouve sa famille, ses amis et son équipe. Puis il traverse l'embouchure du fleuve Gabon et atteint Nyonié, village situé juste sous l'équateur.
Après avoir répondu aux questions des journalistes, il effectue seul la dernière étape symbolique de son voyage : au petit matin, il remonte la plage jusqu'à l'endroit exact d'où il était parti dix-sept mois plus tôt.
Dans un geste rituel chargé d'émotion, il sort de sa poche le petit sac contenant les six coquillages qu'il avait ramassés au début de son périple. Il les replace un par un dans le sable, chacun symbolisant une étape de son tour du monde : l'Atlantique, l'Amérique du Sud, le Pacifique, l'Indonésie, l'océan Indien et l'Afrique.
Le chapitre et le livre se concluent sur cette image poétique et symbolique, résumant toute la philosophie de l'aventurier :
"Je suis parti pour ce tour du monde en imaginant que je sortais de chez moi par l'entrée principale et que je rentrerais, un jour, par l'entrée située derrière la maison. Je viens enfin de pousser la porte..."
À travers ce dernier chapitre, Mike Horn démontre que dans toutes les épreuves qu'il a traversées - océans déchaînés, jungles hostiles, montagnes glacées - l'homme reste le danger le plus imprévisible et le plus redoutable.
Pourtant, c'est aussi grâce à la bonté de certains hommes et femmes rencontrés en chemin qu'il a pu accomplir son extraordinaire exploit : faire le tour du monde en suivant la ligne de l'équateur.
Cahier photos
À la fin de son récit, Mike Horn partage un cahier photographique qui illustre les moments clés de son extraordinaire périple autour du monde.
Ces images sont organisées par continent. À l’image des coquillages reposés dans le sable, chacun de ces continents représente une étape du tour du monde de Mike Horn : l'Atlantique, l'Amérique du Sud, le Pacifique, l'Indonésie, l'océan Indien et l'Afrique.
Ces illustrations saisissantes, accompagnées de légendes détaillées, nous offrent ici un témoignage visuel émouvant des défis affrontés, des paysages traversés et des rencontres qui ont marqué ses dix-sept mois d'expédition le long de l'équateur.
Conclusion de "Latitude zéro | 40 000 km pour partir à la rencontre du monde" de Mike Horn
Quatre enseignements clés du livre "Latitude zéro" qu'il faut retenir !
Toute l’aventure de Mike Horn témoigne de sa capacité exceptionnelle à s'adapter à des environnements extrêmes et changeants.
Au cœur de la jungle amazonienne, il apprend à chasser au collet et à se nourrir comme un prédateur local. Sur l'océan Indien, privé de GPS et de téléphone satellite, il navigue à l'ancienne dans des tempêtes monstrueuses. Au Congo, il se fait passer pour un chercheur médical afin de traverser des zones de guerre.
À chaque étape, l'aventurier démontre que la survie dépend avant tout de l'intelligence situationnelle et de la faculté à s'ajuster immédiatement aux circonstances. Cette adaptabilité n'est pas innée, elle s’acquiert. Chez Mike Horn, elle s’est notamment développée grâce à son expérience militaire et grâce à une préparation minutieuse - son sac à dos sur-mesure et ses chaussures spéciales en témoignent.
Au fil de son récit, Mike Horn ne cache pas les moments où il atteint ses limites physiques et mentales. Lorsqu'il est mordu par un serpent en Amazonie et paralysé pendant cinq jours, quand son bateau est fracassé par une tornade à Bunaken, ou face au canon d'une kalachnikov au Congo, l'aventurier fait face à sa propre fragilité.
Il confie même avoir fondu en larmes au moment de quitter le Gabon, submergé par le trac et l'angoisse. Pourtant, c'est précisément dans ces moments de vulnérabilité extrême qu'il puise des ressources insoupçonnées, transformant sa peur en courage et ses échecs en apprentissages.
Son périple devient ainsi une exploration des limites humaines autant qu'un voyage géographique.
3 : La nature sauvage, malgré sa dureté, reste plus prévisible et moins cruelle que la société humaine.
L'un des points les plus frappants de "Latitude zéro" réside dans la comparaison entre les dangers naturels et ceux causés par l’homme.
Mike Horn observe que même les prédateurs les plus redoutables de l'Amazonie obéissent à des schémas prévisibles, tandis que les comportements humains, particulièrement dans les zones de conflits africains, sont marqués par une violence arbitraire.
Cette réflexion culmine dans le titre évocateur du dernier chapitre - "Le pire, c'est l'homme" - où l'aventurier réalise que sa traversée du Congo en guerre, avec ses barrages, ses extorsions et ses menaces d'exécution, représente un danger bien plus grand que toutes les tempêtes ou les prédateurs de la jungle.
Bien que son périple soit essentiellement solitaire, Mike Horn insiste sur le rôle essentiel des rencontres humaines et du soutien dont il a bénéficié dans sa réussite.
Les amitiés nouées avec les Dayak de Bornéo, l'hospitalité des Pygmées congolais, l'aide providentielle d'Alison et Tim Cooper en Ouganda, ou encore le soutien logistique de son frère Martin constituent un réseau indispensable.
L'aventurier démontre ainsi que même l'exploration la plus solitaire dépend d'une communauté de soutien et que l'autonomie absolue est un mythe. Le rituel final des six coquillages, replacés exactement là où il les avait pris au départ, symbolise cette boucle qui le ramène non seulement à son point de départ géographique, mais aussi à l'humanité qu'il avait temporairement quittée.
Les cinq pépites de "Latitude zéro" de Mike Horn
Dans un monde saturé de connexions, de surstimulations et d’informations oppressantes qui nous accaparent et nous éloignent souvent de l’essentiel, la lecture de "Latitude zéro" est une véritable bouffée d’oxygène !
À travers son périple, Mike Horn nous rappelle la valeur de la déconnexion, de l’instant présent et du contact direct avec la nature, des choses que notre quotidien hyperconnecté tend à nous faire oublier. Son voyage extrême contraste avec notre mode de vie moderne qui nous enferme souvent dans une routine digitale et un environnement anxiogène.
En partageant ses défis, ses émerveillements et sa quête de dépassement de soi, l’aventurier nous invite finalement à redécouvrir un rapport plus brut, plus authentique et plus libre au monde.
"Latitude zéro" est aussi un récit d’aventure passionnant ! Mike Horn nous embarque dans un tour du monde fascinant le long de l’équateur. L’écriture immersive de l’aventurier nous fait voyager dans les endroits les plus improbables et nous fait vivre son combat contre les éléments et son dépassement personnel, comme si nous y étions !
Mais bien plus que cela, "Latitude zéro" est une véritable leçon de vie condensée. La vision du monde de Mike Horn et son expérience face aux défis les plus extrêmes de notre planète nous enseignent des valeurs essentielles : la persévérance dans l'adversité, l'adaptabilité constante, et la capacité à transformer les obstacles en opportunités d'apprentissage.
Un parcours qui invite finalement à appliquer ces principes dans notre quotidien pour surmonter nos propres difficultés.
"Latitude zéro" nous aide à relativiser nos problèmes en les mettant en perspective avec des défis véritablement existentiels. Lorsque nous hésitons à sortir de notre zone de confort, repenser à Mike Horn traversant un marécage amazonien aux herbes coupantes pendant dix heures ou affrontant un commandant congolais ivre et menaçant peut devenir un puissant moteur de motivation !
À une époque où les algorithmes et les GPS dictent nos choix et nos déplacements, "Latitude zéro" nous rappelle la valeur de l’inconnu et de l’imprévu.
Nous ressortons de cet ouvrage avec une conscience plus affûtée de nos propres ressources intérieures et une nouvelle appréciation du monde sauvage. Il nous rappelle avec force combien cette nature indomptée et sa beauté brute tranche avec la monotonie parfois suffocante de notre quotidien surprotégé.
Pourquoi lire "Latitude zéro" de Mike Horn ?
"Latitude zéro" est une perle rare ! C’est un ouvrage qui mérite d'être lu tant pour le récit palpitant d’une aventure hors du commun, que pour la sagesse qu'il distille à travers l'expérience brute du terrain.
Aussi, je le recommande vivement pour toutes les raisons développées ci-dessus ainsi que pour les deux raisons essentielles suivantes :
D'abord parce qu'il constitue un témoignage authentique de ce que signifie repousser les limites du possible et habiter pleinement notre humanité dans un monde de plus en plus aseptisé.
Ensuite parce qu'il offre une perspective unique sur notre planète, révélant à la fois sa beauté sauvage et sa fragilité face aux actions humaines, le tout à travers le regard sincère d'un homme qui a véritablement embrassé chaque centimètre de l'équateur terrestre.
Points forts :
Un récit d'aventure exceptionnel relatant un exploit jamais réalisé auparavant.
Une immersion totale dans des environnements extrêmes et variés à travers plusieurs continents.
Un témoignage authentique sur la résilience humaine face aux défis les plus redoutables.
Une écriture et des descriptions captivantes qui nous transportent au cœur de l'action et des paysages.
Le regard humble et plein d’humanité de l’auteur.
Points faibles :
L'aspect technique de la navigation ou de la survie peut parfois sembler complexe pour les non-initiés ou ceux qui sont moins intéressés.
Certains passages peuvent peut-être paraître trop intenses pour des lecteurs sensibles.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Sauvage par nature | De Sibérie en Australie, 3 ans de marche extrême en solitaire" de Sarah Marquis : ce récit d’aventure retrace l'extraordinaire odyssée de Sarah Marquis qui, durant trois ans, a traversé seule, à pied, six pays d'Asie jusqu'en Australie. Une marche solitaire de 20 000 kilomètres à travers steppes, déserts et jungles où chacun des pas de la voyageuse, confrontée aux dangers extrêmes de la nature et des hommes, devient une véritable leçon de survie. Une reconnexion avec la vie sauvage qui nous enseigne aussi comment l'instinct primitif peut renaître chez l'humain moderne quand il est livré à lui-même.
Par Sarah Marquis, 2015, 264 pages.
Titre de l’édition anglophone : "Wild by Nature: From Siberia to Australia, Three Years Alone in the Wilderness on Foot", 2016, 272 pages.
Chronique et résumé de "Sauvage par nature | De Sibérie en Australie, 3 ans de marche extrême en solitaire" de Sarah Marquis
Introduction
Dans l’introduction de son livre "Sauvage par nature", l’auteure, Sarah Marquis nous plonge dans ses souvenirs d'enfance. Elle évoque avec tendresse une petite fille déjà différente des autres.
Elle raconte comment, dès l'âge de 8 ans, elle passait des heures avec les animaux plutôt qu'avec des poupées, et développait une soif insatiable d'aventures et de découvertes. L'aventurière nous décrit cette sensation devenue "évidence" qui l'a poussée vers l'exploration du monde.
"Ma vie était alors une aventure presque journalière. J’étais la plus heureuse des petites sauvageonnes du coin, même si beaucoup de choses me chiffonnaient. Je voulais comprendre. Plus encore, je voulais tout découvrir sans devoir choisir, sans but, sans préférences. Juste "tout". (…) Je rêvais éveillée d’autres contrées, d’autres arbres, d’autres animaux, d’un ailleurs où des oiseaux aux couleurs chatoyantes virevoltent dans les airs, où l’on rencontre des animaux qu’on appelle des bêtes… sauvages. (…) Ce que j’éprouvais au fond de moi était une sensation – si forte – qu’elle en était devenue "une évidence". J’allais devenir une découvreuse… Plus communément appelée une aventurière."
Sarah Marquis partage ainsi sa vision unique : "Plus je m'éloigne, plus je vois", explique-t-elle, tout en soulignant que sa vie a été faite de choix audacieux.
Elle conclut en dédiant son récit aux femmes du monde entier, pour celles "qui luttent encore pour leur liberté et pour celles qui l’ont obtenue mais qui ne l’utilisent pas". Elle nous invite ainsi à la suivre dans son extraordinaire périple : "Mettez vos chaussures. On part marcher."
Chapitre 1. Préparation
Dans le premier chapitre du livre "Sauvage par nature", Sarah Marquis est de retour dans les Alpes suisses après trois ans d'aventures.
Elle partage comment les traces de son périple sont indélébiles : ses instincts de survie persistent dans ses gestes quotidiens, comme un tatouage invisible gravé dans son corps et son âme.
1.1 - Avant un départ...
Puis, l'aventurière revient sur la genèse de son expédition singulière baptisée eXplorAsia : une traversée de six pays d’Asie, seule, à pied.
Elle se souvient :
"Une sensation indescriptible grandissait en moi jusqu’au moment où le départ se présenta à moi comme l’unique option. Je savais tout au fond de mon cœur que ce départ était alors la seule façon d’être fidèle à ce feu qui brûlait en mon for intérieur. Je le sentais faiblir, la flamme était moindre… il était temps de partir à la recherche du bois qui me permettrait de retrouver ma flamme de vie."
Deux années de préparation minutieuse furent nécessaires pour organiser cette expédition, souligne l’auteure.
Sarah Marquis détaille notamment la manière dont elle s’y est pris pour constituer une équipe fiable en vue de ce projet, avec un nouveau chef d'expédition - son frère Joël, qui l'avait accompagnée lors de ses précédentes explorations, ayant pris un autre chemin professionnel.
1.2 - Vevey-Suisse, juin 2010, une semaine avant le départ
À une semaine du départ, Sarah Marquis nous fait part de sa tristesse de devoir laisser D'Joe, son fidèle compagnon canin rencontré lors de son périple australien en 2002-2003.
Elle décrit également l'organisation méthodique de son matériel, avec notamment le choix crucial de ses chaussures - huit paires de la marque Sportiva, sa marque habituelle Raichle ayant cessé la production.
1.3 - Une femme en Mongolie (préparation)
La baroudeuse souligne ici combien il est important de comprendre la culture locale. Elle relate avec franchise les défis particuliers auxquels elle a dû faire face, notamment les comportements déconcertants des nomades mongols qu'elle a appris à interpréter sans jugement. "Ce n'est pas parce que je ne comprends pas une attitude que je dois la condamner", rappelle-t-elle sagement.
Sarah Marquis conclut le chapitre 1 de son livre "Sauvage par nature" en évoquant les risques sanitaires du pays et sa décision de ne faire que le vaccin contre le tétanos, faute de temps pour compléter le protocole contre la rage.
Épuisée par ces deux années de préparation, elle s'endort dans l'avion avant même le décollage, siège 24B, direction la Mongolie.
Chapitre 2. Mongolie, mes débuts…
Au début des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et septième chapitres de "Sauvage par nature", une carte détaillée montre l'itinéraire de Sarah Marquis à travers la Mongolie, depuis Suhhbaatar jusqu'au désert du Gobi, en passant par différents points de ravitaillement.
2.1 - Retour en Mongolie...
Sarah Marquis entame son périple péniblement sous une chaleur accablante de 40°C. Dès les premiers jours, elle ressent beaucoup de fatigue et prend une insolation.
C’est une rencontre inattendue avec un chevreuil dans une forêt dense de bouleaux qui va alors lui redonner l'énergie nécessaire pour poursuivre sa route. Ce moment magique lui rappelle une expérience similaire vécue en 2002 sur le Pacific Crest Trail, où elle avait observé un cerf majestueux traverser une rivière.
L'aventurière décrit ensuite sa progression difficile avec sa charrette de 50 kg et son sac de 17 kg. Son corps, insuffisamment préparé cette fois-ci par manque de temps, s'adapte lentement à l'effort.
2.2 - Eau, où es-tu ?
Face au défi de trouver de l'eau dans ces steppes arides, elle partage trois techniques de survie essentielles :
La condensation dans un trou creusé au sol et recouvert d'un plastique,
La récupération de la transpiration des feuilles,
La recherche d'eau sous le lit asséché des rivières.
Mais la meilleure façon de trouver de l’eau, finit-elle, est de "vider son sac des a priori, des théories" car "seule compte votre capacité à lire le décor".
Un souvenir de 2006 dans les Andes lui a appris une leçon fondamentale à ce propos : la sensibilité prime sur la logique pour lire un paysage. Sarah raconte en effet comment sa recherche obsessionnelle de végétation pour récolter de l’eau l'avait, en fait, empêchée de repérer une rivière pourtant très visible.
2.3 - Ce premier jour en Mongolie (suite)...
Le récit se poursuit sur la première rencontre de Sarah Marquis avec un nomade mongol, vêtu d'une tunique vert bouteille. Dans un échange silencieux mais riche en gestes, l'homme lui dessine une carte dans la poussière pour lui indiquer un point d'eau.
Cette rencontre authentique se termine sur une mélodie portée par le vent, tandis que le nomade s'éloigne à cheval.
2.4 - Le temple, le géant et le nourrisson
Sarah Marquis narre sa progression à travers une forêt de mélèzes détrempée, où elle croise un "ovoo", un cairn sacré traditionnel mongol de 5 mètres de haut. Par respect pour les croyances animistes locales, elle évite ce lieu d'offrandes et poursuit sa route vers un temple.
En chemin, l'aventurière est invitée dans une yourte par un couple de nomades. Elle y découvre avec émerveillement un nouveau-né, tout en s'initiant au "suutei tsaï", le traditionnel thé au lait salé. Cette scène paisible est interrompue par l'arrivée d'autres visiteurs, dont une jeune femme qui expose ses seins devant l'assemblée, provoquant le malaise de la jeune mère.
Après cet épisode déconcertant, Sarah Marquis se dirige vers le temple aux palissades rouge terre, où elle aperçoit un homme d'une taille exceptionnelle travaillant au sol. Le géant, intimidé, s'enfuit à son approche. Trouvant le temple en ruines, elle poursuit sa route jusqu'à un camp touristique composé d'une trentaine de yourtes alignées.
L'aventurière relate avec humour ses interactions avec les jeunes femmes du camp, marquées par des différences culturelles saisissantes : leur expression stoïque, leur curiosité pour son statut matrimonial, et leur réaction face à ses "grands yeux". Elle savoure enfin un moment de répit dans sa yourte, où elle peut se laver et manger un repas chaud.
Ce passage se termine sur une note dramatique, alors qu'un violent orage approche. "Le ciel s'est métamorphosé en un énorme nuage noir, boursouflé", écrit-elle, tandis qu'une jeune fille du camp vient démonter sa cheminée par précaution.
2.5 - Des semaines plus tard…
La fatigue et la peur s'accumulent pour Sarah Marquis, harcelée chaque nuit par des cavaliers qui rôdent autour de son camp. Épuisée, elle trouve refuge dans un abri à moutons où elle s'endort profondément.
C'est là que se produit une rencontre magique : elle observe, émue aux larmes, une huppe fasciée, cet oiseau qui la fascinait enfant et qu'elle n'avait jamais réussi à voir malgré des années de patience. "Des larmes coulent sur mes joues, des larmes de joie", confie l'aventurière.
Chapitre 3. Mongolie centrale
3.1 - Stratégie de survie, dangers et moments de contemplation
Sarah Marquis nous fait découvrir son arrivée dans un village fantôme de Mongolie centrale, guidée par le vol de grands rapaces au-dessus d'un col. Ce village de 200 âmes, qui en comptera plus de 5000 en hiver avec le retour des nomades, devient le théâtre d'une quête vitale : trouver de l'eau pour les 100 prochains kilomètres.
La baroudeuse partage sa rencontre musclée avec les habitants d'un bar local : une femme hostile et deux hommes ivres qui tentent de voler son équipement. Face à cette situation périlleuse, elle fait preuve de persévérance et de stratégie, jusqu'à ce qu'apparaisse un mystérieux "protecteur" qui l'aide silencieusement à remplir ses réservoirs d'eau.
Une fois le village quitté, Sarah Marquis affronte les éléments hostiles : "Le vent déshydrate, brûle. Associé à une température de 40°C (104°F), il peut être fatal".
Sa route prend un tournant dramatique lorsque les deux hommes ivres la poursuivent à cheval. Elle raconte comment elle parvient à les repousser grâce à une ruse audacieuse, qui va effrayer leurs chevaux et ainsi les déstabiliser.
L'aventurière termine cette journée éprouvante en trouvant un abri rocheux pour la nuit. Elle prend soin d'effacer ses traces sur le sol durci. Le lendemain matin, elle partage avec nous un moment de paix rare : "Ce moment est mien, il est magique, indescriptible". Elle révèle aussi un détail touchant de son quotidien : ses habits de nuit colorés et féminins contrastent avec sa tenue de jour masculine et couleur sable, nécessaire à sa sécurité.
3.2 - Ce même jour...
L'aventurière rapporte ensuite sa rencontre pour le moins tendue avec deux motards, dont l'un tente de lui vendre de la marijuana. Face à cette situation menaçante, elle applique sa stratégie d'évitement : "Ne jamais donner d'importance aux gens ou animaux dont vous ne désirez pas attirer l'attention".
Alors qu'elle traverse une plaine désertique pendant cinq jours, Sarah Marquis aperçoit des chèvres mongoles, connues pour leur précieux cachemire. Elle explique comment les nomades récoltent ce duvet fin au printemps, produisant "environ 2 700 tonnes par an".
3.3 - Fibre naturelle sinon rien
Cette observation lui rappelle son expérience lors de son expédition en Amérique du Sud, où elle a découvert les vertus des fibres naturelles. L'aventurière raconte y avoir troqué ses vêtements techniques contre de la laine d'alpaga pour mieux résister au froid intense.
En Mongolie, elle teste différentes laines locales :
La laine de yak, chaude mais qui gratte,
La laine de chameau, confortable pour les chaussettes de nuit,
Le cachemire, particulièrement adapté à l'effort physique.
Sarah Marquis apprécie particulièrement cette approche durable de l'élevage qui permet aux nomades de vivre de leur bétail sans tuer les animaux. "J'aime l'idée que via une simple tonte à la main ou un brossage, ces gens arrivent à vivre de leur bétail sans devoir tuer l'animal", confie-t-elle.
3.4 - Prince ou crapaud
Sarah Marquis nous plonge ici dans une traversée éprouvante d'une plaine d'argile sous une chaleur écrasante de 40°C.
Épuisée par les visites nocturnes de cavaliers, elle s'encourage à voix haute pour avancer, se dédoublant presque pour maintenir son moral : "Allez, Sarah Marquis ! Allez, Sarah Marquis, allez...". Elle segmente sa marche en intervalles de plus en plus courts, luttant contre l'épuisement physique et mental.
Une tempête spectaculaire la surprend alors qu'elle monte son camp. Luttant contre un déluge de grêle et une coulée de boue, elle parvient à sauver in extremis sa charrette et son équipement. "Je hurle : 'Mongolie ! Tu ne m'auras pas !'", s'exclame-t-elle, célébrant cette petite victoire face aux éléments déchaînés.
Le destin lui envoie alors de l'aide sous la forme d'un nomade à cheval qui la guide vers sa yourte, de l'autre côté d'une rivière en crue. La traversée périlleuse s'effectue grâce à l'intervention d'un jeune cavalier qui la hisse sur sa monture, alors que le niveau de l'eau monte dangereusement. Dans la yourte, l'aventurière observe la stricte division des tâches entre hommes et femmes, notamment lorsque la maîtresse de maison nettoie seule, pendant plus d'une heure, la boue qui a envahi leur habitat.
La nuit qui suit est particulièrement mémorable. Sarah Marquis se retrouve dans une situation tragicomique, coincée entre les avances insistantes d'un jeune homme d'un côté, et un énorme crapaud de l'autre. Elle choisit avec humour la compagnie du batracien, après avoir repoussé fermement son voisin trop entreprenant. L'arrivée tardive de voyageurs bruyants et leurs festivités jusqu'à l'aube parachèvent cette nuit surréaliste.
Son périple prend un nouveau tournant quand les inondations l'obligent à modifier son itinéraire. Un ami mongol francophone lui vient en aide, établissant un nouveau tracé et la conduisant en voiture jusqu'à un col situé à 78 km à l'ouest. Bien que ce détour rallonge son parcours de 50 km, c'est sa seule option pour éviter d'être bloquée pendant des mois.
Dans la steppe déserte qui suit, elle affronte des conditions extrêmes. Le vent incessant devient son principal adversaire, l'obligeant à passer ses nuits à maintenir sa tente au sol. L'aventurière trouve du réconfort dans la présence des chevaux sauvages qui l'accompagnent parfois sur des kilomètres, la faisant rêver de "galoper sans limites dans ces steppes ouvertes, sans charrette ni sac à dos".
Une nouvelle tempête apocalyptique la frappe alors, combinant pluie, sable et foudre dans un spectacle aussi terrifiant que grandiose. Après avoir retrouvé son réchaud et sa casserole projetés à 500 mètres, elle trouve refuge dans la yourte d'une famille de "vrais nomades". Elle y passe une nuit intense, partageant l'inquiétude d'une femme pour son mari parti surveiller le bétail dans l'orage. L'authenticité et la dignité de ces nomades la touchent profondément, particulièrement lors des retrouvailles silencieuses mais éloquentes du couple à l'aube.
Les jours suivants, Sarah Marquis développe de nouvelles stratégies de survie, apprenant à repérer les abris à bétail pour se protéger des orages quotidiens. Elle atteint finalement Khakhorin, épuisée et affamée, s'étant rationnée à un simple bol de riz quotidien divisé en deux repas. Dans un camp touristique, elle trouve enfin le repos dans une yourte, prenant le temps de méditer sur cette habitation traditionnelle qui l'a tant fascinée tout au long de son périple.
L'aventurière conclut ce passage en évoquant sa découverte progressive de la vie nomade, notamment à travers l'observation de gestes quotidiens comme la collecte d'excréments séchés pour le feu.
"J'ai aimé découvrir la vie des nomades de cette manière. En les regardant, en essayant d'interpréter leurs gestes. En découvrant un peu plus d'indices jour après jour", confie-t-elle, tout en soulignant l'importance de cette immersion progressive dans la culture mongole.
3.5 - La douche enfin…
Dans un bâtiment délabré de Khakhorin, Sarah Marquis savoure enfin une douche tant attendue. Avec ingéniosité, elle utilise sa casserole en titane pour mélanger l'eau bouillante à l'eau froide. Ce moment de grâce lui permet de retrouver la femme sous les couches de sueur accumulées. Épuisée, elle dort ensuite pendant 24 heures d'affilée.
3.6 - Steppe, tu ne m’auras pas…
L'aventurière reprend sa route vers le sud-ouest, admirant les paysages changeants de la steppe qu'elle compare à "un gâteau multicouche". Elle trouve une solution ingénieuse pour ses nuits anxiogènes : dormir dans les tuyaux d'évacuation sous les pistes. Même si ces abris sont peu confortables et parfois occupés par des carcasses d'animaux, ils lui offrent enfin des nuits paisibles.
Arrivée à Khujirt, elle fait une rencontre marquante avec une cuisinière qui, malgré l'hostilité apparente des autres villageois, lui offre secrètement un deuxième bol de riz avec un œuf.
Cette expérience lui rappelle la solidarité universelle entre femmes qu'elle a rencontrée tout au long de son périple : "La faim n'a pas besoin de traduction, la faim s'exprime dans un langage universel", conclut-elle avec gratitude.
Chapitre 4. Désert du Gobi
Dans le chapitre 4 de "Sauvage par nature", Sarah Marquis entame sa traversée du désert du Gobi, en suivant les lignes électriques qui pointent vers le sud.
4.1 - Des aventures dès le début de la traversée du désert de Gobi
L'aventurière savoure la perspective de 150 km sans contact humain, retrouvant enfin sa solitude tant appréciée.
Cette quiétude est brièvement interrompue par un arrêt dans un village poussiéreux, où elle fait face à l'hostilité d'une épicière au visage marqué par la violence. L'intervention d'un homme bienveillant lui permet finalement d'obtenir des provisions, bien qu'à prix majoré. L'atmosphère du village est pesante, marquée par des actes de violence gratuite entre adolescents à la station-service.
Elle trouve refuge pour la nuit chez une vieille dame malicieuse, mais son repos est perturbé par plusieurs incidents inquiétants : la visite impromptue de deux hommes en noir qui fouillent ses affaires, les cris d'un homme manifestement perturbé, et la présence d'un chien enchaîné qu'elle convainc la propriétaire de libérer pour la nuit.
Quittant ce "lieu de misère" aux premières lueurs de l'aube, Sarah Marquis s'enfonce dans le désert. Le sable devient progressivement son principal obstacle, engloutissant les roues de sa charrette. Elle rencontre des géologues qui la mettent en garde contre les "ninjas", des chercheurs d'or clandestins qui opèrent la nuit.
L'aventurière trouve finalement sa paix dans la solitude du désert, où elle découvre une vie discrète mais fascinante : des traces d'animaux dans le sable, un scorpion translucide, des chameaux qui broutent autour de sa tente. "Je suis au bon endroit au bon moment, c'est tout. Je le sens, je le sais...", livre-t-elle.
Cette sérénité est brutalement interrompue par une violente tempête. Face aux éléments déchaînés, Sarah Marquis vit une expérience mystique inattendue : "quelque chose se produit, je n'arrive pas à l'expliquer, c'est comme si mon corps ne m'appartenait plus, que j'étais la foudre, le sol, les nuages et le reste". Cette expérience transformatrice lui fait comprendre que sa destination n'est pas tant un point géographique qu'un état d'être, une connexion profonde avec l'environnement.
Cette partie se termine sur sa contemplation du désert, où elle réfléchit sur le vide qui l'entoure et son adaptation constante à cet environnement hostile. Pour elle, c'est peut-être là la clé pour maintenir vivant son feu intérieur : éviter les habitudes et rester en perpétuelle adaptation.
4.2 - Horloge interne
Sarah Marquis révèle sa capacité innée à s'orienter sans instruments, arrivant à positionner naturellement les points cardinaux.
Elle souligne aussi combien il est important de comprendre et respecter son corps, notamment à travers le sommeil naturel, synchronisé avec les rythmes de la nature.
L'aventurière partage sa philosophie du bien-être basée sur l'équilibre et la connexion avec l'environnement. Elle encourage à faire des petits changements quotidiens : marcher consciemment, observer les nuages, toucher les arbres. "Le seul luxe que je vois est du 'temps'", note-elle.
Cette approche, elle l'a perfectionnée lors de son expédition australienne de 2002-2003, où pendant 17 mois, elle a survécu dans l'Outback, poussant les limites de ses capacités physiques et mentales. Pour elle, le mouvement est essentiel : "je ne pense pas, je vis !"
4.3 - Ma première rencontre avec Canis lupus chanco
Sarah Marquis évoque le rapport complexe des Mongols avec le loup (Canis lupus chanco), à la fois respecté et redouté.
Elle raconte comment elle brouille délibérément les pistes lorsque les nomades l'interrogent sur ses rencontres avec les loups, consciente que ces animaux sont traqués pour leurs organes, prisés en médecine traditionnelle.
4.4 - Ils hurlent
L'aventurière nous fait ensuite vivre une nuit magique près d'une formation rocheuse mystérieuse dans le désert. Réveillée à 4 heures du matin par des hurlements de loups autour de sa tente, elle savoure cet instant privilégié : "Je suis si chanceuse de vivre ce moment... Merci, merci". Elle découvre leur refuge dans ces rochers et décide de garder secrète sa localisation pour protéger ces "survivants" de la cupidité humaine.
4.5 - La longue nuit de Mandal-Oovo
Après dix jours dans le désert, Sarah Marquis fait halte dans un village où elle trouve un hébergement précaire. Une nuit terrifiante l'attend : des hommes ivres tentent d'enfoncer sa porte, tandis qu'elle se barricade avec une commode, son spray au poivre à portée de main. "La peur au ventre, je ne ferme pas l'œil de la nuit", confesse-t-elle.
4.6 - 80ème jour d’expédition
Au 80ème d'expédition, épuisée par les épreuves - attaques nocturnes, sable, manque de sommeil - elle atteint enfin son point de ravitaillement.
Malgré sa fatigue, elle savoure un dernier moment de contemplation du désert avant de retrouver Gregory, son chef d'expédition.
4.7 - Une dent plus tard…
Après un ravitaillement réconfortant avec Gregory, une infection dentaire fulgurante force Sarah Marquis à être évacuée.
Grâce au soutien de ses sponsors, elle se rend à Tokyo pour se faire soigner. "La douleur me mange le dessous des chaussettes", écrit-elle.
Le traitement s'étend sur six semaines, durant lesquelles elle fait la navette entre un chalet à Hakuba et la clinique. Ses sponsors lui apportent un soutien indéfectible face aux complications et aux extrapolations médiatiques. Au bout de ces six semaines, elle repart avec une seule obsession : reprendre sa marche.
Chapitre 5. Désert du Gobi - 2ème tentative
De retour en Mongolie après son traitement au Japon, Sarah Marquis prépare sa deuxième tentative de traversée du Gobi, cette fois en plein hiver avec des températures de -33°C.
Au marché local, elle s'équipe pour affronter le froid extrême : théière en aluminium pour faire fondre la neige, pétards contre les loups et peaux de mouton.
Elle fait fabriquer des guêtres spéciales dans un atelier de couture de la banlieue d'Ulaan Baatar, et reçoit sa nouvelle tente après des semaines d'attente et une taxe douanière conséquente.
L'aventurière repart du camp touristique où la beauté du désert hivernal la fascine : "J'étais déjà tombée amoureuse du Gobi en été mais là, ma préférence va à l'hiver". Cependant, les conditions s'avèrent rapidement extrêmes, avec des températures nocturnes atteignant -40°C. Face à ces conditions qui menacent sa tente, elle doit prendre une décision difficile : interrompre sa tentative.
Face à l'échec de sa deuxième tentative, Sarah Marquis adapte son parcours aux conditions climatiques. Elle décide de réorienter son expédition vers le sud de la Chine, prévoyant de remonter le pays au lieu de le descendre.
Pendant une nuit intense de préparation, elle coordonne ce changement avec son équipe en Suisse.
Chapitre 6. Chine
Au début du 6ème chapitre du livre "Sauvage par nature", une carte schématique illustre l'itinéraire de Sarah Marquis depuis Kunming jusqu'au Sichuan, en passant par la réserve des pandas et traversant le fleuve Yangtsé.
6.1 - Kunming – Yunnan, janvier 2011
À Kunming, ville bouillonnante de 3 millions d'habitants, Sarah Marquis retrouve par hasard Mathias et Véronique, un couple de cyclistes rencontré précédemment en Mongolie. Ces derniers partagent leur expérience de la traversée de la Chine et lui procurent de précieuses cartes routières avant de poursuivre leur route vers le sud.
6.2 - Chinoiseries, cochonneries… C’est le nouvel an !
L'aventurière s'enfonce dans la campagne chinoise, découvrant un monde rural fascinant mais profondément différent de la Mongolie. Elle apprend à communiquer par gestes avec les locaux et à se repérer sans cartes topographiques, interdites en Chine. "Je laisse les regards se poser sur moi, les chiens me renifler, les hommes silencieux et maigres me dévisager avec suspicion", raconte-t-elle.
Sa progression la mène à travers des villages où elle assiste aux célébrations sanglantes du Nouvel An chinois : partout, des cochons sont sacrifiés dans une atmosphère festive mais brutale. Poursuivant sa route, elle atteint le fleuve Yangtsé le 3 février 2011, jour du Nouvel An, franchissant un impressionnant pont suspendu qui marque son entrée dans la province du Sichuan.
6.3 - Noire est sa peau, long est son nez…
Après dix jours dans les montagnes du Sichuan, Sarah Marquis découvre un passage spectaculaire taillé dans la roche, qu'elle emprunte avec sa charrette malgré les difficultés. De l'autre côté, elle arrive dans un village où sa présence provoque une panique générale : femmes et enfants s'enfuient en hurlant.
Le soir, alors qu'elle installe son camp, elle reçoit la visite d'un groupe mené par un chef à l'apparence singulière : "sa peau est si foncée qu'elle s'approche d'un noir marron" et son nez long et effilé évoque plus les traits africains qu'asiatiques. Après un face-à-face silencieux, le groupe repart, mais utilise la fumée d'un feu de bois vert pour la forcer à déguerpir dans la nuit.
Cette expérience l'amène à découvrir la richesse des 56 minorités ethniques qui peuplent ces montagnes (Yi, Lisus, Dais, Bais, Miaos...). Au fil des semaines, elle établit des liens particuliers avec les femmes de ces communautés, appréciant leur élégance naturelle et leur authenticité. "D'un seul regard et sans jugement, elles m'ont toujours identifiée avec le dénominateur qui nous unit : nous les 'femmes'", observe-t-elle.
Lors d'un marché dans son dernier village d'altitude, Sarah s'immerge dans l'atmosphère colorée des costumes traditionnels, observant notamment une jeune femme aux longs cheveux noirs préparée comme une princesse.
L'aventurière partage aussi ses réflexions sur son rapport à la nourriture, développant une approche en "trois dimensions" (avant, pendant, après) et évoquant ses expériences de la faim qui l'ont amenée à des hallucinations olfactives pendant ses expéditions.
6.4 – Une Chine hostile
Arrivée à Nina, Sarah Marquis découvre une Chine Han hostile, où une femme seule est considérée comme une prostituée. Elle est constamment surveillée et photographiée par des inconnus.
La marcheuse est bouleversée par la pollution extrême et la cruauté envers les animaux qu'elle observe quotidiennement : "Les cris de douleur de ces animaux à l'agonie me hantent encore", déclare-t-elle.
Un soir, elle fait une rencontre qui semble d'abord positive avec des écoliers souriants, mais qui se termine par le vol de son BlackBerry. Plus tard dans la nuit, deux hommes lui rapportent mystérieusement son téléphone, prétendant être des professeurs. Le lendemain, elle découvre qu'il s'agissait en réalité de paysans et que toutes ses photos de Chine ont été effacées de l'appareil, ne laissant que celles de Mongolie. Cette expérience révèle la surveillance subtile mais omniprésente exercée sur les étrangers dans cette région.
6.5 - Des schlurps et des splash…
Sarah Marquis décrit avec un humour grinçant les habitudes quotidiennes des Chinois dans les provinces reculées : leurs rituels matinaux bruyants, leurs crachats expressifs (qui, sur les murs des restaurants, signifient paradoxalement l'appréciation du repas), et le fameux "schlurp" qui accompagne la consommation de leurs bouillons.
L'aventurière compare les différences culturelles entre l'Amérique du Sud, où la corruption se réglait avec simplicité et chaleur humaine, et l'Asie, caractérisée par le principe de "garder la face". Elle développe une théorie intéressante sur la difficulté des Chinois à comprendre ses gestes mimés : leur écriture en caractères représentant des scènes complètes les empêcherait de percevoir des gestes isolés.
En voyage vers une réserve de pandas, elle vit une mésaventure avec une vieille femme qui inonde délibérément sa tente en détournant un canal d'irrigation. Forcée de continuer avec un équipement trempé par des températures négatives, elle trouve refuge dans une forêt de pins à 2500m d'altitude. Cette pause lui permet de sécher ses affaires et de réparer son réchaud, retrouvant un moment de paix.
Dans la réserve, elle fait une rencontre exceptionnelle avec un panda roux mais se trouve rapidement sous surveillance. Des agents spéciaux inspectent son campement, et elle est finalement arrêtée par des hommes en blouson noir. La voyageuse apprend plus tard que son arrestation était liée à l'immolation d'un moine dans un temple proche, les autorités voulant éviter la présence de témoins occidentaux.
Sarah Marquis est expulsée de Chine : elle a cinq jours pour quitter le pays. Dans une course contre la montre, elle rejoint Beijing via Chengdu, obtient un visa pour la Mongolie grâce à une coordination minutieuse entre son équipe et l'ambassade suisse, et s'envole pour Ulaan-Baator. "J'apprendrai plus tard que mon arrestation était d'ordre préventif", indique-t-elle, en révélant la tension politique sous-jacente dans cette région où "les moines s'immolent depuis des années en signe de protestation contre l'oppression du régime".
Chapitre 7. Désert du Gobi – 3ème tentative
7.1 - Début mai 2011 – Je repars
De retour dans le désert du Gobi pour sa troisième tentative, Sarah Marquis retrouve Degi, une employée du camp touristique qui l'accueille selon les traditions d'hospitalité mongoles. Dans ce pays le moins peuplé au monde (1,8 habitant/km²), l'hospitalité est une question de survie, à la bonne fortune des voyageurs qui n’ont alors aucun mal à trouver un refuge chaque soir.
Les deux femmes partagent un long moment de complicité autour d'un thé. L'aventurière apprécie particulièrement de pouvoir avoir une conversation approfondie en anglais, qui pour une fois dépasse les habituelles questions sur son âge et son statut marital. Degi devient sa "conseillère culturelle" et l'aide à décoder certaines mésaventures, comme l'incident du "fantôme" : un automobiliste terrifié à sa vue, la prenant pour le spectre d'une femme blanche errante selon une légende locale.
Sarah Marquis reprend ensuite sa route vers le sud, en direction du Parc national du Gobi Gurvan Saikhan. Dans ce paysage lunaire de dunes dures, elle fait une rencontre insolite avec un loup au pelage d'hiver gris souris, qui joue à cache-cache avec elle. Le climat devient plus rude, avec de la neige sur les montagnes et un vent violent qui l'oblige à chercher des dépressions dans le terrain pour s'abriter.
La marcheuse relate aussi sa rencontre cocasse avec un nomade malade qui lui fait des avances, avant de tenter de récupérer son chien qu'elle avait pris en amitié. Dans sa quête d'eau, elle découvre des trésors cachés : pétroglyphes, gazelles, mouflons et une riche biodiversité qui la fascine, malgré les conditions physiques éprouvantes.
7.2 - Un Kindle sans les mots…
Sarah Marquis raconte ensuite avec humour la mésaventure de son cadeau d'anniversaire : un Kindle vide de tout livre que son chef d'expédition lui apporte, et qui finira par fondre sous les températures extrêmes du désert. "À chaque fois que j'ai essayé d'améliorer ma vie de nomade, cela n'a pas fonctionné", constate-t-elle avec philosophie.
7.3 - Les pieds au chaud…
Mieux équipée pour cette troisième tentative, l’exploratrice affronte les célèbres dunes chantantes du Gobi, hautes de 300 mètres, dont le sable produit un vrombissement caractéristique au contact du vent. Il lui faut cinq jours pour les franchir, tirant sa charrette dans le sable profond, tout en admirant les chameaux qui trottinent avec aisance sur ces mêmes dunes.
Sarah fait de nouvelles rencontres variées : un immense nid de vautours, des géologues chinois en exploration clandestine, et les scientifiques d'un centre de recherche sur les léopards des neiges, avec qui elle participe à la pose de caméras. Elle vit aussi une brève tension avec des gardes-frontières, alertés par un mystérieux informateur local.
La traversée se termine par la partie la plus sauvage de son expédition, où elle endure des températures de 50°C et une déshydratation constante.
"Ce désert qui s'était refusé à moi par deux fois déjà... il acceptera mes pas à la troisième", lâche-t-elle en atteignant enfin Ekhiin Gol, sous le regard stupéfait des habitants.
Chapitre 8. Sibérie
Au début du 8ème chapitre du livre "Sauvage par nature", une carte montre l'itinéraire de Sarah Marquis en Sibérie, du lac Baïkal jusqu'à la frontière mongole, avec mention de la mort de son chien D'Joe le 28 octobre 2011.
Après avoir obtenu son visa russe, Sarah Marquis arrive à Irkoutsk où elle déjoue avec humour une tentative d'extorsion à la douane.
8.1 - Le 1er août 2011, Port Baïkal
Au bord du lac Baïkal, elle entame une progression périlleuse le long des voies ferrées, traversant 39 tunnels et 248 ponts. Elle découvre une nature majestueuse peuplée de phoques d'eau douce uniques au monde, les nerpas.
8.2 - Je sors d'un mauvais pas...
À Slyudyanka, elle fait face à une réalité plus sombre : pollution, pauvreté et danger. Grâce à l'aide de Natalia, son contact local, elle échappe à une tentative de vol et apprend à traverser rapidement les villages pour se réfugier dans la taïga. Cette forêt dense devient son refuge, malgré les nuées de moustiques et la présence d'ours.
8.3 - Mon D’Joe…
Sarah Marquis reçoit un SMS bouleversant concernant D'Joe, son chien resté en Suisse.
La santé de son fidèle compagnon s'est brutalement dégradée. Dans sa tente au cœur de la taïga, elle passe une nuit à sangloter avant de percevoir mystérieusement l'odeur caractéristique de son chien. D'Joe s'éteint moins d'une semaine plus tard.
La marcheuse atteint finalement Kyakhta, ville-frontière avec la Mongolie, jadis prospère grâce au commerce des fourrures et du thé. "Mission accomplie, la Sibérie est derrière moi", conclut-elle, avant de poursuivre son expédition vers le Laos.
Chapitre 9. Laos
Au début du 9ème chapitre du livre "Sauvage par nature", une carte retrace l'itinéraire de Sarah Marquis au Laos, de Botten à Packbeng, le long du fleuve Mekong. L’illustration indique deux incidents majeurs : une infection "dengue" lors de son trajet en canoë et une attaque nocturne par des trafiquants de drogue dans la jungle dense.
9.1 - Changement de décor et d'ambiance
En quittant la Chine pour le Laos, Sarah Marquis voit un changement radical.
L'atmosphère chaleureuse et accueillante du pays la frappe immédiatement : des visages souriants, des gestes discrets et bienveillants qui réchauffent son cœur éprouvé par son expérience chinoise. Elle observe la prédominance du bambou dans la culture locale, utilisé pour tout construire, des huttes aux outils.
Face à une jungle impénétrable, elle remarque que chaque habitant porte une machette à la ceinture et des tongs aux pieds. Sa première expérience culinaire laotienne la charme : on lui sert du riz cuit enveloppé dans une feuille de bananier, qu'elle savoure au bord de la route.
À Luang Namtha, ne voulant pas se contenter de marcher sur les routes, elle cherche une alternative pour explorer la jungle. Elle parvient à convaincre les locaux de lui louer un canoë en solo. Ce sera le début d'une nouvelle aventure sur la rivière Namtha.
9.2 - Les femmes aux pipes d’argent
Sarah Marquis rencontre les peuples des brumes, des tribus montagnardes vivant sur les crêtes. Elle découvre leur mode de vie authentique : femmes âgées fumant des pipes d'argent, cueillette de plantes sauvages et culture sur brûlis.
Ces rencontres sont empreintes d’une hospitalité touchante, malgré les différences culturelles évidentes.
9.3 - Un clic ou pas de clic !
La voyageuse fait le choix éthique de ne pas photographier ces peuples isolés, préférant garder une image mentale de ces moments authentiques.
Elle quitte finalement les montagnes pour rejoindre la route principale, en évitant habilement une zone interdite aux étrangers, avant d'atteindre le Mekong qui délimite la frontière avec la Thaïlande.
Chapitre 10. Thaïlande
Au début du chapitre 10 de "Sauvage par nature", une carte illustre le trajet effectué par Sarah Marquis à travers la Thaïlande, du Mekong jusqu'à Bangkok, en longeant la frontière birmane et passant par plusieurs villes importantes dont Chiang Mai.
10.1 - Accueil, convivialité et... infection parasitaire
À nouveau, la Thaïlande offre à Sarah Marquis un contexte totalement différent de ses expériences précédentes.
Elle découvre un pays accueillant où la convivialité et la générosité sont omniprésentes. Dans les montagnes, elle est fascinée par les temples et leurs bouddhas dorés, ainsi que par les moines méditant dans la forêt.
Épuisée, elle fait une halte à Chiang Mai où un diagnostic médical révèle une infestation parasitaire nécessitant un traitement intensif.
10.2 - Le riz à mes côtés
L'aventurière observe avec émerveillement le cycle complet du riz à travers son périple : de la plantation en Chine jusqu'au labourage en Thaïlande.
Elle décrit poétiquement les rizières en terrasses, où les buffles d'eau travaillent la terre boueuse. Ces paisibles créatures lui rappellent les vaches de son village natal :
"Ces scènes me rappellent le va-et-vient des vaches de mon village qui avaient le même horaire de sortie que les pendulaires encore endormis au volant de leur voiture. Ceux-ci pestant contre ces douces et lentes créatures que le bâton du fermier n’a jamais fait avancer plus vite… Ma mère a toujours trouvé cela rassurant, et à chaque fois que l’on était bloqués par les divers troupeaux qui traversaient notre petit village de cinq cents habitants, elle les observait avec émerveillement, comme si c’étaient des animaux exotiques. Pendant ce temps, à travers elle, j’apprenais peu à peu à voir au-delà des apparences."
10.3 - Ayutthaya-Wat Phu Khao Thong, le 6 mai 2012
Arrivant dans une région marquée par les inondations de 2011, Sarah Marquis atteint enfin le temple Phu Khao Thong.
Face à ce monument majestueux, elle laisse couler ses larmes d'émotion, réalisant qu'elle vient de traverser l'Asie à pied.
10.4 - Cargo, seule femme à bord
Seule femme parmi 22 membres d'équipage, Sarah rejoint l'Australie par cargo durant 13 jours de navigation. Un voyage symbolique qui lui rappelle tous ces migrants qui ont fait la traversée avant elle.
Chapitre 11. Australie du Nord
Une carte illustre l'itinéraire de Sarah Marquis en Australie du Nord, de Cairns à Darwin en passant par Alice Springs. Elle mentionne son arrivée par cargo à Brisbane après 13 jours en mer.
11.1 - Des larmes à l’odeur de café…
Le 28 mai 2012, Sarah Marquis débarque du cargo au port de Brisbane, aidée par un matelot philippin pour descendre ses lourds sacs qui contiennent sa charrette démontée.
Après avoir déposé ses affaires dans une pension, elle s'empresse de réaliser un rituel tant attendu : savourer enfin un véritable coffee latte. Pendant cinq heures, elle observe la foule depuis la terrasse d'un café, réalisant qu'elle peut enfin se fondre dans la masse, elle qui a passé deux ans à être dévisagée en Asie. "Je respire à nouveau, je suis parmi les miens" ressent-elle. Et pour la première fois en vingt ans, la voyageuse prend pleinement conscience de son appartenance à l'ethnie dite caucasienne.
À la banque, elle provoque l'incrédulité d'un jeune employé en lui annonçant son projet de marcher jusqu'à Darwin. Puis elle rejoint Cairns où elle prépare minutieusement son départ : nouveaux réservoirs d'eau, séances d'ostéopathie et massages pour son corps éprouvé.
L'accueil chaleureux des Australiens la touche profondément, en particulier celui de Rosy, la patronne de son hébergement qui accepte de garder une partie de son matériel, et de Georges, un chauffeur aborigène Yirrganydji qui la dépose à son point de départ en lui confiant que le bush la protégera.
Dès ses premiers pas dans cette nature familière, l'émotion la submerge : elle se sent enfin chez elle après deux ans en territoire hostile. La première nuit, exténuée tant physiquement qu'émotionnellement, elle fait un rêve prémonitoire de D'Joe, son chien décédé, sous forme d'un rapace prêt à s'envoler - ce sera la dernière fois qu'elle rêvera de lui.
Son parcours la mène dans des paysages variés où elle retrouve une solitude apaisante. Sur les hauteurs du Tablelands, elle vit une rencontre nocturne exceptionnelle avec un cassowary, le "roi de la rainforest", dont le cri puissant résonne dans la nuit. Dans les Misty Mountains, elle affronte l'humidité oppressante de la forêt tropicale, dormant chaque nuit au milieu de créatures invisibles, de sangsues et de serpents.
À Ravenshoe, sa quête pour retrouver un vieux chercheur d'or rencontré dix ans plus tôt la conduit dans des conversations animées avec les locaux. Une rencontre inattendue au bord d'un ruisseau avec un séduisant inconnu aux yeux bleus la confronte soudain à sa féminité longtemps mise en veille, provoquant un trouble qu'elle n'avait pas ressenti depuis des mois.
Le passage se termine sur son harmonie profonde avec la nature : ses journées deviennent une douce répétition où elle observe la faune, les termites, les fourmis. Cette immersion totale la conduit à une transformation intérieure : "la nature est rentrée en moi... Je suis elle, elle fait partie de moi". Cette connexion intense avec l'environnement marque l'aboutissement de ses deux années de marche.
11.2 - Queensland, le 16 juillet 2012
Sarah Marquis nous transporte ensuite au cœur du Queensland. Nous sommes en juillet 2012 quand Sarah trouve refuge sous un vieux pont. En s’installant alors dans le lit asséché de Crystal Creek, l'aventurière nous fait partager un moment de poésie : les grains de sable deviennent les narrateurs d'une histoire, lui murmurant les souvenirs d'une eau émeraude qui coulait autrefois.
Au fil des jours, l'exploratrice affronte des défis techniques et humains. Elle raconte comment sa charrette subit une avarie majeure, tous les rayons d'une roue se détendant simultanément. Une rencontre avec des chasseurs de cochons sauvages - qu'elle classe parmi les personnages les plus dangereux du bush - se transforme étonnamment en aide providentielle lorsqu'ils lui prêtent une clé à molette.
Cette panne la force à un détour imprévu par Normanton, où elle doit commander de nouvelles roues en Suisse. Sarah Marquis revient avec humour sur son retour temporaire à la civilisation à Cairns, "mes guêtres encore aux pieds, sans m'être lavée depuis des semaines".
De retour dans le bush, elle fait une rencontre surprenante avec Jonas, un jeune cycliste suisse qu'elle avait conseillé par mail avant son départ.
11.3 - Petits plaisirs et grande peur
L'aventurière nous dévoile ensuite ses petits plaisirs du quotidien, comme la dégustation minutieuse du nectar des fleurs de grevillea.
Cette partie de "Sauvage par nature" se termine sur une note qui fait froid dans le dos : des tirs mystérieux dans la nuit l’obligent à rester immobile jusqu'à l'aube. Le lendemain, elle découvre un campement de chasseurs de cochons sauvages, ce qui confirme ses craintes sur leur dangerosité : "Je vous l'avais bien dit, ils sont dangereux ces gars-là !" conclut-elle, avant de parcourir 33 kilomètres pour atteindre les chutes de Leichhardt.
11.4 - Serpent, poussière…
Dans cette dernière partie du chapitre 11 de "Sauvage par nature", Sarah Marquis nous plonge dans son périple à travers le Territoire du Nord australien. Quittant Burketown, la randonneuse s'engage dans une traversée exigeante de 483 kilomètres jusqu'à la prochaine communauté aborigène, soit plus de 16 jours de marche. Elle organise minutieusement ses ravitaillements, et demande à une amie de déposer un paquet de nourriture à mi-chemin, à Hells Gate.
Un matin du 29 août 2012, elle fait une rencontre stupéfiante : celle avec un python olive de près de 4 mètres. L'auteure décrit avec émerveillement la façon dont le serpent se dresse en forme de "Z", palpant l'air de sa langue. "Étrangement, je tombe en amour pour cette créature mystérieuse qui défie les lois du mouvement", écrit-elle, en se rappelant une fascination similaire lors de son expédition dix ans plus tôt.
Sarah Marquis poursuit sa route en territoire aborigène. Elle évite la communauté de Doomadgee. Une nuit, dissimulée sous un eucalyptus, elle entend des chevaux sauvages galoper avec frénésie et des aborigènes se bagarrer.
Sa solitude est interrompue par la rencontre d'un cow-boy au visage serein qui s'étonne de la voir seule dans le bush. Leur conversation révèle la sensibilité particulière de l'aventurière pour les détails infimes de la nature, comme sa curiosité envers un minuscule insecte gris jouant au mort.
Le long de sa route, elle doit relever des challenges quotidiens : trouver des points d'eau, éviter les serpents, supporter des températures avoisinant les 40°C. Un jour, elle découvre un green tree snake, actif en journée contrairement aux autres serpents australiens. Cette mésaventure lui rappelle l'importance d'être vigilante près des points d'eau, où la présence de grenouilles attire les serpents, qui à leur tour attirent les crocodiles.
11.5 - Le Nord sauvage
L'aventurière atteint les chutes de Leichhardt, un lieu impressionnant où se côtoient crocodiles marins et requins atteignant parfois 3,5 mètres. Elle y fait une rencontre touchante avec un chien noir portant un collier où il est écrit "Floraville". Ce moment de tendresse lui rappelle les massages qu'elle prodiguait à son fidèle D'Joe.
Dans sa progression à travers le Territoire du Nord, Sarah Marquis doit franchir des gués en restant vigilante. Elle dépeint comment les cow-boys d'autrefois utilisaient leurs fouets pour éloigner les crocodiles lors des traversées de rivières avec le bétail, une technique qui sauvait régulièrement des bêtes d'une mort certaine.
Son parcours la mène à Burketown, petit village de 200 habitants coincé entre les rivières Nicholson et Albert. C'est là qu'elle fait la connaissance de Peggy, une pêcheuse aveugle de 78 ans dont le courage et la joie de vivre l'inspirent profondément. Cette femme au corps fatigué mais aux yeux pleins d'étincelles de vie incarne pour l'auteure la résilience face aux épreuves.
Ce village isolé, menacé par les cyclones pendant la saison des pluies, devient le symbole d'une Australie en mutation : "L'Australie a tellement changé", observe Sarah Marquis, "il y a dix ans, on me considérait avec dégoût et incrédulité. Aujourd'hui on ne dit plus 'c'est impossible' à chaque fois que je raconte mon parcours... L'Australien s'est ouvert au monde pour le meilleur et pour le pire".
Chapitre 12. Australie du Sud
Une carte illustre le dernier tronçon du périple de Sarah Marquis en Australie, dessinant son parcours depuis Perth jusqu'à son "petit arbre" situé dans la plaine de Nullarbor, avec les coordonnées GPS précises de son point d'arrivée.
12.1 - Je passe par la case "docteur"
Bloquée à Perth par les pluies, Sarah Marquis fait face à un épuisement physique intense. Des analyses révèlent une carence en fer et une fatigue généralisée après deux ans et demi d'effort. Elle met en place un plan de récupération rigoureux : ostéopathie, massages et nutrition ciblée.
12.2 - Bibbulmun Track me revoilà
Après cet épisode de récupération, l'aventurière décide de repartir en suivant le Bibbulmun Track, un sentier de 1000 km qu'elle connaît bien.
"Je me réveille tôt, vers les 4 heures du matin, bien avant que le bush s’anime ; cela me permet de voir les kangourous qui s’extasient devant le lever du soleil, de surprendre dans les fourrés le blue wren. C’est un petit oiseau au pelage bleu turquoise. Je ne me lasse pas de voir, ou encore, plus important pour moi, de sentir la nature se réveiller. J’y puise l’énergie qui soigne mes blessures invisibles. Je veille à ce que ma marche s’accompagne de magnifiques rencontres animales. Ce qu’on néglige souvent, c’est l’aspect psychologique des choses, le lien entre le corps et l’esprit. Alors mes rencontres et la communion que j’ai avec la nature me nourrissent de manière différente. Soigner mon corps inclut aussi le psychique. (…) À toutes et à tous, je souhaite de faire un jour le Bibbulmun Track. Il n’y a pas de plus belle façon de découvrir ce pays."
12.3 - Un serpent et une plage turquoise
Un soir, elle rencontre un homme qui vit sur ce sentier. Il ne quitte ce sentier que pour voir son père et se ravitailler.
L'homme du sentier lui raconte une histoire étonnante : celle d'un serpent tigre occidental venimeux qu'il avait transporté à son insu dans son sac pendant trois jours après une nuit sur la plage de William Bay. Depuis, il ne dort plus qu'en tente.
Sarah poursuit son chemin jusqu'à Albany, où l'attend une surprise émouvante : la visite de sa mère, qu'elle n'a pas vue depuis plus de deux ans. Ensemble, elles partagent des moments précieux, ponctuées d'aventures cocasses comme le vol des biscuits de sa mère par un kangourou.
12.4 - Deux pieds, un manche…
En ce début d'hiver austral, Sarah Marquis brave des conditions météorologiques difficiles sur la côte sud.
Les pluies incessantes et le froid marin mettent son corps à rude épreuve et provoquent des crampes dues à l'humidité. La situation s'aggrave quand le manche de sa charrette se brise. Elle est forcée de poursuivre avec un seul manche sur près de 250 kilomètres.
À Esperance, épuisée, elle trouve refuge dans un motel où elle se remet pendant deux jours. L'aventurière fait ensuite réparer sa charrette par un soudeur, mais la modification des manches perturbe sa posture habituelle, ce qui lui cause des douleurs musculaires intenses : "J'ai l'impression que j'ai été passée à tabac", souffle-t-elle.
Le retour du soleil lui apporte un réconfort inespéré, dévoilant une explosion de couleurs dans le bush. Sarah retrouve avec émotion les eucalyptus salmonophloia, ces arbres au tronc cuivré qu'elle avait découverts dix ans plus tôt. Malgré ses muscles douloureux, elle persévère et s'encourage chaque matin : "Je vais y arriver ! Je vais y arriver !"
Les derniers kilomètres sont particulièrement éprouvants. Un cow-boy rencontré plus tôt dans son périple la retrouve et l'aide à terminer son parcours en lui apportant nourriture et soutien.
Dans un final intense, Sarah atteint enfin son "petit arbre", celui sous lequel elle avait dormi lors de son expédition de 2002-2003 avec son chien D'Joe. "Je suis de retour, darling", murmure-t-elle en touchant l'écorce, laissant couler ses larmes d'émotion.
L'aventurière conclut son récit par une réflexion touchante : "Dire qu'un jour j'ai juste osé rêver de ce moment !"
Cette phrase finale résume toute la portée de son extraordinaire voyage de trois ans à travers l'Asie et l'Australie.
Cahier photos
En fin d'ouvrage, Sarah Marquis partage un recueil de clichés capturés tout au long de son périple.
Ces photographies témoignent des paysages extraordinaires, des rencontres authentiques et des moments clés qui ont jalonné sa traversée de la Mongolie, du désert de Gobi, de la Chine, de la Sibérie, du Laos, de la Thaïlande et de l'Australie.
Elles nous font ainsi revivre le récit de l’aventure hors norme de Sarah Marquis et constituent une véritable mémoire visuelle de cette folle traversée en solo de l’Asie en marchant.
Conclusion de "Sauvage par nature | De Sibérie en Australie, 3 ans de marche extrême en solitaire" de Sarah Marquis
Les quatre leçons clés qu'il faut retenir du livre "Sauvage par nature"
Leçon n°1 : La solitude choisie est une porte d’accès formidable vers la liberté intérieure et la redécouverte de soi
Dans son périple extrême, Sarah Marquis fait de la solitude non pas une épreuve mais une alliée précieuse.
L'exploratrice décrit, en effet, comment, loin de la frénésie sociale, elle a progressivement atteint un état de connexion profonde avec elle-même. Cette solitude délibérée lui permet de développer une acuité sensorielle hors du commun, d'entendre à nouveau sa voix intérieure et de renouer avec ses instincts primitifs.
Ne confie-t-elle pas "Plus je m'éloigne, plus je vois" en introduction ? Une phrase qui résume à merveille comment la distance avec le monde civilisé lui apporte paradoxalement une vision plus claire de l’essentiel.
Idée clé n°2 : La nature nous enseigne l'adaptation constante comme clé de survie et d'épanouissement
À travers ses innombrables défis - des tempêtes apocalyptiques du désert de Gobi aux forêts tropicales du Laos - Sarah Marquis fait face à l’imprévu à chaque instant. Mais plutôt que de subir, elle s’adapte. Et nous montre finalement que l'adaptation permanente est sans doute la meilleure réponse à l'adversité.
Qu’il s’agisse de trouver de l'eau dans des steppes arides, de dormir dans des tuyaux d'évacuation pour se protéger, ou de modifier complètement son itinéraire face aux conditions climatiques extrêmes, chaque difficulté devient une leçon, un obstacle, que l'aventurière transforme en opportunité d'apprentissage.
Mais pour elle, cette capacité d’adaptation constante est bien plus qu’une simple nécessité de survie : c’est un état d’esprit. "La clé pour maintenir vivant son feu intérieur", dit-elle. Une philosophie qui dépasse largement le cadre de l’aventure extrême mais résonne aussi avec nos propres défis du quotidien.
Idée clé n°3 : Notre corps recèle de capacités insoupçonnées qui ne demandent qu'à être éveillées
Le récit de Sarah Marquis révèle comment le corps humain, soumis à des conditions extrêmes, peut développer des capacités extraordinaires. L'aventurière raconte sa faculté innée à s'orienter sans instruments, sa résistance progressive aux températures extrêmes (de -40°C en Mongolie à +50°C dans le désert australien), et sa capacité à reconnaître instinctivement les plantes comestibles ou médicinales. Ce réveil des facultés primitives s'accompagne d'une transformation profonde : "La nature est rentrée en moi... Je suis elle, elle fait partie de moi", affirme-t-elle, décrivant une fusion qui transcende la simple adaptation physique.
Idée clé n°4 : Le dépassement de soi n'est pas une destination mais un voyage continu
Tout au long de son périple, Sarah Marquis nous montre finalement que le véritable accomplissement ne réside pas dans l'atteinte d'un objectif final mais plutôt dans la persévérance quotidienne face aux épreuves. Que l’exploit ne réside pas dans l’arrivée, mais dans chaque pas qui y mène.
S’encourager à voix haute pour traverser une plaine d’argile sous 40°C, recommencer après deux échecs dans le désert du Gobi, finir son périple avec un manche de charrette cassé... autant d’exemples où la force mentale triomphe de l’épuisement physique.
Son mantra, "Je vais y arriver ! Je vais y arriver !" devient un cri de résilience applicable à toutes les épreuves de la vie.
Qu'est-ce que la lecture de "Sauvage par nature" vous apportera ?
"Sauvage par nature" va au-delà du simple récit d'aventure : c'est une véritable plongée dans l'essence même de notre humanité.
En effet, en suivant les pas de Sarah Marquis, vous redécouvrirez les capacités insoupçonnées que nous portons tous en nous, mais que la vie moderne a endormies. Ce livre vous inspirera à reconsidérer votre rapport au temps, à l'effort et à la nature. Vous apprendrez à reconnaître la valeur du silence, de la lenteur et de l'observation pour mieux faire face aux défis quotidiens.
À travers les difficultés surmontées par l'auteure, vous développerez une nouvelle perspective sur vos propres obstacles. Sarah Marquis vous transmet ses techniques de survie physique et mentale qui, transposées dans votre vie quotidienne, deviendront de précieux outils de résilience. Ce récit vous rappellera aussi l'importance d'écouter vos instincts et de faire confiance à votre corps, dans un monde où nous sommes souvent déconnectés de nos sensations premières.
Pourquoi lire "Sauvage par nature" de Sarah Marquis ?
"Sauvage par nature" est un récit d’aventure captivant, immersif, un concentré d’adrénaline, d’émotions brutes et de liberté !
Au fil des pages, vous embarquez aux côtés de Sarah Marquis pour un voyage hors normes : des milliers de kilomètres à pied, en solo, au cœur des paysages les plus reculés de la planète. Mais au-delà de l’exploit physique, c’est une expérience intérieure puissante que vous vivrez à ses côtés.
Car ce livre ne se contente pas de raconter un périple. Il agit comme un miroir de nos aspirations les plus profondes, de nos propres désirs d’évasion, de simplicité, de retour à l’essentiel. Il éveille en nous des questions profondes, parfois oubliées : qu’est-ce que la vraie liberté ? Jusqu’où suis-je capable d’aller ? Quelle est ma vraie place dans ce monde ?
En partageant son incroyable périple et son cheminement, Sarah Marquis nous inspire aussi à adopter une relation plus consciente et harmonieuse avec notre environnement. À réapprendre à écouter la nature, à renouer avec nos instincts, à ralentir, à observer… et à nous recentrer.
Je recommande particulièrement ce livre à ceux qui :
Cherchent un souffle d'inspiration pour dépasser leurs propres limites, qu'elles soient géographiques ou mentales.
Ressentent le besoin de renouer avec la nature sauvage qui sommeille en eux, de se reconnecter à eux-mêmes, à l’essentiel.
Sentent au fond d’eux un appel à la liberté, à l’aventure, à l’authenticité.
"Sauvage par nature" est un livre qu’on ne lit pas seulement. On le vit. Et il continue de marcher avec nous, longtemps après avoir tourné la dernière page.
Points forts :
Un témoignage brut et authentique d'une aventure extrême à travers des territoires rarement explorés.
Une réflexion profonde et inspirante sur la relation entre l'humain moderne et son environnement naturel.
Des leçons de survie et d'adaptation qui peuvent s'appliquer dans notre quotidien.
Une écriture immersive qui nous fait vivre chaque étape du périple avec une intensité rare.
Points faibles :
Certains passages peuvent paraître un peu répétitifs, notamment dans la description des difficultés quotidiennes.
L'aspect technique de la préparation et de l'équipement aurait pu être davantage développé pour les lecteurs intéressés par la pratique de la randonnée extrême.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Le principe de Lucifer | Une expédition scientifique dans les forces de l'Histoire !" de Howard Bloom : cet ouvrage décortique le rôle intrinsèque de la violence et de la domination dans la construction de l’Histoire humaine. Pour cela, Howard Bloom nous livre une analyse scientifique brillante des mécanismes et forces invisibles qui animent et structurent autant nos civilisations que nos comportements humains.
Par Howard Bloom, 2015, 701 pages.
Titre original : "The Lucifer principle", 1995, 495 pages.
Chronique et résumé de "Le principe de Lucifer | Une expédition scientifique dans les forces de l’Histoire !" de Howard Bloom
Partie 1 : Introduction
Howard Bloom, l’auteur, ouvre son livre "Le principe de Lucifer" en se lançant dans une réflexion vertigineuse : il se demande d’où vient le mal ?
Il remonte alors à l’époque de l’hérétique Marcion, qui, il y a près de 1800 ans, conclut que le Créateur de notre univers ne pouvait être qu’un dieu maléfique, tant les souffrances et les violences étaient omniprésentes.
En réponse, les chrétiens créèrent le mythe de Lucifer, l'ange de lumière déchu, devenu démon qui corrompit l'humanité.
Mais Howard Bloom propose une lecture radicalement différente : le mal ne serait pas une erreur ni une corruption, mais une composante intrinsèque de l’évolution naturelle.
À travers ce qu’il appelle le "Principe de Lucifer", il avance que la cruauté, la domination, la compétition ne sont pas des anomalies : elles font partie des mécanismes naturels qui poussent les sociétés à évoluer, à se structurer, à se dépasser :
"Le Principe de Lucifer est un ensemble de règles naturelles, fonctionnant à l’unisson pour tisser une toile qui nous effraie et nous épouvante parfois. Chaque fil de cette tapisserie est fascinant mais l’ensemble est encore plus stupéfiant. En son centre, le Principe de Lucifer ressemble à cela : la Nature découverte par les scientifiques a créé en nous les pulsions les plus viles. Ces pulsions font en fait partie d’un processus dont la Nature se sert pour créer. Lucifer est le côté obscur de la fécondité cosmique, la lame tranchante du couteau du sculpteur. La Nature n’abhorre pas le mal, elle l’intègre. Elle l’utilise pour construire. Avec lui, elle conduit le monde humain vers des niveaux supérieurs d’organisation, de complexité et de pouvoir."
Aussi, pour l'auteur, comprendre cette dynamique est essentiel pour espérer dépasser notre condition, car nos plus nobles qualités peuvent paradoxalement engendrer nos pires atrocités :
"De nos meilleures qualités découle ce qu’il y a de pire en nous. De notre ardent désir de nous réunir provient notre tendance à nous déchirer. De notre dévotion envers le bien résulte notre propension à commettre les plus infâmes atrocités. De notre engagement envers les idéaux naît notre excuse pour haïr. (…) Nous devons regarder en face le visage sanglant de la Nature et prendre conscience du fait qu’elle nous a imposé le mal pour une raison. Et, pour la déjouer, nous devons comprendre cette raison (…) Lucifer est, en réalité, l’alter ego de Mère Nature."
Selon Howard Bloom, c’est en acceptant cette logique trouble, en en perçant les ressorts, que l’humanité pourra espérer sortir de ses cycles de destruction.
Howard Bloom remet ensuite en cause notre vision romantique de l'individualisme.
Il s’en prend au mythe de l’individu autonome et héroïque, cher à la culture occidentale. Il critique notamment la théorie d’Éric Fromm, pour qui l’indépendance totale serait un idéal de maturité.
Pour l’auteur, certes l'individualisme est important, mais c’est une illusion. L’humain est avant tout une créature sociale, et ce sont, soutient-il, les groupes sociaux (tribus, nations, mouvements) qui sont les véritables moteurs de l'évolution humaine.
Il démontre ce point en analysant la réaction de stress : contrairement aux théories dominantes, celle-ci n’est pas un réflexe de survie individuel. Ce mécanisme est bien plus orienté vers la protection du groupe que vers celle de l’individu.
Mais cette appartenance a un prix. C’est le paradoxe de notre nature sociale : si le groupe est une force vitale, il peut aussi devenir destructeur, poussant à la haine, à la violence, à l’aveuglement collectif et ainsi aux pires atrocités.
"Sans penser le moins du monde aux résultats à long-terme de nos minuscules actions, nous contribuons aux actes lourds et parfois atterrants de l’organisme social. (…) Par notre intérêt pour le sexe, notre soumission à des Dieux et à des dirigeants, notre attachement parfois suicidaire à des idées, des religions et de vulgaires détails de type culturel, nous devenons les instigateurs inconscients des exploits de l’organisme social."
Dès lors, conclut Howard Bloom, si nous voulons échapper à la folie des foules, ce n’est pas en fuyant le collectif, mais en le repensant, en agissant ensemble avec lucidité. Seule une action collective pourra nous en libérer.
Dans ce 3ème chapitre du "Principe de Lucifer", Howard Bloom introduit un concept fondamental : celui d’entéléchie, cette idée que des éléments simples peuvent, en s’assemblant, donner naissance à quelque chose de complexe et de radicalement nouveau. À l’image d’un océan qui naît de simples molécules d’eau, ou d’une culture émergeant des interactions humaines.
Partant de cette logique, l'auteur présente les cinq concepts de son Principe de Lucifer qui expliquent les grands mouvements de l'histoire humaine :
Les systèmes auto-organisateurs qui nous façonnent comme des produits jetables, remplaçables.
Le superorganisme, une entité collective dont nous ne sommes que les composants.
Les mèmes, ces idées contagieuses qui structurent nos civilisations.
Le réseau neuronal qui agit comme un cerveau partagé et manipule nos émotions collectives.
L'ordre de préséance qui régit les hiérarchies humaines.
Ces concepts, souligne l’auteur, "apportent un éclairage sur le déclin de l’Occident et sur les dangers qui nous guettent". Ils nous éclairent sur les racines du mal qui nous habite. Car dans ces cinq petites idées, termine-t-il, "se tapit la force qui nous gouverne".
Howard Bloom s’appuie sur l’exemple de la Révolution culturelle en Chine pour décortiquer les mécanismes cachés de la violence de masse.
L'auteur raconte comment Mao, écarté du pouvoir après l'échec du Grand Bond en Avant, exploita la rébellion adolescente naturelle pour reprendre le contrôle de la Chine.
À travers le récit de Gao Yuan, ancien Garde Rouge, Howard Bloom retrace la montée en puissance de ce chaos : au départ, les lycéens ne font que débattre de littérature ou remettre en cause leurs enseignants. Mais très vite, ces échanges littéraires évoluent en une spirale de violence : les étudiants passent de la critique à la persécution, puis à la torture. Et finissent par se retourner les uns contre les autres dans des affrontements sanglants.
Pour l'auteur, la Révolution Culturelle révèle un schéma universel : derrière les idéaux les plus nobles et purs - égalité, justice, libération - se cachent nos pulsions les plus destructrices. Sous couvert de vertu, les pires instincts peuvent alors se déchaîner.
La Révolution culturelle devient ainsi l’exemple tragique d’une vérité plus large : l’être humain, en groupe, peut devenir son propre prédateur.
Partie 2 : Des taches de sang au paradis
Dans ce chapitre au titre quelque peu brutal, Howard Bloom démonte le mythe du "bon sauvage" et l'idée selon laquelle la violence serait une invention récente, née avec la civilisation moderne.
Il affirme au contraire que la cruauté est inscrite dans les lois mêmes de la nature. À l’appui de sa démonstration, il cite un bestiaire sanglant : les fourmis qui se livrent à des guerres impitoyables, les lions qui déchiquettent leurs proies, les oiseaux qui dévorent sans état d’âme des bébés tortues encore frêles.
Chez l’homme, cette brutalité n’a pas disparu, indique l’auteur : innée, elle est simplement camouflée sous la fine couche de vernis rationnel de notre néocortex. Pour dire cela, Howard Bloom s’appuie sur la théorie du "cerveau trine" du Dr Paul MacLean selon laquelle notre néocortex, siège de la pensée consciente, repose sur des couches plus anciennes : le cerveau reptilien et le cerveau limbique, gouvernés par l’instinct et l’émotion, toujours bien actifs.
L'auteur réfute également l'idée que les sociétés primitives seraient pacifiques. En témoignent les !Kung du Kalahari dont le taux d'homicide dépasse celui de grandes villes modernes comme New York, et les observations de Jane Goodall sur les comportements de guerre tribale et féroce des chimpanzés.
La conclusion d’Howard Bloom est sans appel : l’homme n’est pas violent malgré sa nature, mais à cause d’elle. S’il rêve de paix, s’il veut vraiment construire un mode pacifique, il doit d'abord triompher de sa nature profonde, apprendre à dompter cette bête qu’il porte en lui.
Dans ce chapitre au ton volontairement provocateur, Howard Bloom remet en question l’idée tenace selon laquelle la violence serait l’apanage des hommes. Il montre que les femmes, loin d’être des figures exclusivement nourricières ou apaisantes, jouent, elles aussi, un rôle actif, et parfois féroce, dans les dynamiques de domination.
Pour démontrer que les femelles participent pleinement à la violence sociale, Howard Bloom mentionne alors plusieurs exemples parlants : la femelle gorille Effie, qui tue et dévore le petit d’une rivale pour préserver sa lignée, ou encore l’impératrice romaine Livia, stratège impitoyable, soupçonnée d’avoir fait éliminer un à un les héritiers gênants pour assurer la montée au pouvoir de son fils, Tibère.
Mais l’auteur va plus loin : il met en lumière le rôle plus discret, mais tout aussi influent, de la sélection sexuelle. En valorisant les comportements agressifs des mâles, comme la "bravoure" et l'héroïsme guerrier, bref, en choisissant les mâles les plus "dominants", les femmes participent à la perpétuation d’une forme de violence sociale.
Au fond, conclut Bloom, la violence n’est ni une affaire d’hommes, ni une affaire de femmes. Elle est gravée dans nos circuits les plus archaïques, dans les profondeurs de notre cerveau animal. Croire le contraire, c’est ignorer les racines biologiques qui façonnent notre histoire.
Howard Bloom nous plonge ici dans les racines biologiques de la violence à travers le prisme de la reproduction.
Il montre que, dans de nombreuses espèces (des singes langurs aux peuples Yanomami d’Amazonie, jusqu’aux Romains de l’Antiquité, une pratique brutale revient avec insistance : tuer les enfants du rival pour s’approprier les femelles et assurer la survie de sa propre lignée.
Derrière cette stratégie terrifiante se cache une logique froide mais diablement efficace : éliminer la descendance de ses adversaires pour accélérer sa propre reproduction. En effet, en supprimant les petits issus d’un précédent mâle, le nouveau venu rend rapidement les femelles à nouveau fertiles et disponibles pour porter leur propre progéniture.
Pour Howard Bloom, ce schéma universel révèle que bien des violences humaines, derrière leurs justifications idéologiques ou politiques, répondent à une pulsion plus profonde, un impératif biologique fondamental : celui de transmettre ses gènes.
Cette force constitue l'une des clés du "Principe de Lucifer" : l’avidité des gènes.
Howard Bloom poursuit sa réflexion en revenant aux origines de la vie, inspiré par la théorie des réplicateurs de Richard Dawkins.
Au commencement, explique-t-il, il y avait des molécules simples, capables de se copier elles-mêmes. Dans un environnement hostile et limité en ressources, celles-ci ont développé des stratégies de compétition et de protection toujours plus complexes. Ainsi, seules les plus malignes ont survécu : celles qui savaient se défendre, éliminer les concurrentes, ou coopérer stratégiquement.
Ces réplicateurs sont devenus nos gènes. Et aujourd’hui encore, ils utilisent nos corps comme des "machines à survie", programmées pour maximiser leurs chances de transmission.
Pour Howard Bloom, cette programmation génétique explique notre violence fondamentale. Que l’on observe des gorilles en rut ou des empereurs romains en campagne, une même logique opère : s’imposer, dominer, éliminer les rivaux, transmettre son ADN. Nous luttons tous pour cela.
Pour l’auteur, c’est là le véritable moteur de notre brutalité : non pas la société, la religion ou le pouvoir… mais une programmation biologique ancienne, invisible, et incroyablement tenace :
"Malgré les opinions de Montaigne, de Rousseau et de leurs disciples contemporains, la civilisation n’est pas le générateur de la violence. Et la brutalité n’est pas réservée au mâle "patriarcal". Le créateur de la sauvagerie humaine est la Nature, qui trace sa route à travers les segments du cerveau légués aux hommes et aux femmes par nos ancêtres animaux."
Il poursuit :
"Les créatures de toutes les espèces se battent pour le privilège de la procréation. Elles luttent pour immortaliser les réplicateurs qui les composent. Inutile de se demander pourquoi les femmes des anciens empereurs et les dames de haut rang du clan des gorilles ont cherché à accaparer le monde pour leurs enfants. Inutile de se demander pourquoi les héros grecs, les guerriers Yanomamo et les Romains déchaînés ont risqué leur vie pour trouver de nouveaux ventres à ensemencer. A chaque fois qu’un spermatozoïde et un ovule accouchent d’une nouvelle créature dans le monde, le vainqueur est un gène."
Dès lors, la violence humaine n’est pas une aberration de l’évolution : elle en est le prolongement logique. Et c’est en comprenant cette logique que nous pourrons, peut-être, commencer à la dépasser.
Partie 3 : Pourquoi les humains s’autodétruisent
Dans la partie 3 de son livre "Le principe de Lucifer", Howard Bloom commence par remettre en question un pilier de la biologie moderne : l’idée que l'évolution n'opère qu'au niveau de l'individu.
Il montre que cette vision, dominante depuis des décennies, ne permet pas d’expliquer certains comportements humains (et animaux) qui contredisent clairement cette vision. Howard Bloom évoque notamment les suicides collectifs de civils japonais à Okinawa, encouragés au nom de l’honneur national, ou l’augmentation dramatique des suicides pendant la Grande Dépression. De tels actes ne peuvent être compris si l’on part du principe que chaque individu cherche avant tout à ne préserver que sa propre vie.
Il retrace l’histoire de ce débat scientifique, rappelant que Darwin lui-même admettait l’existence d’une "sélection de groupe", avant que cette idée ne soit largement écartée par les généticiens au XXe siècle au profit de la "sélection de parentèle", plus conforme à la théorie des gènes égoïstes.
Pourtant, les phénomènes biologiques abondent et résistent à cette grille de lecture : les gazelles qui lancent un cri d’alerte en présence d’un prédateur, au risque de se faire repérer elles-mêmes ; les guêpes stériles qui consacrent leur vie à la colonie ; ou encore l'"apoptose", ce mécanisme par lequel certaines cellules s’autodétruisent pour protéger l’organisme entier.
Pour Howard Bloom, ces exemples démontrent que nous sommes programmés pour servir parfois les intérêts du groupe au détriment de notre survie individuelle. En d’autres termes : l’être humain, parfois, est biologiquement câblé pour se sacrifier au nom d’un collectif, même si ce sacrifice va à l’encontre de sa propre survie.
Et ce comportement, affirme l’auteur, ne relève pas d’un élan de noblesse altruiste, mais d’un programme biologique plus vaste : celui du superorganisme.
Dans le chapitre 10 du "Principe de Lucifer", Howard Bloom fait un parallèle entre l'organisation cellulaire et sociale. Il explique, en effet, que nous ne sommes pas de simples individus isolés, mais les composants d’organismes collectifs d’une taille bien plus vaste. À l’image des cellules qui composent un corps humain, chaque être humain fait partie intégrante d’un "superorganisme" social.
Howard Bloom illustre cette analogie avec une série d’exemples issus du monde vivant : les fourmis, dont les actions coordonnées donnent l’illusion d’un seul être pensant ; les myxomycètes, ces organismes unicellulaires qui fusionnent en une masse collective dès qu’un danger survient ; ou encore les éponges, capables de se désassembler et de se réorganiser spontanément pour survivre.
Pour l'auteur, ces systèmes nous rappellent alors que l’humain, aussi sophistiqué soit-il, ne peut, comme ces organismes unicellulaires, survivre seul. Nous sommes biologiquement, émotionnellement et culturellement façonnés pour vivre au sein d’un tissu collectif. Hors du groupe, nous dépérissons.
Dans ce chapitre émouvant, Howard Bloom met en lumière l’un des plus grands dangers qui guettent l’être humain : l’isolement social.
Loin d’être un simple inconfort, la solitude prolongée agit comme un poison, affectant à la fois notre santé mentale et notre intégrité physique. Oui, la rupture ou destruction des liens sociaux peut être fatal à l’individu, lance l’auteur.
Howard Bloom revient sur plusieurs exemples déchirants : des nourrissons privés d’affection dans les orphelinats, dont le développement se fige ou s’effondre ; Flint, un jeune chimpanzé mort peu après le décès de sa mère, rongé par le chagrin ; ou encore Lawrence d’Arabie, qui, après avoir été un héros adulé, se replie sur lui-même et se détériore, une fois arraché à sa communauté d’adoption.
À travers ces récits, Howard Bloom prouve une évidence : l’être humain a besoin des autres pour rester en vie, au sens le plus littéral du terme. Être exclu, oublié ou séparé du groupe revient à perdre l’ancrage vital qui nous relie à notre humanité.
C’est pourquoi, notre intégration dans le superorganisme social est plus qu’un besoin : c’est une condition de survie.
Dans ce chapitre, Howard Bloom déconstruit le mythe de l'indépendance émotionnelle.
À rebours de l’idéal du leader inébranlable, il révèle que même les figures historiques les plus redoutées - Hannibal, Hitler, et tant d’autres - étaient rongées par des insécurités profondes qu’ils dissimulaient sous une façade d'imperturbabilité.
Pour illustrer son propos, l’auteur du "Principe de Lucifer" se réfère aux travaux de Frans de Waal, qui a observé chez les chimpanzés un comportement troublant : les mâles alpha, bien qu’en apparence sereins, sont en réalité anxieux, sur le qui-vive, préoccupés en permanence par le maintien de leur statut.
Selon Howard Bloom, cette mascarade de dureté émotionnelle n’est pas un signe de force, mais une posture héritée de notre passé animal. Le problème, c’est qu’elle continue à façonner nos attentes, un idéal trompeur : dès lors, nous valorisons l’autosuffisance émotionnelle, et nous culpabilisons à l’idée de dépendre des autres.
Or, cette dépendance n’a rien d’anormal : elle est profondément humaine… et vitale.
Dans ce chapitre, Howard Bloom critique un dogme bien ancré dans la thérapie moderne : son approche individualiste. L’idée que le salut passe par l’amour de soi.
Pour lui, cette approche centrée sur l’estime de soi, aussi répandue soit-elle, passe à côté de l’essentiel. Car notre équilibre intérieur ne peut se construire en vase clos. Il dépend fondamentalement de nos relations sociales, de notre place dans le groupe, du tissu social dans lequel nous évoluons.
Howard Bloom va jusqu’à dire que nos instincts d’autodestruction, qu’ils prennent la forme du retrait, du sabotage ou même de la maladie, sont souvent déclenchés par un sentiment d’exclusion ou d’inutilité sociale. Ce qui prouve bien que l’humain n’a pas été biologiquement conçu pour vivre centré sur lui-même :
"La meilleure façon de désactiver le mécanisme autodestructeur n’est pas de pleurer sur les traumatismes de son enfance jusqu’à ce que l’on finisse par aimer l’enfant qui est en nous. C’est de comprendre que les éléments autodestructeurs sont contrôlés par des forces sociales : notre besoin de savoir si nous sommes à la hauteur des standards fixés par ceux que nous respectons et notre relation avec nos amis, notre mari, notre femme et même nos chiens et nos chats."
En somme, nous ne sommes pas programmés pour l’auto-suffisance, mais pour la participation à un tout. Aimer l’enfant en soi ? Oui. Mais tant que cet enfant n’est pas relié aux autres, il reste seul, et vulnérable.
Partie 4 : Le Dieu des uns est le Diable des autres
Howard Bloom compare ici le fonctionnement des sociétés humaines à celui du système immunitaire.
Comme les globules blancs qui distinguent les cellules amies des intrus, les groupes humains développent des marqueurs d'identité (tenues vestimentaires, langages, coutumes, rituels) pour différencier les membres de leur communauté des "autres".
Cette tendance universelle à former des groupes opposés s’observe à travers les âges et les espèces. On la retrouve même chez les animaux. Mais ce besoin de différenciation a un prix, alerte l’auteur : il peut conduire à une déshumanisation totale de l’autre.
Howard Bloom illustre ses propos avec l’exemple glaçant de Bertha Krupp, riche héritière allemande, qui montrait une grande tendresse et compassion envers "les siens"… tout en fermant les yeux sur la souffrance de milliers d’ouvriers forcés à travailler dans ses usines d’armement.
Ce contraste brutal témoigne de notre capacité d’empathie qui se limite souvent à notre propre camp. En somme, la frontière entre "nous" et "eux", loin d’être abstraite, structure nos sociétés, mais elle peut aussi nourrir l’exclusion, l’indifférence, voire la barbarie...
Howard Bloom décortique à présent une tactique utilisée par les leaders aussi vieille que le pouvoir lui-même : créer un ennemi pour unir les siens.
Car quoi de plus efficace pour renforcer la cohésion d’un groupe que de le persuader qu’il est menacé de l’extérieur ?
L’auteur du "Principe de Lucifer" appuie sa démonstration sur deux cas historiques édifiants. Le premier : le gouverneur Faubus, qui dans les années 1950, fabriqua de toutes pièces une "menace noire" pour galvaniser l’Arkansas ségrégationniste contre la déségrégation scolaire. Le second : Fidel Castro, qui exploita l’hostilité américaine pour asseoir son autorité à Cuba et justifier la mise en place d’un pouvoir totalitaire.
Dans les deux cas, l’ennemi devient une figure centrale, pas pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il permet : détourner l’attention des tensions internes, offrir un exutoire aux frustrations, et maintenir l’unité du groupe sous tension.
L'invocation d'un ennemi, réel ou imaginaire, est donc, pour l’auteur, un outil de manipulation sociale profondément enraciné dans notre fonctionnement collectif.
Howard Bloom s’intéresse ici à un mécanisme psychologique aussi subtil que redoutable : la projection.
Il explique comment notre esprit, pour se protéger, refoule les pensées, souvenirs, désirs ou pulsions jugés inacceptables… puis les projette sur l’extérieur. Le "mal" que nous refusons de voir en nous, nous l’attribuons à un autre. Ce tour de passe-passe mental transforme alors nos démons intérieurs en ennemis bien réels.
Howard Bloom illustre ce phénomène à travers l’exemple des fondamentalistes religieux américains. Animés par une forte répression de leurs propres désirs, notamment sexuels, ces derniers accusent les "humanistes profanes", de perversion, de décadence morale. En réalité, ce qu’ils combattent chez "l’autre", ce sont souvent leurs propres pulsions inavouées.
Ce glissement, selon Howard Bloom, est d’ailleurs au cœur de nombreux mouvements idéologiques et religieux. Car la projection permet non seulement de préserver une image de soi intacte, mais offre aussi un ennemi imaginaire commun autour duquel un groupe peut se souder, un mouvement s’unifier.
Cette capacité à transformer une faille intime en croisade morale devient alors un puissant levier de manipulation collective.
Cette partie du livre "Le Principe de Lucifer" explore le rôle paradoxal de la haine dans la construction des sociétés humaines. Loin de la réduire à une pathologie individuelle, Howard Bloom présente ici la haine comme une force structurante, presque fonctionnelle.
Selon lui, chaque être humain vit avec un écart entre ce qu’il est et ce qu’il pourrait être. Cette frustration de ne jamais réaliser pleinement son potentiel, génère chez lui, naturellement, une forme de rage intérieure. Plutôt que de laisser cette énergie négative exploser et détruire le groupe de l’intérieur, les sociétés apprennent à la canaliser vers l’extérieur, à la rediriger vers des ennemis désignés.
Howard Bloom compare ce processus à la façon dont les premiers organismes multicellulaires ont transformé les déchets calciques toxiques en ossature protectrice : notre squelette. De la même façon, les sociétés transforment leur "déchet psychologique", la haine, en structure, en ciment qui soude les groupes sociaux.
Chaque culture, explique alors l’auteur, développe ses "autorisations" à haïr certains types de personnes : hérétiques, étrangers, riches, pauvres, infidèles… Ces permissions deviennent des vertus collectives, qui renforcent l’identité du groupe et la légitimité de ses dirigeants à les suivre contre un ennemi commun.
La haine, dans cette optique, n’est pas un échec du lien social, elle en est parfois la condition même.
Partie 5 : L’homme : Inventeur du monde invisible
Howard Bloom commence cette nouvelle partie en introduisant un concept clé de son raisonnement : le même.
Le mème est une idée qui, comme un gène, se réplique et se propage non pas dans le corps, mais dans les esprits, de cerveau en cerveau.
Contrairement aux gènes qui façonnent les organismes biologiques à travers des millions d’années d’évolution lente, les mèmes structurent les sociétés humaines avec une rapidité fulgurante.
Le marxisme en est un bon exemple : une idée née dans l'esprit isolé de Marx, longtemps marginalisée, avant de trouver l'opportunité de la révolution russe (le bon "hôte") pour infecter des millions d'esprits à travers le monde.
Selon Howard Bloom, cette capacité à remodeler les sociétés sans toucher à l’ADN marque une étape majeure de l’évolution. Les mèmes sont devenus les nouveaux réplicateurs dominants : capables de transformer le monde en quelques décennies.
Howard Bloom retrace ici l'évolution des mèmes à partir des "marqueurs d'identité tribale".
Il raconte comment les rats reconnaissent les membres de leur clan à l’odeur : un moyen biologique de distinguer le "nous" du "eux". Puis explique comment, chez les premiers humains, cette reconnaissance s’est faite non seulement par le sang, mais aussi par des symboles, des rites, des récits : des marqueurs culturels qui agissent comme des codes tribaux.
L’auteur retrace comment les mèmes ont progressivement pris le relais des gènes pour structurer l’appartenance. L’histoire du christianisme en est un exemple frappant : d’abord religion tribale liée aux gènes juifs, il devient, grâce à l’intervention de Saint Paul, une "religion transmissible" capable de rassembler des peuples génétiquement différents.
Ce tournant marque ainsi l’émancipation des idées : les mèmes deviennent forces autonomes de l’histoire, capables de forger des superorganismes humains, non plus fondés sur la parenté biologique, mais sur une identité mémétique partagée..
Dans ce chapitre, Howard Bloom affirme que la vérité d'une croyance importe moins que sa capacité à souder un groupe. En d’autres termes, la valeur d’une idée ne dépend pas de sa véracité, mais de son efficacité sociale.
L’auteur évoque plusieurs cas emblématiques : une secte persuadée de l’arrivée imminente de soucoupes volantes, les prédictions erronées de l'Adventisme du Septième Jour, ou encore le marxisme, dont les promesses utopiques n’ont jamais été tenues.
Howard Bloom montre que même quand leurs prédictions échouent, ces systèmes de croyances survivent, et parfois même se renforcent. Pourquoi ? Parce qu’elles offrent un récit commun, une identité partagée, une grille de lecture du monde. Elles unissent les individus en un tout cohérent.
Et pour Howard Bloom, c’est là que réside le véritable succès d’un mème : non dans sa capacité à dire le vrai, mais à créer et maintenir la cohésion du superorganisme humain.
Howard Bloom aborde, dans cette partie, une question fondamentale : pourquoi adhérons-nous à des idées, même irrationnelles ? Sa réponse : parce que nous avons un besoin biologique de sentir que nous avons le contrôle.
À travers l'exemple des tribus indiennes Nilgiri, où les sorciers Kurumba exerçaient un pouvoir considérable grâce à leur prétendu contrôle sur les maladies, l'auteur nous montre que l'illusion du contrôle est vitale pour notre survie. Cette illusion, précise-t-il, apporte un sentiment de sécurité, une forme d’ordre face au chaos du monde.
Howard Bloom cite également des expériences menées sur des rats : on y observe que ceux qui croient avoir un certain contrôle sur leur environnement vivent plus longtemps, résistent mieux au stress et tombent moins malades. En fait, pour l’auteur, c'est ce besoin profond de maîtrise (même fictive) qui nous pousse à adhérer aux systèmes de croyances (récits, religions, idéologies), croyances qui nous donnent l’impression d’avoir prise sur l’invisible.Et c’est précisément cette illusion, conclut Howard Bloom, qui rend les mèmes si puissants : ils nous offrent, au-delà du rationnel, une façon de survivre psychologiquement.
Dans ce chapitre, Howard Bloom dresse un parallèle entre les sorciers d’autrefois et les médecins d’aujourd’hui.Derrière l’apparence de rigueur scientifique, il pointe leur façon de vendre l’illusion du contrôle et un besoin commun : celui de rassurer, de faire croire que l’on contrôle ce qui, en réalité, échappe encore largement à la compréhension humaine.
Dans cette idée, Howard Bloom dénonce certaines pratiques médicales – prescriptions d’examens inutiles, déni des symptômes, traitements standardisés - comme des rituels modernes qui masquent l’impuissance des médecins face à des maladies mal comprises.
Il rappelle que les progrès de la médecine n’expliquent pas à eux seuls l’amélioration de la santé publique, et que bien souvent, les médecins eux-mêmes ne reconnaissent que les pathologies qu’ils savent traiter. Autrement dit, ils ne guérissent pas tout, mais ils maintiennent l’illusion d’un savoir tout-puissant, exactement comme le faisait le sorcier du village.
Howard Bloom poursuit en explorant un autre pilier de l’illusion de contrôle : la religion.
À travers l’exemple du pape Grégoire VII (Hildebrand) défiant l’empereur Henri IV, il montre comment l’Église a imposé son autorité non pas par la force, mais en affirmant sa maîtrise sur l’invisible : le salut, l’enfer, le destin éternel des âmes.
Ainsi, en offrant notamment l'espoir d'une vie après la mort et la promesse de maîtriser leur destin éternel, l'Église médiévale vendait une illusion salvatrice aux serfs privés de tout pouvoir réel. Pour ces paysans démunis de tout pouvoir, ces promesses étaient vitales. L’Église apportait un sens, une espérance, une forme de contrôle sur une existence autrement accablante.
Howard Bloom explique que cette stratégie est toujours d’actualité. Les mouvements religieux modernes, notamment les fondamentalismes, exploitent ce même besoin de certitude face à l’inconnu pour gagner une influence politique et idéologique. La prière devient ainsi un acte de survie psychologique et une arme sociale de premier plan.
Dans ce chapitre, Howard Bloom élargit sa réflexion sur le pouvoir à tous ceux qui se présentent comme les interprètes de l’invisible.
De Newton aux prêtres aztèques, des médecins modernes aux astrologues ou encore experts en psychologie, tous tirent leur autorité de leur prétendue capacité à comprendre ce que le commun des mortels ne voit pas.
Ce pouvoir, souligne-t-il, repose moins sur la vérité que sur la confiance - ou la peur - qu’ils inspirent. Car nous sommes vulnérables face à ce que nous ne comprenons pas : microbes, forces cosmiques, mécanismes de l’esprit, théories éducatives... autant de mondes cachés qui nous échappent mais régissent notre monde, influencent nos vies. En prétendant en détenir les clés, les "experts de l’invisible" captent une immense influence. Et nous continuons, comme nos ancêtres, à leur accorder un pouvoir démesuré.
Howard Bloom clôt la 5ème partie de son ouvrage "Le principe de Lucifer" en explorant le rôle vital des modèles mentaux de l’invisible dans l’évolution humaine.
Il compare deux visions du monde : celle mathématique d’Einstein, qui imagine un univers courbé à travers des équations, et celle des Esquimaux, qui attribuent la chaleur de leurs igloos aux esprits.Deux modèles radicalement différents… mais qui partagent une même fonction : donner sens à l’invisible qui nous entoure pour mieux agir sur le monde.
Pour Howard Bloom, ces constructions mentales - ces mèmes organisateurs - sont devenues les nouveaux moteurs de l’évolution humaine. Même s’ils sont souvent approximatifs ou faux, ils permettent à nos sociétés de se structurer, d’innover, de survivre. En somme, aujourd’hui, conclut l’auteur, ce ne sont plus nos gènes qui dictent nos grandes transformations, mais nos idées. Et parmi elles, ce sont les visions du monde, même les plus abstraites, qui façonnent nos civilisations.
Partie 6 : Les mystères de la machine d’apprentissage évolutionniste
Dans cette nouvelle partie, Howard Bloom commence par comparer le fonctionnement de nos visions du monde à celui des réseaux neuronaux artificiels.
Comme ces ordinateurs capables de résoudre des problèmes complexes en générant des modèles approximatifs mais efficaces, notre cerveau tisse en permanence des réseaux de neurones, autrement dit des connexions entre idées, perceptions et expériences pour donner du sens à un monde souvent invisible.
Ces modèles mentaux, aussi imprécis soient-ils, fonctionnent, car ils nous permettent de prendre des décisions, de coopérer et de survivre.
Mais ils ont un coût : ils sont profondément enracinés dans notre cerveau. Howard Bloom explique que remettre en question une croyance, ce n’est donc pas simplement changer d’avis : c’est détruire une architecture neuronale entière, construite parfois sur des années. D’où notre résistance ardente et instinctive à abandonner nos convictions : elles ne sont pas qu’intellectuelles, elles sont neurologiquement ancrées.
Dans ce chapitre, Howard Bloom pousse plus loin son analogie entre le cerveau et la société.À l’image des neurones qui communiquent constamment pour former une pensée, les individus d’une société échangent, réagissent, influencent mutuellement. Ils forment ainsi un réseau vivant capable de solutionner collectivement des problèmes qu’aucun individu ne pourrait résoudre seul.
Il prend l’exemple des abeilles, capables par leur danse et leurs échanges chimiques de réaliser des calculs complexes pour trouver la meilleure source de nectar. Chez les humains, les signaux sociaux (humeurs, comportements, émotions) jouent un rôle similaire. Pour Howard Bloom, l’évolution ne met pas en concurrence des individus isolés, mais des réseaux sociaux interconnectés, dont la complexité croissante dessine le futur de l’humanité.
Howard Bloom aborde ici une vérité biologique brutale : dans l’histoire de l’évolution, les mâles ont souvent été traités comme des éléments interchangeables.
Fœtus masculins plus fragiles, espérance de vie plus courte, surexposition aux risques et aux guerres : la Nature semble avoir conçu les hommes comme des ressources "jetables".
Cette différence de traitement s'explique par une simple logique reproductive : un seul homme peut féconder de nombreuses femmes, alors que chaque femme est indispensable à la reproduction. Dans une logique froide d’optimisation de survie de l’espèce, mieux vaut préserver les femmes, et "jouer" avec les hommes.
Pour Howard Bloom, cette "remplaçabilité" des hommes devient encore plus critique à l'ère de l'information. Pourquoi ? Parce que leur force physique n'est plus un avantage déterminant. L'auteur suggère que l'émergence de comportements plus androgynes, plus équilibrés, pourrait être une réaction évolutive à cette prise de conscience de leur caractère dispensable : dans le superorganisme moderne, le mâle traditionnel n’est plus aussi indispensable qu’avant.
Ce chapitre du "Principe de Lucifer" explique pourquoi la Nature gaspille si facilement les vies masculines : c'est un pari pour l'expansion du superorganisme.
À l’image des fourmis qui envoient des milliers d’individus explorer des territoires hostiles dans l’espoir que quelques-unes fondent une nouvelle colonie, les sociétés humaines ont historiquement utilisé leurs jeunes mâles comme des pions dans leurs jeux de conquête territoriale.
L'auteur illustre ce principe à travers divers exemples historiques. Raids bédouins, conquêtes vikings, explorations violentes : derrière ces épopées se cache une stratégie darwinienne. Peu importe le nombre de pertes, pourvu que quelques-uns survivent, s’imposent, et transmettent leurs gènes. Le mâle devient alors un dé lancé par la société, dont le sort individuel importe peu face à la réussite collective.
Howard Bloom propose ici une hypothèse sur la transmission évolutive de notre capacité à lancer (une pierre, une arme, un outil. Et si celle-ci était un trait sélectionné par l’évolution ?
Dans les sociétés primitives, celui qui lançait avec précision pouvait chasser, se défendre, vaincre. Il devenait un chef, attirait les femmes, laissait plus de descendants. Un avantage reproductif majeur, souligne Howard Bloom.
Pour l'auteur, cette sélection naturelle, couplée aux guerres tribales où les vainqueurs s'emparaient des femmes des vaincus, aurait rapidement été favorisée et transmise. Elle aurait permis la diffusion de ce trait génétique bénéfique au superorganisme social.
En cela, le lancer n’est pas juste un geste anodin, c’est peut-être un des premiers grands moteurs de l’évolution culturelle et biologique humaine, termine l’auteur.
Dans ce chapitre, Howard Bloom décrit comment les mèmes, ces idées virales, savent parfaitement exploiter nos instincts animaux les plus archaïques pour déclencher des conflits à grande échelle.
À travers l'exemple d'Oliver Cromwell, dont la violence juvénile trouva son expression dans le puritanisme militant, l'auteur illustre comment les idées religieuses peuvent mobiliser nos pulsions primitives. Howard Bloom établit ici un parallèle avec le comportement des rats, qui éliminent les rivaux pour contrôler un territoire.
De la même manière, Cromwell justifie l’élimination massive des catholiques irlandais au nom de la "purification". Il transforme, de cette façon, la violence instinctive en conflit idéologique. Finalement, pour Howard Bloom, la guerre entre puritains et catholiques en Irlande révèle la puissance redoutable des mèmes : ils infiltrent notre cerveau reptilien et limbique, siège de nos instincts de peur, d’agression et d’appartenance, pour orienter nos actes. Sous couvert d’idéologie, c’est souvent l’animal en nous qui s’exprime, armé cette fois d’un discours moral ou divin.
Partie 7 : L’idéologie, c’est d’abord du vol
Dans ce chapitre, Howard Bloom montre comment les idées invisibles peuvent devenir des armes plus puissantes que les épées.
Il prend pour exemple l’histoire de Mahomet : un marchand marginalisé dont les visions mystiques d’abord moquées ont fini par se transformer en un mouvement religieux capable de fonder l’un des plus vastes empires de l’histoire.
Pour Howard Bloom, ce récit n’est pas seulement spirituel : il est une démonstration de la force militaire des mèmes. Une croyance, quand elle capte les bonnes émotions et fédère un groupe, peut transformer un simple superorganisme social en machine de guerre conquérante.
L’Islam, dans sa phase d’expansion, illustre parfaitement comment une idée, née dans un esprit isolé, peut se propager à l’échelle d’un continent et renverser des civilisations entières. L’arme ici, ce n’est pas l’acier, c’est le monde invisible des croyances partagées.
Howard Bloom montre ici que les prophètes, qu’ils soient religieux ou idéologiques, ne réalisent pas toujours leurs visions surnaturelles… mais parviennent malgré tout à changer le monde.Leurs promesses d’utopie peuvent échouer dans les faits, mais elles réussissent à créer des "superorganismes" sociaux puissants, capables de concrétiser une part de leurs visions.
Pour mieux comprendre, l’auteur revient sur l’histoire du christianisme et de l’islam : les fidèles de ces religions, d'abord persécutés, ont fini par accéder au pouvoir et à la richesse grâce à leur force d’organisation collective.Pour Howard Bloom, le vrai pouvoir des prophètes ne réside pas dans le miracle, la prophétie ou leurs promesses divines, mais dans leur aptitude à unir les hommes en groupes organisés autour d’un récit commun. En somme, les prophètes sont des architectes de cohésion sociale, pas des magiciens.
Dans ce chapitre, Howard Bloom décortique la relation symbiotique entre les humains et les mèmes.
D'un côté, les hommes adoptent les idées car elles leur apportent cohésion sociale, pouvoir et richesse, comme l'illustre le cas de Fidel Castro. De l'autre, les mèmes "choisissent" les esprits humains qu’ils vont coloniser pour se propager. Ils étendent leur influence en exploitant des mécanismes comme la peur (menace de l’enfer), l’espoir (du paradis), la conquête militaire…
Ainsi, selon l’auteur, chaque société devient le théâtre d’un jeu d’influence où les idées se servent des hommes autant que les hommes se servent des idées.
Howard Bloom dévoile la vraie nature des idéologies : des masques nobles dissimulant l'appétit territorial des groupes sociaux. C’est pourquoi, lance-t-il, derrière les discours enflammés sur la justice ou la vérité, il y a bien souvent une réalité plus terre à terre : la conquête, l’appropriation, la domination.
À travers l'analogie de l'amibe qui absorbe ses voisines, l'auteur montre que les superorganismes humains, guidés par leurs mèmes, cherchent constamment à croître en s'appropriant les ressources des autres.
Il cite divers exemples historiques où la morale et la religion ont servi de prétextes, d’alibis aux conquêtes. Comme le marxisme : une promesse de redistribution des richesses des capitalistes… mais aussi une justification à l’expropriation. Ou encore les conquêtes hébraïques ou musulmanes : des guerres présentées comme sacrées, qui masquaient un besoin d’expansion territoriale.
Bref, pour Howard Bloom, la morale est l’emballage idéologique d’un appétit territorial : derrière chaque croisade morale se cache un simple désir d'expansion et de domination.
Dans ce chapitre, Howard Bloom démonte l’idée selon laquelle les conflits religieux seraient purement théologiques. Il analyse comment l'idéologie masque, en réalité, les luttes de pouvoir au sein même des sociétés.
À travers deux exemples historiques majeurs, l'auteur montre comment des tensions sociales se transforment en conflits idéologiques :
Exemple 1 : la révolution bolchévique. Le discours de Lénine contre les "classes possédantes" justifia le pillage et la redistribution du pouvoir.
Exemple 2 : le schisme entre Chiites et Sunnites dans l'Islam primitif qui, sous couvert de querelle religieuse, cachait en réalité un affrontement de classes entre ruraux pauvres et citadins aisés, avec pour enjeu le contrôle des ressources.
Et pour Howard Bloom, l'histoire se répète : les attaques terroristes chiites modernes contre l'Occident suivent le même schéma d'une lutte sociale déguisée en conflit religieux.
Howard Bloom se penche ensuite sur des domaines qu’on imagine neutres voire nobles comme la médecine et la poésie pour montrer comment même ceux-ci peuvent également masquer des luttes de pouvoir entre groupes sociaux.
L'auteur illustre son propos à travers deux exemples :
L'élimination de l'homéopathie par les médecins allopathes au XIXe siècle, non pas par pur souci scientifique, mais pour conserver leur monopole institutionnel.
La poésie d'Horace dans la Rome antique qui, sous couvert d'idéal bucolique, délégitimait subtilement le système politique dont il était exclu.
Ainsi, pour Howard Bloom, ces cas démontrent que même les plus nobles expressions culturelles sont traversées par des dynamiques d’exclusion et de rivalité, et peuvent dissimuler des ambitions de domination sociale.
Howard Bloom examine ici le phénomène de hiérarchie sociale à travers les espèces. Plus précisément, il montre que les conflits entre idéologies suivent les mêmes logiques hiérarchiques que celles observées dans le règne animal.
Pour mieux comprendre, l'auteur revient sur les travaux du naturaliste Schjelderup-Ebbe qui a mis en évidence l'existence d'un "ordre de préséance" chez les poulets, un système que l'on retrouve chez de nombreuses espèces.
Il fait alors remarquer que la position dans cette hiérarchie influence profondément la physiologie et le comportement : de la production hormonale à l'espérance de vie, en passant par le succès reproductif.
Mais ce principe ne s’arrête pas à la basse-cour, assure l’auteur : il est universel. Les humains, les sociétés, et même les nations, s’organisent en hiérarchies de dominance. Les civilisations victorieuses imposent leurs mèmes aux autres. Ceci explique l'influence durable de certaines civilisations sur d’autres.
Rome, par exemple, ne s’est pas contentée de vaincre militairement : elle a diffusé sa langue, son droit, son mode de pensée.
Ainsi, les mèmes du dominant deviennent la norme. Et c’est ainsi que s’écrit l’histoire.
Dans ce chapitre, Howard Bloom développe l’idée suivante : le rang détermine les alliances.Comme chez les poules, où les individus les mieux placés dans la hiérarchie sociale attirent les faveurs et les soutiens, les sociétés humaines fonctionnent selon les mêmes lois implicites de dominance. Ainsi, le succès attire les alliés tandis que le déclin les fait fuir.
L’histoire de Carthage et de Rome en est un parfait exemple. Lorsque Carthage dominait la Méditerranée, elle était entourée d’alliés puissants. Mais dès que Rome a pris l’ascendant, ces alliances se sont effondrées comme un château de cartes. Les peuples ont basculé dans le camp du plus fort, ou de celui qui semblait l’être.
Howard Bloom étend cette logique à l'époque contemporaine en analysant la Guerre Froide. Le lancement du satellite soviétique Spoutnik a marqué, symboliquement, la montée de l’URSS dans la hiérarchie mondiale. Résultat : de nombreux pays du tiers-monde, jusque-là alignés sur les États-Unis, ont commencé à se rapprocher du bloc soviétique.
En résumé, pour l’auteur du "Principe de Lucifer", c’est une dynamique universelle : la position dans l’ordre mondial détermine la survie d’un superorganisme. Être vu comme dominant attire soutien, ressources et influence. Le déclin, en revanche, isole.
Howard Bloom étudie comment les systèmes de croyances légitiment et perpétuent ces hiérarchies sociales.
Il s’intéresse à l’exemple de l’hindouisme, qu’il analyse non seulement comme une religion, mais comme un outil politique raffiné.
Selon lui, ce système de pensée a permis de justifier la domination des envahisseurs aryens sur les populations indiennes conquises. Le système des castes, observe Howard Bloom, n’a pas simplement organisé la société : il a transformé une conquête militaire en ordre social inattaquable divinement ordonné, gravé dans la spiritualité même de la culture.
Ce phénomène, ajoute l’auteur, ne se limite pas à l’Inde. Toutes les grandes civilisations se sont servies de leurs idéologies et religions pour sanctifier les privilèges des classes dominantes issues d’anciennes conquêtes. Elles les ont utilisées comme des "fers à souder", pour maintenir l’ordre hérité de la violence initiale. C’est ainsi que les élites, souvent issues de conquérants, légitiment leur position : non par la force brute, mais par des récits sacrés ou idéologiques de droit divin, de mérite moral, ou de supériorité culturelle.
Au fond, les croyances façonnent non seulement ce que nous voyons comme "juste" ou "naturel", mais aussi l’architecture invisible des dominations sociales.
Partie 8 : Qui sont les prochains barbares ?
Cette partie du "Principe de Lucifer" démontre que la domination dans l'ordre de préséance n'est jamais définitive. Ainsi, aucune civilisation ne reste éternellement au sommet. Les superorganismes dominants finissent toujours par être renversés, souvent par ceux qu’ils ont méprisés ou ignorés.
Howard Bloom développe cette idée que les grandes civilisations sont régulièrement renversées par des peuples "barbares" qu'elles méprisaient, avec une série d’exemples frappants : l’Égypte conquise par les Hyksos, Babylone tombant face aux Perses, la Perse vaincue par les Grecs... Et plus récemment, l’ascension de l’Allemagne surpassant la France, ou encore celle des États-Unis et de la Russie devenant les nouvelles puissances du XXe siècle.
Conclusion de l’auteur : le mépris des superpuissances les rend aveugles et leur suffisance vulnérables face à des adversaires sous-estimés mais déterminés.
Dans ce chapitre, Howard Bloom aborde frontalement l'existence de cultures qui glorifient la violence et le meurtre.
Il s’attaque en particulier au fondamentalisme islamique moderne, en analysant son expansion et sa rhétorique belliqueuse. À travers les écrits de l'Ayatollah Khomeini et d'autres leaders religieux, Howard Bloom montre comment certaines interprétations de l'Islam prônent ouvertement la guerre contre les "infidèles".
L’auteur souligne, par ailleurs, l'influence croissante de cette idéologie : les mouvements fondamentalistes gagnent du terrain dans de nombreux pays, de l'Afrique à l'Asie, en passant par l'Occident. Il conteste les universitaires qui minimisent cette menace en arguant de la diversité de l'Islam. Pour lui, même une minorité violente peut prendre le contrôle d'une société, comme l'ont prouvé les nazis en Allemagne.
Howard Bloom s'inquiète également de la combinaison de cette idéologie expansionniste avec l'accès aux armes modernes, y compris nucléaires, qui pourrait selon lui menacer la survie même des sociétés occidentales..
Howard Bloom élargit sa réflexion en étudiant la violence endémique dans d’autres régions du monde, au-delà du fondamentalisme islamique :
En Amérique latine, il met en évidence des formes de brutalité politique et sociale antérieures à l’influence américaine : dictatures sanglantes, guérillas, meurtres de masse.
En Afrique, il décrit comment de nombreux dirigeants post-coloniaux ont perpétré des politiques de terreur, voire de génocide, contre certaines ethnies ou opposants politiques.
Howard Bloom n’épargne pas non plus l’Occident : l’histoire des États-Unis, marquée par l’extermination des Amérindiens, montre que toutes les sociétés portent en elles un potentiel de barbarie.
Mais pour lui, la différence tient à la manière dont une culture gère ce potentiel. Certaines sociétés cherchent à canaliser la violence par le droit, le dialogue, les institutions démocratiques. D’autres, au contraire, valorisent le meurtre comme mode de régulation sociale.
Sa conclusion : il est vital de préserver et promouvoir les valeurs démocratiques des sociétés qui privilégient le dialogue à la violence.
Dans ce chapitre, Howard Bloom explore une possible origine psychologique de la violence culturelle : il affirme que le manque d'affection physique dans l'enfance corrèle avec la violence à l'âge adulte.
En effet, l’auteur s’appuie ici sur les travaux du chercheur James W. Prescott, qui a étudié 49 sociétés primitives, pour établir un constat : plus les contacts affectifs sont absents pendant l’enfance, plus ces cultures valorisent la violence à l’âge adulte.
Howard Bloom applique cette théorie à la société islamique traditionnelle, qui serait marquée, selon lui, par une certaine froideur paternelle et par la répression des gestes d’affection, en particulier entre hommes et femmes.
Il rapproche ce modèle de l’Angleterre puritaine des XVIe et XVIIe siècles, où la distance affective envers les enfants allait de pair avec une société rigide et brutale.
Pour Howard Bloom, le message est clair : le lien physique, l’étreinte, n’est pas un détail affectif, c’est une fondation biologique de la paix sociale. L’absence d’amour incarné peut engendrer des générations prêtes à haïr.
Howard Bloom s’attaque ici à un piège dans lequel tombent toutes les civilisations dominantes : la suffisance, cette certitude arrogante d’être à l’abri.
Il nous met alors en garde contre les dangers de cet excès de confiance, de cette autosatisfaction, qui peut mener, lance-t-il, à la chute des civilisations.
Il évoque, comme exemple, la Chine impériale, qui, deux fois dans son histoire, a été envahie peu après avoir désarmé, convaincue que sa grandeur la protégeait. Il cite aussi Byzance, rongée de l’intérieur par ses querelles intestines avant sa conquête par l’Empire islamique.
Howard Bloom établit aussi un parallèle audacieux avec l’Occident contemporain. Selon lui, nos débats internes passionnés nous aveuglent, au point de ne plus voir les menaces extérieures se profiler, comme l'illustre la réaction américaine à l'attentat contre les Marines au Liban en 1983.
En bref, la suffisance, selon l’auteur du "Principe de Lucifer" n’est pas un confort, c’est un aveuglement. Et c’est souvent ce qui précède la chute.
Dans ce chapitre, Bloom déconstruit les présupposés des politiques d’aide internationale occidentales. Il explique que dans de nombreuses cultures, recevoir des dons est perçu comme une humiliation, car cela confirme leur position inférieure dans la hiérarchie mondiale.
À travers des exemples historiques et anthropologiques - des rituels de Nouvelle-Guinée à l'Iran moderne - Howard Bloom démontre que le prestige et le statut sont souvent plus importants que le bien-être matériel.
Il raconte comment, malgré l'amélioration considérable de leur niveau de vie sous le Shah pro-américain, les Iraniens ont préféré suivre Khomeini qui leur rendait ce que l’argent ne pouvait acheter : la dignité et la fierté de se considérer moralement supérieurs face à l'Occident.
Dès lors, pour Howard Bloom, la quête de prestige des nations du tiers-monde implique nécessairement la volonté d'abaisser leurs "bienfaiteurs" occidentaux dans l'ordre de préséance mondial. L’enjeu est donc moins économique que symbolique : le respect, dans l’ordre mondial, est un besoin aussi vital que le pain.
Dans ce chapitre, Howard Bloom réfute l'idée que l'amélioration du niveau de vie, autrement dit la richesse et le confort, mènerait naturellement à la paix.
Au contraire, explique l'auteur, l'histoire montre que la prospérité nouvelle stimule souvent l'agressivité, comme ce fut le cas avec la Libye post-pétrolière ou avec les Mongols dont les conquêtes furent précédées par une montée en puissance économique.
Howard Bloom s'appuie sur la biologie pour expliquer ce phénomène. La prospérité agit comme un accélérateur hormonal, indique-t-il alors : elle élève les niveaux de testostérone, stimule l’excitation, renforce l’ambition… et réveille l’agressivité.
L'auteur compare ce mécanisme à celui du crapaud du désert, passif en temps normal, mais qui devient sexuellement et socialement actif uniquement lorsque les ressources sont abondantes.
Finalement, cette programmation biologique a des conséquences claires : apporter des ressources à une société n’éteint pas son potentiel conflictuel, elle peut même le réveiller. L’aide au développement, aussi bien intentionnée soit-elle, ne garantit donc en rien un monde plus paisible. La paix, affirme Howard Bloom, ne naît pas d’un plein ventre, mais d’un équilibre beaucoup plus complexe entre instincts, récits et structure sociale.
Pour clore la 8ème partie du "Principe de Lucifer", Howard Bloom revient sur trois grands idéaux qui traversent de nombreux discours politiques : Liberté, Paix, Justice. Mais derrière leur noblesse apparente, il dévoile une réalité plus cynique : ces termes servent souvent à maquiller des luttes pour le pouvoir dans l'ordre de préséance.
Il cite d’abord Vercingétorix, qui prêchait la "liberté gauloise"… tout en imposant sa propre tyrannie. Puis Khomeini, dont la "justice" islamique après la révolution iranienne s’est révélée plus brutale encore que le régime du Shah qu’elle prétendait combattre.
Pour Howard Bloom, la "paix" signifie souvent "maintenons le statu quo maintenant que je suis au sommet". La "justice", elle, devient le cri de ralliement de ceux qui veulent bousculer l’ordre établi pour grimper dans la hiérarchie. Quant à la "liberté", elle peut dissimuler une volonté de contrôle plus rusée encore que l’oppression.
Au final, ces concepts fonctionnent fréquemment comme des outils idéologiques au service des superorganismes sociaux : ils permettent de légitimer leur expansion, de rallier les foules, et de gagner des points dans l’ordre de préséance global.
Partie 9 : L’ascension et la chute de l’empire Américain
Dans ce nouveau chapitre, Howard Bloom établit un parallèle saisissant entre le déclin de l'Empire britannique à la fin du XIXe siècle et les États-Unis aujourd’hui.
L'auteur analyse comment la Grande-Bretagne victorienne, alors au sommet de sa puissance, a perdu sa suprématie en négligeant les nouvelles technologies émergentes (chimie, électricité) au profit de ses acquis industriels. Pendant que l'Allemagne et les États-Unis s'emparaient de ces innovations pour bâtir l’avenir, les industriels britanniques, aveuglés par leur autosatisfaction, s'accrochaient aux anciennes technologies et misaient sur leur force militaire.
Howard Bloom voit les mêmes signes de déclin dans l'Amérique contemporaine : chute de la production mondiale, déficits croissants, système éducatif défaillant et surtout incapacité à transformer ses innovations en produits commerciaux.
Pour l'auteur, comme la Grande-Bretagne qui perdit sa domination au profit de nations plus innovantes, les États-Unis risquent de décliner face à des concurrents plus dynamiques, comme notamment le Japon, en oubliant que la vraie puissance réside dans l'innovation continue plutôt que dans la force militaire.
Ainsi, le message de l’auteur est clair : la vraie suprématie ne vient pas des armes, mais de la créativité. Et une nation qui cesse d’innover, même si elle reste militairement redoutable, finit toujours par perdre son rang.
Howard Bloom analyse ensuite comment les sociétés en déclin cherchent systématiquement des boucs émissaires symboliques, souvent liés à la culture ou à la sexualité.
Pour cela, il compare deux périodes de l’Histoire : l'Angleterre de la fin de l’ère victorienne qui, face à son déclin économique, persécuta Oscar Wilde et fustigea l’art moderne sous la plume de Max Nordau, et l'Amérique contemporaine qui, confrontée à sa perte de puissance, s'attaqua au rock, au sexe et à la contre-culture à travers des figures comme Allan Bloom (auteur du célèbre "The Closing of the American Mind").
Dans les deux cas, ces hystéries morales masquent surtout une réalité bien plus embarrassante. Elles servent, nous dit l’auteur, à détourner l'attention des véritables causes du déclin : l’échec de l'innovation technologique, la stagnation économique, la peur de perdre le contrôle.
Howard Bloom met ici en lumière un mécanisme psychologique à l’œuvre dans toutes les sociétés : le "transfert d'agression". Ce phénomène se produit lorsque, face à une menace qu'ils ne peuvent affronter, les individus et les groupes s'en prennent à des cibles plus faibles.
L’auteur illustre ce comportement avec une expérience réalisée sur des rats de laboratoire : mis sous stress, les rats se battent… non pas contre la source du stress, mais entre eux.
Ce même schéma se retrouve à l’échelle des nations. Howard Bloom cite l’Amérique de l’après-guerre qui, impuissante face à l’expansion soviétique, retourna son agressivité contre ses propres citoyens avec le maccarthysme, puis contre ses alliés, comme lors de la crise de Suez.
Pour l’auteur, cette tendance à chercher des boucs émissaires finit souvent par nuire à ceux qui l'exercent : elle fragilise la cohésion intérieure, isole sur la scène internationale, et accélère le déclin de ceux qui y cèdent.
Dans ce chapitre, Howard Bloom s’intéresse à un mécanisme aussi ancien que le monde : le déni des puissances en déclin face aux menaces montantes.
Il commence par observer un comportement étonnamment fréquent chez les animaux : faire comme si tout allait bien pour préserver son statut un peu plus longtemps. Du berger allemand qui évite de croiser le regard d’un chien plus gros aux chimpanzés vieillissants qui ignorent ostensiblement leurs rivaux, l’auteur fait remarquer que ce refus de voir est, en fait, une stratégie de survie sociale profondément ancrée dans le règne animal.
Howard Bloom applique cette analyse aux nations : il fait, par exemple, observer que l’Amérique des années 1930, affaiblie par la crise, a fermé les yeux sur les provocations japonaises jusqu’à l’attaque de Pearl Harbor. À l’inverse, il mentionne les puissances montantes, comme la Prusse de Bismarck qui, sûre de sa force, cherchait activement la confrontation pour affirmer son rang.
Selon l'auteur, le déni actuel des États-Unis face aux crises internationales (comme le génocide cambodgien) est le symptôme d’une puissance sur le déclin qui préfère détourner le regard que d’admettre sa vulnérabilité, qui feint de ne pas voir pour ne pas perdre la face. De la même façon que le vieux chimpanzé feint de ne pas voir ses rivaux pour préserver son statut.
Dans ce chapitre, Howard Bloom va plus loin. Il analyse comment le rang d’une nation dans la hiérarchie mondiale influence profondément son rapport à la nouveauté.Il tire une observation simple du comportement des oiseaux qui évitent l'inconnu quand ils ont faim mais l'explorent quand ils sont rassasiés. C’est exactement ce que font les sociétés : celles en déclin se replient sur les traditions tandis que celles en ascension embrassent l'innovation.
Howard Bloom compare l’Amérique des années 1960, audacieuse, inventive, portée par le rock contestataire et l’anticonformisme, à celle des années 1980, marquée par un retour au conservatisme et à la tradition. Selon lui, cette bascule reflète une perte de confiance dans sa propre position dans l’ordre mondial, un sentiment de déclin national.
Autrement dit, l’innovation n’est pas qu’une affaire de technologie, c’est aussi une expression directe de la position dans la hiérarchie planétaire.
Howard Bloom poursuit avec un avertissement : il met en garde contre le danger du déni face au déclin.
Il décrit ce qu’il appelle la fermeture perceptuelle : un processus par lequel les individus - et les sociétés - cessent de voir la réalité quand celle-ci devient trop menaçante ou trop inconfortable.
L’auteur rapporte plusieurs expériences menées sur des rats : lorsque ceux-ci se retrouvent dans un environnement qu’ils ne peuvent ni contrôler ni comprendre, ils finissent par s’enfermer dans une résignation aveugle, et cessent toute exploration ou tentative de changement.
Howard Bloom y voit un parallèle évident avec l’Amérique contemporaine qui refuse de reconnaître sa perte de leadership technologique et économique et préfère croire qu’elle est toujours au sommet malgré l’effondrement de multiples indicateurs à ce sujet.
Il compare cette attitude à celle de la Chine impériale, qui, se croyant invincible, s’est isolée du monde, a refusé l’innovation… et a fini par succomber aux puissances occidentales qu’elle méprisait.
Selon l'auteur, si les États-Unis continuent de nier leur propre déclin, ils connaîtront le même sort que toutes les grandes puissances trop sûres d’elles-mêmes. Non pas à cause d’un ennemi plus fort, mais à cause d’un aveuglement choisi.
Dans ce chapitre, Howard Bloom déconstruit l’idée reçue selon laquelle le stress lié à la compétition et à l'ambition serait nocif.Pour lui, ce n’est pas la compétition ou l’ambition qui détruisent, au contraire. Ce qui mine réellement l’être humain, ce sont la perte de liens sociaux, le sentiment d’impuissance et la chute dans la hiérarchie.
Le défi et l'activité sont vitaux pour notre épanouissement tant physiologique que psychologique, tandis que l’inaction, l’isolement et la dévalorisation sociale sont nos véritables sources de souffrance.
Il oppose à l’Amérique contemporaine, obsédée par la détente, la relaxation, et le bien-être passif, le modèle japonais, où le travail intense et l’effort sont valorisés.Et paradoxalement, malgré une pression sociale forte, les Japonais affichent une meilleure santé globale que les Américains.
Le vrai poison, selon Howard Bloom, n’est pas le stress… c’est le vide. Ce que notre organisme réclame, ce n’est pas moins de pression, mais un objectif, une place, une raison de lutter.
Howard Bloom conclut l’avant-dernière grande partie de son livre "Le Principe de Lucifer" en explorant le tempo psychologique des civilisations. Autrement dit, comment le rythme mental d'une société reflète sa position dans l'ordre de préséance.
Il compare les sociétés à des crapauds du désert, capables d’alterner entre des phases de torpeur, de léthargie et des phases d’hyperactivité selon les conditions. Ainsi, les civilisations qui montent battent la mesure sur une "horloge rapide" : elles innovent, créent, se projettent vers l’avenir. Celles qui déclinent, en revanche, ralentissent, s’ancrent dans la nostalgie, cherchent la sécurité plutôt que l’élan.
Howard Bloom évoque, à ce propos, l’Amérique contemporaine : son tempo s’alourdit, son énergie se dissipe. Il en appelle alors à une réaccélération de l’esprit collectif. Et pour cela, il propose de se tourner vers une nouvelle frontière : l’espace.Explorer l’espace, dit-il, ne serait pas seulement une avancée technologique. Ce serait un échappatoire possible face à notre tendance biologique à la violence, une opportunité de coopération mondiale, et une manière de réactiver le dynamisme qui fait progresser les civilisations.
Le message d’Howard Bloom est ici à la fois stratégique et existentiel : pour rester vivante, une société doit garder le rythme du mouvement, de l’exploration, et de l’audace.
Partie 10 : Le paradoxe luciférien
Dans la dernière partie du "Principe de Lucifer", Howard Bloom livre sa conclusion finale sur la nature ambivalente du superorganisme social : pour lui, le superorganisme, bien que brutal, est la condition de toute avancée humaine.
À travers l’exemple de l’Empire romain, à la fois cruel et fondateur de progrès durables, l’auteur montre que la violence n’est pas l’opposé du progrès, mais parfois son moteur. Que le superorganisme permet un niveau d'organisation et de progrès impossible aux individus isolés.
Ainsi, les grandes réalisations humaines ne sont pas le fruit de héros solitaires, mais bien de structures collectives (superorganismes) capables de mobiliser des millions d’individus autour d’un récit commun.
En résumé, pour Howard Bloom, trois grandes forces façonnent l'histoire humaine :
Le superorganisme (la société organisée comme un corps collectif),
Les mèmes (les idées contagieuses qui nous gouvernent),
L’ordre de préséance (la hiérarchie invisible qui règle les rapports de domination).
C’est cette "trinité", à la fois créatrice et destructrice, que l’auteur nomme le Principe de Lucifer : une dynamique évolutive où la beauté, la culture et la coopération naissent… de la lutte, du conflit, et de l’ombre
Dans l'épilogue du "Principe de Lucifer", Howard Bloom confronte deux visions de l'évolution : celle d’un univers condamné à la décadence, et la sienne, celle d’une nature en perpétuelle complexification.
Il observe que cette progression a cependant un coût : l’évolution est un processus dur, souvent impitoyable. Comme un sculpteur taille dans la matière brute, la nature crée en détruisant. Chaque avancée, du simple organisme à la conscience humaine, s’est faite, en effet, au prix de souffrances, de luttes, de dominations.
Mais, pour Howard Bloom, si la violence et la compétition sont inscrites dans notre code biologique, l’imagination humaine nous offre une échappatoire. Nous avons, dit-il, la capacité unique de rêver la paix et de tenter de la bâtir. C’est là notre défi, et notre responsabilité : transformer notre héritage luciférien en projet collectif de dépassement. Non pas nier notre nature, mais l’orienter. Faire de notre imagination la force qui dompte nos instincts et élève notre humanité.
Conclusion de "Le principe de Lucifer | Une expédition scientifique dans les forces de l’Histoire !" de Howard Bloom
Les 4 idées clés à retenir absolument du livre "Le principe de Lucifer"
"Le principe de Lucifer" nous explique clairement que l’agressivité humaine n’est ni accidentelle ni anormale. Au contraire, elle constitue, assure l’auteur, un mécanisme biologique profondément inscrit dans notre ADN.
Aussi, pour Howard Bloom, la compétition, le conflit et les instincts de domination ne sont pas seulement des défauts de caractère, mais de véritables moteurs de l’évolution des sociétés. "La violence n’est pas l’exception à la règle, elle est la règle elle-même" affirme-t-il, pour souligner combien notre évolution est façonnée par ces forces destructrices autant que créatrices.
Dans "Le principe de Lucifer", Howard Bloom partage une analogie intéressante : les sociétés humaines, soutient-il, fonctionnent comme des superorganismes. Elles obéissent à des logiques collectives qui dépassent la conscience individuelle : chaque individu contribue ainsi inconsciemment à une dynamique collective, parfois violente.
Selon lui, ces mécanismes sociaux s’apparentent aux réseaux neuronaux. Influencés par des forces invisibles comme les mèmes, ces "virus mentaux" propagent idées et orientent les comportements de masse à notre insu.
Ainsi, des concepts tels que le pouvoir, la hiérarchie et l’influence naissent d’interactions subtiles qui échappent souvent à notre conscience.
Une des idées fortes du livre est la nécessité presque vitale, et depuis toujours, d’un ennemi pour structurer les sociétés.
Howard Bloom explique, en effet, tout au long de son livre comment le groupe se consolide autour de l’idée du "nous contre eux", et comment la haine et la désignation d’un adversaire commun renforcent paradoxalement la cohésion interne. En d’autres termes, l’hostilité envers un ennemi désigné, qu’il soit externe ou interne, agit comme un ciment social et un moteur de mobilisation collective.
L’auteur démontre que la haine envers l’autre n’est pas une anomalie temporaire, mais un mécanisme de survie profondément enraciné dans notre nature sociale.
"Le principe de Lucifer" nous révèle enfin le rôle fondamental des mèmes : ces unités culturelles transmissibles façonnent nos idées, nos croyances, nos comportements et donc finalement le cours de l’histoire.
Howard Bloom montre plus précisément comment ces mèmes agissent comme des réplicateurs autonomes, parfois bénéfiques, parfois destructeurs. En influençant notre perception du monde, ilspeuvent ainsi guider une civilisation entière vers la paix ou la guerre. Ces croyances, explique-t-il, deviennent, en effet, parfois si puissantes qu'elles dominent notre capacité à raisonner, et génèrent conflits ou harmonie selon leur nature et leur diffusion dans la société.
Qu’est-ce que vous apprendrez dans le livre "Le principe de Lucifer" ?
"Le Principe de Lucifer" est un livre qui change la perspective. Il vous apportera une grille de lecture nouvelle - et d’une certaine façon dérangeante - pour mieux comprendre l’Histoire humaine, les rapports de pouvoir, les conflits idéologiques et les mécanismes de domination.
En mêlant biologie, sociologie, psychologie et histoire, ce livre vous permettra de :
Déchiffrer les dynamiques collectives qui gouvernent les sociétés modernes et passées, et comment elles génèrent des conflits.
Comprendre pourquoi certaines idéologies triomphent et d’autres échouent.
Identifier les manipulations invisibles derrière les discours de paix, de justice ou de liberté et ce qu’elles affectent dans notre vie quotidienne, du plus intime au plus global.
Anticiper les conflits, les mécanismes de bouc émissaire et les formes de contagion émotionnelle dans les groupes.
En comprenant ces mécanismes, vous gagnerez en ouverture d’esprit, en analyse et en recul face aux événements mondiaux contemporains et historiques, ce qui peut être particulièrement utile pour elles et ceux qui souhaitent mieux saisir les tensions géopolitiques ou améliorer leur vie sociale et professionnelle en comprenant les jeux de pouvoir et de domination implicites autour d'eux.
Dès lors, cette lecture fournit des outils précieux pour anticiper les réactions humaines dans les conflits, identifier les manipulations et comprendre comment agir pour évoluer positivement dans un environnement complexe et parfois hostile.
Pourquoi je recommande la lecture du livre "Le principe de Lucifer" d'Howard Bloom ?
La lecture de "Le Principe de Lucifer" nous apprend que comprendre la violence, c’est comprendre l’humanité.
En effet, comprendre la violence et l'agressivité humaines est indispensable pour appréhender clairement le fonctionnement du monde et des sociétés dans lesquelles nous vivons.
Malgré un ton parfois déroutant par son réalisme cru, ce livre nous oblige à dépasser nos visions naïves ou moralisantes sur la nature humaine pour affronter ce que nous sommes vraiment, individuellement et collectivement.
Mais loin de prôner le fatalisme, il nous donne des clés pour mieux décrypter les dynamiques sociales, politiques et interpersonnelles et ainsi transformer notre conscience en levier d’action.
"Le principe de Lucifer" est une lecture incontournable pour les passionnés d’histoire, de géopolitique, de psychologie sociale, mais aussi pour quiconque souhaite aller au-delà des apparences et comprendre ce qui véritablement, en tout cas aux yeux d’Howard Bloom, anime notre monde.
Points forts :
Une approche interdisciplinaire brillante et sourcée combinant psychologie sociale, biologie et histoire.
Une explication captivante des mécanismes cachés derrière l’agressivité et la violence humaine.
Un éclairage inédit sur plusieurs concepts, dont celui de superorganisme et l’impact des mèmes dans les sociétés humaines.
Une écriture vive et percutante qui marque durablement les esprits.
Points faibles :
Un contenu ou ton parfois provocateur qui pourraient déranger certains lecteurs sensibles.
La complexité parfois de certaines théories biologiques qui pourrait ralentir les lecteurs non habitués à ces sujets.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Petit manuel de philosophie à l'intention des grands émotifs" de Llaria Gaspari : un livre accueillant et attachant pour comprendre quelles sont nos émotions, qui nous sommes et mieux agir au quotidien en acceptant nos sentiments et toutes ces bizarreries qui font que nous sommes tous humains.
Par Llaria Gaspari, 2023, 243 pages.
Titre original : Vita segreta delle emozioni (2021).
Chronique et résumé de "Petit manuel de philosophie à l'intention des grands émotifs" de Llaria Gaspari
Qui est Llaria Gaspari ?
Llaria Gaspari est une philosophe et écrivaine italienne, née en 1986 à Milan. Après avoir étudié la philosophie à l’École normale supérieure de Pise, elle poursuit ses recherches à l’Université Panthéon-Sorbonne de Paris, où elle se spécialise dans l’étude des passions et de la pensée du XVIᵉ siècle. Cette formation académique rigoureuse se retrouve dans son œuvre, qui mêle habilement réflexion philosophique et exploration des émotions humaines.
Son premier roman, Etica dell'acquario (2015), marque l’entrée de Llaria Gaspari dans le monde littéraire. Ce livre allie philosophie et intrigue policière, une combinaison originale qui interroge les rapports entre éthique et comportement humain. Elle enchaîne avec Lezioni di felicità (2019), une œuvre où elle aborde la quête du bonheur avec une perspective humoristique et une analyse philosophique fine, tout en plaçant l’humain au cœur de ses réflexions. En 2021, dans Vita segreta delle emozioni, elle s’intéresse davantage aux émotions, leur influence sur nos vies et comment elles façonnent notre existence.
Loin d'être une simple réflexion académique, son écriture se veut accessible à tous, cherchant à établir un lien entre la philosophie et les préoccupations quotidiennes. Son dernier ouvrage, Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs (2022), traduit parfaitement cette démarche. Elle y explore les subtilités des émotions humaines et offre des clés pour comprendre et apprivoiser ses propres sentiments dans un monde de plus en plus complexe.
Aujourd'hui, Llaria Gaspari divise son temps entre Rome et Paris, où elle enseigne la philosophie et l'écriture créative, tout en continuant à publier des ouvrages qui interpellent et nourrissent la réflexion des lecteurs modernes.
Nostalgie - L'émotion au passé morbide
"Le passé est une terre étrangère : on y fait les choses autrement qu’ici." (Leslie P. Hartley, citée dans Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs)
Le terme "nostalgie" trouve son origine dans un contexte médical. Johannes Hofer, un médecin alsacien, l'utilise pour décrire une pathologie chez des jeunes soldats suisses qui, après avoir quitté leur patrie, développent une tristesse liée à leur éloignement. La nostalgie, un désir ardent de retour chez soi, est différente du simple mal du pays. Le terme implique un désir inaccessibile, un souhait de retour dénué de possibilité, une souffrance émotionnelle liée à l'impossibilité de revenir.
L'autrice évoque une période de sa jeunesse lorsqu'elle se rend en Allemagne pour poursuivre ses études. Au début de son séjour, elle fait l'expérience de la solitude ; un mois passé sans interaction, où seule la compagnie d'un étudiant coréen lui permet de sortir de l'isolement. Ce mois d'attente, au milieu de paysages monotones et d'un quotidien ennuyeux, fait naître en elle un fort désir de retour, un besoin désespéré de retrouver sa maison et ses proches. Cet appel du passé est pour elle une forme de nostalgie, qu'elle décrit comme une émotion déchirante et réconfortante à la fois.
Malgré ses difficultés initiales, Llaria Gaspari finit par s'adapter à la vie allemande, par apprendre la langue et par trouver une forme de bonheur. Cependant, l'ombre de cette nostalgie, liée au désir de retourner chez elle, ne la quitte jamais complètement. Elle se souvient de ses soirées solitaires, pleurant sur la mer et la distance. Ces moments d'isolement sont devenus pour elle une référence de la nostalgie pure, une souffrance qui rend tout souvenir encore plus précieux.
Llaria Gaspari établit un lien entre la nostalgie et les mythes antiques, en particulier celui d'Ulysse, dont le désir de retourner chez lui, à Ithaque, est une figure de la nostalgie par excellence. Même sur une île enchantée, entouré de confort et d'immortalité avec la nymphe Calypso, Ulysse ressent une douleur profonde, un besoin irrésistible de revenir à sa terre natale. Cette idée de la nostalgie comme une quête impossible mais nécessaire pour l'intégrité humaine est au cœur de la réflexion sur cette émotion.
La nostalgie est une maladie à la fois moderne et ancienne. Elle existe depuis longtemps et a été explorée par des écrivains et des philosophes à travers l'histoire. Elle peut être une souffrance intime, incommunicable, car chacun la vit différemment.
Regret et remords, ou : j'avoue que j'ai vécu
Llaria Gaspari évoque ensuite son trouble neurologique, l’amusie, qui l'empêche de pleinement ressentir la musique. Ce handicap influence son lien avec les mots et la poésie. Son désir de comprendre la musique se heurte à cette incapacité de saisir et de mémoriser les mélodies.
Elle raconte aussi un souvenir d'enfance où, à 9 ans, elle apprend un poème de Giuseppe Ungaretti sur Mohammed Scheab, un jeune homme solitaire et apatride. Ce poème, qu'elle mémorise, évoque des thèmes de solitude, de regret et de perte, des émotions qu'elle commence à comprendre avec le temps.
Le regret, selon la philosophe, est une émotion liée à la prise de conscience du temps qui passe et des occasions perdues. Il diffère de la nostalgie, qui est associée à la perte de lieux, tandis que le regret concerne les choix manqués et les erreurs commises.
Pour ressentir le regret pleinement, il faut avoir vécu et avoir perdu, car cette émotion naît de la confrontation avec des décisions non prises et les conséquences des choix passés. Le regret, contrairement au remords, est lié à l'acceptation de la perte, alors que le remords reflète la volonté de réparer une faute.
Llaria Gaspari explique comment le regret se transforme à mesure qu'on vieillit, et comment la jeunesse, protégée par son insouciance, ignore cette douleur. Elle raconte une expérience personnelle d'enfance où elle pleure dans le confessionnal, mais sans encore éprouver de remords, ce qui lui semble étrange aujourd'hui.
Elle illustre son propos avec l'exemple de son dernier amour perdu, où le regret de ce qui n'a pas été vécu émerge. Llaria Gaspari reconnaît que la vie implique des choix qui se font au détriment d'autres possibles, et que le regret est une conséquence inévitable de ce processus.
Elle conclut en expliquant que la littérature, la philosophie et l'humanisme trouvent leur origine dans cette recherche de sens autour des émotions humaines universelles, telles que le regret et le remords. Ces émotions, bien que profondément intimes et solitaires, révèlent notre humanité partagée.
L'angoisse est une question
"L’homme ne sait pas se mesurer ; ses miroirs sont déformants ; Ses Arcadies les plus vertes pullulent de spectres, Ses utopies cherchent la jeunesse éternelle, Ou l’autodestruction." (H. W. Auden, cité dans Petit manuel philosophique à destination des grands émotifs)
Dans ce chapitre, Llaria Gaspari partage son expérience de l’angoisse, un trouble qu’elle vit depuis l’enfance et qui a profondément affecté sa vie, notamment son incapacité à passer l'examen du permis de conduire malgré plusieurs tentatives.
L’angoisse, pour elle, est un compagnon constant, et cette émotion s'est manifestée dès ses cinq ans sous la forme d’une douleur thoracique inexpliquée. Ce premier épisode marquera le début d’une relation intime et conflictuelle avec l’angoisse. L'autrice admet que cette émotion, bien qu'incommodante, lui a aussi permis de faire face à des situations difficiles.
Elle décrit comment l’angoisse se traduit physiquement par des symptômes comme la sensation d’étouffement et une peur intense sans objet précis. L’angoisse est différente de la peur, qui est une réaction immédiate à un danger réel. L’angoisse, elle, est diffuse, constante et envahit l’esprit, devenant un fardeau invisible que l’on porte constamment, tout en étant difficile à comprendre pour ceux qui ne la vivent pas.
Cette réalité est partagée par les héros tragiques comme Électre, qui, dans la tragédie de Sophocle, incarne parfaitement le poids de l’angoisse par ses lamentations incessantes et ses tourments intérieurs.
L'écrivaine fait également référence à d'autres symptômes tels que l’insomnie et les palpitations. Elle relie l’angoisse à un conflit intérieur. Le chœur d’Électre, par ses reproches, rappelle l’incompréhension sociale face à l’angoisse, une émotion qui reste souvent invisible et incomprise.
Llaria Gaspari continue en explorant les racines historiques de l'angoisse. Les anciens pensaient déjà que l’anxiété était liée à un excès d’imagination ou de mélancolie. À travers les siècles, l’angoisse a été traitée de différentes manières, depuis les remèdes antiques comme l’opium et la mandragore, jusqu'aux découvertes modernes en psychiatrie.
Freud, qui a reconnu l’angoisse comme un symptôme lié à des conflits inconscients, a souligné l’importance de comprendre et d’accepter ces émotions pour mieux les traiter. L’autrice lui rend hommage en soulignant que l’angoisse, bien que difficile à vivre, a aussi joué un rôle catalyseur dans sa vie, la poussant à écrire et à se confronter à ses propres peurs.
Elle finit par réfléchir à la manière dont la société moderne traite l’angoisse, souvent en cherchant à la supprimer plutôt qu’à l’écouter. Selon elle, il est crucial de prendre au sérieux cette émotion et de comprendre ce qu’elle cherche à nous dire. Il est capital, notamment, d'accepter notre propre imperfection et d’écouter notre anxiété pour mieux la comprendre, plutôt que de chercher immédiatement à la neutraliser.
Pour Llaria Gaspari, la véritable guérison passe par l'acceptation de cette émotion, en la transformant en un moyen de grandir et de mieux comprendre le monde. L'écriture devient ainsi un moyen d’exorciser l’angoisse, de lui donner une forme et une voix, pour mieux coexister avec elle et se réinventer.
Compassion, ou : se découvrir humains
La philosophe explore maintenant l'expérience de la compassion. C'est une émotion complexe qui n'est pas nécessairement altruiste. Pour illustrer sa pensée, elle raconte une nouvelle expérience personnelle vécue en 2016 lors d'un tremblement de terre en Italie, après lequel elle décide de donner son sang en signe de solidarité, alors que la vue du sang la bouleverse profondément.
Cette action est motivée par la proximité d’une tragédie, mais elle commence à se demander si son geste était vraiment empreint de compassion ou si c’était simplement une manière de se sentir impliquée sans comprendre véritablement la souffrance des autres…
Llaria Gaspari revient sur l’étymologie du mot "compassion", qui signifie "souffrir avec". Elle note que la souffrance semble plus facilement partagée que la joie, et se demande si cet acte d'ajouter sa propre douleur à celle d'autrui permet vraiment d’alléger la souffrance ou s'il s'agit plutôt d'une appropriation narcissique de la douleur d’un autre.
Cette réflexion la mène à une analyse plus profonde sur la nature de la compassion. Selon elle, celle-ci peut être une émotion égoïste qui cherche à se libérer de l'angoisse personnelle en projetant cette souffrance sur autrui.
L’autrice évoque aussi le philosophe Voltaire, qui, après le tremblement de terre de Lisbonne, critique l'optimisme théologique en questionnant la bonté d’un monde où de telles tragédies se produisent. Elle mentionne également Lucrèce, qui compare la compassion à l'observation d'un naufrage, soulignant combien il est facile de contempler la souffrance d’autrui sans y participer activement. La compassion, dans ce sens, est une réaction complexe et parfois paradoxale, entre détachement et implication.
Mais un tournant dans sa pensée se produit lorsqu'elle rencontre une jeune femme pendant un atelier d’écriture. Celle-ci garde une paire de chaussures qu'elle a portées lors de l'événement tragique. Cette image de la souffrance vécue en première personne la touche profondément. C'est à ce moment qu'elle ressent véritablement de la compassion, non comme un acte superflu ou égoïste, mais comme une reconnaissance sincère de la douleur de l'autre.
Elle conclut que la compassion, bien qu’elle ait des aspects difficiles et parfois égoïstes, est un moyen de reconnaître notre vulnérabilité commune. Elle cite Spinoza et d'autres philosophes pour montrer que cette émotion, loin d'être pure, est liée à la conscience de notre propre fragilité humaine, et qu’elle peut nous rapprocher de l’autre, dans un geste de solidarité véritable.
Antipathie, l'émotion inconfessable
"Nos expériences nous marquent ; nos antipathies nous précèdent." (Leo Longanesi, cité dans Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs)
La notion d'antipathie est comparée à la façon dont les chiens interagissent entre eux. Lors de ses promenades avec son chien, elle observe comment les chiens se rencontrent, se reniflent et déterminent instantanément s'ils s'apprécient ou se détestent, sans aucune ambiguïté.
Ces rencontres canines, simples et directes, contrastent avec la complexité des relations humaines où l'antipathie, souvent perçue comme un défaut, est difficile à accepter. Elle souligne qu'en tant qu'humains, nous devons composer avec des émotions plus nuancées, comme la culpabilité, lorsque nous ressentons de l'antipathie envers quelqu'un, et que cette émotion est difficile à accepter ou à justifier.
L'autrice confesse qu'elle éprouve de l'antipathie envers certaines personnes, souvent dès la première rencontre, et qu'elle se sent coupable de ces jugements instantanés. Plutôt que de simplement accepter cette antipathie, elle tente de la réprimer en compensant par une gentillesse excessive, ce qui entraîne des déceptions.
Mais elle remarque que l'antipathie, lorsqu'elle est ignorée ou réprimée, peut devenir plus forte et contre-productive. Elle en vient alors à la conclusion qu'il est plus sain de reconnaître et d'accepter l'antipathie, sans chercher à la justifier ni à la réprimer. L'autrice plaide pour un rapport plus conscient avec cette émotion : il faut prendre le temps de comprendre pourquoi certaines personnes provoquent en nous de l'antipathie, sans chercher à se convaincre que c'est injustifié.
Elle s'appuie sur les travaux de Spinoza, qui affirme que les émotions ne se soumettent pas à la raison, et explique que l'antipathie est une émotion "naturelle", immédiate et instinctive. Llaria Gaspari cite également l'Encyclopédie, où d'Alembert parle de l'antipathie comme d'une "inimitié naturelle" et mentionne des exemples d'animaux ou de phénomènes naturels, comme l'aversion instinctive entre certains animaux.
Elle souligne que l'antipathie est souvent inévitable et qu'elle peut être projetée sur tout et tout le monde, indépendamment des actions ou comportements de l'autre.
L'autrice conclut que l'antipathie n'est pas nécessairement négative et peut être un moteur pour la fiction. Elle évoque la littérature, qui nous permet de vivre les antipathies sans conséquences sociales, en nous offrant une catharsis. Les personnages de romans, même antipathiques, sont une invitation à accepter cette émotion et à comprendre nos propres défauts humains.
Enfin, elle suggère que l'antipathie, loin de signifier un échec, peut nous enseigner à mieux comprendre la nature humaine et à accepter nos propres faiblesses sans chercher à les cacher. Accepter la possibilité de paraître antipathique est, selon elle, un signe de maturité, et elle l'attribue en partie à son expérience de l'écriture et de la littérature.
Colère funeste ou colère importune ?
Llaria Gaspari rappelle la célèbre colère d'Achille dans L'Iliade. Elle commence par la description de la colère comme premier mot de la littérature grecque, soulignant son rôle central dans le récit homérique. Achille, le héros de l’Iliade, incarne une colère primordiale qui se déclenche lorsqu’Agamemnon lui prend Briséis, son trésor de guerre et esclave préférée. Cette colère, démesurée et obstinée, refuse de se laisser dompter par la raison.
Pour Achille, sa rage est justifiée par l’honneur personnel. Il refuse de reprendre les armes, peu importe les conséquences. Cette « colère juste » relève d’une société antique fondée sur la honte, où l’honneur se gagne et se défend publiquement, à travers la reconnaissance des autres, et non par la culpabilité intérieure qui caractérise nos sociétés modernes.
L’autrice compare la colère d’Achille à d’autres exemples dans la littérature et la culture. Par exemple l'Ajax de Sophocle, qui incarne une rage incontrôlable et irrationnelle. Ajax, privé des armes d’Achille, sombre dans la folie et massacre un troupeau de brebis, croyant tuer ses ennemis. Sa colère le conduit à un acte irrationnel et grotesque, illustrant le côté destructeur de celle-ci quand elle se tourne en folie. Ce thème apparaît également dans la Bible, où même Dieu, dans l'Ancien Testament, est pris de colère.
L'expression moderne de la colère est différente. Freud, par exemple, analyse la colère à travers la statue de Moïse de Michel-Ange, soulignant l'effort intérieur de maîtriser cette émotion. Ce contrôle de soi est vu comme un combat pour ne pas laisser exploser la rage. C'est d'ailleurs un thème qui résonne dans la réflexion de Sénèque sur la colère et la manière de la réprimer dans sa philosophie stoïque.
En parallèle, l’autrice relate ses propres expériences de colère, montrant comment elle peine à l’exprimer de manière appropriée. Elle compare sa propre incapacité à se mettre en colère avec l’expérience d’Achille, soulignant sa difficulté à faire valoir ses droits et à se défendre face à l’injustice.
Elle décrit des situations où sa colère aurait été justifiée, comme face à des agressions sexuelles ou des comportements inappropriés, mais où elle a préféré la réprimer. Cela montre une difficulté profonde à accepter l’expression de la colère, souvent liée à la honte et à la peur du jugement social. Elle évoque un événement où, en défendant une amie accusée à tort, elle a finalement manifesté sa rage, mais de manière maladroite.
Llaria Gaspari conclut en se demandant si elle pourra un jour pleinement s'autoriser à exprimer sa colère. Elle reconnaît que sa tendance à réprimer cette émotion se fait au détriment de son bien-être. Elle se questionne sur sa propre incapacité à s'emporter et considère qu'elle est liée à un manque de confiance en elle et à une peur intérieure. Elle ajoute que la société réprime généralement davantage la colère des femmes que celle des hommes.
Envie : l'œil et le mauvais œil
L'écrivaine évoque son enfance, qui était marquée par une peur étrange et irrationnelle de l'envie, qu'elle associait à un malheur imminent. Aujourd'hui, elle note que cette crainte reproduisait l'histoire d'Andromède, enchaînée à un rocher par les dieux, après que sa mère se soit vantée de sa beauté.
De même, Llaria Gaspari, enfant, croyait que les compliments pouvaient attirer l'envie divine et avait créé une sorte de superstition autour de cette émotion. Sa peur de l'envie se manifestait par une réticence à accepter les compliments, qu'elle percevait comme une menace.
Bien qu'elle soit consciente de son propre comportement névrosé et superstitieux, elle explique que l'envie est souvent liée à un désir de nuire à autrui pour des raisons personnelles et inconscientes. Ce regard porté sur l'autre, parfois déguisé en admiration, doit être considéré avec méfiance. Dans La Belle au bois dormant, par exemple, la faute des parents de la princesse, qui négligent d'inviter la méchante fée, leur coûte cher.
Le mot envie provient du latin "invidere", signifiant "regarder avec animosité". Ce regard, rempli de désir et de haine, est comparé à une forme de magie, qui a le pouvoir de détruire par l'acte d'observer. D'ailleurs, ce concept se retrouve dans de nombreuses cultures sous la forme du "mauvais œil".
Elle souligne également que l'envie est l'opposée de la félicité : alors que la félicité est fertile, expansive et bienveillante, l'envie est asséchante et destructrice. Elle crée une souffrance gratuite chez l'envieux, qui se compare constamment aux autres et se voit comme une victime injustement exclue de certains privilèges. En outre, cette souffrance est inutile, car même si l'envieux obtenait ce qu'il désirait, il resterait insatisfait, pris dans un cycle d'auto-dénigrement et de ressentiment.
Mais quel est son propre rapport à l'envie ? Elle se souvient de son enfance, où elle se sentait différente, exclue des jeux et des plaisirs de ses camarades en raison de la manière dont elle avait été éduquée. Elle décrit un paradoxe dans sa vie : bien qu'elle ait été épargnée de nombreux désirs matérialistes, une part d'elle-même était secrètement envieuse.
Cette dualité, entre son orgueil et ses désirs réprimés, l'a conduite à ne pas comprendre l'envie chez les autres, mais aussi à rejeter l'idée de l'éprouver elle-même. C'est seulement en rencontrant les écrits de Melanie Klein, psychanalyste qui a étudié l'envie chez les enfants, qu'elle a pris conscience de l'aspect humain et universel de l'envie.
Klein explique que l'envie n'est pas un péché ou une défaillance, mais une émotion naturelle. Cette reconnaissance de l'envie comme une partie intégrante de l'expérience humaine permet à Llaria Gaspari de comprendre que l'envie est partagée par tous, y compris par ceux qui la refoulent ou la projettent. En grandissant, elle a appris que l'envie ne venait pas seulement de la comparaison, mais aussi du manque de confiance en soi, un aspect qui, paradoxalement, alimentait cette émotion.
Jalousie, paradoxe et supplice
"La mémoire est la tourmenteuse des jaloux." (Victor Hugo, cité dans Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs)
Llaria Gaspari admet d’abord qu’elle a menti pendant des années en niant sa jalousie. Cette émotion, qu’elle réprouvait profondément, est pourtant au cœur de son récit. Lors d’une interview, elle évoque un souvenir d’enfance marquant : un caprice lié à sa fourrure rose, symbole de son désir d’être aimée et de son besoin de se faire remarquer.
Ce souvenir révèle un moment où elle a cherché à imposer sa volonté contre l’ordre des adultes, un comportement enfantin dicté par un orgueil démesuré, mais aussi par l’émotion de la jalousie, née du changement dans sa vie après la naissance de sa sœur.
Elle remarque que ce souvenir de la fourrure rose symbolise un sentiment de jalousie, un besoin d’attirer l’attention dans un contexte où l’autonomie et l’amour étaient désormais partagés avec sa sœur. Ce caprice, bien que comique et anodin, est perçu par l'autrice comme une réaction jalouse face à l’arrivée d'un rival, une forme de possession infantile et possessive.
La souffrance du jaloux est liée à une idée de l’insécurité et de l’incertitude quant à l’amour de l’autre. Elle cite le personnage d’Othello, dont la jalousie, exacerbée par les manipulations de Lago, le conduit à tuer sa femme, Desdémone, malgré son amour sincère. La jalousie, en effet, fait naître des doutes constants et des souffrances profondes, alimentées par des soupçons et des failles émotionnelles.
Cette émotion est souvent exacerbée par l’idée de la perte d’affection, ainsi que par la peur de l’abandon. Elle est alimentée par des fantasmes et des peurs irrationnelles.
Llaria Gaspari évoque aussi la "jalousie rétrospective", une forme de jalousie basée sur des spéculations sur le passé amoureux, nourrie par des doutes et des inquiétudes sans fondement concret.
Le philosophe Spinoza affirme que la vertu elle-même est une forme de béatitude, et que la véritable récompense ne réside pas dans l’attente d’une validation extérieure, mais dans l’acceptation des émotions humaines, y compris la jalousie.
La clé pour surmonter cette émotion est donc de la reconnaître, d’accepter nos faiblesses et de se tourner vers la gratitude et l’émerveillement, afin de s’ouvrir à une vie plus pleine et moins dominée par les passions négatives. La jalousie, comme d’autres émotions, est humaine et inévitable, mais elle ne doit pas définir notre relation à soi et aux autres.
Émerveillement, ici naît la philosophie
Llaria Gaspari se questionne sur l'impact de la technologie : amenuise-t-elle notre capacité à éprouver de l'émerveillement ? En grandissant dans les années 90, elle a vécu une époque où la communication était marquée par des surprises, comme les appels téléphoniques inattendus ou les photos argentiques qui prenaient plusieurs jours à être développées. Souvent, cette attente provoquait l'émerveillement.
Aujourd'hui, avec la domination des smartphones et des applications, ces moments de surprise se sont raréfiés. Les téléphones mobiles, par exemple, ont transformé la manière dont nous communiquons, au point que les appels impromptus sont presque devenus inexistants.
Ce changement a aussi engendré ce que l'on appelle la "ringxiety" (contraction de ring, sonner, et anxiety, angoisse), une angoisse d'entendre son téléphone sonner, même quand il est en mode silencieux !
Tout comme pour les appels téléphoniques, la photographie a évolué. À l'époque analogique, l'attente de découvrir les photos prises offrait un moment de surprise, où l’on découvrait des détails et des perspectives inconnues sur soi-même et les autres. Aujourd'hui, avec la photographie numérique, nous avons instantanément accès à l'image, sans surprise, et nous avons la possibilité de supprimer les photos qui ne nous conviennent pas.
Ce contrôle sur notre image nous éloigne également de l'émerveillement, car nous avons perdu la spontanéité du moment capturé. Les selfies, en particulier, montrent notre désir de maîtriser la perception qu'ont les autres de nous et d’éliminer tout ce qui pourrait être inattendu.
La technologie, en apportant des solutions pratiques et une immédiateté d'accès à l'information et à la communication, a donc modifié notre rapport à la surprise et à l'émerveillement. Toutefois, malgré ces changements, la capacité à s'émerveiller reste essentielle à notre bien-être et à notre développement intellectuel et émotionnel.
Elle évoque en particulier Descartes, qui considérait l'émerveillement comme la première des passions, celle qui pousse à la recherche et à la philosophie, et qui nourrit la curiosité humaine.
L’autrice cite également Aristote et Platon, pour qui l’émerveillement était la source de la philosophie, la force motrice de la quête de compréhension du monde. Cette notion est renforcée par Schopenhauer, qui souligne que seul l'homme, parmi tous les êtres vivants, éprouve une forme de stupeur face à sa propre existence, un processus qui mène à la réflexion métaphysique.
L'émerveillement est un retour à l'étonnement enfantin, un regard neuf sur le monde, et une ouverture à l'inconnu. Pour préserver l'émerveillement, il est crucial de rester vulnérable et ouvert à l'inattendu. L’émerveillement, loin d’être une naïveté, est un état essentiel pour la philosophie, la réflexion, et la vie elle-même.
« Bonheur atteint, par toi / On marche sur le fil d'une lame »
Llaria Gaspari raconte qu'elle a passé une nuit seule dans un hôtel de sa propre ville, un luxe qu'elle s'accorde rarement. Elle décrit ce moment comme un moyen de se retirer du monde et de réfléchir sur le bonheur.
Alors qu’elle écrit sur ce thème, elle se remémore la pandémie qui a paralysé le monde et éveillé en elle un sentiment de culpabilité, comme si penser au bonheur était égoïste en période de souffrance collective. Mais elle finit par se libérer de cette culpabilité et accepte l'idée que le bonheur n'est pas un privilège à expier mais une vocation humaine, une quête légitime.
Elle évoque le bonheur selon les Grecs. Ceux-ci le définissaient comme une vertu, une quête d’autonomie et de connaissance de soi. Le bonheur n'est pas un moment fugace mais un parcours qui inclut aussi les souffrances.
Elle cite Épicure et Socrate qui soulignaient que le bonheur demande de rester fidèle à soi-même, de ne pas se trahir, et de se connaître. Elle fait également référence aux travaux de Jean Rouch et Edgar Morin, qui en 1960 ont filmé des Parisiens en leur posant la question "Êtes-vous heureux ?", pour immortaliser un instant de bonheur.
Le bonheur, selon la philosophe, n'est pas un idéal abstrait ou un moment figé, mais une expérience qui se construit au fil du temps. Elle critique la tendance moderne à associer le bonheur à des moments parfaits et à les immortaliser sur les réseaux sociaux, soulignant que ce processus peut, en réalité, nous en éloigner.
Elle fait le parallèle avec sa propre enfance, où elle a cherché à capturer chaque instant parfait avec un appareil photo, mais où elle a également compris que les souvenirs ne sont pas simplement des images, mais des expériences vécues et ressenties profondément.
Llaria Gaspari conclut que le bonheur n’est pas un caprice ou une illusion, mais une forme de sagesse qui repose sur la compréhension de soi et de la vie. Elle souligne l'importance de vivre pleinement chaque moment, sans chercher à tout contrôler ni à le retenir, mais en appréciant ce que la vie a à offrir, y compris les moments de tristesse, car ils font aussi partie du voyage vers le bonheur.
Gratitude, la sensation d'être au monde
"Bienfaiteur : personne qui entreprend d’acquérir de grandes quantités d’ingratitude, sans se soucier réellement du prix, lequel reste néanmoins à la portée de chacun." (Ambrose Bierce, cité dans Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs)
Durant son enfance, l'écrivaine avait un rêve : recevoir un chien en cadeau. Ce désir, inspiré d'une scène de La Belle et le Clochard, l'a poursuivi pendant des années. Puis, à sept ans, lors de vacances dans les Apennins, elle rencontre un chien errant qui la fascine. Il est soigné par son père, et, touchée par cette scène de bonté, elle espère l’adopter.
Mais, après un court moment de bonheur, le chien disparaît, et son rêve se brise. Les années passent, et bien que ses parents lui offrent d’autres animaux, le désir d’un chien reste intact. Cependant, elle se résigne progressivement à l’idée que ce rêve ne se réalisera jamais.
Beaucoup plus tard, elle décide de franchir le pas et d’adopter un chien. Avec l’aide de son fiancé, elle se rend dans un chenil à Rome, où elle rencontre un chien nommé Stanislao, un petit chien blond au regard triste. Ils l’adoptent, et le chien, bien qu’effrayé par le passé, commence à leur accorder sa confiance.
Touchée par ce chien maltraité, Llaria Gaspari comprend la différence entre le fantasme d’un chien idéal et la réalité d’une adoption pleine d’incertitudes et de peurs.
Rebaptisé Emilio, ce chien devient une métaphore de l’amour et de la gratitude. Au début, Emilio craint tout : les balais, les bruits, l’isolement. Mais peu à peu, il se laisse apprivoiser et, avec patience et amour, il développe une relation de confiance avec l’autrice et son fiancé. L’expérience lui enseigne à accepter l’amour sans réserve, à dépasser ses peurs et à accepter ce qu’il reçoit sans culpabilité.
Il n'est pas toujours facile d’accepter l’aide des autres et de reconnaître les bienfaits qu’on reçoit. Llaria Gaspari elle-même cesse peu à peu de se sentir indigne d’être aimée et apprend à recevoir sans culpabilité. Elle cite plusieurs philosophes pour souligner que la gratitude est la clé d’une relation authentique, basée sur l’échange, la reconnaissance mutuelle et la compréhension de soi-même.
Llaria Gaspari termine en affirmant que la gratitude et l’amour, bien que complexes et souvent entravés par des barrières intérieures, sont essentiels à l’épanouissement humain. Elle réalise que la véritable relation est celle qui se nourrit de confiance et d’acceptation.
L’amour véritable ne se mesure pas, ne se négocie pas, mais se vit pleinement.
Conclusion sur "Petit manuel de philosophie à l'intention des grands émotifs" de Llaria Gaspari :
Ce qu'il faut retenir de "Petit manuel de philosophie à l'intention des grands émotifs" de Llaria Gaspari :
Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs de Llaria Gaspari est un véritable guide pour ceux qui cherchent à comprendre, maîtriser et apprécier la richesse des émotions humaines. Dans cet ouvrage, l’autrice nous invite à un voyage à la fois intellectuel et introspectif, en explorant avec finesse les concepts de la philosophie des émotions tout en apportant des réponses concrètes aux défis quotidiens que posent nos sentiments.
À travers des réflexions inspirées des grands penseurs de l’histoire, Llaria Gaspari aborde la complexité des émotions, telles que la tristesse, la joie, la colère ou l’angoisse, en les démystifiant et en les inscrivant dans un cadre philosophique accessible. Ce manuel se distingue par sa capacité à rendre les idées philosophiques à la fois claires et appliquées, tout en utilisant des exemples simples tirés de la vie quotidienne pour illustrer ses propos.
La philosophe nous propose des outils pour mieux gérer nos sentiments et les intégrer de manière constructive dans nos vies. Elle nous pousse à cultiver une forme de sagesse émotionnelle, qui permet de mieux comprendre nos réactions et d’apprendre à vivre avec elles de façon harmonieuse.
Bref, ce livre est donc un véritable petit trésor pour ceux et celles qui souhaitent allier philosophie et développement personnel. Que vous soyez en quête de sérénité, de compréhension ou simplement d’un éclairage philosophique sur vos émotions, Petit manuel philosophique à l’intention des grands émotifs est une lecture indispensable.
Avec son style clair et engageant, il permet à chacun de mieux se connaître et de naviguer avec plus de sagesse dans le monde des émotions. Un ouvrage à mettre absolument entre les mains de tous ceux et celles qui souhaitent vivre plus pleinement et sereinement !
Points forts :
Llaria Gaspari explique des concepts philosophiques complexes de manière simple et claire ;
Le livre offre des outils pratiques pour mieux comprendre et gérer ses émotions ;
Il encourage une gestion sage des émotions pour vivre plus harmonieusement ;
Le livre est fluide et facile à lire, même pour ceux qui ne sont pas familiers avec la philosophie.
Points faibles :
Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs est un très beau livre. Je n’ai pas trouvé de défauts !
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "La désobéissance civile" de Henry David Thoreau : dans ce manifeste qui traite des rapports entre l'individu et l'État, le philosophe naturaliste Henry David Thoreau pose les fondements de la désobéissance civile comme acte de résistance morale face à un gouvernement injuste. Il défend ainsi le droit et le devoir de désobéir aux lois infondées ou abusives au nom de la liberté de conscience.
Par Henry David Thoreau, 1ère édition 1849 (sous le titre original "Resistance to Civil Government"), cette réédition date de 2022, 60 pages.
Titre original : "On the Duty of Civil Disobedience"
Chronique et résumé de "La désobéissance civile" de Henry David Thoreau
"La désobéissance civile" est un court essai philosophique et politique du philosophe américain Henry David Thoreau. Dans cet ouvrage, l’auteur partage sa réflexion sur le rapport entre l'individu et l'État, notamment à travers le prisme de la désobéissance civile comme acte moral face à un gouvernement injuste.
L’ouvrage ne comporte ni chapitre ni partie, mais pour le résumer, nous le découperons en 5 sections. Ce découpage suit la progression logique de l'argumentation d’Henry David Thoreau, depuis sa vision critique du gouvernement jusqu'à celle d'un État idéal.
Dans la première partie de "La désobéissance civile", Henry David Thoreau expose sa vision critique du gouvernement et imagine un État idéal.
Il commence par affirmer son adhésion à la maxime selon laquelle "le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins", allant même jusqu'à suggérer qu'un gouvernement qui ne gouvernerait pas du tout serait l'idéal. Pour lui, le gouvernement n'est qu'un outil, une simple "utilité" qu’il juge souvent inefficace.
Henry David Thoreau émet trois critiques majeures à l’encontre des gouvernements :
L'abus de pouvoir : le gouvernement, censé être un intermédiaire au service du peuple, est, selon lui, facilement détourné de sa mission (Thoreau prend pour exemple la guerre du Mexique, qu’il considère comme une dérive autoritaire).
Le manque d'initiative : le philosophe reproche au gouvernement de ne jamais être à l’origine du progrès, se contentant de réagir au lieu d’agir.
L'obstruction au progrès : enfin, selon Henry David Thoreau, le gouvernement met souvent des "bâtons dans les roues" au développement naturel en imposant des obstacles inutiles.
Néanmoins, Henry David Thoreau ne se revendique pas anarchiste. En effet, il ne réclame pas la disparition du gouvernement, mais plaide plutôt pour "un meilleur gouvernement"., plus juste et en harmonie avec les principes moraux.
Le philosophe termine en appelant chaque citoyen à réfléchir au type de gouvernement qui mérite véritablement son respect. Il incite ainsi à une participation active et réfléchie à la vie civique.
2.1 - Discussion sur le devoir de l'individu envers sa conscience vs envers l'État
Dans la suite de son argumentaire, Henry David Thoreau approfondit la relation entre l'individu et l'État, en particulier sur la question de la conscience morale face à l'autorité.
L'auteur commence par remettre en question le principe de la règle de la majorité. Selon lui, ce système n'est pas fondé sur la justice mais sur la simple force du nombre. La vraie question, écrit-il, est de savoir s’il ne pourrait pas plutôt exister un gouvernement dans lequel "ce ne seraient pas les majorités qui trancheraient du bien ou du mal, mais la conscience".
Car Henry David Thoreau croit en un principe qu’il juge fondamental : l'homme doit être guidé par sa conscience même si cela implique de s’opposer à l’autorité établie. Pour lui, cette responsabilité morale prime sur toute obligation envers l’État.
2.2 - Critique de la soumission aveugle à l'autorité
Pour illustrer sa réflexion quant au devoir de chacun qui devrait être guidé par sa conscience plutôt que par l’État, l’auteur de "La désobéissance civile" critique vivement le comportement des militaires qui agissent contre leur conscience. Il les assimile à des "machines avec leur corps".
Aussi, le philosophe distingue trois types de serviteurs de l'État :
Ceux qui servent avec leur corps (soldats, policiers).
Ceux qui servent avec leur intellect (législateurs, fonctionnaires).
Une élite qui sert avec sa conscience et finit souvent par résister à l'État.
Il conclut en observant que paradoxalement, "celui qui se voue corps et âme à ses semblables passe à leurs yeux pour un bon à rien, un égoïste, mais celui qui ne leur voue qu’une parcelle de lui-même est salué des titres de bienfaiteur et philanthrope."
Dans la suite de son ouvrage "La désobéissance civile", Henry David Thoreau développe une réflexion sur la résistance face à l'injustice, particulièrement dans le contexte de l'esclavage et de la guerre du Mexique, deux enjeux majeurs de son époque.
3.1 - La nécessité de se dissocier d'un gouvernement injuste
L'auteur affirme qu’il est moralement impossible de s’associer à un gouvernement qui tolère l’injustice, qualifiant au passage le gouvernement américain de "gouvernement de l’esclave".
Il reconnaît donc le droit universel à la révolution, c’est-à-dire "le droit de refuser fidélité et allégeance au gouvernement et le droit de lui résister quand sa tyrannie ou son incapacité sont notoires et intolérables".
Pour appuyer son propos, Henry David Thoreau compare la situation de son époque à celle de la Révolution américaine de 1775. Il souligne qu’à cette époque, l'esclavage d'une partie de la population et la guerre injuste contre le Mexique étaient des maux bien plus graves que les simples taxes sur les marchandises qui avaient provoqué la révolte contre l’Angleterre.
3.2 - La critique de l'opportunisme moral
Henry David Thoreau s'oppose vigoureusement à l’approche opportuniste défendue par Paley, selon laquelle l’obéissance civile devrait être basée sur un calcul coût-bénéfice. Pour Thoreau, certains principes moraux sont absolus et ne peuvent être compromis.
Il illustre son point de vue avec l’exemple d’une planche injustement arrachée à un homme qui se noie : rendre justice doit ici primer, même si cela implique de risquer sa propre vie, lance-t-il.
Dans cette même idée, Thoreau déclare avec force que "un peuple doit cesser de maintenir l’esclavage et de mener la guerre au Mexique, même au prix de son existence nationale".
Il critique ensuite particulièrement le Massachusetts, qu’il accuse de privilégier le commerce au détriment de l’humanité, mettant ainsi en lumière le conflit entre intérêts économiques et valeurs morales.
3.3 - L'action contre l'inaction
L'auteur pointe du doigt l'hypocrisie de ceux qui s'opposent en principe à l'esclavage mais n'agissent pas concrètement. Il observe qu'"il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux".
Henry David Thoreau critique particulièrement :
La passivité des citoyens qui se contentent de voter sans agir véritablement.
L'inefficacité du système démocratique traditionnel où le vote devient un simple jeu sans réel impact.
La subordination des questions morales aux intérêts économiques et au libre-échange.
L'attitude des "Membres Affiliés" qui préfèrent préserver leur sécurité personnelle plutôt que de défendre la justice.
3.4 - L'appel à la désobéissance active
Henry David Thoreau plaide avec ferveur pour une résistance active et immédiate face aux lois injustes.
Il rejette catégoriquement l'idée d'attendre que la majorité soit convaincue, arguant que "seul peut hâter l'abolition de l'esclavage celui qui, par son vote, affirme sa propre liberté".
Pour lui, toute action fondée sur un principe moral est, par essence, révolutionnaire. Elle ne se limite pas à transformer les institutions : elle modifie également les relations humaines et l’individu lui-même.
Thoreau critique sévèrement ceux qui dénoncent verbalement l’injustice tout en la soutenant indirectement, en payant des impôts par exemple, ou en obéissant passivement aux lois qu’ils réprouvent.
3.5 - La prison comme lieu de résistance
L'auteur conclut cette partie en développant plusieurs idées.
Ainsi, Henry David Thoreau :
Affirme que "sous un gouvernement qui emprisonne quiconque injustement, la véritable place d'un homme juste est aussi en prison".
Prône une forme de révolution pacifique pour s’opposer aux lois injustes à travers le refus de payer les impôts et la désobéissance civile active.
Soutient qu’un seul individu agissant en accord avec sa conscience peut avoir un impact bien plus grand qu’une majorité passive. Cette conviction culmine dans cette déclaration provocante qu’il adresse aux fonctionnaires complices du système : "Si vous voulez vraiment faire quelque chose, démissionnez !"
Partage une note profondément morale, dénonçant une "effusion de sang" non physique mais morale : "quand la conscience est blessée" écrit Thoreau. Une telle blessure, poursuit-il, tue "la dignité et l’immortalité véritable de l’être humain". Elle représente la plus grave des violences. Et c'est bien ce type de sang que l'essayiste dit voir couler dans la société de son époque.
4.1 - La valeur morale de la pauvreté
Dans ce passage, Henry David Thoreau partage ses idées sur la relation entre richesse et vertu morale.
L'auteur explique d’abord pourquoi, lui, préfère l'emprisonnement à la saisie de ses biens. Puis, il fait observer que les véritables opposants moraux à l'État sont souvent les plus pauvres, car ils ne consacrent pas leur vie à l'accumulation de richesses.
Selon lui, "plus on a d'argent, moins on a de vertu". Et l’argent corrompt de deux façons principales :
Il permet d’échapper aux vraies questions morales.
Il crée une dépendance vis-à-vis de l’État, qui soutient cet enrichissement.
L'auteur de "La désobéissance civile" fait enfin référence à l'enseignement du Christ sur l'impôt, qui suggère que ceux qui bénéficient du système de Jules César doivent aussi en accepter ses obligations. l'impôt, qui suggère que ceux qui profitent du système de Jules César doivent aussi en accepter ses obligations.
4.2 - Le conflit avec l'État et ses institutions
Dans cette partie de "La désobéissance civile", Henry David Thoreau analyse les tensions entre l'individu et les institutions étatiques.
Le philosophe fait d’abord remarquer que même ses concitoyens les plus "libres" restent enchaînés à l'État par deux grandes craintes :
La peur de perdre la protection gouvernementale.
La peur des conséquences matérielles de la désobéissance.
Il partage ensuite ses propres expériences de désobéissance civile :
Son acte de désobéissance face à la taxe d'Église qu’il a refusé de payer pour un pasteur dont il ne suivait pas les sermons.
"Voici quelques années, l’État vint me requérir au nom de l’Église de payer une certaine somme pour l’entretien d’un pasteur dont, au contraire de mon père, je ne suivais jamais les sermons. "Payez, disait-il, ou vous êtes sous les verrous." Je refusai de payer. Malheureusement, quelqu’un d’autre crut bon de le faire pour moi. Je ne voyais pas pourquoi on devait imposer au maître d’école l’entretien du prêtre et pas au prêtre, celui du maître d’école, car je n’étais pas payé par l’État. Je gagnais ma vie par cotisations volontaires. Je ne voyais pas pourquoi mon établissement ne présenterait pas aussi sa feuille d’impôts en faisant appuyer ses exigences par l’État à l’imitation de l’Église."
Cette expérience le conduisit à une déclaration formelle de non-appartenance à cette institution à laquelle il n'a pas choisi d'adhérer :
"À la prière du Conseil Municipal, je voulus bien condescendre à coucher par écrit la déclaration suivante : "Par le présent acte, je, soussigné Henry Thoreau, déclare ne pas vouloir être tenu pour membre d’une société constituée à laquelle je n’ai pas adhéré." Je confiai cette lettre au greffier qui l’a toujours ; l’État ainsi informé que je ne souhaitais pas être tenu pour membre de cette Église, n’a jamais depuis lors réitéré semblables exigences, tout en insistant quand même sur la validité de sa présomption initiale. Si j’avais pu nommer toutes les Sociétés, j’aurais signé mon retrait de chacune d’elles, là où je n’avais jamais signé mon adhésion, mais je ne savais où me procurer une liste complète."
Son refus de payer la capitation qui lui valut son emprisonnement pour non-paiement d'impôts
Henry David Thoreau insiste sur l’importance de l’autonomie morale. Il lance : "Il m'en coûte moins d'encourir la sanction de désobéissance à l'État qu'il ne m'en coûterait de lui obéir". Ainsi, pour lui, la liberté de conscience vaut plus que le confort matériel.
Enfin, le philosophe cite Confucius pour soutenir que la richesse devient honteuse sous un gouvernement injuste et ainsi renforcer son appel à la résistance contre les institutions oppressives.
4.3 - La méditation en prison
Dans ce passage introspectif, Henry David Thoreau transforme son emprisonnement pour non-paiement d'impôt en une réflexion profonde sur la nature du pouvoir et de la liberté.
Face aux murs épais de sa cellule, l'auteur s'indigne de la bêtise d'une institution qui réduit l'homme à sa simple dimension physique. Il écrit ce qu’il pensait alors : "si un rempart de pierre s'élevait entre moi et mes concitoyens, il s'en élevait un autre, bien plus difficile à escalader ou à percer, entre eux et la liberté".
Mais le penseur renverse la situation en affirmant que l'emprisonnement du corps ne peut rien contre la liberté de l'esprit.
Il termine par une critique acerbe de l’État, qu’il dépeint comme une entité peureuse et maladroite. Incapable d’atteindre les pensées de l’homme, l’État ne peut alors que s’en prendre à son corps.
4.4 - La dignité face à la contrainte physique
Henry David Thoreau affirme ensuite la supériorité de la conscience individuelle sur la force brute de l'État. Il déclare : "Je ne suis pas né pour qu'on me force. Je veux respirer à ma guise". Aussi, pour lui, l'État ne possède qu'une supériorité physique, aucune autorité morale ou intellectuelle.
Pour faire comprendre son idée, l’auteur de "La désobéissance civile" compare l'homme à une plante qui doit suivre sa propre nature pour prospérer : comme le gland et la châtaigne qui poussent selon leurs propres lois, chaque individu doit vivre selon sa conscience, même face à la contrainte sociale. Il refuse catégoriquement d'être "responsable du bon fonctionnement de la machine sociale". La dignité de l’homme réside dans son autonomie morale et intellectuelle.
4.5 - Le récit de la nuit en prison d'Henry David Thoreau
Cette partie du livre "La désobéissance civile" nous livre un témoignage vivant du séjour d’Henry David Thoreau en prison. Pour le philosophe, cette incarcération s’est transformé en une expérience d'observation sociale et de réflexion intérieure.
L'atmosphère de la prison est dépeinte par l’auteur avec un mélange de curiosité et de détachement. Il décrit la routine carcérale, ses codétenus, et particulièrement son compagnon de cellule, accusé d'avoir accidentellement incendié une grange. Il note avec ironie que ce dernier "se sentait chez lui et, satisfait d'être nourri et logé gratis, il s'estimait fort bien traité".
Aussi, Henry David Thoreau découvre, dans la prison, une micro-société avec ses traditions bien à elle, comprenant :
Des tentatives d'évasion minutieusement planifiées.
Des poèmes composés par les prisonniers.
Des histoires qui ne franchissent jamais les murs.
La nuit passée en prison, quant à elle, devient une expérience presque onirique : "c'était voyager dans un lointain pays" confie-t-il. Cette expérience carcérale lui montre sa ville natale sous un jour nouveau et "moyenâgeux".
De ces observations, l'auteur conclut que la prison dévoile, en fait, une face cachée des institutions de sa société : elle révèle leur fonctionnement à la fois oppressant et marqué par les inégalités et les absurdités de la société.
4.6 - Les leçons de l'emprisonnement
Pour finir, Henry David Thoreau décrit comment cette brève incarcération a profondément modifié la perception qu’il avait de sa communauté.
L'auteur commence par quelques observations sur la routine carcérale : le petit-déjeuner servi dans des gamelles, les conseils de son compagnon de cellule sur la conservation du pain, le travail aux champs des prisonniers.
Mais la véritable transformation se produit après sa libération. Le philosophe réalise alors que ses concitoyens vivent dans une autre forme d'emprisonnement : une prison morale.
Il pointe les points suivants :
Leur amitié est superficielle, "que pour la belle saison".
Ces derniers sont prisonniers de "leurs préjugés et leurs superstitions".
Ils se contentent d'une adhésion de façade à la morale, une "observance de surface" dit-il.
Le récit se termine sur une note d'ironie : lorsqu’il retrouve sa liberté, Henry David Thoreau reprend sa vie normale. Et alors qu’il cueille des airelles sur une colline, il remarque avec humour qu’"on ne voit l'État nulle part". Il suggère ainsi que la vraie liberté existe en dehors des structures étatiques.
Dans cette conclusion, Henry David Thoreau expose sa vision d’un État idéal tout en revenant sur sa position personnelle à propos de la désobéissance civile. Il dresse alors une synthèse brillante de sa philosophie politique.
5.1 - La nuance dans la résistance
Henry David Thoreau commence ici par clarifier qu'il ne refuse pas tous les impôts. Il accepte de payer la taxe de voirie et de contribuer à l'éducation, car son but n'est pas une opposition systématique mais une désobéissance réfléchie et ciblée.
Comme il le précise : "Je désire simplement refuser obéissance à l'État, me retirer et m'en désolidariser d'une manière effective". Pour lui, ce n'est pas tant l'argent qui pose problème que l'usage qui en est fait et surtout, les implications morales de l'obéissance qu'il symbolise.
Sa démarche n’est donc pas une simple révolte, mais un acte profondément ancré dans une éthique personnelle et une réflexion sur la justice.
5.2 - La réflexion sur la résistance collective
L’auteur de "La désobéissance civile" analyse ensuite en détail les différentes réactions face à la désobéissance civile.
Il s’en prend aux individus qui paient leurs impôts par solidarité avec l’État ou par un souci mal placé pour le contribuable.
Selon lui, la force du nombre ne justifie pas l'injustice, même quand elle s'exprime sans hostilité.
Thoreau met en garde contre la tentation de céder à la pression sociale, qu’il compare à des phénomènes naturels tels que "la soif et la faim, les vents et les marées". Cependant, il insiste sur le fait qu’à la différence des forces naturelles, la pression sociale, elle, peut être résistée car elle émane d'êtres humains dotés de raison et capables de réflexion morale.
5.3 - La critique des institutions et des réformateurs
L'auteur de "La désobéissance civile" fustige ici les institutions et leurs défenseurs, particulièrement Webster, qu'il décrit comme un simple "Défenseur de la Constitution" plutôt qu'un véritable penseur.
L’essayiste déplore l'absence, en Amérique, d'un "homme doué d'un génie de législateur", capable de transcender les enjeux purement politiques pour aborder les véritables questions morales.
Thoreau cible également les réformateurs, qu’il accuse de manquer de perspective. Selon lui, ils sont si profondément enracinés dans les structures qu’ils cherchent à changer qu’ils ne parviennent pas à les analyser objectivement. Il les décrit, en effet, comme "si bien enfermés dans leurs institutions", qu'ils sont incapables de penser au-delà du système qu’ils tentent de réformer.
5.4 - La vision d'un État idéal
Henry David Thoreau conclut en esquissant sa vision d'un État véritablement libre et éclairé. Pour lui, trois conditions essentielles doivent être remplies :
La reconnaissance d'un pouvoir individuel supérieur à celui de l'État.
Le respect de l'individu comme base du gouvernement.
L'acceptation que certains citoyens puissent "vivre en marge, sans se mêler des affaires du gouvernement".
L’auteur voit l'évolution historique du gouvernement - de la monarchie absolue à la démocratie - comme un progrès vers un plus grand respect de l'individu.
Cependant, il ne considère pas la démocratie comme l'aboutissement final de cette évolution, mais comme une étape vers un État plus parfait.
Il termine sur une note d'espoir, imaginant un système étatique dans lequel la liberté individuelle serait pleinement respectée tout en maintenant les liens sociaux essentiels. Pour Henry David Thoreau, c'est dans cette direction que doit évoluer la démocratie : vers une reconnaissance toujours plus grande des droits individuels.
Ainsi, cette conclusion résonne comme un manifeste pour une nouvelle forme de gouvernement qui ne serait pas fondée sur la contrainte mais sur le respect mutuel entre l'État et les citoyens, chacun conservant son autonomie morale.
Conclusion de "La désobéissance civile" de Henry David Thoreau
Trois grandes idées à retenir de "La Désobéissance civile" d’Henry David Thoreau
Idée n°1 : La conscience individuelle prime sur l'autorité de l'État
Henry David Thoreau affirme que l’obéissance aux lois injustes est moralement inacceptable. Il soutient que la conscience individuelle doit guider l’action politique, au-delà même des principes démocratiques de la règle majoritaire.
Idée n°2 : La résistance non-violente constitue une arme politique efficace capable de transformer la société
À travers son expérience d'emprisonnement, Henry David Thoreau démontre comment le refus pacifique d'obéir aux lois injustes peut ébranler les fondements d'un système oppressif. En renonçant à payer ses impôts, il prouve qu'une action individuelle fondée sur des principes moraux peut avoir un impact significatif sur la société.
Idée n°3 : L'État doit reconnaître la primauté des droits individuels
La vision de Thoreau d'un État idéal, dans lequel le pouvoir individuel serait reconnu comme supérieur à celui du gouvernement, préfigure les évolutions modernes tendant vers une plus grande protection des libertés individuelles.
Pourquoi lire "La désobéissance civile" ?
"La désobéissance civile" est ouvrage philosophique qui vous invite à repenser votre rapport à l'autorité et vos responsabilités en tant que citoyen.
Aussi, ce livre vous aidera à développer une réflexion critique sur les institutions et fera découvrir des outils concrets pour résister pacifiquement à l’injustice.
Les arguments de Thoreau, d’une clarté et d’une force remarquables, résonnent particulièrement aujourd’hui, à une époque où les questions de justice sociale et de responsabilité individuelle sont au cœur des débats contemporains.
Je recommande vivement la lecture de "La désobéissance civile" pour son impact intellectuel, mais aussi pour son influence considérable sur les mouvements de résistance pacifique qui ont façonné notre monde moderne.
Points forts :
Une réflexion philosophique passionnante sur la relation entre morale individuelle et autorité étatique.
Un témoignage personnel qui donne corps aux principes théoriques.
L'influence historique majeure du concept de désobéissance civile de Thoreau sur les mouvements de résistance non-violente.
Une pertinence intacte pour les enjeux contemporains.
Points faibles :
Une vision parfois radicale du rôle de l'État qui peut paraître utopique.
Un contexte historique (esclavage, guerre du Mexique) qui peut sembler daté.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de “Mourir avec zéro” de Bill Perkins : "Mourir avec zéro" propose de repenser notre façon de gérer l’argent et le temps pour vivre un maximum d’expériences pendant qu’on le peut, en choisissant consciemment comment utiliser nos ressources — argent, temps, santé — au lieu de simplement accumuler de l’épargne sans but.
Titre original : Die With Zero : Getting All You Can from Your Money and Your Life
Par Bill Perkins, 2021, 240 pages.
Note : Cette chronique est une chronique invitée écrite par Julien Loboda du blog Automatiser Son Business.
Chronique et résumé du livre “Mourir avec zéro” de Bill Perkins :
Imaginez un instant… Vous êtes allongé sur votre lit de mort, à la fin de votre vie. Votre compte en banque est plein à craquer, mais votre cœur, lui, est vide. Pas de souvenirs, juste des regrets. Rien à quoi vous raccrocher, rien qui vous fasse sourire une dernière fois.
C’est pour éviter cette fin amère que Bill Perkins a écrit Mourir avec zéro. Entrepreneur, investisseur, joueur de poker aguerri, il signe ici un manifeste percutant : utiliser son argent pour vivre plus, plutôt que mourir riche et frustré.
Dans un monde obsédé par l’épargne et la possession, ce livre fait figure de coup de tonnerre. Perkins nous pousse à reconsidérer notre rapport au temps, à l’argent et au bonheur, avec une idée simple : planifier sa vie pour créer tôt des souvenirs forts, profiter pleinement de chaque étape, et transmettre en conscience, de son vivant.
Nourri par sa propre trajectoire et une observation fine des autres, il remet en cause un dogme bien ancré : épargner sans fin n’est pas toujours une vertu — c’est parfois du gâchis. Chapitre après chapitre, il déroule une méthode claire pour apprendre à vivre... avant qu’il ne soit trop tard.
Dans cette chronique, je vous emmène à travers les idées majeures du livre, je partage avec vous mon ressenti, j’en décortique les points forts, les limites, et vous explique pourquoi, à mes yeux, Mourir avec zéro va bien au-delà d’un simple livre sur l’argent : c’est un vrai guide de vie.
Chapitre 1 : optimiser sa vie
Dès le départ, Mourir avec zéro pose un principe clair et dérangeant : la vie n’a pas pour but d’amasser de l’argent, mais de collectionner des expériences positives. Trop souvent, on économise machinalement, par habitude, comme si le temps dont nous disposions était infini. Pourtant, chaque jour grignote notre capital temps.
L'argent comme moyen, pas comme fin
Dès les premières pages, Perkins insiste : l’argent n’a de valeur que lorsqu’il est converti en expériences vécues. Stocker de l’argent pour un futur vague, c’est courir le risque de laisser filer sa vie sans jamais vraiment en profiter.
Il illustre cette idée avec l’histoire d’Erin et John, un couple rattrapé brutalement par la maladie. Confrontés à l’urgence vitale, ils font le choix radical d’arrêter de travailler pour partager des moments ensemble. Une décision courageuse, qui souligne une vérité souvent ignorée : le temps est une ressource bien plus rare et précieuse que l’argent. Alors que l’argent dépensé peut être gagné à nouveau, le temps perdu, quant à lui, l’est de façon définitive.
Le piège de l'illusion du temps infini
L’auteur nous rappelle que nous vivons souvent comme si la vie n’avait pas de fin. Nous reportons nos projets, pensant qu’il sera toujours temps plus tard de voyager, d’aimer, d’apprendre ou d’explorer.
Mais ce "plus tard" n'arrive pas toujours. Optimiser sa vie, c’est donc reconnaître qu’il existe un moment pour chaque chose — et que certaines expériences sont éphémères. Escalader une montagne, faire le tour du monde en sac à dos, danser jusqu’à l’aube... ces aventures ont une fenêtre d'opportunité qui se referme avec le temps et le déclin physique.
Une approche réaliste et humaniste de la vie
Perkins ne prône pas l’imprudence ni l’insouciance totale. Il plaide pour un équilibre conscient : vivre pleinement aujourd'hui tout en préparant demain.
Son message est profondément humaniste : le but n’est pas de mourir riche, mais de vivre richement. Chaque dollar économisé doit être vu comme une opportunité d’achat de moments de vie, et non comme une victoire en soi.
En planifiant nos dépenses intelligemment selon nos âges et nos capacités, nous pouvons transformer notre argent en souvenirs inoubliables, au lieu de laisser ces potentiels rêves s’éteindre dans l'attente d'un hypothétique "meilleur moment".
Chapitre 2 : investir dans les expériences
Après avoir posé les bases de son raisonnement, Bill Perkins enfonce le clou avec une idée puissante : il faut investir tôt dans les expériences, comme on investirait tôt dans un portefeuille financier.
Plus vite nous vivons des expériences marquantes, plus elles nous rapportent en bonheur, et plus longtemps nous bénéficions de leur "dividende-mémoire".
Les souvenirs, un actif qui se valorise
Contrairement à une croyance répandue, les expériences ne sont pas des dépenses éphémères. Perkins les considère comme de véritables investissements à haut rendement émotionnel.
Chaque voyage, chaque rencontre, chaque aventure vécue enrichit notre capital de souvenirs. Et, particularité magique : ces souvenirs prennent de la valeur avec le temps. Ils se remémorent, se racontent, se chérissent; générant à chaque évocation une nouvelle vague de plaisir.
C’est ce que l’auteur appelle le "memory dividend" : un souvenir continue de rapporter du bonheur bien après que l'expérience initiale soit terminée.
Pourquoi il faut commencer tôt
Le timing est essentiel. Plus vous investissez dans des expériences jeunes, plus vous capitalisez longtemps sur votre dividende-mémoire.
À 20 ou 30 ans, votre énergie, votre santé et votre soif d’aventure vous permettent de vivre des expériences que vous ne pourrez plus reproduire de la même manière à 60 ou 70 ans.
Perkins illustre cette idée par l’exemple d’un ami qui avait emprunté de l’argent à un prêteur douteux pour partir en voyage en Europe en sac à dos, pendant un an, alors qu’il venait de finir ses études. À l’époque, ce choix semblait fou. Mais des années plus tard, le souvenir de ce périple restait vivace et inestimable, tout en ayant transformé son ami.
L’expérience vécue était devenue bien plus précieuse que l'argent emprunté.
Ce que coûte vraiment la procrastination
Repousser l'investissement dans les expériences à « plus tard » peut sembler raisonnable, mais ce "plus tard" arrive souvent trop tard.
Le risque ? Se retrouver avec beaucoup d'argent... et peu d’énergie, ou pire, des regrets. Car certaines activités (voyager en sac à dos, gravir des montagnes, découvrir des cultures de manière immersive) sont des opportunités qui périment avec le temps.
Perkins encourage donc à consommer stratégiquement sa vie, en semant des expériences riches au bon moment, plutôt que d’attendre un hypothétique « meilleur instant » qui ne viendra peut-être jamais.
Chapitre 3 : pourquoi mourir avec zéro ?
Au cœur du message de Mourir avec zéro se trouve une idée radicale : votre objectif financier ultime ne devrait pas être de mourir riche, mais de mourir avec zéro.
Cela ne signifie pas vivre dans la pauvreté ou l'insécurité, mais utiliser votre argent au maximum de son potentiel pendant votre vie, pour vous-même et pour les autres.
L'illusion de la richesse éternelle
Dans nos sociétés modernes, épargner est vu comme une vertu absolue. Nous travaillons sans relâche, économisons sans cesse, parfois jusqu’à en oublier pourquoi nous le faisons.
Bill Perkins nous alerte : accumuler des millions que nous ne pourrons jamais dépenser n’est pas un succès, c’est un immense gaspillage de vie. Chaque dollar non utilisé pour créer des expériences est un fragment d’énergie vitale dilapidé. En effet, en partant du principe que nous avons travaillé (et donc donné une partie de notre temps) pour gagner notre argent, refuser de le dépenser revient, selon lui, à avoir gaspillé une partie de notre temps.
L’auteur partage notamment l’histoire de son ami John Arnold, devenu milliardaire à 38 ans. Malgré cette réussite financière fulgurante, Arnold n’a pas pleinement profité de sa jeunesse. Il a gagné bien plus qu’il ne pouvait raisonnablement dépenser, et a sacrifié des années précieuses à travailler, par simple habitude. Lorsqu’il s’est rendu compte que ses milliards ne lui permettraient pas de revivre sa jeunesse passée, il s’est mis à voir les choses différemment.
L'inutilité de l'épargne posthume
Beaucoup pensent :
"Si je ne dépense pas mon argent, au moins mes enfants en hériteront."
Perkins répond à cette idée avec lucidité :
D’une part, vos enfants auraient sans doute préféré bénéficier de votre soutien financier pendant qu'ils en avaient vraiment besoin, et pas à 60 ans.
D’autre part, vous sacrifiez vos propres rêves et votre potentiel de bonheur au nom d'un héritage futur incertain.
Mourir avec un compte en banque bien garni n'est pas une réussite. C'est un aveu d'opportunités manquées : voyages annulés, passions inexplorées, souvenirs jamais créés.
Un appel à vivre intensément et consciemment
Mourir avec zéro, c’est refuser de vivre sur le mode automatique. C’est planifier activement sa vie pour répartir son argent sur les moments où il aura le plus d’impact émotionnel.
Cela implique parfois de dépenser sans culpabilité quand les opportunités se présentent. Mais ça exige aussi de résister à la tentation du toujours plus; ce réflexe qui pousse à accumuler encore, même lorsque l’essentiel est déjà largement atteint.
En suivant cette philosophie, nous apprenons à aligner nos dépenses sur nos désirs profonds et à faire de notre existence une collection riche de souvenirs inestimables, pas un solde bancaire inutilement élevé.
Chapitre 4 : comment bien dépenser son argent
Dans Mourir avec zéro, Bill Perkins ne se contente pas de critiquer l'accumulation excessive d’argent. Il nous propose une véritable méthode pour dépenser de façon intelligente, c’est-à-dire en maximisant notre bonheur sans tomber dans l’imprudence financière.
Planifier la consommation, pas seulement l’épargne
Le grand tort de notre éducation financière traditionnelle est de nous apprendre à épargner sans jamais nous enseigner à dépenser sciemment et intelligemment.
Perkins renverse cette logique : il invite à planifier sa consommation aussi soigneusement que son épargne.
Cela signifie répartir consciemment l’utilisation de son argent tout au long de la vie, en tenant compte :
De nos envies,
De notre état de santé,
De nos projets personnels,
Et surtout, de la fenêtre temporelle optimale pour certaines expériences.
Le but est clair : aligner son argent sur son niveau de vitalité et ses rêves réels, pas sur un chiffre abstrait.
Éviter le double piège : la peur et l’insouciance
Bien dépenser son argent implique de trouver un équilibre subtil entre deux écueils :
La peur : conserver son argent par crainte d'en manquer un jour.
L’insouciance : tout dépenser sans aucune prévoyance.
L’auteur propose une approche rationnelle pour calculer les dépenses optimales à chaque étape de sa vie. Il recommande par exemple d'utiliser des outils financiers (comme les assurances ou les rentes) pour se protéger contre les risques extrêmes, tout en libérant le reste de son capital pour vivre pleinement.
L’idée n’est pas de flamber, mais d’optimiser : dépenser intelligemment aujourd’hui pour profiter de ce que demain pourrait ne plus permettre.
Dépenser selon son "capital énergie"
Un autre concept fondamental de Perkins est celui du capital énergie.
Notre capacité à profiter d’expériences n’est pas linéaire : elle décroît avec l’âge. À 30 ans, un voyage d’aventure est enthousiasmant ; à 70 ans, il devient pénible, voire impossible.
Par conséquent, chaque dépense doit être pensée en fonction de son niveau d’énergie actuel :
Profiter des activités physiques tant qu'on est jeune,
Miser sur des plaisirs plus contemplatifs ou familiaux à mesure que l'on vieillit.
Cette approche permet de valoriser pleinement chaque euro investi, au lieu de repousser sans cesse au risque de manquer son moment.
Chapitre 5 : que faire pour ses enfants ?
Un des chapitres les plus sensibles de Mourir avec zéro est consacré à une question délicate : quel est le meilleur moment pour transmettre son argent à ses enfants ?
Bill Perkins défend ici une position contre-intuitive mais puissante : il est plus utile de donner à ses enfants de son vivant, quand ils peuvent vraiment en profiter, plutôt que de leur laisser un héritage après sa mort.
Hériter tard : un cadeau inutile ?
Selon l’auteur, l’âge moyen auquel on hérite est de 60 ans.
À cet âge-là, la plupart des gens :
Ont déjà leur carrière bien avancée (voire terminée),
Ont acheté leur maison,
Ont élevé leurs propres enfants,
Et n'ont plus vraiment besoin d’un coup de pouce financier.
Résultat : l’héritage arrive trop tard pour avoir un impact significatif sur leur qualité de vie ou leur trajectoire personnelle.
Perkins affirme qu’un dollar donné à 30 ans est infiniment plus précieux qu'un dollar donné à 60. À 30 ans, l’argent peut aider à acheter une première maison, créer une entreprise, élever des enfants dans de meilleures conditions… À 60 ans, il sert souvent à renforcer un patrimoine déjà constitué, sans véritable effet transformateur.
Donner quand l'impact est maximal
Plutôt que d’attendre la fin de sa vie pour léguer son patrimoine, l’auteur conseille de programmer des dons importants au moment où ils auront le plus de valeur émotionnelle et pratique.
Il propose même une règle simple :
Transmettez votre argent autour de 30 ans pour vos enfants.
Cela permet :
D’aider vos enfants à construire leur vie,
De voir concrètement les effets positifs de votre aide,
De partager des moments de gratitude et de reconnaissance de votre vivant.
C’est une approche vivante et joyeuse de la transmission, loin des successions froides et bureaucratiques.
Préserver l’équilibre entre donner et vivre
Évidemment, donner tôt ne signifie pas tout donner sans discernement. Il faut conserver suffisamment d’argent pour vivre pleinement soi-même, sans devenir dépendant de quelqu’un d’autre.
Perkins insiste sur l'importance d'une planification rigoureuse :
Évaluer ses besoins futurs,
Calculer ce qu’on peut transmettre sans se priver,
Et répartir ces dons sur des moments-clés de la vie de ses enfants.
Ainsi, chacun profite au maximum de l’argent au bon moment, sans sacrifier son autonomie ni son plaisir personnel.
Ne sacrifiez pas vos rêves les plus chers au profit d’un héritage incertain et tardif pour vos enfants.
Chapitre 6 : trouver l’équilibre de vie
Au fil des pages de Mourir avec zéro (Die with zero), Bill Perkins martèle une conviction forte : vivre pleinement demande un savant équilibre. Pas une course folle à la consommation, ni une frilosité paralysante, mais un art délicat de la mesure, où le temps, l'argent et l'énergie sont alignés.
Le triangle temps-argent-énergie
Perkins nous pousse à penser notre vie comme un jeu de ressources limitées :
Le temps : il s’écoule irréversiblement, et il est impossible de revenir en arrière.
L’énergie : elle décline progressivement.
L’argent : il fluctue, mais il est inutile si mal utilisé.
L'erreur commune ? Croire que l’argent est la ressource clé. En réalité, c’est l'interaction entre ces trois dimensions qui conditionne la réussite d'une vie pleinement vécue.
Par exemple :
Avoir beaucoup d'argent mais plus d'énergie pour voyager est frustrant.
Avoir du temps mais aucun moyen financier pour vivre des expériences est tout aussi limitant.
Trouver l’équilibre, c’est donc planifier ses choix en fonction du moment où ces trois ressources sont encore présentes en quantité suffisante. De plus, contrairement à une idée reçue, vous n’avez pas forcément besoin de travailler comme un forcené, 80 heures par semaine, pour vous offrir les expériences de vie qui vous intéressent.
La courbe décroissante de l'énergie
Un concept puissant introduit par Perkins est celui de la courbe de décroissance de l'énergie.
Il nous rappelle que nos capacités physiques et mentales déclinent inexorablement avec l’âge. Même avec des moyens financiers importants, certaines activités (escalader le Machu Picchu, faire un trek en Patagonie, pratiquer le surf) deviendront peu à peu inaccessibles.
C'est pourquoi chaque âge a ses expériences optimales, qu’il est crucial de vivre avant qu’elles ne deviennent impossibles.
L’auteur nous incite donc à prioriser les expériences exigeantes physiquement tant que c’est encore possible, au lieu de les reporter à une retraite hypothétique.
Savoir dire stop à l'accumulation
Un autre message fort de Perkins est l’importance de savoir stopper l’accumulation au bon moment.
Trop souvent, nous continuons à travailler ou à économiser par inertie, dépassant de loin le niveau de richesse nécessaire pour vivre heureux.
Or, l'argent au-delà de nos besoins réels n'ajoute aucune valeur à notre existence, surtout s'il est amassé au détriment du temps et de l'énergie disponibles pour en profiter.
Trouver l’équilibre, c’est aussi avoir le courage :
D'arrêter de courir après le toujours plus,
De savourer ce que l'on a,
Et de convertir ses ressources en souvenirs tangibles, avant qu’il ne soit trop tard.
Chapitre 7 : les "Time Buckets"
L'un des concepts les plus marquants de Mourir avec zéro (Die With Zero) est celui des "Time Buckets", littéralement, des "seaux temporels". Bill Perkins propose ici un outil simple mais puissant pour structurer sa vie autour des expériences que l'on veut absolument vivre, à différents âges.
Découper sa vie en périodes
Le principe des Time Buckets est de diviser sa vie en tranches temporelles de 5 à 10 ans chacune :
20-30 ans
30-40 ans
40-50 ans
etc.
Dans chaque "bucket", on inscrit les expériences que l'on souhaite vivre absolument durant cette période spécifique.
Cela peut être :
Faire un tour du monde à 25 ans
Lancer une entreprise à 35 ans
Gravir le Kilimandjaro à 40 ans
Apprendre à jouer du piano à 50 ans
L'idée est d'assortir chaque envie au moment de vie où elle sera la plus réaliste et la plus agréable.
Adapter ses rêves à la réalité du temps
Ce système oblige à réfléchir sérieusement à l'alignement entre nos projets et nos capacités physiques, émotionnelles et financières.
Par exemple, vouloir traverser l'Amazonie à 70 ans est beaucoup plus difficile qu’à 30 ans. Vouloir apprendre à coder un nouveau langage informatique à 80 ans est possible, mais sera plus lent et moins gratifiant qu’à 40 ans.
Avec les Time Buckets, on anticipe ces réalités et on adapte nos rêves à l'évolution naturelle de notre corps, de notre énergie et de nos envies.
Ce processus pousse aussi à faire des choix clairs : tout ne peut pas être repoussé au "plus tard", car tout n’est pas réalisable à n’importe quel âge.
Planifier pour mieux agir
Créer ses Time Buckets, c’est aussi s’obliger à passer à l’action.
En visualisant ce que l’on veut vivre,
En s'engageant sur des échéances concrètes,
En évitant la procrastination mortifère du "un jour peut-être".
Bill Perkins insiste : chaque expérience ratée faute d’anticipation est une perte définitive. Avec une vie organisée autour des Time Buckets, nous nous assurons de répartir harmonieusement notre capital temps, énergie et argent sur l’ensemble de notre existence.
En fin de compte, le but n’est pas de tout cocher dans une liste, mais de maximiser son épanouissement et ses souvenirs, période après période, sans regret.
Certaines activités ou expériences ont une date de péremption, après laquelle vous ne pourrez plus les vivre.
Chapitre 8 : connaître son pic d’activité
Dans Mourir avec zéro (Die With Zero), Bill Perkins nous invite à identifier notre "pic d’activité", c’est-à-dire le moment précis de notre vie où nos capacités physiques, mentales et émotionnelles atteignent leur apogée.
Pourquoi ? Parce que c’est à ce moment-là qu’il faut maximiser les expériences les plus intenses et mémorables.
Comprendre la courbe de performance de la vie
Notre vie suit une courbe naturelle de performance :
Dans l’enfance, notre énergie grandit ;
À l’âge adulte, elle atteint un sommet ;
Puis, progressivement, elle décline.
Le pic d’activité ne dépend pas uniquement de l'âge biologique. Il est aussi influencé par notre santé, notre style de vie, nos priorités personnelles.
Pour certains, le pic peut être à 30 ans ; pour d’autres, à 40 ou 45 ans. L'essentiel est de prendre conscience que ce sommet existe, pour l’exploiter intelligemment au lieu de le laisser passer dans l’inconscience.
Faire les expériences au bon moment
Certaines expériences nécessitent une pleine forme physique ou mentale :
Faire un marathon,
Gravir une montagne,
Fonder une start-up exigeante,
Faire le tour du monde en sac à dos,
Si nous attendons trop longtemps pour réaliser ces projets, même avec de l’argent disponible, nous n’aurons plus l’énergie ni la motivation nécessaires.
Perkins insiste : chaque expérience doit être placée au moment optimal de votre vie; pas seulement en fonction de votre compte bancaire, mais surtout en fonction de vos capacités réelles.
Anticiper son déclin avec lucidité
Parler de "déclin" peut sembler pessimiste. Mais en réalité, c’est un formidable moteur d’action.
En acceptant que notre énergie diminue avec le temps :
Nous devenons plus stratégiques dans nos choix,
Nous osons vivre nos rêves au bon moment,
Nous évitons le regret amer de l’opportunité manquée.
Plutôt que de nier cette réalité, Perkins nous invite à l’embrasser avec courage. Connaître son pic d’activité, c’est se donner le pouvoir de vivre intensément, en toute conscience de ses ressources.
Chapitre 9 : être audacieux sans être imprudent
Dans le livre Mourir avec zéro - Die With Zero, Bill Perkins nous pousse à vivre pleinement, mais jamais sans discernement.
Il fait une distinction essentielle entre être audacieux et être imprudent : l’audace réfléchie est source de richesse intérieure, tandis que l’imprudence mène souvent au chaos.
Oser sortir de sa zone de confort
La vie la plus riche est rarement celle qui se déroule dans une routine figée. Oser prendre des risques calculés(changer de carrière, voyager loin, lancer un projet personnel, etc) est souvent le secret pour accumuler des expériences mémorables.
Perkins invite à :
Briser l'inertie,
Affronter ses peurs raisonnables,
Aller chercher activement les expériences que l'on désire.
Rester trop longtemps dans le confort apparent, selon lui, c’est s’exposer au regret de ne jamais avoir vraiment vécu.
Calculer intelligemment ses risques
Audace ne signifie pas imprudence.
Prendre des risques doit toujours être réfléchi et proportionné :
Peser les gains possibles contre les pertes envisageables,
Prévoir des plans de repli,
S'assurer de ne jamais mettre en danger irrémédiablement sa santé, sa famille ou sa stabilité essentielle.
Bill Perkins propose une approche presque "ingénieur" de la prise de risque : minimiser les risques de ruine, tout en maximisant les gains en souvenirs et en satisfaction personnelle.
En clair, prendre des risques, oui, mais des risques "intelligemment asymétriques", où le potentiel de bonheur dépasse largement la possibilité de perte.
Vivre avec panache, mais avec prudence
La plus grande erreur, selon Perkins, serait :
Soit de vivre trop prudemment, en ratant toutes les occasions d’intensité,
Soit de se précipiter inconsidérément, en ruinant sa santé, son argent ou ses relations.
L’idéal est entre les deux : être audacieux avec méthode.
C’est dans cet esprit que l'on peut :
Multiplier les voyages,
Se lancer dans de nouveaux apprentissages,
Aimer intensément,
Et construire une vie pleine de souvenirs riches et d’aventures inoubliables — sans jamais compromettre ses fondations essentielles.
Vivre avec audace, oui, mais vivre intelligemment : voilà l’un des plus beaux enseignements du livre.
Conclusion sur "Mourir avec zéro" de Bill Perkins : un objectif impossible, mais digne d’être poursuivi
À la fin du livre "Mourir avec zéro", Bill Perkins reconnaît une vérité humble mais essentielle : atteindre parfaitement l’objectif de mourir avec zéro est pratiquement impossible. En effet, nul ne peut prédire exactement la durée de sa vie, ni anticiper tous les imprévus financiers ou de santé.
Mais, et c'est là tout l'esprit du livre, l'important n'est pas la perfection : c'est la direction.
Viser le maximum de vie, pas le maximum de fortune
Le message ultime de l’auteur est clair : il vaut mieux viser activement à vivre pleinement que de mourir passivement avec des regrets et des économies inutilisées.
Même si nous n'atteignons jamais le "zéro" absolu, la quête d'optimisation de notre vie à travers nos expériencesnous permet :
De savourer davantage le présent,
De créer des souvenirs impérissables,
De donner du sens à notre trajectoire personnelle,
De transmettre de la valeur et non seulement de l'argent.
C’est cette dynamique d’action consciente et d'engagement dans sa propre vie qui fait toute la beauté de sa philosophie.
Apprendre à accepter l’imperfection
Perkins nous invite aussi à lâcher prise sur l'obsession du contrôle parfait.
La vie est, par nature, imprévisible :
Certaines opportunités se présenteront,
D'autres disparaîtront,
Nos envies évolueront avec le temps.
Ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est d’avoir essayé de maximiser chaque période de notre existence, avec audace, intelligence, et amour.
Plutôt que de juger notre succès à la somme laissée sur un compte bancaire, il nous propose de mesurer notre réussite à l'intensité de nos souvenirs, à la richesse de nos relations et à la plénitude de notre vécu.
Une philosophie de vie, plus qu'une stratégie financière
En refermant le livre Mourir avec zéro (Die With Zero), on comprend qu'il va bien au-delà d’un simple guide sur la gestion de l’argent.
C’est :
Un manifeste pour oser vivre pleinement,
Une invitation à reprendre le contrôle de son temps,
Et un appel vibrant à mettre nos ressources au service de notre bonheur et de celui des autres, tant que nous en avons la capacité.
Poursuivre l'objectif de "mourir avec zéro", même sans jamais l’atteindre parfaitement, c’est embrasser la vie dans toute son intensité et sa beauté éphémère.
Osez vivre pleinement pour ne pas avoir de regrets lorsque la fin arrivera.
Mon ressenti personnel sur Mourir avec zéro (Die With Zero)
La lecture de Mourir avec zéro (titre original : Die With Zero) a profondément résonné en moi. En tant qu'investisseur et entrepreneur, j'ai été élevé dans une culture où l'accumulation financière était perçue comme la plus grande preuve de réussite.
Tout dans mon parcours m'avait conditionné à viser :
Une croissance constante du patrimoine,
Une épargne toujours plus conséquente,
Une sécurité financière sans faille.
À travers ses pages, Bill Perkins est venu bousculer ces certitudes.
Son message est simple mais puissant :
L’argent n’a de sens que s’il est transformé en expériences vécues. Accumuler pour accumuler est un non-sens si cela se fait au détriment de la vie elle-même.
En lisant ce livre, j’ai eu la sensation que l’auteur s’adressait directement à moi. Chaque exemple, chaque principe résonnait avec mes propres choix passés, avec cette tendance naturelle à repousser les expériences au profit d’une sécurisation toujours plus grande de l'avenir.
Pour autant, et c’est là toute la complexité, être convaincu par le message de Perkins ne signifie pas qu’il est facile de l’appliquer.
Le poids de notre éducation financière est immense. Depuis l’enfance, on nous enseigne que la prudence, l’épargne, et la préparation du futur sont les piliers d’une vie réussie. Changer cette perspective ne se fait pas du jour au lendemain. Même en adhérant pleinement aux idées de Die With Zero, j’ai ressenti une résistance intérieure forte, presque instinctive, au moment de modifier mes comportements.
C’est une lutte subtile mais constante :
Entre la peur de manquer, profondément ancrée,
Et l’envie de vivre plus pleinement, comme le préconise l’auteur.
Ce livre m'a fait comprendre que la transition vers une vie réellement optimisée pour l'expérience est un cheminement, pas un simple déclic. Il m’a donné l’élan pour amorcer ce changement, mais aussi la lucidité nécessaire pour reconnaître qu’il demande du temps, de la réflexion, et une véritable reprogrammation mentale.
Aujourd’hui, je suis encore en chemin :
J’accorde plus de place aux expériences,
Je questionne davantage mes réflexes d'accumulation,
Je planifie plus consciemment l'utilisation de mes ressources.
Die With Zero n’est pas un livre que l’on referme en ayant tout changé instantanément. C’est un livre qui sème une graine, une idée puissante, qui pousse lentement mais sûrement dans l’esprit de ceux qui l’accueillent avec honnêteté.
Et pour moi, cette graine est appelée à transformer durablement ma façon de concevoir le succès, la richesse, et surtout… la vie.
Points forts et points faibles de Die With Zero
Points forts
Un concept radicalement rafraîchissant. Bill Perkins propose une approche totalement différente de l’argent et du succès, en mettant l'accent sur l'expérience plutôt que sur l'accumulation. Son message est simple, puissant et profondément contre-culturel.
Une lecture accessible et fluide. Le style de Perkins est direct, sans jargon inutile. Il sait captiver son lecteur avec des anecdotes personnelles, des exemples concrets et des arguments percutants.
Des outils pratiques pour passer à l’action. Avec des concepts comme les Time Buckets ou l’idée de planifier activement sa consommation, le livre ne se contente pas de donner une philosophie : il fournit de vrais leviers concrets pour changer sa vie.
Un équilibre entre émotion et raison. L’auteur sait toucher à la fois la dimension émotionnelle (le regret, le souvenir, la mémoire) et la dimension rationnelle (calcul du risque, optimisation de la dépense), ce qui rend son propos très convaincant pour des profils variés.
Un livre qui reste en tête longtemps après sa lecture. Contrairement à de nombreux ouvrages de développement personnel, Die With Zero ne se limite pas à l'inspiration du moment. Il provoque une véritable remise en question durable, une transformation profonde dans la manière de concevoir sa vie et ses priorités.
Points faibles
Un modèle difficile à appliquer immédiatement. Même si le message est séduisant, le poids des habitudes éducatives et culturelles liées à l’épargne rend la mise en pratique complexe. Beaucoup de lecteurs auront besoin de temps pour intégrer pleinement ces principes.
Un manque de prise en compte de certaines réalités socio-économiques. Le livre suppose souvent que le lecteur a une marge de manœuvre financière suffisante pour planifier ses expériences. Ceux qui luttent pour satisfaire leurs besoins de base pourraient trouver le discours moins pertinent.
La répétition excessive de certains concepts. Certaines idées fortes (comme celle du "Memory Dividend") sont martelées à plusieurs reprises. Si cela renforce le message pour certains, d'autres lecteurs pourraient trouver cela légèrement redondant.
Peu d’accompagnement psychologique sur la peur de manquer. Si Perkins évoque cette peur, il ne propose pas toujours d'outils concrets pour la surmonter en profondeur, alors qu’elle constitue l’un des principaux freins à l’application de ses conseils.
Ma note sur 5 :
★★★★★
Je choisis de donner à Die With Zero la note maximale, 5 étoiles sur 5, et cela pour plusieurs raisons fondamentales.
Tout d’abord, l’impact transformateur du livre est réel. Bill Perkins ne se contente pas de livrer une énième méthode pour "réussir sa vie financière". Il propose une remise en question profonde de nos priorités de vie, en replaçant l'expérience humaine et le souvenir au cœur de notre quête personnelle. C’est une démarche rare, précieuse, et à mes yeux, indispensable.
Ensuite, la pertinence du message est universelle. Que l’on soit investisseur, entrepreneur, salarié ou étudiant, nous sommes tous confrontés à cette tension entre épargner pour demain et vivre aujourd’hui. Perkins parvient à toucher chacun avec simplicité et humanité, en utilisant des exemples concrets et des concepts accessibles.
Certes, la mise en application peut être difficile. Changer des décennies de conditionnements culturels liés à l'épargne demande du temps, de la réflexion et parfois du courage. Mais la puissance d'un livre ne se mesure pas à la facilité d'exécution de ses conseils : elle se mesure à la clarté de son message, à l'authenticité de sa vision, et à la profondeur de son impact.
Enfin, Die With Zero a cette rare capacité à laisser une empreinte durable. Longtemps après avoir refermé le livre, son message continue de résonner : dans chaque choix de dépenses, dans chaque projet de voyage, dans chaque réflexion sur la valeur réelle de notre temps.
Pour toutes ces raisons, je considère que ce livre mérite pleinement un 5/5. Non parce qu’il est parfait — aucun livre ne l’est — mais parce qu’il apporte une boussole essentielle dans un monde qui glorifie trop souvent l'accumulation au détriment de l'expérience vécue.
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Résumé de "Au cœur de l'esprit critique : Petit guide pour déjouer les manipulations" de Séverine Falkowicz (avec Clément Naveilhan et Mr ContraDico) : un manuel adapté à l'ère numérique pour apprendre à repérer les mensonges et autres fake news afin de ne pas se laisser berner bêtement et de naviguer avec plus d'aisance dans l'océan informationnel.
Par Séverine Falkowicz (avec Clément Naveilhan et Mr ContraDico), 2023, 269 pages.
Chronique et résumé de "Au cœur de l'esprit critique : Petit guide pour déjouer les manipulations" de Séverine Falkowicz (avec Clément Naveilhan et Mr ContraDico)
Chapitre 1 — Avez-vous dit zététique ?
À l'origine, un intérêt pour le paranormal
Étymologiquement, le terme zététique vient de zetetikos (en grec), c'est-à-dire "qui aime chercher". Pour le dire en deux — ou plutôt quatre — mots : c'est "l'art du doute". En tant que discipline ou "art", la zététique se propose de mettre à disposition un ensemble de "techniques efficaces" afin d'assurer votre "autodéfense intellectuelle".
Bien entendu, il ne s'agit pas de tout mettre en question, mais d'apprendre comment douter ET comment s'assurer de sources fiables en lesquelles avoir confiance.
La zététique a fait ses débuts avec les phénomènes paranormaux et s'étend aujourd'hui à l'étude des "pseudosciences" — ces disciplines qui ont l'air d'être des sciences, mais qui échouent à en satisfaire les exigences — et même des croyances familières ou des thérapies étranges dans le domaine de la médecine et de l'alimentation.
Une démarche basée sur le doute raisonnable
Deux éléments clés de la démarche zététique sont :
Le doute ;
La vérification des informations.
Démarche dite rationnelle (appuyée sur la logique), la zététique s'intéresse aux faits, qu'elle distingue des croyances. Les faits sont établis à partir d'une méthode scientifique.
La méthode expérimentale, qui est très importante en science, est fondée sur un principe de falsification : il s'agit de rechercher des arguments qui invalident notre hypothèse de départ.
Une chose à retenir : la frontière entre croyances et faits n'est pas définitive. Ce que nous tenons aujourd'hui pour vrai peut se révéler, à l'étude, être une croyance (c'est-à-dire infondé du point de vue scientifique).
Développer son esprit critique
Selon le sociologue Gérald Bronner :
"Nous pouvons (...) définir l'esprit critique comme la capacité à faire confiance à bon escient, après évaluation de la qualité des informations, opinions, connaissances à notre disposition, y compris les nôtres." (Commission Bronner, 2022, cité dans Au cœur de l'esprit critique, p. 13)
Il est question d'apprendre à s'approprier correctement nos savoirs et à les utiliser avec justesse. Ce qui n'est pas facile, car nous avons des biais (nous y reviendrons) et que nous évoluons dans des environnements — notamment numériques — qui nous incitent parfois à l'erreur.
La zététique nous aidera à séparer le bon grain de l'ivraie, à la fois en nous et en dehors de nous. Et elle le fera à la fois pour nous aider à être plus intelligents (plus "critiques", donc) et pour aider les autres, lorsque cela est nécessaire.
]]>Résumé de "La mise en scène du discours | Porter sa parole en public de manière engageante et mémorable" d’Éric Bah : dans cet ouvrage, Éric Bah partage des stratégies oratoires en quatre étapes, allant de la préparation minutieuse d'une prise de parole en public jusqu'à la gestion des imprévus, en passant par l'entrée en scène et la maîtrise des techniques d'engagement. C’est un livre ultra concret, qui apprend à faire d'un discours non pas une simple allocution mais une expérience mémorable, capable de captiver l'attention et de créer une connexion authentique avec un auditoire.
Par Éric Bah, 2023, 250 pages.
Chronique et résumé de "La mise en scène du discours | Porter sa parole en public de manière engageante et mémorable" d'Éric Bah
Introduction
La première page du livre "La mise en scène du discours" nous plonge dans une histoire captivante : celle d'un homme pauvre recevant une graine qui, une fois arrosée de ses larmes, génère un arbre merveilleux.
Éric Bah établit un parallèle entre cette parabole et nos discours écrits : ce sont, lance-t-il, des textes "endormis" que nous devons réveiller. Ce sont des phrases qui s’enchainent, "des mots qui sommeillent, des mots qui attendent, pour prendre leur sens, que tu les réveilles, que tu y verses ta sincérité comme sur la graine du pauvre homme", écrit-il. Et cela passe par la mise en scène… "la mise en sons, en couleurs… en caresses, en odeurs…"
L'auteur rappelle ensuite que si les principes antiques d'art oratoire demeurent pertinents, notre époque impose de nouveaux défis face à la guerre de l'attention. Dans ce contexte, la mise en scène du discours devient cruciale pour capter l'intérêt d'un public constamment sollicité.
"La mise en scène du discours" est un livre qui promet donc un parcours complet pour transformer nos prises de parole en expériences mémorables.
Chapitre I - Veillée d'armes
Éric Bah commence le premier chapitre de son livre "La mise en scène du discours" en soulignant l'importance des derniers préparatifs avant une prise de parole.
Ces ultimes réglages concernent plusieurs aspects fondamentaux : l'éthos, le pathos, le style oratoire, les supports visuels, la préparation physique et la tenue vestimentaire.
1.1 - L'éthos
Dans cette partie, l'auteur examine le concept d'éthos, l'un des trois piliers de la rhétorique avec le logos et le pathos.
L'éthos représente la crédibilité de l'orateur et se compose de cinq vertus essentielles :
La sympathie,
La légitimité,
La pertinence,
L'intégrité,
La sincérité.
Éric Bah rappelle que l'éthos commence à se construire dès l'apparition de l'orateur sur scène, voire avant dans certains contextes. Il précise : "L'éthos t'impose d'abord comme autorité, avant de se solidifier peu à peu au service de ta persuasion". L'auteur insiste sur le fait que cette crédibilité n'est pas immuable et doit s'adapter à l'auditoire.
Pour se montrer sympathique, l'orateur doit afficher un air avenant, paraître détendu et bienveillant. La légitimité, quant à elle, permet d'installer rapidement la confiance en démontrant l'expertise nécessaire pour traiter le sujet. La pertinence consiste à aligner son approche avec les attentes spécifiques de l'auditoire. L'intégrité exige une cohérence entre les paroles et les actes, tandis que la sincérité implique d'exprimer des émotions réellement ressenties.
L'éthos peut être véhiculé par divers moyens : diplômes, expérience, relations, histoire personnelle, tenue vestimentaire, comportement, gestuelle ou choix rhétoriques.
L'auteur illustre son propos avec l'exemple de Simone Veil qui, dès le début de son discours sur la dépénalisation de l'IVG, pose les premières pierres de son éthos en une seule phrase.
1.2 - Le pathos
Ensuite, Éric Bah analyse l'importance des émotions dans l'art oratoire.
Le pathos désigne l'ensemble des émotions que l'orateur cherche à susciter chez son auditoire pour persuader et pousser à l'action.
L'auteur s'appuie sur les travaux du neurologue Antonio Damasio pour affirmer que les émotions influencent puissamment la prise de décision, l'attention, l'apprentissage et la mémorisation. Il raconte : "Tous les fans d'Elvis Presley, de Bob Marley ou de Michael Jackson peuvent dire ce qu'ils faisaient au moment de l'annonce de la mort de leur idole", illustrant ainsi comment l'émotion stimule la mémoire.
Pour exciter les passions, Éric Bah présente trois techniques principales :
La description => montrer l'émotion plutôt que la dire ;
L'amplification => augmenter l'intensité émotionnelle ;
La matérialisation => recourir à des objets ou à des témoignages.
L'auteur conseille de procéder par contraste émotionnel pour éviter la saturation, et de suivre une progression croissante jusqu'au finale. Il souligne que pour toucher les autres, l'orateur doit d'abord être touché lui-même. À ce propos, il cite Quintilien : "On n'est échauffé que par le feu et mouillé que par l'eau".
1.3 - Avec style
Dans cette partie, l'auteur explique que le style est ce qui donne du relief au discours et traduit l'originalité de l'orateur. Il rappelle que si le texte peut emporter l'approbation, c'est le style qui provoque l'admiration.
Éric Bah distingue trois styles oratoires, suivant la tradition cicéronienne :
Le style simple => conversationnel, objectif, pour instruire.
Le style tempéré => léger, humoristique, pour plaire.
Le style sublime => solennel, émotionnel, pour émouvoir.
Pour illustrer ces styles, l'auteur donne des exemples concrets : la narration de l'avocat Berryer pour le style simple, l'introduction humoristique du chef d'orchestre Benjamin Zander pour le style tempéré, et le discours d'André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon pour le style sublime.
L'auteur aborde ensuite les figures de style qui enrichissent le discours, en se concentrant sur les plus utiles en improvisation :
Les figures de répétition => anaphore, épiphore,
Les figures antithétiques => oxymore, antithèse,
Les figures d'amplification => hyperbole, gradation,
Les questions rhétoriques.
Pour finir cette partie sur le style, Éric Bah évoque l'importance des punchlines, ces phrases-chocs qui marquent les esprits, et présente le concept italien de "sprezzatura" : cette grâce qui émane d'un orateur capable de paraître naturel tout en maîtrisant parfaitement son art.
1.4 - Les supports visuels
L'auteur passe en revue les différents supports visuels qui peuvent accompagner un discours :
Pour le diaporama, il conseille de rester l'acteur principal et de maintenir le contact visuel avec l'auditoire. Il met en garde : "Ne te sers pas du grand écran comme d'un prompteur. Ne lis pas, parle."
Concernant la vidéo, il recommande de privilégier des formats courts et d'expliquer ce qu'il faut en retirer.
Éric Bah présente également le tableau blanc, utile pour noter des idées ou faire des croquis, mais dont le caractère éphémère nécessite une bonne gestion de l'espace.
Le paperboard, quant à lui, peut servir à afficher le plan du discours ou à noter des mots compliqués, des chiffres ou des schémas.
Enfin, l'auteur mentionne la tablette graphique et les accessoires, citant l'exemple de Steve Jobs qui, pour présenter le MacBook Air, utilisa simplement une enveloppe de bureau.
1.5 - Préparation physique
Dans cette partie, Éric Bah nous invite à prendre soin de notre corps avant une prise de parole. Il recommande un dîner léger la veille pour faciliter le sommeil et consacre plusieurs paragraphes aux temps de digestion des différents aliments.
L'auteur insiste sur l'importance d'une bonne nuit de repos et conseille de programmer son réveil en fonction de ses cycles de sommeil personnels.
Éric Bah vante également les mérites des exercices d'assouplissement, particulièrement ceux du yoga, qui offrent de nombreux avantages avant une intervention oratoire : ils augmentent l'endurance, améliorent la posture, réduisent le stress, stimulent les fonctions cognitives et renforcent la confiance en soi.
1.6 - De la tenue
L'auteur affirme que la tenue vestimentaire donne une première impression avant même que l'orateur ait ouvert la bouche. Il rappelle, à ce propos, l'importance de s'adapter au contexte tout en gardant à l'esprit que "ton message est plus important" que ta tenue.
Éric Bah partage une check-list détaillée qui couvre tous les aspects de l'apparence : du couvre-chef (à éviter) aux chaussures (discrètes et bien entretenues), en passant par les cheveux, les lunettes, le maquillage, les bijoux, les tatouages et les piercings.
1.7 - Avant de partir
Dans cette dernière section, l'auteur met en garde contre un repas trop copieux avant une intervention : "l'afflux de sang dans ton abdomen dû à la digestion priverait ton cerveau de la quantité de sang nécessaire à la vivacité d'esprit que demande une allocution".
Il conseille de préparer une check-list complète incluant les tenues vestimentaires, le matériel, la connectique, les accessoires et les documents nécessaires.
Enfin, Éric Bah aborde le concept de "fatigue décisionnelle", s'appuyant sur les propos de Barack Obama et les recherches du psychologue Roy Baumeister. Il recommande de limiter au maximum les décisions à prendre le jour de l'intervention pour rester en pleine possession de ses moyens.
Chapitre II - En position
Le chapitre 2 du livre "La mise en scène du discours" porte sur cette période critique entre l'arrivée sur le lieu de l'intervention et l'entrée en scène.
Éric Bah attire l’attention sur l’importance d'arriver suffisamment en avance pour peaufiner les derniers détails qui feront la différence dans votre prestation.
2.1 - À l'arrivée
L'auteur recommande de rencontrer le maître de cérémonie dès votre arrivée pour valider plusieurs éléments essentiels : votre présentation, l'heure exacte de passage et la durée de votre intervention. Il précise : "Assure-toi qu'il sera en mesure de te présenter comme tu l'entends".
Concernant la disposition de la salle, Éric Bah présente différentes configurations possibles (théâtre, U, cercle, école, etc.) en analysant pour chacune sa capacité d'accueil, la visibilité offerte et la facilité d'échanges entre participants. Il conseille également de prendre possession de l'espace scénique en répétant vos déplacements et en vérifiant les aspects techniques (éclairage, son, gestion du temps).
2.2 - Dernières répétitions
Pour ces ultimes répétitions, l'auteur distingue trois phases :
La répétition en solo, où vous pouvez encore ajuster quelques détails sans bouleverser la structure.
Les essais avec la régie son.
La validation du déroulé complet avec le maître de cérémonie.
Entre ces préparatifs et l'ouverture des portes, il est judicieux de s'accorder un moment de repos pour faire descendre la pression. Éric Bah conseille également d'accueillir personnellement le public pour créer un lien de confiance avant même de monter sur scène.
2.3 - Aie confiance !
Face au trac qui s'intensifie à l'approche de l'intervention, l'auteur rappelle qu'il s'agit d'un signe positif montrant l'importance accordée à sa prestation. Il note que "ce qui peut être le plus déstabilisant, c'est le regard des autres" et propose des techniques pour l'apprivoiser.
La visualisation positive constitue un outil puissant pour diminuer le stress et augmenter la confiance. L'auteur explique comment activer mentalement une ancienne situation de réussite avant de visualiser l'ovation finale souhaitée.
Éric Bah évoque également le phénomène d'habituation qui rend le trac de moins en moins paralysant avec l'expérience. Pour rester concentré, il préconise de limiter les distractions et propose l'usage de certaines huiles essentielles ou de techniques comme la cohérence cardiaque.
2.4 - Avant d'entrer en scène
Dans les derniers moments, l'auteur conseille de vérifier la durée exacte dont vous disposez (en ayant préparé des versions à 75 % et 50 % de votre discours) et de réactiver votre intention, c’est-à-dire ce que vous souhaitez que votre auditoire sache, pense ou fasse après vous avoir écouté.
Pour ces ultimes secondes, Éric Bah décrit deux approches :
Celle du dynamisme => exercices physiques, cris ;
Celle de la sérénité => respiration, méditation.
"Les deux approches sont efficaces pour évacuer le stress", conclut-il, l'essentiel étant de choisir celle qui correspond à votre tempérament.
Chapitre III - À l'assaut
Le moment tant attendu arrive - celui où l'orateur prend la parole devant son public. Éric Bah décrit cette étape comme celle où toute la préparation va enfin porter ses fruits. Il note que "le temps va passer tellement vite qu'il n'existera plus".
3.1 - L'entrée en scène
L'auteur nous invite à faire une dernière inspection avant d'entrer en scène. Idéalement, un assistant vérifiera que votre tenue est impeccable, car "comment veux-tu qu'un auditeur t'écoute sérieusement s'il note un détail insolite dans ta tenue ?" Il conseille également de vider ses poches pour éviter tout bruit parasite.
Pour l'entrée proprement dite, Éric Bah préconise de marcher avec assurance jusqu'au centre de la scène, puis de s'arrêter, dos droit, épaules relâchées. Il suggère d'imaginer des racines sortant de vos pieds pour plonger profondément dans le sol : "Plus stable grâce à cet ancrage, tu gagneras en énergie, en confiance, en autorité".
3.2 - Bien commencer
Selon l'auteur, bien commencer un discours tient en quatre lettres, résumées par l'acronyme ACIS :
Attention => D'abord, il faut attirer l'attention dans les trente premières secondes - délai critique pour convaincre l'auditoire de vous écouter jusqu'au bout.
Connexion => Ensuite, il convient d'établir la connexion avec le public pour permettre la transmission des informations et des émotions.
Intérêt => La troisième étape consiste à susciter l'intérêt en montrant à l'auditoire l'utilité de votre message pour lui.
Sujet => Enfin, il faut clarifier le sujet pour rassurer le public sur la direction que prendra le discours.
Éric Bah énumère ensuite les sept erreurs à éviter lors de l'ouverture :
Dire bonjour,
Se présenter,
S'excuser,
Remercier,
Démarrer en trombe,
Montrer de l'hésitation
Raconter sa préparation.
Il affirme : "Tu as la chance que des gens soient venus t'écouter. Fais-leur honneur en rentrant tout de suite dans le sujet".
3.3 - La connexion
Pour l'auteur, la connexion est ce "lien impalpable qui lie l'orateur à son public", fait d'empathie et de complicité.
Cette connexion doit idéalement se déployer sur trois dimensions :
Entre l'orateur et l'ensemble du public,
Entre les participants eux-mêmes,
Entre l'orateur et chacun des participants.
Pour tisser ces liens, plusieurs outils sont à notre disposition :
Adapter notre style (vocabulaire, ton) à notre auditoire sans nous renier,
Utiliser le sourire qui "est réellement contagieux",
Parler aux gens de ce qui les intéresse,
Utiliser le "nous" pour créer un sentiment d'appartenance,
Maintenir un contact visuel personnalisé avec différents membres de l'audience.
3.4 - La posture
L'auteur rappelle que "le corps est au service de la parole" et que posture et état d'esprit s'influencent mutuellement.
Il convient alors de se tenir droit, pieds légèrement écartés, en évitant tout balancement qui nuirait à l'ancrage et donnerait une impression d'instabilité.
Concernant la gestuelle, Éric Bah cite Sacha Guitry : "Tous les gestes sont bons quand ils sont naturels. Ceux qu'on apprend sont toujours faux". Il suggère de se concentrer sur deux éléments pour que la gestuelle suive naturellement : se sentir en confiance et travailler ses intonations vocales.
L'auteur met cependant en garde contre certains gestes parasites à éviter absolument : mains cachées, bras croisés, mains en cache-sexe, bras ballants, auto-contacts répétitifs et jeux avec les bijoux.
Pour les déplacements sur scène, il propose trois modes d'utilisation de l'espace :
Le mode structurel => changer de zone à chaque chapitre du discours.
Le mode temporel => utiliser la largeur de la scène comme ligne du temps (passé/présent/futur).
Le mode émotionnel => exploiter les réactions différentes du cerveau selon le côté visuel sollicité
L'auteur explique que pour toucher davantage l'émotion du public, il est préférable de se placer côté jardin, autrement dit dans le champ visuel gauche des spectateurs, "la partie gauche du corps étant gérée par l'hémisphère cérébral droit, en charge des informations émotionnelles".
3.5 - Le regard
Pour Éric Bah, le regard est capital. Il est "le plus important" de toutes les expressions faciales.
Le regard assure la connexion dans les deux sens : il transmet vos émotions au public tout en vous renseignant sur son état d'esprit.
L'auteur détaille différentes situations de gestion du regard : lors de la lecture d'un texte, avec un diaporama, ou pendant l'utilisation d'un prompteur. Dans tous les cas, il recommande de privilégier au maximum le contact visuel avec l'auditoire.
Pour balayer efficacement la salle du regard, il propose la méthode de la triangulation qui consiste à dessiner mentalement deux triangles inversés couvrant l'ensemble de la salle, assurant ainsi que personne ne se sente exclu.
3.6 - La voix
Éric Bah explique que contrairement à l'idée reçue, il ne faut pas être naturel mais "paraître naturel" sur scène. Pour cela, il recommande de travailler particulièrement sa voix à travers plusieurs aspects :
Une bonne diction pour se faire comprendre sans effort.
Un débit mesuré et varié : environ 150 mots par minute, mais pouvant varier de 120 à 230.
Des modulations en tonalité et en volume pour éviter la monotonie.
Il rappelle l'importance de l'intonation, "ce qui rend le discours vivant". Celle-ci doit refléter sincèrement les émotions que l'orateur cherche à transmettre.
3.7 - Les silences
Dans cette partie, l'auteur développe une véritable théorie du silence dans l'art oratoire. Il affirme que "le silence n'est pas l'absence de son" et qu'il fait pleinement partie de l'éloquence.
Éric Bah distingue deux erreurs à éviter :
La prodigalité de silences => trop de silences ou des silences trop longs.
L'avarice de silences => un débit incessant.
Il affirme : "le silence est un marqueur de structure" qui articule le discours et permet de faire saillir certains mots ou phrases.
L'auteur décrit ensuite l'utilité du silence selon trois perspectives :
Pour le discours : articulation, transition, mise en relief.
Pour le public : compréhension, assimilation, maintien de l'attention.
Pour l'orateur : réflexion, respiration, charisme.
Il accorde une attention particulière au premier silence qui précède la parole, permettant d'attirer l'attention et de préparer l'auditoire, ainsi qu'au dernier silence qui marque la fin définitive du discours et maintient l'émotion au niveau atteint.
3.8 - Le flow
Éric Bah présente ici ce qu'il appelle l'état de grâce de l'orateur, citant les travaux de Mihály Csíkszentmihályi sur le "flow". Cet état se caractérise par "l'engagement dans une tâche précise qui exige des aptitudes appropriées, un contrôle sur ses actions et une concentration intense".
Dans cet état idéal, l'orateur devient littéralement sa prise de parole, dans une forme d'unité avec son action où l'ego s'efface. L'auteur fait référence au concept taoïste de "wuwei" (非無為), le "non-agir" où "l'événement se déroule harmonieusement sans son intervention et comme par enchantement".
Pour atteindre cet état, l'auteur suggère de s'entraîner constamment à prendre la parole dans les conditions les plus diverses, afin de "dompter son esprit".
3.9 - Finir proprement
Pour conclure efficacement, Éric Bah propose l'acronyme DEBOU –(Digest, Émotion, Bouger, Ourlet) qui résume les quatre missions d'un finale réussi :
Proposer un digest => résumer les points clés du discours.
Susciter l'émotion => intensifier le pathos pour marquer les mémoires.
Faire bouger le public => appel à l'action clair et précis.
Coudre l'ourlet => terminer de manière nette et définitive.
L'auteur met en garde contre sept erreurs qui peuvent ruiner un finale :
Improviser,
Hésiter,
En rajouter,
Digresser,
Bâcler,
S'excuser
Parler après.
3.10 - La sortie
Éric Bah rappelle que "ta prestation n'est pas terminée tant que tu es sur scène".
Après la dernière phrase, il recommande de rester silencieux, d'accueillir les applaudissements avec le sourire, puis de rejoindre tranquillement les coulisses. Il avertit : "Ne parle pas après les applaudissements" pour éviter que des mots banals ne remplacent dans les mémoires le finale soigneusement composé.
3.11 - Répondre aux questions
Dans cette dernière partie de chapitre, l'auteur présente la session de questions-réponses comme "un exercice oratoire à part entière" qui offre une nouvelle opportunité de marteler son message de façon plus personnalisée.
Pour s'y préparer, Éric Bah nous encourage à anticiper toutes les questions possibles, y compris les objections et critiques, et suggère même de confier à un complice deux questions que vous aimeriez qu'on vous pose.
L'auteur conseille de garder toujours une attitude détendue et bienveillante, même face aux questions difficiles. Il distingue deux types de questions épineuses :
Les "questions blanches" => auxquelles on ne sait pas ou ne peut pas répondre.
Les "questions rouges" => où l'auditeur cherche à nuire.
Pour chaque situation délicate, l'auteur propose des stratégies précises : reformuler, faire valider sa compréhension, désigner un expert dans la salle, ou utiliser différentes techniques d'esquive lorsque nécessaire.
Éric Bah conclut en rappelant d'inclure toute la salle dans ses réponses : "Lorsque quelqu'un te pose une question, n'en fais pas une conversation à deux".
Chapitre IV - L'arsenal
Dans le quatrième chapitre de "La mise en scène du discours", Éric Bah présente les outils supplémentaires qui permettent à l'orateur de passer à un niveau supérieur.
L'auteur y détaille six compétences essentielles qui, une fois maîtrisées, démarqueront l'orateur des autres et graveront son message dans les mémoires.
4.1 - Savoir conter
L'art de raconter des histoires, ou storytelling, constitue selon Éric Bah une compétence millénaire mais toujours d'actualité. Ce n'est pas un hasard si les récits ont traversé les siècles, des tablettes babyloniennes aux séries Netflix, en passant par les grottes de Lascaux.
L'auteur explique que l'histoire est surtout puissante car elle touche par l'émotion plutôt que par l'argumentation rationnelle. Les discours les plus marquants contiennent généralement peu d'informations factuelles, mais beaucoup d'émotions. "La médecine, le commerce, le droit, l'industrie sont de nobles poursuites et sont nécessaires pour assurer la vie. Mais la poésie, la beauté, l'amour, l'aventure, c'est en fait pour cela qu'on vit", cite l'auteur en reprenant une réplique du film "Le Cercle des poètes disparus".
Selon Éric Bah, une histoire efficace dans un discours remplit cinq fonctions :
Soutenir le message,
Illustrer un argument,
Susciter l'intérêt,
Maintenir l'attention,
Favoriser le passage à l'action.
L'auteur détaille ensuite sept formats de récit utilisables :
L'anecdote => histoire courte et épurée, souvent peu connue, qui établit une proximité avec l'auditoire.
Le vécu => récit personnel où l'orateur est impliqué, créant une identification forte.
Le conte => récit fictionnel avec part de merveilleux, qui nous replonge en enfance.
La légende => récit avec un fond de vérité historique embelli, invitant au dépassement.
La fable => court récit humoristique avec morale, où dialoguent hommes, animaux et objets.
La parabole => récit symbolique tiré du quotidien, cachant un enseignement moral.
L'allégorie => figure de rhétorique à double sens permettant de faire passer une vérité.
Pour créer une bonne histoire, Éric Bah indique qu'elle doit comporter quatre éléments clés :
L'identification => le public se reconnaît dans le personnage,
Le basculement => passage de l'ordinaire à l'extraordinaire,
Les obstacles => défis rencontrés,
L'enseignement => lien avec le message.
L'auteur termine cette partie en insistant sur l'importance de vivre pleinement son histoire quand on la raconte, de parler au présent et de stimuler au moins trois sens pour la rendre mémorable.
4.2 - L'humour
Éric Bah présente l'humour comme "une arme de séduction massive" qui dispose favorablement l'auditoire. Il précise que l'humour ne doit jamais détourner du message principal : ce n'est pas un spectacle de stand-up, mais bien un outil au service de la persuasion.
L'humour apporte de nombreux bienfaits, tant pour la santé que pour les relations. L'auteur relate l'histoire de Norman Cousins qui aurait soulagé sa maladie grâce au rire, et mentionne des études montrant que le rire libère des hormones bénéfiques pour la santé.
Pour les relations avec l'auditoire, l'humour :
Maintient l'attention,
Procure de la détente,
Accroît la confiance sociale,
Fait naître un sentiment d'appartenance,
Favorise l'apprentissage et la mémorisation.
Éric Bah présente un inventaire détaillé des genres d'humour utilisables par les orateurs, de l'autodérision à l'humour littéraire, en passant par l'humour populaire, l'humour communautaire ou encore l'humour anglais.
L'auteur décrit également 14 techniques humoristiques pratiques comme : la vanne à trois temps, le boomerang, l'intrus, la fausse piste, la contradiction ou encore le détail qui tue. Un outil précieux pour tout orateur désireux d'intégrer l'humour à ses discours.
4.3 - Vendre
Dans cette partie, Éric Bah explique que vendre pendant un discours ne signifie pas forcément encaisser de l'argent, mais plutôt transformer un participant en client au sens large (abonné, suiveur, lecteur, etc.).
L'auteur préconise de suivre la structure AIDA :
Attirer l'Attention,
Éveiller l'Intérêt,
Susciter le Désir,
Pousser à l'Action.
Il conseille également de se limiter à vendre une seule chose et non de se transformer en "supermarché" de services, car trop de choix freine la décision.
Éric Bah souligne le rôle fondamental des émotions dans la vente, s'appuyant sur les travaux du neurologue Antonio Damasio qui montre que l'émotion est indispensable au processus de décision. "On achète en raison des émotions positives associées aux bénéfices perçus", note l'auteur.
Pour être efficace dans la vente, il recommande de présenter les bénéfices et non les fonctions, de vendre un changement plutôt qu'un produit, des émotions plutôt que des faits. La visualisation constitue l'outil majeur pour y parvenir, en faisant imaginer au public soit les conséquences négatives de ne pas adopter la solution (visualisation infernale), soit les bénéfices qu'elle apportera (visualisation paradisiaque).
L'auteur met finalement l’accent sur le rôle capital de la crédibilité et de la confiance, ainsi que sur la nécessité d'un appel à l'action clair qui dit quoi faire, quand le faire et comment le faire.
4.4 - Improviser
Paradoxalement, Éric Bah affirme que l'improvisation demande un énorme travail de préparation.
Il distingue trois éléments indispensables - le plan, l'ouverture et le finale - et deux éléments optionnels - les transitions et les punchlines.
Il est, par ailleurs, conseillé de connaître par cœur l'ouverture et le finale, et de mémoriser le plan sous forme linéaire ou de mindmap selon sa façon de penser, indique l’auteur. Ce dernier met enfin en garde contre le danger des citations approximatives, en illustrant son propos par un célèbre "bushisme" où George W. Bush s'emmêle dans un dicton.
Éric Bah présente trois techniques d'improvisation efficaces :
L'adaptation => se renseigner sur son public et intégrer des références à sa communauté.
Les histoires improvisées => ne retenir que le story-board et les images fortes afin de garder l'histoire vivante.
L'enquête => poser une question ouverte au public et rebondir sur les réponses, en préparant à l'avance des commentaires pour les réponses prévisibles.
4.5 - Interagir
L'interaction avec le public présente de nombreux avantages selon l'auteur. Elle maintient l'attention, rend le discours dynamique et renforce la relation entre l'orateur et la salle.
Éric Bah s'appuie sur les travaux de John Medina qui indique qu'un être humain ne peut maintenir son attention que pendant dix minutes consécutives. L'interaction permet de réinitialiser cette capacité d'attention en transformant l'auditeur en acteur.
L'auteur présente cinq formats d'interaction :
La question rhétorique => question sans réponse attendue, servant à marquer le plan, insuffler le doute, anticiper les objections ou émettre des suggestions.
La question fermée => question appelant un "oui" ou un "non", utile pour mesurer l'engagement ou obtenir l'adhésion.
La question ouverte => question permettant une variété de réponses, qui anime l'échange avec les participants.
Le vote => sondage à choix multiples, réalisable à main levée, par applaudissements, debout/assis ou électroniquement.
L'atelier => travail en petits groupes favorisant la cohésion et l'appropriation du contenu.
4.6 - Gérer les problèmes
Dans cette dernière partie, Éric Bah aborde les difficultés susceptibles de survenir pendant un discours et propose des solutions pratiques pour chacune.
Pour faire face à une réduction du temps de parole, l'auteur conseille de préparer à l'avance deux versions raccourcies du discours (à 75 % et 50 %) et du diaporama.
En cas de trou de mémoire, il suggère de commencer une phrase improvisée par le dernier mot prononcé, de proposer un exercice au public, ou en dernier recours, d'avouer honnêtement sa défaillance. "Personne ne t'en voudra d'avoir un trou de mémoire. Les gens sont de nature bienveillante", rassure l'auteur.
Éric Bah partage également des conseils pour gérer :
Les problèmes de micro,
L'oubli ou le dysfonctionnement du diaporama,
Les coquilles à l'écran,
Une salle presque vide,
Un public désintéressé,
L'absence de réaction,
L'absence de rires,
L'usage intensif des smartphones.
Face à tous ces défis, l'auteur préconise le calme, l'autodérision et l'adaptation. Il raconte notamment comment, lors d'un trou de mémoire où il cherchait le nom de la loi de Parkinson, il a fait preuve d'humour en remerciant la personne qui lui a soufflé la réponse : "Merci. Heureusement que ce n'était pas Alzheimer : je ne m'en serais jamais souvenu !"
Cette capacité à rebondir face aux imprévus complète l'arsenal de compétences de l'orateur accompli, prêt à délivrer un discours mémorable en toutes circonstances.
Épilogue
Pour conclure son ouvrage "La mise en scène du discours", Éric Bah partage le conte du sage Nasreddine Hodja qui, par trois fois, évite astucieusement de délivrer un sermon.
Cette histoire illustre en fait l'adaptation, compétence transversale fondamentale de l'orateur accompli. Et à travers elle, l’auteur nous rappelle, en effet, que l’orateur doit s’adapter "aux circonstances, aux conditions, et surtout au public, pour assurer la survie et l’essaimage de son message dans un monde de plus en plus bruyant".
Il nous encourage à multiplier les prises de parole, même au risque d'échouer, car c'est par l'expérience que l'on progresse.
"Trompe-toi, vautre-toi même, mais toujours relève-toi, encore plus adaptable, encore plus persuasif. Plus tu échoueras, plus tu réussiras. S’adapter, c’est triompher" conclut-il.
Conclusion de "La mise en scène du discours | Porter sa parole en public de manière engageante et mémorable" d'Éric Bah
Les 4 idées phares du livre "La mise en scène du discours" qu'il faut retenir !
Idée clé n°1 : La crédibilité de l'orateur s'établit bien avant les premiers mots prononcés
Éric Bah nous rappelle que l'éthos – cette crédibilité qui confère autorité de l'orateur –se construit dès notre apparition sur scène, voire avant. Cette crédibilité repose sur cinq piliers fondamentaux : la sympathie, la légitimité, la pertinence, l'intégrité et la sincérité.
L'auteur insiste aussi particulièrement sur les préparatifs qui précèdent une prise de parole en public : la préparation physique et mentale, la gestion du trac, le choix du style, des éventuels supports visuels ou encore la tenue vestimentaire. Ces éléments ne sont pas accessoires mais constituent les fondations sur lesquelles repose l'efficacité du message.
Comme l'écrit l'auteur : "L'éthos t'impose d'abord comme autorité, avant de se solidifier peu à peu au service de ta persuasion". Cette préparation méticuleuse permet d'être pleinement présent le jour J.
Idée clé n°2 : La maîtrise du corps et de la voix crée une connexion émotionnelle puissante avec l'auditoire
Éric Bah démontre brillamment que la parole ne représente qu'une partie de la communication. Il accorde une attention particulière aux éléments non-verbaux qui font la différence entre un discours oublié et une prestation mémorable.
L'auteur détaille avec précision comment l'entrée en scène, la posture, les déplacements, le regard et la voix permettent d'établir ce qu'il nomme le "lien impalpable" avec le public. Il met notamment en lumière l'importance des silences, véritables "marqueurs de structure" qui articulent le discours et permettent de faire ressortir certains mots ou phrases.
Enfin, le concept de "flow", cet état de grâce où l'orateur devient littéralement sa prise de parole, constitue l'aboutissement de cette maîtrise technique et émotionnelle.
Idée clé n°3 : L'orateur d'exception déploie un arsenal de compétences complémentaires qui élèvent son discours
La troisième grande idée de "La mise en scène du discours" concerne les compétences additionnelles qui permettent à l'orateur de se démarquer.
Éric Bah présente un véritable "arsenal" de techniques parmi lesquelles le storytelling occupe une place privilégiée. L'auteur présente sept formats de récits différents (anecdote, vécu, conte, légende, fable, parabole, allégorie) et explique comment une bonne histoire doit comporter quatre éléments clés : l'identification, le basculement, les obstacles et l'enseignement.
À cela s'ajoutent l'humour, l'art de vendre une idée, l'improvisation maîtrisée et l'interaction avec le public. Ces compétences ne sont pas superficielles mais constituent des leviers puissants de persuasion quand elles sont mises au service d'un message clair.
Idée clé n°4 : L'adaptation est la compétence transversale qui assure la réussite face à tous les défis
L'épilogue du livre révèle peut-être sa leçon la plus précieuse : la capacité d'adaptation est la qualité suprême de l'orateur accompli.
À travers le conte de Nasreddine Hodja, Éric Bah illustre comment cette flexibilité permet de faire face à n'importe quelle situation imprévue, qu'il s'agisse de problèmes techniques, d'un trou de mémoire, d'un public difficile ou d'une réduction du temps de parole.
L'auteur nous invite à multiplier les occasions de prendre la parole en public, même au risque de l'échec, car c'est par l'expérience que s'affine cette capacité d'adaptation. Sa conclusion est sans équivoque : "S'adapter, c'est triompher".
Qu'est-ce que la lecture de "La mise en scène du discours" peut vous apporter ?
"La mise en scène du discours" est un livre qui pourrait bien transformer profondément votre rapport à la prise de parole, car il vous fait comprendre qu'un discours réussi est, en fait, une expérience totale qui engage tout votre être.
C’est également un ouvrage qui fournit une véritable boîte à outils techniques pour parler en public.
En suivant la progression naturelle proposée par Éric Bah, vous apprenez à maîtriser chaque étape, qu’il s’agisse de la préparation méthodique en amont de votre prise de parole en public, de votre entrée en scène, de la façon de créer une connexion authentique avec votre auditoire ou encore de la gestion des situations imprévues.
Enfin, ce qui distingue particulièrement cet ouvrage, c'est sa capacité à allier conseils pratiques immédiatement applicables et réflexions plus profondes sur ce qui fait l'essence d'un discours ou d'une présentation inoubliable.
Vous y découvrirez comment orchestrer les silences aussi bien que les mots, comment utiliser les émotions sans tomber dans la manipulation, comment maîtriser le trac, optimiser votre concentration, adapter votre message à un public spécifique, favoriser et gérer les interactions ou encore éviter les erreurs.
Pourquoi lire "La mise en scène du discours" d'Éric Bah ?
"La mise en scène du discours" est un livre qui est écrit aussi bien pour les débutants que pour les orateurs confirmés ; chacun y trouvera matière à progresser.
Son approche particulièrement accessible et pratique vous aidera à développer votre impact à l'oral, que ce soit pour convaincre, vendre, former ou inspirer. Il s’adresse donc aux orateurs, conférenciers, formateurs, leaders, enseignants et à toute personne souhaitant mettre en valeur sa parole, un discours, un message.
Pour moi, "La mise en scène du discours" est un incontournable ! Une référence à lire absolument si vous cherchez à améliorer votre prise de parole en public, donner vie à un discours, le rendre percutant, donner vie à un texte endormi, et faire en sorte qu’on ne vous/l’oublie jamais !
Points forts :
Une approche structurée et chronologique qui suit les étapes réelles d'une prise de parole en public.
Un équilibre réussi entre techniques concrètes et dimensions émotionnelles de l'art oratoire.
Une richesse de formats narratifs et d'outils rhétoriques ultra concret et directement applicables.
Des conseils pratiques et exhaustifs sur la mise en scène d’une prise de parole en public, allant même jusqu’à la gestion des impondérables et situations difficiles.
Points faibles :
La richesse des conseils est telle qu’elle pourrait sembler trop dense à mettre en œuvre simultanément pour un débutant.
L'absence d'exercices pratiques structurés pour accompagner la progression du lecteur (heureusement, d’autres ouvrages d’Éric Bah en regorgent !).
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Les Philo-cognitifs. Ils n'aiment que penser et penser autrement…" de Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominic Sappey-Marinier : un livre tout à fait original pour voir ce qui se cache sous le concept trop général de "haut potentiel" et découvrir toute la singularité des personnes qui aiment — non, adorent ! — se remuer les méninges.
Par Fanny Nusbaum, en collaboration avec Olivier Revol et Dominic Sappey-Marinier, 2019, 204 pages.
Chronique et résumé de "Les Philo-cognitifs. Ils n'aiment que penser et penser autrement…" de Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominic Sappey-Marinier
Avant-propos
Trois experts – une psychologue, un enseignant-chercheur et un médecin – explorent ensemble le haut potentiel intellectuel. Leur parcours, entre expériences personnelles et recherches scientifiques, les conduit à analyser les mécanismes neurologiques et affectifs des personnes surdouées. Après des années d’échanges et de collaborations, ils proposent une typologie des profils atypiques et insistent sur l’importance d’une neuro-éducation adaptée.
Leur approche, loin d’être figée, évolue grâce aux contributions des patients et aux avancées en neurosciences. Si la plupart des philo-cognitifs trouvent des stratégies d’adaptation, d’autres rencontrent des difficultés affectives et cognitives qui justifient un accompagnement spécifique.
L’objectif de ce livre est de transformer les obstacles en tremplins, dans une dynamique de psychologie positive. Inspirés par l’image de l’albatros de Baudelaire, les auteurs proposent une lecture optimiste du haut potentiel, perçu non comme un fardeau, mais comme un levier de réussite et d’épanouissement !
CHAPITRE PREMIER - Du haut potentiel à la philo-cognition
Les mots pour les dire...
"Philo-cognitif : c’est donc le terme que nous avons choisi pour qualifier ces individus atypiques. On commence à les considérer depuis peu de temps : une cinquantaine d’années, c’est très peu dans l’histoire de l’humanité ; et dans ce laps de temps, on n’a cessé de tâtonner pour les définir." (Les Philo-cognitifs, Chapitre 1)
Les enfants à haut potentiel présentent des aptitudes intellectuelles avancées, mais avec des différences selon les domaines et parfois une dyssynchronie entre raisonnement et gestion émotionnelle. Ils partagent souvent un humour vif, une rapidité d’apprentissage, une intolérance à l’injustice et des difficultés sociales.
Cependant, ces descriptions restent trop générales pour définir précisément le phénomène. La question de son existence réelle se pose, d’autant plus que ses caractéristiques sont larges et parfois floues. Sans classification claire, le risque d’un effet Barnum persiste, rendant difficile l’identification objective du haut potentiel.
Surdon, précocité, haut potentiel...
Le haut potentiel intellectuel souffre d’un manque de définition claire et d’une terminologie fluctuante selon les époques et cultures. Les termes surdoué, précoce et haut potentiel présentent tous des limites.
« Surdoué » implique une performance exceptionnelle dans un domaine précis, souvent associée à un don inné, alors que certaines réussites résultent davantage d’un entraînement intensif et d’un environnement propice.
« Précoce » suggère une avance cognitive temporaire, alors qu’il s’agit plutôt d’une qualité durable du fonctionnement cérébral.
Quant à l’analogie avec les zèbres, elle ne reflète pas la diversité des profils et ne repose sur aucune base scientifique.
Le terme haut potentiel semble le plus approprié mais reste imprécis. Il sous-entend une intelligence en sommeil nécessitant une transformation pour s’exprimer pleinement, ce qui ne correspond pas toujours à la réalité. Certains individus à haut potentiel rencontrent des obstacles qui limitent leur expression intellectuelle, tandis que d’autres possèdent une intelligence déjà optimisée.
De plus, une intelligence supérieure ne garantit pas forcément de meilleures performances. Le concept manque encore de critères stabilisés et ne permet pas une classification homogène des individus concernés. Cette imprécision rend difficile un consensus sur la manière de définir et d’accompagner ces profils atypiques.
L'arbitrage de la science
L’étude scientifique du haut potentiel intellectuel est récente, rendant sa définition et sa mesure complexes. Les statistiques varient selon les critères d’observation : la prévalence oscille entre 1,5 % et 3 %, avec des biais de recrutement importants.
Des idées reçues persistent, comme une prépondérance masculine ou un taux élevé d’échec scolaire, bien que ces chiffres manquent de fiabilité. Les échantillons étudiés regroupent des profils hétérogènes, issus de milieux divers (associations, consultations cliniques, compétitions intellectuelles).
Ces limites méthodologiques compliquent l’identification d’un modèle unifié du haut potentiel, laissant encore place à de nombreux questionnements.
Trois caractéristiques majeures pour une façon de penser singulière
✔️ Je suis, donc je pense : l'hyperspéculation
Les individus à haut potentiel partagent un besoin irrépressible de penser, nommé hyperspéculation. Cette réflexion compulsive pousse à analyser, questionner et extrapoler, refusant les explications simplistes. Certains orientent leur pensée vers des objectifs précis, tandis que d'autres « pensent pour penser ».
Ce processus inclut un hypercontrôle, qui vise à maîtriser l’incertitude par l’analyse et la planification. Sur le plan neurologique, ces fonctions s’appuient sur le réseau exécutif, impliquant le cortex préfrontal dorso-latéral et le cortex pariétal postérieur, zones essentielles au raisonnement, à la mémoire de travail et à la régulation cognitive.
✔️ Comme un sixième sens : l'hyperacuité
Les individus à haut potentiel présentent une hyperacuité sensorielle, émotionnelle et proprioceptive. Leur hypersensibilité émotionnelle leur permet de détecter finement les émotions, mais peut aussi entraîner une surcharge affective. Leur hypersensorialité amplifie la perception des stimuli, rendant l’analyse fine mais parfois envahissante.
Leur hyperproprioception affine la perception corporelle, mais peut compliquer l’ajustement moteur. Ces caractéristiques s’appuient sur le réseau de la saillance, impliquant l’insula, l’amygdale et le cortex cingulaire antérieur, jouant un rôle clé dans la gestion des émotions, de l’attention et de la perception, influençant leur rapport au monde.
✔️ Un réassemblage permanent des idées : l'hyperlatence
Les individus à haut potentiel présentent une hyperlatence, c'est-à-dire un traitement inconscient intensif de l’information basé sur une pensée analogique en arborescences. Ce processus favorise l’apprentissage, la créativité et la résolution de problèmes, mais peut aussi conduire à une rumination mentale lorsqu’aucune cohérence n’émerge.
Ce mode de pensée repose sur le réseau par défaut, actif au repos, impliquant le cortex préfrontal médian, le cortex cingulaire postérieur et les jonctions temporo-pariétales. Ce réseau gère la mémoire, l’introspection et la régulation émotionnelle, jouant un rôle clé dans la conscience réflexive et la conceptualisation, mais aussi dans la vulnérabilité au stress et aux pensées envahissantes.
Trois fois mieux !
Les philo-cognitifs possèdent une connectivité cérébrale supérieure : ils traitent l'information de manière particulièrement rapide et efficace. Cette connectivité accrue, interhémisphérique et intra-hémisphérique, suggère une supériorité cognitive globale plutôt que spécifique.
Trois réseaux cérébraux majeurs sous-tendent ces capacités :
Le réseau par défaut (introspection et mémoire) ;
Le réseau exécutif (raisonnement et contrôle cognitif) ;
Le réseau de la saillance (gestion des émotions et de l’attention).
L’IRM fonctionnelle révèle une activité accrue dans ces régions, confirmant une organisation cérébrale optimisée pour la compréhension, l’apprentissage et la régulation cognitive et émotionnelle.
Comment appeler ces penseurs atypiques ?
Faisons donc un premier point. Le terme philo-cognitif désigne un individu animé par un besoin intense de penser, structuré autour de trois processus :
Hyperspéculation (raisonnement compulsif) ;
Hyperacuité (sensibilité exacerbée) ;
Hyperlatence (pensée analogique automatique).
Hyperlatence (pensée analogique automatique). Ce profil ne signifie pas forcément une compétence exceptionnelle mais une capacité accrue à collecter, analyser et intégrer les informations. La réflexion philosophique et l’extrapolation constante sont centrales, au point de ressembler à une addiction cognitive. Ce fonctionnement, souvent invisible, transforme chaque situation en source de questionnement, illustrant une pensée en mouvement permanent.
Les philo-cognitifs se posent des questions en permanence, souvent de manière inconsciente, transformant chaque détail en sujet de réflexion profonde. Leur pensée augmentée les pousse à remettre en question les évidences, mais peut aussi saturer leur raisonnement, entraver l’action et accentuer un besoin de contrôle.
Leur hyperconscience du monde les rend plus vulnérables au stress, au cynisme et à la somatisation, sans forcément atteindre un seuil pathologique. Cette complexité rend leur accompagnement difficile, car leurs difficultés sont diffuses et fluctuantes, rendant leur prise en charge moins évidente que celle de troubles clairement identifiés.
Les deux profils
Loin des stéréotypes, les philo-cognitifs présentent des profils variés. Deux types émergent : le profil complexe et le profil laminaire, différant par leur rapport au monde, à eux-mêmes et à leurs comportements.
Philo-complexe ou philo-laminaire ?
Les philo-laminaires possèdent une pensée fluide, structurée et cohérente, avec un QI homogène souvent supérieur à 140. À l’inverse, les philo-complexes ont une pensée fulgurante mais hétérogène, marquée par une dyssynchronie cognitive. Leur QI (120-135) montre de grandes disparités entre raisonnement élevé et vitesse de traitement plus faible.
Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre...
Les philo-laminaires et philo-complexes appartiennent à la même famille, partageant une pensée spéculative et émotionnelle commune. Chaque philo-cognitif possède ces deux dimensions à des degrés variables, mais avec une dominante stable. Ce rapport peut évoluer au fil du temps sans jamais s’inverser complètement.
Le modèle de cognition de F. Nusbaum (Les Philo-cognitifs, Chapitre 1)
Les philo-cognitifs peuvent évoluer entre complexité et laminarité selon leur âge, contexte et expériences, mais conservent toujours une dominante initiale, qui s’accentue en situation d’insécurité. Un équilibre 50 % complexe / 50 % laminaire est rare, la plupart affichant un rapport moyen de 60 % / 40 %.
Les philo-complexes montrent une connectivité cérébrale prédominante à gauche, tandis que les philo-laminaires sont plus latéralisés à droite. Bien que ces profils puissent se moduler avec le temps, leur identité cognitive reste stable.
Vous voulez en savoir plus ? Les prochains chapitres décrivent ces profils sous une forme simplifiée.
CHAPITRE 2 - Ouvreurs de voies : Les philo-complexes
Les philo-complexes se distinguent par leur pensée fulgurante, leur créativité intense et leur sensibilité exacerbée, qui a tendance à rendre leurs interactions avec le monde souvent dissonantes. Leur énergie débordante, leur originalité et leur quête incessante de sens les rendent fascinants, mais parfois déconcertants…
Portrait chinois
]]>Résumé de "Braver sa nature sauvage" de Brené Brown : un livre sur l'appartenance et l'estime de soi par l'une des auteures de développement personnel les plus plébiscitées de ces dernières années — L'idée principale ? Ne changez rien, mais soyez enfin qui vous êtes !
Brené Brown, 2018, 162 pages.
Titre original : Braving the Wilderness (2017).
Chronique et résumé de "Braver sa nature sauvage" de Brené Brown
Chapitre 1 : Partout et nulle part
Quand Brené Brown écrit, la peur l’envahit. Elle doute de sa légitimité, surtout quand ses recherches bousculent les idées reçues. Elle se demande si elle a le droit de choquer ou de remettre en cause des croyances établies. Dans ces moments, elle s’entoure mentalement de figures courageuses qui l’inspirent.
Elle pense à J.K. Rowling, Bell Hooks, Shonda Rhimes, Oprah Winfrey, Maya Angelou. Ces voix l’aident à garder le cap, à ne pas céder à la peur ou à l’autocensure. Brené Brown rejette aujourd’hui l’ancienne méthode consistant à satisfaire les critiques et les cyniques. Cette approche étouffait son authenticité.
Son lien avec Maya Angelou reste profond. La poétesse la guide depuis ses années universitaires. Pourtant, une citation la déstabilise : « Vous êtes libre quand vous comprenez que vous n’êtes de nulle part. » Pendant des années, l’auteure rejette cette idée.
Pour Brené Brown, ne pas appartenir représente une douleur ancienne et viscérale. Dès l’enfance, elle vit l’exclusion. À l’école, son prénom complet, Casandra Brené Brown, la fait passer pour afro-américaine. Dans une Louisiane encore marquée par la ségrégation, cela suffit à l’écarter des fêtes et des cercles sociaux.
L’apprentissage de la solitude
Elle vit les rejets des deux côtés, sans comprendre pourquoi elle dérange. Sa différence devient un obstacle. Elle cherche désespérément une place, un groupe, une reconnaissance. Chaque déménagement rend cette quête plus difficile.
Son grand espoir réside dans l’équipe des Bearkadettes (sorte de danse chorégraphiée nommée "meneuses de claque"). Elle s’entraîne intensément, suit un régime strict, et croit en ses chances. Mais son numéro n’apparaît pas sur la liste. Ses parents gardent le silence. Ce rejet, couplé à l’absence de réconfort familial, devient fondateur.
Convaincue de ne pas mériter l’amour ni l’appartenance, elle apprend à se conformer. Elle lit les attentes des autres, s’adapte, joue des rôles. Elle devient caméléon, mais s’éloigne d’elle-même. Plus tard, elle choisit l’observation des comportements comme mode de survie.
En analysant les autres, elle développe des compétences qui l’amènent à la recherche. Pourtant, elle reste coupée de son authenticité. À 21 ans, elle est perdue, en fuite. Puis, elle rencontre Steve, qui la voit vraiment. Leur relation lui offre un espace de réparation.
Peu après, elle entame un parcours vers la sobriété. Elle teste plusieurs groupes, sans trouver sa place. Elle comprend que sa vraie dépendance est une fuite constante de la vulnérabilité. Elle commence alors à s’écrire des permissions pour vivre pleinement.
Retrouver sa voix
Lors d’un tournage avec Oprah Winfrey, elle se sent nerveuse, peu présente. Un collègue lui rappelle de vivre l’instant au lieu de l’analyser. Ce conseil provoque un déclic. Elle s’écrit une permission d’être joyeuse et gauche.
Cette journée devient un moment fondateur. Elle rencontre Maya Angelou, qui lui dit : « Ne te laisse pas ébranler. » Ces mots résonnent comme une bénédiction. Brené Brown comprend qu’elle doit s’ancrer pleinement en elle-même.
Plus tard, à une conférence, elle refuse de se déguiser en femme d’affaires. Elle choisit de s’habiller comme elle est vraiment. Elle refuse aussi de censurer sa foi ou son langage. Elle veut rester fidèle aux histoires qu’on lui confie.
Elle partage ses doutes avec Steve, qui l’écoute sans jugement. Il lui rappelle qu’elle appartient à leur foyer, à leurs enfants. Ce soutien lui permet de saisir enfin le sens des mots de Maya Angelou. Elle comprend que la véritable appartenance commence par soi-même.
En relisant l’entrevue complète de la citation qui la gênait, elle découvre que Maya Angelou affirme s’appartenir à elle-même. Cette révélation transforme le récit fondateur de sa douleur. Elle n’a plus besoin d’un groupe pour exister. Elle accepte enfin de ne pas s’ébranler.
Chapitre 2 : La quête de la véritable appartenance
Brené Brown explore la notion de véritable appartenance, ce besoin humain profond d’être accepté pour ce que nous sommes réellement. Elle distingue l’appartenance authentique de la conformité ou de la quête d’approbation, qui, loin d’y mener, en sont les ennemis.
Présenter son moi imparfait au monde exige une acceptation de soi complète. Mais cette définition évolue. La véritable appartenance ne dépend pas des autres : elle réside en nous. Elle nécessite parfois de rester seul, debout dans la vulnérabilité, l’incertitude et la critique.
Dans un monde divisé, s’appartenir devient un acte de courage. Il ne s’agit pas de rejoindre un groupe ou d’adhérer à une idéologie, mais de se relier à quelque chose de plus grand : l’amour et l’esprit humain. Même isolés, nous restons connectés. La véritable appartenance commence donc par une foi profonde en soi et la capacité de rester fidèle à son identité dans un monde incertain.
Définition de la véritable appartenance
Dans le cadre d’une recherche en théorie ancrée qualitative, Brené Brown explore la préoccupation majeure liée à l’appartenance. Les participants souhaitent appartenir à un groupe sans renoncer à leur authenticité, leur liberté ou leur pouvoir. Ils dénoncent une culture polarisée du « nous contre eux », source de déconnexion spirituelle.
Beaucoup redoutent que la peur et le mépris aient remplacé l’humanité partagée, l’amour et la compassion. Cette crise d’appartenance apparaît surtout spirituelle, non religieuse, traduisant un besoin profond de se sentir connectés aux autres sans se conformer.
Brené Brown pose quatre questions pour comprendre comment certains développent une véritable appartenance enracinée en eux. Les réponses dégagent quatre éléments clés, ancrés dans le monde actuel et réel. Ces éléments sont au centre des chapitres suivants :
Les gens sont difficiles à haïr de près. Rapprochez-vous.
Contrez les conneries avec la vérité. Soyez poli.
Tenez-vous la main. Avec des étrangers.
Dos fort. Devant doux. Cœur sauvage.
Sa démarche ne suit donc pas une idée préconçue : elle suit les données, même lorsqu’elles révèlent un monde chaotique.
La nature sauvage
Brené Brown compare la véritable appartenance à une nature sauvage : un lieu solitaire, indompté et exigeant, à la fois redouté et recherché. Appartenir pleinement à soi-même nécessite de braver cette nature, de quitter ses refuges idéologiques et d’oser la vulnérabilité.
Ce chemin, imprévisible, ne peut être dicté par autrui. Il implique de s’ouvrir aux autres sans renier son identité, de dialoguer malgré les divergences. La véritable appartenance est active, pas passive. Elle demande du courage, de l’inconfort, et un engagement sincère envers l’authenticité, même dans l’adversité. C’est une pratique personnelle et spirituelle, non une simple adhésion sociale.
Aptitudes à la bravoure
Brené Brown affirme que pour s’aventurer dans la nature sauvage de la véritable appartenance — cet espace de solitude, de courage et d’authenticité — un élément est essentiel : la confiance. Elle s’appuie sur la définition de Charles Feltman, qui voit la confiance comme le choix de rendre quelque chose de précieux vulnérable aux actions d’autrui. La méfiance, au contraire, suppose que ce qui compte n’est pas en sécurité avec l’autre.
Pour clarifier ce concept complexe, Brené Brown développe l’acronyme BRAVING, une grille qui s’applique autant à la confiance en soi qu’en les autres :
Faire confiance aux autres :
Boundaries (limites) : respect des limites, capacité à dire non.
Reliability (fiabilité) : tenir ses engagements, connaître ses limites.
Accountability (responsabilité) : reconnaître ses erreurs et réparer.
Vault (coffre-fort) : préserver la confidentialité des confidences.
Integrity (intégrité) : choisir le courage, l’éthique, et vivre ses valeurs.
Nonjudgment (impartialité) : exprimer ses besoins sans crainte d’être jugé.
Generosity (générosité) : interpréter les intentions d’autrui avec bienveillance. (Braver sa nature sauvage, Chapitre 2)
Faire confiance à soi-même implique de se poser ces mêmes questions avec les pronoms personnels :
B — Ai-je respecté mes propres limites ?
R — Ai-je été fiable ?
A — Me suis-je tenu responsable ?
V — Ai-je respecté la confidentialité et partagé de façon appropriée?
I — Ai-je agi avec intégrité ?
N — Ai-je demandé de l’aide sans me juger ?
G — Ai-je été généreux envers moi-même ? (Braver sa nature sauvage, Chapitre 2)
Ce chemin vers la reconnaissance est paradoxal. Il semble absurde d’appartenir partout et nulle part, mais c’est pourtant vrai. Carl Jung et Maya Angelou affirment tous deux la valeur de cette vérité profonde : elle est exigeante, mais sa récompense est immense.
« La véritable appartenance est la pratique spirituelle de croire et d’appartenir à vous-même si profondément que vous pouvez partager votre moi le plus authentique avec le monde et trouver le sacré à la fois dans le fait de faire partie de quelque chose et de vous tenir debout seul dans la nature sauvage. La véritable appartenance n’exige pas de changer qui vous êtes, mais d’être qui vous êtes. » (Braver sa nature sauvage, Chapitre 2)
Chapitre 3 : Grande solitude : une crise spirituelle
Brené Brown évoque le « high lonesome », un cri musical du bluegrass, symbole d’une douleur profonde transformée en expérience partagée. L’art a ce pouvoir : il donne forme à la solitude et au chagrin pour qu’ils deviennent sources de connexion. Aujourd’hui, au lieu de partager nos blessures par la musique ou les récits, nous crions, nous nous replions, nous nous opposons.
Pour l'autrice, le monde traverse une crise spirituelle collective. Nous avons rompu notre lien d’humanité partagée. Cynisme, peur et méfiance dominent. Nous nous divisons selon nos idéologies, oubliant notre interconnexion essentielle, ancrée dans l’amour et la compassion.
Braver cette crise exige un courage immense. Se taire ou se battre ne fait qu’amplifier la solitude. Peu cherchent à bâtir des ponts entre les différences. Or, la véritable appartenance repose sur cette humanité commune. Pour la retrouver, il faudra oser sortir des lignes et affronter la nature sauvage relationnelle.
Nous répartir
Brené Brown s’appuie sur les travaux de Bill Bishop pour montrer comment la société américaine s’est idéologiquement et géographiquement fragmentée. En cherchant le confort de l’homogénéité, les gens se regroupent avec ceux qui partagent leurs idées, ce qui accroît l’extrémisme, étouffe la dissidence et renforce les stéréotypes.
Cette polarisation crée une solitude croissante, même au sein des familles. Malgré des divergences profondes, beaucoup refusent de couper les liens avec leurs proches. La société valorise pourtant les factions au détriment des relations humaines.
Brené Brown constate que cette répartition n’a pas nourri le sentiment d’appartenance, mais a provoqué isolement, méfiance et repli. Les comtés deviennent idéologiquement uniformes, tandis que les taux de solitude doublent. Le paradoxe est clair : plus les gens vivent entre semblables, plus ils se sentent seuls. Comprendre la nature de cette épidémie de solitude devient crucial pour restaurer le lien humain et la véritable appartenance.
Regard de l'extérieur
La solitude, définie par John Cacioppo comme un isolement social perçu, survient lorsque nous nous sentons déconnectés des autres. Contrairement au fait d’être seul, qui peut être réparateur, la solitude signale un manque de liens significatifs : famille, amis, communauté. Elle affecte même notre perception des lieux, qui peuvent parfois « vibrer de déconnexion ».
Espèce sociale, l’humain a biologiquement besoin de connexion pour s’épanouir. Cacioppo explique que notre cerveau envoie des signaux – comme la faim ou la soif – pour signaler ce besoin vital. Mais la solitude est stigmatisée, associée à la faiblesse ou à l’anormalité. Cette honte nous pousse à nier notre solitude, même lorsqu’elle résulte de pertes ou de deuils.
Le danger est réel : le cerveau solitaire entre en mode autoprotection, réduisant l’empathie et renforçant la défensive. Ce cercle vicieux aggrave l’isolement. Il faut d’abord reconnaître la solitude comme un avertissement, puis rechercher des connexions de qualité, non de quantité.
Selon une méta-analyse, la solitude augmente de 45 % le risque de mort précoce, un taux supérieur à ceux liés à l’obésité ou à l’alcool. La connexion humaine n’est donc pas un luxe, mais une nécessité biologique.
La peur nous a menés ici
La peur est identifiée comme le moteur principal de la fragmentation sociale et de la déconnexion. Alimentée par le terrorisme, les violences et les discours polarisants, elle pousse les individus à se retrancher dans des bunkers idéologiques. Ces refuges promettent sécurité, mais renforcent solitude et isolement. Les vraies conversations, vulnérables et inconfortables, sont évitées.
Pourtant, la véritable appartenance exige de braver cette nature sauvage intérieure, en quittant le confort pour la connexion. L’espoir repose sur une masse critique de personnes prêtes à écouter, ressentir et se relier, au-delà des différences. C’est ainsi que la peur cesse de gagner.
"Je viendrais vers toiJe traverserais les mers Pour soulager ta peine." (Town Van Sandt, cité dans Braver sa nature sauvage, Chapitre 3)
Chapitre 4 : Les gens sont difficiles à haïr de près. Rapprochez-vous
Dans un monde saturé de haine, de polarisation politique et de jugements instantanés, Brené Brown invite à passer du regard global à l’expérience personnelle. En zoomant sur nos vies, nous découvrons que la haine généralisée s’effondre face à des relations humaines réelles et nuancées.
Face à la douleur, beaucoup choisissent la colère comme refuge, mais s’y accrocher nous ronge. La colère, si elle est transformée, devient un catalyseur de courage, de justice et de connexion. Refuser de haïr, comme l’illustre la lettre d’Antoine Leiris après la mort de sa femme au Bataclan, devient un acte radical de résistance.
Reconnaître notre souffrance et celle des autres est essentiel pour guérir. La haine dissimule souvent une peine non reconnue. Pour bâtir un monde plus humain, nous devons transformer notre douleur, briser les cercles de l’égoïsme et reconnecter par la compassion. La haine coûte trop cher. La vraie force est dans la vulnérabilité et l’amour.
Il y a toujours des limites, même dans la nature sauvage
Se rapprocher des autres implique d’affronter des conflits réels, parfois douloureux, surtout au sein de la famille. Pour maintenir une véritable appartenance, il faut définir des limites claires. Les participants à la recherche insistent sur deux formes de sécurité indispensables à la vulnérabilité : la sécurité physique et la sécurité émotionnelle. Cette dernière ne signifie pas fuir le désaccord, mais refuser le langage déshumanisant.
La déshumanisation transforme l’autre en ennemi, en être « moins que », rendant acceptable l’exclusion morale. Elle commence par des mots et se poursuit par des images. Dans l’histoire, elle a justifié des génocides, l’esclavage et les violences extrêmes.
Le langage inhumain est le premier signe. Une fois les gens réduits à des caricatures ou à des menaces, l’empathie disparaît, et le conflit se fige dans une opposition bien/mal. Tous les humains sont vulnérables à ce processus. Reconnaître ce glissement est essentiel pour préserver notre humanité partagée et résister à l’exclusion morale.
Le courage d'étreindre notre humanité
La déshumanisation commence souvent par des mots et des images qui excluent certaines personnes. Ce processus, largement alimenté par les réseaux sociaux, pousse à rejeter sans nuance ceux avec qui nous sommes en désaccord. Pourtant, cette tendance nuit autant à ceux qu’elle vise qu’à ceux qui y participent. La véritable appartenance exige de tracer une ligne claire fondée sur le respect de la dignité humaine.
Voici cinq principes à retenir selon Brené Brown :
Si des insultes sexistes vous choquent envers certaines femmes, elles devraient vous déranger dans tous les cas, peu importe leur camp politique.
Si un propos vous a blessé parce qu’il vous visait, soyez attentif aux paroles similaires dirigées contre d’autres.
Le langage dégradant, d’où qu’il vienne, doit être dénoncé, même s’il vise un adversaire politique.
Traiter des personnes comme des bêtes ou des objets est un signal d’alerte : cela facilite l’exclusion morale.
Si des images haineuses vous offensent selon leur cible, elles doivent toutes vous inquiéter, quel que soit leur auteur.
Déshumaniser n’est pas tenir responsable. Cela ne favorise ni la justice ni le changement. L'auteure appelle à dépasser les faux choix entre loyauté et responsabilité. Aimer un groupe, c’est aussi le rendre meilleur en nommant les abus. Refuser les espaces où la dignité est bafouée, ce n’est pas chercher le confort émotionnel, c’est refuser la violence symbolique. La véritable appartenance commence par le courage de réhumaniser.
Transformation des conflits
Pour mieux naviguer les conflits, la Dre Michelle Buck — interrogée par Brené Brown pour le livre — propose une approche qui transforme la confrontation en connexion. Plutôt que de fuir ou de «convenir de ne pas être d’accord», elle suggère d’explorer les intentions sous-jacentes de chacun. Cela permet de dépasser les malentendus et de renforcer la relation.
Elle recommande aussi de déplacer la conversation du passé vers un avenir commun à construire ensemble. Pour elle, il ne s’agit pas de «résoudre» mais de transformer le conflit, en créant de nouvelles perspectives et une compréhension mutuelle plus profonde. Enfin, elle insiste sur l’importance de ralentir, de poser des questions comme «Dites-m’en davantage» et surtout d’écouter pour comprendre, pas pour répondre.
]]>Résumé de "L’éloge de la lenteur" de Carl Honoré : ce livre révèle comment notre société, malade du culte de la vitesse, redécouvre progressivement les vertus du ralentissement dans tous les domaines de la vie, non pour rejeter la rapidité, mais pour trouver le tempo giusto - cette juste mesure qui réconcilie l'homme moderne avec sa nature profonde. Carl Honoré y présente ainsi le mouvement "Slow" qui, de l'alimentation à l'éducation, prône un rééquilibrage des rythmes pour une vie plus heureuse.
Par Carl Honoré, 2019, 288 pages.
Titre anglophone : "In Praise of Slow: How a Worldwide Movement is Challenging the Cult of Speed", 2005, 288 pages.
Chronique et résumé de "L’éloge de la lenteur" de Carl Honoré
Avant-propos - La fureur de vivre
Du banc romain à la course effrénée
Carl Honoré commence son livre "L’éloge de la lenteur" par un parallèle pour le moins évocateur entre deux moments de sa vie :
En 1985 : jeune voyageur à Rome, ce dernier profite paisiblement d'un retard de bus, allongé sur un banc à écouter Simon and Garfunkel.
Quinze ans plus tard : devenu correspondant étranger, il se retrouve à courir dans l'aéroport de Fiumicino, maudissant quiconque qui ralentirait sa course.
L'histoire-minute : le déclic
C’est justement lors de cette course effrénée que l'auteur raconte avoir fait une découverte qui va le troubler : il tombe sur un article qui vante les mérites d'histoires-minute pour enfants.
Sa première réaction est enthousiaste : lui qui accélère systématiquement les histoires du soir de son fils de deux ans pour passer à autre chose, en voilà une bonne idée !
Mais une question jaillit soudain : "Suis-je devenu complètement fou ?"
Cette prise de conscience l'amène au fil du temps à s'interroger sur notre obsession collective de la vitesse.
La maladie du temps et les ravages de l’accélération
Carl Honoré revient d’abord sur le concept de "maladie du temps" inventé par le médecin Larry Dossey en 1982 : cette croyance obsessionnelle que "le temps s'enfuit, qu'il n'y en a pas assez et qu'il nous faut pédaler pour le rattraper". Une maladie dont souffre désormais le monde entier.
L'auteur détaille ensuite les conséquences désastreuses de ce culte de la vitesse.
Sur le plan économique, il mène à une consommation effrénée des ressources naturelles.
Sur le plan humain, il génère stress, insomnie, dépression et maladies diverses. Au Japon, le karoshi (mort par surmenage) fait des ravages. Notre santé mentale, nos relations familiales et amicales en pâtissent également. Même nos enfants, de plus en plus occupés, perdent le temps nécessaire au rêve et au jeu libre.
Les rebelles de la lenteur
Face à ce constat alarmant, Carl Honoré observe qu'une minorité grandissante de rebelles refuse le diktat de la vitesse. Dans tous les domaines - alimentation, travail, sexualité, urbanisme - ces pionniers font de la place à la lenteur. Et paradoxalement, ralentir conduit souvent à faire mieux.
Le mouvement Slow Food, fondé par l'Italien Carlo Petrini, incarne cette philosophie. Comme l'explique Petrini à l'auteur : "Aller lentement revient à contrôler les rythmes de sa propre vie". Il ne s'agit pas de tout faire au ralenti, mais de trouver le bon équilibre, ce que les musiciens appellent le "tempo giusto".
À la recherche du temps maîtrisé
Pour conclure cet avant-propos, Carl Honoré précise que son livre "L’éloge de la lenteur" vise à faire connaître ce mouvement naissant, mais représente aussi une quête personnelle : retrouver la sérénité perdue et être capable de lire une histoire à son fils sans regarder sa montre. Comme beaucoup d'entre nous, il cherche simplement à vivre mieux en trouvant un équilibre entre vitesse et lenteur.
Chapitre 1 - Toujours plus vite
1.1 - Sous l'emprise des aiguilles
Dans le premier chapitre de "L’éloge de la lenteur", Carl Honoré examine notre relation obsessionnelle au temps et à la vitesse.
En effet, dès le réveil, notre journée est dictée par l'horloge, note-t-il :
"Dès le tout premier moment de la journée, le réveil mène le jeu. Et il en ira de même jusqu’au soir, tandis que nous courons d’un rendez-vous, d’une échéance à l’autre. Chaque moment s’inscrit dans un emploi du temps général et, où que nous regardions, qu’il s’agisse de la table de nuit, de la cantine du bureau, de l’écran de notre ordinateur ou de notre propre poignet, l’heure tourne, suivant nos progrès, nous enjoignant de ne pas prendre de retard."
Ainsi, nous vivons dans un monde où le temps nous paraît comme un train sur le point de partir, nous laissant toujours avec l'impression de manquer d'heures dans la journée.
1.2 - De la lune aux horloges : la mesure qui nous mesure
L'auteur retrace ici l'histoire de notre rapport au temps.
De tout temps, observe-t-il, l'humanité a cherché à mesurer son passage : des chasseurs de l'âge glaciaire comptant les phases lunaires aux premières horloges mécaniques du XIIIe siècle.
Mais Carl Honoré fait remarquer que cette mesure du temps est une arme à double tranchant : si elle nous rend plus efficaces, elle nous asservit également. Comme le dit le proverbe italien qu'il cite : "L'homme mesure le temps, le temps mesure l'homme".
1.3 - Quand les machines dictent le tempo
Dans cette histoire de notre rapport au temps, la révolution industrielle représente un tournant décisif.
Car soudain, avec l'avènement des machines, la vitesse devient possible et souhaitable. Le capitalisme, explique Carl Honoré, se nourrit littéralement de cette accélération. Benjamin Franklin consacre cette union avec son célèbre aphorisme : "Le temps, c'est de l'argent". Dès lors, l'efficacité devient une vertu cardinale et la lenteur un péché capital.
1.4 - L'accélérateur urbain et le chronomètre de Taylor
L'auteur décrit comment l'urbanisation va alors amplifier cette tendance. Les villes agissent comme de véritables accélérateurs de particules humaines.
À la fin du XIXe siècle, Frederick Taylor pousse cette logique à l'extrême avec son "management scientifique" qui mesure chaque tâche au chronomètre. Sa devise - "le système en premier, l'homme en second" - marque durablement notre psyché.
1.5 - Le mirage du temps gagné
Mais Carl Honoré pointe du doigt le paradoxe de la technologie : censée nous faire gagner du temps, elle crée en réalité de nouvelles obligations.
L'exemple de la machine à laver est révélateur : elle a libéré les femmes de longues heures de corvée, mais les standards d'hygiène ont tellement évolué que le linge sale reste omniprésent dans nos foyers modernes.
1.6 - La vitesse, cette drogue
Carl Honoré constate aussi que notre rapport à la vitesse présente toutes les caractéristiques d'une addiction. Nous nous habituons, en effet, à la vitesse et en réclamons toujours davantage, comme le suggère le nom de cette voiture de course de 1899 : "La Jamais Contente".
1.7 - Le temps désorienté
Pour conclure, Carl Honoré observe que notre monde 24/7 a brouillé les frontières temporelles traditionnelles. Contrairement à la sagesse biblique selon laquelle "il y a une saison pour chaque chose", nous vivons désormais dans un présent perpétuel où tous les temps se confondent.
Mais il n'est pas trop tard pour changer ! lance l’auteur. Car paradoxalement, "le mouvement pour la lenteur se développe à toute allure".
Chapitre 2 - Vive la lenteur !
Dans le chapitre 2 de "L’éloge de la lenteur", Carl Honoré nous présente différents mouvements qui résistent activement au culte de la vitesse.
2.1 - Les gardiens du temps propre
L’auteur commence par nous faire découvrir la Société pour la décélération du temps, basée en Autriche, qui compte plus de mille membres à travers l'Europe centrale.
Ces activistes prônent l'eigenzeit - le "temps propre" à chaque être ou événement - et militent pour que chacun trouve son tempo giusto, sa juste mesure.
L'auteur décrit avec humour leurs actions ludiques, comme les "pièges à vitesse" où les passants trop pressés doivent manipuler une marionnette de tortue, ou leur conférence annuelle à Wagrain dont le slogan est "On commence quand c'est le bon moment". Il nous présente également le projet d'un hôtel de la Lenteur, où toute technologie serait bannie pour permettre de réellement décélérer.
2.2 - La résistance mondiale à l'accélération
Carl Honoré souligne que ce mouvement n'est pas isolé. Au Japon, le Sloth Club promeut un mode de vie plus calme, tandis qu'à San Francisco, la Fondation du temps maintenant crée d'imposantes horloges qui ne sonnent qu'une fois par an pour nous inciter à penser à long terme.
2.3 - Des cadrans solaires aux syndicats : histoire d'une rébellion
L'auteur retrace ensuite l'histoire de cette résistance à la vitesse.
Il rappelle ainsi qu’à l'Antiquité déjà, l’on s'insurgeait contre la tyrannie de la ponctualité.
Que durant la révolution industrielle, les syndicats luttaient pour la réduction du temps de travail, tandis que des intellectuels comme Thoreau prônaient un retour à la simplicité. Et que les médecins de l'époque établissaient déjà des liens entre vitesse et problèmes de santé.
2.4 - L'oasis spirituelle dans la tempête du temps
Carl Honoré fait ensuite remarquer que, pour beaucoup aujourd'hui, la spiritualité offre un refuge contre la frénésie moderne. En effet, toutes les religions, signale-t-il, enseignent la nécessité de ralentir pour se connecter à soi-même et aux autres.
2.5 - Revaloriser la lenteur
Autre point abordé par Carl Honoré : la connotation du mot "lenteur". En effet, un des défis majeurs pour les partisans de la lenteur, explique-t-il, est de changer notre perception de ce mot, encore souvent synonyme d'ennui ou d'incompétence.
2.6 - Se réapproprier son temps
L'auteur conclut en évoquant notre relation névrotique au temps, que certains tentent de modifier. Il raconte l'exemple de ce conservateur de musée qui, conscient de son comportement malsain avec l'excès de précision de l'heure, finit par troquer sa montre ultra-précise et source d'angoisse, pour une simple montre mécanique des années 60.
D'autres décident de ne plus porter de montre du tout. C'est le cas de son interprète qui se sert de l'horloge de son téléphone mobile pour être à l'heure :
"Le fait de ne plus porter de montre au poignet me donne vraiment une relation au temps plus apaisée, confiait-il. Il m’est plus facile de ralentir le rythme, parce que le temps n’est plus constamment dans ma ligne de mire, m’intimant l’obligation de ne pas ralentir, de ne pas le gaspiller, de me dépêcher."
Chapitre 3 - Le temps contre le goût
Dans le troisième chapitre de "L’éloge de la lenteur", Carl Honoré s’intéresse à notre relation à la nourriture dans un monde obsédé par la vitesse.
Il commence par évoquer le dessin animé "Les Jetsons", où une famille du futur se nourrit de pilules et de repas instantanés, fantasme prévisible d'une société cherchant à accélérer toutes les tâches. En fait, l'auteur constate que la nourriture, comme tant d'autres aspects de nos vies, est devenue otage de la précipitation.
3.1 - L'accélération de notre rapport à l'alimentation
C’est la révolution industrielle qui a marqué le début de l'accélération de nos habitudes alimentaires.
D’ailleurs, dès le XIXe siècle, un observateur résumait déjà l'art de la table américain comme "engloutir, déglutir et courir", stipule Carl Honoré.
Aujourd'hui, poursuit-il :
Nos repas excèdent rarement la durée d'un plein d'essence.
Près de la moitié des Britanniques mangent devant la télévision.
Une famille anglaise type passe plus de temps en voiture qu'autour d'une table.
3.2 - Les conséquences de cette accélération sur la production alimentaire
Cette précipitation affecte également la production alimentaire.
L'auteur nous rappelle par exemple qu'autrefois, il fallait cinq ans pour qu'un cochon atteigne 58 kg ; aujourd'hui, il fait son quintal en six mois.
Fertilisants chimiques, pesticides, hormones de croissance et modifications génétiques sont utilisés pour réduire les coûts et accélérer les rendements.
L'industrie agroalimentaire a accompagné cette tendance avec l'essor des plats préparés. Des plateaux-télé au riz "prêt en cinq minutes", en passant par les fours à micro-ondes, tout est conçu pour minimiser le temps consacré à la cuisine.
Carl Honoré observe que même dans les pays de tradition gastronomique comme la France, les restaurants rapides gagnent du terrain face aux bistros traditionnels.
3.3 - Les conséquences de cette accélération sur notre santé et l’environnement
Cette obsession de la vitesse dans notre alimentation a des effets délétères.
L'auteur cite le légendaire gastronome Brillat-Savarin qui affirmait que "la destinée des nations dépend de la façon dont elles se nourrissent". Dans notre précipitation, nous consommons des aliments industriels saturés de sucres et de graisses, ce qui contribue à l'augmentation de l'obésité.
L'agriculture intensive nuit aux ressources naturelles et à l'environnement. Carl Honoré mentionne une étude de l'université de l'Essex qui a calculé que les contribuables britanniques dépensent jusqu'à 2,3 milliards de livres par an pour réparer les dégâts environnementaux et sanitaires causés par l'agriculture industrielle.
3.4 - Le mouvement Slow Food en réponse
Face à cette situation, Carl Honoré présente le mouvement Slow Food, né en Italie en 1986 lorsque McDonald's a ouvert une succursale près de la place d'Espagne à Rome. Fondé par le critique gastronomique Carlo Petrini, ce mouvement promeut tout ce qu'on ne trouve pas chez McDonald's : des produits frais, locaux et de saison, des recettes traditionnelles, une agriculture viable et des repas tranquilles entre amis ou en famille.
Avec l'escargot comme symbole, Slow Food compte désormais plus de 78 000 membres dans plus de cinquante pays. L'association s'organise autour de trois axes principaux :
L'éducation au goût, avec notamment l'ouverture d'une université des sciences gastronomiques,
La sauvegarde des produits artisanaux en voie de disparition,
La promotion d'une agriculture respectueuse de l'environnement.
L'auteur nous explique comment le mouvement a sauvé plus de 130 produits rares en Italie, de la lentille des Abruzzes à l'asperge violette d'Albenga. Des initiatives similaires se développent en Grèce, en France et même aux États-Unis, où l'association compte déjà 8 000 membres.
3.5 - Des initiatives qui se multiplient
Parallèlement à Slow Food, d'autres initiatives se développent dans le même esprit.
Honoré observe la renaissance des marchés fermiers traditionnels, où les producteurs vendent directement aux consommateurs. Aux États-Unis, ces marchés génèrent plus d'un milliard de dollars de revenus annuels.
Des exploitants de tous types prouvent qu'il est possible de produire sans précipitation tout en restant rentables. L'auteur évoque le renouveau des brasseries artisanales, des boulangeries traditionnelles et des élevages extensifs. Il constate que même dans les villes, de nombreuses personnes se mettent à cultiver leurs propres légumes.
Carl Honoré nous emmène ensuite chez Matthew et Catherine, un couple new-yorkais converti à la philosophie Slow Food après un voyage en Europe. Pour eux, cuisiner est devenu "une petite oasis de calme" qui les aide à "endiguer la superficialité de la vie urbaine". Le couple témoigne que cette approche a également renforcé leur relation.
3.6 - Les bénéfices de ralentir à table
L'auteur souligne les multiples avantages de prendre son temps pour cuisiner et manger.
Des études montrent que les enfants issus de familles prenant régulièrement leurs repas ensemble ont plus de chances de réussir leur scolarité et moins de risques de souffrir du stress.
Sur le plan professionnel, Carl Honoré nous raconte l'expérience de Jessie, qui a constaté qu'en s'accordant une vraie pause déjeuner loin de son bureau, elle travaillait "bien plus efficacement l'après-midi" qu'auparavant.
Du côté de la santé, le Dr Patrick Serog rappelle que "le cerveau met quinze minutes à enregistrer un signal de satiété", d'où l'importance de manger lentement.
Pour illustrer pleinement cette philosophie, l'auteur nous fait vivre son expérience au restaurant Da Casetta en Italie, où il passe quatre heures à table sans jamais ressentir "ni ennui ni fatigue". Le repas devient une expérience mémorable, riche en saveurs et en conversations.
3.7 - Un équilibre à trouver
Carl Honoré reconnaît que le mouvement Slow Food doit surmonter d'importants obstacles.
L'industrie agroalimentaire mondiale est structurée pour favoriser une production à faibles coûts et à rotation rapide, et le système de subventions et de distribution fait souvent barrage aux producteurs artisanaux.
Cependant, l'auteur reste optimiste. Il note que l'Union européenne récompense désormais davantage la qualité que la quantité de production agricole. Carl Honoré souligne aussi que les attentes de Slow Food sont réalistes : il ne s'agit pas de transformer chaque repas en banquet de quatre heures, mais d'appliquer quelques principes simples.
Carl Honoré conclut en proposant des conseils pratiques pour intégrer cette philosophie dans nos vies modernes : choisir des produits de qualité, cuisiner plus souvent (même simplement), prendre le temps de savourer les repas et, surtout, les partager avec d'autres.
Comme l'écrivait Brillat-Savarin, "le plaisir de la table est de tous les âges, de toutes les conditions, de tous les pays et de tous les jours", et peut "s'associer à tous les autres plaisirs".
L'auteur nous rappelle que peu d'entre nous disposent des ressources nécessaires pour être des adeptes modèles du Slow Food. Toutefois, nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre l'importance de ralentir notre rythme alimentaire, car bien manger nous rend plus heureux et en meilleure santé : une aspiration profondément humaine qui explique le succès grandissant du mouvement.
Chapitre 4 - La ville entre tradition et modernité
Dans le chapitre 4 de "L’éloge de la lenteur", Carl Honoré nous emmène explorer le mouvement Citta Slow, né en Italie.
4.1 - La dolce vita par décret
Après avoir rencontré Carlo Petrini à Bra, l'auteur découvre une ville où la dolce vita est devenue règle par décret local. Sous l'impulsion de Slow Food, Bra et trois autres cités italiennes se sont officiellement engagées en 1999 à devenir des havres contre la frénésie moderne. Ce mouvement des "Villes de la lenteur" compte désormais plus de trente villes membres en Italie et au-delà.
4.2 - Les cinquante-cinq engagements pour ralentir
Carl Honoré rapporte ensuite sa rencontre avec Bruna Sibille, députée-maire de Bra, qui explique que le but du mouvement n'est pas seulement de ralentir, mais de créer "une façon entièrement nouvelle de voir la vie".
Le manifeste de Citta Slow comprend 55 engagements. Ceux-ci incluent notamment :
La réduction du bruit et de la circulation,
L'augmentation des espaces verts et zones piétonnes,
Le soutien aux commerces locaux,
La promotion d’une technologie respectueuse de l’environnement,
L’adoption d’un esprit d’hospitalité et de bon voisinage,
La préservation des traditions.
4.3 - Moderne sans être pressé
L'auteur précise que ce mouvement ne prône pas un retour nostalgique au passé.
Selon Bruna Sibille : "Être une ville de la lenteur ne signifie pas refuser tout et arrêter le temps." Il s'agit plutôt de trouver un équilibre entre modernité et tradition.
À Bra, cela se traduit concrètement par l'interdiction de circulation dans certaines rues, le bannissement des chaînes de supermarchés, la promotion des commerces familiaux et l'utilisation de produits locaux dans les cantines.
4.4 - Quand lenteur rime avec prospérité
Carl Honoré souligne que l'adhésion à Citta Slow aide les villes à réduire le chômage et à revitaliser leur économie.
Les festivals gastronomiques et les boutiques artisanales attirent les touristes, et le mouvement commence même à inverser l'exode rural.
Cependant, des obstacles demeurent : le travail reste intense pour beaucoup de commerçants, et les Italiens peinent à renoncer à leur passion pour la conduite rapide.
4.5 – La lenteur urbaine, une tendance qui s’est construite à travers les décennies
L'auteur replace cette tendance dans un contexte historique.
Au XIXe siècle déjà, les urbanistes tentaient d'importer en ville le calme de la nature à travers des jardins publics. Le mouvement des cités-jardins d'Ebenezer Howard en Grande-Bretagne visait à créer des villes entourées de ceintures vertes. Aujourd'hui, la fuite vers la campagne continue : chaque semaine, 1500 Britanniques quittent la ville pour s'installer à la campagne.
Pourtant, nous ne pouvons pas tous fuir les grandes villes, et la plupart d'entre nous n'en ont pas vraiment envie. C'est pourquoi les principes de Citta Slow essaiment dans le monde entier.
Même à Tokyo, centre de l'agitation urbaine, les architectes conçoivent désormais des bâtiments pour aider les gens à ralentir. Carl Honoré nous présente Tetsuro et Yuko Saito, qui ont participé à une coopérative immobilière prônant une construction "lente" et de qualité, à l'opposé de l'approche standardisée typique au Japon.
L'auteur évoque ensuite les "politiques du temps urbain" apparues en Italie dans les années 1980, qui visent à harmoniser les horaires des services publics pour rendre le quotidien moins stressant. De même, la lutte contre le bruit et les nuisances sonores gagne du terrain en Europe.
4.6 - Freiner l'addiction à la voiture
Carl Honoré identifie l'automobile comme "l'ennemi numéro un" des défenseurs de la lenteur urbaine.
Paradoxalement, même lors du Salon du goût 2002, un constructeur automobile présentait une berline turbo ultrarapide, illustrant notre rapport ambivalent à la vitesse. Pour combattre cette addiction, des programmes comme celui du comté du Lancashire proposent aux contrevenants des sessions de sensibilisation plutôt que des amendes.
En parallèle, des urbanistes reconfigurent les quartiers résidentiels pour favoriser les piétons. Carl Honoré décrit la woonerf néerlandaise (la "rue vivante") et les zones protégées britanniques, conçues pour ralentir la circulation et encourager les interactions sociales.
4.7 - La banlieue qui prend son temps
Pour terminer, l'auteur nous fait découvrir le mouvement du "Nouvel Urbanisme" en Amérique du Nord, qui s'inspire des banlieues du début du XXe siècle desservies par le tramway.
À Kentlands, Maryland, l'un des joyaux de ce mouvement, chaque détail est calculé pour ralentir le rythme des riverains et favoriser les rencontres. Les résidents peuvent faire leurs courses à pied, et les enfants vont à l'école sans voiture.
4.8 - Suspect de marche à pied
Une anecdote révélatrice clôt le chapitre : lors d'une promenade dans une banlieue traditionnelle voisine de Kentlands, Carl Honoré est interpellé par la police, simplement parce qu'il marchait : cette activité y est, en effet, si inhabituelle qu'elle éveille les soupçons.
Quand de retour à Kentlands, il croise des piétons qui se saluent amicalement, l’auteur prend parfaitement la mesure du contraste entre ces deux visions de la vie urbaine.
Chapitre 5 - Un esprit sain dans un corps sain
Le chapitre 5 du livre "L’éloge de la lenteur" aborde la dimension mentale et physique de la lenteur.
Carl Honoré commence par observer que la ligne de front contre le culte de la vitesse se situe d'abord dans notre tête. Pour que la philosophie de la lenteur s'enracine véritablement, nous devons alors, soutient-il, modifier notre façon de penser.
5.1 - Les deux visages de la pensée
L'auteur fait référence aux travaux du psychologue Guy Claxton qui identifie deux modes de fonctionnement cérébral :
La pensée rapide => rationnelle et analytique
La pensée lente => intuitive et créative.
Cette dernière émerge quand la pression disparaît, permettant aux idées de mûrir à leur propre rythme.
Des études montrent que les personnes sont plus créatives quand elles sont calmes, alors que la pression du temps limite leur vision.
5.2 - Méditer pour décélérer
Pour accéder à cette pensée lente, Carl Honoré évoque d'abord la méditation.
Il partage son expérience lors d'une retraite de trois jours au Centre international de méditation dans le Wiltshire rural.
Malgré ses appréhensions initiales, il constate rapidement les effets positifs : "Au fur et à mesure du week-end, je commence à ralentir, sans même y penser." À la fin de son séjour, il se sent plus détendu et créatif, avec des idées de travail qui "jaillissent de son subconscient tels des poissons à la surface d'un lac."
Carl Honoré partage ici les témoignages qu’il a recueilli de pratiquants réguliers comme Neil Pavitt, rédacteur publicitaire, pour qui la méditation représente "une base solide où prendre racine", ou Mike Rodriguez, consultant en management, qui se décrit comme "un îlot de calme dans un océan de folie."
5.3 - Le corps qui calme l'esprit
L'auteur passe ensuite au lien entre corps et esprit.
Il souligne que certains exercices physiques peuvent également favoriser cette tranquillité mentale.
Le yoga
Carl Honoré présente le yoga comme un régime combinant exercices physiques et calme mental. Mark Cohen, un courtier de Wall Street, témoigne : "Lorsque j'accomplis mes postures, tout s'apaise à l'intérieur de moi." Cette pratique l'aide même à trouver des solutions à ses problèmes professionnels.
Le qi gong
Le qi gong est une autre discipline orientale que l'auteur explore, notamment à travers l'expérience de Mike Hall, professeur de squash et de golf à Édimbourg. Ce dernier affirme que les mouvements lents et contrôlés du qi gong permettent d'éviter les gestes brusques et d'acquérir une tranquillité d'esprit, avec ce paradoxe d'être "en même temps immobile et en mouvement."
La marche
Honoré s'intéresse également à la marche, qu'il qualifie "d'art oublié" selon l'Organisation mondiale de la santé. Non seulement elle améliore la forme physique, mais elle favorise aussi la méditation. Edward Abbey, écrivain environnementaliste, cité par l'auteur, constate que "la marche rend le monde plus grand et donc plus intéressant. On a le temps d'observer les détails."
La musculation SuperSlow
Pour clore ce chapitre, Honoré présente la méthode SuperSlow, une technique de musculation où les mouvements sont exécutés très lentement. Selon son fondateur Ken Hutchins, "c'est sa lenteur qui rend l'exercice si productif." En visitant un club à New York, l'auteur découvre que cette méthode procure non seulement des bénéfices physiques, mais aussi mentaux. Jack Osborn, avocat et pratiquant, explique : "J'arrive à une sorte de calme méditatif qui dure jusqu'au soir."
Au fil de ces différentes pratiques, Carl Honoré démontre qu'un rythme plus lent permet souvent de meilleurs résultats, tant sur le plan physique que mental. Comme le résume une femme aperçue dans la rue à la fin du chapitre : "La lenteur, c'est la nouvelle vitesse."
Chapitre 6 - La santé : médecine et patience
Dans le 6ème chapitre de "L’éloge de la lenteur", Carl Honoré aborde la problématique du temps dans le domaine médical.
6.1 - "Docteur Speed" et la course contre la montre médicale
Il commence par relater sa propre expérience avec un spécialiste qu'il surnomme "Docteur Speed", qui cherche à expédier la consultation en demandant des réponses rapides et concises.
L'auteur fait remarquer que dans les hôpitaux du monde entier, les médecins subissent la pression de devoir gérer leurs patients rapidement. En Grande-Bretagne par exemple, une consultation moyenne ne dure que six minutes.
6.2 - Quand la patience redevient une vertu médicale
Carl Honoré reconnaît que la rapidité est souvent primordiale en médecine, notamment dans les situations d'urgence.
Cependant, il souligne qu'elle n'est pas toujours la meilleure approche. En réaction, un mouvement de retour à une médecine plus patiente prend de l'ampleur, avec des médecins qui réclament plus de temps avec leurs patients.
6.3 - Les médecines alternatives : naturellement lentes
L'auteur s'intéresse ensuite aux médecines alternatives et complémentaires (MAC), qui séduisent des millions de personnes déçues par la médecine conventionnelle. Il note que ces approches sont naturellement d'obédience Slow, agissant en harmonie avec le corps et l'esprit.
Les MAC constituent un vaste mouvement incluant l'homéopathie, la phytothérapie, l'acupuncture, le massage et les thérapies énergétiques.
Carl Honoré présente ici la clinique Hale à Londres, autrefois considérée comme un refuge pour adeptes du New Age, mais qui attire aujourd'hui toutes sortes de patients, des chefs d'entreprise aux professeurs. Il explique que les praticiens des MAC passent beaucoup plus de temps avec leurs patients, certains accordant jusqu'à deux heures de consultation.
6.4 - La médecine conventionnelle à l'école de la lenteur
L'auteur observe que la médecine conventionnelle s'ouvre toutefois progressivement à la lenteur.
En effet, les hôpitaux intègrent désormais la relaxation thérapeutique, aménagent des jardins et reconnaissent les bienfaits de la nature. Par ailleurs, de nombreux médecins traditionnels recommandent maintenant le yoga, la méditation ou dirigent leurs patients vers des praticiens alternatifs.
Pour illustrer l'efficacité de ces approches, Carl Honoré partage plusieurs témoignages, dont celui de Nik Stoker, qui a trouvé dans l'acupuncture et la phytothérapie un soulagement à ses douleurs menstruelles après des années d'échec de la médecine conventionnelle.
6.5 - Rendez-vous avec le reiki : une expérience personnelle
Le chapitre s'achève sur l'expérience personnelle de l'auteur avec le reiki.
Intrigué par les témoignages enthousiastes et déçu par les traitements conventionnels pour sa jambe douloureuse, il décide d'essayer cette thérapie énergétique. Après une consultation d'une heure où la thérapeute prend le temps de l'écouter et de le traiter, il constate avec surprise une amélioration de sa condition.
Carl Honoré conclut : "Quelle que soit l'explication, le reiki semble fonctionner pour moi" et illustre parfaitement le proverbe anglais qui donne son titre au chapitre : "Le temps est un grand médecin."
Chapitre 7 - Quand l'amour prend son temps
7.1 - Le paradoxe de notre sexualité
Carl Honoré débute le chapitre 7 de "L’éloge de la lenteur" par une anecdote sur le chanteur Sting, devenu la risée publique après avoir évoqué sa pratique du tantrisme.
Pour l’auteur, cette histoire illustre notre rapport paradoxal à la sexualité : bien que notre société soit saturée d'images érotiques, nous consacrons peu de temps à l'acte lui-même. Il cite une étude révélant que l'adulte américain moyen passe à peine une demi-heure par semaine à faire l'amour.
7.2 - Pourquoi nous précipitons-nous au lit ?
Le sexe expéditif n'est pas une invention moderne. Du besoin de survie préhistorique aux conceptions religieuses limitant la sexualité à la procréation, les raisons de se presser ont évolué avec le temps.
Aujourd'hui, Carl Honoré identifie plusieurs facteurs à cela : notre biologie, la fatigue, le manque de temps, mais surtout notre culture de la vitesse qui valorise davantage la destination que le voyage, réduisant le sexe à la recherche d'un orgasme.
7.3 - La révolution du Slow Sex : des initiatives inspirantes
L'auteur nous présente ensuite différentes initiatives prônant une sexualité plus lente.
Au Japon, par exemple, un magazine masculin a publié une série d'articles sur le "sexe au ralenti" polynésien. En Italie, Alberto Vitale a fondé le mouvement Slow Sex pour sauver les rapports amoureux de "la frénésie insensée de notre monde fou et vulgaire". Carl Honoré explique que loin d'être confinée aux hippies, cette philosophie du ralentissement séducteur séduit désormais des couples ordinaires.
7.4 - Le tantrisme : 5000 ans d'expertise en lenteur érotique
Le tantrisme représente l'exemple parfait de cette sexualité lente.
Cette discipline indienne, vieille de 5000 ans, combine méditation, yoga et techniques respiratoires pour transformer l'acte sexuel en expérience spirituelle. L'auteur partage sa propre expérience lors d'un atelier tantrique à Londres. Malgré son scepticisme initial, il découvre les bienfaits de pratiques comme l'éveil des sens (bandés) ou le "relâchement du flux" qui permet de faire circuler l'énergie sexuelle dans tout le corps.
Des témoignages viennent appuyer ces observations. Les Kimber, mariés depuis trente ans, racontent comment le tantrisme a métamorphosé leur relation. Roger affirme : "Notre sexualité est aujourd'hui davantage empreinte de cœur et de spiritualité". Sa femme Cathy ajoute : "À travers le tantrisme, nous sommes vraiment parvenus à nous connaître en profondeur".
Carl Honoré souligne néanmoins que cette approche lente peut aussi révéler les failles d'une relation, comme l'a vécu Tim Dyer dont le couple n'a pas survécu à l'expérience.
7.5 - Au-delà du plaisir : quand la lenteur sexuelle transforme tout
L’auteur conclut par un parallèle entre vie intime et professionnelle : Roger Kimber, désormais moins obsédé par les délais au travail, a décidé de moins travailler : "Avec tant d’amour et d’orgasmes fabuleux qui l’attendent à la maison, il n’est pas étonnant qu’il soit moins enclin à passer de longues heures enchaîné à son bureau" glisse l’auteur.
Pour Roger, le travail ne compte plus autant. Il constate, en plus, une amélioration de la qualité des produits qu’il vend et un nombre de commandes qui ne faiblit absolument pas pour autant.
"Ralentir le rythme n'a pas les effets désastreux auxquels les gens s'attendent", confirme-t-il, illustrant ainsi comment la lenteur peut avoir un impact positif sur tous les domaines de notre existence.
Chapitre 8 - Travailler moins dur, vivre plus heureux
8.1 - Le mirage de l'ère du loisir
Dans ce nouveau chapitre de "L’éloge de la lenteur", Carl Honoré confronte le mythe de "l'ère du loisir" à notre réalité contemporaine.
Il rappelle que tout au long des XIXe et XXe siècles, des visionnaires comme Benjamin Franklin ou George Bernard Shaw prédisaient que les progrès technologiques nous libéreraient du fardeau du travail.
Or, loin de travailler 14 heures par semaine comme le prévoyaient certains pour l'an 2000, en réalité, beaucoup d'entre nous approchent plutôt de la journée de 14 heures.
8.2 - Amérique vs Europe : deux continents, deux cadences
L'auteur observe qu’en fait, deux tendances contraires se dessinent : tandis que les Américains travaillent davantage qu'il y a vingt ans, les Européens, eux, ont réduit leurs heures de travail.
En effet, un Américain moyen, indique-t-il, travaille désormais 350 heures de plus par an que son homologue européen. Cette addiction au travail résulte de multiples facteurs : notre soif de consommation, la technologie qui rend chacun corvéable en permanence, et la peur du chômage qui pousse à prouver sa valeur par une présence excessive.
8.3 - Travailler jusqu'à l'épuisement : le prix caché
Carl Honoré démontre que cette culture du surmenage nuit tant à notre santé qu'à l'économie.
Il cite en effet une étude japonaise révélant que les hommes travaillant 60 heures par semaine doublent leur risque de crise cardiaque.
Aussi, les pays où l'on travaille moins, comme la Belgique ou la France, affichent paradoxalement une meilleure productivité horaire que les États-Unis.
8.4 - La révolution silencieuse du temps choisi
Face à ce constat, l'auteur décrit l'émergence d'un mouvement mondial en faveur d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
En France, la semaine de 35 heures a révolutionné le rapport au temps libre. Émilie Guimard, économiste parisienne, témoigne : "J'ai désormais du temps pour des activités qui enrichissent ma vie – ce qui est bon pour moi comme pour mes employeurs". Aux Pays-Bas, le "modèle hollandais" permet à un tiers des salariés de travailler à temps partiel.
8.5 - Quand les entreprises s'adaptent : job-sharing et flexibilité
Ce rééquilibrage s'opère aussi dans les entreprises, comme à la Banque royale du Canada où jusqu'à 40 % des employés peuvent aménager leur temps de travail. Karen Domaratzki et Susan Lieberman, cadres qui partagent un poste, expliquent que cette organisation leur apporte non seulement plus de temps pour leur famille, mais aussi une meilleure productivité grâce à la "pensée lente" qui s'exprime durant leurs jours libres.
Mais l'auteur souligne toutefois les obstacles à cette révolution du temps : la résistance des mentalités, particulièrement chez les hommes, et la pression économique dans un monde globalisé.
La Marriott Hotel Chain a trouvé une solution en combattant la culture du "présentéisme" : en autorisant ses employés à partir dès que le travail est terminé, elle a constaté que ses cadres travaillent cinq heures de moins par semaine tout en étant plus productifs.
8.6 - La qualité plutôt que la quantité : ralentir même au bureau
Carl Honoré observe également l'importance de ralentir le rythme même pendant les heures de travail.
L'avocat Erwin Heller consacre désormais deux heures à ses premiers rendez-vous clients, au lieu de dix minutes, ce qui lui permet d'identifier les besoins profonds de ses clients et de travailler plus efficacement.
Certaines entreprises, comme Oracle à Tokyo, ont même créé des espaces de méditation pour permettre à leurs employés de "se déconnecter et se reconnecter".
8.7 - Éloge de la sieste : le nouveau luxe professionnel
Le chapitre se conclut sur le retour en grâce de la sieste, ce "dernier tabou" du monde du travail. De Yarde Metals, qui a construit des salles de sommeil dans ses usines américaines, aux "salons de sieste" espagnols, le petit somme au bureau gagne ses lettres de noblesse. Et confirme la sagesse de Winston Churchill qui affirmait qu'on pouvait ainsi accomplir "deux journées en une".
Chapitre 9 - Pour un art du temps libre
Dans l’avant-dernier chapitre de son livre "L’éloge de la lenteur", Carl Honoré explore notre relation au temps libre, ce droit que les Nations Unies ont reconnu comme fondamental en 1948.
9.1 - Des loisirs aristocratiques aux divertissements de masse
L'auteur rappelle d’abord que cette préoccupation n'est pas nouvelle : Aristote considérait déjà l'occupation judicieuse du temps libre comme l'un des défis essentiels de l'existence humaine.
Carl Honoré retrace alors l'évolution des loisirs à travers l'histoire.
D'abord réservés aux élites, les loisirs se sont progressivement démocratisés après la révolution industrielle. Ainsi, le XIXe siècle a vu naître de nombreux sports-spectacles et l'aménagement d'espaces dédiés au divertissement des masses.
L'auteur relève que, dès cette époque, deux visions du loisir s'opposaient déjà : celle qui y voyait une simple évasion du travail, et celle qui le considérait comme donnant sens à notre existence.
9.2 - Le paradoxe du temps libre moderne : la hâte de se détendre
Malgré les prédictions de nombreux penseurs comme Bertrand Russell, qui imaginait que le progrès technique nous offrirait une abondance de temps libre propice à l'épanouissement personnel, la réalité est toute autre.
Carl Honoré constate notamment qu'aujourd'hui, loin de profiter paisiblement de nos moments de liberté, nous nous précipitons pour les remplir d'activités, fidèles à l'esprit tayloriste qui domine notre époque.
9.3 - Un retour, malgré tout, aux activités lentes
L'auteur observe néanmoins une tendance croissante à redécouvrir des loisirs plus lents et contemplatifs.
Le tricot
Il s'attarde d'abord sur le tricot, autrefois considéré comme une activité désuète, maintenant adopté par des millions d'Américains, dont de nombreuses célébrités.
Bernadette Murphy, auteure de "Zen et Art du tricot", explique pourquoi cette activité séduit tant : "Le tricot est un moyen de prendre le temps d'apprécier la vie, de trouver du sens et de créer des liens". Carl Honoré souligne que cette pratique devient un antidote au stress, permettant d'atteindre un état proche de la méditation.
Le jardinage
Le jardinage représente une autre forme de loisir lent en plein essor.
L'auteur nous présente Matt James, présentateur britannique de l'émission "The City Gardener", pour qui le jardinage permet de "déconnecter, être avec soi-même, laisser son esprit vagabonder". Dominique Pearson, courtier londonien vivant à cent à l'heure, témoigne également que jardiner l'aide à apaiser son esprit et améliore même ses performances professionnelles.
La lecture
Carl Honoré aborde ensuite la lecture, cette pratique qui, selon Paul Virilio, "suppose un temps de réflexion, une décélération qui détruit l'efficacité d'une dynamique de masse". Il évoque la renaissance de cette activité, illustrée par le phénomène Harry Potter et la multiplication des clubs de lecture.
Paula Dembowski, professionnelle du recrutement, confie avoir redécouvert "la relaxation totale que procure le fait de s'asseoir et de passer une soirée entière avec un bon roman".
9.4 - Tempo Giusto : redécouvrir la juste mesure en musique
Une partie importante du chapitre est consacrée à la musique et au mouvement Tempo Giusto, qui défend l'idée que nous jouons aujourd'hui la musique classique beaucoup trop rapidement.
L'auteur nous fait vivre un concert du pianiste allemand Uwe Kliemt, fervent défenseur de cette approche. Ce dernier démontre comment un tempo plus lent permet de révéler la richesse et les nuances des œuvres de Mozart et Beethoven. Kliemt explique : "Lorsque l'on joue trop vite, la musique perd son charme, ses nuances les plus fines et son caractère".
9.5 - Longplayer et ASLSP : quand la musique défie le temps
Pour conclure, Carl Honoré présente deux projets musicaux défiant radicalement notre rapport au temps :
Longplayer, une composition destinée à être jouée pendant mille ans,
Une interprétation de l'œuvre ASLSP, "Aussi lentement que possible", de John Cage, qui durera 639 ans à Halberstadt en Allemagne.
Ces initiatives offrent, selon Norbert Kleist, l'un des organisateurs, "un défi au rythme de vie haletant et bousculé du monde moderne".
Ainsi, à travers ces différents exemples, Carl Honoré montre comment nos loisirs peuvent devenir des espaces de résistance au culte de la vitesse, et ainsi nous permettre de retrouver un rythme plus humain et plus épanouissant.
Chapitre 10 - Épargner nos enfants
10.1 - La rébellion du doyen : quand Harvard prône le ralentissement
Carl Honoré ouvre le dernier chapitre de "L’éloge de la lenteur" avec l'histoire d'Harry Lewis, doyen d'Harvard, qui, confronté à un étudiant obsédé par l'efficacité, réalise que les jeunes sont devenus des "disciples de l'urgence".
Cette prise de conscience l'amène à rédiger une lettre intitulée "Ralentissez" dans laquelle il plaide pour une approche plus modérée des études, où faire moins permet d'obtenir davantage.
10.2 - L'enfance accélérée : grandir trop vite, trop tôt
L'auteur constate que le virus de la vitesse contamine désormais l'enfance.
Les jeunes grandissent plus vite, les fillettes atteignent la puberté plus tôt, et les emplois du temps surchargés sont devenus la norme.
Il partage le cas d'un père furieux qu'une enseignante suggère de réduire les activités de son fils de quatre ans : "Il doit apprendre à travailler dix heures par jour, comme moi", avait-il rétorqué…
10.3 - Les coupables de la course : entre anxiété parentale et société de performance
Carl Honoré identifie plusieurs responsables de cette accélération : les parents anxieux, les publicitaires qui transforment les enfants en consommateurs précoces, et un système scolaire obsédé par la performance.
Il souligne que la compétition pousse de nombreux parents à l'hyper-parentalité, cette "conduite compulsive tendant à vouloir rendre son enfant parfait".
10.4 - Le coût caché du stress infantile : corps et esprits sous pression
Cette pression constante a des conséquences désastreuses.
L'auteur rapporte que des enfants de cinq ans souffrent désormais de problèmes digestifs, d'insomnies et de dépressions liés au stress.
La psychologue Kathy Hirsch-Pasek démontre que les enfants éduqués dans un environnement plus tranquille sont "moins inquiets, plus curieux d'apprendre et plus aptes à penser de façon autonome".
10.5 - Les pionniers de l'éducation lente
Face à cette situation, Carl Honoré présente plusieurs alternatives émergeant à travers le monde.
Il évoque le manifeste de Maurice Holt pour une "scolarité lente" qui valorise la pensée plutôt que les examens. Il fait remarquer que la Finlande, qui applique ces principes, est régulièrement en tête des classements éducatifs internationaux.
Les écoles Steiner, qui évitent l'apprentissage précoce de la lecture, ou l'Institut d'étude de l'enfant de Toronto, qui privilégie "l'apprentissage pour le plaisir", obtiennent d'excellents résultats académiques.
Au Japon, terre du bachotage intensif, des établissements comme Apple Tree abandonnent les tests et les horaires rigides. Hiromi Koike, une élève de 17 ans, témoigne : "Ici, ce n'est pas un crime d'être lente".
10.6 - L'école à la maison : reprendre le contrôle du temps
L'auteur rapporte comment certains parents choisissent plutôt, dans ces conditions, de déscolariser leurs enfants.
Aux États-Unis, plus d'un million d'enfants étudient à domicile, ce qui leur permet de contrôler leur emploi du temps et d'éviter "le réflexe de la hâte". Beth Wood, 13 ans, scolarisée chez elle en Angleterre, confie : "Mes amis sont toujours pressés et stressés à l'école... Moi, je n'ai jamais ce sentiment".
10.7 - Éloge du jeu libre : laisser les enfants être des enfants
Carl Honoré plaide également pour la réhabilitation du jeu libre et non structuré.
Il raconte comment la famille Barnes, à Londres, a réduit les activités extrascolaires de leur fils Jack, qui s'est épanoui avec des horaires allégés.
L'auteur mentionne aussi l'initiative "À vos marques, prêts, détendez-vous !" au New Jersey, où pendant une journée, les devoirs et activités sont annulés.
10.8 - Éteindre les écrans : retrouver le calme et l'imaginaire
La limitation du temps d'écran représente une autre stratégie efficace.
Les Clarke, à Toronto, ont constaté qu'après avoir rangé leur télévision, leurs enfants se sont mis à lire davantage et à pratiquer des activités plus épanouissantes. "Il règne aujourd'hui un calme que nous ne connaissions pas chez nous", confie la mère.
10.9 - Le défi du ralentissement : contre-courant dans un monde de compétition
Pour conclure, l'auteur reconnaît que "réinventer notre approche de l'enfance" n'est pas facile dans un monde obsédé par la compétition. Mais comme le souligne Mme Barnes : "La vie est bien plus agréable quand on sait aller lentement".
Conclusion - À la recherche du tempo giusto
Le Titan et le Titanic : prémonition ignorée
Carl Honoré ouvre sa conclusion par une étonnante coïncidence historique : en 1898, l'écrivain Morgan Robertson imagina dans "Le Naufrage du Titan" un paquebot "pratiquement insubmersible" qui coule après une collision avec un iceberg "au nom de la vitesse". Quatorze ans plus tard, le Titanic connaissait le même sort dans la vie réelle, incarnant de manière frappante les risques inhérents à cette course effrénée vers le progrès et la vitesse.
L'auteur constate que, malgré cette tragédie, l'humanité n'a pas ralenti, continuant à tout faire toujours plus vite, au prix de lourdes conséquences sur nos vies : "Nous manquons tellement de temps, nous entretenons avec lui une relation si pathologique que nous négligeons nos amis, nos familles, nos conjoints", déplore-t-il.
La révolution silencieuse : petits actes, grand mouvement
Pourtant, Carl Honoré perçoit l'émergence d'un puissant contre-courant.
Le mouvement Slow prend de l'ampleur, même s'il n'a pas de structure formelle. Chaque petit acte de décélération contribue à cette révolution silencieuse.
L'Italie, par sa culture méditerranéenne traditionnellement tournée vers les plaisirs et les loisirs, en constitue le sanctuaire spirituel.
La troisième voie : ni tout vite, ni tout lent
L'auteur précise que ce mouvement ne vise pas à remplacer le culte de la vitesse par celui de la lenteur. Il propose plutôt une troisième voie, un équilibre : "Au lieu de faire tout plus vite, faire tout à la bonne vitesse. Quelquefois vite, quelquefois lentement, quelquefois un peu des deux".
Cette philosophie s'incarne dans le concept de "tempo giusto" - le tempo juste - qui reconnaît que chaque personne, chaque acte et chaque moment appelle son propre rythme (eigenzeit).
Contre vents et préjugés : les obstacles au changement
Mais Carl Honoré identifie plusieurs obstacles à ce changement, au ralentissement : nos propres préjugés notamment, et l'inertie d'un monde configuré pour la vitesse.
Il répond aux critiques et sceptiques qui considèrent cette tendance comme un simple effet de mode en soulignant que notre époque a davantage conscience des dangers de l'accélération permanente et affiche une volonté plus affirmée de s’en libérer.
L'effet domino : quand la lenteur devient contagieuse
La force du mouvement Slow réside aussi dans sa force contagieuse.
En effet, quand les gens goûtent aux bienfaits de la lenteur dans un domaine, ils sont naturellement tentés de l'appliquer ailleurs : "une fois que vous remettez en question l'injonction de foncer au travail sans se retourner, vous commencez à le faire dans tous les domaines de votre vie", témoigne une banquière.
Ralentir sans se ruiner : une philosophie pour tous
L'auteur souligne que cette philosophie est accessible à tous, contrairement aux idées reçues. Si certaines pratiques comme les médecines alternatives ou les aliments bio peuvent coûter cher, la plupart des gestes essentiels sont gratuits : méditer, marcher, cuisiner ou tout simplement résister à l'injonction d'aller toujours plus vite.
Confession d'un converti : le parcours personnel de Carl Honoré
Pour conclure, Carl Honoré partage sa propre évolution.
Il décrit comment il a progressivement vaincu son addiction à la vitesse en laissant sa montre dans un tiroir, en cuisinant davantage, et en pratiquant la méditation.
Le test ultime ? Sa capacité désormais à lire tranquillement des histoires à son fils sans regarder l'heure ni sauter de pages.
L'histoire du soir : l'ultime victoire sur l'urgence
Ainsi, dans une touchante anecdote finale, l'auteur raconte comment, après avoir pris tout son temps pour lire et discuter avec son fils, c'est ce dernier qui, de lui-même, annonce avoir eu assez d'histoires pour la soirée.
"J'ai mis la lampe de chevet en veilleuse avant de quitter la chambre. Puis, le sourire aux lèvres, j'ai descendu tout doucement l'escalier", conclut-il, symbole parfait de la sérénité retrouvée grâce à l’art de ralentir.
Conclusion de "L’éloge de la lenteur" de Carl Honoré
Quatre idées phares du livre "L'éloge de la lenteur" à se rappeler !
Idée n°1 : Nous souffrons collectivement d'une "maladie du temps" qui dégrade notre qualité de vie
La première force de l'ouvrage de Carl Honoré consiste à mettre un nom sur notre malaise contemporain : la "maladie du temps".
Ce syndrome, identifié par le médecin Larry Dossey, désigne cette croyance obsessionnelle que "le temps s'enfuit, qu'il n'y en a pas assez et qu'il nous faut pédaler pour le rattraper".
L'auteur démontre alors comment cette course perpétuelle est responsable de dommages considérables : stress chronique, problèmes de santé, relations familiales détériorées, épuisement professionnel et destruction des ressources naturelles.
Cette prise de conscience, que Carl Honoré illustre par sa propre expérience - il réalise qu’il est un père pressé qui en vient à considérer les "histoires-minute" pour enfants comme une solution - constitue le point de départ d'une réflexion plus large sur notre rapport malsain à la vitesse.
Idée n°2 : Le mouvement Slow ne rejette pas la vitesse mais recherche le "tempo giusto", la juste mesure
Contrairement aux idées reçues, la philosophie de la lenteur ne prône pas l'abolition de toute forme de rapidité. Elle propose plutôt de trouver ce que les musiciens appellent le "tempo giusto" - la juste mesure, adaptée à chaque situation.
Comme l'explique Carlo Petrini, fondateur du mouvement Slow Food : "Aller lentement revient à contrôler les rythmes de sa propre vie". Il s'agit de distinguer quand la vitesse est nécessaire et quand elle devient contre-productive.
L'auteur démontre, exemples à l'appui, que ralentir conduit souvent à faire mieux - que ce soit en cuisine, au travail, en amour ou dans l'éducation des enfants. Cette recherche d'équilibre représente une véritable révolution face à notre tendance moderne à valoriser la vitesse en toutes circonstances.
Idée n°3 : Les bénéfices du ralentissement se manifestent dans tous les domaines de notre existence
Carl Honoré présente un panorama complet des applications concrètes de la philosophie Slow à travers dix chapitres thématiques. De l'alimentation (Slow Food) à l'urbanisme (Citta Slow), en passant par la médecine, la sexualité (Slow Sex), le travail et l'éducation des enfants, l'auteur décrit comment le mouvement pour la lenteur transforme déjà nos sociétés.
Ces initiatives ne sont pas de simples lubies marginales mais des réponses cohérentes aux limites du modèle d'accélération perpétuelle. Les témoignages qu'il recueille - du courtier qui découvre la méditation au couple qui redonne vie à sa relation grâce au tantrisme, de l'avocat qui consacre plus de temps à ses consultations aux villes qui limitent la circulation automobile - montrent que la décélération n'est pas synonyme d'inefficacité, bien au contraire.
Idée n°4 : La lenteur est contagieuse et accessible à tous, quels que soient nos moyens
L'une des découvertes les plus encourageantes de ce livre est l'effet "domino" de la lenteur.
En effet, lorsqu'une personne commence à ralentir dans un domaine de sa vie, elle tend naturellement à appliquer cette philosophie ailleurs. Ainsi, comme le témoigne une banquière citée par l'auteur : "Une fois que vous remettez en question l'injonction de foncer au travail sans se retourner, vous commencez à le faire dans tous les domaines de votre vie".
Carl Honoré insiste également sur l'accessibilité de cette philosophie : si certaines manifestations du mouvement Slow peuvent sembler élitistes (aliments bio, médecines alternatives), la plupart des pratiques sont gratuites - méditer, marcher, cuisiner, lire, simplement prendre son temps ou, comme l'auteur l'a lui-même expérimenté, lire une histoire complète à son enfant sans regarder sa montre.
Qu'est-ce que la lecture de "L'éloge de la lenteur" vous apportera ?
"L'éloge de la lenteur" ne se contente pas de critiquer notre société où tout va toujours plus vite : il vous tend aussi un miroir, vous invite à questionner votre propre rapport au temps et à la vitesse.
Puis, en proposant des alternatives concrètes et accessibles, il vous montre comment adopter la slowlife au quotidien. En parcourant les différents domaines où la lenteur peut s'exprimer, vous découvrirez ainsi certainement au moins un aspect de votre vie pour lequel ralentir serait bon pour vous. Que vous soyez un parent débordé, un professionnel sous pression ou simplement curieux d'un mode de vie plus équilibré, ce livre vous apportera à la fois l'inspiration et des outils pratiques pour amorcer le changement.
Le récit personnel de Carl Honoré, qui partage son cheminement vers la philosophie Slow, ajoute une dimension authentique et captivante. Son témoignage rend le propos particulièrement touchant et crédible.
Ce qui est sûr, c’est qu’après cette lecture, vous ne verrez plus jamais une file d’attente, un repas partagé ou une simple promenade de la même manière !
Pourquoi lire "L'éloge de la lenteur" de Carl Honoré ?
"L'éloge de la lenteur" est une invitation réjouissante à repenser notre rapport au temps dans un monde qui semble ne jamais s'arrêter.
C’est un livre qui mérite d'être lu pour deux raisons principales :
D'abord parce qu'il met des mots sur un malaise diffus que beaucoup d'entre nous ressentons sans parvenir à l'identifier clairement, à le nommer.
Ensuite parce qu'il propose une voie médiane, raisonnable et accessible pour retrouver une vie plus harmonieuse sans renoncer aux avantages de la modernité.
En effet, Carl Honoré ne nous demande pas de rejeter la vitesse, mais simplement de lui redonner sa juste place. Dans une époque où le burnout et l'anxiété deviennent des maux courants, cette lecture s'impose comme un antidote précieux à la "maladie du temps".
Ainsi, si vous vous sentez parfois épuisé par le rythme effréné de ce monde pressé, que vous aspirez à un quotidien plus serein, à une vie moins dictée par l’urgence, ou que vous êtes simplement curieux de connaître les bienfaits de la lenteur dans les divers aspects de votre vie (travail, alimentation, éducation, loisirs, amour), alors je ne peux que vous recommander de lire "L’éloge de la lenteur". Car, à mi-chemin entre réflexion et solutions concrètes, ce livre vous aidera à redonner du sens au temps, sans renoncer aux avantages de la modernité.
Points forts :
Une analyse lucide et pertinente de notre rapport pathologique au temps et de ses conséquences sur notre santé physique et mentale.
Une exploration riche et documentée des alternatives concrètes à la frénésie moderne dans tous les domaines de la vie.
Des témoignages authentiques et variés qui illustrent parfaitement l'universalité du propos.
Un message nuancé qui ne rejette pas entièrement la vitesse mais prône un équilibre réaliste et accessible à tous.
Points faibles :
L'ouvrage, écrit avant l'explosion des réseaux sociaux et des smartphones, mériterait une mise à jour pour intégrer ces nouveaux accélérateurs de notre vie quotidienne.
Comme l’auteur le stipule, certaines solutions proposées, notamment en matière d'alimentation ou de médecine alternative, peuvent sembler élitistes ou peu accessibles à tous les budgets. Toutefois, il ne s’agit là que d’une partie des alternatives présentées.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle : une psychologue reconnue se demande si nous vivons dans un monde avec "de plus en plus de technologies" et de "moins en moins de relations humaines" et elle en vient à la conclusion qu'il faudrait peut-être repenser notre façon d'être ensemble en société — un livre événement par l'une des spécialistes de sciences humaines les plus en vue du moment.
Sherry Turkle, 2015, 523 pages.
Titre original : Alone together (2011).
Chronique et résumé de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle
Préface — Trois tournants
Sherry Turkle a une longue expérience en tant que psychologue et anthropologue. Étudiante à Paris, elle est ensuite partie faire carrière au célèbre Massachussetts Institute of Technology (MIT) pour y étudier "les cultures informatiques". Plus précisément, elle s'intéresse aux rapports intimes que nous entretenons avec le monde numérique.
Au cours des 40 dernières années, elle a écrit trois livres importants :
The Second Self (1984) ;
Life on the Screen (1995) ;
Alone together (2011) (traduit par Seuls ensemble) ;
Reclaiming Conversation (2015) (traduit par Les yeux dans les yeux).
Introduction — Seuls ensemble
« La technologie se présente comme l'architecte de nos intimités. » (Seuls ensemble, Introduction)
Toute la technologie dite "numérique" — depuis l'utopie virtuelle de Second Life aux hamsters de compagnie Zhu Zhu — nous est présentée comme une série d'améliorations artificielles de la réalité. Mais ces "améliorations" sont-elles réelles ? Et sont-elles sans risque ?
Pour l'auteure, il y a un inconvénient majeur à cette promesse de l'hyperconnexion numérique, à savoir la possibilité de la perte des relations humaines directes. Elle le montre bien en citant l'histoire d'une jeune fille qui envoie des textos à son amie alors qu'elles sont dans la même maison !
Sur la base de ce constat, Sherry Turkle propose de demander :
« comment en sommes-nous arrivés là — et sommes-nous contents d'y être ? » (Seuls ensemble, Introduction)
Sherry Turkle utilise plusieurs anecdotes et arguments pour présenter son propos.
Par exemple, alors qu'elle emmène sa fille au New York Museum of Natural History, celle-ci lui dit que le musée aurait dû utiliser des robots à la place des tortues Galápagos, au lieu d'emprisonner des créatures vivantes. Selon l'autrice, beaucoup d'autres enfants réagissent de la même façon, et cela l'inquiète.
Elle critique également le livre d'un expert en intelligence artificielle, David Levy, qui promeut les relations romantiques avec les robots. Elle craint qu'une interaction avec un objet inanimé "comme s'il" était vivant puisse, d'une manière ou d'une autre, nous faire "perdre" une dimension essentielle de notre humanité.
La technologie moderne promet de nous rapprocher. Ce qui est sûr, c'est qu'elle s'appuie sur nos "vulnérabilités humaines" — à savoir, en premier lieu, le besoin d'intimité avec autrui et de connexion sociale. Mais nous aide-t-elle vraiment à combler ce besoin, ou nous fait-elle courir de nouveaux risques ? Telle est toute la question de cet ouvrage.
Première partie — Le moment robotique : nouvelles solitudes, nouvelles intimités
Chapitre 1 — Nos plus proches voisins
Quelles sont nos relations aux robots domestiques qui peuplent déjà nos quotidiens ? L'auteure a mené de nombreuses études pour tenter de répondre à cette interrogation.
Tout d'abord, en tant qu'étudiante du MIT dans les années 1970, elle a fait l'expérience d'ELIZA, un programme informatique de base qui avait pour propriété essentielle de mimer un dialogue avec un psychothérapeute.
En réalité, ELIZA se contentait souvent de reformuler (éventuellement sous forme de questions) ou de paraphraser les propos de l'utilisateur. Mais la plupart des personnes l'ayant utilisé étaient prises au jeu et lui révélaient leurs secrets.
Pour Sherry Turkle, les participants ne pensent en rien qu'ils parlent à une véritable intelligence, mais ils "jouent le jeu", en quelque sorte. Autrement dit, ils sont complices du programme et utilisent les capacités du programme pour provoquer ce qu'ils attendent, à savoir des réponses réalistes d'ELIZA.
Il en va sensiblement de même pour les enfants avec les Furbies, ces peluches animées qui peuvent interagir avec leurs propriétaires. À travers les interviews qu'elle a menées durant de longues années, Sherry Turkle découvre que les petits considèrent les Furbies comme vivants, tout en sachant qu'ils ne sont pas "biologiquement vivants".
En fait, les enfants n'ont pas peur de brouiller les catégories : ils voient leur Furby à la fois comme une machine et comme un être vivant. Wilson, un petit garçon interrogé par l'auteure, affirme qu'il peut "toujours entendre la machine à l'intérieur".
D'un autre côté, dans ses études sur l'usage des Tamagotchis par les enfants, Sherry Turkle a remarqué que certains d'entre eux pleurent la mort de leurs petits animaux de compagnie électroniques. Elle donne ainsi l'exemple d'une petite fille qui refuse d'appuyer sur reset après la "mort" de son Tamagotchi.
Selon l'auteure, la pensée de ces enfants est directement liée à leurs interactions — c'est une pensée pragmatique, orientée vers l'action. Ils se prennent au jeu, comme si les Tamagotchis étaient en vie, et se demandent : que veut-il ? Quelles sont les expériences significatives que j'ai eues avec lui ?
Chapitre 2 — Assez vivants
Sherry Turkle amène avec elle huit Furbies dans une école primaire au printemps 1999. Directement, les enfants essaient de se connecter avec les jouets en leur parlant. Ils remarquent que les Furbies ont beaucoup en commun avec eux :
Ils ont des besoins ;
Ils sont distincts les uns des autres ;
Enfin, ils ont besoin d'être nourris.
Étrangement, certains enfants utilisent le vocabulaire des êtres vivants pour parler des machines, et parfois s'appliquent à eux-mêmes le vocabulaire des machines pour parler d'eux-mêmes. Un flou se crée. Pour l'auteure :
« [Les Furbies] promettent la réciprocité parce que, contrairement aux poupées traditionnelles, elles ne sont pas passives. Ils font des exigences. Ils se présentent comme ayant leurs propres besoins et leur vie intérieure. » (Seuls ensemble, Chapitre 2)
Autre expérience : le « test à l'envers ». Ici, des adultes tiennent trois "choses" à l'envers :
Une Barbie ;
Une gerbille (sorte de hamster) ;
Et enfin un Furby.
Apparemment, les gens sont plus réticents à laisser le Furby à l'envers trop longtemps. Pourquoi ? Car celui-ci, contrairement aux deux autres, est capable de dire "J'ai peur" (langage programmé dans la machine). Ils savent que c'est un robot, et pourtant c'est plus fort qu'eux, ces paroles les touchent.
Sherry Turkle raconte encore les opinions de deux garçons sur les robots, à vingt-cinq ans d'intervalle.
En 1983, l'auteure parle à Bruce, un garçon qui pense que, bien qu'un robot puisse faire moins d'erreurs, les défauts des humains sont ce qui les rend spéciaux.
En 2008, elle s'entretient avec Howard, qui voit quant à lui l'infaillibilité d'un robot comme un avantage. Il pense qu'un robot est susceptible de donner de meilleurs conseils qu'un humain, car il a accumulé davantage de connaissances.
Dans le cas de Bruce, c'est l'humanité et sa singularité qui sont mises en avant. La réponse de Howard, quant à elle, est typique de l'optimisme qui caractérise les constructeurs de technologies numériques et de robots. Mais celle-ci, pour Sherry Turkle, comporte le risque de se satisfaire des relations robotiques.
En d'autres termes, l'auteure craint que nos interactions répétées avec des robots sociables ne mènent à une réduction de ce que nous considérons comme "la vie", et tout particulièrement la vie humaine, avec les liens sociaux complexes qui la caractérisent.
Chapitre 3 — De vrais compagnons
C'est ce qu'elle cherche à exemplifier à partir d'un autre cas : la relation entre les robots AIBO — les chiens robots — et leurs propriétaires. Est-ce un véritable animal de compagnie ? Et plus important : est-ce que le fait de faire "comme si" il s'agissait d'un vrai chien peut amener ces personnes à se suffire de ce type de relation, somme toute limitée ?
Que leur manquent-ils ? Pour Sherry Turkle, la réponse est claire : l'altérité, à savoir la capacité de voir le monde à travers les yeux d'un autre.
Pour l'auteure, comme le robot n'est pas vivant, il devient simplement une prothèse ou une extension de la personne qui le possède. Lorsque nous interagissons avec des êtres humains, nous avons l'habitude de considérer l'altérité. Ne pas le faire est même le signe certain d'un problème psychologique (personnalité narcissique, manipulatrice, etc.).
Dans leurs relations avec AIBO, les enfants sont à nouveau pragmatiques. Ils le considèrent "comme si" il était un animal de compagnie normal et agissent en fonction. Toutefois, une jeune fille interviewée par l'auteure dit que l'AIBO est plus facile que les animaux de compagnie à certains égards parce qu'elle peut l'éteindre, à la différence d'un "vrai" animal vivant.
Sherry Turkle appelle cela un « attachement sans responsabilité ». Selon elle, s'habituer à ce type d'interaction peut être risqué dès lors qu'il influence nos rapports avec les autres personnes.
Bien sûr, il y a des nuances à faire. Les personnes n'interagissent pas de la même manière avec ces robots et ces interactions ne disent pas la même chose de notre façon d'agir avec les autres. À la fin du chapitre, l'auteure présente plusieurs exemples qui permettent de nuancer le propos.
Chapitre 4 — Enchantement
My Real Baby est une poupée robotique sortie en 2000. C'est un robot sociable légèrement plus avancé que le Furby. Il mûrit et devient plus indépendant. Sa "personnalité" est peu à peu façonnée par la façon dont il est traité par son propriétaire.
Sherry Turkle étudie les interactions entre My Real Baby et les enfants âgés de 5 à 14 ans. Elle remarque tout d'abord qu'ils voient les robots sous un jour positif, à la manière dont ils sont présentés dans les blockbusters hollywoodiens (R2D2 dans Star Wars ou Wall-e, par exemple).
L'auteure s'intéresse à la question de savoir si les enfants pensent que les robots pourraient, à l'avenir, prendre soin d'eux ou de leurs proches (enfants ou personnes âgées). Elle récolte des réponses — et des questions — intéressantes.
Certains se demandent concrètement si les robots ont de l'empathie pour eux. Selon Sherry Turkle, c'est une idée particulièrement courante chez ceux qui ont des parents absents. Un enfant nommé Kevin, âgé de 12 ans et particulièrement précoce, demande à l'auteure :
« Si les robots ne ressentent pas de douleur, comment pourraient-ils vous réconforter ? »
Mais d'autre part, Sherry Turkle remarque aussi que le comportement pragmatiste de bon nombre d'entre eux ne change pas : ils se satisfont de l'action simulée du robot et s'inquiètent seulement du fait qu'il pourrait tomber en panne.
Lorsqu'elle les interroge sur l'utilisation des robots pour aider leurs grands-parents, certains enfants affirment qu'ils pourraient être utilisés pour intervenir en cas de problème (chute, mort, etc.) ou de les aider à se sentir moins seuls. Mais certains enfants craignent aussi que leurs grands-parents en viennent à aimer le robot plus qu'eux !
Sherry Turkle termine ce chapitre par deux autres illustrations intéressantes.
Elle donne d'abord l'exemple de Callie, une jeune fille de 10 ans qui a une relation forte avec son jouet My Real Baby. Comme son père est souvent absent, la présence du robot la réconforte et lui fait "se sentir plus aimée". Investie d'un sentiment de responsabilité, elle se considère même comme la mère du bébé.
Tucker, un enfant de sept ans, est atteint d'une maladie grave. Il utilise AIBO pour exprimer ses sentiments sur la mort, sur son corps et sa propre peur de mourir. Il compare AIBO à son chien, mais considère que l'AIBO "fait mieux". Selon Sherry Turkle, il identifie le robot à « un être qui peut résister à la mort par la technologie ».
Chapitre 5 — Complicités
Sherry Turkle fait la découverte du robot Cog pour la première fois en 1994, au MIT. Cog est un robot assez évolué qui apprend de son environnement et cherche à créer du lien social.
Lors de nouvelles expériences avec des enfants, Sherry Turkle présente deux robots — Cog et Kismet (un autre robot "sociable") — à un groupe d'enfants. Ceux-ci, naturellement curieux, interagissent avec les robots et cherchent à faire connaissance.
Ils essaient de plaire aux robots et se font les complices de l'effort des concepteurs pour rendre les robots plus humains qu'ils ne le sont vraiment. Ils parlent et ils dansent avec eux ; bref, ils cherchent à attirer leur attention et à créer du lien social.
Même lorsque les concepteurs expliquent à certains enfants le mécanisme qui se cache derrière ces robots, ou bien lorsque ceux-ci tombent en panne, les élèves interrogés continuent de trouver des justifications et des explications pour conserver cet aspect "vivant".
Pour aller plus loin, Sherry Turkle raconte notamment l'histoire d'une petite fille de 11 ans qui, en raison de ses origines indiennes, a quelques difficultés à s'intégrer dans le groupe.
Elle n'aime pas la façon dont les filles qu'elle fréquente font semblant d'être ses amies, puis se moquent de son accent. Par contraste, elle aime la "fiabilité" de Cog. Selon Sherry Turkle, la petite fille s'assure ainsi d'être aimée, sans risquer le rejet d'autrui.
Une autre petite fille, à l'inverse, considère que c'est de sa faute si le robot ne parle pas suffisamment. Elle se demande pourquoi il n'est pas très bavard et s'en impute la responsabilité. Ici, c'est un sentiment d'échec qui est fabriqué par la relation avec la machine.
L'auteure donne de nombreux autres exemples très parlants. À chaque fois, elle pose la question du sens de créer des robots sociables. Quelles sont les implications éthiques de ce type de technologie et sommes-nous capables de les assumer ?
"Voulons-nous vraiment être dans le business de la fabrication d'amis qui ne pourront jamais être des amis ?" (Seuls ensemble, Chapitre 5)
L'amitié avec les robots ne pourra jamais être réciproque. Ce sera toujours une projection de nos propres sentiments sur un être finalement indifférent. Autrement dit, l'amitié véritable nécessite l'altérité.
Chapitre 6 — L'amour au chômage
Connaissez-vous Paro ? C'est un robot thérapeutique introduit dans certaines cliniques à partir du printemps 2009. Sa cible : les personnes âgées et, avant tout, les résidents des maisons de retraite. C'est l'occasion, pour Sherry Turkle, de revenir sur ses réflexions et ses observations auprès de ce groupe d'individus.
Sherry Turkle raconte d'abord les expériences qu'elle a menées avec My Real Baby. Elle explique que le robot est bien accepté, même si, de façon générale, elle remarque que les personnes âgées cherchent surtout à interagir avec les personnes humaines réelles qui organisent l'étude ou prodiguent les soins.
L'auteure raconte ensuite son incursion auprès des chercheurs en robotique. En 2005, elle assiste à un symposium intitulé « Caring Machines [machines de soin] : l'intelligence artificielle dans les soins aux personnes âgées ». Elle questionne notamment les participants au sujet du titre du symposium lui-même : veut-on vraiment que les machines prennent soin de nos ainés ?
Selon elle, prendre soin est ce qu'elle nomme "le travail de l'amour". Il s'agit avant tout d'une activité fondamentalement humaine.
Plus tard, toutefois, elle parle avec Tim, un homme d'âge moyen qui affirme que le robot Paro améliore la vie de sa mère. Celle-ci, selon lui, semble plus vivante grâce à la compagnie du robot. Mais est-elle pour autant moins seule qu'auparavant ? Telle est l'inquiétude de l'auteure.
Voici quelques autres exemples donnés par Sherry Turkle :
Une personne âgée nommée Andy devient très attachée à un My Real Baby et en vient à lui parler comme à son ex-femme.
Johnathan, un autre résident, ancien ingénieur, est plus terre-à-terre. Il démonte My Real Baby et trouve une puce informatique dont il ignore la composition.
Une femme âgée nommée Edna préfère le jouet à sa véritable arrière-petite-fille de 2 ans parce qu'elle peut jouer avec elle sans aucun risque. Le robot la détend.
Les robots comme Paro ou encore Nursebot (un autre robot de ce genre) commencent à intégrer les maisons de repos. Ils peuvent aider dans certaines tâches, comme la prise de médicaments. Mais nous devons faire attention aux conséquences inattendues de ces technologies sur les liens sociaux et, en particulier, sur la façon dont nous prodiguons l'amour et les soins.
Chapitre 7 — Communion
Sherry Turkle relate une série d''études visant à tester les compétences du robot Kismet dans la conversation entre adultes. Rich, jeune homme de vingt-six ans, participe à cette expérience.
Il commence par activer ce que l'auteure a appelé dès le premier chapitre "l'effet ELIZA". C'est-à-dire qu'il cherche activement à faciliter la relation avec le robot afin de créer l'illusion de son caractère "vivant". Peu à peu, un rapport se crée et Rich se prend au jeu — au point d'oublier que le lien est factice !
Avec Domo, une version améliorée de Kismet pensée pour l'aide ménagère, les effets sont semblables. Selon son concepteur, peu importe de savoir que le robot n'as pas de sentiments ; ce qui compte, c'est ce que nous ressentons lorsqu'un robot, par exemple, nous tient la main.
Mais Sherry Turkle n'est pas d'accord avec ce point de vue. Elle considère que, derrière ce "fantasme de communion", se cache en réalité "l'indifférence ultime" du robot. Et que cette indifférence n'est pas sans conséquences.
Selon le psychologue Clifford Nass, les personnes tendent à éviter les conflits ou à blesser les "sentiments" de l'ordinateur, même s'ils savent, au fond d'eux, que l'ordinateur n'en a pas. C'est toute la thématique de l'"informatique affective", une discipline inventée par Rosalind Picart dont parle l'auteure à la fin de ce chapitre.
Deuxième partie — En réseau : dans l'intimité, de nouvelles solitudes
Chapitre 8 — Toujours connectés
Sherry Turkle se souvient d'un groupe de personnes surnommées « les cyborgs » au MIT, dans les années 90. "Errant dans et hors du réel physique", ils étaient les premiers passionnés des jeux en ligne.
Leur attachement à l'espace virtuel semblait bizarre et marginal dans ces années-là. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? L'auteure souligne que beaucoup d'entre nous vivent comme cela désormais, que ce soit par le biais des réseaux sociaux ou des jeux en ligne comme Second Life.
Pour Sherry Turkle, notre vrai moi, notre moi physique, se confond peu à peu avec notre moi virtuel. Ou, à tout le moins, l'un et l'autre se transforment mutuellement. La psychologue-anthropologue prend plusieurs exemples tirés de ses recherches plus récentes.
En voici un. Pete est un homme d'âge moyen qui vit un mariage malheureux. Mais il a une femme virtuelle dans Second Life. Selon lui, cette relation en ligne aide effectivement son mariage dans la vie réelle à perdurer.
Pourquoi ? Car elle lui donne un exutoire. Dans le jeu, il peut aborder des sujets que sa femme refuse d'entendre. Les moments où il se sent le plus "lui-même", c'est dans le jeu, dit-il encore.
Sherry Turkle s'intéresse aussi au multitâche et à ses implications. Elle rappelle des études ayant montré les effets plutôt négatifs, en terme d'efficacité d'apprentissage, notamment, de ce mode de travail.
Par ailleurs, l'auteure remarque que la patience des gens diminue à mesure que les technologies de communication nous offrent des services toujours plus rapides. Les nuances se perdent aussi. Dans un monde où les réponses instantanées deviennent la norme, il faut faire court et direct.
Sherry Turkle voit ainsi une « symétrie effrayante » émerger : à mesure que les robots sont promus au rang d'être (quasi-) vivants, les personnes qui communiquent en ligne sont rétrogradées au stade de « machines maximisantes », sommées d'être toujours plus efficaces.
Finalement, Sherry Turkle observe un lien fort entre la robotique et les réseaux sociaux. Nous sommes profondément séduits par les deux technologies.
Les robots sociaux attirent les utilisateurs avec leurs besoins artificiels et créent une réponse positive chez les utilisateurs, qui se mettent à "jouer le jeu".
Les réseaux sociaux exigent de nous un engagement de plus en plus intense. Nous nous sentons obligés, ici aussi, d'entrer dans le jeu et de répondre le plus rapidement possible aux notifications et aux messages qui nous sont envoyés.
Chapitre 9 — Grandir constamment reliés
Depuis l'apparition des smartphones, de nombreux adolescents (et adultes) sont "scotchés" à leurs écrans. Quitte, parfois, à les utiliser lorsqu'ils conduisent ou quand ils savent que cela est dangereux.
La génération native d'Internet pense que la connexion via les réseaux sociaux est quelque chose d'acquis, de déjà-là et de premier. Mais, selon l'auteure, cette attitude peut nuire à l'auto-réflexion, qui passe par l'intimité et la solitude.
Par ailleurs, le médium lui-même, à savoir la forme des messages que nous envoyons, encadre la façon dont nous pensons et réagissons. L'auteure craint que le caractère rapide, court et direct des messages déposés sur les réseaux sociaux empêche les adolescents d'exprimer et de ressentir complètement leurs sentiments.
Aujourd'hui, une étudiante qui envoie des messages 15 fois par jour n'est pas considérée comme "anormale". Mais pensez-y. Était-ce ainsi il y a dix ans ? Pas du tout. À cette époque, vous auriez sans doute trouvé cela "bizarre". Les codes sociaux et culturels changent.
Sherry Turkle utilise de nombreux entretiens qu'elle a elle-même réalisés afin de montrer comment les jeunes se "créent des identités" en ligne et comment celles-ci peuvent causer des troubles intérieurs ou participer à réparer (partiellement ou artificiellement) des blessures dans la vie réelle.
Trish, par exemple, est une jeune fille de 13 ans qui est maltraitée physiquement. Dans les Sims Online, elle se crée une famille respectueuse et aimante.
Katherine, 16 ans, expérimente diverses personnalités dans ce même jeu.
Mona et un autre lycéen s'inquiètent de la relation de conséquence entre la création de leur profil sur Facebook et les opportunités qu'ils peuvent avoir dans la vie réelle. Leur profil virtuel peut avoir des conséquences importantes sur leur bien-être et leur avenir.
Sherry Turkle montre qu'un certain nombre d'étudiants sont fatigués de cet "audit" constant et de cette simplification de soi-même qu'implique l'univers des réseaux sociaux.
En résumé :
« Les réseaux sociaux nous demandent de nous représenter sur un mode très simplifié. Et devant notre public, nous nous sentons ensuite tenus de nous conformer à ces représentations simplificatrices. » (Seuls ensemble, Chapitre 9)
Chapitre 10 — Plus la peine de passer un coup de fil
Dans ce chapitre, Sherry Turkle continue son investigation sur les réseaux sociaux et la communication en ligne de façon plus générale.
Elle donne l'exemple d'Elaine, 17 ans, qui préfère envoyer des textos plutôt qu'appeler. Pourquoi ? Car cela lui donne le temps de construire ses pensées sans pression et souvent pendant qu'elle est seule. Ici, le message écrit peut aider la réflexion.
Audrey, 16 ans, est quant à elle timide. Elle préfère envoyer des textos, plutôt que de parler. Mais c'est surtout parce qu'elle n'aime pas mettre fin aux appels. Ses parents sont divorcés et ses frères sont souvent occupés ; dès lors, elle ressent chaque fin d'appel comme un rejet. Avec les textos, c'est plus simple, dit-elle.
Cela dit, elle avoue que, lorsqu'elle a déménagé, elle aurait aimé dire au revoir à l'un de ses amis par téléphone ou en personne, plutôt que par message écrit.
D'ailleurs, les adolescents ne sont pas les seuls à préférer les textos. L'auteure cite une femme adulte qui cherche à convertir son mari à ce mode de communication. Lui qui préfère téléphoner se voit contraint d'écrire afin d'être "plus efficace".
Sherry Turkle utilise de nombreux autres exemples en relation aux textos. À chaque fois, elle montre bien l'ambiguïté de ce médium. En effet, celui-ci peut aider à l'expression. Mais il contraint également énormément les échanges.
Et — comme nous avons toujours le mobile à côté de nous — il ne permet plus que rarement les moments de solitude et de remise en question.
Chapitre 11 — Réduction et trahison
Sherry Turkle se prête ici au jeu et crée un personnage de Second Life nommé Rachel. Elle affirme que "quand nous jouons à recréer notre vie via un avatar, nous exprimons nos espoirs, nos forces et nos fragilités".
À nouveau, l'auteure n'est pas contre la technologie. Elle reconnaît même qu'un tel « jeu » peut avoir des effets thérapeutiques ou éducatifs sur la vie réelle d'une personne.
Les psychologues distinguent deux processus mentaux que Sherry Turkle propose d'utiliser pour penser les formes de vie en ligne :
Le « retour du refoulé » ;
Le « travail sur les problèmes ».
Le « retour du refoulé » désigne ici le fait de rester bloqué au sein des mêmes conflits intérieurs, sans pouvoir avancer et trouver une solution. Votre présence en ligne ne vous aide pas à grandir, mais plutôt à vous cacher.
Par contraste, en « travaillant sur les problèmes », vous utilisez l'univers virtuel pour explorer de nouveaux comportement et mettre un terme à vos soucis.
Par exemple, Joel, un programmeur informatique à succès, utilise Second Life pour « explorer son potentiel d'artiste et de leader ». Son avatar est un éléphant miniature nommé Rashi qui organise et construit de grands projets artistiques et bâtiments dans le jeu et qui est respecté pour cela.
La vie en ligne de Joel "rejaillit" de façon positive sur sa vie hors ligne.
En revanche, Adam a plutôt tendance à s'enfermer dans le virtuel et à "laisser tomber" sa vie réelle. Il est insatisfait de sa vie hors ligne et en particulier de son travail. Mais il aime sa vie virtuelle dans Quake, un jeu de tir à la première personne auquel il joue seul ou avec des amis. Il aime aussi Civilization, un jeu dans lequel il peut construire des univers entiers.
« Tel est le secret de la simulation : elle offre l'exaltation de la créativité sans la pression, l'excitation de l'exploration sans le risque. » (Seuls ensemble, Chapitre 11)
Cette caractéristique peut être mise à profit pour évoluer dans la vie, ou simplement nous divertir. Mais elle peut aussi susciter des phénomènes d'addiction et la perte des repères avec le monde réel.
Chapitre 12 — De vraies confessions
Sur un site appelé PostSecret, les gens envoient des cartes postales manuscrites confessant quelque chose, et ces confessions de cartes postales sont ensuite mises en ligne. Il existe plusieurs sites de ce genre où l'idée est, à chaque fois, de faire part aux autres internautes de ses questionnements les plus intimes.
Sherry Turkle remarque qu'il est plus facile de se confesser de cette façon. En effet, nous pouvons rester plus évasifs et nous nous dévoilons sous couvert d'anonymat. Mais c'est aussi moins efficace, car nous ne confrontons pas à une relation directe (avec un ami ou un membre de la famille, par exemple).
En fait, ces confessions en ligne sont, dans un sens, semblables à ces compagnons robots analysés dans la première partie. Comme avec eux, nous n'avons plus à traiter avec de vraies personnes ; nous pouvons juste nous satisfaire de faire "comme si" nous nous excusions vraiment, ou comme si nous réparions vraiment nos erreurs.
Par ailleurs, confesser ses problèmes en ligne augmente le nombre de réponses auxquelles nous pouvons nous attendre. Or, ce ne sont pas toujours des réponses bienveillantes ou justifiées, loin de là. La "cruauté" des internautes peut rendre l'expérience vraiment pénible.
Enfin, ces messages peuvent avoir pour effet de limiter l'empathie de ceux qui les lisent. Nous doutons de l'aspect "réel" et sincère de la confession. Et comme nous estimons qu'il pourrait s'agir d'une "performance", nous nous lassons des messages.
Chapitre 13 — Angoisses
Autre phénomène analysé par Sherry Turkle : le stress et l'anxiété. L'anxiété est monnaie courante à l'ère du numérique. Nous avons peur de manquer une information ou un bon plan (le fameux FOMO pour fear of missing out) et nous avons le sentiment simultané que tout est disponible et de devoir toujours être accessible.
Pour l'auteure, c'est d'ailleurs à partir des attentats du 11 septembre que les mobiles sont devenus "des symboles de sécurité physique et émotionnelle". En l'ayant toujours avec nous, nous nous sentons davantage protégés. Même si ceux-ci nous stressent aussi d'un autre côté.
À la fin du chapitre, Sherry Turkle aborde la question délicate du harcèlement sur Facebook et celle de la surveillance généralisée qu'impliquent les réseaux sociaux. Elle rappelle l'importance cruciale de la vie privée pour la démocratie.
Chapitre 14 — La nostalgie des jeunes
Finalement, Sherry Turkle note que de nombreux jeunes aspirent à une connexion plus profonde et en face à face. Ils se sentent enfermés dans le cercle vicieux créé par la technologie numérique. Envoyer des textos, par exemple, crée « une promesse qui génère sa propre demande ».
La promesse est que vous pouvez envoyer un SMS et demander à un ami de le recevoir en quelques secondes, ;
La demande est que l'ami soit obligé de répondre.
Robin, une jeune journaliste ambitieuse de 26 ans, se sent par exemple obligée de garder son BlackBerry avec elle à tout moment. Elle se sent même anxieuse et presque malade lorsqu'il n'est pas à bout de bras.
Pourquoi cet attachement si fort aux mobiles ? Parmi ses arguments, Sherry Turkle fait valoir que l'une des raisons pour lesquelles les enfants d'aujourd'hui souhaitent être connectés est qu'ils ont grandi en concurrence avec les téléphones pour attirer l'attention de leurs parents.
Conclusion — Des débats nécessaires
La psychologue et anthropologue démontre que les ordinateurs nous "utilisent" — et nous façonnent — autant que nous les façonnons. Nous inventons de nouvelles technologies pour nous aider à vivre et à travailler au quotidien, mais celles-ci nous transforment profondément !
L'un de ses amis et collègues handicapés, Richard, lui raconte comment il valorise l'aide que lui apportent les personnes humaines. Selon lui, un robot ne pourrait pas agir vis-à-vis de lui de cette façon. L'être humain, dit-il, surtout quand il est fragile, a besoin d'être raccroché à son histoire et à des liens concrets de fraternité. C'est ce qui lui donne sa dignité.
Non, la seule "performance du sentiment" ne suffit pas. Bien sûr, nous pouvons être tentés par cette solution, car nous contrôlons (ou pensons mieux contrôler) les rapports que nous entretenons avec les robots. Mais nous nous exposons moins à l'altérité.
Par ailleurs, nous risquons de ne plus supporter la solitude, pourtant essentielle à la création de nouvelles idées. Constamment aux prises avec cette performance du sentiment (aussi bien avec les robots qu'avec les autres virtuels), nous en oublions de nous retrouver avec nous-même pour nous poser ou réfléchir.
Au final, Sherry Turkle voit bien que certaines générations ressentent davantage le besoin de se mettre au vert et de concevoir d'autres formes de connectivité — c'est d'ailleurs tout l'objet du cyberminimalisme.
Que ce soit avec les robots ou les réseaux sociaux, nous pouvons créer des limites. Les robots, par exemple, peuvent très bien nous aider dans certaines tâches, mais nous ne devrions pas nous laisser avoir par l'illusion de l'amour robotique — dans le domaine des soins, surtout.
En somme, c'est à nous de reprendre le contrôle des usages acceptables et indésirables !
Épilogue — La lettre
Sherry Turkle raconte ici une anecdote personnelle. Elle envoie un texto à sa fille, qui prend une année sabbatique à Dublin avant l'université. Mais elle est insatisfaite : elle se souvient avec nostalgie des lettres qu'elle envoyait et recevait de sa propre mère alors qu'elle était à l'université.
Elle se rappelle que ces lettres étaient longues, sincères et pleines d'émotions. Bien qu'elle apprécie les échanges écrits et les visioconférences par Skype avec sa fille, quelque chose lui manque. Et elle remarque aussi que d'autres mères sont dans la même situation.
Alors, que faire ? Sherry Turkle évoque différentes méthodes pour « capturer la vie ». Il y a l'art et la science, bien sûr. Mais aussi la volonté, pour certaines personnes, d'archiver leur vie complète en écrivant des mémoires — ou en consignant chaque petit moment sur Instagram ou sur Facebook !
Pourtant, au quotidien, comment échanger de façon à la fois simple et plus profonde ? Sherry Turkle propose à sa fille de s'écrire des lettres, comme elle le faisait quand elle était elle-même plus jeune. Une correspondance à l'ancienne, pourquoi pas !
Conclusion sur "Seuls ensemble" de Sherry Turkle :
Ce qu'il faut retenir de "Seuls ensemble" de Sherry Turkle :
Ce livre se lit presque comme un roman. Pourtant, il repose sur un nombre impressionnants d'études et d'expériences réalisées par l'auteure et ses collègues pendant plus de quatre décennies. Grâce à sa force narrative et sa rigueur scientifique, l'ouvrage est devenu un classique à la fois dans les universités et en dehors.
Ses deux champs d'expérimentation sont :
La conception et la commercialisation de robots domestiques et en particulier de robots sociaux (jouets, robots domestiques, de compagnie, de soin, etc.) ;
L'apparition, grâce à Internet, de mondes en ligne divers (jeux, réseaux sociaux, etc.) et d'une connexion accrue (via les messageries, les textos, etc.).
Elle remarque une similitude entre ces deux domaines. En effet, à chaque fois, les êtres humains, jeunes ou vieux, se prêtent au jeu de la simulation et en oublient qu'ils deviennent, à leur tour, les jouets de réactions préprogrammées.
Or, ce qui l'intéresse plus que tout, c'est de voir comment ces relations à sens unique affectent notre sens de l'intimité, de la solitude et des relations humaines.
Et sa contribution principale consiste à documenter avec précision les difficultés auxquelles nous sommes confrontés avec les technologies actuelles issues de la robotique et d'Internet. À savoir :
Le risque de se couper de l'altérité et de l'imprévisibilité ;
La tentation de préférer des émotions artificielles aux joies et aux peines concrètes ;
Le manque de solitude nécessaire à la constitution du soi et des relations humaines.
Pour autant, Sherry Turkle, qui est une fine psychologue et anthropologue, ne considère pas qu'il faille — comme on dit — jeter le bébé avec l'eau du bain. Selon elle, il existe des usages positifs de la robotique ainsi que des réseaux sociaux et des jeux en ligne. Mais ce n'est qu'en les pratiquant avec conscience et réflexion que nous pouvons en tirer le meilleur.
Points forts :
Un style personnel qui permet d'entrer dans l'étude comme s'il s'agissait d'un roman ;
De très, très, très nombreux exemples issus de toutes ses études de terrain et entretiens ;
Un effort théorique solide ;
Une bibliographie et des annexes intéressantes.
Point faible :
C'est un livre peu ardu, mais qui en vaut la peine.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Comment réussir une négociation" de Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton : un classique absolu de la littérature sur la négociation (politique, business, famille) vendu à plus de 15 millions d'exemplaires dans le monde — une approche simple et pragmatique qui fait l'unanimité (ou presque) depuis 1981 !
Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton (pour les nouvelles éditions), 267 pages, 2002.
Titre original : Getting to Yes (1981).
Chronique et résumé de « Comment réussir une négociation » de Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton :
Partie I. Le différend
1 — Pas de négociations sur des positions
Pour les auteurs, une négociation réussie est une négociation qui aboutit à un accord :
Judicieux ;
Efficace ;
Qui ne compromet pas les relations existantes.
Or, la façon dont nous négocions habituellement répond rarement à ces trois exigences. Souvent, en effet, nous négocions « à la dure » en partant de positions déterminées, puis en allant vers le compromis.
C’est comme cela, par exemple, que nous marchandons dans une brocante (un exemple pris par les auteurs, p. 31-32). Parfois, cela fonctionne. Mais pas toujours. Et pas souvent de la meilleure manière possible.
Étudions les failles de cette « négociation sur des positions » un peu plus en détail.
La discussion sur des positions ne permet pas d’aboutir à un accord judicieux
Premier point : l’accord judicieux est difficile à atteindre car l’amour-propre entre souvent en jeu. Comme nous avons pris une position de départ, nous ne voulons pas en sortir, car ce serait risquer de « perdre la face ».
Au final, quand l’accord est trouvé, c’est souvent de guerre lasse. Nous coupons la poire en deux « pour arrêter les frais ». Mais en réalité, nous restons souvent sur notre faim et l’accord n’est pas aussi avantageux qu’il aurait pu l’être.
La discussion sur des positions est dépourvue d’efficacité
Logiquement, ce type de négociation qui n’en finit pas n’est pas très efficace. Les négociations sur les positions traînent en longueur et s’enlisent. Pourquoi ? Car, pour être sûrs de parvenir à nos fins, nous partons de positions extrêmes, afin de nous donner une marge d’évolution.
À chaque instant, nous devons décider que faire. L’autre partie est dans la même situation. Il y a trop de décisions à prendre. Les concessions sont lentes à se former et chacun cherche à gagner le plus de temps. Bref, ce n’est pas très efficace !
La discussion sur des positions compromet les relations existantes
En affrontant ainsi leurs volontés, les négociateurs en finissent par abîmer leurs relations. Nous nous fâchons, nous nous frustrons. Nous avons le sentiment de n’avoir pas été profondément entendus.
« La colère et la rancœur suscitées par une aventure de ce genre durent parfois toute une vie. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 1)
Quand les parties en présence sont nombreuses, la négociation sur des positions est pire encore
C’est déjà compliqué à deux, mais lorsqu’il y a encore plus de parties en présence, ce type de négociation aboutit encore plus souvent à des blocages et à des tensions extrêmes.
La gentillesse ne constitue pas une réponse
« Face à ce mode de négociation « dure », il existe un mode de négociation « doux » qualifié par le terme de « gentillesse ». Dans ce cas, nous cherchons à satisfaire nos amis en évitant le conflit. Dès lors, nous changeons facilement d’avis et nous faisons des offres en vue d’arriver à un accord le plus rapidement possible.
Le problème avec cette manière de faire, c’est que nous pouvons facilement nous faire abuser. Tout d’abord, l’accord risque de ne pas être à notre avantage. Mais surtout, nous nous mettons « à la merci » du négociateur « dur ».
La solution de rechange
Toutes les négociations comportent deux niveaux :
Le fond, ce qui doit être décidé ;
La forme, c’est-à-dire la partie procédurale, la façon dont la négociation sera menée.
Sans toujours nous en rendre compte, nous négocions sur la forme aussi bien que sur le fond. En fait, il s’agit d’un jeu (ou d’une négociation) sur les règles du jeu elles-mêmes (faut-il être doux ou dur ?).
C’est au niveau de ce « méta-jeu » qu’il faut se placer. Au lieu d’utiliser des techniques de négociation douces ou dures, il est préférable d’utiliser le système appelé « négociation raisonnée » ou « négociation sur le fond » inventé par les auteurs.
Celui-ci, selon Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton, peut être utilisé dans presque toutes les situations.
Il contient quatre éléments :
Hommes : séparer les gens du problème.
Intérêts : se concentrer sur les intérêts, pas sur les positions.
Solutions : inventer plusieurs options avant de se décider.
Critères : insister sur l’établissement de critères objectifs.
Démêler les gens et leurs émotions du problème en question permet aux deux parties de travailler ensemble en équipe, plutôt que l’un contre l’autre. L’accent mis sur les intérêts porte quant à lui à privilégier les besoins réels des personnes plutôt que leur égo. Penser à de nombreuses solutions aide à soulager la pression et à accroître la coopération, tandis que l’utilisation d’une norme externe et équitable au lieu d’en rester à la seule volonté des négociateurs.
Ces éléments peuvent et devraient être utilisés aux trois étapes de la négociation :
L’analyse. ;
La mise au point d’un plan ;
La discussion.
Si vous suivez cette façon de négocier raisonnablement, le résultat sera probablement un règlement du conflit judicieux, efficace et à l’amiable.
Partie II. La méthode
2 — Traiter séparément les questions de personnes et le différend
Les négociateurs sont avant tout des personnes
« Une donnée fondamentale que l’on a tendance à oublier au cours de négociations, en particulier au sein de grosses entreprises ou de conférences internationales, c’est que les autres, ceux de la partie adverse, ne sont pas des représentants abstraits mais des êtres humains. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 2)
Eh oui, les négociateurs sont des gens ; ils ont des désirs, des besoins et des préjugés. C’est encore plus vrai — ou encore plus visible — lorsque nous nous disputons avec notre conjoint ou conjointe, par exemple.
Parfois, ces relations humaines concourent à la réussite de la négociation : lorsque l’amitié prime. Mais souvent, nous comprenons mal les bonnes intentions d’autrui et nous nous sentons rapidement menacés. Notre égo prend le dessus.
Résultat : une réaction en chaîne de récriminations qui aboutit à l’échec de la négociation.
L’intérêt du négociateur est double : le différend ET la relation avec l’adversaire
Les négociateurs ont en général deux objectifs :
Obtenir ce qu’ils veulent (c’est-à-dire servir leur propre intérêt) ;
Maintenir une bonne relation avec l’autre partie.
Il est rare, en effet, que nous nous moquions complètement de la pérennité de la relation avec autrui. Même dans le commerce, nous souhaitons fidéliser le client pour qu’il revienne. Il faut donc se montrer conciliant pour que celui-ci accepte de faire de nouveau appel à nous.
Le problème, c’est que les deux objectifs s’embrouillent très souvent lorsque nous négocions à partir de positions « dures ». Par exemple, nous profitons des défauts personnels d’autrui pour l’emporter et cela crée une rupture qui peut être définitive.
Traiter séparément les questions de relation et celles de fond : il faut aborder sans détour les problèmes humains
Les différences personnelles devraient être résolues, non pas en faisant des concessions (et encore moins en se laissant manipuler), mais en changeant la façon dont nous traitons l’autre partie.
Autrement dit, nous devons apprendre à traiter nos partenaires avec psychologie. Or, les psychologues utilisent une classification des problèmes humains en 3 grandes catégories :
Perception ;
Affectivité ;
Communication.
Nous devons appliquer les conseils qui suivent aussi bien à nous-mêmes qu’aux autres personnes qui entrent dans la négociation.
La perception
Les personnes ou les pays se disputent autour de possessions ou d’événements. Mais le plus souvent, peu importe les faits. Vous pouvez chercher à apporter des preuves, celles-ci ne sont qu’un argument parmi d’autres.
Ce qui importe avant tout, c’est la perception qu’a l’autre du problème. Le conflit naît et se situe au niveau des idées différentes que les deux parties ont formées. Il faut donc être capable de se mettre dans la peau de l’adversaire. C’est capital.
« Le pouvoir de se mettre dans la peau de son adversaire n’est pas donné à tout le monde ; c’est pourtant un des talents les plus essentiels qu’un négociateur devrait posséder. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 2)
Il n’est pas nécessaire d’être en accord avec le point de vue d’autrui, ; simplement de prendre le temps de le comprendre. Ce faisant, nous éliminons certains préjugés et nous améliorons notre capacité à négocier et à résoudre le conflit.
Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton donnent plusieurs autres conseils pour améliorer la perception réciproque des négociateurs :
Ne supposez pas que vos peurs décrivent leurs intentions.
Ne prétendez pas que votre problème est de leur faute.
Discutez et reconnaissez leurs perceptions, y compris celles qui vous semblent sans importance.
Surprenez-les en allant à l’encontre de leurs préjugés négatifs à votre égard.
Incluez-les dans tous les aspects d’une décision.
Assurez-vous qu’ils considèrent l’accord comme juste et non comme une concession humiliante.
L’affectivité
Les auteurs commencent par mettre en avant le fait que nous devrions, en tant que négociateurs, constamment faire attention aux émotions qui nous traversent et qui traversent la partie adverse. Ces émotions peuvent être la colère, la peur ou la distraction, par exemple.
Il est toujours bon de « prendre la température » et de chercher à modifier le curseur pour atteindre un état de calme et de confiance.
Pour ce faire, concentrez-vous sur les cinq « préoccupations essentielles » des individus ou des groupes. À savoir le besoin d’/de :
Autonomie ;
Appréciation ;
Affiliation ;
Rôle ou de but ;
Statut.
Par ailleurs, veillez à :
Respecter l’identité, c’est-à-dire l’image de soi de l’autre partie.
Reconnaitre les émotions et inviter autrui à partager les siennes.
Permettre à chacun de se « défouler » pendant un moment.
Éviter de répondre aux accès de colère.
Proposer des gestes symboliques (une poignée de main, un repas partagé, de courtes excuses).
De cette façon, nous pouvons garder les relations sur des bases affectives saines.
La communication
« Sans communication, point de négociation », disent les auteurs. En effet, la négociation suppose la communication pour arriver à une décision commune. Mais ce n’est pas aussi facile que ça en a l’air !
Trois problèmes principaux bloquent régulièrement la communication.
Lorsque celle-ci n’a pas pour fin de se comprendre mutuellement mais plutôt de manipuler des tiers (spectateurs au débat, par exemple) ;
Quand les négociateurs cessent tout simplement d’écouter la partie adverse, le plus souvent afin de préparer leur propre réplique ;
Quand il y a malentendu véritable, en raison d’une barrière linguistique ou culturelle.
Pour chercher à tempérer ou résoudre ces trois enjeux, Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton proposent les alternatives suivantes :
Se placer dans une attitude d’écoute active et montrer que l’on comprend :
S’exprimer de manière claire pour être compris ;
Parler de soi, et non des autres ;
S’exprimer dans un but précis.
Mieux vaut prévenir
« Il est toujours préférable de traiter les questions de personnes avant qu’elles ne deviennent des problèmes. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 2)
Pour ce faire, vous veillerez à établir une relation constructive avec votre interlocuteur, c’est-à-dire ne pas avoir peur de se montrer comme une personne à part entière. Cela dit, vous ferez attention, dans la négociation elle-même, à ne pas attaquer la personne elle-même, mais toujours l’objet du différend lui-même — en prenant soin de laisser la personne (son identité, ses besoins légitimes, etc.) en sécurité.
3 — Se concentrer sur les intérêts en jeu et non sur les positions
Pour trouver une solution judicieuse, il faut concilier les intérêts, pas les positions
« Faire la distinction entre positions et intérêts, voilà ce qui compte vraiment dans une négociation. » (Comment réussir une négociation, Chapitre 3)
Mais comment faire ? En fait, les intérêts sont « les moteurs silencieux de l’action ». Ce sont nos besoins, nos craintes, nos désirs et nos soucis réels. Par contraste, les positions en sont « les bruyantes manifestations ». D’où l’importance de savoir bien écouter.
Selon Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton, l’avantage de partir des intérêts est que ceux-ci offrent plusieurs voies de règlement du conflit. Par ailleurs, la conciliation d’intérêts vaut mieux que le compromis sur les positions parce qu’il est toujours possible de trouver davantage de points communs au niveau des intérêts.
En effet, « sous » chaque position, il y a plusieurs intérêts qui peuvent se révéler conciliables ou antagoniques. Et c’est parce que nos intérêts divergents que nous pouvons nous entendre.
« Le cas du marchand de chaussures et de son client en est l’illustration la plus simple : ils ont besoin d’argent et de chaussures l’un et l’autre, mais inversement : le chausseur préfère gagner 50 dollars et vendre ses chaussures, le client préfère prendre les chaussures et donner ses 50 dollars. Ils sont faits pour s’entendre ! » (Comment réussir une négociation, Chapitre 3)
Comment déterminer les intérêts en jeu
Il existe au moins deux techniques pour faire surgir les intérêts des parties en cause.
La première est de poser la question « Pourquoi ? » en se mettant à la place de l’adversaire.
La deuxième consiste à se poser la question « Pourquoi pas ? » en se demandant pourquoi l’adversaire refuserait la première proposition qu’il pense que nous lui ferions.
Vous devez également prendre en compte le fait qu’il existe plusieurs intérêts en jeu. Souvent, les négociateurs parlent pour des mandants (des personnes qui l’ont chargé de négocier). Il faut retrouver toute la palette des intérêts qui s’expriment plus ou moins clairement dans les négociations.
Le plus souvent, ce sont les exigences fondamentales de l’être humain qui jouent le rôle le plus important. À savoir :
La sécurité ;
Le bien-être économique ;
L’appartenance à une communauté ;
L’identification ;
La maîtrise de sa destinée.
Les auteurs conseillent de dresser la liste des intérêts en jeu afin de les garder en mémoire tout au long de la procédure de conciliation.
Chacun doit aborder la question de ses préoccupations
Lorsque nous nous engageons dans une négociation raisonnée, nous souhaitons parler de façon constructive des intérêts en jeu. Bien. Mais quelle est la marche à suivre pour que ce soit efficace ?
Voici les derniers conseils des auteurs :
Soyez concret dans vos explications ;
Admettez les intérêts d’autrui dans la discussion ;
Commencez par une question et non une solution ;
Soyez orienté vers l’avenir ;
Expliquez ce que vous voudriez faire au lieu de vous justifier ;
Soyez résolu mais conciliant, ouvert aux idées d’autrui ;
Restez ferme sur la question débattue et conciliant avec les participants.
4 — Imaginer des solutions procurant un bénéfice mutuel
Diagnostic
Souvent, les négociations sont centrées sur des questions uniques — une somme d’argent à recevoir ou un territoire à garder, la garde des enfants dans un divorce, etc. — où nous pensons qu’il y aura toujours un gagnant et un perdant. Ou, si nous ne sommes pas perdants, nous éprouvons à tout le moins une insatisfaction.
Finalement, une solution optimale est souvent négligée et il en résulte beaucoup de « pertes ». C’est l’exemple du partage de l’orange : si je veux manger la chair et que l’autre veut la peau pour faire un gâteau, pourquoi s’obstiner à la couper en deux et à donner à chacun une partie ? Il aurait été plus judicieux de donner toute la pelure à l’un et toute la chair à l’autre.
« Nous devons donc nous efforcer de trouver des options qui élargissent la ressource contestée au lieu de simplement la diviser. Mais pourquoi les négociateurs négligent-ils la plupart du temps cette approche raisonnée ou « sur le fond » ?
Pour quatre raisons selon Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton :
Les jugements hâtifs (vouloir aller trop vite) ;
La recherche de la seule et unique réponse (croire qu'il n'y a qu'une bonne solution) ;
L'hypothèse selon laquelle les limites du gâteau sont fixées une fois pour toutes ;
L'idée que les difficultés de l'adversaire ne regardent que lui.
Au contraire, toute la méthode de la négociation raisonnée passe, comme nous allons le voir, par l'empathie et la recherche concertée de solutions variées.
Ordonnance
Quatre lignes directrices pourront vous aider à améliorer la recherche de solutions mutuellement satisfaisantes :
Dissocier l'invention et la décision ;
Élargir le champ des possibles (carte en rond) ;
Rechercher un bénéfice mutuel ;
Faciliter la tâche de l'adversaire quand il devra se prononcer.
La première consiste à séparer le processus créatif du processus de décision : « Inventez d'abord, décidez plus tard ». Pour ce faire, les auteurs conseillent de mettre sur pied des sessions informelles de brainstorming en petits groupes.
Une autre façon de faire (complémentaire) est d'élargir le champ des possibles. Les auteurs proposent une carte "en rond" qui vous aidera à inventer des solutions (p. 115) :
Questions à résoudre ;
Analyse et diagnostic de la situation ;
Angles d'attaque ;
Solutions.
Une troisième proposition consiste à rechercher un bénéfice mutuel qui élargit les ressources. Le secret est de trouver des choses qui coûtent très peu à une partie, mais que l'autre partie souhaite vraiment.
La quatrième ligne directrice est de faire en sorte qu'il soit facile pour l'autre partie de dire oui. Penser à dessiner votre solution de telle manière à ce qu'elle soit facile à mettre en œuvre et que chaque partie se sente honorée.
5 — Exiger l'utilisation de critères objectifs
Les décisions fondées sur la seule volonté sont coûteuses
Nous l'avons vu tout au long des précédents chapitres, les compromis issus des négociations dures ou douces ne sont pas souvent optimaux. Ils prennent du temps et, lorsqu'ils aboutissent, laissent souvent une partie insatisfaite. La ressource en jeu aurait pu être allouée de manière plus juste et plus efficace.
L'un des critères de la méthode de la négociation raisonnée consiste à exiger l'utilisation de critères objectifs.
En quelles circonstances utiliser un critère objectif ?
Parfois, aucune des parties ne peut trouver une solution à un conflit. Dans cette situation, une partie extérieure et neutre peut être amenée pour décider de la question.
Par exemple, si un entrepreneur et un acheteur ne peuvent pas se mettre d'accord sur la profondeur minimale de la fondation d'un bâtiment, ils peuvent se référer aux normes des régulateurs locaux ou à la pratique courante de la région.
De cette façon, la décision est établie sur des bases objectives plutôt que sur la volonté des négociateurs. De tels accords sont plus stables, car ils reposent sur des règles éprouvées ; ils sont également plus efficaces, car des normes communes résolvent automatiquement de nombreux problèmes.
La mise au point d'un critère objectif
"Si l'on décide d'adopter la méthode de négociation raisonnée, deux questions se posent : comment mettre au point des critères objectifs, comment les utiliser dans la discussion." (Comment réussir une négociation, Chapitre 4)
Les auteurs passent en revue différents types de critères et de procédures à utiliser dans les négociations. Concernant le critère d'équité (qui signifie "justice"), il doit "être indépendant de la volonté des parties en présence" et "acceptable pour les deux parties en présence". Dans la réalité, il existe une diversité de critères objectifs possibles et il faudra donc prioritairement tomber d'accord sur celui (ou ceux) à utiliser.
Au sujet des procédures équitables, les auteurs évoquent l'importance de mettre en place des systèmes qui minimisent l'injustice (ou le sentiment d'injustice). Par exemple :
La procédure "l'un coupe, l'autre choisit" ;
Le tirage au sort ;
Le choix à tour de rôle ;
L'arbitrage d'un tiers ;
Etc.
Fonder les discussions sur un critère objectif
Il faut se mettre d'accord sur les procédures et les critères à utiliser. Mais comment faire ? Comment convaincre l'adversaire ? Trois principes fondamentaux doivent guider les discussions :
Présenter chaque question comme la recherche commune d'un critère objectif ;
Être disposé à raisonner et rester ouvert à la recherche de critères mieux adaptés ;
Demeurer impassible face aux pressions, mais s'incliner devant les principes.
Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton développent ces trois aspects en donnant de nombreux exemples. Retenons ici que l'établissement de principes objectifs permet de résister aux pressions (chantages, pots de vin, etc.) d'une partie ou de l'autre et d'obtenir justice plus aisément.
Partie III. Oui mais…
6 — Que se passe-t-il quand la partie adverse est manifestement plus puissante ?
Se protéger
"Quand on se précipite à l'aéroport parce qu'on craint de rater le départ d'un avion, on agit comme si c'était une question de vie ou de mort. En y réfléchissant à tête reposée, on se rend compte qu'on aurait fort bien pu prendre le suivant sans que cela constitue une catastrophe." (Comment réussir une négociation, Chapitre 6)
Il en va de même avec les négociations. Nous avons tendance à nous précipiter quand nous avons investi beaucoup de temps dans les discussions. Nous risquons alors de nous montrer trop "doux" et de laisser l'adversaire prendre le dessus.
Pour éviter de tomber dans cet écueil, vous pouvez fixer un seul non négociable, au-delà duquel vous refuserez d'aller. Mais c'est revenir à une forme de négociation "dure" qui limite l'imagination. À la place de cette stratégie classique, les auteurs privilégient la MEilleure SOlution de REchange — ou MESORE.
La MESORE est un "moyen d'évaluer tout accord pour savoir si l'on a intérêt ou non à le signer". Elle repose sur l'hypothèse de ce qui serait réalisé si l'accord n'aboutissait pas au bout d'un certain temps.
Il convient d'y penser sérieusement, et non de façon vague. Autrement dit, vous devez savoir clairement quelles sont les options réalistes de remplacement qui s'offrent à vous si l'accord n'aboutit pas ou ne prend pas la direction initialement souhaitée.
Tirer le meilleur parti de ses atouts
La MESORE se révèle plus importante que l'argent, l'influence sociale ou le poids politique respectif de chaque partie. Mais comment l'élaborer ? Vous devrez agir en trois temps :
Imaginer plusieurs solutions de repli qui vous conviendraient si l'accord devait échouer ;
Approfondir les idées les plus intéressantes et concevoir leur mise en application pratique ;
Opter pour la meilleure d'entre elles.
Vous devriez également faire de même avec l'adversaire — c'est-à-dire étudier quelle est sa MESORE probable. Si vous la trouvez, vous serez davantage en mesure de trouver un accord judicieux, efficace et amical.
Quand l'adversaire est tout-puissant
Lorsque l'autre est vraiment plus fort, il faut chercher à s'appuyer autant que possible sur les principes objectifs décidés en amont, aussi bien les critères d'équité que les procédures équitables.
Avoir une bonne MESORE vous permettra également de gagner en force, puisque vous vous sentirez capable de quitter la table des négociations lorsque l'adversaire cherchera à vous intimider.
"Un négociateur qui possède une MESORE est donc plus apte non seulement à déterminer l'accord minimum qu'il peut accepter mais encore à l'obtenir. Rechercher sa MESORE est certainement la ligne de conduite la plus efficace qu'il puisse adopter quand il affronte un négociateur apparemment plus puissant." (Comment réussir une négociation, Chapitre 6)
7 — Que se passe-t-il quand la partie adverse refuse de jouer le jeu ?
Nous pouvons nous retrouver dans des situations où l'adversaire refuse de jouer le jeu de la négociation raisonnée. Dans ce cas, il se placera le plus souvent dans une posture de position "dure" et cherchera par tous les moyens à nous faire plier. Que faire, dans ce cas ?
Trois angles de réponses sont à envisager :
Ce qu'il convient de faire personnellement, à savoir suivre la méthode raisonnée afin de créer une dynamique positive ;
Ce que l'adversaire peut faire et à quoi nous pouvons l'amener par la "négociation jiu-jitsu".
L'utilisation d'une tierce personne "pour orienter la discussion sur les intérêts, les propositions et les critères".
La première tactique fait, d'une certaine manière, l'objet de tout le livre, puisqu'elle consiste simplement à mettre en œuvre la négociation raisonnée de façon résolue dans l'espoir que l'autre y reconnaitra également son intérêt. Concentrons-nous donc sur les deux autres.
La négociation jiu-jitsu
La bonne tactique consiste à ne pas répondre aux critiques qui nous poussent dans nos retranchements. Pourquoi ? Pour éviter le cercle vicieux des contre-critiques qui nous ferait revenir à une négociation "dure" classique.
L'enjeu consiste plutôt à l'esquiver et à "la faire dévier dans le sens de la question en cours"
"Au lieu de résister à ses efforts, il faut les canaliser pour qu'ils participent à la recherche des intérêts communs, à l'invention de solutions avantageuses fondées sur des critères objectifs." (Comment réussir une négociation, Chapitre 7)
Pour maîtriser cet art de la négociation, il vous faudra (p. 168-171) :
"Découvrir sur quoi repose la position de l'adversaire au lieu de l'attaquer."
"Rechercher la critique et les conseils de la partie adverse, sans défendre ses propres idées."
"Savoir ramener les attaques personnelles vers les questions de fond."
"Poser des questions et attendre."
La procédure à texte unique
Au lieu de partir de positions et de faire des concessions qui nous laissent fatigués et aigris, mieux vaut parfois avoir directement recours à une personne tierce — un médiateur. Celui-ci peut utiliser la procédure à texte unique pour agir efficacement, amicalement et judicieusement.
Prenons l'exemple d'un couple avec deux projets de maison différents (donné par les auteurs). Ils font un appel à un architecte. Celui-ci décide de s'enquérir des intérêts de chacun (et non de leurs positions), puis réalise une liste de desiderata qu'il soumet à leurs critiques.
À partir de là, il peut créer un avant-projet. De nouveau, ronde de critiques de la part du mari comme de la femme (il est plus facile de critiquer que de faire des concessions, rappellent les auteurs). Deuxième projet et même dynamique, jusqu'à aboutir à un accord.
Le cercle, ici, est vertueux. Pourquoi ? Car :
Il n'a pas engagé l'amour propre des époux, ni le sien.
Il a fait au mieux à partir des intérêts (désirs, besoins, craintes, etc.) de chacune des parties, et les a invités à construire ensemble un projet unique.
En outre, il a pris en compte une série de contraintes (légales, physiques, etc.) objectives. Les époux savent ce qui les attend et peuvent se décider ensemble.
Dans la suite du chapitre, Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton proposent une étude détaillée d'un autre cas issu de la vie réelle : une négociation entre un propriétaire et son locataire : l'affaire Agence Jones/Frank Turnbull (p. 178-193).
8 — Que se passe-t-il quand la partie adverse triche ou recourt à des moyens déloyaux ?
Parfois, les négociateurs sont particulièrement coriaces et n'hésitent pas à employer des méthodes douteuses pour "gagner" coûte que coûte la négociation. C'est ce que les auteurs nomment la négociation truquée.
Le plus souvent, nous nous irritons tout en "laissant passer" et en nous promettant que nous ne ferons plus jamais affaire avec cette personne (ou ce groupe). Ou bien alors nous rétorquons en rendant coup pour coup.
Comment y répondre plus sainement ? En prenant conscience que :
"La négociation truquée n'est jamais qu'une manière de tirer la couverture à soi sur la forme. On réagira donc en faisant une question de procédure — quelle est la méthode de négociation choisie par les parties ? Et l'on entamera donc une négociation raisonnée sur la procédure." (Comment réussir une négociation, Chapitre 8)
Comment discuter des règles de négociation
Il faut nécessairement :
Comprendre ce qu'il se passe et mettre le doigt sur les tactiques employées) ;
Exprimer à l'autre ce que nous avons compris ;
Lui proposer de discuter de la forme de la négociation.
Autrement dit, il faut appliquer la négociation raisonnée à la forme elle-même en cherchant à comprendre les intérêts qui poussent l'adversaire à tricher et en l'amenant à un accord sur les règles à suivre.
Pour vous aider à identifier ce qui se passe, les trois sections suivantes sont consacrées à trois catégories de tactiques déloyales :
Le mensonge délibéré ;
La guerre psychologique ;
Les pressions.
Les mensonges délibérés
Dans cette section, les auteurs abordent les types de mensonges délibérés :
Faux renseignements (un classique pour tromper l'adversaire) ;
Autorité mal définie (identification claire du mandant et des marges de manœuvre du négociateur) ;
Intentions sujettes à caution (incertitude sur le respect de la parole donnée).
Cela dit, ne considérez pas que cacher une partie de son jeu équivaut à l'une de ces formes de triche. Vous pouvez garder certaines informations pour vous, même dans la négociation raisonnée. L'important est de suivre la méthode et, le cas échéant, de faire appel à une personne tierce pour aider à la construction d'une solution.
La guerre psychologique
Une autre façon de colorer négativement la procédure de la négociation consiste à s'en prendre aux sentiments des personnes en les mettant mal à l'aise. Les auteurs abordent les cas des/de :
Situations angoissantes ;
Attaques personnelles ;
Tactique du bon et du méchant ;
Menaces.
Au lieu de menaces, vous pouvez opter pour des avertissements. Ceux-ci ne visent pas à réclamer et à annoncer une punition pour la partie adversaire, mais plutôt à montrer que vous protégerez vos intérêts.
De façon générale, le négociateur raisonné refusera de répondre à ces intimidations et cherchera toujours à remettre la discussion sur des rails constructifs.
La stratégie de la pression dans la négociation de position
"Cette stratégie consiste à placer d'emblée l'adversaire dans une position où lui et lui seul sera en mesure de faire des concessions." (Comment réussir une négociation, Chapitre 8)
Voici quelques "mauvaises manières" utilisées par les négociateurs coriaces :
Refus de négocier ;
Exigences extrêmes ;
Exigences sans cesse croissantes ;
Stratégie de blocage ;
Le coup du partenaire têtu ;
La temporisation ;
Le choix décisif ("c'est à prendre ou à laisser").
Chacune de ces tactiques est exposée en détail par Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton.
Refuser d'être une victime
Refuser d'être une victime, cela signifie qu'il est possible de déclarer ouvertement que nous souhaitons voir advenir une négociation en bonne et due forme. Nous pouvons nous montrer fermes sur ce point et nous devrions l'être.
Par ailleurs, nous ne devrions pas nous laisser aller à être un "bourreau". Pour ce faire, nous pouvons nous demander ce que nous sommes en train de faire ou prêt à faire. Certaines questions peuvent nous aider à maintenir le curseur vers l'équité, l'efficacité et l'amabilité. Par exemple :
"Est-ce une démarche que j'adopterais en face d'un ami ou d'un membre de ma propre famille ?"
"Si la totalité de ce que j'ai dit et fait était rendue publique, est-ce que j'en éprouverais de la gêne ?"
Etc.
En conclusion : trois remarques
"Je le sais depuis toujours."
Les préceptes et idées développées ici forment "ce que le bon sens et l'expérience commune mettent à la portée de chacun de nous". Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton ne prétendent donc pas avoir inventé de toutes pièces une nouvelle méthode, mais plutôt s'être inspirés de pratiques déjà existantes.
C'est en forgeant qu'on devient forgeron
La négociation se pratique… Sans cela, vous ne deviendrez pas un négociateur expert. Et tous les livres que vous lirez — même les meilleurs — n'y changeront rien.
"Gagner."
"Demander à un négociateur "alors, qui a gagné ?" est à peu près aussi déplacé que de poser la même question aux deux conjoints d'un ménage." (Comment réussir une négociation, Conclusion)
L'objectif de la négociation n'est pas de "gagner" mais d'"entrer dans une collaboration constructive destinée à élaborer une solution judicieuse à tel ou tel problème commun"
Conclusion sur "Comment réussir une négociation" de Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton :
Ce qu'il faut retenir de "Comment réussir une négociation" de Roger Fisher, William Ury et Bruce Patton :
Comment réussir une négociation est un livre qui mêle politique, affaires et développement personnel avec beaucoup de perspicacité et de pertinence. Roger Fisher et William Ury ont tous deux présidé le Harvard Negociation Project, rebaptisé Global Negociation Initiative.
Ce livre a été s'est vendu à 15 millions d'exemplaires et a été traduit en 35 langues. il est l'un des ouvrages les plus fréquemment cités sur les listes des meilleurs livres de négociation.
Bref, c'est un classique ! Et dans un sens, il pourra vous rappeler des autres livres comme Cessez d'être gentil, soyez vrai sur la communication non-violente.
Rappelez-vous que la négociation raisonnée a pour but de construire une solution judicieuse (équitable), efficace et à l'amiable entre les parties, en insistant sur trois points :
La focalisation sur les intérêts et non sur les personnes ou les positions ;
L'invention de solutions partagées qui procurent des bénéfices mutuels ;
L'utilisation de critères objectifs et de procédures équitables.
Points forts :
Un manuel très clair et instructif ;
De très nombreux exemples venus des affaires, de la politique et de la vie privée ;
10 questions supplémentaires en fin d'ouvrage pour y voir encore plus clair ;
Une préface à la nouvelle édition, ainsi que les préfaces antérieures ;
Un classique absolu de la négociation à avoir dans sa bibliothèque.
Points faibles :
Je n’en ai pas trouvé.
Ma note :
★★★★★
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Résumé de "Le Guide du rêve lucide | 65 exercices et 15 programmes pour prendre les commandes de vos rêves" du Pr. Clare Johnson : dans ce guide ultra-pratique, la pionnière du rêve lucide Clare Johnson nous livre ses meilleures techniques et programmes pour apprendre à devenir un rêveur lucide, explorer en pleine conscience le fascinant monde des rêves. Et en faire une opportunité de créativité, de connaissance de soi et même de guérison.
Par Pr. Clare Johnson, 2022, 264 pages.
Titre original : "The Art of Lucid Dreaming: Over 60 Powerful Practices to Help You Wake Up in Your Dreams"
Chronique et résumé de "Le Guide du rêve lucide | 65 exercices et 15 programmes pour prendre les commandes de vos rêves" du Pr. Clare Johnson
À Propos de l’auteure
La Pr Clare R. Johnson, présidente de l'International Association for the Study of Dreams, est une pionnière dans l'étude et la pratique du rêve lucide depuis plus de 40 ans.
Première à avoir consacré une thèse au rêve lucide comme force créatrice, elle enseigne depuis 15 ans comment exploiter le potentiel de l'inconscient à travers cette pratique.
Auteure de nombreux ouvrages sur le sujet, dont le remarqué "Llewellyn's Complete Book of Lucid Dreaming", elle partage son expertise lors de conférences internationales et à travers son site web.
Introduction
Dans l’introduction de son livre intitulé "Le Guide du rêve lucide", l’auteure, la Pr. Clare Johnson, commence par nous révéler les incroyables possibilités que nous offre le rêve lucide.
En effet, le rêve lucide est cet état fascinant où l'on est conscient de rêver pendant son sommeil. Il nous offre alors la chance d’interagir avec notre monde onirique, de vivre des expériences extraordinaires (comme voler, nous transformer, explorer l'univers...), de développer notre créativité et même de nous soigner.
Le rêve lucide n’a pourtant rien de mystérieux ou d'élitiste, souligne l’auteure. Et tout le monde peut y accéder, enfant comme adulte, novice ou expérimenté.
C'est en tout cas ce que nous démontre ici la Pr. Clare Johnson, pionnière dans l'étude et la pratique du rêve lucide depuis plus de 40 ans.
Après avoir relaté sa propre découverte, enfant, de la lucidité, puis son parcours d'universitaire ayant fait du rêve lucide son sujet de thèse et de vie, elle nous invite à la suivre dans l'exploration de cet état de conscience aux mille potentiels.
Elle explique avoir conçu "Le Guide du rêve lucide" comme un livre ultra pratique. Et y avoir condensé les meilleures techniques, exercices et programmes issus de ses recherches, expériences et enseignements.
Que nous soyons débutant ou rêveur lucide chevronné, nous y trouverons, assure l’auteure, de précieux outils pour déclencher la lucidité, la maintenir, et piloter nos rêves. Avec en prime un questionnaire pour identifier notre profil de dormeur/rêveur et adapter au mieux notre pratique.
PARTIE 1 – Devenez rêveur lucide : réveillez-vous dans vos rêves
Chapitre 1 : Qu'est-ce que le rêve lucide ?
"Le rêve lucide est un rêve dans lequel nous savons que nous rêvons, pendant que nous rêvons." commence par écrire Clare Johnson.
Autrement dit, le rêve lucide est un état où l'on prend conscience que l'on rêve pendant le rêve lui-même.
Cette prise de conscience nous amène alors à explorer en pleine lucidité notre univers onirique et ses manifestations étonnantes. Il nous permet aussi de réagir sans peur aux situations effrayantes, et même d'influer sur le cours du rêve.
1.1 - Que pouvons-nous faire dans un rêve lucide ?
Les possibilités sont infinies. "Il n’existe aucune limite !" lance l’auteure.
Le rêve lucide permet de vivre des expériences extraordinaires, transcendantes et ultra-réalistes, comme voler, se métamorphoser en goutte de pluie, respirer sous l'eau, changer de forme, explorer l'univers, transcender l'espace-temps...
L’état de conscience qu’il induit n’a pas d’équivalent. Le Pr. Clare Johnson écrit à ce propos : :
"Je me suis transformée en dauphin et j’ai senti la formidable puissance de mon corps sous la mer, le bref éclair de soleil en jaillissant à la surface des vagues et l’impact de l’eau en replongeant dans les flots. C’était si réel. Un homme m’a raconté son rêve lucide où il devenait une femme enceinte et caressait son ventre arrondi."
Elle poursuit :
"Dans les rêves lucides, nous pouvons étendre notre expérience : changer de genre ou ne pas en avoir ; respirer sous l’eau, se muer en fourmi ou prendre une ombre dans ses bras ; et, pour les plus courageux, accoucher. Nous pouvons interroger le songe sur la nature de la réalité, de la vie, de la mort et de la conscience… et recevoir des réponses de notre inconscient. Nous pouvons étreindre un proche décédé ou sentir de nouveau son parfum si familier. Nous pouvons améliorer des capacités physiques, vaincre des phobies, avoir des expériences sexuelles incroyables ou apprendre à mieux nous connaître. Bref, il n’existe aucune limite !"
Selon l’auteure, le rêve lucide stimule aussi intensément la créativité en donnant accès à un flux d'images mentales d'une incroyable vivacité.
Nous pouvons alors nous en inspirer à des fins artistiques, littéraires ou pour mener à bien un projet.
Il est aussi possible de méditer au cours d’un rêve lucide et de vivre l’unicité et l’interconnexion. C'est enfin, affirme l’auteure, un formidable outil d'introspection, de guérison émotionnelle et physique, d'apprentissage et d'évolution spirituelle.
1.2 - Sept questions classiques sur le rêve lucide
L'auteure du "Guide du rêve lucide" répond ici aux interrogations les plus fréquentes au sujet des rêves lucides.
Résumons ses réponses :
Oui, tout le monde peut rêver lucide.
Oui, cela s'apprend.
Le contrôle du rêve n'est pas un impératif, il existe de multiples façons d'interagir avec.
Non, ce n'est pas dangereux mais une préparation est conseillée en cas de fragilité psychologique.
Oui, il aide face aux cauchemars.
Oui, son existence est prouvée scientifiquement.
Se rappeler ses rêves est important mais pas indispensable pour devenir rêveur lucide.
1.3 - Développer un état d’esprit de rêveur lucide
"Le Guide du rêve lucide" décrit ensuite les 3 clés essentielles à développer pour induire et stabiliser le rêve lucide :
L'intention, qui est la volonté et le désir de devenir rêveur lucide.
La clarté, qui permet de rester concentré malgré les distractions oniriques.
L'expectative qui est la conviction que l'on va y arriver.
1.4 - Astuces pour mieux se souvenir de ses rêves et mieux s’y connecter
L’auteur du "Guide du rêve lucide" continue en nous fournissant diverses astuces concrètes pour :
Mieux nous rappeler de nos rêves (exercice 1) : l'auteure conseille un réveil en douceur, de rester immobile au réveil en s'interrogeant sur son rêve, de s'engager à les noter, d'y penser la nuit et de faire des siestes.
Tenir un journal de rêves afin de mieux se connecter à notre esprit rêveur (exercice 2) : l'auteure suggère d'y noter ou dessiner ses rêves chaque matin, même de façon brouillonne, en privilégiant le présent, les mots-clés et émotions. Relire ce journal aide à repérer les thèmes récurrents, déclics de lucidité.
Créer un objectif de rêve lucide et ainsi renforcer son intention de devenir un rêveur lucide (exercice 3) : clarifier ses motivations pour le rêve lucide (plaisir, créativité, spiritualité, guérison...) renforce l'intention. L'auteure propose alors d'écrire ses 3 motivations principales, de visualiser son rêve lucide idéal, de l'utiliser pour cultiver son intention, sans toutefois en faire une fixation contraignante pendant le rêve.
1.5 - Les phases de sommeil
Clare Johnson explique ici que le sommeil se compose de 4 phases qui se répètent par cycles de 90 minutes :
1ère phase : sommeil léger,
2ème phase : sommeil un peu plus profond,
3ème phase : sommeil profond et récupérateur,
4ème phase : sommeil paradoxal avec mouvements oculaires rapides.
Les rêves lucides surviennent surtout en phase 4 (sommeil paradoxal), mais pas uniquement. Les périodes oniriques les plus propices ont lieu en fin de nuit, quand la chimie cérébrale favorise la lucidité.
Le chapitre 1 se termine avec un exercice (exercice 4) de méditation matinale pour faire naître un rêve lucide lors de cette la période la plus propice.
1.6 - Comment vaincre les doutes, les peurs et les blocages mentaux qui nous empêchent de devenir un rêveur lucide
Clare Johnson passe ensuite en revue les freins psychologiques courants qui peuvent nous empêcher de faire des rêves lucides. On peut, en effet :
Douter quant à la possibilité même du rêve lucide,
Avoir peur de ce qui pourrait surgir,
Manquer de motivation pour appliquer les techniques,
Penser ne pas avoir assez d’imagination, ne pas être assez créatif pour y arriver,
Ne pas vouloir sacrifier du temps de sommeil,
Ressentir un certain malaise à devenir rêveur lucide.
L’auteure répond point par point à ces résistances, en démontant nos idées limitantes.
En résumé, son message est le suivant : avoir l'esprit ouvert, la conscience que nous rêvons chaque nuit, et la certitude que le potentiel du rêve lucide est accessible à tous.
Chapitre 2 - Exercices efficaces pour se réveiller dans ses rêves
Même si la lucidité fascine, il n'existe pas de recette miracle pour y accéder du jour au lendemain. Il s’agit d’un état d'esprit que nous devons cultiver patiemment. Et pour cela, nous nous appuierons sur l'Intention, la Clarté et l'Expectative, et pratiquerons régulièrement pour élever notre niveau de conscience global.
Aussi, l’auteure conseille de rester au moins une semaine sur une même technique d'induction avant d'en changer, pour donner le temps au cerveau d'intégrer le message.
L'essentiel, ajoute-t-elle, est de garder sa motivation en éveil, sans se mettre la pression.
Chaque petit progrès est bon à prendre, que ce soit se rappeler un rêve, se poser la question de son état ou voler en rêve. L'indulgence et la persévérance sont de mise !
"Jouez avec votre objectif de rêve lucide avec enthousiasme et légèreté, tandis que vous essayez les procédés présentés dans ce chapitre et surtout restez curieux et motivé !"
2.1 - Les cinq tests de réalité les plus efficaces
Dans le deuxième chapitre du "Guide du rêve lucide", Clare Johnson commence par nous indiquer quels sont les tests de réalité qui permettent de développer notre esprit critique au cœur même du rêve, en nous interrogeant sur notre état de conscience.
Elle détaille alors 5 tests particulièrement efficaces, à pratiquer plusieurs fois par jour :
Le test du flottement : sentir le poids et la solidité de son corps. "Êtes-vous léger ? Suffisamment pour flotter dans l’air ? Votre corps est-il tangible ? Lorsque vous appuyez votre épaule contre un mur, pénétrez-vous dedans ? Si vous tapez d’une main sur une table, la traverse-t-elle ? Sautez en l’air : atterrissez-vous d’un coup sec ou planez-vous un peu ?".
Le test du doigt : essayer de faire passer son doigt à travers sa paume, le tirer pour voir s’il devient élastique ou s’arrache.
Le pincement de nez : se pincer le nez et tenter de respirer.
Dire l'heure ou lire : les chiffres et lettres se comportent bizarrement en rêve.
L'astuce des mains : examiner en détail ses mains et leur aspect : "observez attentivement vos paumes. Examinez les lignes qui courent entre les doigts, puis inspectez le dos. Détaillez vos bagues, si vous en portez, scrutez ces étonnants tourbillons de chair situés au niveau des articulations ou la longueur de vos ongles. N’oubliez pas vos veines. Voyez-vous des taches de rousseur ?"
Un exercice (exercice 6) encourage ici à inventer ses propres tests, ancrés dans ses sensations corporelles et ses fonctionnements mentaux pour plus d'efficacité.
2.2 - Comment utiliser sa mémoire pour se réveiller au cours d'un rêve
Notre mémoire prospective, qui nous permet de nous rappeler d'effectuer une action prévue, est un formidable outil pour déclencher la lucidité.
Trois exercices sont ici proposés par l’auteure :
L'exercice 7 du "Guide du rêve lucide" détaille comment utiliser notre mémoire prospective : se répéter dans la journée son intention de rêver lucide, créer des rappels visuels, se donner des tâches insolites à accomplir en cas de situation précise... En reliant l'intention à nos déclics personnels, on ancre le réflexe du test de réalité.
L'exercice 8 propose de nous entraîner à renforcer notre intention le jour pour la déclencher la nuit. Pour cela, l’auteure nous invite à réagir différemment à nos facteurs de stress, ceci dans le but de renforcer notre capacité à nous souvenir d'une résolution.
L’exercice 9 partage la Technique IMRL ou MILD en anglais (Mnémonic Induction of Lucid Dreams) du Dr Stephen LaBerge, chercheur spécialiste du rêve lucide. Cette technique s'appuie sur la mémoire prospective : le matin, on mémorise son rêve, on se dit qu'on le reconnaîtra, on se visualise lucide, le tout jusqu'à se rendormir.
2.3 - Compléments alimentaires, masques de rêves lucides et stimuli sonores lucidogènes
Il y existe, nous apprend ici l'auteure, des compléments alimentaires et masques émettant des flashs ou stimuli sonores qui peuvent aider certains à devenir rêveur lucide, avec prudence et patience.
2.4 - Techniques d’induction nocturnes pour devenir rêveur lucide
Plusieurs techniques d'induction nocturnes du rêve lucide sont alors présentées :
La technique "Se Réveiller Se Recoucher" ou "Wake Up, Back to Bed" (WBTB) en anglais (exercice 10) qui mise sur le rebond de sommeil paradoxal après une interruption de sommeil. Autrement dit : le fait de se lever brièvement favorise les rêves lucides en rallongeant le sommeil paradoxal.
L'identification de nos déclics de lucidité personnels liés à nos besoins corporels ou à nos thèmes oniriques récurrents (exercice 11).
La technique du bout des doigts, à pratiquer en s'endormant (exercice 12).
La création d'une compilation musicale avec des chansons déclics (exercice 13).
La technique du bras coincé pour associer une position à l'intention (exercice 14).
La saisie des micro-réveils nocturnes pour réaffirmer son intention (exercice 15).
En somme, le chapitre 2 du "Guide du rêve lucide" fournit une belle boîte à outils pour stimuler sa lucidité, en alliant techniques diurnes et nocturnes.
Place désormais à un moment clé de la pratique : l'endormissement.
Chapitre 3 – Détendez-vous pour rêver lucide
Clare Johnson est claire : si le rêve lucide demande de l'entraînement, ce ne doit pas être au détriment du sommeil. En fait, l'enjeu, selon elle, est de réussir à cultiver une relaxation profonde tout en restant vigilant.
C’est cet équilibre subtil que nous enseigne le troisième chapitre du "Guide du rêve lucide". Pour cela, il nous faut miser, notamment, sur l'état hypnagogique, ce moment de basculement fascinant entre veille et sommeil.
3.1 - Voyage lucide dans le sommeil
Ce passage du "Guide du rêve lucide" relate une expérience hypnagogique complète.
Elle démarre par les premières sensations de flottement (brume lumineuse) et visions lumineuses jusqu'à l'immersion totale dans un rêve, en passant par toutes les étapes : images statiques 2D, images 3D évolutives, scènes filmiques...
Le rêveur parvient à rester conscient tout au long et à influencer les événements, jusqu'à prendre son envol, dans un pur moment de joie et de lucidité.
3.2 - De l'imagerie hypnagogique au rêve lucide
Clare Johnson détaille ici son modèle de l'hypnagogie visuelle, "véritable porte d'entrée vers le rêve lucide", souligne-t-elle.
Elle décrit ensuite le rêve lucide induit pendant l'éveil (WILD). Autrement dit, lorsqu'on parvient à passer de l'éveil au rêve sans perdre conscience, en restant vigilant aux images et sensations étranges.
L’auteure partage enfin son souvenir d'enfant lorsqu'elle observait son double endormi flottant vers la lumière, au seuil du sommeil.
Pour finir cette partie, un exercice (exercice 16) nous apprend à pratiquer la technique WILD de manière détaillée : position, détente, observation des images, gestion des sensations surprenantes, test de réalité, visualisation d'une scène... jusqu'à l'entrée en rêve lucide. Y est abordé aussi le "vide lucide", cet interstice noir entre deux rêves, propice à la méditation.
3.3 - Jouer avec son corps onirique lucide
Dans cette partie du "Guide du rêve lucide", Clare Johnson explique que le corps onirique, extension plastique de notre conscience, nous permet les métamorphoses et expériences physiques les plus incroyables.
Elle évoque, en guise d’illustration, son expérience enfantine de "Grande Clare", une dilatation de son corps et de sa conscience qui la fascinait et qu'elle associait au rêve lucide.
Un exercice (exercice 17) nous invite à nous entraîner, à notre tour, à ce type d’expérience par la visualisation : étirements, rétrécissements, rajeunissement, lévitation, transformation en animal ou élément...
3.4 - L'état de demi-sommeil comme élixir créatif
Clare Johnson affirme ici que le demi-sommeil, en tant qu’état de conscience "entre-deux", s'avère être un formidable stimulant créatif, et encore plus lorsqu'on parvient à rester lucide : "dans les états de relaxation profonde qui marquent l’assoupissement (ou l’éveil), la créativité infinie du rêve se mêle à notre cerveau d’éveil pour former un cocktail détonant" écrit-t-elle.
L’auteure rapporte, en guise d’exemple, la fameuse histoire du chimiste Kekulé qui découvrit la structure en anneau du benzène lors d'un état hypnagogique. Elle relate aussi celle de l'artiste Salvador Dali qui s'assoupissait régulièrement dans son fauteuil une clé à la main. Lorsque, avec la somnolence, la clé glissait et tombait, elle le réveillait. Selon l’auteure, son imagination puisait souvent dans cette imagerie onirique.
Dans un exercice (exercice 18), est alors détaillé la technique pour "surfer à la lisière du sommeil" : posture détendue, focalisation sur un rêve, observation décontractée des images, maintien de la vigilance par des mouvements subtils, questionnement ciblé sur un projet artistique... Un entraînement exigeant mais gratifiant.
3.5 - Transitions vers l'éveil : faux réveils et imagerie hypnopompique
En miroir de l'état hypnagogique, l'auteure décrit deux phénomènes au seuil du réveil :
Les faux réveils, ces moments trompeurs où l'on croit se réveiller et vaquer à ses occupations alors que l'on rêve encore. L'occasion idéale pour un test de réalité !
L'état hypnopompique, avec son imagerie qui semble se matérialiser dans la chambre du dormeur. Une chance à saisir pour prolonger l'état de conscience onirique.
3.6 - Techniques de base pour renforcer l'intention et multiplier ses chances de lucidité
Cette dernière partie regroupe 7 techniques simples à expérimenter pour démultiplier ses chances de déclencher sa lucidité :
Dormir ailleurs que dans son lit (exercice 19),
Développer la rêverie diurne (exercice 20),
Revivre ses rêves en visualisation (exercice 21),
Pratiquer une activité corporelle consciente comme le yoga (exercice 22),
Affûter son sens de l'inhabituel, "son radar à bizarrerie" et tester sa réalité (exercice 23),
Créer un rituel du coucher dédié aux rêves lucides (exercice 24),
S'endormir en écoutant une visualisation personnalisée de son rêve (exercice 25).
Le chapitre 3 du "Guide du rêve lucide" nous a fourni une boîte à outils variés et ciblés pour accompagner le glissement vers le sommeil, ce moment privilégié pour incuber ses rêves lucides.
Passons à présent au prochain objectif : identifier son profil de dormeur et de rêveur pour personnaliser au mieux sa pratique.
Chapitre 4 - Créez votre programme personnel de lucidité
Après avoir présenté les techniques de base pour devenir rêveur lucide, le Pr. Clare Johnson nous invite à mieux nous connaître en tant que rêveur et dormeur unique, grâce au questionnaire de lucidité qu'elle a créé.
L'objectif : identifier notre profil pour sélectionner les méthodes d'induction de rêve lucide les plus adaptées et créer un programme sur-mesure.
4.1 - À quel genre de rêveur et de dormeur appartenez-vous ?
L'auteure souligne que malgré l'universalité du sommeil et du rêve, nous avons tous des habitudes, des facilités et des blocages différents dans ces domaines.
Certains se souviennent beaucoup de leurs rêves, d'autres pas du tout. Certains s'endorment facilement, d'autres souffrent d'insomnie. D'où l'intérêt du questionnaire de lucidité pour nous aider à mieux cerner notre fonctionnement (exercice 19).
Ce questionnaire se compose de 9 rubriques avec des questions à choix multiples ou ouvertes.
Voici ces rubriques :
La profondeur et qualité de notre sommeil,
Nous et notre vie onirique,
Nos rêves d'enfance,
Notre imagination et notre pensée visuelle,
Nos cauchemars,
L’insomnie et troubles du sommeil,
La dépression et anxiété,
La conscience,
Le rêve lucide.
Nous pouvons y consacrer une vingtaine de minutes, seul ou aidé par un ami. L'essentiel est de répondre le plus sincèrement et précisément possible. Il est aussi intéressant de compléter le questionnaire une seconde fois en notant nos réponses "idéales", pour visualiser là où on veut aller.
4.2 - Appliquer les meilleures techniques selon son profil de rêveur
Après analyse du questionnaire, nous pouvons nous identifier à un ou plusieurs des 15 profils type listés par l'auteure : petit/ gros dormeur, dormeur léger/ agité/ insomniaque, grand/petit rêveur, rêveur anxieux, hautement conscient, rêveur heureux, rêveur lucide, penseur visuel et imaginatif, lucide, victime de cauchemars, insomniaque rêveur contrarié, rêveur enfant prodige...
Pour chaque profil, "Le Guide du rêve lucide" partage un "programme de lucidité" avec des recommandations personnalisées parmi les nombreux exercices présentés. Il peut s'agir de techniques de relaxation, de visualisation, de travail sur les cauchemars, les paralysies du sommeil, le lâcher-prise émotionnel, le retour dans le rêve, les tests de réalité, le renforcement de l'intention, etc.
L'idée est de combiner les programmes correspondant à nos différentes facettes de dormeur/rêveur pour construire une routine adaptée. Des exemples de programmes type pour certaines associations courantes de profils sont fournis en annexe.
4.3 - Créer son programme de lucidité personnalisé
Une synthèse en 9 étapes pour appliquer concrètement la démarche est énoncée dans l’exercice 27 :
Répondre au questionnaire de lucidité.
Choisir parmi les 15 profils ceux qui nous correspondent.
Explorer les programmes associés et sélectionner 3 exercices de base.
Choisir un exercice de renforcement de l'intention.
Définir 3 tests de réalité à pratiquer.
Compléter le modèle de programme personnalisé fourni en annexe.
S'inspirer des exemples de l'annexe si besoin.
Définir sa routine de sommeil et ses objectifs de journal de rêve.
Démarrer le programme dès le soir et l'ajuster au fil du temps.
Ainsi, avec ce chapitre très concret et le questionnaire comme point d'appui, l'auteure nous aide à nous orienter parmi les nombreuses techniques d'induction des rêves lucides et trouver celles qui résonneront le mieux avec notre nature profonde.
Une approche résolument personnalisée pour cheminer vers la lucidité à notre propre rythme. Place désormais aux méthodes pour prolonger nos rêves lucides une fois dedans !
PARTIE 2 – Restez lucide : faites des rêves lucides plus longs et plus satisfaisants
Chapitre 5 - Exercices pratiques pour des rêves lucides plus longs
5.1 - Cultiver la sérénité
Une fois devenu lucide en rêve, le défi est de le rester.
Souvent, le débutant perd sa lucidité par excès d'excitation ou de distraction. L'enjeu est donc d'apprendre à stabiliser cet état de conscience si spécial, en cultivant le calme et la vigilance. La clé : s'entraîner le jour à remarquer et apaiser ses émotions pour mieux y parvenir la nuit.
Pour cela, "Le Guide du rêve lucide" nous invite à réaliser un exercice (exercice 28). Ce dernier consiste à observer le flux de nos émotions, les nommer, trouver des moyens de nous apaiser (respiration, visualisation de notre corps onirique). L’auteure suggère même d'utiliser la télé comme support de test de réalité, en pleine montagne russe émotionnelle ! Il s'agit d'ancrer une affirmation positive ("Je suis paisible et détendu") et un geste associé pour les réutiliser en rêve lucide.
5.2 - Les niveaux de lucidité
Ce passage détaille le spectre de la lucidité. Car :
"Le rêve lucide n’est pas une phase unique de vigilance mentale : il en existe plusieurs niveaux. En d’autres termes, la lucidité implique la vigilance et celle-ci connaît différents degrés d’intensité. Pensez au moment où vous êtes concentré. Quand vous terminez une tâche en un éclair. Quand vous jouez comme un dieu au tennis. Et pourtant, à d’autres instants, vous vous trouvez lent, vous rêvassez. Parfois, on commet des erreurs, par manque de vigilance. C’est la même chose dans l’état onirique."
L’auteure examine donc ces niveaux de lucidité : depuis la non lucidité totale jusqu'à la conscience transcendante du "vide lumineux", en passant par des états intermédiaires comme la pré-lucidité (on se questionne sans comprendre qu'on rêve), la lucidité brouillée par les émotions, instable ou au contraire limpide et prolongée.
Ainsi, notre degré de vigilance fluctue. Toutefois, nous pouvons apprendre à le rehausser volontairement, affirme Clare Johnson.
5.3 - Que ressent-on quand on perd sa lucidité ?
À travers un exemple de rêve lucide dans un champ de neige, l'auteure nous fait vivre de l'intérieur la dissolution progressive du rêve par excès de distraction ou d'émotion.
On comprend alors l'importance des techniques de stabilisation pour prolonger l'expérience. Pour l’auteure, s’il nous arrive de perdre sa lucidité très tôt au milieu d’un rêve, au lieu de se sentir frustré, mieux vaut prendre un temps pour noter son rêve, et le rejouer en visualisation en y insérant les techniques de stabilisation nécessaires.
5.4 - Les techniques de stabilisation pour rester lucide
"Perdre sa lucidité n’est pas forcément un combat – parfois on se réveille naturellement et c’est merveilleux. De temps à autre, notamment à la fin d’un long songe, on le laisse nous échapper. D’ailleurs, on ne s’en rend même pas compte, absorbé par l’action et les émotions oniriques au point d’en oublier sa lucidité. C’est seulement au réveil, en y repensant, qu’on réalise : "Tiens, je crois que j’ai perdu ma lucidité juste après que le bateau pirate s’est mis à couler." Bonne nouvelle, il existe des méthodes pour façonner l’état d’esprit attentif et lucide dont nous avons besoin pour naviguer dans ce monde des rêves halluciné et envoûtant."
Pour stabiliser notre lucidité, l’auteure nous propose d’essayer la technique CLEAR. Elle se réalise en 5 étapes (l'acronyme aide à mémoriser) :
Calmez-vous,
Lorgnez autour de vous,
Expérimentez dans le rêve,
Affirmez que vous rêvez,
Rappelez-vous vos objectifs oniriques.
"Le Guide du rêve lucide" partage 8 exercices comme 8 autres façons de rester lucide :
1/ Le jeu des différences (exercice 30)
Le but est d’aiguiser notre sens de l'observation en listant les différences entre rêves lucides et non lucides (couleurs, logique, thèmes, sensations...). Un esprit de détective pour mieux repérer les indices de rêve.
2/ Faire de nos personnages oniriques des alliés (exercice 31)
Au lieu de nous laisser duper, apprenons à repérer les indices de lucidité de nos personnages oniriques (clins d'œil, pouvoirs étranges, regards perçants). Nous pouvons leur demander, avant de dormir, de nous aider à devenir rêveur lucide.
3/ Changer de point de vue (exercice 32)
Si la scène devient floue, évitons de fixer du regard et promenons plutôt notre attention d'un détail à l'autre pour stabiliser le rêve.
4/ Tourner comme un derviche (exercice 33)
Pivoter sur soi-même permet à certains de créer une "nouvelle scène stable". L’auteure confie qu’avec elle, cette méthode ne fonctionne pas et qu’elle peut donc ne pas marcher avec tout le monde. Toutefois, ajoute-t-elle, nous pouvons atterrir dans le "vide lucide" qui reste une vaste opportunité de création.
5/ Nous donner la main (exercice 34)
L’auteure décrit 5 façons d'utiliser ses mains pour rester lucide (les frotter, applaudir, teste de réalité, toucher le décor, les lever devant soi). Un grand classique !
6/ Activer notre cerveau grâce à l'arithmétique (exercice 35)
Des petits calculs simples suffisent à stimuler la vigilance et éclaircir le rêve.
7/ Parler aux personnes, objets et animaux qui peuplent notre rêve (exercice 36)
Dialoguer avec les éléments du rêve, même inanimés, renforce la lucidité et apporte de surprenantes révélations. Sinon, on peut aussi les lécher pour se reconnecter aux sensations !
8/ Se rappeler qu’on est dans un rêve lucide (exercice 37)
Un mantra chantonné ("je suis lucide"), un objet symbolique ou un pense-bête permettent de ne pas oublier qu'on rêve, malgré la force d'envoûtement du scénario.
En résumé, le chapitre 5 du "Guide du rêve lucide", riche en conseils pratiques, nous apprend à prolonger les rêves lucides, avec en filigrane l'idée d'un entraînement à la vigilance et au calme qui se poursuit le jour comme la nuit.
Place, à présent, aux techniques de transe éveillée et de méditation pour muscler encore notre lucidité.
Chapitre 6 - Entraînez votre esprit à prolonger le rêve lucide
Le sixième chapitre du "Guide du rêve lucide" nous fait observer que la lucidité onirique est comme un muscle qui se renforce avec la pratique. Ainsi, plus nous l'utilisons, plus il devient facile de rester conscient et concentré, même au cœur des rêves les plus fous.
Ce chapitre explore alors 3 approches pour consolider notre vigilance : les transes créatives, la méditation/ musique/ mantras et le yoga du rêve.
6.1 - Les 3 forces vitales du rêve lucide
Avant d’aborder ces 3 façons de nous entraîner à être lucide, l'auteure rappelle le trio gagnant pour ancrer la lucidité (ICE) :
L'Intention => la volonté de devenir rêveur lucide,
La Clarté => rester concentré malgré les distractions oniriques,
L'Expectative => s'attendre à réussir.
En exerçant ces 3 forces dans notre vie éveillée, on bâtit un état d'esprit robuste pour affronter sereinement les rêves.
6.2 - Trois façons de développer et d’ancrer notre lucidité
1/ Les transes créatives lucides
La transe lucide est un état de conscience qui mêle éveil et rêve, concentration et imagerie débridée. S'y entraîner permet d'apprendre à maintenir cet équilibre subtil si précieux pour les rêves lucides. De nombreux créatifs l'utilisent pour libérer leurs idées.
L'exercice 38 détaille la technique d'écriture lucide pour y parvenir : dans un état de relaxation, on revisite un rêve en le laissant se déployer puis on écrit sans s'arrêter, en restant dans le flux des images. Plus qu'un outil de créativité, c'est aussi un puissant processus de guérison, qui permet d'interagir avec nos rêves sans peur.
2/ La méditation, la musique et les mantras
Méditer en se focalisant sur son intention de rêver lucide a un double effet : cela augmente nos chances d'en faire, tout en développant une clarté d'esprit propice à les prolonger.
L'exercice 39 propose une méditation guidée complète, avec respiration consciente, mantra personnalisé ("je suis lucide"), visualisation, ancrage du calme et de la vigilance. Une variante : méditer à la bougie en observant la flamme pour induire une transe lucide.
Comme nos pensées influent sur nos rêves, la musique est également un bon support pour induire des vibrations de joie et de lucidité. Que ce soit avec des instruments, des chants ou des mantras mélodieux martelant notre intention, elle nous aide à rester concentrés et sereins.
L'exercice 40 nous invite alors à une transe musicale allongée, pour voyager dans nos rêves en pleine conscience, l'exercice 41 à créer une ritournelle entêtante de lucidité, et l'exercice 42 à utiliser notre voix chantée pour stabiliser le rêve de l'intérieur.
3/ Devenir un yogi du rêve lucide
Yoga, taichi, qi gong... Toute discipline corporelle qui allie souplesse physique et mentale est une alliée précieuse des rêves lucides. La posture de la montagne (exercice 43 : Tadasana) et celles d'équilibre comme le bateau (exercice 44 : Paripurna Navasana) ou l'arbre (exercice 45 : Vrksasana) sont particulièrement recommandées pour leur effet apaisant et fortifiant. Les pratiquer en rêve est jouissif !
6.3 - Trois exercices de stabilisation supplémentaires
"Le Guide du rêve lucide" partage 3 autres astuces sans tapis de yoga cette fois :
Raconter son rêve à voix haute à mesure qu'il se déroule en mentionnant souvent les mots "rêve" et "onirique" (exercice 46).
Se remémorer son objectif de rêve pour raviver sa détermination si la lucidité vacille (exercice 47).
Voler dans son rêve, pour se réancrer par les sensations et les changements de perspective (exercice 48).
Le chapitre 6 du "Guide du rêve lucide" nous enseigne une belle palette d'entraînements pour fortifier notre mental, du plus créatif au plus méditatif. De quoi prolonger sereinement nos escapades oniriques.
Notre prochaine étape est désormais d’apprendre à les piloter avec doigté. Tout un art !
PARTIE 3 – Dirigez vos rêves lucides : découvrez les meilleures techniques
Chapitre 7 - Dirigez vos rêves lucides grâce au pouvoir de la pensée et de l'intention
Une fois lucide en rêve, que faire ? "Tout ce que vous voulez !" s’exclame le Pr Clare Johnson.
Le rêve lucide ouvre un champ infini de possibles, des plus fantastiques aux plus introspectifs. Mais comment procéder ?
Le 7ème chapitre du "Guide du rêve lucide" partage les différentes manières d'orienter le cours de nos aventures oniriques.
7.1 - Être lucide ne veut pas forcément dire contrôler ses rêves
L’auteure commence par déconstruire un mythe: être lucide, assure-t-elle, ne signifie pas forcément contrôler le rêve. Nous pouvons très bien l'observer ou y participer passivement sans rien diriger.
Elle distingue alors 4 niveaux d'implication, de l'observation à la maîtrise continue :
"L’ observation passive" : lorsqu’ "on observe le rêve comme un film en taisant nos pensées".
"La participation passive" : quand "nous entrons dans le cours des événements en devenant lucide, sans vouloir consciemment les modifier".
"Le contrôle sporadique" : qui "nous permet de pousser le rêve dans une certaine direction ou d’interroger notre environnement onirique et d’en attendre une réponse".
"Le contrôle continu" : dans ce cas, "le rêveur s’efforce de guider et de diriger les événements tout au long du rêve".
7.2 - Les rêves réagissent à nos pensées et à nos émotions
L’auteure décrit également ici comment nos pensées, émotions, croyances influent constamment sur le rêve, lucide ou non, sans qu'on puisse tout contrôler. En fait, le rêve est comme un miroir qui reflète et amplifie notre monde intérieur. Il répond instantanément par des images à nos attentes, peurs et désirs.
Prendre conscience de cet écho permanent est alors la meilleure leçon de pleine conscience !
C’est pourquoi, note Clare Johnson, pour bien piloter nos rêves lucides, mieux vaut identifier au préalable nos croyances sur le rêve, l'éveil et la nature de la réalité. Elles peuvent en effet faciliter ou limiter nos expériences.
Pour nous y aider, l’auteure fournit un exercice (exercice 49 : "Testez votre système de croyance"). Celui-ci propose un questionnaire détaillé pour faire le point sur notre vision : du contrôle du rêve, du lien pensée-matière, des lois de la physique, de la nature des rêves, de notre identité et notre attitude en rêve...
7.3 - Les peurs liées à la maîtrise du rêve
Certains craignent qu'en contrôlant trop le rêve, on rate ses messages inconscients. Mais l'auteure nous rassure sur ce point : un rêve important reviendra de toute façon sous une autre forme tant qu'on n'aura pas saisi le message. Et la conscience lucide offre justement une opportunité d'introspection et de dialogue direct avec notre psyché, en plus des rêves non lucides qui continuent en parallèle.
Autre point soulevé par Clare Johnson : celle-ci nous invite à interagir avec souplesse et respect avec le rêve, comme une conversation où spontanéité et fantaisie gardent leur place. Pas de contrôle rigide mais une coopération ludique et curieuse. Comme dans la vie, l'important est de suivre son ressenti et d'expérimenter avec un esprit ouvert.
7.4 - Pourquoi les rêves lucides érotiques sont-ils parfois si difficiles à obtenir ?
Le sexe est un sujet brûlant en rêve lucide ! L'auteure explique que si le scénario prévu ne se déroule pas comme prévu (partenaire qui disparaît, etc), c'est souvent un problème de lucidité insuffisante plus que de contrôle.
Elle partage alors un exercice à réaliser (exercice 50 : "guide du rêve lucide réussi") qui fournit des conseils pour réussir ses rêves érotiques : bien visualiser son fantasme à l'avance, stabiliser d'abord la lucidité, faire apparaître son partenaire idéal par une incantation ou un rituel, explorer des sources de plaisir inattendues...
7.5 - Je n'arrive pas à voler dans mes rêves lucides ! Que se passe-t-il ?
Autre classique frustrant : l'échec à s'envoler. Là encore, c'est souvent un manque de lucidité stable couplé à des croyances limitantes sur ce qui est possible ou non. Il faut aussi savoir lâcher-prise et y mettre de la légèreté, informe Clare Johnson.
L'exercice 51 ("guide du vol en rêve lucide") prodigue de nombreuses astuces pour un décollage facile : s'attendre à voler sans effort, se rappeler que la gravité n'existe pas en rêve, sauter avec l'intention de s'envoler, utiliser son souffle, adopter la position de Superman... Le vol est une des expériences les plus grisantes et libératrices en rêve lucide.
7.6 - Se servir des personnes et des images que nous rencontrons dans nos rêves
Pour Clare Johnson, les personnages de rêves, humains, animaux ou entités sont de précieux alliés. Et en affinant notre perception, nous découvrons que ces derniers peuvent avoir des niveaux de conscience très variables, des zombies aux êtres "supraconscients". L'exercice (exercice 52) proposé dans cette partie du "Guide du rêve lucide" nous aide alors à les repérer.
Aussi, pour l’auteure, il est important de traiter ces personnages avec respect et bienveillance. De cette façon, nous favorisons des échanges riches et surprenants qui nourrissent autant la créativité que la quête de sens. Et parfois, souligne l’auteure, c'est le rêve lui-même qui semble nous répondre, par télépathie, au-delà des mots.
L'exercice 53 nous encourage à soigner ces relations pour stimuler et favoriser notre lucidité : ces amis oniriques nous laissent, en effet, des indices, nous guident, nous éveillent.
Au terme de ce chapitre 7 du "Guide du rêve lucide", nous possédons de nombreuses pistes et réflexions pour déployer tout le potentiel du rêve lucide, avec souplesse, curiosité et discernement. En bonus, des conseils ciblés pour réussir les rêves érotiques et s'envoler en toute liberté.
L’auteure propose, à présent, de nous apprendre à apprivoiser les cauchemars...
Chapitre 8 - Affrontez et accueillez vos cauchemars
Pour l’auteure du "Guide du rêve lucide", les cauchemars sont une occasion en or de pratiquer la lucidité. En effet, que l'on en prenne conscience en plein rêve ou au réveil, ils nous invitent à transformer la peur en amour et en curiosité pour en faire une expérience réparatrice.
Ce 8ème chapitre explore alors diverses techniques pour y parvenir.
8.1 - Pourquoi modifier un cauchemar ?
Clare Johnson nous fait d’abord observer que changer le scénario d'un cauchemar peut avoir un effet thérapeutique puissant, comme chez les victimes de stress post-traumatique qui revivent l'événement en boucle. En modifiant les images mentales de la scène, nous créons, en effet, un nouveau câblage neuronal qui remplace peu à peu l'ancien.
Cette "thérapie par imagerie mentale" fonctionne aussi pour des cauchemars plus anodins du quotidien (parler en public, déménager...). L'auteure la pratique avec succès dans ses ateliers d'écriture lucide, où les participants découvrent souvent des clés pour résoudre leurs mauvais rêves.
La technique qu’elle utilise pour changer ses cauchemars avec l’écriture lucide (exercice 54) consiste à :
Entrer dans une transe lucide en visualisant le cauchemar sans crainte,
Laisser les images se transformer en notant les associations d'idées,
Écrire ce nouveau scénario sans s'arrêter, comme s'il se déroulait en direct,
Consigner les enseignements et questionnements qui émergent,
Relire en soulignant les passages importants.
Clare Johnson souligne que nous pouvons adapter cette technique en "dessin lucide" ou "conversation lucide" enregistrée. L'important est de dialoguer avec l'inconscient en toute liberté pour dénouer le cauchemar de l'intérieur.
8.2 - Des solutions aux cauchemars
L’auteure partage ici une technique qu’elle a elle-même développé pour solutionner les problèmes de cauchemars. Elle l’a nommé "la solution aux cauchemars par l'imagerie lucide" (LINS).
Celle-ci doit intervenir juste après un cauchemar. Elle utilise la visualisation :
"L’imagerie lucide, c’est comme le rêve lucide… mais éveillé. Ou comme l’écriture lucide, mais sans stylo. Il suffit d’observer et de guider les images visualisées."
Attention toutefois, l’auteure déconseille cette technique aux personnes anxieuses, dépressives, souffrant de psychose ou trouble de la personnalité, ou encore en cas de traumatisme ou de deuil.
Voici cette technique (exercice 55 : "la solution aux cauchemars par l'imagerie lucide") synthétisée en 5 étapes :
Prendre soin de notre corps : respiration, hydratation, confort.
Retourner dans notre cauchemar jusqu'au point de bascule émotionnelle, c’est-à-dire le moment où le rêve est devenu déplaisant, se rappeler qu’on est en sécurité, laisser les images émerger et faire des associations.
Identifier ce moment critique où la peur, l’angoisse, la culpabilité s'installe, et restaurer l’équilibre : "décidez de l’instant où vous souhaitez que les événements ou votre attitude changent" (choisir le moment juste avant le point de bascule fonctionne généralement assez bien, indique l’auteure).
S'imaginer lucide pour réécrire la suite : demander au personnage effrayant pourquoi il nous suit, faire en sorte qu’une scène sereine ou amusante se produise, faire intervenir des secours (ami puissant, objet magique, mantra de soin), changer d'attitude, jouer un autre rôle débarrassé de notre peur…
Se rendormir avec l'intention de rêver lucide.
Pour l’auteure, en répétant la technique de "l'imagerie lucide" , nous réagirons de manière plus créative la prochaine fois et induirons un rêve lucide réparateur. L'auteure partage comment, en listant 10 façons créatives d'agir dans un cauchemar lucide ou une visualisation (exercice 56) :
Demander de l'aide au rêve, calmement : "Envoie-moi de l’aide, s’il te plaît."
Offrir un cadeau inattendu : "Tout le monde aime les cadeaux. Les personnages les plus sinistres et les bêtes les plus féroces ne font pas exception".
Affronter le problème avec force : "Parfois, la priorité n’est pas de répondre avec amour et compassion. Dans certains cas, il peut être psychologiquement valorisant de réagir avec force, notamment, dans le cas de rêves rejouant des moments de notre vie où nous avons été victime de traumatisme, de maltraitance ou de harcèlement. C’est un rêve, après tout."
Capituler et observer ce qui se passe (souvent rien).
User de pouvoirs magiques.
Demander un présent au "monstre".
Se réveiller (en retenant son souffle ou remuant ses doigts de pied) ou fuir "malin" comme dans un film (par une trappe, en réalisant une série de saltos…).
Invoquer un bouclier protecteur.
Chercher le message caché : "Au milieu de la peur et de la confusion qui règnent dans le cauchemar, demandez au personnage, animal ou événement onirique, s’il a un message à vous transmettre. Vous assisterez peut-être à une transformation. Un terrifiant tsunami s’arrête tout à coup et vous montre un gros plan du patron qui vous harcèle : votre situation professionnelle vous submerge, mais de grands changements ne vont pas tarder."
Embrasser ce qui nous menace avec amour.
8.3 - Anxiété, malaise et peur en tant que déclics de lucidité
Dans un autre exercice (exercice 57), l’auteure partage un dernier conseil simple mais efficace pour mieux gérer les cauchemars : dès qu'on ressent un malaise éveillé, s'interroger "Est-ce que je rêve ?" et faire un test de réalité. Ceci permet d’en faire un réflexe salvateur en cas de cauchemar.
Et dans le cauchemar, le fait d’avoir conscience qu’on est en train de rêver, chassera la peur et nous permettra de creuser le message du rêve.
8.4 - La paralysie du sommeil
"Connaissez-vous cette sensation affreuse d’être paralysé au cours d’un rêve ? Vous fuyez un agresseur, mais vos membres se figent ; vous tentez d’avancer, mais c’est impossible et il se rapproche… vous sentez son souffle sur votre cou… Et vous vous réveillez. Votre cœur bat la chamade et vous avez encore les jambes lourdes tandis que vous essayez d’émerger de ce cauchemar."
Voilà ce qu’on appelle la paralysie du sommeil. Cela survient quand nous devenons conscient pendant l'atonie musculaire du sommeil paradoxal (impossibilité de bouger, sensations bizarres, hallucinations...).
C'est désagréable, concède l’auteure. Il n’en reste pas moins que c'est une porte d'entrée vers le rêve lucide et de fantastiques aventures lucides ! Mieux vaut donc l'accueillir sans résistance.
Voici alors quelques astuces clés pour mieux gérer la paralysie du sommeil (exercice 58) :
Ce phénomène intervient quand nous nous réveillons mentalement tandis que notre corps reste atone et notre esprit rêveur. Se rappeler alors qu’à ce moment-là, nous sommes déjà lucide et très proche du rêve.
Ne pas lutter contre les événements effrayants mais respirer, relâcher la peur et s'apaiser.
Tout observer en scientifique curieux.
Essayer d’activer son corps onirique (se frotter les mains par exemple) et d’entrer dans un rêve agréable.
Appliquer la méthode de l’imagerie lucide (expliqué dans ce chapitre, exercice 56) aux visions cauchemardesques.
Pour tout cela, il faut du courage, termine Clare Johnson, mais c'est un formidable tremplin vers l'aventure lucide.
8.5 - Comment se détendre auprès de personnages oniriques effrayants
Pour l’auteure du "Guide du rêve lucide", plutôt que d'avoir peur des apparitions, mieux vaut les voir comme des parts de nous, porteuses d'un enseignement.
L’exercice 59 nous explique alors comment se détendre face à des personnages oniriques effrayants
Retenons ici qu’en les accueillant avec amour, elles se transforment souvent en précieux alliés. Et que déconstruire ses croyances aide aussi à dédramatiser ces rencontres.
En résumé, le chapitre 8 du "Guide du rêve lucide" nous apprend à transmuter l'énergie des cauchemars en lucidité bienveillante, que ce soit par l'écriture, l'imagerie mentale ou directement dans le rêve. De quoi aborder nos peurs nocturnes comme une opportunité de nous libérer, de guérir et de grandir. Un travail exigeant mais ô combien gratifiant.
Chapitre 9 - Créativité, soin et expériences spirituelles lucides
Ce 9ème et dernier chapitre du "Guide du rêve lucide" explore les immenses potentiels du rêve lucide une fois qu'on a acquis une certaine maîtrise.
En effet, selon le Pr Clare Johnson, le rêve lucide peut stimuler la créativité, enclencher un processus de guérison physique ou émotionnelle, et même ouvrir sur des expériences spirituelles transcendantes.
De quoi aller encore plus loin dans l'aventure !
9.1 - Se connecter avec son artiste intérieur avec le rêve lucide créatif
Clare Johnson commence par rappeler combien nos rêves sont, avec leurs images fantastiques qui se déploient spontanément, un puits de créativité formidable. Dès lors, devenir rêveur lucide, c’est la possibilité d’interagir consciemment avec cette source d'inspiration inépuisable pour nourrir n’importe quelle démarche artistique.
L'auteure raconte, par exemple, comment un de ses rêves lucides lui a donné l'idée de rendre l'un de ses personnages de roman synesthète.
Par ailleurs, vivre des expériences oniriques extraordinaires (voler, respirer sous l'eau...) enrichit considérablement l'imaginaire. Sans compter le côté très immersif et multisensoriel propice à une créativité débridée.
L’auteure encourage ici (exercice 60 : "le rêve lucide pour une créativité débordante") à profiter de cet état si particulier pour :
Sortir de sa zone de confort en testant de nouveaux arts sans crainte.
Demander de l'aide au rêve qui répond en images.
S’ouvrir : "laissez le flux vous entraîner" écrit l'auteure.
Observer le processus créatif du rêve en direct : "soyez attentif aux éclats de pure créativité, tandis que le rêve insuffle la vie dans les plus minuscules détails".
Donner une impulsion initiale vers un projet puis se laisser guider.
Utiliser l'énergie puissante des cauchemars comme tremplin créatif.
9.2 - Comment fonctionne le potentiel réparateur physique et émotionnel du rêve lucide ?
Les rêves reflètent souvent nos traumatismes et problèmes émotionnels.
Pour l’auteure du "Guide du rêve lucide", devenir rêveur lucide nous donne la possibilité d'interagir avec ces images pour amorcer un processus de guérison, l'environnement onirique réagissant directement à nos pensées et intentions.
L'auteure partage l'exemple d'un homme surmontant sa peur du noir en affrontant en rêve lucide un placard menaçant qui finit par se déchirer. Quand on choisit d'envoyer de l'amour aux personnages effrayants, la transformation réparatrice opère, même inconsciemment.
De plus en plus de témoignages suggèrent que le rêve lucide aiderait aussi à traiter des problèmes physiques (acouphènes, tumeurs, douleurs...) grâce au pouvoir de l'esprit sur le corps. Des études montrent que nos actions oniriques ont des effets mesurables (rythme cardiaque, activité cérébrale...).
L'exercice 61 détaille alors comment induire cette guérison émotionnelle. Ainsi, face à une image effrayante ou malsaine :
Créer un cocon protecteur de lumière et réciter un mantra.
Stabiliser la lucidité pour favoriser l'état réceptif en utilisant la méthode CLEAR exposée dans le chapitre 5, exercice 29.
Envoyer de l'amour à l'imagerie négative sans chercher à la refouler.
Demander au rêve un signe ou un message réparateur.
S'attendre à recevoir de l'aide si besoin.
Un autre exercice (exercice 62) applique ces principes aux maux physiques. Ainsi, pour traiter une douleur physique, l’auteure nous invite, pendant notre rêve lucide à :
Diriger notre intention de soin vers la zone de notre corps concernée.
Former une boule de lumière de soin avec nos mains : frotter nos paumes, générer ainsi de une énergie de guérison et l’irradier sur notre corps.
Visualiser notre corps en parfaite santé.
Chanter ou réciter un mantra de soin.
9.3 - Le rêve lucide spirituel
Le rêve lucide, nous dit l’auteure, ouvre aussi des portes vers des visions mystiques, des rencontres avec des guides ou des divinités, et des fulgurances de conscience pure.
Clare Johnson a appelé "lumière lucide" cette clarté immanente, imprégnée de béatitude et de sentiment d'unité, qu'elle voit comme notre nature essentielle. Accessible dans de nombreux états modifiés de conscience, elle serait la source primordiale dont nous émanons. La contacter régénère en profondeur.
À ce propos, elle relate une expérience personnelle :
"Un jour, juste après une échéance éditoriale stressante, je me suis écroulée sur mon lit, totalement épuisée au point de me sentir physiquement malade. Soudain, ma chambre s’est remplie de lumière : une lueur chaude et dorée qui baignait mon corps et me semblait accueillante et bienveillante. Je flottais dans un bonheur lucide. Je me suis abandonnée à l’incroyable sensation de m’immerger dans une lumière pure et curative. J’ai fini par ouvrir les yeux : une heure et demie avait passé. Pas de rêve, seule la lumière lucide. Je me suis assise, étonnée par l’énergie qui me parcourait. J’ai sauté du lit, enfourché mon VTT pour une longue balade et j’ai roulé le long de la rivière, aux anges. Une sieste puissance 10 : j’avais rechargé mes batteries directement à la source. Je brillais comme une ampoule de 100 watts ! On se réveille de ces rêves lucides spirituels, comme illuminé de l’intérieur."
9.4 - Invoquer des expériences spirituelles
"Que nous soyons athées ou croyants, le rêve lucide peut mener à des expériences transcendantales dont nous nous souviendrons longtemps" écrit Clare Johnson.
L'exercice 63 propose plusieurs façons de susciter ces expériences spirituelles.
Pour y parvenir, voici ses conseils. Durant un rêve lucide ou n’importe quel autre état de conscience modifié :
Se visualiser en train de rencontrer une divinité de notre choix ou vivre l’expérience d’une lumière lucide, formuler une intention claire et répéter un mantra.
Suivre toute lumière inhabituelle (lune très lumineuse, arbre particulièrement vivant…) et s’y connecter sans crainte : "c’est peut-être un portail ouvrant sur une expérience spirituelle".
Méditer pour une connexion express au divin.
Flotter en l’air et faire un salto arrière avec la ferme résolution d'accéder à des sphères sacrées.
Poser des questions existentielles et métaphysiques au rêve.
9.5 - Le vide lucide
Si au cours de ces explorations, nous atterrissons dans un espace infini et sombre entre deux rêves, pas de panique !
Ce "vide lucide" n'est qu'une autre forme de lumière, soutient l’auteure. "Il s’agit juste d’une lumière noire (ou blanche ou multicolore) : l’espace entre les rêves, l’étoffe dont sont faits les rêves !" précise-t-elle. C’est un état extraordinaire qui recèle un potentiel créatif infini.
Pour ne plus en avoir peur et, au contraire, en savourer ses trésors, Clare Johnson nous conseille d'y amener un état d'esprit serein et méditatif (exercice 64).
"Rappelez-vous l’histoire du chiot qui arrive dans une caverne aux parois recouvertes de miroirs. Il découvre de nombreux chiots qui l’observent. Terrifié, il jappe… et les autres se mettent également à aboyer ! Il se précipite dehors, la queue entre les pattes. Le silence retombe dans la caverne. La curiosité l’emporte et il y retourne. Il se sent plus serein, plus courageux. Alors, à son grand ravissement, il croise cette fois une petite troupe très calme. Il agite la queue et ils lui répondent tous en agitant la leur ! Le vide lucide fonctionne de la même façon. Si vous avez connu des expériences oniriques effrayantes, apaisez vos craintes. Travaillez votre respiration, entourez-vous d’un œuf de lumière protecteur et rappelez-vous que vous êtes en sécurité. Apportez cette sérénité dans le vide lucide et votre expérience n’en deviendra que plus positive."
9.6 - L’expérience hors du corps
De même, si on a l'impression de se retrouver hors de son corps, il est important de dépasser sa peur pour profiter de cette prodigieuse liberté de mouvement et de perception. Ce n'est pas une véritable sortie définitive de son enveloppe charnelle (sinon on ne se réveillerait pas) mais plutôt une extension de sa conscience (exercice 65 : "comment déclencher une expérience hors du corps dans un rêve lucide et à l'éveil").
Au terme du chapitre 9 du "Guide du rêve lucide", nous sommes désormais capable de plonger plus loin dans la vaste mer du rêve lucide, en confiance, avec en plus la possibilité de créer davantage, de guérir et de s'éveiller à sa nature profonde. Comme un grand voyage initiatique qui ne fait que commencer, pour peu qu'on ose en franchir les portes... Car "ceci n’est que le sommet de l’iceberg des possibles du rêve lucide ! Le rêve lucide est un océan, un univers qui reste encore à explorer !" termine l’auteure.
Conclusion
"La lucidité, c'est la conscience" déclare Clare Johnson pour démarrer sa conclusion. En prêtant attention à nos rêves d’une façon générale, et en nous montrant curieux face aux rêves lucides, nous devenons plus éveillés et connectés, poursuit-elle.
Partageons donc cette richesse autour de nous ! Car, pour le Pr Clare Johnson, le rêve est un langage universel qui nous relie dans notre monde fracturé :
"Lorsque nous écoutons les songes d’autrui, c’est leur âme qui nous parle. Et que se passe-t-il quand deux âmes se parlent ? On s’éclaire ! On brille ! Ainsi, en partageant nos rêves, on ajoute un peu de lumière au monde."
Dans sa conclusion, l'auteure nous encourage à adapter les exercices à notre goût, à entretenir notre curiosité et à pratiquer régulièrement. Elle évoque des témoignages bouleversants de personnes ayant surmonté un deuil, des cauchemars traumatiques ou la maladie grâce au rêve lucide.
Comme une plongeuse explorant un monde sous-marin merveilleux, elle espère nous avoir transmis cet enthousiasme pour découvrir par nous-même tous les trésors du rêve lucide. Un voyage intérieur passionnant qui ne fait que commencer... Un "autre monde" à explorer.
Annexes
Les annexes comprennent un modèle pour créer son propre programme de lucidité personnalisé, en combinant les exercices les plus adaptés à son profil de dormeur/rêveur.
L'auteure fournit également trois exemples de programmes types pour nous guider dans cette démarche sur mesure.
Conclusion de "Le Guide du rêve lucide | 65 exercices et 15 programmes pour prendre les commandes de vos rêves" du Pr. Clare Johnson
Dans "Le Guide du rêve lucide", la Pr. Clare Johnson, pionnière dans l'étude et la pratique du rêve lucide depuis plus de 40 ans, partage un condensé ultra-pratique de ses recherches, expériences et enseignements sur cet état de conscience fascinant où l'on est conscient de rêver pendant son sommeil.
Trois points clés pour résumer ce qu’est "Le Guide du rêve lucide"
Véritable mode d'emploi pour cheminer vers la lucidité, ce guide fourmille de conseils, techniques et programmes pour apprendre à déclencher, prolonger et diriger nos rêves lucides.
Les 65 exercices proposés couvrent toutes les étapes clés : de l'entraînement diurne aux techniques du cycle du sommeil en passant par la gestion des peurs et la personnalisation de sa pratique.
Un parcours progressif et adapté à chacun pour devenir un véritable explorateur de sa vie onirique.
Au-delà des techniques d'induction, Clare Johnson nous montre comment interagir avec nos rêves pour en faire de formidables outils de développement personnel.
Stimulation de la créativité, résolution des cauchemars, guérison émotionnelle et physique, expériences mystiques... : la lucidité ouvre un champ infini de possibles que "Le Guide du rêve lucide" nous apprend à cultiver, avec des exercices ciblés et des retours d'expérience édifiants.
En filigrane, cet ouvrage est une véritable invitation à mieux se connaître et à s'éveiller à notre potentiel illimité.
En prêtant attention à nos rêves et en les explorant de façon consciente, c'est un voyage intérieur que nous entamons, riche en révélations sur nous-mêmes et en opportunités de transformation. Le rêve lucide devient alors un chemin vers plus de conscience, de liberté et de sagesse.
Pourquoi lire "Le Guide du rêve lucide" ?
Vous aurez entre les mains un mine d'or pour développer votre lucidité
"Le Guide du rêve lucide" s'adresse à tous : des néophytes aux rêveurs lucides confirmés en quête d'approfondissement. Chacun y trouvera des clés pour progresser à son rythme et selon ses aspirations.
Nourri par les dernières découvertes scientifiques et des décennies d'expérience, mais toujours avec un style clair et inspirant, ce guide est une mine d'or pour qui veut développer sa lucidité au quotidien comme dans ses rêves. Il donne vraiment envie de se lancer dans l'aventure.
C’est un incontournable sur le sujet, à conseiller à tous les explorateurs de la conscience !
Je recommande la lecture de cet ouvrage pour son exhaustivité et son côté très concret.
"Le Guide du rêve lucide" vous apportera d’innombrables clés pour expérimenter par vous-même cet état de conscience modifié si particulier et en goûter ses multiples bénéfices. C’est un livre qui intéressera tous ceux qui souhaitent élargir leur conscience et explorer le vaste potentiel de leur esprit !
Il ne vous reste plus qu'à vous glisser sous la couette et mettre en pratique les précieux conseils du Pr Clare Johnson pour des nuits riches en aventures et en découvertes !
Points forts :
Un guide ultra complet qui aborde tous les aspects du rêve lucide et propose 65 exercices pratiques et 15 programmes personnalisables.
Écrit par une pionnière dans l'étude et la pratique du rêve lucide depuis 40 ans.
L’approche axé développement et l’étude de tous les bénéfices du rêve lucide : créativité, guérison, connaissance de soi, expériences mystiques...
Points faibles :
Bien que scientifiques, certains termes - qui appartiennent au monde onirique et au domaine des états de conscience modifiés - peuvent sembler ésotériques.
Certains exercices demandent beaucoup d'entraînement et de persévérance avant d'être maîtrisés.
Ma note :
★★★★☆
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Résumé de « Faire plus avec moins » de Vicky Payeur : la créatrice du blog Vivre avec moins nous propose ici un condensé de son savoir et de ses conseils pour « redécouvrir l’abondance grâce à la frugalité » et apprendre à vivre mieux au jour le jour.
Vicky Payeur, 2022, 204 pages.
Chronique et résumé de "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur
Avant-propos
Connaissez-vous le frugalisme ? Il s'agit de cette tendance à rechercher l'indépendance financière hors travail le plus tôt possible dans son existence. Autrement dit, prendre sa retraite dès 30 ou 40 ans ! Mais est-ce vraiment réalisable ?
Au Québec — pays de Vicky Payeur — comme ailleurs, la réponse est oui. À condition, bien sûr, de respecter certains principes de vie et d'avoir mis suffisamment d'argent de côté pendant les années de labeur.
Le mouvement FIRE, pour Financial Independence Retire Early est pionnier et particulièrement représentatif de cette tendance de fond des sociétés contemporaines. Il a émergé aux États-Unis dans les années 2010, quand des blogueurs ont publié leurs idées concernant l'épargne et la retraite précoce.
Vicky Payeur dit s'inspirer de tous ces auteurs du mouvement FIRE. Mais elle voudrait répondre à une question restée selon elle largement sans réponse : "comment vivre la frugalité au quotidien ?" C'est-à-dire concrètement (p. 8-9) :
« Comment faire augmenter la valeur de ses placements ?
Quelles stratégies utiliser pour réduire les impôts à payer ?
Comment travailler davantage ou gagner plus d'argent ?
Quelles dépenses est-il nécessaire d'enlever de son budget pour peut-être espérer vivre librement un jour ?
Comment épargner un peu plus chaque mois ? » (Faire plus avec moins, Avant-propos)
L'autrice s'est posé ces questions dans sa propre existence : en 2015, elle est passée d'un mode de vie hyperconsommateur à une existence frugale, principalement pour rembourser ses dettes. Aujourd'hui, elle est très heureuse de son choix et veut partager ses bons plans avec vous. Sympa, non ?
Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur son blog Vivre Avec Moins.
Introduction
"Frugalité est un mot que j'entends bien rarement. Probablement parce qu'il est souvent associé péjorativement à l'avarice ou, comme on dit, au fait d'être cheap. Personne ne souhaite être perçu ainsi dans une société où l'étalage des richesses et la démonstration d'exploits professionnels sont valorisés ! Cependant, il y a une nuance importante entre frugalité et avarice."
Quelle est-elle ?
L'avare ne veut pas se séparer de son argent ; il veut même en accumuler toujours plus, sans raison.
La personne frugale (ou le "frugaliste") est sobre, oui, économe, encore, mais elle n'est pas attachée à l'argent et pourra se montrer généreuse ou s'octroyer des plaisirs de temps à autre.
La frugalité ne date pas d'hier
En un sens, la frugalité est une habitude de grand-mère. Rappelez-vous ses petits plats et sa manie à "tout" réparer ou à tout garder. Eh bien, c'est l'inverse de notre mode de vie actuel et, pourtant, c'est vers cela que nous pouvons aller si nous le voulons.
Oui, penser sa consommation est (re)devenu essentiel ! Oui, penser, réfléchir à ce qui est utile et à ce qui ne l'est pas. Commençons petit à petit et voyons comment amplifier peu à peu cette attitude dans notre existence de tous les jours. L'enjeu est économique, mais aussi environnemental.
Oser devenir libre
"En consommant moins, mais mieux, on peut transformer notre budget en entier", dit l'auteur. Épargner : voilà la clé. Et ce livre est justement conçu pour vous aider à le faire de manière efficace. Certaines propositions peuvent paraître "extrêmes", mais c'est parce qu'elles visent à "atteindre des objectifs ambitieux".
C'est possible. Par ailleurs, être frugal ne veut pas dire arrêter complètement de travailler. Vous pouvez vous consacrer à des projets qui ont du sens pour vous, mais vous ne dépendez plus d'un emploi qui ne vous plaît pas.
À vous de définir exactement votre idée de la liberté financière. À vous, aussi, de laisser de côté les conseils qui vous plairont le moins pour adapter la méthode en fonction de vos aspirations profondes.
Partie 1 — L'heure des bilans
Au Québec, un tiers de la population environ vit d'une paie à l'autre sans pouvoir épargner ou en épargnant très peu. Pour Vicky Payeur, c'était la même chose. Jusqu'au jour où elle s'est mise en tête d'étudier les dépenses de son compte bancaire.
Elle donne ce premier conseil :
"Prenez le temps d'analyser votre situation financière en toute franchise et posez-vous la question suivante : "où va mon argent ?"." (Faire plus avec moins, Chapitre 1)
Posez-vous des questions telles que :
Combien est-ce que je dépense en… (restaurant, vêtements, etc.) ?
Quand ai-je réalisé ma dernière grosse dépense ?
Combien est-ce que j'épargne par mois ?
Jusqu'à quand pourrais-je survivre si je perdais mon travail demain ?
En fait, nous pensons souvent agir plus vertueusement que nous ne le faisons en réalité. Lorsque nous nous imposons cette petite analyse, nous voyons mieux où le bât blesse et ce que nous pouvons faire pour corriger le tir. Et cela vaut à 20 ans comme à 50 !
Nous ne sommes pas les victimes. L'état de nos finances dépend de nous. Bien sûr, nous avons diverses obligations, mais il est toujours possible de revenir à la question : "qui a choisi de contracter ce prêt ?", etc.
Commençons donc par nous dire que c'est possible. Et que nous avons la responsabilité de gérer correctement notre argent. Chacun, en fonction de sa situation propre, peut faire un premier pas.
Quels sont les postes de dépenses que vous pouvez revoir ?
Les déplacements
Si vous avez besoin d'une voiture, interrogez-vous sur l'utilité réelle (et non symbolique) d'avoir une voiture neuve, en location (leasing) ou achetée avec un prêt, par exemple. Ne vaut-il pas mieux opter pour une voiture d'occasion ?
Et si vous ne possédiez pas de voiture ? Le quotidien deviendrait-il impossible ? Si la réponse est non, alors interrogez-vous sur le caractère nécessaire de cet achat et envisagez les autres options en comparant l'aspect financier (autobus, train, etc.).
L'hypothèque
Les prix des logements montent, grimpent, volent ! Vous voulez acheter ? Avez-vous les reins assez solides pour vous embarquer dans une hypothèque à long terme ?
Vicky Payeur met surtout en garde au niveau de la tentation de voir trop grand. Pensez votre logement en fonctions, ici encore, de vos besoins réels. Selon le nombre de personnes dans votre famille, vous aurez certes besoin d'une maison ou d'un appartement plus petit ou plus grand, mais à quoi bon vouloir un palace difficile à chauffer ?
Le ratio des dépenses mensuelles liées au logement devrait être d'un tiers (30 %) et idéalement d'un cinquième (20 %). Dans beaucoup d'endroits, il est difficile de tenir ce ratio, mais vous pouvez agir à d'autres endroits.
"En réduisant le coût obligatoire associé à votre habitation, vous aurez plus de marge de manœuvre pour les autres postes de dépenses et, par le fait même, pourrez épargner davantage." (Faire plus avec moins, Chapitre 2)
Les sorties au restaurant
Nous aimons tous aller au restaurant. Mais nous avons aussi tendance à y aller… beaucoup. Surtout lorsque nous travaillons à l'extérieur. Petit-déjeuner, déjeuner et dîner : parfois les trois repas y passent !
Faites le compte. Cela revient vite cher, vous verrez. Nous verrons dans la suite de l'ouvrage (partie 2) comment mettre en place une alimentation plus frugale et plus saine — sans pour autant nous priver du restaurant lors des occasions spéciales !
Les achats impulsifs
Les trois postes de dépenses précédents (voiture, logement, nourriture) sont souvent les plus gourmands et ceux qui nous empêchent d'épargner. Il faut y ajouter tous ces achats impulsifs qui allègent grandement notre portefeuille.
À quoi pensez-vous ? À la télévision que vous venez d'acheter ? Au cafe latte de 16 h ou à cette dernière paire de chaussures commandée en ligne ? Pas besoin de vous faire un dessin ; vous voyez certainement de quoi Vicky Payeur veut parler !
"Tous ces achats que vous faites parfois sans réfléchir ont un effet direct sur votre liberté. Plus vous dépensez, plus vous devrez travailler pour payer ces abonnements mensuels et ces achats spontanés. Chaque fois que vous utilisez votre carte bancaire, vous venez de retarder l'heure, le jour et l'année de l'atteinte de votre liberté." (Faire plus avec moins, Chapitre 2)
Cette dernière phrase peut faire réfléchir, pas vrai ? Gardez-la à l'esprit au moment de sortir votre carte bleue plus vite que Zorro.
Choisir sa vie
Bien entendu, personne ne vous demande de vivre une vie qui ne vous conviendrait pas. Vous avez le contrôle. Si, pour vous, cette vie plus dépensière vous satisfait et que vous pouvez vous l'offrir (même si c'est à crédit sur votre retraite anticipée), alors pourquoi pas !
Mais si vous avez l'ambition de moins travailler et/ou de vous consacrer davantage à ce que vous aimez vraiment, bref si votre vie ne vous convient pas en l'état, alors pensez-y…"Prenez quelques minutes pour analyser votre mode de vie actuel et les frais occasionnés", dit l'autrice. "Où aimeriez-vous habiter ? Quelle vie aimeriez-vous mener ?".
Le changement est aussi psychologique et social. Nous avons l'habitude d'écouter certains discours qui nous poussent à la consommation. Mais correspondent-ils à nos valeurs et à nos aspirations ? Pas vraiment, ou rarement.
Changer dans le sens du frugalisme, c'est donc aussi ouvrir son esprit à d'autres manières de voir le monde et d'agir en son sein.
Par ailleurs, la motivation à vous limiter aujourd'hui peut être boostée par votre volonté à atteindre un objectif précis. C'est aujourd'hui que commence ce projet, et pas demain ! Établissez dès que possible votre pourquoi (votre objectif) et votre comment (les moyens pour y parvenir).
Progressez à votre rythme
"Ne vous inquiétez pas, je ne vous suggère pas de devenir un ermite dans le fond des bois, loin de la consommation de notre société capitaliste (bien que je trouve ce mode de vie inspirant !). Il suffit de modifier quelques-uns des gestes que vous accomplissez quotidiennement au profit d'une option plus économique." (Faire plus avec moins, Chapitre 3)
Autre point central qui est même la "règle d'or" selon Vicky Payeur : y aller à son rythme. Sans quoi, vous risquez fort bien d'abandonner rapidement.
Par ailleurs, utilisez ce que vous avez déjà. Prenons un exemple. Terminez tous vos produits de ménage habituels afin de penser à en acheter d'autres qui seront plus économiques et écologiques (par exemple en vrac).
Selon Vicky Payeur, la durée de "mise en route" d'un mode de vie frugal peut fortement varier selon les personnes. Dans son cas, cela lui a pris un an et demi pour "atteindre un niveau satisfaisant". "Il ne faut pas devenir fou et rechercher la perfection", dit-elle encore pour nous rassurer.
L'important, c'est d'être curieux et de tester les astuces. D'en faire de petites habitudes à intégrer dans votre quotidien progressivement. Laissez de côté celles qui ne vous correspondent pas et adoptez les autres !
Cherchez l'inspiration
Vous trouverez sur Internet différentes inspirations, des plus radicales (comme Mark Boyle et son livre L'homme sans argent) au plus softs.
Vous pouvez aussi trouver l'inspiration plus directement autour de vous. Nous avons parlé plus tôt de la grand-mère, mais cela peut être un cousin ou un oncle. Qui sait ! Demandez-leur comment ils font et ils partageront certainement leurs astuces frugales avec vous.
Mais Vicky Payeur ne veut pas s'arrêter là. Selon elle, vous pouvez devenir votre propre source d'inspiration. Comment ça ?
En fait, vous pouvez rapidement devenir "accro" à ce petit jeu de l'épargne. Dès que notre focale se concentre sur la liberté financière, vous avez envie d'éliminer les dépenses superflues. cela devient un jeu !
Persévérez
Comment tenir bon, même dans les moments difficiles ? L'autrice rapporte ici sa propre expérience et donne des dates précises :
2015-2016 : elle freine sa surconsommation et met de l'ordre dans ses finances.
2016-2018 : elle commence à voir son endettement se réduire peu à peu. En un peu moins de deux ans, elle rembourse 16 000 $.
2018-2019 : elle se constitue un fonds d'urgence pour "assurer sa sécurité financière". Elle décide de quitter son emploi au bout d'un an d'épargne.
2019-2020 : ce n'est pas toujours facile d'être complètement à son compte. Mais elle a réussi à ne pas s'endetter à nouveau et à vivre modestement, mais correctement.
2020-2021 : elle achète un bien immobilier avec son compagnon, beaucoup de dépenses en une fois, mais un investissement rendu possible par les efforts réalisés jusque-là !
"Parfois, il faut mettre la main à la pâte pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, pour changer son quotidien." (...) Le chemin le plus facile pour y arriver, c'est celui de la frugalité." (Faire plus avec moins, Chapitre 3)
Petit à petit, vous pouvez voir le ciel s'éclaircir et penser non seulement à l'épargne, mais aux investissements financiers tels que la bourse ou l'immobilier.
"Êtes-vous obligé de parler de vos nouvelles motivations, de votre changement de vie ou de vos prises de conscience ? La réponse est non." (Faire plus avec moins, Chapitre 4)
Parfois, nous pouvons percevoir notre entourage comme un frein dans la réalisation de nos objectifs. À d'autres moments, ils sont une grande source d'inspiration et de motivation. À vous, donc, de voir quand et avec qui vous voulez partager votre nouveau goût pour la simplicité.
Vicky Payeur, pour sa part, a décidé d'ouvrir complètement les vannes, puisqu'elle a créé un blog dans lequel elle s'est mise à raconter son parcours, depuis ses erreurs jusqu'à ses réussites. Elle partage au quotidien avec son audience des trucs et astuces et répond aux questions qui lui sont adressées.
☀️ En véritable infopreneuse, elle propose aujourd'hui des ateliers et des formations pour aider celles et ceux qui le souhaitent à prendre le chemin de la frugalité. Bref, à sa manière, elle suit la méthode des rebelles intelligents proposée dans votre livre gratuit Vivez la vie de vos rêves grâce à votre blog !
Le jugement des autres
Le jugement des autres peut avoir une influence négative sur vous. Certaines personnes peuvent être fermées à ce mode de vie. D'autres peuvent (parfois même les mêmes) ressentir de la jalousie. Savoir s'y préparer permet de mieux affronter ce problème.
Comment faire ? En ne parlant pas quand vous n'en sentez pas le désir et en ignorant ceux et celles qui vous critiquent ou vous envient. Malgré ses activités de blogueuse, Vicky Payeur prône plutôt la voie du "en dire moins, c'est souvent mieux'.
Surtout lorsqu'il s'agit de parler de ce que vous arrivez à mettre de côté ! En effet, ce n'est pas la même chose de parler de ses difficultés et de trucs et astuces pour les surmonter que d'exposer ses objectifs et ses revenus réels.
La prudence est donc de mise. Mais dans tous les cas, vous restez maître de vos prises de parole.
Une histoire de collègues
Au travail, vous pourrez faire face à des collègues qui sont eux aussi dans des situations d'endettement ou de difficultés financières, mais qui refuseront (voire se moqueront) de vos objectifs frugaux. C'est ce qu'a vécu Vicky Payeur. Comme elle, laissez vos chemins se séparer.
Focalisez-vous sur votre propre réussite et adoptez la pensée positive.
"Aujourd'hui, je sais pertinemment qu'adopter la pensée positive dans mes différentes actions du quotidien a été la clef de ma réussite." (Faire plus avec moins, Chapitre 4)
La force des amitiés
À côté des personnes qui vous tirent vers le bas, il y — aussi ! — toutes celles qui vous aident dans votre parcours. Les vrais amis sont ceux qui accepteront de ne plus sortir au restaurant comme avant mais vous aimeront toujours autant.
Redécouvrez ensemble des activités que vous aviez perdues de vue, par exemple. Pourquoi ne pas se retrouver chez soi plutôt que d'aller dans un bar ? Aller se promener ou jouer aux cartes… Ce ne sont que quelques illustrations.
Vous pouvez également adapter certaines activités pour les rendre plus frugales. Par exemple : les vacances. Vous pouvez épargner tout au long de l'année dans l'optique de ces vacances entre amis que vous avez l'habitude de faire.
"Croire qu'on ne peut pas adopter de nouvelles habitudes par crainte de l'avis de ses amis ou d'autrui, c'est s'enfermer dans une cage sans même avoir essayé d'en sortir. Essayez de nouvelles choses, osez, puis vous verrez ce qui en découlera !" (Faire moins avec plus, Chapitre 4)
Partie 2 — Comment se vit la frugalité ?
Revenons encore une fois à nos grands-parents. Non pas pour nier les progrès dont nous profitons aujourd'hui, mais pour éclairer de leur perspective notre tendance à l'hyperconsommation.
Ils avaient l'habitude de recycler et d'entretenir les choses ; nous jetons sans même prendre le temps de réparer. Qui a raison ? Prenons-les en exemple, soutient Vicky Payeur.
S'inspirer de la Grande Dépression
La grande crise qui fit suite au Krash boursier de 1929 intéresse beaucoup l'autrice. Selon elle, il y a même "7 astuces économes" à retenir en particulier :
« Cuisiner à partir de rien ;
Réparer avant de remplacer ;
Se divertir dans le confort de son foyer ;
Faire soi-même ;
Faire du troc ;
Dépenser seulement l'argent qu'on a ;
Réutiliser. » (Faire plus avec moins, Chapitre 5)
Retourner à la base
Nos ancêtres avaient beaucoup d'imagination pour vivre de peu ! En allant fouiller pour nous dans les savoirs de nos aïeux, la blogueuse retrouve plein de trucs et astuces qu'elle partage dans cet ouvrage.
Parmi les conseils supplémentaires, très pratico-pratiques, qu'elle donne à la suite du chapitre pour concrétiser les "7 astuces économes", vous trouverez :
Faire son bouillon (alimentation) ;
Sécher les poches de thé (alimentation) ;
Entretenir un potager (alimentation) ;
Réutiliser les vieux tissus (textile) ;
Raccommoder les vêtements (textile) ;
Revaloriser les emballages alimentaires (organisation) ;
Prendre des notes sur des vieilles enveloppes (organisation) ;
Etc.
À vous de consulter l'ouvrage afin de voir quels sont les trucs qui vous plaisent et vous paraissent réalisables chez vous ;). Maintenant, entrons dans le détail des propositions de Vicky Payeur.
"Il faut arrêter de consommer en mode automatique et commencer à se poser les bonnes questions qui nous rapprocheront un peu plus de notre liberté financière. L'argent qu'on évite de gaspiller aujourd'hui est peut-être ce qui fera la différence entre une retraite à 45, 50 ou 55 ans, plutôt qu'à la mi-soixantaine !" (Faire plus avec moins, Chapitre 6)
La cuisine est sans doute l'un des endroits où nous pouvons agir le plus efficacement pour réduire nos dépenses et mettre en pratique le frugalisme. Voyons comment.
L'évolution de mon panier
Vicky Payeur raconte comment elle est passée d'un panier d'achat de 120 $ à 50 $ par semaine (et même à 20 $ lorsqu'elle remboursait ses dettes !). Plusieurs actions sont à mettre en place, comme utiliser ce que vous avez dans vos tiroirs et n'acheter que ce dont vous avez besoin.
Progressivement, vous pouvez également changer durablement vos habitudes alimentaires. Manger moins de viande est économique et écologique, sans compter que c'est également bon pour votre santé.
Autre astuce : être attentif aux aubaines : réductions en tout genre dans les magasins ou via des applications dédiées, par exemple.
Viser l'équilibre, pas les extrêmes
Il est important de continuer à s'alimenter correctement. Manger des pâtes au beurre tous les jours n'est pas la solution… Votre santé est plus précieuse que vos économies !
Manger frugal
Manger frugal, c'est donc manger des produits frais et variés. Bref, c'est manger sainement et économiquement en suivant ces 9 règles d'or de l'alimentation frugale (p. 83) :
« Ne rien gaspiller ;
Cuisiner ce que l'on a ;
Utiliser des techniques de conservation adaptées ;
Planifier ses repas ;
Connaître les prix ;
Adopter la semaine sans épicerie ;
Mettre en place un système anti-gaspillage ;
Faire pousser des aliments ;
Manger principalement des repas maison." (Faire plus avec moins, Chapitre 6)
L'autrice présente en détail ces 9 points et vous donne encore plus de conseils dans les pages qui suivent. Mais passons à la suite.
Les fameux gadgets de cuisine
Minimalisme et frugalisme vont de pair. Pas besoin d'avoir les nouveaux robots ménagers à la mode ou les ustensiles hyperspécialisés qui vous serviront trois fois dans l'année. Débarrassez-vous de tous ces gadgets inutiles, encombrants. Et surtout : ne les achetez pas ! Ou bien si vraiment c'est indispensable, achetez en promotion…
N'oubliez pas : les produits dits "révolutionnaires" censés vous "simplifier la vie" ne sont souvent que des machins compliqués qui, au final, ne vous font pas gagner une seule minute — et encore moins un centime.
Économiser un dollar à la fois
En apprenant la simplicité et le recyclage en matière d'alimentation, vous pouvez vraiment commencer à voir la différence dans votre portemonnaie et votre compte en banque. C'est l'un des domaines où vous pouvez être le plus créatif et le plus rapidement efficace.
"Imaginez : chaque jour, le tiers de votre temps passé au travail ne sert qu'à mettre un toit sur votre tête. Réduire sa mensualité pour se loger est donc, sans surprise, une piste de solution majeure pour réduire vos dépenses de manière générale et alléger votre budget." (Faire plus avec moins, Chapitre 7)
Ne partons pas du principe que c'est impossible ; se loger à coût raisonnable est parfaitement faisable. Il y a des solutions plus radicales, telles que vivre en yourte ou sur un bateau, par exemple, et d'autres qui le sont moins. Explorons-les ensemble.
Les pièges à éviter
La première erreur est peut-être… de choisir une propriété "qui utilise le maximum de notre capacité d'emprunt pour l'hypothèque". À quoi bon ? Le plus important n'est-il pas de bien vivre au quotidien, sans se créer (trop) de stress supplémentaire ?
La modestie peut ici vous éviter de gros ennuis plus tard, lorsque vous devrez rembourser mensuellement votre prêt.
Autre écueil (lié au premier) : éviter de faire le "voisin gonflable", c'est-à-dire celui qui a tendance à gonfler son importance de biens trop chers pour lui, jusqu'à l'endettement insupportable.
Nous avons toujours tous tendance à nous comparer aux autres et à vouloir ce qu'ils ont (voire mieux). C'est la base sociologique de ce phénomène problématique.
Mais nous pouvons y résister. Au lieu d'agir de façon impulsive, attendez deux semaines ou un mois avant d'agir. "Il y a de fortes chances que vous ayez déjà oublié ce désir et que vous soyez rendu à autre chose", prédit Vicky Payeur !
Les autres frais
Il existe des dépenses plus essentielles que d'autres. Parmi celles-ci, bien sûr, le paiement de l'hypothèque ou du loyer, ainsi que les assurances diverses et les frais fixes (abonnements à l'électricité, internet, eau, gaz) qui nous permettent de vivre confortablement et en sécurité au jour le jour.
Par contre, réfléchissez aux dépenses qui sont accessoires. Cela dépend de chacun, mais voici quelques exemples :
Femme de ménage ;
Entretien paysager ;
Télévision câblée (ou abonnement Netflix) ;
Etc.
Se loger à petit prix
Dans cette section, l'autrice vous donne quelques idées pour vivre de façon moins conventionnelle et plus économique — voire plus rentable :
Opter pour un petit logement (genre tiny house, yourte, etc.) ;
Vivre en colocation ;
Habiter avec ses parents ;
Déménager dans une autre région ;
Louer une partie de son bien immobilier ;
Vivre en van ;
Faire du "home sitting" (gardiennage de maison) ou du WWOOFing (travail contre logement) ;
Etc.
Les solutions sont nombreuses et très variées !
Vivre de façon alternative, même avec des enfants
Peut-être pensez-vous que ces solutions sont réservées à des jeunes gens. Impossible d'agir de la sorte quand on a une famille ! Et pourquoi pas ? L'autrice rapporte plusieurs anecdotes de parents vivant frugalement et différemment en ayant un ou plusieurs enfants.
Hypothèque ou location ?
Impossible à dire de façon générale. "Pour savoir si vous gagnez à louer ou à acheter une propriété, il vous faudra sortir la calculatrice", prévient Vicky Payeur. Toutefois, il est possible de mettre en évidence quelques avantages et inconvénients de chaque situation.
Pour la location :
Prix fixe chaque mois (+) ;
Mais possibilité de hausse du prix du loyer au renouvellement du contrat, voire d'expulsion (-) ;
Moins de frais liés à l'entretien (+) ;
Mais moins de liberté d'action (-).
Pour l'achat/hypothèque :
Marge de manœuvre accrue (+) ;
Mais frais "surprises" (-) ;
Épargne "forcée" qui nous permet de constituer un capital (+).
"Plutôt que de dépenser votre argent en biens matériels, dépensez-le en nouveaux apprentissages. Le savoir est la seule chose que personne ne pourra jamais vous retirer." (Dominique Loreau, L'art de la simplicité, Cité dans Faire plus avec moins, Chapitre 8)
Nous avons plus de loisirs aujourd'hui qu'avant, mais souvent nous passons notre temps libre à passer d'une activité payante à une autre. Pourtant, il est tout à fait possible de profiter du quotidien sans en faire des tonnes.
Vivre plutôt que consommer
Les émotions que nous ressentons lorsque nous achetons quelque chose (bien ou service) ne durent généralement pas. En revanche, celles qui nous prennent lorsque nous vivons quelque chose de fort, fortuit et gratuit, celles la restent ancrées en nous.
Ces expériences peuvent être de différentes natures : bénévolat ou simple jardinage, il y a le choix ! L'idée consiste à se détourner des possessions et du matériel pour insister sur le moment passé ensemble.
Le coût des loisirs
Vous pouvez limiter les dépenses et mieux profiter de l'existence. Comment ? En réfléchissant à vos achats de "gadgets". Encore une fois, il tient à vous seul de savoir ce qu'est, pour vous, une dépense légitime et une dépense superflue.
Si vous faites un sport, par exemple, certaines dépenses seront nécessaires. Mais comment les gérer ? Vicky Payeur vous propose de mettre tout cela par écrit et de faire le point.
Quelle est l'enveloppe budgétaire que vous avez consacrée en un an à votre loisir principal (sport, activité culturelle) ? Êtes-vous heureux du résultat et souhaitez-vous continuer ainsi ?
Et les autres activités ?
Lesquelles vous semblent pertinentes et satisfaisantes ? Lesquelles pourraient être supprimées ou limitées ?
Les modes
Les stigmatisations vont bon train. Pour les sports, on vous reprochera de ne pas avoir le matériel dernier cri. Pour la musique, par exemple, certains vous demanderont pourquoi vous n'avez "que" la version freemium…
Nous l'avons déjà dit : nous sommes influencés par nos pairs. Cela vaut dans le domaine de l'alimentation et du logement comme du loisir. Mais vivre sobrement, c'est penser différemment et c'est donc "arrêter de faire… comme tout le monde" !
Les activités déjà payées à même les taxes
Eh oui, chaque année, nous payons en impôts et en taxes des infrastructures et des institutions de loisirs dont nous aurions bien tort de nous priver. Par exemple ?
Au niveau du sport :
Chemins de randonnée publics et gratuits ;
Parcs municipaux et infrastructures sportives qui y sont installés ;
Sentiers, trottoirs et pistes cyclables pour courir ou faire du vélo ;
Groupes d'entraide et de création d'événements gratuits ;
Piscines municipales (moins chères) ;
Etc.
Au niveau culturel :
Musées (parfois gratuits) ;
Festivals et spectacles gratuits l'été ;
Bibliothèques ;
Conférences et cours gratuits ;
Quartiers et villages proches ;
Groupes et associations locales ;
Etc.
En outre, vous pouvez vous divertir en restant chez vous. Recréez, par exemple, l'ambiance cinéma à la maison… Ou profitez de votre temps libre pour écrire sur des thématiques qui vous intéressent ou jouer de la musique en autodidacte…
Des loisirs modestes
Vicky Payeur a plein d'idées ! Elle propose de noter les activités en fonction de leur coût ($$$, $$, $ ou 0) et à voir ce que vous pouvez changer par des loisirs gratuits et "modestes". Il y en a pour tous les goûts :
Au niveau du sport (utiliser les infrastructures gratuites pour courir, faire du vélo, jouer au ping-pong, etc.) ;
Ou des activités culturelles (depuis les visites gratuites, jusqu'aux conférences citées plus haut, etc.) ;
Et des activités domestiques (comme le jardinage, la construction/restauration de meubles, etc.) ;
Ou sociales (bénévolat, organisation de dîner partagé ou de pique-nique, chez soi ou dans la nature) ;
Etc.
L'autrice donne une foule d'idées impossible à reproduire ici. Consultez l'ouvrage pour vous faire une meilleure idée !
Voyager léger
Faire le tour du monde sans argent ? C’est ce qu’ont fait Muammer Yilmaz et Milan Bihlmann pour démontrer que c’était possible. Vous ne souhaitez pas aller jusque là ? C’est compréhensible.
Voyons donc les solutions qui s’offrent à vous. :
Être flexible (si vous travaillez de chez vous en freelance, par exemple, c'est plus facile de voyager les jours "creux") ;
Faire du couchsurfing ;
Prendre le bus de ville et acheter vos propres aliments au lieu d'aller au resto tous les jours ;
Aller dans des pays où vous avez un meilleur pouvoir d'achat (en Asie, notamment).
La frugalité et les loisirs dans la vraie vie
Il y a un équilibre à trouver entre le souhait d'épargner et l'envie de vivre le moment présent. L'important consiste à ne pas devenir avare. Sachez dépenser votre argent, mais dépensez-le sagement !
"La frugalité n'est pas la privation", répète Vicky Payeur. "C'est économiser là où d'autres dépensent tout leur argent et le faire de manière intelligente et réfléchie", conclut-elle.
Combien dépensez-vous par mois en vêtements et soins personnels ? Pour un Canadien, c'était en moyenne 400 $ par mois en 2019. Si cela vous semble beaucoup, faites votre propre compte. Vous aurez peut-être des surprises !
La différence entre besoin — quelque chose de nécessaire à notre bien-être — et désir — plus proche du caprice inutile — est ici importante.
Moins, c'est mieux !
Vicky Payeur prête beaucoup d'attention à son physique, mais elle le fait de façon minimaliste et frugaliste.
Elle a fait le vide et n'a gardé que 20 % de sa garde-robe ; ce qu'elle porte vraiment. Elle a aussi modifié son style pour qu'il soit plus simple et que ses vêtements soient plus faciles à assembler au quotidien.
"La confiance en soi est probablement le plus bel accessoire", dit encore Vicky Payeur. Plus besoin de chercher le dernier sac à la mode, contentez-vous d'être bien dans vos baskets !
Les vêtements
Réduire ses achats vestimentaires passe par :
Un tri de sa garde-robe et par l'appréciation de ce qu'on a déjà ;
De petites retouches par-ci par-là pour garder ses vêtements plus longtemps ;
Des achats de seconde main, des friperies ou des échanges, etc. ;
Via de petites (e-)boutiques ou des sites/applications de petites annonces ;
Des achats de qualité !
L’autrice recommande d’éviter certains tissus qui se dégradent plus rapidement comme l’acrylique et la viscose et privilégier des matières organiques comme le lin ou le coton.
Les cheveux
Parfois, nous dépensons des sommes folles chez le coiffeur. Et nous pensons qu'avoir du shampoing chez soi est tout simplement évident. Mais il y a des alternatives…
Au menu de cette section :
La méthode no-poo à base de bicarbonate de soude et de vinaigre de cidre de pomme ;
Du savon ;
La réduction des produits utilisés (surtout pour mesdames).
Pour le coiffeur ? À vous de voir. Vous pouvez aussi apprendre à couper les cheveux de vos proches.
Le corps
Vicky Payeur relate avoir ressenti un mal-être physique très jeune, alors qu'elle avait à peine 24-25 ans. Elle s'est rendu compte qu'elle bougeait peu et ne mangeait pas toujours bien. Pas besoin pour autant de dépenser une centaine de dollars en abonnement à la salle de gym ou en équipement.
Vous pouvez suivre les conseils déjà donnés plus haut (chapitre 8 sur les loisirs). Quant à l'autrice, voici sa routine santé quotidienne :
Faire une balade dehors de 30 minutes au moins ou faire une activité sportive ;
Boire de l'eau tout au long de la journée ;
Soupe et salade au moins une fois par jour ;
Bien dormir !
J'achète, donc je suis
La pression sociale peut être forte : nous voulons être beaux et belles pour apparaître parmi nos collègues et nos amis. Alors, nous recourons aux moyens les plus aisés… mais souvent les plus coûteux.
Et pourquoi ne pas se simplifier la vie ? Cela ne signifie certainement pas arrêter de prendre soin de soi. Au contraire ! En consommant de façon réfléchie, vous vous sentirez mieux et cela se verra.
"Avoir des enfants, ça coûte de l'argent." (Faire plus avec moins, Chapitre 10)
Certes. Et même beaucoup. Et pourtant, là encore, il est possible d'économiser. Il n'est pas question de parler ici de l'éducation proprement dite. Simplement de faire un petit arrêt sur image pour se demander ce que nous faisons et se rappeler ce que nous aimions quand nous étions enfants.
Êtes-vous influençable ?
Nous voulons être de bons parents. Alors, nous écoutons les publicitaires nous raconter que ce produit est essentiel au bien-être de notre bambin (ou de nous-mêmes). Nous capitulons devant leurs arguments. Bref, nous nous montrons influençables.
Si vous remarquez ce ciblage marketing, prenez vos distances. Interrogez toujours le caractère "nécessaire" et "essentiel" de ce produit ou de ce service. Cache-t-il un vrai besoin ou seulement un désir ?
Réduire le rythme
Autre point : voulons-nous que nos enfants aient des horaires de ministres ? Pas nécessairement. Ralentir le rythme est à la fois sain pour eux et pour la vie financière de la famille.
Leur créativité n'en sera pas abîmée, détrompez-vous ! Un peu de temps, un peu d'ennui est plus que nécessaire au développement des aptitudes créatrices des petits comme des grands.
Les objets de seconde main
Vos familles et vos amis vous donnent de vieux vêtements et des objets de leurs précédents enfants ? Quel bonheur ! Si ce n'est pas le cas, tournez-vous vers du seconde main dès que c'est possible. Surtout pour les vêtements, qui ont souvent la vie courte.
Bien sûr, la sécurité doit avoir votre priorité : un siège-auto ou ce genre de choses devront être adaptés à votre environnement et devront donc peut-être être achetés neufs.
Emprunter et échanger plutôt qu'acheter ?
Aujourd'hui, il existe de nombreux groupes, notamment sur Facebook, pour s'échanger des objets en tout genre ou emprunter ce dont nous avons besoin. Cela vaut aussi pour les jouets et autres objets infantiles. Pourquoi ne pas essayer ?
La nature comme terrain de jeux
Nous l'avons dit plus haut : le monde autour de nous recèle d'espaces où découvrir le monde et où faire ses premiers pas et ses premières expériences. Il suffit souvent de quelques kilomètres pour trouver un parc ou un espace naturel où faire évoluer son enfant en toute liberté.
"Laisser à un enfant du temps de jeu libre et actif en nature lui apporte de nombreux avantages qui lui rendront service tout au long de sa vie." (Faire plus avec moins, Chapitre 10)
Les trois cadeaux
La frugalité en famille repose également sur l'apprentissage d'autres voies possibles à côté de la surconsommation. Les cadeaux sont souvent l'occasion d'un excès. Mais pourquoi ne pas en faire un rituel vertueux ?
Vicky Payeur propose d'offrir 3 cadeaux (à se répartir entre parents et grands-parents, par exemple) :
Quelque chose que l'enfant veut vraiment ;
Une chose dont il a vraiment besoin ;
Un livre.
Voici une autre idée : offrir quelque chose de commun pour la famille. Par exemple : une activité à pratiquer tous ensemble.
Conclusion sur "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur :
Ce qu'il faut retenir de "Faire plus avec moins" de Vicky Payeur :
"Adopter des habitudes frugales au quotidien est LA façon viable pour atteindre ses objectifs de devenir libre financièrement et de prendre sa retraire hâtivement." (Faire plus avec moins, Conclusion)
Selon Vicky Payeur, il est souvent difficile de faire jouer son salaire. Nous ne savons pas avec certitude si nous gagnerons plus dans 5 ou 10 ans. Il est donc préférable de commencer dès maintenant à épargner, petit à petit.
Certes, cela demande du travail et quelques efforts. Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. Tant d'un point de vue économique qu'éthique. Finalement, c'est la porte d'entrée vers vos objectifs de vie !
Points forts :
Un manuel très clairement présenté ;
Plein de conseils pour commencer à épargner tout de suite ;
Une belle mise en page ;
Une annexe avec des recommandations de lectures utiles ;
Des résumés à la fin de chaque chapitre.
Point faible :
L'aspect blogging (qui permet d'augmenter ses revenus en faisant quelque chose qu'on aime) est peu abordé, ainsi que les façons plus proactives (placements en bourse, investissements) de développer son capital financier.
Ma note :
★★★★★
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Résumé du livre de « 10 % plus heureux. Un candide au pays de la méditation » de Dan Harris : un livre en forme de biographie et de manuel de développement personnel où l’auteur partage son expérience du stress et nous montre comment en sortir grâce à la méditation.
Dan Harris, 2019 (2014), 324 pages.
Titre original : 10 % Happier.
Chronique et résumé de "10 % plus heureux" de Dan Harris
Chapitre 1 - Ça tourne !
En 2004, alors qu’il est en plein direct de la célèbre émission de télévision Good Morning America, le journaliste Dan Harris est victime d’une crise de panique. Il éprouve alors ce que les médecins appellent la « faim d’air », une sensation physiologique qui donne à une personne l’impression que ses poumons ne peuvent pas absorber suffisamment d’air.
C'est cet événement traumatisant qui a donné le point de départ au voyage entrepris par l'auteur pour découvrir l'origine de cette panique, ainsi que les moyens pour éviter que cela ne se reproduise.
Mais justement : d'où vient-il exactement ? Telle est la première question à se poser. En fait, Dan Harris raconte comment il en est arrivé à travailler pour ABC News, une grande chaîne nationale aux États-Unis.
Âgé d’une vingtaine d’années, Dan Harris était ambitieux. Lorsqu’il commence à travailler à ABC, à 29 ans, le jeune journaliste correspondant veut plaire à son chef de rédaction, Peter Jennings. Il en fait beaucoup. Trop sans doute. Le burn-out n’est pas loin.
Surviennent ensuite les attentats du 11 septembre 2001. Dan Harris et son équipe couvrent le désastre. Plus tard, alors qu’il est correspondant au Moyen-Orient, l’auteur raconte qu’il ressent très fortement ce qu’il appelle « l’héroïne journalistique ».
Qu’est-ce ? Le fait de devenir accro à la montée d’adrénaline qui accompagne le travail de journaliste. Lors des reportages dans des zones « chaudes », il peut à tout moment se faire tirer dessus. Ce danger est à la fois source de peur et d’excitation. Peu à peu, Dan Harris s’habitue aux horreurs dont il est le témoin.
À son retour aux États-Unis, il paraît plus solide qu’auparavant. Mais en réalité, il a contracté une maladie invisible : une forme d’anxiété croissante liée à ses expériences traumatisantes dans les zones de conflit.
Pour pallier ces soucis, l’auteur utilise des drogues (cocaïne, extazy). Mais celles-ci ont un effet encore plus délétère sur lui. Malgré le fait qu’il aille voir un psychiatre, l’auteur refuse de prendre sérieusement en considération son état. Jusqu’au jour où il fait cette crise de panique sur le plateau de Good Morning America.
C’est un autre psychiatre qui lui révélera qu’il est atteint de stress post-traumatique. Dan Harris est alors à la fois soulagé et inquiet pour son avenir professionnel. Il sait que c’est l’insouciance et le travail qui l’ont mené là. Mais comment modifier son comportement, maintenant que le problème est déjà bien ancré ?
Chapitre 2 - Brebis égarées
En 2004, Peter Jennings assigne au journaliste une nouvelle mission : s'occuper du traitement des affaires religieuses pour ABC News. Dan Harris et son producteur, Wonbo Woo, voyagent aux États-Unis pour couvrir des histoires sur l'essor des mouvements chrétiens et parler de thématiques diverses telles que le mariage homosexuel ou l'avortement.
Au départ, le journaliste n’est pas vraiment emballé. Pour lui, ces histoires de religion sont sans intérêt et il les dédaigne même un peu. Pourtant, son avis va changer lorsqu’il va rencontrer un évangéliste nommé Ted Haggard, qui devient l’une de ses sources privilégiées dans ses investigations.
Peu à peu, Dan Harris crée des reportages plus profonds sur les thématiques religieuses et s’intéresse davantage à ce qu’il fait. Grâce à la gentillesse et au sérieux de personnes comme Ted Haggard (qui, néanmoins, sera pris dans un scandale peu de temps après), il se prend de passion pour ces nouveaux sujets.
En 2005, son mentor Peter Jennings meurt et le journaliste doit changer de poste : il devient reporter pour le magazine Nightline. C’est aussi l’époque où il rencontre sa future femme, Bianca, qui l’incite à trouver une solution à ses problèmes d’anxiété.
Chapitre 3 - Génial ou givré ?
Dan Harris considère qu'il va mieux. Il est désormais fiancé à Biance et a un nouveau travail. Toutefois, il est encore pris de temps à autre par des attaques de panique. Il anime l'édition du dimanche de World News Tonight, mais se sent stressé, notamment vis-à-vis de ses collègues.
Lorsqu'une amie lui demande s'il a lu l'ouvrage de Eckhart Tolle, Une Nouvelle Terre, le journaliste s'en moque. Pour lui, cet auteur de développement personnel ne mérite pas vraiment qu'on s'y arrête. Pourtant, une fois qu'il le lit, quelque chose l'interpelle et il décide de lui consacrer un entretien dans son show.
Ce qu’il fait. Pourtant, le jour J, il n’est toujours pas totalement convaincu par la présentation de l’auteur. Selon lui, Eckhart Tolle ne donne pas de solution satisfaisante pour calmer la voix intérieure négative de l’égo :
"C'était comme si j'avais rencontré un homme qui me disait que mes cheveux avaient pris feu, mais refusait de me fournir un extincteur." (10 % plus heureux, Chapitre 3)
Chapitre 4 - L'industrie du bonheur
Étape suivante dans sa réflexion : une interview avec Deepak Chopra, un gourou spirituel très populaire outre-Atlantique ayant écrit plusieurs best-sellers. Dan Harris l’interroge sur l’égo et les thèses d’Eckart Tolle. Ici encore, l’auteur est déçu par la réponse et le comportement du guide spirituel indien.
Et il en va de même lorsqu'il rencontre d'autres "gourous" venus du New Age et du développement personnel.
Mais alors, que faire ? Pour lui, il est nécessaire de s’appuyer sur des preuves scientifiques solides ; il ne peut s’en remettre à des « traitements » potentiellement dangereux n’ayant pas fait leurs preuves et aux discours d’experts autoproclamés.
Chapitre 5 — Le Jew-Bu
Sa femme Bianca lui suggère de lire un autre livre : celui de Mark Epstein, un psychologue pratiquant la méditation bouddhiste. C’est grâce à cette lecture que l’auteur se rend compte de ce qui restait « caché » ou implicite chez Eckart Tolle. En fait, la théorie qu’il développait trouvait ses racines dans le bouddhisme.
Plus que ce qu’il avait lu avant, le livre de Mark Epstein lui ouvrait la voie vers une compréhension à la fois plus profonde et plus modeste que ce que prétendaient offrir ceux et celles qu’il avait rencontrés jusqu’à présent.
Par ailleurs, Dan Harris se sent proche du côté « pragmatique » et concret du bouddhisme, qui propose des solutions concrètes pour mettre un terme aux pensées négatives et au flux destructeur de l’égo. Trois expressions sont souvent utilisées par les bouddhistes pour qualifier cette intranquillité de l’esprit :
Esprit se comparant (comparing mind) : l'esprit se mesure sans cesse aux autres ;
Esprit voulant (wanting mind) : l'esprit désirant les choses ;
Et enfin l'esprit agité (monkey mind) : l'esprit insatiable et en besoin de nouveauté constante.
Reconnaître cela est essentiel à la croissance. Tout comme prendre conscience de notre tendance à "terribiliser" et, plus fondamentalement encore, l'impermanence des choses.
La seule façon d'atteindre le bonheur consiste alors à accepter complètement — et activement — ce caractère fini et provisoire des événements et des choses. Mais c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire, bien sûr !
Emballé par ces idées, Dan Harris contacte Mark Epstein pour lui proposer une interview. Le contact passe bien et le psychologue lui propose de participer à un groupe de spiritualité nommé le "bus juif", en référence à l'origine commune des participants. Mieux encore, c'est lui qui finit par le convaincre de se mettre à la méditation.
Chapitre 6 - Le pouvoir de la pensée négative
Dan Harris se réconcilie avec la méditation après avoir lu plusieurs études scientifiques qui montrent les avantages physiologiques de cette pratique. Il ne la voit plus comme une activité de hippies en mal de découvertes orientales.
Quelques instructions simples permettent de commencer une session :
Asseyez-vous dans une position confortable ;
Suivez votre respiration ;
Lorsque l’attention s’égare, revenez à votre respiration.
L’auteur se rend compte qu’il s’agit d’un « exercice cérébral rigoureux » qui cherche à « apprivoiser le train en fugue de l’esprit ». Et cela n’a rien de facile ! Mais pour lui, cela valait vraiment la peine de persévérer.
Il a donc créé une routine quotidienne. Peu à peu, il a pris l’habitude de suivre son souffle pour soulager son anxiété et se concentrer sur les moments présents. Les résultats ne se sont pas fait attendre très longtemps.
Il a commencé à ressentir une ouverture de sa conscience. Il devenait capable de reconnaître ce qui se passe dans l'esprit moment par moment, en acceptant la nature transitoire de toute pensée.
Lors d’une retraite, Dan Harris écoute la conférencière Tara Brach, qui a créé une méthode intitulée RAIN, pour :
Reconnaître ce qui se passe (ressource) ;
Accepter l'expérience entièrement (allow) ;
Investiguer avec soin et curiosité (investigate) ;
Nourrir avec auto-compassion (nurture)
RAIN est une technique de pleine conscience en quatre étapes qui intègre :
La reconnaissance de vos pensées ;
Le fait de les laisser exister ;
L’étude de ce qu’elles provoquent dans le corps ;
Les identifier comme des états d'être transitoires, qui passent.
Pour Dan Harris, cette technique fonctionne bien. Mais son nouvel ami et mentor, Mark Epstein, lui conseille de participer à une autre retraite dirigée par Joseph Goldstein, un professeur de méditation de renom faisant partie du groupe du « bus juif ».
Chapitre 7 - Retraite
Dan Harris se rend donc au Spirit Rock Meditation Center de Californie pour assister à la retraite silencieuse de 10 jours dirigée par Joseph Goldstein. Cette fois, le niveau est plus exigeant. Le temps de méditation prévu est d’environ 10 heures par jour.
Le journaliste craint de ne pas réussir à tenir sur la longueur. Et, de fait, il pense abandonner après quelques jours, malgré les discours du soir enjoués et motivants de Joseph Goldstein.
Mais Dan Harris décide de raconter ses difficultés à quelqu’un qui lui conseille de faire baisser la pression et de ne pas essayer aussi fort. En effet, les personnes comme lui cherchent à tout prix à atteindre des objectifs et à réussir. C’est cela qui « bloque ».
L’expérience de la méditation va dans le sens inverse et beaucoup de personnes ont du mal avec cet aspect de la pratique.
Cette discussion l'aide et, peu de temps après, il fait l'expérience d'une méditation particulièrement intense qui le laisse dans un état de bien-être profond qu'il décrit comme des "vagues de bonheur".
Cet état se poursuit pendant plusieurs jours puis cesse. Lors d’une conversation avec Joseph Goldstein, celui-ci lui affirme que cette pleine conscience joyeuse augmentera avec la pratique.
Chapitre 8 - 10 % plus heureux
De retour de la retraite, Dan Harris retombe rapidement dans ses habitudes quotidiennes. Au travail, les négociations ne se passent pas comme prévu. En plus, la plupart des gens voient son nouveau goût pour la méditation avec scepticisme.
À chaque fois, les personnes qui l’interrogeaient semblaient lui dire : « Vous avez donc rejoint un culte, n’est-ce pas ? ». Afin de mieux faire comprendre cette pratique, il décide de déclarer, à chaque fois que quelqu’un le questionne, que :
« Je le fais parce que cela me rend 10 % plus heureux »…
Et c’est à partir de là qu’il a commencé à penser à écrire un livre sur le sujet ! Pour lui, cette phrase, « Cela me rend 10 % plus heureux », est à la fois accrocheuse et vraie.
En effet, Dan Harris considère qu’il est plus heureux dans son ménage et plus sympathique avec ses collègues. Finalement, il signe un contrat et commence à travailler sur Good Morning America en tant que présentateur du week-end.
C’est un changement difficile au départ, pour le journaliste, mais il s’y fait. Il doit aussi faire face à des critiques venues des réseaux sociaux à cette époque. Certes, la vie reprend son cours et le stress est toujours là. Mais la méditation fait pourtant son œuvre ! Le journaliste affirme qu’il a résolu ses problèmes plus rapidement grâce à elle.
C’est également à cette époque que Dan Harris décide également de réaliser une interview avec Joseph Goldstein. Il lui demande comment il a commencé la méditation et pourquoi organiser des retraites si intenses, comme celle de Spirit Rock.
Joseph Goldstein dit que le fait d’être dans l’environnement d’une retraite de ce type permet aux participants de se familiariser avec leurs schémas de pensée et, ainsi, de mieux comprendre ce qui est important pour eux.
Chapitre 9 - La "nouvelle caféine"
Pour lui, désormais, la méditation a tout d’un superpouvoir ! Mais, qui plus est, les scientifiques démontrent l’efficacité de la méditation grâce à de nombreuses études scientifiques, ce qui l’encourage encore davantage.
Il cite plusieurs études, notamment sur les bienfaits de la méditation sur la dépression, la toxicomanie et l’asthme (entre autres !).
Il relate également une expérience célèbre de Harvard démontrant que les personnes ayant suivi un cours de huit semaines de réduction du stress basé sur la pleine conscience voient leur matière grise :
"S'épaissir" dans les zones du cerveau associées à la conscience de soi et à la compassion ;
"Diminuer" dans les régions associées au stress".
Pour l'auteur, ces découvertes scientifiques peuvent aider à convaincre même les personnes les plus sceptiques des effets bénéfiques, tant psychologiques que physiologiques, de la méditation.
Dan Harris décide de présenter une série d’histoires sur la méditation sur la chaîne ABC. Sa première histoire porte sur la façon dont la méditation est utilisée avec succès dans les bureaux de l’entreprise du producteur alimentaire General Mills.
Sa directrice, Janice Maturano, voit la méditation comme une pratique positive et non seulement de "réduction de stress". Elle insiste tout particulièrement sur l'importance de se concentrer sur une tâche, puis de la laisser tomber et de faire une pause. Dans cet espace de repos, une solution ou une percée peut se produire plus aisément.
Lorsqu’il travaille sur les autres histoires de sa série, Dan Harris se convainc de l’utilité et de la vérité de son nouveau crédo : « 10 % plus heureux grâce à la méditation ». Il utilise toutes les sources qu’il peut pour démontrer son propos et obtient un certain succès.
Chapitre 10 - Plaidoyer intéressé pour ne pas être un con
Dan Harris finit par interviewer le Dalaï Lama. Au début, il est plutôt sceptique, mais se rassure quelque peu lorsqu'il apprend que le leader des bouddhistes s'intéresse de très près aux études scientifiques démontrant les effets bénéfiques de la méditation.
Lorsque le journaliste lui fait part de ses questionnements autour de la question de la compassion, celui-ci lui répond :
"La pratique de la compassion est finalement bénéfique à toi-même. Je la décris habituellement comme cela : nous sommes égoïstes, mais nous sommes des égoïstes sages plutôt que des égoïstes fous".
Ce propos donne à réfléchir, car il nous apprend que la pratique de la compassion est une bonne chose également pour sa propre santé. D’ailleurs, des études scientifiques citées par l’auteur dans l'ouvrage le démontrent.
Mais la compassion est plus facile à comprendre qu’à entreprendre ! L’une de ses grandes erreurs professionnelles est justement liée à un manque de compassion. Malgré ce nouveau savoir, Dan Harris reconnaît avoir été incorrect lors de l’interview qu’il réalisa avec Paris Hilton et qui poussa celle-ci à quitter le plateau de télévision.
Chapitre 11 - De la dissimulation du zen
Petit à petit, Dan Harris se désengage de la compétition sans pitié. Plutôt que de briguer inlassablement de nouvelles fonctions, il préfère se concentrer sur la méditation. Finie, la « course de rats » !
Le journaliste décide de participer à une autre retraite sur le thème de la compassion — son point le plus délicat. Sharon Salzberg, une autre professeur, y discute de la mudita, le concept bouddhiste de "joie sympathique" ou de "joie ouverte aux succès des autres". Un concept quelque peu difficile à accepter pour l'auteur !
En fait, Dan Harris ne parvient pas très bien à associer son ambition avec sa pratique de la méditation. Il se rend compte qu’il devient trop passif et qu’il met en péril sa carrière, à laquelle il a pourtant travaillé une bonne partie de sa vie. Comment rester calme sans pour autant devenir mou et sans objectifs ?
Plusieurs personnes l’ont aidé à trouver une réponse à cette question. Joseph Epstein, d’abord, qui lui explique :
«Les gens vont profiter de toi s'ils te voient comme quelqu'un de vraiment zen. Dans le comportement organisationnel, il y a un certain type d'agression qui n'y attache aucune valeur — qui verra le zen comme une marque de faiblesse. Si ça ressort trop chez toi, les gens ne te prendront pas au sérieux. Donc je pense que c'est important de garder le zen pour toi, et de les laisser voir en toi une menace potentielle. » (10 % plus heureux, Chapitre 11)
Bianca, sa femme, lui permet aussi de rééquilibrer les choses. Elle l'aide en lui faisant comprendre qu’il essaye de tout diriger, en particulier lorsqu’il se trouve sur un plateau de télévision. Or, maintenant qu’il travaille en équipe, il doit apprendre à se détendre et à suivre le courant !
Dan Harris cherche avant tout à atteindre une forme de « non-attachement aux résultats ». En fait, la vie ne va pas toujours dans le sens que nous nous attendons et nous devons l’accepter. C’est ça, selon lui, le chaînon manquant entre la pleine conscience et l’ambition.
Conclusion sur « 10 % plus heureux » de Dan Harris :
Ce qu’il faut retenir de « 10 % plus heureux » de Dan Harris :
Dan Harris termine avec 10 conseils qui récapitulent ce qu'il a appris au long de son parcours et qu'il nomme "la voie de l'inquiet" :
Ne soyez pas un sale con ;
(Et/mais…) Si nécessaire, planquez le Zen ;
Méditez ;
Le prix de la sécurité est un sentiment d'insécurité (ça vous servira un temps) ;
Le sang-froid n’est pas l’ennemi de la créativité ;
Ne forcez rien ;
L'humilité empêche l'humiliation ;
Allez-y mollo avec l'auto-flagellation ;
Ne vous attachez pas aux résultats ;
Pensez-y : qu'est-ce qui compte le plus ?
Ce livre est utile pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore la méditation et voudraient s'y initier. Mais il ne s'agit pas d'un manuel ; plutôt d'une biographie qui intègre des conseils pour apprendre à intégrer la pratique de la méditation à sa vie de tous les jours.
Le dernier chapitre est particulièrement intéressant puisqu'il montre comment associer un certain degré d'ambition avec les principes de la méditation de pleine conscience. Au final, l'objectif est d'être plus heureux dans sa vie quotidienne.
Grâce à la pratique méditative, nous devenons capables de dégonfler notre égo et d’accepter notre existence dans toutes ses imperfections. Nous sommes plus simples et justes avec nous-mêmes et avec les autres. Nous vivons davantage au présent.
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