Résumé de "Sauvage par nature | De Sibérie en Australie, 3 ans de marche extrême en solitaire" de Sarah Marquis : ce récit d’aventure retrace l'extraordinaire odyssée de Sarah Marquis qui, durant trois ans, a traversé seule, à pied, six pays d'Asie jusqu'en Australie. Une marche solitaire de 20 000 kilomètres à travers steppes, déserts et jungles où chacun des pas de la voyageuse, confrontée aux dangers extrêmes de la nature et des hommes, devient une véritable leçon de survie. Une reconnexion avec la vie sauvage qui nous enseigne aussi comment l'instinct primitif peut renaître chez l'humain moderne quand il est livré à lui-même.
Par Sarah Marquis, 2015, 264 pages.
Titre de l’édition anglophone : "Wild by Nature: From Siberia to Australia, Three Years Alone in the Wilderness on Foot", 2016, 272 pages.
Chronique et résumé de "Sauvage par nature | De Sibérie en Australie, 3 ans de marche extrême en solitaire" de Sarah Marquis
Introduction
Dans l’introduction de son livre "Sauvage par nature", l’auteure, Sarah Marquis nous plonge dans ses souvenirs d'enfance. Elle évoque avec tendresse une petite fille déjà différente des autres.
Elle raconte comment, dès l'âge de 8 ans, elle passait des heures avec les animaux plutôt qu'avec des poupées, et développait une soif insatiable d'aventures et de découvertes. L'aventurière nous décrit cette sensation devenue "évidence" qui l'a poussée vers l'exploration du monde.
"Ma vie était alors une aventure presque journalière. J’étais la plus heureuse des petites sauvageonnes du coin, même si beaucoup de choses me chiffonnaient. Je voulais comprendre. Plus encore, je voulais tout découvrir sans devoir choisir, sans but, sans préférences. Juste "tout". (…) Je rêvais éveillée d’autres contrées, d’autres arbres, d’autres animaux, d’un ailleurs où des oiseaux aux couleurs chatoyantes virevoltent dans les airs, où l’on rencontre des animaux qu’on appelle des bêtes… sauvages. (…) Ce que j’éprouvais au fond de moi était une sensation – si forte – qu’elle en était devenue "une évidence". J’allais devenir une découvreuse… Plus communément appelée une aventurière."
Sarah Marquis partage ainsi sa vision unique : "Plus je m'éloigne, plus je vois", explique-t-elle, tout en soulignant que sa vie a été faite de choix audacieux.
Elle conclut en dédiant son récit aux femmes du monde entier, pour celles "qui luttent encore pour leur liberté et pour celles qui l’ont obtenue mais qui ne l’utilisent pas". Elle nous invite ainsi à la suivre dans son extraordinaire périple : "Mettez vos chaussures. On part marcher."
Chapitre 1. Préparation
Dans le premier chapitre du livre "Sauvage par nature", Sarah Marquis est de retour dans les Alpes suisses après trois ans d'aventures.
Elle partage comment les traces de son périple sont indélébiles : ses instincts de survie persistent dans ses gestes quotidiens, comme un tatouage invisible gravé dans son corps et son âme.
1.1 - Avant un départ...
Puis, l'aventurière revient sur la genèse de son expédition singulière baptisée eXplorAsia : une traversée de six pays d’Asie, seule, à pied.
Elle se souvient :
"Une sensation indescriptible grandissait en moi jusqu’au moment où le départ se présenta à moi comme l’unique option. Je savais tout au fond de mon cœur que ce départ était alors la seule façon d’être fidèle à ce feu qui brûlait en mon for intérieur. Je le sentais faiblir, la flamme était moindre… il était temps de partir à la recherche du bois qui me permettrait de retrouver ma flamme de vie."
Deux années de préparation minutieuse furent nécessaires pour organiser cette expédition, souligne l’auteure.
Sarah Marquis détaille notamment la manière dont elle s’y est pris pour constituer une équipe fiable en vue de ce projet, avec un nouveau chef d'expédition - son frère Joël, qui l'avait accompagnée lors de ses précédentes explorations, ayant pris un autre chemin professionnel.
1.2 - Vevey-Suisse, juin 2010, une semaine avant le départ
À une semaine du départ, Sarah Marquis nous fait part de sa tristesse de devoir laisser D'Joe, son fidèle compagnon canin rencontré lors de son périple australien en 2002-2003.
Elle décrit également l'organisation méthodique de son matériel, avec notamment le choix crucial de ses chaussures - huit paires de la marque Sportiva, sa marque habituelle Raichle ayant cessé la production.
1.3 - Une femme en Mongolie (préparation)
La baroudeuse souligne ici combien il est important de comprendre la culture locale. Elle relate avec franchise les défis particuliers auxquels elle a dû faire face, notamment les comportements déconcertants des nomades mongols qu'elle a appris à interpréter sans jugement. "Ce n'est pas parce que je ne comprends pas une attitude que je dois la condamner", rappelle-t-elle sagement.
Sarah Marquis conclut le chapitre 1 de son livre "Sauvage par nature" en évoquant les risques sanitaires du pays et sa décision de ne faire que le vaccin contre le tétanos, faute de temps pour compléter le protocole contre la rage.
Épuisée par ces deux années de préparation, elle s'endort dans l'avion avant même le décollage, siège 24B, direction la Mongolie.
Chapitre 2. Mongolie, mes débuts…
Au début des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et septième chapitres de "Sauvage par nature", une carte détaillée montre l'itinéraire de Sarah Marquis à travers la Mongolie, depuis Suhhbaatar jusqu'au désert du Gobi, en passant par différents points de ravitaillement.
2.1 - Retour en Mongolie...
Sarah Marquis entame son périple péniblement sous une chaleur accablante de 40°C. Dès les premiers jours, elle ressent beaucoup de fatigue et prend une insolation.
C’est une rencontre inattendue avec un chevreuil dans une forêt dense de bouleaux qui va alors lui redonner l'énergie nécessaire pour poursuivre sa route. Ce moment magique lui rappelle une expérience similaire vécue en 2002 sur le Pacific Crest Trail, où elle avait observé un cerf majestueux traverser une rivière.
L'aventurière décrit ensuite sa progression difficile avec sa charrette de 50 kg et son sac de 17 kg. Son corps, insuffisamment préparé cette fois-ci par manque de temps, s'adapte lentement à l'effort.
2.2 - Eau, où es-tu ?
Face au défi de trouver de l'eau dans ces steppes arides, elle partage trois techniques de survie essentielles :
La condensation dans un trou creusé au sol et recouvert d'un plastique,
La récupération de la transpiration des feuilles,
La recherche d'eau sous le lit asséché des rivières.
Mais la meilleure façon de trouver de l’eau, finit-elle, est de "vider son sac des a priori, des théories" car "seule compte votre capacité à lire le décor".
Un souvenir de 2006 dans les Andes lui a appris une leçon fondamentale à ce propos : la sensibilité prime sur la logique pour lire un paysage. Sarah raconte en effet comment sa recherche obsessionnelle de végétation pour récolter de l’eau l'avait, en fait, empêchée de repérer une rivière pourtant très visible.
2.3 - Ce premier jour en Mongolie (suite)...
Le récit se poursuit sur la première rencontre de Sarah Marquis avec un nomade mongol, vêtu d'une tunique vert bouteille. Dans un échange silencieux mais riche en gestes, l'homme lui dessine une carte dans la poussière pour lui indiquer un point d'eau.
Cette rencontre authentique se termine sur une mélodie portée par le vent, tandis que le nomade s'éloigne à cheval.
2.4 - Le temple, le géant et le nourrisson
Sarah Marquis narre sa progression à travers une forêt de mélèzes détrempée, où elle croise un "ovoo", un cairn sacré traditionnel mongol de 5 mètres de haut. Par respect pour les croyances animistes locales, elle évite ce lieu d'offrandes et poursuit sa route vers un temple.
En chemin, l'aventurière est invitée dans une yourte par un couple de nomades. Elle y découvre avec émerveillement un nouveau-né, tout en s'initiant au "suutei tsaï", le traditionnel thé au lait salé. Cette scène paisible est interrompue par l'arrivée d'autres visiteurs, dont une jeune femme qui expose ses seins devant l'assemblée, provoquant le malaise de la jeune mère.
Après cet épisode déconcertant, Sarah Marquis se dirige vers le temple aux palissades rouge terre, où elle aperçoit un homme d'une taille exceptionnelle travaillant au sol. Le géant, intimidé, s'enfuit à son approche. Trouvant le temple en ruines, elle poursuit sa route jusqu'à un camp touristique composé d'une trentaine de yourtes alignées.
L'aventurière relate avec humour ses interactions avec les jeunes femmes du camp, marquées par des différences culturelles saisissantes : leur expression stoïque, leur curiosité pour son statut matrimonial, et leur réaction face à ses "grands yeux". Elle savoure enfin un moment de répit dans sa yourte, où elle peut se laver et manger un repas chaud.
Ce passage se termine sur une note dramatique, alors qu'un violent orage approche. "Le ciel s'est métamorphosé en un énorme nuage noir, boursouflé", écrit-elle, tandis qu'une jeune fille du camp vient démonter sa cheminée par précaution.
2.5 - Des semaines plus tard…
La fatigue et la peur s'accumulent pour Sarah Marquis, harcelée chaque nuit par des cavaliers qui rôdent autour de son camp. Épuisée, elle trouve refuge dans un abri à moutons où elle s'endort profondément.
C'est là que se produit une rencontre magique : elle observe, émue aux larmes, une huppe fasciée, cet oiseau qui la fascinait enfant et qu'elle n'avait jamais réussi à voir malgré des années de patience. "Des larmes coulent sur mes joues, des larmes de joie", confie l'aventurière.
Chapitre 3. Mongolie centrale
3.1 - Stratégie de survie, dangers et moments de contemplation
Sarah Marquis nous fait découvrir son arrivée dans un village fantôme de Mongolie centrale, guidée par le vol de grands rapaces au-dessus d'un col. Ce village de 200 âmes, qui en comptera plus de 5000 en hiver avec le retour des nomades, devient le théâtre d'une quête vitale : trouver de l'eau pour les 100 prochains kilomètres.
La baroudeuse partage sa rencontre musclée avec les habitants d'un bar local : une femme hostile et deux hommes ivres qui tentent de voler son équipement. Face à cette situation périlleuse, elle fait preuve de persévérance et de stratégie, jusqu'à ce qu'apparaisse un mystérieux "protecteur" qui l'aide silencieusement à remplir ses réservoirs d'eau.
Une fois le village quitté, Sarah Marquis affronte les éléments hostiles : "Le vent déshydrate, brûle. Associé à une température de 40°C (104°F), il peut être fatal".
Sa route prend un tournant dramatique lorsque les deux hommes ivres la poursuivent à cheval. Elle raconte comment elle parvient à les repousser grâce à une ruse audacieuse, qui va effrayer leurs chevaux et ainsi les déstabiliser.
L'aventurière termine cette journée éprouvante en trouvant un abri rocheux pour la nuit. Elle prend soin d'effacer ses traces sur le sol durci. Le lendemain matin, elle partage avec nous un moment de paix rare : "Ce moment est mien, il est magique, indescriptible". Elle révèle aussi un détail touchant de son quotidien : ses habits de nuit colorés et féminins contrastent avec sa tenue de jour masculine et couleur sable, nécessaire à sa sécurité.
3.2 - Ce même jour...
L'aventurière rapporte ensuite sa rencontre pour le moins tendue avec deux motards, dont l'un tente de lui vendre de la marijuana. Face à cette situation menaçante, elle applique sa stratégie d'évitement : "Ne jamais donner d'importance aux gens ou animaux dont vous ne désirez pas attirer l'attention".
Alors qu'elle traverse une plaine désertique pendant cinq jours, Sarah Marquis aperçoit des chèvres mongoles, connues pour leur précieux cachemire. Elle explique comment les nomades récoltent ce duvet fin au printemps, produisant "environ 2 700 tonnes par an".
3.3 - Fibre naturelle sinon rien
Cette observation lui rappelle son expérience lors de son expédition en Amérique du Sud, où elle a découvert les vertus des fibres naturelles. L'aventurière raconte y avoir troqué ses vêtements techniques contre de la laine d'alpaga pour mieux résister au froid intense.
En Mongolie, elle teste différentes laines locales :
La laine de yak, chaude mais qui gratte,
La laine de chameau, confortable pour les chaussettes de nuit,
Le cachemire, particulièrement adapté à l'effort physique.
Sarah Marquis apprécie particulièrement cette approche durable de l'élevage qui permet aux nomades de vivre de leur bétail sans tuer les animaux. "J'aime l'idée que via une simple tonte à la main ou un brossage, ces gens arrivent à vivre de leur bétail sans devoir tuer l'animal", confie-t-elle.
3.4 - Prince ou crapaud
Sarah Marquis nous plonge ici dans une traversée éprouvante d'une plaine d'argile sous une chaleur écrasante de 40°C.
Épuisée par les visites nocturnes de cavaliers, elle s'encourage à voix haute pour avancer, se dédoublant presque pour maintenir son moral : "Allez, Sarah Marquis ! Allez, Sarah Marquis, allez...". Elle segmente sa marche en intervalles de plus en plus courts, luttant contre l'épuisement physique et mental.
Une tempête spectaculaire la surprend alors qu'elle monte son camp. Luttant contre un déluge de grêle et une coulée de boue, elle parvient à sauver in extremis sa charrette et son équipement. "Je hurle : 'Mongolie ! Tu ne m'auras pas !'", s'exclame-t-elle, célébrant cette petite victoire face aux éléments déchaînés.
Le destin lui envoie alors de l'aide sous la forme d'un nomade à cheval qui la guide vers sa yourte, de l'autre côté d'une rivière en crue. La traversée périlleuse s'effectue grâce à l'intervention d'un jeune cavalier qui la hisse sur sa monture, alors que le niveau de l'eau monte dangereusement. Dans la yourte, l'aventurière observe la stricte division des tâches entre hommes et femmes, notamment lorsque la maîtresse de maison nettoie seule, pendant plus d'une heure, la boue qui a envahi leur habitat.
La nuit qui suit est particulièrement mémorable. Sarah Marquis se retrouve dans une situation tragicomique, coincée entre les avances insistantes d'un jeune homme d'un côté, et un énorme crapaud de l'autre. Elle choisit avec humour la compagnie du batracien, après avoir repoussé fermement son voisin trop entreprenant. L'arrivée tardive de voyageurs bruyants et leurs festivités jusqu'à l'aube parachèvent cette nuit surréaliste.
Son périple prend un nouveau tournant quand les inondations l'obligent à modifier son itinéraire. Un ami mongol francophone lui vient en aide, établissant un nouveau tracé et la conduisant en voiture jusqu'à un col situé à 78 km à l'ouest. Bien que ce détour rallonge son parcours de 50 km, c'est sa seule option pour éviter d'être bloquée pendant des mois.
Dans la steppe déserte qui suit, elle affronte des conditions extrêmes. Le vent incessant devient son principal adversaire, l'obligeant à passer ses nuits à maintenir sa tente au sol. L'aventurière trouve du réconfort dans la présence des chevaux sauvages qui l'accompagnent parfois sur des kilomètres, la faisant rêver de "galoper sans limites dans ces steppes ouvertes, sans charrette ni sac à dos".
Une nouvelle tempête apocalyptique la frappe alors, combinant pluie, sable et foudre dans un spectacle aussi terrifiant que grandiose. Après avoir retrouvé son réchaud et sa casserole projetés à 500 mètres, elle trouve refuge dans la yourte d'une famille de "vrais nomades". Elle y passe une nuit intense, partageant l'inquiétude d'une femme pour son mari parti surveiller le bétail dans l'orage. L'authenticité et la dignité de ces nomades la touchent profondément, particulièrement lors des retrouvailles silencieuses mais éloquentes du couple à l'aube.
Les jours suivants, Sarah Marquis développe de nouvelles stratégies de survie, apprenant à repérer les abris à bétail pour se protéger des orages quotidiens. Elle atteint finalement Khakhorin, épuisée et affamée, s'étant rationnée à un simple bol de riz quotidien divisé en deux repas. Dans un camp touristique, elle trouve enfin le repos dans une yourte, prenant le temps de méditer sur cette habitation traditionnelle qui l'a tant fascinée tout au long de son périple.
L'aventurière conclut ce passage en évoquant sa découverte progressive de la vie nomade, notamment à travers l'observation de gestes quotidiens comme la collecte d'excréments séchés pour le feu.
"J'ai aimé découvrir la vie des nomades de cette manière. En les regardant, en essayant d'interpréter leurs gestes. En découvrant un peu plus d'indices jour après jour", confie-t-elle, tout en soulignant l'importance de cette immersion progressive dans la culture mongole.
3.5 - La douche enfin…
Dans un bâtiment délabré de Khakhorin, Sarah Marquis savoure enfin une douche tant attendue. Avec ingéniosité, elle utilise sa casserole en titane pour mélanger l'eau bouillante à l'eau froide. Ce moment de grâce lui permet de retrouver la femme sous les couches de sueur accumulées. Épuisée, elle dort ensuite pendant 24 heures d'affilée.
3.6 - Steppe, tu ne m’auras pas…
L'aventurière reprend sa route vers le sud-ouest, admirant les paysages changeants de la steppe qu'elle compare à "un gâteau multicouche". Elle trouve une solution ingénieuse pour ses nuits anxiogènes : dormir dans les tuyaux d'évacuation sous les pistes. Même si ces abris sont peu confortables et parfois occupés par des carcasses d'animaux, ils lui offrent enfin des nuits paisibles.
Arrivée à Khujirt, elle fait une rencontre marquante avec une cuisinière qui, malgré l'hostilité apparente des autres villageois, lui offre secrètement un deuxième bol de riz avec un œuf.
Cette expérience lui rappelle la solidarité universelle entre femmes qu'elle a rencontrée tout au long de son périple : "La faim n'a pas besoin de traduction, la faim s'exprime dans un langage universel", conclut-elle avec gratitude.
Chapitre 4. Désert du Gobi
Dans le chapitre 4 de "Sauvage par nature", Sarah Marquis entame sa traversée du désert du Gobi, en suivant les lignes électriques qui pointent vers le sud.
4.1 - Des aventures dès le début de la traversée du désert de Gobi
L'aventurière savoure la perspective de 150 km sans contact humain, retrouvant enfin sa solitude tant appréciée.
Cette quiétude est brièvement interrompue par un arrêt dans un village poussiéreux, où elle fait face à l'hostilité d'une épicière au visage marqué par la violence. L'intervention d'un homme bienveillant lui permet finalement d'obtenir des provisions, bien qu'à prix majoré. L'atmosphère du village est pesante, marquée par des actes de violence gratuite entre adolescents à la station-service.
Elle trouve refuge pour la nuit chez une vieille dame malicieuse, mais son repos est perturbé par plusieurs incidents inquiétants : la visite impromptue de deux hommes en noir qui fouillent ses affaires, les cris d'un homme manifestement perturbé, et la présence d'un chien enchaîné qu'elle convainc la propriétaire de libérer pour la nuit.
Quittant ce "lieu de misère" aux premières lueurs de l'aube, Sarah Marquis s'enfonce dans le désert. Le sable devient progressivement son principal obstacle, engloutissant les roues de sa charrette. Elle rencontre des géologues qui la mettent en garde contre les "ninjas", des chercheurs d'or clandestins qui opèrent la nuit.
L'aventurière trouve finalement sa paix dans la solitude du désert, où elle découvre une vie discrète mais fascinante : des traces d'animaux dans le sable, un scorpion translucide, des chameaux qui broutent autour de sa tente. "Je suis au bon endroit au bon moment, c'est tout. Je le sens, je le sais...", livre-t-elle.
Cette sérénité est brutalement interrompue par une violente tempête. Face aux éléments déchaînés, Sarah Marquis vit une expérience mystique inattendue : "quelque chose se produit, je n'arrive pas à l'expliquer, c'est comme si mon corps ne m'appartenait plus, que j'étais la foudre, le sol, les nuages et le reste". Cette expérience transformatrice lui fait comprendre que sa destination n'est pas tant un point géographique qu'un état d'être, une connexion profonde avec l'environnement.
Cette partie se termine sur sa contemplation du désert, où elle réfléchit sur le vide qui l'entoure et son adaptation constante à cet environnement hostile. Pour elle, c'est peut-être là la clé pour maintenir vivant son feu intérieur : éviter les habitudes et rester en perpétuelle adaptation.
4.2 - Horloge interne
Sarah Marquis révèle sa capacité innée à s'orienter sans instruments, arrivant à positionner naturellement les points cardinaux.
Elle souligne aussi combien il est important de comprendre et respecter son corps, notamment à travers le sommeil naturel, synchronisé avec les rythmes de la nature.
L'aventurière partage sa philosophie du bien-être basée sur l'équilibre et la connexion avec l'environnement. Elle encourage à faire des petits changements quotidiens : marcher consciemment, observer les nuages, toucher les arbres. "Le seul luxe que je vois est du 'temps'", note-elle.
Cette approche, elle l'a perfectionnée lors de son expédition australienne de 2002-2003, où pendant 17 mois, elle a survécu dans l'Outback, poussant les limites de ses capacités physiques et mentales. Pour elle, le mouvement est essentiel : "je ne pense pas, je vis !"
4.3 - Ma première rencontre avec Canis lupus chanco
Sarah Marquis évoque le rapport complexe des Mongols avec le loup (Canis lupus chanco), à la fois respecté et redouté.
Elle raconte comment elle brouille délibérément les pistes lorsque les nomades l'interrogent sur ses rencontres avec les loups, consciente que ces animaux sont traqués pour leurs organes, prisés en médecine traditionnelle.
4.4 - Ils hurlent
L'aventurière nous fait ensuite vivre une nuit magique près d'une formation rocheuse mystérieuse dans le désert. Réveillée à 4 heures du matin par des hurlements de loups autour de sa tente, elle savoure cet instant privilégié : "Je suis si chanceuse de vivre ce moment... Merci, merci". Elle découvre leur refuge dans ces rochers et décide de garder secrète sa localisation pour protéger ces "survivants" de la cupidité humaine.
4.5 - La longue nuit de Mandal-Oovo
Après dix jours dans le désert, Sarah Marquis fait halte dans un village où elle trouve un hébergement précaire. Une nuit terrifiante l'attend : des hommes ivres tentent d'enfoncer sa porte, tandis qu'elle se barricade avec une commode, son spray au poivre à portée de main. "La peur au ventre, je ne ferme pas l'œil de la nuit", confesse-t-elle.
4.6 - 80ème jour d’expédition
Au 80ème d'expédition, épuisée par les épreuves - attaques nocturnes, sable, manque de sommeil - elle atteint enfin son point de ravitaillement.
Malgré sa fatigue, elle savoure un dernier moment de contemplation du désert avant de retrouver Gregory, son chef d'expédition.
4.7 - Une dent plus tard…
Après un ravitaillement réconfortant avec Gregory, une infection dentaire fulgurante force Sarah Marquis à être évacuée.
Grâce au soutien de ses sponsors, elle se rend à Tokyo pour se faire soigner. "La douleur me mange le dessous des chaussettes", écrit-elle.
Le traitement s'étend sur six semaines, durant lesquelles elle fait la navette entre un chalet à Hakuba et la clinique. Ses sponsors lui apportent un soutien indéfectible face aux complications et aux extrapolations médiatiques. Au bout de ces six semaines, elle repart avec une seule obsession : reprendre sa marche.
Chapitre 5. Désert du Gobi - 2ème tentative
De retour en Mongolie après son traitement au Japon, Sarah Marquis prépare sa deuxième tentative de traversée du Gobi, cette fois en plein hiver avec des températures de -33°C.
Au marché local, elle s'équipe pour affronter le froid extrême : théière en aluminium pour faire fondre la neige, pétards contre les loups et peaux de mouton.
Elle fait fabriquer des guêtres spéciales dans un atelier de couture de la banlieue d'Ulaan Baatar, et reçoit sa nouvelle tente après des semaines d'attente et une taxe douanière conséquente.
L'aventurière repart du camp touristique où la beauté du désert hivernal la fascine : "J'étais déjà tombée amoureuse du Gobi en été mais là, ma préférence va à l'hiver". Cependant, les conditions s'avèrent rapidement extrêmes, avec des températures nocturnes atteignant -40°C. Face à ces conditions qui menacent sa tente, elle doit prendre une décision difficile : interrompre sa tentative.
Face à l'échec de sa deuxième tentative, Sarah Marquis adapte son parcours aux conditions climatiques. Elle décide de réorienter son expédition vers le sud de la Chine, prévoyant de remonter le pays au lieu de le descendre.
Pendant une nuit intense de préparation, elle coordonne ce changement avec son équipe en Suisse.
Chapitre 6. Chine
Au début du 6ème chapitre du livre "Sauvage par nature", une carte schématique illustre l'itinéraire de Sarah Marquis depuis Kunming jusqu'au Sichuan, en passant par la réserve des pandas et traversant le fleuve Yangtsé.
6.1 - Kunming – Yunnan, janvier 2011
À Kunming, ville bouillonnante de 3 millions d'habitants, Sarah Marquis retrouve par hasard Mathias et Véronique, un couple de cyclistes rencontré précédemment en Mongolie. Ces derniers partagent leur expérience de la traversée de la Chine et lui procurent de précieuses cartes routières avant de poursuivre leur route vers le sud.
6.2 - Chinoiseries, cochonneries… C’est le nouvel an !
L'aventurière s'enfonce dans la campagne chinoise, découvrant un monde rural fascinant mais profondément différent de la Mongolie. Elle apprend à communiquer par gestes avec les locaux et à se repérer sans cartes topographiques, interdites en Chine. "Je laisse les regards se poser sur moi, les chiens me renifler, les hommes silencieux et maigres me dévisager avec suspicion", raconte-t-elle.
Sa progression la mène à travers des villages où elle assiste aux célébrations sanglantes du Nouvel An chinois : partout, des cochons sont sacrifiés dans une atmosphère festive mais brutale. Poursuivant sa route, elle atteint le fleuve Yangtsé le 3 février 2011, jour du Nouvel An, franchissant un impressionnant pont suspendu qui marque son entrée dans la province du Sichuan.
6.3 - Noire est sa peau, long est son nez…
Après dix jours dans les montagnes du Sichuan, Sarah Marquis découvre un passage spectaculaire taillé dans la roche, qu'elle emprunte avec sa charrette malgré les difficultés. De l'autre côté, elle arrive dans un village où sa présence provoque une panique générale : femmes et enfants s'enfuient en hurlant.
Le soir, alors qu'elle installe son camp, elle reçoit la visite d'un groupe mené par un chef à l'apparence singulière : "sa peau est si foncée qu'elle s'approche d'un noir marron" et son nez long et effilé évoque plus les traits africains qu'asiatiques. Après un face-à-face silencieux, le groupe repart, mais utilise la fumée d'un feu de bois vert pour la forcer à déguerpir dans la nuit.
Cette expérience l'amène à découvrir la richesse des 56 minorités ethniques qui peuplent ces montagnes (Yi, Lisus, Dais, Bais, Miaos...). Au fil des semaines, elle établit des liens particuliers avec les femmes de ces communautés, appréciant leur élégance naturelle et leur authenticité. "D'un seul regard et sans jugement, elles m'ont toujours identifiée avec le dénominateur qui nous unit : nous les 'femmes'", observe-t-elle.
Lors d'un marché dans son dernier village d'altitude, Sarah s'immerge dans l'atmosphère colorée des costumes traditionnels, observant notamment une jeune femme aux longs cheveux noirs préparée comme une princesse.
L'aventurière partage aussi ses réflexions sur son rapport à la nourriture, développant une approche en "trois dimensions" (avant, pendant, après) et évoquant ses expériences de la faim qui l'ont amenée à des hallucinations olfactives pendant ses expéditions.
6.4 – Une Chine hostile
Arrivée à Nina, Sarah Marquis découvre une Chine Han hostile, où une femme seule est considérée comme une prostituée. Elle est constamment surveillée et photographiée par des inconnus.
La marcheuse est bouleversée par la pollution extrême et la cruauté envers les animaux qu'elle observe quotidiennement : "Les cris de douleur de ces animaux à l'agonie me hantent encore", déclare-t-elle.
Un soir, elle fait une rencontre qui semble d'abord positive avec des écoliers souriants, mais qui se termine par le vol de son BlackBerry. Plus tard dans la nuit, deux hommes lui rapportent mystérieusement son téléphone, prétendant être des professeurs. Le lendemain, elle découvre qu'il s'agissait en réalité de paysans et que toutes ses photos de Chine ont été effacées de l'appareil, ne laissant que celles de Mongolie. Cette expérience révèle la surveillance subtile mais omniprésente exercée sur les étrangers dans cette région.
6.5 - Des schlurps et des splash…
Sarah Marquis décrit avec un humour grinçant les habitudes quotidiennes des Chinois dans les provinces reculées : leurs rituels matinaux bruyants, leurs crachats expressifs (qui, sur les murs des restaurants, signifient paradoxalement l'appréciation du repas), et le fameux "schlurp" qui accompagne la consommation de leurs bouillons.
L'aventurière compare les différences culturelles entre l'Amérique du Sud, où la corruption se réglait avec simplicité et chaleur humaine, et l'Asie, caractérisée par le principe de "garder la face". Elle développe une théorie intéressante sur la difficulté des Chinois à comprendre ses gestes mimés : leur écriture en caractères représentant des scènes complètes les empêcherait de percevoir des gestes isolés.
En voyage vers une réserve de pandas, elle vit une mésaventure avec une vieille femme qui inonde délibérément sa tente en détournant un canal d'irrigation. Forcée de continuer avec un équipement trempé par des températures négatives, elle trouve refuge dans une forêt de pins à 2500m d'altitude. Cette pause lui permet de sécher ses affaires et de réparer son réchaud, retrouvant un moment de paix.
Dans la réserve, elle fait une rencontre exceptionnelle avec un panda roux mais se trouve rapidement sous surveillance. Des agents spéciaux inspectent son campement, et elle est finalement arrêtée par des hommes en blouson noir. La voyageuse apprend plus tard que son arrestation était liée à l'immolation d'un moine dans un temple proche, les autorités voulant éviter la présence de témoins occidentaux.
Sarah Marquis est expulsée de Chine : elle a cinq jours pour quitter le pays. Dans une course contre la montre, elle rejoint Beijing via Chengdu, obtient un visa pour la Mongolie grâce à une coordination minutieuse entre son équipe et l'ambassade suisse, et s'envole pour Ulaan-Baator. "J'apprendrai plus tard que mon arrestation était d'ordre préventif", indique-t-elle, en révélant la tension politique sous-jacente dans cette région où "les moines s'immolent depuis des années en signe de protestation contre l'oppression du régime".
Chapitre 7. Désert du Gobi – 3ème tentative
7.1 - Début mai 2011 – Je repars
De retour dans le désert du Gobi pour sa troisième tentative, Sarah Marquis retrouve Degi, une employée du camp touristique qui l'accueille selon les traditions d'hospitalité mongoles. Dans ce pays le moins peuplé au monde (1,8 habitant/km²), l'hospitalité est une question de survie, à la bonne fortune des voyageurs qui n’ont alors aucun mal à trouver un refuge chaque soir.
Les deux femmes partagent un long moment de complicité autour d'un thé. L'aventurière apprécie particulièrement de pouvoir avoir une conversation approfondie en anglais, qui pour une fois dépasse les habituelles questions sur son âge et son statut marital. Degi devient sa "conseillère culturelle" et l'aide à décoder certaines mésaventures, comme l'incident du "fantôme" : un automobiliste terrifié à sa vue, la prenant pour le spectre d'une femme blanche errante selon une légende locale.
Sarah Marquis reprend ensuite sa route vers le sud, en direction du Parc national du Gobi Gurvan Saikhan. Dans ce paysage lunaire de dunes dures, elle fait une rencontre insolite avec un loup au pelage d'hiver gris souris, qui joue à cache-cache avec elle. Le climat devient plus rude, avec de la neige sur les montagnes et un vent violent qui l'oblige à chercher des dépressions dans le terrain pour s'abriter.
La marcheuse relate aussi sa rencontre cocasse avec un nomade malade qui lui fait des avances, avant de tenter de récupérer son chien qu'elle avait pris en amitié. Dans sa quête d'eau, elle découvre des trésors cachés : pétroglyphes, gazelles, mouflons et une riche biodiversité qui la fascine, malgré les conditions physiques éprouvantes.
7.2 - Un Kindle sans les mots…
Sarah Marquis raconte ensuite avec humour la mésaventure de son cadeau d'anniversaire : un Kindle vide de tout livre que son chef d'expédition lui apporte, et qui finira par fondre sous les températures extrêmes du désert. "À chaque fois que j'ai essayé d'améliorer ma vie de nomade, cela n'a pas fonctionné", constate-t-elle avec philosophie.
7.3 - Les pieds au chaud…
Mieux équipée pour cette troisième tentative, l’exploratrice affronte les célèbres dunes chantantes du Gobi, hautes de 300 mètres, dont le sable produit un vrombissement caractéristique au contact du vent. Il lui faut cinq jours pour les franchir, tirant sa charrette dans le sable profond, tout en admirant les chameaux qui trottinent avec aisance sur ces mêmes dunes.
Sarah fait de nouvelles rencontres variées : un immense nid de vautours, des géologues chinois en exploration clandestine, et les scientifiques d'un centre de recherche sur les léopards des neiges, avec qui elle participe à la pose de caméras. Elle vit aussi une brève tension avec des gardes-frontières, alertés par un mystérieux informateur local.
La traversée se termine par la partie la plus sauvage de son expédition, où elle endure des températures de 50°C et une déshydratation constante.
"Ce désert qui s'était refusé à moi par deux fois déjà... il acceptera mes pas à la troisième", lâche-t-elle en atteignant enfin Ekhiin Gol, sous le regard stupéfait des habitants.
Chapitre 8. Sibérie
Au début du 8ème chapitre du livre "Sauvage par nature", une carte montre l'itinéraire de Sarah Marquis en Sibérie, du lac Baïkal jusqu'à la frontière mongole, avec mention de la mort de son chien D'Joe le 28 octobre 2011.
Après avoir obtenu son visa russe, Sarah Marquis arrive à Irkoutsk où elle déjoue avec humour une tentative d'extorsion à la douane.
8.1 - Le 1er août 2011, Port Baïkal
Au bord du lac Baïkal, elle entame une progression périlleuse le long des voies ferrées, traversant 39 tunnels et 248 ponts. Elle découvre une nature majestueuse peuplée de phoques d'eau douce uniques au monde, les nerpas.
8.2 - Je sors d'un mauvais pas...
À Slyudyanka, elle fait face à une réalité plus sombre : pollution, pauvreté et danger. Grâce à l'aide de Natalia, son contact local, elle échappe à une tentative de vol et apprend à traverser rapidement les villages pour se réfugier dans la taïga. Cette forêt dense devient son refuge, malgré les nuées de moustiques et la présence d'ours.
8.3 - Mon D’Joe…
Sarah Marquis reçoit un SMS bouleversant concernant D'Joe, son chien resté en Suisse.
La santé de son fidèle compagnon s'est brutalement dégradée. Dans sa tente au cœur de la taïga, elle passe une nuit à sangloter avant de percevoir mystérieusement l'odeur caractéristique de son chien. D'Joe s'éteint moins d'une semaine plus tard.
La marcheuse atteint finalement Kyakhta, ville-frontière avec la Mongolie, jadis prospère grâce au commerce des fourrures et du thé. "Mission accomplie, la Sibérie est derrière moi", conclut-elle, avant de poursuivre son expédition vers le Laos.
Chapitre 9. Laos
Au début du 9ème chapitre du livre "Sauvage par nature", une carte retrace l'itinéraire de Sarah Marquis au Laos, de Botten à Packbeng, le long du fleuve Mekong. L’illustration indique deux incidents majeurs : une infection "dengue" lors de son trajet en canoë et une attaque nocturne par des trafiquants de drogue dans la jungle dense.
9.1 - Changement de décor et d'ambiance
En quittant la Chine pour le Laos, Sarah Marquis voit un changement radical.
L'atmosphère chaleureuse et accueillante du pays la frappe immédiatement : des visages souriants, des gestes discrets et bienveillants qui réchauffent son cœur éprouvé par son expérience chinoise. Elle observe la prédominance du bambou dans la culture locale, utilisé pour tout construire, des huttes aux outils.
Face à une jungle impénétrable, elle remarque que chaque habitant porte une machette à la ceinture et des tongs aux pieds. Sa première expérience culinaire laotienne la charme : on lui sert du riz cuit enveloppé dans une feuille de bananier, qu'elle savoure au bord de la route.
À Luang Namtha, ne voulant pas se contenter de marcher sur les routes, elle cherche une alternative pour explorer la jungle. Elle parvient à convaincre les locaux de lui louer un canoë en solo. Ce sera le début d'une nouvelle aventure sur la rivière Namtha.
9.2 - Les femmes aux pipes d’argent
Sarah Marquis rencontre les peuples des brumes, des tribus montagnardes vivant sur les crêtes. Elle découvre leur mode de vie authentique : femmes âgées fumant des pipes d'argent, cueillette de plantes sauvages et culture sur brûlis.
Ces rencontres sont empreintes d’une hospitalité touchante, malgré les différences culturelles évidentes.
9.3 - Un clic ou pas de clic !
La voyageuse fait le choix éthique de ne pas photographier ces peuples isolés, préférant garder une image mentale de ces moments authentiques.
Elle quitte finalement les montagnes pour rejoindre la route principale, en évitant habilement une zone interdite aux étrangers, avant d'atteindre le Mekong qui délimite la frontière avec la Thaïlande.
Chapitre 10. Thaïlande
Au début du chapitre 10 de "Sauvage par nature", une carte illustre le trajet effectué par Sarah Marquis à travers la Thaïlande, du Mekong jusqu'à Bangkok, en longeant la frontière birmane et passant par plusieurs villes importantes dont Chiang Mai.
10.1 - Accueil, convivialité et... infection parasitaire
À nouveau, la Thaïlande offre à Sarah Marquis un contexte totalement différent de ses expériences précédentes.
Elle découvre un pays accueillant où la convivialité et la générosité sont omniprésentes. Dans les montagnes, elle est fascinée par les temples et leurs bouddhas dorés, ainsi que par les moines méditant dans la forêt.
Épuisée, elle fait une halte à Chiang Mai où un diagnostic médical révèle une infestation parasitaire nécessitant un traitement intensif.
10.2 - Le riz à mes côtés
L'aventurière observe avec émerveillement le cycle complet du riz à travers son périple : de la plantation en Chine jusqu'au labourage en Thaïlande.
Elle décrit poétiquement les rizières en terrasses, où les buffles d'eau travaillent la terre boueuse. Ces paisibles créatures lui rappellent les vaches de son village natal :
"Ces scènes me rappellent le va-et-vient des vaches de mon village qui avaient le même horaire de sortie que les pendulaires encore endormis au volant de leur voiture. Ceux-ci pestant contre ces douces et lentes créatures que le bâton du fermier n’a jamais fait avancer plus vite… Ma mère a toujours trouvé cela rassurant, et à chaque fois que l’on était bloqués par les divers troupeaux qui traversaient notre petit village de cinq cents habitants, elle les observait avec émerveillement, comme si c’étaient des animaux exotiques. Pendant ce temps, à travers elle, j’apprenais peu à peu à voir au-delà des apparences."
10.3 - Ayutthaya-Wat Phu Khao Thong, le 6 mai 2012
Arrivant dans une région marquée par les inondations de 2011, Sarah Marquis atteint enfin le temple Phu Khao Thong.
Face à ce monument majestueux, elle laisse couler ses larmes d'émotion, réalisant qu'elle vient de traverser l'Asie à pied.
10.4 - Cargo, seule femme à bord
Seule femme parmi 22 membres d'équipage, Sarah rejoint l'Australie par cargo durant 13 jours de navigation. Un voyage symbolique qui lui rappelle tous ces migrants qui ont fait la traversée avant elle.
Chapitre 11. Australie du Nord
Une carte illustre l'itinéraire de Sarah Marquis en Australie du Nord, de Cairns à Darwin en passant par Alice Springs. Elle mentionne son arrivée par cargo à Brisbane après 13 jours en mer.
11.1 - Des larmes à l’odeur de café…
Le 28 mai 2012, Sarah Marquis débarque du cargo au port de Brisbane, aidée par un matelot philippin pour descendre ses lourds sacs qui contiennent sa charrette démontée.
Après avoir déposé ses affaires dans une pension, elle s'empresse de réaliser un rituel tant attendu : savourer enfin un véritable coffee latte. Pendant cinq heures, elle observe la foule depuis la terrasse d'un café, réalisant qu'elle peut enfin se fondre dans la masse, elle qui a passé deux ans à être dévisagée en Asie. "Je respire à nouveau, je suis parmi les miens" ressent-elle. Et pour la première fois en vingt ans, la voyageuse prend pleinement conscience de son appartenance à l'ethnie dite caucasienne.
À la banque, elle provoque l'incrédulité d'un jeune employé en lui annonçant son projet de marcher jusqu'à Darwin. Puis elle rejoint Cairns où elle prépare minutieusement son départ : nouveaux réservoirs d'eau, séances d'ostéopathie et massages pour son corps éprouvé.
L'accueil chaleureux des Australiens la touche profondément, en particulier celui de Rosy, la patronne de son hébergement qui accepte de garder une partie de son matériel, et de Georges, un chauffeur aborigène Yirrganydji qui la dépose à son point de départ en lui confiant que le bush la protégera.
Dès ses premiers pas dans cette nature familière, l'émotion la submerge : elle se sent enfin chez elle après deux ans en territoire hostile. La première nuit, exténuée tant physiquement qu'émotionnellement, elle fait un rêve prémonitoire de D'Joe, son chien décédé, sous forme d'un rapace prêt à s'envoler - ce sera la dernière fois qu'elle rêvera de lui.
Son parcours la mène dans des paysages variés où elle retrouve une solitude apaisante. Sur les hauteurs du Tablelands, elle vit une rencontre nocturne exceptionnelle avec un cassowary, le "roi de la rainforest", dont le cri puissant résonne dans la nuit. Dans les Misty Mountains, elle affronte l'humidité oppressante de la forêt tropicale, dormant chaque nuit au milieu de créatures invisibles, de sangsues et de serpents.
À Ravenshoe, sa quête pour retrouver un vieux chercheur d'or rencontré dix ans plus tôt la conduit dans des conversations animées avec les locaux. Une rencontre inattendue au bord d'un ruisseau avec un séduisant inconnu aux yeux bleus la confronte soudain à sa féminité longtemps mise en veille, provoquant un trouble qu'elle n'avait pas ressenti depuis des mois.
Le passage se termine sur son harmonie profonde avec la nature : ses journées deviennent une douce répétition où elle observe la faune, les termites, les fourmis. Cette immersion totale la conduit à une transformation intérieure : "la nature est rentrée en moi... Je suis elle, elle fait partie de moi". Cette connexion intense avec l'environnement marque l'aboutissement de ses deux années de marche.
11.2 - Queensland, le 16 juillet 2012
Sarah Marquis nous transporte ensuite au cœur du Queensland. Nous sommes en juillet 2012 quand Sarah trouve refuge sous un vieux pont. En s’installant alors dans le lit asséché de Crystal Creek, l'aventurière nous fait partager un moment de poésie : les grains de sable deviennent les narrateurs d'une histoire, lui murmurant les souvenirs d'une eau émeraude qui coulait autrefois.
Au fil des jours, l'exploratrice affronte des défis techniques et humains. Elle raconte comment sa charrette subit une avarie majeure, tous les rayons d'une roue se détendant simultanément. Une rencontre avec des chasseurs de cochons sauvages - qu'elle classe parmi les personnages les plus dangereux du bush - se transforme étonnamment en aide providentielle lorsqu'ils lui prêtent une clé à molette.
Cette panne la force à un détour imprévu par Normanton, où elle doit commander de nouvelles roues en Suisse. Sarah Marquis revient avec humour sur son retour temporaire à la civilisation à Cairns, "mes guêtres encore aux pieds, sans m'être lavée depuis des semaines".
De retour dans le bush, elle fait une rencontre surprenante avec Jonas, un jeune cycliste suisse qu'elle avait conseillé par mail avant son départ.
11.3 - Petits plaisirs et grande peur
L'aventurière nous dévoile ensuite ses petits plaisirs du quotidien, comme la dégustation minutieuse du nectar des fleurs de grevillea.
Cette partie de "Sauvage par nature" se termine sur une note qui fait froid dans le dos : des tirs mystérieux dans la nuit l’obligent à rester immobile jusqu'à l'aube. Le lendemain, elle découvre un campement de chasseurs de cochons sauvages, ce qui confirme ses craintes sur leur dangerosité : "Je vous l'avais bien dit, ils sont dangereux ces gars-là !" conclut-elle, avant de parcourir 33 kilomètres pour atteindre les chutes de Leichhardt.
11.4 - Serpent, poussière…
Dans cette dernière partie du chapitre 11 de "Sauvage par nature", Sarah Marquis nous plonge dans son périple à travers le Territoire du Nord australien. Quittant Burketown, la randonneuse s'engage dans une traversée exigeante de 483 kilomètres jusqu'à la prochaine communauté aborigène, soit plus de 16 jours de marche. Elle organise minutieusement ses ravitaillements, et demande à une amie de déposer un paquet de nourriture à mi-chemin, à Hells Gate.
Un matin du 29 août 2012, elle fait une rencontre stupéfiante : celle avec un python olive de près de 4 mètres. L'auteure décrit avec émerveillement la façon dont le serpent se dresse en forme de "Z", palpant l'air de sa langue. "Étrangement, je tombe en amour pour cette créature mystérieuse qui défie les lois du mouvement", écrit-elle, en se rappelant une fascination similaire lors de son expédition dix ans plus tôt.
Sarah Marquis poursuit sa route en territoire aborigène. Elle évite la communauté de Doomadgee. Une nuit, dissimulée sous un eucalyptus, elle entend des chevaux sauvages galoper avec frénésie et des aborigènes se bagarrer.
Sa solitude est interrompue par la rencontre d'un cow-boy au visage serein qui s'étonne de la voir seule dans le bush. Leur conversation révèle la sensibilité particulière de l'aventurière pour les détails infimes de la nature, comme sa curiosité envers un minuscule insecte gris jouant au mort.
Le long de sa route, elle doit relever des challenges quotidiens : trouver des points d'eau, éviter les serpents, supporter des températures avoisinant les 40°C. Un jour, elle découvre un green tree snake, actif en journée contrairement aux autres serpents australiens. Cette mésaventure lui rappelle l'importance d'être vigilante près des points d'eau, où la présence de grenouilles attire les serpents, qui à leur tour attirent les crocodiles.
11.5 - Le Nord sauvage
L'aventurière atteint les chutes de Leichhardt, un lieu impressionnant où se côtoient crocodiles marins et requins atteignant parfois 3,5 mètres. Elle y fait une rencontre touchante avec un chien noir portant un collier où il est écrit "Floraville". Ce moment de tendresse lui rappelle les massages qu'elle prodiguait à son fidèle D'Joe.
Dans sa progression à travers le Territoire du Nord, Sarah Marquis doit franchir des gués en restant vigilante. Elle dépeint comment les cow-boys d'autrefois utilisaient leurs fouets pour éloigner les crocodiles lors des traversées de rivières avec le bétail, une technique qui sauvait régulièrement des bêtes d'une mort certaine.
Son parcours la mène à Burketown, petit village de 200 habitants coincé entre les rivières Nicholson et Albert. C'est là qu'elle fait la connaissance de Peggy, une pêcheuse aveugle de 78 ans dont le courage et la joie de vivre l'inspirent profondément. Cette femme au corps fatigué mais aux yeux pleins d'étincelles de vie incarne pour l'auteure la résilience face aux épreuves.
Ce village isolé, menacé par les cyclones pendant la saison des pluies, devient le symbole d'une Australie en mutation : "L'Australie a tellement changé", observe Sarah Marquis, "il y a dix ans, on me considérait avec dégoût et incrédulité. Aujourd'hui on ne dit plus 'c'est impossible' à chaque fois que je raconte mon parcours... L'Australien s'est ouvert au monde pour le meilleur et pour le pire".
Chapitre 12. Australie du Sud
Une carte illustre le dernier tronçon du périple de Sarah Marquis en Australie, dessinant son parcours depuis Perth jusqu'à son "petit arbre" situé dans la plaine de Nullarbor, avec les coordonnées GPS précises de son point d'arrivée.
12.1 - Je passe par la case "docteur"
Bloquée à Perth par les pluies, Sarah Marquis fait face à un épuisement physique intense. Des analyses révèlent une carence en fer et une fatigue généralisée après deux ans et demi d'effort. Elle met en place un plan de récupération rigoureux : ostéopathie, massages et nutrition ciblée.
12.2 - Bibbulmun Track me revoilà
Après cet épisode de récupération, l'aventurière décide de repartir en suivant le Bibbulmun Track, un sentier de 1000 km qu'elle connaît bien.
"Je me réveille tôt, vers les 4 heures du matin, bien avant que le bush s’anime ; cela me permet de voir les kangourous qui s’extasient devant le lever du soleil, de surprendre dans les fourrés le blue wren. C’est un petit oiseau au pelage bleu turquoise. Je ne me lasse pas de voir, ou encore, plus important pour moi, de sentir la nature se réveiller. J’y puise l’énergie qui soigne mes blessures invisibles. Je veille à ce que ma marche s’accompagne de magnifiques rencontres animales. Ce qu’on néglige souvent, c’est l’aspect psychologique des choses, le lien entre le corps et l’esprit. Alors mes rencontres et la communion que j’ai avec la nature me nourrissent de manière différente. Soigner mon corps inclut aussi le psychique. (…) À toutes et à tous, je souhaite de faire un jour le Bibbulmun Track. Il n’y a pas de plus belle façon de découvrir ce pays."
12.3 - Un serpent et une plage turquoise
Un soir, elle rencontre un homme qui vit sur ce sentier. Il ne quitte ce sentier que pour voir son père et se ravitailler.
L'homme du sentier lui raconte une histoire étonnante : celle d'un serpent tigre occidental venimeux qu'il avait transporté à son insu dans son sac pendant trois jours après une nuit sur la plage de William Bay. Depuis, il ne dort plus qu'en tente.
Sarah poursuit son chemin jusqu'à Albany, où l'attend une surprise émouvante : la visite de sa mère, qu'elle n'a pas vue depuis plus de deux ans. Ensemble, elles partagent des moments précieux, ponctuées d'aventures cocasses comme le vol des biscuits de sa mère par un kangourou.
12.4 - Deux pieds, un manche…
En ce début d'hiver austral, Sarah Marquis brave des conditions météorologiques difficiles sur la côte sud.
Les pluies incessantes et le froid marin mettent son corps à rude épreuve et provoquent des crampes dues à l'humidité. La situation s'aggrave quand le manche de sa charrette se brise. Elle est forcée de poursuivre avec un seul manche sur près de 250 kilomètres.
À Esperance, épuisée, elle trouve refuge dans un motel où elle se remet pendant deux jours. L'aventurière fait ensuite réparer sa charrette par un soudeur, mais la modification des manches perturbe sa posture habituelle, ce qui lui cause des douleurs musculaires intenses : "J'ai l'impression que j'ai été passée à tabac", souffle-t-elle.
Le retour du soleil lui apporte un réconfort inespéré, dévoilant une explosion de couleurs dans le bush. Sarah retrouve avec émotion les eucalyptus salmonophloia, ces arbres au tronc cuivré qu'elle avait découverts dix ans plus tôt. Malgré ses muscles douloureux, elle persévère et s'encourage chaque matin : "Je vais y arriver ! Je vais y arriver !"
Les derniers kilomètres sont particulièrement éprouvants. Un cow-boy rencontré plus tôt dans son périple la retrouve et l'aide à terminer son parcours en lui apportant nourriture et soutien.
Dans un final intense, Sarah atteint enfin son "petit arbre", celui sous lequel elle avait dormi lors de son expédition de 2002-2003 avec son chien D'Joe. "Je suis de retour, darling", murmure-t-elle en touchant l'écorce, laissant couler ses larmes d'émotion.
L'aventurière conclut son récit par une réflexion touchante : "Dire qu'un jour j'ai juste osé rêver de ce moment !"
Cette phrase finale résume toute la portée de son extraordinaire voyage de trois ans à travers l'Asie et l'Australie.
Cahier photos
En fin d'ouvrage, Sarah Marquis partage un recueil de clichés capturés tout au long de son périple.
Ces photographies témoignent des paysages extraordinaires, des rencontres authentiques et des moments clés qui ont jalonné sa traversée de la Mongolie, du désert de Gobi, de la Chine, de la Sibérie, du Laos, de la Thaïlande et de l'Australie.
Elles nous font ainsi revivre le récit de l’aventure hors norme de Sarah Marquis et constituent une véritable mémoire visuelle de cette folle traversée en solo de l’Asie en marchant.
Conclusion de "Sauvage par nature | De Sibérie en Australie, 3 ans de marche extrême en solitaire" de Sarah Marquis
Les quatre leçons clés qu'il faut retenir du livre "Sauvage par nature"
Leçon n°1 : La solitude choisie est une porte d’accès formidable vers la liberté intérieure et la redécouverte de soi
Dans son périple extrême, Sarah Marquis fait de la solitude non pas une épreuve mais une alliée précieuse.
L'exploratrice décrit, en effet, comment, loin de la frénésie sociale, elle a progressivement atteint un état de connexion profonde avec elle-même. Cette solitude délibérée lui permet de développer une acuité sensorielle hors du commun, d'entendre à nouveau sa voix intérieure et de renouer avec ses instincts primitifs.
Ne confie-t-elle pas "Plus je m'éloigne, plus je vois" en introduction ? Une phrase qui résume à merveille comment la distance avec le monde civilisé lui apporte paradoxalement une vision plus claire de l’essentiel.
Idée clé n°2 : La nature nous enseigne l'adaptation constante comme clé de survie et d'épanouissement
À travers ses innombrables défis - des tempêtes apocalyptiques du désert de Gobi aux forêts tropicales du Laos - Sarah Marquis fait face à l’imprévu à chaque instant. Mais plutôt que de subir, elle s’adapte. Et nous montre finalement que l'adaptation permanente est sans doute la meilleure réponse à l'adversité.
Qu’il s’agisse de trouver de l'eau dans des steppes arides, de dormir dans des tuyaux d'évacuation pour se protéger, ou de modifier complètement son itinéraire face aux conditions climatiques extrêmes, chaque difficulté devient une leçon, un obstacle, que l'aventurière transforme en opportunité d'apprentissage.
Mais pour elle, cette capacité d’adaptation constante est bien plus qu’une simple nécessité de survie : c’est un état d’esprit. "La clé pour maintenir vivant son feu intérieur", dit-elle. Une philosophie qui dépasse largement le cadre de l’aventure extrême mais résonne aussi avec nos propres défis du quotidien.
Idée clé n°3 : Notre corps recèle de capacités insoupçonnées qui ne demandent qu'à être éveillées
Le récit de Sarah Marquis révèle comment le corps humain, soumis à des conditions extrêmes, peut développer des capacités extraordinaires. L'aventurière raconte sa faculté innée à s'orienter sans instruments, sa résistance progressive aux températures extrêmes (de -40°C en Mongolie à +50°C dans le désert australien), et sa capacité à reconnaître instinctivement les plantes comestibles ou médicinales. Ce réveil des facultés primitives s'accompagne d'une transformation profonde : "La nature est rentrée en moi... Je suis elle, elle fait partie de moi", affirme-t-elle, décrivant une fusion qui transcende la simple adaptation physique.
Idée clé n°4 : Le dépassement de soi n'est pas une destination mais un voyage continu
Tout au long de son périple, Sarah Marquis nous montre finalement que le véritable accomplissement ne réside pas dans l'atteinte d'un objectif final mais plutôt dans la persévérance quotidienne face aux épreuves. Que l’exploit ne réside pas dans l’arrivée, mais dans chaque pas qui y mène.
S’encourager à voix haute pour traverser une plaine d’argile sous 40°C, recommencer après deux échecs dans le désert du Gobi, finir son périple avec un manche de charrette cassé... autant d’exemples où la force mentale triomphe de l’épuisement physique.
Son mantra, "Je vais y arriver ! Je vais y arriver !" devient un cri de résilience applicable à toutes les épreuves de la vie.
Qu'est-ce que la lecture de "Sauvage par nature" vous apportera ?
"Sauvage par nature" va au-delà du simple récit d'aventure : c'est une véritable plongée dans l'essence même de notre humanité.
En effet, en suivant les pas de Sarah Marquis, vous redécouvrirez les capacités insoupçonnées que nous portons tous en nous, mais que la vie moderne a endormies. Ce livre vous inspirera à reconsidérer votre rapport au temps, à l'effort et à la nature. Vous apprendrez à reconnaître la valeur du silence, de la lenteur et de l'observation pour mieux faire face aux défis quotidiens.
À travers les difficultés surmontées par l'auteure, vous développerez une nouvelle perspective sur vos propres obstacles. Sarah Marquis vous transmet ses techniques de survie physique et mentale qui, transposées dans votre vie quotidienne, deviendront de précieux outils de résilience. Ce récit vous rappellera aussi l'importance d'écouter vos instincts et de faire confiance à votre corps, dans un monde où nous sommes souvent déconnectés de nos sensations premières.
Pourquoi lire "Sauvage par nature" de Sarah Marquis ?
"Sauvage par nature" est un récit d’aventure captivant, immersif, un concentré d’adrénaline, d’émotions brutes et de liberté !
Au fil des pages, vous embarquez aux côtés de Sarah Marquis pour un voyage hors normes : des milliers de kilomètres à pied, en solo, au cœur des paysages les plus reculés de la planète. Mais au-delà de l’exploit physique, c’est une expérience intérieure puissante que vous vivrez à ses côtés.
Car ce livre ne se contente pas de raconter un périple. Il agit comme un miroir de nos aspirations les plus profondes, de nos propres désirs d’évasion, de simplicité, de retour à l’essentiel. Il éveille en nous des questions profondes, parfois oubliées : qu’est-ce que la vraie liberté ? Jusqu’où suis-je capable d’aller ? Quelle est ma vraie place dans ce monde ?
En partageant son incroyable périple et son cheminement, Sarah Marquis nous inspire aussi à adopter une relation plus consciente et harmonieuse avec notre environnement. À réapprendre à écouter la nature, à renouer avec nos instincts, à ralentir, à observer… et à nous recentrer.
Je recommande particulièrement ce livre à ceux qui :
Cherchent un souffle d'inspiration pour dépasser leurs propres limites, qu'elles soient géographiques ou mentales.
Ressentent le besoin de renouer avec la nature sauvage qui sommeille en eux, de se reconnecter à eux-mêmes, à l’essentiel.
Sentent au fond d’eux un appel à la liberté, à l’aventure, à l’authenticité.
"Sauvage par nature" est un livre qu’on ne lit pas seulement. On le vit. Et il continue de marcher avec nous, longtemps après avoir tourné la dernière page.
Points forts :
Un témoignage brut et authentique d'une aventure extrême à travers des territoires rarement explorés.
Une réflexion profonde et inspirante sur la relation entre l'humain moderne et son environnement naturel.
Des leçons de survie et d'adaptation qui peuvent s'appliquer dans notre quotidien.
Une écriture immersive qui nous fait vivre chaque étape du périple avec une intensité rare.
Points faibles :
Certains passages peuvent paraître un peu répétitifs, notamment dans la description des difficultés quotidiennes.
L'aspect technique de la préparation et de l'équipement aurait pu être davantage développé pour les lecteurs intéressés par la pratique de la randonnée extrême.
Ma note :
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Note : Cette chronique est la deuxième des trois parties d’une chronique invitée écrite par Amandine du blog Un sac sur le dos, où elle partage sa passion, ses conseils, coups de cœur et réflexions autour du voyage. 3 récits de voyage pour changer de vie : Histoires de partir, Terre d’éveil, Africa Trek Terre […]
Note : Cette chronique est la première des trois parties d’une chronique invitée écrite par Amandine du blog Un sac sur le dos, où elle partage sa passion, ses conseils, coups de cœur et réflexions autour du voyage. 3 récits de voyage pour changer de vie : Histoires de partir, Terre d’éveil, Africa Trek Je […]
Interviewer des experts à de si nombreux avantages pour un blogueur pro qu’il doit en faire le plus souvent possible. Ces avantages sont : une mise en relation avec l’expert (quoi de mieux pour en démarrer une que de lui demander de parler de lui tout en le faisant connaitre à votre audience ?), un accès à l’expert pendant la durée de l’interview, vous permettant de lui poser toutes les questions que vous voulez, un apport de valeur importante pour vos lecteurs (pour une dépense d’énergie minime pour vous), un transfert de l’Autorité de l’expert vers vous (interviewer un expert reconnu de votre secteur impressionnera vos lecteurs). Certains experts sont moins accessibles que d’autres : souvent, ils le sont plus s’ils viennent juste de publier un livre ou de sortir un produit. La plupart du temps, il suffit toutefois de demander. C’est ce que j’ai fait pour Tim Ferriss, Pat Flynn ou Yaro Starak et ça a fonctionné. A vous de jouer ! 5. La relation avec d’autres blogueurs, tu développeras. Devenir blogueur pro est une véritable aventure, et comme toutes les aventures elle est beaucoup plus géniale si vous la vivez avec des amis qui partagent le même itinéraire, le même objectif final. Et là aussi les avantages sont nombreux : vous serez plus motivé, vous créerez des liens d’amitié qui pourront durer longtemps, vous pourrez faire des partenariats qui vous apporteront à tous beaucoup plus que si vous étiez chacun restés dans votre coin, et surtout vous vivrez une aventure humaine, ensemble, partageant joies et peines, succès et échecs, plutôt que de jouer au cow-boy solitaire que personne n’ira secourir s’il tombe dans un ravin ou se fait attaquer par des bandits. Un bon endroit pour démarrer est le forum Webentrepreneur débutant où de nombreux aspirants blogueurs pro se retrouvent. Si votre blog concerne le développement personnel, la communauté Dev Perso est également un bon endroit pour démarrer. 6. Tes premiers haters, tu célèbreras. Même si cela peut ne pas faire plaisir sur le coup, le premier hater est une étape importante dans votre succès : il montre que, quelque part, quelqu’un n’est pas d’accord avec vous, et est suffisamment motivé pour le clamer (même agressivement) à la face du monde. Et cela a 3 corolaires : 1. Vous ne laissez pas indifférent. Or, “Pour savoir combien sont jaloux de vous, comptez vos admirateurs " – Sénèque. 2. Votre contenu n’est pas fait pour plaire à tout le monde. Parfait. Il n’y a rien de pire que de vouloir plaire à tout le monde : c’est l’assurance de laisser tout le monde indifférent. 3. Qu’est-ce qui motive le hater à clamer ainsi agressivement son opinion à la face du monde ? Une émotion. Sans cette émotion, il n’aurait jamais eu l’envie de s’exprimer comme il l’a fait. Quelle émotion ? Souvent, même s’il ne l’avouera jamais, et surtout pas à lui-même, il s’agit de l’envie. Un des points communs de tous les haters du monde est qu’ils ont un succès bien moindre que celui qu’ils haïssent. Ceux qui ont autant de succès que vous ou plus et ne sont pas d’accord avec vous ne seront en général pas agressifs, et encore moins insultants. Comme le dit Eric Hoffer dans son magistral livre The True Believer, “Même dans le cas d’un grief juste, notre haine viens moins du mal qui nous a été fait que de la conscience de notre impuissance, de notre inadéquation et de notre lâcheté – en d’autres mots de notre mépris de nous-même. Quand nous nous sentons supérieur à nos tourmenteurs, nous allons probablement les mépriser, peut-être même en avoir pitié, mais pas les haïr” et il ajoute : “il est plus facile de haïr un ennemi qui a beaucoup de bien en lui que quelqu’un qui est complètement mauvais. Nous ne pouvons haïr ceux que nous méprisons”. Et, comme le dit Aurélien Amacker de Readme I’m Famous, “les haters parlent de vous, et vous ne parlez pas d’eux. Qui croyez-vous a le plus d’importance ?”. Votre premier hater est donc une pierre blanche qui vous montre que vous êtes sur le bon chemin. Un conseil : achetez maintenant une bonne bouteille de champagne, mettez-la au frais, et fêtes-la péter pour le jour de votre premier hater . Un autre conseil : comme le hater sera à la recherche de tout ce qui est négatif en vous pour l’amplifier, il pourra aussi être un des premiers à remarquer une erreur que vous avez faite. Sachez en tirer parti pour vous améliorer. 7. L’affiliation transparente, tu pratiqueras. Même si la publicité (et notamment Google Adsense) est le moyen le plus facile de gagner ses premiers euros sur Internet, l’affiliation bien pratiquée est un moyen beaucoup plus efficace de gagner de l’argent, car les sommes gagnées à chaque vente sont beaucoup plus importantes que les gains au clic. IMPORTANT : soyez toujours transparent, c’est à dire indiquez à vos lecteurs que vos liens sont des liens affiliés, et donnez vos véritables impressions sur le produit (s’il ne vous plaît pas n’en parlez pas). Faites une liste de points forts et de points faibles. Pour commencer : affiliation sur des produits physiques, Amazon et Commission Junction. Sur des produits numériques : 1TPE et Clickbank (commissions beaucoup plus importantes, de l’ordre de 50%). Attention, même aujourd’hui, la plupart des produits proposés sur 1TPE et Clickbank sont de mauvaise qualité (un signe du manque d’esprit entreprenarial en France, et des opportunités immenses à saisir pour ceux qui l’ont). Faites le tri. Encore une fois, ne conseillez jamais un produit que vous ne conseilleriez pas à votre mère. NOTE : les liens vers 1TPE et Clickbank sont des liens affiliés. Je touche une petite commission sur chaque nouvelle inscription de vendeur sur Clickbank, et 1 € sur toutes les futures ventes de membres de 1TPE passant par mon lien. Merci si vous le faites . 8. Vendre tes propres produits, tu feras. C’est l’étape qui fera de vous un véritable blogueur pro. Le secret ? Quand vous aurez un lectorat suffisamment important, vous aurez déjà développé toutes les compétences nécessaires pour créer votre premier produit. Vous saurez écrire des articles, réaliser des podcasts et des vidéos : vous serez capable d’écrire un ebook ou de créer une formation audio ou vidéo. Pour la vendre, la technique la plus efficace est de faire un superlancement. C’est une méthode de vente inventée par l’américain Jeff Walker, et qui a été adaptée en France par Christian Godefroy avec sa formation Superlancements (lien affilié). Mais d’autres méthodes existent. L’important, c’est de ne pas juste dire “Bonjour, comment ça va ? Moi j’ai la pêche ! Tiens, et je viens juste de sortir un produit, il est là, cliquez ici !”. Créez plutôt un évènement dont vos lecteurs se souviendront. Offrez quelque chose d’exceptionnel, un bonus, un autre produit pour un temps limité. Demandez à vos lecteurs de commenter votre évènement pour qu’ils puissent voir qu’ils ne sont pas les seuls à être intéressés (cela rassure). Mettez en place une date limite, ou un nombre limité de places pour les aider à dépasser leur procrastination, qui est un mal rampant et extrêmement répandu dans notre société. C’est oui ou c’est non, mais il faut qu’ils fassent un choix. Le “je verrai cela demain” est quasiment toujours synonyme de “je ne verrai cela jamais”. Offrez une garantie en béton (voir plus bas). 9. Ta garantie toujours, tu respecteras. La loi française exige une garantie de 7 jours pour les produits vendus par correspondance (et encore, pas si vous vendez directement aux entreprises), mais allez au-delà : proposez une garantie de satisfaction inconditionnelle de 30 ou 60 jours. Cela rassurera vos lecteurs, et donc augmentera vos ventes, tout en leur permettant de tester à fond ce que vous avez à proposer. Avec une bonne garantie, la décision à prendre n’est plus “est-ce que j’achète le produit ou pas ?” avant l’achat mais “est-ce que ce produit me plaît ou pas ?” après l’achat, et cela les aide donc à dépasser la procrastination, encore une fois si répandue. Cette garantie est également l’ossature qui prouvera votre honnêteté aux yeux du monde, et surtout à ceux de vos lecteurs et clients, donc respectez-la toujours à la lettre. Si vous ne le faites pas, votre chute est imminente. Et si votre produit est de qualité, les demandes de remboursement resteront minimales. 10. Le voyage, autant que l’objectif, tu apprécieras. Les gars, surtout, amusez-vous. Sérieusement. Prenez du plaisir à franchir toutes les étapes. Fêtez l’accomplissement de chacune d’entre elles, félicitez-vous, et appréciez votre progression. Imaginez-vous avachi dans votre fauteuil à vous faire lobotomiser par la télévision à la place et appréciez la démarche courageuse et tellement plus intéressante que vous avez entrepris. Emerveillez-vous des connaissances que vous avez gagné, des compétences que vous avez développé, des relations que vous avez créé, des retours positifs que vous recevez de vos lecteurs, de la beauté et de la magnificence de la vie et de la chance incroyable que vous avez de vous être lancé dans une aventure tellement plus excitante que le quotidien gris de la majorité des gens. De cette manière, même si vous n’atteignez pas l’objectif, vous serez heureux d’avoir parcouru le chemin.
et autres rituels recommandés par la science pour cultiver le bonheur
Phrase-résumée du livre : L’auteure nous fait partager les expériences qu’elle a vécues au cours d’une année ou elle a mis en application les cours de psychologie positive qu’elle a suivis, il se dégage de « 3 kifs par jour » les principaux exercices et principes à mettre en œuvre pour être plus heureux : simple, concret, efficace, et validé par la science
De Florence Servan-Schreiber, 2011, 317 pages. Note : cette chronique est une chronique invitée écrite par Patricia Letang du blog Se soigner autrement. Chronique et résumé de « 3 kifs par jour » : Introduction Après avoir suivi les cours de Tal Ben-shahar (qui enseigne a l’université de Harvard) sur la psychologie positive, et après avoir perdu son emploi, Florence décide de revenir aux sources de cette science, lit, s’informe, participe aux recherches des laboratoires universitaires… Elle nous fait partager les enseignements qu’elle a reçus de ces “facilitateurs de bonheur”, comme elle les appelle. Qu’est-ce que la psychologie positive ? « C’est l’étude scientifique des forces et des qualités qui permettent aux individus et aux communautés de s’épanouir ». Qu’il ne faut pas confondre avec la pensée positive : - Elle est fondée sur des expériences scientifiques, qui sont donc reproductibles, - La psychologie positive admet que tout n’est pas rose, qu’il est sain d’éprouver dans certaines situations des émotions négatives et de faire preuve de réalisme, - Notre côté obscur et notre côté lumineux vivent en parfaite complémentarité, l’un ne peut pas effacer l’autre. « Les gens heureux sont plus sociables et énergiques, plus charitables et coopératifs, plus appréciés que les autres, plus flexibles, ingénieux et productifs, de meilleurs leaders et négociateurs, plus résilients face à la vie,en meilleure santé, gagnent plus d’argent, et vivent plus longtemps » nous dit Sonja Lyubomirsky qui fait partie de ses chercheurs en psychologie positive . AVEZ-VOUS ENVIE D’ÊTRE UN PEU PLUS HEUREUX ? Si oui poursuivez votre lecture, mais sachez que le changement ne peut être que progressif, et sollicite conjointement la capacité de ressentir, d’agir, et de comprendre. 1. Apprendre à jouer avec ses cartes Nous ne sommes pas tous égaux en matière de bonheur car nous n’avons pas tous les mêmes prédispositions génétiques en la matière, notre prédisposition au bonheur peut être forte, moyenne ou faible et est conditionnée par la longueur du gêne 5HTT. [Les généticiens ont mis en évidence l’existence du gènes 5HTT et son rôle direct dans la façon nous nous appréhendons les évènements.Nos gènes vont par deux et le gène 5HTT existe en version longue et en version courte. Ceux qui ont les deux longs ont une prédisposition maximale pour le bonheur, ceux qui ont un long et un court ont une prédisposition moyenne, ceux qui ont les deux courts ont une prédisposition moindre. Ce gêne intervient dans le transport de la sérotonine, qui est vulgairement appelée : hormone du bonheur ; elle a un effet antidépresseur entre autres. Voir cet article publié dans Science en 2003, et les détails complets de l’expérience (PDF, anglais)] · Cette prédisposition compte pour 50% dans notre capacité à être heureux, 50% sur lesquels nous ne pouvons pas agir. · Ensuite il y a les évènements extérieurs qui comptent pour 10% seulement. Gagner au loto ne vous apporterait que 10% de bonheur en plus. Votre travail, le temps dont vous disposez, la météo, vos biens, les vacances de rêves n’influent que peu sur votre bonheur. · Et enfin les 40% restants sont liés à notre comportement, à notre façon de voir la vie et les évènements. Et c’est là que nous pouvons agir et c’est la que la psychologie positive propose d’intervenir. Les idées fausses sur le bonheur Je serais heureux quand… je serais riche, je serais mince, je serais reçu à mon examen… Il faut que tout aille bien et comme nous l’avions envisagé pour être heureux. Or, nous pouvons nous adapter pour rendre une déception acceptable et caresser un autre projet. C’est notre capacité à rebondir. Se donner la permission d’échouer, d’être humain . Accepter de vivre des émotions négatives comme de la peine, du chagrin, de la déception permet de les passer plus vite pour retrouver un état de bien-être. Mesurer son bonheur Un questionnaire personnel de satisfaction à été mis au point par les laboratoires de recherche pour évaluer le bonheur d’une personne : consultable sur Track Your Happiness ( mais en anglais) Le bonheur, ça conserve Des expériences ont montré que les gens heureux présentent deux fois moins de risques de mourir prématurément ou de tomber malade. Pour faire une étude sur la longévité, le milieu dans lequel évoluent les sujets doit être identique pour tous. Il a donc été choisi d’observer des nonnes dans un couvent (même régime, même activité, même rythme de vie, pas de tabac, pas d’alcool, pas d’enfants, pas d’amoureux, même finances…). À leur entrée dans les ordres les novices doivent écrire leur biographie. (Ces écrits ont été observés sans que les observateurs sachent quoi que ce soi de ces nonnes au moment de l’étude.) Grâce à ces biographies, il a été montré que les biographies les plus joyeuses, correspondaient à des nonnes qui ont vécu jusqu’à 85 ans et plus, la moitié de ce groupe à même vécu jusqu’à plus de 94 ans. Par contre, dans le groupe des sœurs qui ont décrit une vie moins enthousiasmante, seulement 1/3 ont atteint les 85 ans. Plus les émotions positives exprimées dans leur récit étaient nombreuses, plus elles avaient de chance de vivre longtemps. Cette expérience à été menée dans d’autres lieux clos et les résultats furent similaires : à facteurs comparables, les gens heureux (ceux qui retiennent les émotions positives) présentent deux fois moins de risque de mourir prématurément ou de tomber malade. C’est quoi finalement être heureux ? D’après l’auteur : « Être amoureux de sa propre vie. En prendre soin, la chérir, l’honorer du meilleur de soi-même, en cultiver les qualités avec tendresse. Et ne pas convoiter celle du voisin. » Vous trouverez à la fin de ce chapitre, dans le livre, un petit test pour évaluer votre bonheur 2. Choisir ses lunettes “La vie est pleine de revers. le succès est déterminé par la façon dont nous les traitons” – Tal Ben-Shahar
Pour percevoir plus de bon autour de nous, nous pouvons utiliser notre capacité d’adaptation, notre confiance en nous, notre rapport à l’optimisme. Nous sommes des animaux d’adaptation et d’imitation Le petit enfant apprend en imitant, et l’adulte adopte naturellement les modes de communications de son entourage(famille, travail,..). C’est un facteur d’appartenance. - Nous sommes capables de nous adapter aux changements, aux évènements de la vie. - Nous pouvons choisir notre point de vue, voir le verre à moitié plein ou a moitié vide. En s’entrainant à voir le côté positif des choses, on créée de nouvelles connexions neuronales en un mois, il est ensuite plus naturel de voir la vie de façon positive. L’auteure nous suggère de cesser l’intoxication médiatique, de noter le coté positif d’une situation de la journée, et au moment d’émettre une critique de se taire pour chercher le point positif. Je m’ouvre aux bénéfices Pour bénéficier des bonnes choses, il faut accepter de recevoir et même souhaiter recevoir. La spirale du positif Plus on perçoit d’émotions positives plus on s’ouvre à de nouvelles expériences et situations agréables. On devient plus créatif car nous produisons alors de nouvelles connexions entre nos idées. Se faire confiance Le professeur Stephen Kosslyn, professeur de psychologie à Harvard, a démontré que ce sont les mêmes neurones qui s’activent lorsque nous sommes en présence d’un objet ou lorsque nous l’imaginons. C’est ce qui explique l’effet placebo, je suis convaincu d’être soigné et je guéris. De nombreuses expériences montrent cette relation entre le corps et l’esprit. Florence nous explique ainsi comment elle a réussi à marcher sur des braises, en préparant son esprit. « Notre attitude face à un évènement a le pouvoir de le transformer ». Savoir que l’on est capable conduit à la réussite. Devenir optimiste Il a été montré que l’optimisme développe le système immunitaire, l’optimiste est en meilleure santé que le pessimiste. Il est aussi professionnellement plus performant. · Pour amplifier son optimisme il est bon de se prendre en flagrant délit de pessimisme et de remettre les pendules à l’heure : Cesser alors de généraliser, passer alors de je ne sais pas cuisiner à je cuisine des choses simples, mais bonnes etc. Il faut rester précis et objectif.Il faut prendre en considération l’ensemble des facteurs qui ont amenés échecs ou déceptions, cela évite de se flageller, et permet de réajuter ce qui est de notre ressort pour une prochaine expérience. Imaginer ce qui peut être pire, et ainsi on peut replacer notre problème à sa juste place.Attention à ne pas utiliser son pessimisme pour éviter une situation ou une action. Ex : J’arrête mon régime parce que j’ai craqué sur un carré de chocolat. Pris en flagrant délit de pessimisme il y a 3 questions principales à se poser pour retrouver son optimisme : « Dans 1 an, est-ce que ça aura encore de l’importance ? « Qu’est-ce que cet échec remet en cause chez moi ? Qui je suis ou la manière dont je m’y suis prise ? » « Est-ce entièrement de ma faute ou de mon ressort, ou d’autres facteurs sont-ils en cause : des ressources, des gens, le timing, le contexte ? » · Les optimistes visent plus haut que les pessimistes, mais ils tombent aussi plus souvent. Les pessimistes se fixent de tout petits objectifs pour être sûrs de les atteindre. Tout en restant réaliste, visez plus haut et vous verrez que vous vous remettrez facilement de vos chutes. · Les gens heureux utilisent toujours une contrariété. Ils sont capables d’en extraire le meilleur pour poser un autre regard sur une même situation. · Puis on peut raconter le meilleur de soi-même. Écrire ou exprimer ses aspirations, ses désirs, et croire en une possible réalisation, sans le poids des obstacles, amène de la légèreté et de la bonne humeur. 3. Connaitre sa monture Il est préférable de développer ses qualités plutôt que de corriger ses défauts. On peut planter la graine de changement en se posant ces trois questions :
Qu’est-ce qui est important pour moi ? Qu’est-ce qui m’est le plus agréable ? Qu’elles ont mes forces ?
Apprendre à profiter du voyage Tout d’abord il faut se fixer un objectif, et un objectif qui va nous amener du bien-être, de la satisfaction, non pas un objectif pour être reconnu ou avoir une récompense (un meilleur salaire, des félicitations…). Il peut-être tout simple (apprendre à tricoter par exemple). Puis il faut passer à l’action, mettre le pied à l’étrier pour commencer la ballade. Il est montré que le chemin est en lui-même la plus grande source de joie et de bonheur, plus que d’atteindre l’objectif final. Alors il faut profiter de tout ce qui se trouve sur la route lors de votre cheminement. Filtrer ses objectifs et utiliser ses compétences Dans le livre vous trouverez un questionnaire pour déterminer et classer vos objectifs et l’ URL d’un site internet pour trouver et classer vos qualités. Ensuite vous pouvez faire un petit exercice qui consiste à mettre en application consciemment, une de vos dix premières qualités, sur une semaine (ex : une semaine gentillesse, semaine suivante humour, etc.). On peut aussi nourrir ses qualités (voir des films drôles pour l’humour…) et lors d’une difficulté, écrire le problème et écrire avec lesquelles de nos compétences on va le résoudre. Être imparfait Il est indispensable d’accepter d’être faillible, vulnérable, incompétent… Le perfectionniste se doit de tout réussir du premier coup. La peur de l’échec devient alors un frein considérable pour toute avancée, et la satisfaction est rarement au RDV. Être imparfait n’est pas être brouillon et irresponsable, mais c’est faire de son mieux tout en acceptant les erreurs possibles pour apprendre. C’est simplement être plus réaliste. 4. Partager 3 kifs par jour C’est quoi un kif ? « C’est une situation ou un instant qui incite à remercier quelqu’un en particulier ou la vie en général ». Partager avec d’autres trois kifs vécus dans la journée amène toutes sortes de bienfaits : détendent une situation, font oublier les désagréments d’une journée, ils participent à mieux se connaitre, nous entraine à cultiver et repérer les plaisirs et les moments de grâce de notre vie… Les plaisirs Le plaisir, c’est une caresse, un verre d’eau fraiche, une douche chaude…Tout le monde a déjà pu l’expérimenter et le reconnaitre. Pour l’amplifier il est bon de ne pas répéter trop souvent le même plaisir, manger son gâteau préféré tous les jours émoussera notre plaisir. Pour savourer cet instant, il est conseillé de l’enregistrer dans sa tête pour y repenser plus tard, partager ce que l’on éprouve, être attentif aux détails, ne pas réfléchir, simplement ressentir. Les moments de grâce Lors d’un moment de grâce, on est totalement absorbé dans l’activité, on est concentré, notre objectif est clair, on en a conscience quand il s’arrête, le temps s’arrête, l’activité produit un feed-back immédiat. Ces moments alimentent notre bonheur encore plus durablement que les plaisirs. Remercier Ce qui différencie un kif d’un plaisir ou d’un moment de grâce, c’est qu’on en éprouve de la reconnaissance. Les gens qui éprouvent de la gratitude sont plus résilients et en meilleure santé. La gratitude est très puissante, elle fait appel à la réflexion et à notre connexion aux autres. Elle suppose de porter notre attention sur les bienfaits de notre vie et non sur les empêchements. Se muscler Pour plus de bonheur et de kifs, on peut : écrire son journal de gratitude, son journal de kifs ; Il a été montré que cet exercice augmente l’estime de soi ; écrire une lettre de gratitude pour quelqu’un et lui lire à haute voix ; créer des situations qui déclenchent des kifs (fêtes, rituels…) 5. Se connecter Nous avons besoin de relation avec les autres, et plus ou moins selon notre personnalité, pour nous sentir heureux. Nous sommes plus heureux avec des amis, amis avec lesquels on peut parler de choses importantes, se confier, partager, offrir… Avoir des amis plutôt heureux, est encore plus enrichissant. Le nombre de 5 amis minimum est optimal pour notre bonheur. On peut aussi partager et échanger avec des amis virtuels qui peuvent satisfaire à certains critères. Se réjouir du succès des autres apporte aussi une source de bien-être. Il y a les groupes (associations…) Et bien sûr, il y a les relations familiales, notre tribu avec ses rituels, ses codes, son vocabulaire commun…et notre couple (tout un chapitre y est consacré). 6. Inventer ses rituels Changer est possible. S’obliger pendant quelque temps à de nouvelles habitudes crée dans notre cerveau de nouvelles connexions en seulement 30 jours. Ces nouvelles habitudes deviendront donc naturelles. Pour éviter la procrastination, il faut abandonner notre perfectionnisme tout en conservant nos ambitions. Le secret de la mise en marche est de commencer de nouvelles choses plutôt que d’arrêter quelque chose. S’en suit une liste de rituel possible pour commencer de nouvelles choses, prendre de nouvelles habitudes et donc amorcer le changement , le rituel étant un acte que l’on accomplit parce que l’on en a envie, ça n’est pas une obligation qui serait bien peu efficace et durable. On peut donc ainsi : · Utiliser des chocs émotionnels déjà vécus, · Simuler une nouvelle situation pour la déclencher, le cerveau ne faisant pas la différence entre l’imaginaire et le réel, · écrire son journal pour avancer, progresser, · faire de l’exercice qui a des vertus antidépressives et améliore la mémoire, · développer et utiliser la pleine conscience en méditant, ou en respirant, ou en vivant l’instant présent, ou en faisant du yoga… · 80% des maladies sont déclenchées par des facteurs psychologiques, dont le stress. Deux personnes soumises à une même quantité de stress n’auront pas nécessairement les mêmes conséquences. Il semble que certaines personnes récupèrent mieux que d’autres : alors pour bien récupérer, il faut se détendre, se récréer suffisamment, s’offrir des pauses, des vacances, satisfaire son besoin de sommeil… · Les expériences ont montré que le contact physique entre 2 personnes est un besoin essentiel. Le toucher provoque la sécrétion de substances comparables aux opiacés qui diminue le stress, diminue la douleur. C’est indispensable à notre développement. Alors, n’hésitez pas à prendre vos amis, votre conjoint, vos enfants dans vos bras. · Ranger. Ne garder que le nécessaire simplifie le quotidien, ménage plus rapide, on ne cherche pas, on se sent mieux… Note d’Olivier : lisez l’article Esprit Zen – Comment ranger pour en savoir plus. · Nous sommes de véritables éponges et tout compte autour de nous. Alors mieux vaut choisir ses amis, choisir des photos stimulantes ou relaxantes pour la déco, regarder des films en accord avec nos aspirations… · Faire une seule chose à la fois. Faire 2 ou 3 choses à la fois fait perdre en performance (c’est prouvé) et entraine un surcroit de stress. Note d’Olivier : lisez l’article Comment ne PAS être Multitâches – Travaillez plus simplement et plus sainement pour aller plus loin. · Prendre notre temps. Plus on accumule d’obligations et d’activités plus on s’éloigne de soi-même. · Devenir curieux. La nouveauté et les défis sont deux clés du bonheur. · Bien dépenser notre argent. L’accumulation de biens n’est pas une bonne piste, mieux vaut dépenser son argent pour les loisirs (stages divers, canne à pêche, vacances..)et se permettre de vivre des expériences agréables et enrichissantes. · Se récompenser. Faire les choses pour soi même et non pour recevoir de la reconnaissance des autres. Je me suis ainsi offert une ballade cet après-midi après avoir bien travaillé. · Cesser de procrastiner, de faire autre chose à la place de l’objectif que l’on s’est fixé, de remettre au lendemain, mais s’organiser pour passer à l’action : se forcer pour les 5 premières minutes d’activité, déclarer publiquement ses intentions, faire une liste et procéder par étapes, se récompenser et se récréer. 7. Aimer son maintenant C’est être bien dans ses baskets, s’apprécier tel que l’on est, et apprécier ce qui nous entoure. Être heureux demande de la détermination, de l’humilité, de l’innocence, de l’émerveillement, de l’enthousiasme… C’est un défi d’afficher ce visage dans notre société ou il vaut mieux avoir l’air détaché et invulnérable. Apporter du bonheur aux autres nous rend heureux, et pour apporter du bonheur aux autres il faut être heureux soi-même. Conclusion de Patricia « 3 kifs par jour » est un livre qui s’adresse à tous, débutants en développement personnel ou expert, chacun y trouvera son « bonheur ». Il est truffé d’exemples, s’appuie sur des expériences scientifiques parfois décrites, et permet une mise en œuvre facile pour quiconque souhaite être plus heureux. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre et je souhaitais vraiment le faire partager avec le plus grand nombre. J’ai commencé à appliquer quelques exercices et je ne suis pas déçue. En famille nous partageons souvent nos kifs de la journée, mes enfants sont accros et nos liens s’en trouvent renforcés. J’ai commencé à écrire une lettre de gratitude à mon compagnon, je lui lirai pour son anniversaire, l’écrire ou même y penser me remplit d’amour et de bien-être, c’est bien utile quand je suis en colère contre lui. Je me suis rendue compte, en écrivant cet article, que j’ai vécu quelque moment de grâce fort sympathique. Je me remercie plus souvent aussi. J’en perçois déjà les bénéfices : je suis plus assidue à mon travail, mieux organisée, je ne garde plus de rancune en cas de conflit, je me mets moins de pression en regardant plutôt ce que j’ai accompli plutôt que ce qui me reste à faire. Je me sens plus disponible… Et ça n’est qu’un début ! Je vous souhaite un heureux voyage vers vos objectifs. Points forts :
Beaucoup d’exemples, Très concret et pratique, Facile à utiliser, Plaisant et facile à lire,
Points faibles :
Un peu brouillon, Titres de chapitres pas toujours explicites, Peut-être parfois un peu trop de bavardage personnel.
La note de Patricia du blog Se soigner autrement :
Avez-vous lu le livre ? Combien le notez-vous ?
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]]>Los Angeles représente la première étape de mon rêve. En juillet 2009, je me suis donné deux ans pour vivre la semaine de 4 heures. A cette époque, je dirigeai encore ma première entreprise, travaillait comme un fou dedans, Des Livres Pour Changer de Vie n’avait que quelques mois et je gagnais à tout casser 200 € par mois sur Internet. La nature des services que mon entreprise proposait (prestations informatiques) et son organisation faisait qu’il m’était difficile de partir longtemps. Je ne prenais en moyenne qu’une semaine de vacances à la fois, 2 à 3 semaines par an en moyenne. J’avais le style de vie classique de l’entrepreneur surmené, même si j’avais déjà commencé à réorganiser mon entreprise pour y passer moins de temps, grâce à ce que j’apprenais dans les livres du Personal MBA.
Le challenge était difficile, mais j’étais résolu à l’accomplir, et tous mes efforts, toutes mes tentatives étaient dirigées dans un seul but : réussir à vivre la semaine de 4 heures (ce qui ne signifie pas pour moi travailler 4 heures par semaine, mais automatiser ou outsourcer ce que je n’aime pas, travailler un nombre raisonnable d’heures sur ce que j’aime, et avoir la liberté de voyager partout dans le monde). J’avais déterminé les grandes étapes qui m’y amèneraient, et me focalisait sur le fait de les atteindre, puis les dépasser une par une.
Moins de deux ans plus tard, en juin 2011, ma première entreprise est vendue, je gagne sur Internet un revenu que je n’aurai jamais imaginé, et, comble du bonheur, ma seconde entreprise est entièrement gérable sur Internet, ce qui me permet de voyager partout dans le monde. J’en avais déjà profité un peu, en partant un mois à Wallis et Futuna et à Fidji en septembre 2010, une période bien plus longue que tout ce que je m’étais octroyé jusqu’à ce moment, et en partant 15 jours en Inde en avril. Mais mon rêve était de commencer ma nouvelle vie par un voyage au long cours dans un pays que je considérai naguère avec le dédain un peu méprisant qui caractérise bon nombre de Français, et que j’ai appris à respecter, puis à admirer en découvrant l’immense culture, les incroyables innovations, l’esprit entreprenarial qui le caractérise : les Etats-Unis.
La culture américaine que nous pouvons “consommer” sans effort chez nous est en grande partie la plus mauvaise part. C’est la culture américaine “entrée de gamme”, que l’on retrouve dans les films et les séries (bien que certains films soient évidemment des chefs-d’oeuvre !). En lisant un à un tous ces livres du Personal MBA qui n’ont jamais été traduits en Français, j’ai pris conscience de l’immense richesse, de la grande intelligence, des pépites de savoir et d’expérience que recèle la littérature américaine, et j’ai réalisé avec un choc que la plus grande partie de celle-ci n’a PAS été traduite en Français, et que le fait de lire en anglais m’ouvrait les portes d’une nouvelle culture immense dont je n’avais pas soupçonné l’existence.
Parmi tous ces livres non traduits figurent même des best-sellers, dont certains ont façonné et façonnent encore la manière qu’ont les Américains de voir le monde et d’agir. Prenez par exemple le livre “Atlas Shrugged” (La révolte d’Atlas en Français) d’Ayn Rand. Selon divers sondages, ce livre a été lu par 8% des américains (!), ce qui représente 28 millions de personnes. Un sondage réalisé par la bibliothèque du Congrès a montré que ce livre est le 2ème le plus populaire là-bas, après la Bible (!). Regardez le nombre de commentaires sur Amazon.com.
A t-il été traduit en Français ? Oui et non. L’histoire en est rocambolesque, et montre bien à quel point nous sommes coupés d’un savoir qui parait couler de source là-bas. Ce livre a été publié en 1957, et deux ans plus tard, une maison d’édition Suisse a commencé à en publier la traduction. Elle a sorti deux livres sur les trois prévus, mais avec une qualité de traduction tellement mauvaise qu’Ayn Rand a refusé de lui donner son aval. L’éditeur a ensuite fait faillite, empêchant la traduction complète du livre.
En 50 ans, pas une autre maison d’édition n’en a assuré la traduction. Finalement en 2009, une traductrice, Monique di Pieirro, excédée par cette “lacune incompréhensible”, a entrepris de réaliser une traduction pirate, occupant tout son temps libre pendant un an à la réalisation de cette tâche gigantesque (le roman en Français fait 1800 pages !). N’ayant pas le droit de réaliser cette traduction, elle a ensuite diffusée gratuitement une version PDF intitulée “La révolte d’Atlas”. David Jay m’a fait découvrir ce livre en me donnant ce PDF. C’est la seule fois où je suis fier d’avoir accès à une oeuvre piratée : quand ce piratage est le seul moyen d’en assurer la diffusion. Je n’en suis qu’à la page 446, donc à un peu plus d’un quart du roman, mais je dois dire que je suis ébloui par l’intelligence et le mordant de ce livre.
D’origine russe, ayant fui ce pays pour émigrer aux Etats-Unis, Ayn Rand fait une critique féroce et extrême du collectivisme (en gros les systèmes politiques anti-capitalistes, et particulièrement le communisme) et encense les entrepreneurs, “ceux qui font en sorte que les choses se produisent dans ce monde”. Elle pousse ses idées à des extrêmes que je ne partage absolument pas, mais met en avant de solides arguments et a une manière de voir les choses que je trouve particulièrement intéressante, si l’on fait abstraction de ses extrêmes. C’est un livre que tout entrepreneur devrait lire. C’est d’ailleurs une véritable clé pour comprendre les américains, leur culture et leur politique. Un de ceux qui a été très proche d’elle dresse un portrait très intéressant des avantages et des problèmes de sa philosophie, l’Objectivisme, dans l’article “The Benefits and Hazards of the Philosophy of Ayn Rand“.
Par ailleurs, de tous les livres qu’elle a écrits – et qui sont tous des best-sellers aux Etats-Unis – seul deux ont été traduits en France, La vertu de l’égoïsme et La source vive (et il semble qu’ils aient été traduits très récemment). C’est incompréhensible, à tel point que je me demande s’il n’y a pas une forme de censure qui s’est établie.
Bref, La révolte d’Atlas et les autres livres d’Ayn Rand ne sont qu’un exemple parmi des milliers d’autres livres géniaux qui n’ont pas été traduits en Français. Et ceux qui le sont mettent parfois des années à être traduits, comme GTD, qui a mis 8 ans (!). Merci aux Editions Leduc pour l’avoir fait !
Essayez de lire des livres en anglais, vous verrez à quel point vous aurez accès à une vaste culture que vous ne soupçonniez pas. Si lire en anglais vous fait peur, lisez mon article “Comment parler English fluently et lire des livres compliqués en Anglais (pour les Nuls)“.
J’admire donc à présent les Etats-Unis, et je voulais absolument commencer ma nouvelle vie en vivant dans l’état qui symbolise le plus l’entreprenariat et l’innovation, qui est le vivier de tant d’inventions géniales et où il fait bon vivre : la Californie. Et puisqu’il faut bien choisir un endroit dans cet état presque aussi grand et aussi peuplé que la France, Los Angeles, sa plus grande métropole, me paraissait comme le lieu le plus indiqué (les américains l’appellent presque toujours “LA”, prononcez “èl éy”).
Je vais vous faire donc un résumé de ce que j’ai pu y voir, et en comprendre, pendant mes 3 semaines là-bas, entre Durango et Montréal, toujours dans le but de vous faire voyager avec moi et vous faire découvrir de nouveaux lieux
Rencontres et Couchsurfing
J’ai utilisé énormément le Couchsurfing pendant ces 3 semaines, plus que jamais auparavant, et cela m’a conforté dans l’idée qu’avec ce site extraordinaire, l’avion et une entreprise sur Internet, le monde est juste un village global. Vous pouvez aller partout dans le monde et vous faire des amis très facilement. J’ai rencontré des dizaines de personnes, américains et étrangers, locaux ou voyageurs, de tout bord, de tous horizons, venant de nombreux pays, parlant de nombreuses langues – dont heureusement l’anglais . Dès le lendemain de mon arrivée, une américaine vivant à Los Angeles a commencé à me faire découvrir la ville, en compagnie d’un Colombien vivant à Montréal (!).
Il est très facile de faire des rencontres et d’avoir des amis partout dans le monde avec le Couchsurfing Ce n’était que le début d’un grand nombre de rencontres dans des contextes très différents : fêtes sur la plage, restaurants, soirées Couchsurfing, soirées chez des amis, évènements divers et variés. J’ai eu une vie sociale très riche à Los Angeles, me faisant par la même occasion des amis que j’ai eu un peu de tristesse à quitter, mais que je me ferai une joie de revoir en revenant à Los Angeles, ou ailleurs !
Feu de camp, plage, musique et discussions : voilà une ambiance comme je les aime, propice à de nombreuses rencontres ! Je ne me suis d’ailleurs pas servi du tout du Couchsurfing pour être hébergé, uniquement pour faire des rencontres. Car c’est cela qui est génial : vous pouvez à la fois vous en servir pour être logé presque gratuitement chez l’habitant (et pour héberger des gens venant du monde entier, ce qui est une manière de voyager sans voyager), mais aussi pour rencontrer tout un tas de personnes ! C’est le meilleur moyen que je connaisse pour rencontrer immédiatement et facilement des locaux ouverts d’esprits qui vous feront vous plonger immédiatement dans la culture et la vie quotidienne du pays que vous visitez : votre expérience sera alors bien différente de celui du touriste “lambda” qui se contenterait de visites guidées balisées par son agence de voyages. Vous serez en contact avec le pouls de la différence, le coeur de ce qui fait qu’un pays est un pays, et ses habitants, même si évidemment ce sera comme de savourer un petit glaçon tiré d’un iceberg. Mais cela sera rafraichissant .
Avec des américains d’origine malaysienne et indienne dans un restaurant coréen. Vive le choc des cultures ! De plus comme d’habitude, le fait d’être dans un pays étranger rapproche les français, et j’ai passé de très bons moments avec des expatriés rencontrés sur place. J’ai notamment rencontré une blogueuse, Laetitia de Ma vie à Los Angeles, qui m’a dit avoir 200 visiteurs par jour (ce qui est pas mal) et se plaignait du nombre de commentaires négatifs qu’elle recevait. Je lui ai dit que c’est normal et qu’il ne faut pas qu’elle hésite à virer les lecteurs indésirables . Appartement ou hôtel ? Comme je restai 3 semaines à Los Angeles, je ne voulais pas aller à l’hôtel. Tout d’abord parce que c’est agréable d’avoir un appartement à soi, et ensuite parce que, comme Yaro Starak le dit dans l’interview que j’ai réalisé, “si vous passez votre temps à voyager et que vous ne mangez qu’au restaurant, cela va vous tuer”. J’ai donc utilisé le site dont il parle dans l’interview, VRBO et ait pu louer un appartement incroyable, avec une vue extraordinaire (la 1ère photo de cet article est la vue de Los Angeles depuis mon balcon) et une piscine privée, partagée uniquement avec la famille. L’appartement, grand et confortable, m’a coûté environ 2000 € pour 3 semaines. Ce n’est pas très cher si l’on considère qu’un même niveau de confort et une vue aussi belle dans un hôtel m’aurait coûté au moins deux fois plus, et que j’avais le plaisir d’avoir mon propre chez-moi, avec ma propre cuisine.
Voici mon bureau (je venais de commencer à rédiger l’article sur Durango). Il y a pire non ? En tout cas c’est mieux qu’un bureau de 10 m² éclairé au néon à la Défense ! Je vous recommande donc, si vous comptez vous poser un certain temps à un endroit, de considérer l’option appartement. VRBO en propose partout dans le monde ou presque. Tout comme le Couchsurfing, cela vous aidera à voir les voyages autrement que comme un touriste, en vous immergeant encore plus dans la vie locale. Cela permet aussi de faire (parfois) des rencontres intéressantes. Le propriétaire qui louait l’appartement est un compositeur de musique de films, primé, avec ses récompenses et ses disques d’or accrochés au mur, et sa femme est une Française, profileuse pour une série de télé-réalité américaine. Des profils atypiques que l’on ne rencontre pas souvent ! Cinéma, télévision et théâtre Car évidemment, Los Angeles est la capitale du cinéma, et aussi un lieu où se produisent de nombreuses émissions de télévision, et qui est constellé de théâtres en tout genre ! Je ne compte pas le nombre de comédiens ou aspirants comédiens – et surtout aspirants acteurs ! – que j’ai rencontrés, et toutes les personnes qui travaillent de près ou de loin dans cette industrie : scénaristes, musiciens, spécialistes des effets spéciaux, cadreurs et j’en passe et des meilleurs. Une énorme partie de la population travaille dans ce secteur, ou rêve d’y travailler, et cela se sent.
Dans un des nombreux théâtres de la ville, pour une pièce jouée pour la 1ère fois depuis 300 ans. Comme au XVIème siècle, il y a des sièges sur la scène… ce dont je n’ai pas manqué de profiter !
De nombreux aspirants comédiens font le déplacement, parfois de très loin – j’ai rencontré par exemple un Espagnol vivant à Paris – dans l’espoir de percer dans cet Eldorado. Beaucoup disent qu’ils se satisferaient déjà de pouvoir vivre régulièrement de leur travail – en décrochant des rôles dans des troupes de théâtre, et surtout des petits rôles dans des films ou des séries – mais évidemment le rêve de presque chacun d’entre eux est un jour de devenir une de ces têtes d’affiche qui font la gloire du cinéma Hollywoodien. La concurrence est donc très très forte.
Le cinéma se traduit aussi par toutes ses attractions touristiques, comme le Chinese Theater, avec sa cour emplie d’empreintes de stars gravées dans le ciment, ou ses studios qui se visitent et qui sont parfois de véritables parcs d’attractions, comme Universal Studio (ce dernier est d’ailleurs très sympa, je vous le recommande !)
Les empreintes de R2-D2 et C3PO. Les américains ne manquent pas d’humour
Une ville étalée
New-York est une ville où les habitants sont empilés, tandis qu’à Los Angeles tout le monde est étalé ! Les grattes-ciels sont rares, et du coup la ville ressemble beaucoup à une gigantesque banlieue qui s’étend sur… plus de 100 kilomètres ! La ville en elle-même, sans son agglomération, s’étend sur 1290 km². A comparer aux 105 km² de Paris. Du coup, la densité est de 3154 habitants au km², contre plus de 20 000 pour Paris.
Cela se traduit très concrètement par le fait que tout est éloigné de tout à LA. Les points intéressants sont séparés par des kilomètres et des kilomètres de pavillons résidentiels à l’intérêt architectural quasiment nul. La ville est cependant très verte, avec des arbres un peu partout, et notamment des avenues bordées de palmier que l’on voit dans les films qui s’y déroulent.
Il n’y a pas de véritable centre. Il y a l’inévitable Downtown des villes américaines, constellé de gratte-ciels, mais Los Angeles, c’est avant tout une collection de quartiers qui ont tous leur âme propre et qui sont souvent d’anciennes villes qui ont été absorbées par elle.
Entre les gratte-ciels du Downtown (ici de la terrasse d’un bar génial, le Rooftop)…
Les canaux de Venice (créés par un milliardaire excentrique qui voulait créer une nouvelle Venise),
Ou la baie de San Pedro (ici prise du Queen Mary, un vieux paquebot transatlantique reconverti en hôtel)
La diversité des quartiers majeurs est très importante. Sur cette photo, vous pouvez voir que les grattes-ciels sont comme perdus au milieu d’une mer de quartiers résidentiels Trafic Cette particularité de LA est la source d’une de ces plus grandes frustrations : le trafic. En effet, la taille de la ville et le fait que tout soit éloigné de tout rendent obligatoire l’utilisation de la voiture, d’autant plus que le réseau de bus et le métro sont très peu développés. Comme tous les habitants ou presque sont obligés de se déplacer en voiture sur de longues distances, cela créé des embouteillages monstrueux, dont l’on ne s’extirpe que pour devoir chercher une place de parking, qui va vous demander soit beaucoup de temps pour la trouver, soit beaucoup d’argent, et parfois les deux ! De là où j’habitai à West Hollywood, la plupart des déplacements vers de lieux intéressants prenaient entre 30 et 40 minutes en moyenne – et autant au retour – et ce nombre peut être facilement doublé si vous entrez dans des embouteillages que les GPS semblent prendre un malin plaisir à dénicher… Les habitants de la ville savent quelles voies éviter pour ne pas être au coeur de la congestion, mais les GPS ont encore du boulot pour faire la même chose ! Pourtant les américains ont de la place, les avenues sont souvent de deux fois trois voies, et parfois même deux fois quatre ou cinq voies, il y a systématiquement des couloirs spécifiques pour tourner à droite et à gauche aux carrefours, et il est possible de tourner à droite même quand le feu est rouge, mais cela ne suffit pas. Ce n’est pas comme dans la plupart des grandes villes, où nous pouvons prendre les transports en commun pour contourner ces problèmes, ici il est très difficile de se rendre vraiment où nous voulons avec eux. Au final, je m’y suis habitué, comme tout le monde, en utilisant le temps de déplacement pour écouter des podcasts. Bref, soyez prévenu, si vous prévoyez de venir à Los Angeles et de ne pas louer de voiture, attendez-vous à des déconvenues ! Si vous louez une voiture, vous expérimenterez certes les joies des embouteillages et des places de parking à trouver, mais au moins vous pourrez réellement profiter de la ville. Pendant vos déplacements, pourquoi d’ailleurs ne pas écouter les podcasts de Des Livres Pour Changer de Vie, notamment 10 raisons pour lesquelles vous ne devriez pas être salarié, qui est le podcast le plus populaire du blog ?
Malgré les embouteillages, les américains sont en général plus respectueux des distances de sécurité qu’en France… même à l’arrêt, comme ici ! Communautés et langues Los Angeles, c’est également une collection incroyable de communautés qui ont gardé leur culture et qui parfois poussent ce communautarisme jusqu’à habiter ensemble dans des quartiers où presque tout est affiché dans leur langue ! Un des quartiers les plus représentatifs de cet état de fait est le quartier Coréen, appelé “Korean Town”, littéralement “la ville Coréenne”. En s’y baladant on remarque que la très grande majorité des panneaux sont en Coréen, et les habitants ont presque tous le profil asiatique, et parlent Coréen entre eux !
Dans un centre commercial de Korean Town. Presque tous les affichages sont en Coréen !
Jusqu’aux tickets dans les restaux qui sont en Coréen aussi ! Et Koreantown n’est pas le seul quartier de ce type, il y a évidemment Chinatown, et Little Tokyo, le quartier japonais, et bien d’autres !
Little Tokyo, le minuscule quartier japonais de la ville
Ce regroupement de personnes issues d’une même culture entre eux, jusqu’au fait de garder leur langue d’origine et de l’afficher partout a été très étrange pour moi. C’est la première fois que je vois un communautarisme aussi fort dans une ville. Los Angeles est ainsi la 2ème ville au monde après Séoul en terme de population d’origine Coréenne !
Je ne saurai dire si ce communautarisme est une bonne ou une mauvaise chose, mais j’ai apprécié personnellement de pouvoir passer d’une culture à une autre en prenant juste ma voiture.
Los Angeles est ainsi une ville très cosmopolite, où l’on peut entendre de très nombreuses langues différentes. L’espagnol est ici parlé par une grande partie de la population, dont une portion d’ailleurs ne parle pas du tout anglais, et bien que l’anglais reste la seule langue officielle, les affiches et panneaux dans les deux langues sont monnaie courante.
Ce bilinguisme s’ajoute donc aux langues des diverses communautés, créant un joyeux patchwork que j’ai trouvé intéressant et dynamique. Heureusement, l’anglais reste la langue commune de presque tout le monde, évitant à la ville de se transformer en tour de Babel
Autre avantage lié à ce mélange des genres, il y a un nombre incroyable de restaurants dans cette ville. Tous les pays du monde ou presque sont représentés. L’occasion idéale de tester de nouvelles saveurs !
Pauvreté et insécurité
Bien qu’évidemment sans commune mesure avec ce que j’ai pu voir en Inde, la pauvreté dans certains quartiers est très visible. Dès la tombée du jour, de nombreux SDF parcourent le Downtown, et l’insécurité dans certains quartiers est forte. Le guide du routard indique même que le simple fait de se promener dans certaines zones le soir peut être ressenti comme une provocation par ses habitants !
Il faudra donc faire attention si vous allez à LA, de ne pas vous balader n’importe tout une fois le soleil couché. Le guide du routard liste les quartiers “chauds”, et en suivant ces simples recommandations, vous ne devriez pas avoir de problèmes. En gros il faut éviter les quartiers du sud à l’est, y compris le Downtown (en journée il n’y a pas de problèmes) . Je n’ai personnellement eu aucun souci durant tous mon séjour.
Tourisme et divertissements
Le cliché habituel est tellement “cliché” que j’ai essayé de trouver un autre angle
Si vous aimez les vieux monuments, il n’y a pas grand-chose à voir à Los Angeles. C’est une ville très récente, qui n’avait encore que 11 000 habitants en 1887.
La ville regorge par contre de musées et de plages, donc si vous aimez les deux, vous serez ravi ! Les plages sont tout simplement gigantesques, et même en plein mois de juillet, il y a beaucoup de place, on est loin des plages bondées que l’on peut retrouver sur la Côte d’Azur l’été !
Les plages de Los Angeles sont immenses et s’étendent sur des kilomètres. Notez les surfeurs, il y en a beaucoup à LA !
Le climat est de plus très agréable – même en hiver, à ce qu’on m’a dit – je n’ai quasiment pas eu de pluie pendant tout mon séjour.
Les musées sont nombreux et variés : arts, science, de toutes sortes et de tous poils, il y en a pour tous les gouts. Un des plus célèbres musées est la villa Getty, une reconstitution d’une villa d’Herculanum, une ville romaine détruite par l’éruption du Vésuve en 79, en même temps que Pompéi, qui regorge d’oeuvres d’art de l’antiquité. Ajoutés aux nombreux théâtres et music-halls, cela fait de Los Angeles une ville à la vie culturelle très riche.
Vue de Los Angeles depuis l’observatoire de Griffith. Il abrite un très intéressant musée sur les sciences et l’astronomie, et met à la disposition du public son télescope solaire (pour la journée) et classique dès la nuit tombée Si vous êtes fan de parcs d’attraction, vous serez également comblé, puisque Disneyland est tout proche, et que Universal Studio, aux attractions évidemment centrées autour des films à succès de la firme, vaut le détour et se visite en une journée.
La fin de la route 66, à Santa Monica. Elle commence à Chicago ! La vie nocturne de LA est également très riche, et si vous aimez les bars et les sorties en boite, vous serez comblé par le nombre invraisemblable de lieux pour vous amuser le soir. Toutes les ambiances, toutes les cultures y sont représentées, de la boite huppée fréquentée par les stars Hollywoodienne aux karaokés asiatiques avec leurs salles privées pour chanter entre amis. Travail Comme je l’indiquai dans un précédent article, l’un de mes objectifs lors de voyage est… d’en profiter, et je tenais donc à limiter mon temps de travail pour pleinement vivre ma semaine de 4 heures. Pari tenu, puisque j’ai travaillé en moyenne 20 à 25 heures par semaine. Je travaillais en général le matin, profitant de mon “bureau”, et visitait, faisait des rencontres et profitait l’après-midi. Comme je le disais dans Scoop : Combien gagnent les blogueurs Français de la nouvelle vague (et combien d’heures ils travaillent réellement), Des Livres Pour Changer de Vie me demande très peu de temps (une heure par mois) et Blogueur Pro 5 heures par semaine, le gros de mon travail était donc consacré à la création des cours pour la formation Blogueur Pro, le support à mes élèves et les emails. Mon entreprise a gagné bien plus d’argent pendant mon séjour à LA que tout ce que j’ai pu y dépenser, et je suis bien parti, comme pour mes précédents voyages, pour retourner en France non seulement plus riche intellectuellement et spirituellement, mais aussi plus riche financièrement . Cela correspond parfaitement à ma philosophie et à mes objectifs, et j’ai pleinement conscience de la “chance” incroyable que j’ai de pouvoir vivre une situation partagée par une minorité de personnes sur la planète (évidemment, la chance en tant que hasard n’a pas grand chose à voir avec ce succès. La chance en tant que compétence, oui par contre ). Conclusion LA est une ville énorme, gigantesque, qui s’étale sur une distance supérieure à certains petits pays. Tenter de la vivre pleinement sans voiture est frustrant, tenter de la vivre pleinement avec une voiture est frustrant également, mais une fois cette frustration passée, elle a beaucoup à offrir. Le nombre de quartiers étonnants à visiter, de théâtres où aller voir des pièces en tout genre, de bars où découvrir de nouveaux cocktails, de plages où aller surfer ou se prélasser, de restaurants où s’initier à des saveurs venues d’ailleurs, de musées pour se cultiver et s’amuser, d’ambiances à savourer, de personnes à rencontrer est immense. Si vous y allez 15 jours, vous aurez largement de quoi faire et il est douteux que vous puissiez en faire véritablement le tour. C’est une ville qui se dévoile petit à petit, freeway après freeway, bouchon après bouchon, et qui ne cesse d’étonner par son mélange des genres et sa diversité culturelle et linguistique. Et cette richesse se dévoile encore davantage bien sûr, quand ce sont ses habitants qui vous la font découvrir, vous la présentant avec une authenticité qu’aucun guide touristique ne pourrait atteindre, vous faisant gouter pleinement la vie quotidienne de cette mégapole. Pour cela, je ne saurai trop vous recommander à nouveau le Couchsurfing, qui au-delà de vous permettre de vous faire héberger gratuitement, vous donne une occasion unique de rencontrer facilement les locaux de tout lieu que vous visitez, et de vivre vos vacances ou vos voyages avec une couleur et une intensité qui sont inatteignable par une agence de voyage . Et vous, êtes-vous déjà allé à Los Angeles ? Si oui, partagez votre expérience dans les commentaires !
]]>Vous n’entendrez sans doute pas souvent parler de Durango au-delà de cet article, car c’est une toute petite ville de 16 000 habitants, perdue au milieu des montagnes à 2000 mètres d’altitude. Elle est relativement connue grâce à son environnement montagneux magnifique qui en fait une ville idéale pour tous les amoureux de la nature, des randonnées, de l’alpinisme, du rafting, des balades en Jeep dans des endroits beaux à pleurer, et toutes autres activités extérieures de montagne, mais je n’aurai jamais eu l’idée d’y aller par moi-même. Si je me suis retrouvé là-bas, c’est parce que le groupe d’entrepreneurs internationaux dont je fais partie s’y est réuni, à l’instigation du célèbre Jeff Walker, son créateur, qui a voulu nous faire découvrir la ville dans laquelle il vit. Durango est très intéressante par certains aspects, et c’est pour cela que j’ai voulu vous partager avec vous ma découverte de cette ville dans ce premier article de ma vie aux Etats-Unis, même si je ne suis resté là-bas qu’une semaine. Je donnerai même une astuce pour votre business aux courageux qui liront jusqu’au bout . Gentillesse, accueil et ambiance Ce qui m’a frappé en premier lorsque je suis arrivé à Durango, c’est la gentillesse de ses habitants. Et quand je dis “en premier”, je ne plaisante pas ! J’ai pu constater cette gentillesse dès l’avion qui m’y emmenait. Je discutai avec ma voisine, et elle m’a demandé, surprise, comment je comptais aller à mon hôtel. “En prenant un taxi”, lui ai-je répondu, encore plus surpris. “Mais il n’y a pas de taxi à Durango !”. Arf. Au final, elle m’explique qu’il y a des taxis “à la demande”, qu’il faut les appeler de l’aéroport et que cela prend un temps fou pour eux de venir. Elle me propose alors gentiment d’appeler son mari pour qu’il me conduise à mon hôtel ! Pour un accueil, c’est un accueil .
Un chanteur rencontré dans un des excellents restaurants de la ville J’ai ensuite pu constater cette gentillesse un peu partout. Les habitants sont disponibles, prêts à donner un coup de main, et dans l’ensemble détendus et souriants. Je ne sais pas si c’est l’effet “petite ville” qui fait cela, mais je n’ai pas eu cette impression-là quand je suis arrivé à Los Angeles il y a quelques jours.
Au micro !
Ici, l’ambiance est bon enfant, sympathique, joyeuse. Le soleil est radieux – il brille plus de 300 jours par an – et – cerise sur le gâteau – le bus est gratuit ! L’environnement est magnifique, Durango étant entourée de montagnes, parsemée d’arbres et parcourue par une rivière impétueuse au moment de la fonte des neiges – un endroit idéal pour ceux qui aiment le rafting !
Le bus entièrement gratuit de Durango Les restaurants et les bars sont très nombreux, il y a toujours de quoi faire le soir, et la ville brasse de nombreuses bières excellentes qui nous font un peu oublier la Belgique. Bref, Durango est un endroit où il fait bon vivre, peu peuplé mais dynamique, à l’ambiance sympathique et bon enfant et un lieu de départ pour de nombreuses activités géniales en plein air.
Michel, un Français vivant au Colorado depuis 40 ans, posant devant la roulotte qu’il a lui-même dessiné et dont il a confié la réalisation à un artisan Amish. N’hésitez pas à aller discuter avec lui, il est super sympa ! Il est juste à coté du Starbuck .
Les habitants font preuve d’un sens de l’humour prononcé Le train à vapeur de Durango Durango est une “vraie” ville américaine, construite par des colons en 1881, et aussitôt reliée au chemin de fer par des ouvriers qui n’avaient que des outils manuels pour creuser de gigantesques ouvertures dans les montagnes. La ville a conservé plusieurs locomotives à vapeur du début du XXème siècle, qui partent tous les jours de la gare pour un voyage fantastique à travers les montagnes, jusqu’à une ville de mineurs perdue dans les montagnes. Les images parleront mieux que moi de ce magnifique périple :
J’ai croisé pour la 1ère fois le train à vapeur alors que je me baladai, le lendemain de mon arrivée. Un vrai spectacle !
Et j’y embarque le lendemain matin !
J’ai pris le meilleur wagon, celui avec un toit transparent pour ne pas rater une miette du voyage. Si vous le faites aussi, prenez celui-là, vous ne regretterez pas l’investissement ! (c’est le Vista Silver)
Voici un aperçu des magnifiques paysages que nous traversons pendant 3 heures et demi
Des vues à couper le souffle
Une fois arrivée à la ville minière de Silverton, une petite pause devant la bête
Si vous faites le voyage en train, prenez le bus pour rentrer, vous verrez encore davantage de paysages magnifiques ! Pouvez-vous voir le train sur cette image ? Tourisme et activités Comme je l’ai indiqué au début de cet article, il y a vraiment beaucoup de choses à faire à Durango si vous aimez toutes les activités de la montagne. Ne restant qu’une semaine – dont deux jours entiers consacrés au groupe d’entrepreneurs – je n’ai pas pu en faire beaucoup. Je vous épargnerai les images de rafting, rien ne ressemblant plus à une descente en rafting qu’une autre descente en rafting, mais j’ai eu l’occasion de voir un site magnifique qui ne m’a pas laissé indifférent :
Cliff Palace, dans le parc national de Mesa Verde Il s’agit de Cliff Palace, un village troglodyte du XIIIème siècle dans le parc national de Mesa Verde, magnifiquement conservé. Le village se trouve à plus de 2800 mètres d’altitude, et vous serez étonné du fait que le moindre de vos efforts, comme monter à une échelle (en bois) ou marcher un peu trop vite, vous essouffle. C’est simplement dû au manque d’oxygène à cette altitude. Cela, on a beau le savoir intellectuellement, c’est autre chose que de le vivre physiquement. Le parc est également magnifique, et est une sorte de “Grand Canyon miniature”. Allez-y si vous le pouvez, cela vaut vraiment le coup, et ce n’est qu’à une heure de route de Durango. Comment un mastermind peut considérablement vous aider dans votre business Comme je l’ai indiqué, je fais partie d’un groupe international d’entrepreneurs, appelé “groupe mastermind”, créé par Jeff Walker. C’est un regroupement de personnes ayant des objectifs et des valeurs similaires, et qui se poussent les uns et les autres à se dépasser, tout en mettant en commun leurs connaissances. Dans ce groupe Mastermind, nous échangeons régulièrement sur un groupe de discussion, et nous rencontrons 3 fois par an aux Etats-Unis.
Avec Jeff Walker, le célèbre inventeur de la Product Launch Formula (Superlancement ou Lancement Orchestré en Français), dans ses quartiers secrets de Durango. Il a sans doute aidé, directement ou indirectement, des millions de personnes de par le monde… dont moi !
Evidemment, il faut montrer patte blanche pour faire partie de ce groupe, mais vous n’avez nulle besoin d’avoir déjà du succès pour démarrer un groupe mastermind : il vous suffit de le proposer à des “collègues”, qui sont dans le même état d’esprit que vous, partagent les mêmes valeurs, et ont des objectifs similaires. Si le groupe est petit (4-5 personnes), vous pourrez échanger régulièrement sur Skype, par exemple toutes les 2 ou 3 semaines (c’est ce que je fais avec les 2 autres groupes dont je fais partie). Si le groupe est plus grand (plus de 6-7 personnes), le mieux sera sans doute d’échanger sur un groupe de discussion.
Un tel groupe peut avoir un effet surpuissant sur votre business. Mettre en commun vos connaissances, vos problèmes et vos solutions permet de multiplier pour chacun les résultats dans son business, sans faire autre chose que partager ce que vous savez et réfléchir aux problèmes des autres (et aux vôtres par la même occasion). Une simple technique utilisée tous les jours par un des membres de votre groupe peut se révéler incroyablement puissante et novatrice pour vous. Et le simple fait de ne plus vous sentir seul, comme un extra-terrestre au milieu de personnes ne comprenant rien à l’entreprenariat sur Internet, vous soulagera et vous confortera dans votre démarche originale d’entrepreneur.
Cela fait un peu plus d’un an que j’ai commencé de tels groupes mastermind, et je peux vous dire que cela a fait une différence énorme dans mon entreprise !
Bref, si vous ne faites pas encore partie d’un groupe mastermind, commencez dès aujourd’hui ! Recensez toutes les personnes qui partagent les mêmes valeurs et poursuivent les mêmes objectifs que vous, et proposez-leur de créer un mastermind. N’hésitez pas à leur dire de lire cet article pour vous aider à les convaincre .
Et vous, faites-vous partie d’un groupe mastermind ? Sinon, allez-vous en créer un ? Faites m’en part dans les commentaires !
]]>L’un des grands bénéfices du style de vie du blogueur pro que je mets en avant dans mon livre “Vivez la vie de vos rêves grâce à votre blog” est la liberté totale de voyager et de vivre où nous voulons. Evidemment, cette liberté géographique “totale” signifie en fait “liberté d’aller partout où il y a une connexion Internet”, puisque même automatisé, il est impératif de pouvoir surveiller son business lors de nos déplacements, même si cela ne demande que quelques minutes par jour.
Le Taj Mahal vu de la terrasse de mon hôtel, éclairé par le soleil levant. Une belle vue pour prendre son petit dèj’ ! Heureusement, il est en général facile de trouver des hôtels disposant de connexions wifi, ou de cybercafés, même dans les pays pauvres, et cette situation s’améliore évidemment de jour en jour (Eric Dupin nous informait ainsi en novembre 2010 qu’une antenne 3G venait d’être installée à coté de l’Everest). La qualité des connexions varie cependant beaucoup, et je me souviens avec émotion de ma connexion 128 kbits/s – payée une fortune – lorsque je me trouvais à Wallis et Futuna, qui m’a quand même permis de gérer tant bien que mal le 3ème lancement d’Agir et Réussir . Bref, à moins d’avoir des besoins lourds comme l’envoi de vidéos, le blogueur professionnel peut voyager pratiquement partout où cela lui chante, tout en gagnant de l’argent automatiquement ou semi-automatiquement. C’est une chance extraordinaire, partagée par un pourcentage ridiculement faible de la population mondiale, un privilège que nous devons apprécier à sa juste valeur et que même des millionnaires nous envient. A présent que j’ai cédé les clients de ma toute première entreprise (celle que j’ai créé à 19 ans) et que je l’ai arrêté, l’ensemble de mes revenus provient de ma nouvelle entreprise, Les Editions Roland, qui gère toutes mes activités sur Internet. Je suis donc à 100% libre de me déplacer comme bon me semble… et je compte bien en profiter, et VOUS en faire profiter aussi. Je compte en effet écrire régulièrement des articles sur mes voyages, les lieux que je visite, les personnes que je rencontre, les aventures que je vis, tout simplement parce que je pense que les voyages sont une partie intégrante de la vie du blogueur professionnel, même si je conçois très bien que certains préfèrent juste choisir de vivre dans la région de leurs rêves . J’avais déjà fait un bilan de mon mois de vie dans des îles du Pacifique dans l’article Gagner de l’argent en prenant des vacances à l’autre bout du monde, mais ce bilan était avant tout axé sur le bilan financier et entreprenarial de ce voyage alors que je me trouvais à l’autre bout du monde. Je n’avais rien écrit à propos des mœurs des pays que j’ai visités, des aventures que j’ai vécu, des paysages magnifiques et des monuments étonnants que j’ai pu contempler. Je compte à présent aller plus loin et vous faire pour la plupart de mes voyages un récit qui mettra en avant tous ces éléments, avec également des conseils pratiques si vous souhaitez vous rendre dans ces pays. Je pense aussi continuer à faire des analyses entreprenariales et financières sur la façon de gérer son entreprise quand on est à l’autre bout du monde quand j’estimerai que c’est intéressant, donc pas de panique si vous aviez apprécié l’article sur mon mois dans le Pacifique . Je partirai bientôt vivre 3 mois en Californie – avec 15 jours entre deux à Montréal - et vous ferai sans doute quelques articles à l’occasion, mais je vais inaugurer cette série par mon plus récent voyage, qui s’est déroulé en Inde du nord, un pays mystérieux et enchanteur au possible… L’Inde, la découverte d’un autre monde
Dans les rues tortueuses de Old Delhi Je suis donc allé en Inde un peu plus de 15 jours, avec la femme qui partage ma vie, pour des vacances. Nul besoin pour faire ce que j’ai fait d’avoir une entreprise sur le web, n’importe qui peut réaliser la même chose en prenant deux semaines de congé. Comme je l’expliquais dans Gagner de l’argent en prenant des vacances à l’autre bout du monde, il y a une différence entre prendre des vacances et voyager tout en gérant son entreprise. Tout le monde peut faire la première, tandis que la seconde demande d’avoir une entreprise entièrement gérable sur Internet. Evidemment, disposer d’une entreprise automatisée ou semi-automatisée qui fonctionne bien permet de prendre davantage de vacances que l’employé lambda . Est-ce qu’il s’agissait réellement de vacances ? Oui. Est-ce que je n’ai absolument pas travaillé ? Non. Mon entreprise n’étant pas automatisée à 100%, je suis parti avec mon ordinateur portable, en me fixant une limite de 1 heure de travail par jour à ne pas dépasser. Au final j’y ai passé en moyenne encore moins que cela, principalement à répondre aux emails de mes clients et de mes partenaires. C’est un travail difficilement externalisable selon moi, mais il y a sans doute une partie de la gestion des mails qui peut être externalisé à une assistante qui les filtrerait pour moi, cela fait partie des points que je dois mettre en place cette année. En tout cas je n’ai pas senti cette charge de travail et cela n’a pas du tout affecté mon séjour. Quand je vérifiai mes emails j’aurai évidemment en général préféré faire autre chose, mais ce sentiment était contrebalancé par le sentiment de contrôle que j’avais sur mon entreprise, qui me permettait de m’assurer que tout allait bien (Et non, je n’ai pas eu le temps de travailler sur le duel avec Sébastien, pour ceux qui se posent la question ). J’ai toutefois passé jusqu’à 3 jours sans me connecter et sans que cela m’ennuie outre mesure. Venons-en à l’Inde. Si je devais vous donner un seul mot pour définir ce pays, ce serait : dépaysement. Car l’Inde est véritablement un autre monde. Tout y est si différent par rapport à ici que n’importe quel objet du quotidien, n’importe quelle habitude évidente pour ses habitants devient un sujet de fascination. Je comprends à présent ces Japonais qui prennent tout en photo à Paris, et donc nous aimons nous moquer gentiment, car j’ai moi aussi mitraillé tout ce qui me semblait intéressant, original, sortant de l’ordinaire, que ce soit beau ou non. C’est à peine si j’ai failli photographier une poubelle . C’est ce qui rend un voyage en Inde si étonnant, si intéressant, c’est la découverte d’une toute autre culture, qui nous permet de voir des choses dont nous ne pensions même pas qu’elles pouvaient exister. Circulation La première chose qui frappe quand on arrive à Delhi, c’est la densité incroyable de la circulation, et surtout sa dangerosité. Moi qui pensais qu’après avoir conduit à Paris on pouvait conduire partout, je peux vous dire qu’à coté de Delhi (et de presque partout en Inde), Paris c’est un manège auto sur rails ! D’ailleurs le guide du routard (que j’ai emmené partout avec moi et qui s’est révélé un atout précieux) explique qu’il est largement préférable de louer une voiture avec chauffeur plutôt que de tenter soi-même l’aventure, tant la circulation est dangereuse (et les salaires des chauffeurs bon marché). Les Indiens conduisent en effet de manière très anarchique, au point qu’ils doivent klaxonner à répétition dès qu’ils font un dépassement, tournent, qu’un véhicule les serre de trop près ou qu’ils en sentent le besoin (ce qui arrive souvent). Le résultat est que les coups de klaxon sont quasi omniprésents et qu’il est impossible au début de profiter sereinement du paysage. Heureusement on s’habitude assez vite. Sur les routes deux voies, il est fréquent de voir 3 voitures de front, et 5 sur les routes 3 voies ! Chacun dépasse par la gauche, la droite, roule sur le coté de la route, fait des zigzags comme bon lui semble, voire même prend la route en contresens ! Cela arrive fréquemment sur les autoroutes (!) et plus rarement en ville. Ajoutez à cela qu’en plus des voitures il y a des vélos, des motos (très nombreuses), des rickshaws (j’explique ce que c’est après), et… des chameaux et des chevaux ! Sans compter bien sûr les fameuses vaches sacrées, qui se promènent où bon leur semble, et en particulier au milieu de la route (notre taxi a failli rentrer dans une vache le jour de notre arrivée, sur le périph’ de Delhi. Il paraît que c’est rare, car les vaches sont peu nombreuses dans la capitale).
Les piétons, vélos, et même les animaux se mêlent joyeusement aux voitures et aux rickshaws dans les villes Bref, il règne une grande anarchie sur les routes, anarchie dangereuse mais qui finit par être joyeuse, tant les routes nous offrent à voir des spectacles incroyables qui font parfois rire tout autant que frissonner. Les rickshaws
En pleine circulation. Notez aussi la femme sur le scooter, assise en amazone, comme presque toutes les Indiennes !
Un des emblèmes de l’Inde, reconnaissable immédiatement et visible dans tout le pays, le rickshaw est tout simplement une mobylette à 3 roues avec un toit et une banquette à l’arrière qui permet d’embarquer jusqu’à 3 passagers (en étant bien serrés), souvent peints en jaune et vert. Si la circulation est déjà dangereuse à bord d’une voiture, celle en rickshaw est tout simplement un cran au dessus, car la légèreté et la manœuvrabilité de l’engin fait que les chauffeurs se faufilent partout, faisant parfois des prouesses dignes des films de cascades… Sans rire, prendre un rickshaw ressemble parfois à un mélange entre un tour d’auto-tamponneuse et de karting ! Mais cela a encore plus de charme qu’un taxi (beaucoup plus même) et l’absence de vitres rend le contact avec l’extérieur bien plus direct, sans compter que les rickshaws se faufilent bien plus facilement dans les embouteillages monstres qui se produisent dans les villes surpeuplées.
C’est à faire absolument si vous allez en Inde
Religions et traditions
Le poids des religions et des traditions frappent vraiment en Inde du Nord. Elles sont beaucoup plus importantes qu’ici, et régissent de nombreux aspects de la vie quotidienne. Hindouisme et Islam sont les religions prédominantes, et l’on voit partout des représentations de dieux Hindous, tout comme l’on entend régulièrement les appels à la prière des imams dans certaines villes. Il y a des temples hindous et des mosquées partout. Les églises chrétiennes sont très rares (ce qui est normal vu que les juifs et chrétiens comptent pour moins de 2.5% de la population).
Jeunes Népalais pratiquant le Puja, un rite Hindouiste, dans leur temple à Varanasi Cette omniprésence des religions ressemble aux descriptions de l’influence du christianisme il y a plus de deux siècles en Europe. Cette importance se perçoit dans de milliers de petits détails, des rites quotidiens (comme le ganga aarti de Varanasi) au fait qu’il faut manger ou donner de l’argent avec la main droite, sous peine d’attirer le mauvais oeil, en passant évidemment par les vaches sacrées, le “troisième oeil” que nombre d’Indiens arborent au front, les longues barbes des Sikhs et des musulmans… Ce tableau heurte souvent de plein fouet nos certitudes d’Occidentaux. De plus, même si l’on pourrait considérer que le catholicisme est un polythéisme déguisé, avec sa multitude de saints de tous poils, le caractère ancien du polythéisme Hindou frappe, avec sa multitude de dieux aux histoires alambiquées, ses multiples temples bariolés, ses innombrables rituels qui sont pour nous comme un aperçu du polythéisme Romain et Grec du temps de l’antiquité.
Le Puja ou ganga aarti (offrande de la lumière au Gange), exécuté par de jeunes brahmanes, tous les soirs à Varanasi Ainsi à Varanasi, la ville sacrée des Hindous, des milliers d’Indiens viennent se baigner (on dit qu’ils dont des ablutions) dans le Gange, afin de se purifier (impossible de dire “se laver” étant donné la propreté du fleuve) dès le lever du soleil. Hommes, femmes et enfants, tous mélangés viennent se purifier de tous les péchés de leur vie ET de leurs vies antérieures, un spectacle pieux et joyeux à la fois. Hommes, femmes et enfants viennent se purifier dans le Gange Des centaines de personnes décédées sont aussi brulées publiquement tous les jours à Varanasi, de nuit comme de jour, un spectacle incroyable, bouleversant et fascinant, même si les arnaqueurs de touristes de tous poils qui pullulent dans les parages ont tôt fait de nous faire revenir sur terre . Les Sikhs, bien que ne représentant que 2,1% de la population, sont très visibles car ils portent de superbes turbans noués autour de leur tête, de couleur bleue pour ceux qui sont le plus élevé dans la hiérarchie, et arborent un Kirpan (couteau recourbé) sur le coté. Cela fait partie des 5 attributs du Khālsā, que doit suivre chaque Sikh initié. Ils sont de plus très appréciés en Inde, et se sont, à l’instar des juifs en Occident, taillés une belle place dans les élites intellectuelles, commerçantes et militaires Indiennes. Certaines religions semblent donner à leurs adeptes de meilleurs outils que la moyenne pour réussir dans la vie, comme l’exemple des Juifs (qui composent seulement 0.2% de la population mondiale mais ont obtenus 22% des prix Nobels, 20% des médailles Field des mathématiques, 38% des Oscars du meilleur réalisateur, 20% des prix Pulitzer de non-fiction, et une grande proportion de nombreux autres prix prestigieux de ce type), des Protestants (comme l’a expliqué Max Weber dans l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme) et des Sikhs le montre. Il y aurait quelque chose de très intéressant à découvrir pour qui chercherait dans ces trois religions les fondements de la culture et de l’enseignement qui donnent à leurs adeptes ses avantages. Le Golden Temple, temple sacré des Sikhs, à Amritsar. Les Sikhs se baignent dans le lac sacré pour se purifier, une occasion rare de les voir enlever leur magnifique turban ! Il y a également de nombreuses autres religions, comme le jaïnisme et le bouddhisme, sans compter le bahaïsme, religion ultraminoritaire et étonnante qui accepte les vérités de quasiment toutes les religions, les considérant comme des révélations progressives d’une vérité encore inatteignable ! Elle est surtout connue pour le Lotus Temple à Delhi, le temple en forme de feuille de lotus.
Plan rapproché du Lotus Temple à Delhi, temple du bahaïsme Bref en Inde la religion a une influence dans la vie de tous les jours qu’il est difficile de se représenter sans y aller. Ce décalage entre notre vie quotidienne et la leur augmente d’autant plus le dépaysement déjà poussé que l’on ressent à parcourir cet autre monde ! Ancien et moderne, pauvreté et richesses L’Inde est aussi incroyable par son mélange détonnant entre ancien et moderne. On peut croiser sur les routes indifféremment des 4×4 rutilants de dernière génération et des charrettes tirées par des chevaux ou des chameaux, aller dans des hôtels luxueux et le lendemain se faire héberger par une famille Indienne pauvre qui a à peine l’eau courante chez elle, passer d’un quartier magnifique et très organisé (le quartier des ambassades à Delhi par exemple) à des rues médiévales tortueuses, sales, remplies d’échoppes, aux odeurs parfois agréables et parfois non…
Un chameau attendant son tour dans un péage d’autoroute Car ce mélange entre ancien et moderne est souvent dû à l’inégalité des richesses. Ici, la pauvreté est partout, dès que l’on sort dans la rue, avec de nombreuses personnes qui dorment à même les rues, qui mendient, qui font de petits boulots, dans une saleté omniprésente qu’on finit par ne plus voir. Les inégalités sont bien plus creusées, bien plus apparentes qu’en Occident. On peut passer d’une ruelle sale et puante à un palais de Maharadjah rutilant, encore habité par sa famille, en quelques pas. Les monuments les plus beaux se trouvent souvent au milieu de quartiers très pauvres.
Cette clairière se trouve en plein coeur de la ville d’Agra, à quelques mètres du Taj Mahal ! Les villages sont souvent très pauvres, avec des villageois qui cuisent leur nourriture sur du feu de bois, dans des cuisines qui semblent tout droit sorties de l’époque Néolithique, et qui sont écrasés par un soleil de plomb, au milieu des animaux. De nombreux travaux, ici mécanisés, se font encore à la main en Inde, la main d’oeuvre étant peu chère (le salaire moyen est de 40 € par mois), au contraire des machines.
Enfants d’un village dans leur école. Ils travaillent à même le sol, dans une chaleur écrasante (il a fait 40° en moyenne pendant toute la durée de mon séjour). Le seul équipement de la classe est un tableau et quelques craies. Les villes sont très peu goudronnées (sauf à Delhi), ce qui se traduit par des nuages de poussière qui volent toute la journée, qui s’infiltrent dans les vêtements, les yeux, les cheveux. Il est fortement déconseillé de respirer par la bouche ! Certains Indiens mettent un foulard sur leur nez pour se protéger des poussières, notamment ceux qui roulent à moto. Cette sensation que l’on a parfois de passer du Moyen-Âge au XXIème siècle n’a pas son pareil. Je ne l’avais jamais expérimenté de manière aussi forte, même dans un pays pauvre comme Fidji. Cette pauvreté omniprésente est également un choc pour nous Occidentaux. C’est une pauvreté tellement commune qu’elle fait partie du quotidien en Inde, à un niveau inimaginable ici en France. Les mendiants sont très nombreux, y compris les enfants qui viennent régulièrement nous solliciter. Entrainés à fendre le coeur des touristes, ils y arrivent parfois très bien. Le guide du routard déconseille de leur donner de l’argent, car beaucoup d’entre eux doivent le reverser à des “protecteurs”, alimentant ainsi une sorte de mafia. Une bonne solution quand on veut leur donner quelque chose est tout simplement de leur acheter à manger à l’un des nombreux vendeurs ambulants qui se trouvent un peu partout, je n’ai pas vu un seul enfant qui ait refusé cette proposition. Petits boulots et bakchichs Comme je l’indique plus haut, en Inde la main d’oeuvre est très peu coûteuse, le salaire moyen étant de 48 € par mois. Conjugué au taux de chômage de 10% et au taux de pauvreté de 25%, cela donne de nombreux petits boulots qui n’existent plus en Occident, ou réalisés avec des moyens qui nous paraissent rudimentaires.
Tisserand travaillant sur une machine à coudre à pédale. Je n’ai vu aucune machine à coudre électrique durant mon séjour
Cet homme bat le linge après l’avoir nettoyé dans le Gange (!) Cette pauvreté conduit de nombreuses personnes a vouloir vivre du tourisme, et parmi elles nombreux sont ceux qui essaient d’en tirer un maximum, allant même jusqu’à des degrés plus ou moins forts d’arnaque. En tant que touristes, nous sommes évidemment très identifiables, puisque nous n’avons pas vraiment le profil type de l’Indien, et cela nous conduit à être régulièrement sollicités, voire même très régulièrement dans certaines villes touristiques comme Agra ou Varanasi. Les prix demandés sont en général au minimum trois plus élevés que la normale, et il est donc impératif de toujours négocier pour arriver à des tarifs plus raisonnables. Malgré cela, il est souvent très difficile de payer quoi que ce soit au prix que le paie un Indien ! C’est le cas des courses en Rickshaw par exemple. Mais étant donné le très faible coût de la vie là-bas, cela reste souvent très raisonnable, et il est même amusant parfois de se faire arnaquer et d’observer toutes les petites et grandes combines que certains peuvent mettre au point avec une ingéniosité incroyable ! Souvent on paie 100 ou 200 roupies de trop, ce qui ne fait que 1.50 € à 3 € environ, mais qui représente une belle somme pour les Indiens. Là bas on peut avoir un repas très complet pour 200 roupies dans certains restaurants, c’est dire !
Avec la chaleur écrasante, il n’est pas rare de voir des conducteurs de rickshaw (ici une version sans moteur) dormir dans leur véhicule, à l’ombre des arbres Cependant le nombre de sollicitations et de tentatives d’arnaque, notamment dans les lieux très touristiques, finit par agacer, et a tendance également à nous rendre méfiant, nombreux étant ceux qui tentent de gagner la confiance des touristes en paraissant très sympas et ouverts. C’est dommage, car il est difficile de bien doser cette méfiance, et il est facile de l’être trop (se fermant ainsi des opportunités de rencontres et d’échanges intéressants) ou pas assez (nous exposant ainsi aux arnaques). L’Inde est le premier pays que je visite où les sollicitations commerciales et d’argent sont si nombreuses et si fatigantes. Je suis pourtant allé 15 jours à Fidji, qui est un pays tout aussi pauvre, et donc la moitié de la population est d’origine Indienne, et si les sollicitations sont également nombreuses là-bas, elles sont très loin d’être aussi agaçantes, les Fidjiens étant extrêmement serviables et sympathiques, même quand ils ont un intérêt économique dans l’histoire. En gros à Fidji, mon ressenti était que les Fidjiens sont sympathiques et serviables par nature, et que toute demande d’argent ou de rémunération ne se fait qu’en plus de cela, tandis qu’en Inde, j’avais l’impression que beaucoup d’Indiens étaient sympathiques et serviables uniquement par appât du gain. Je peux me tromper (c’est mon ressenti subjectif après tout), mais on voit en tout cas à quel point l’influence de l’intention perçue est importante, puisqu’après tout d’un point de vue rationnel, le processus est le même. Mais dans l’un, on a l’impression de se faire aider par des gens sympas, et dans l’autre, de se faire avoir par des gens qui font semblant d’être sympas pour mieux nous avoir. Il y a là une excellente leçon à tirer pour tous les blogueurs pros et autres entrepreneurs . L’Inde est une excellente école pour apprendre à négocier, la négociation étant indispensable pour ne pas se faire plumer ! Rencontres
Ce village très pauvre sait accueillir ses visiteurs dans la joie et la bonne humeur
Etant donné la nature de mon voyage (15 jours à bourlinguer dans de nombreuses ville du Nord de l’Inde), il n’était pas possible d’établir de solides amitiés avec des locaux. Cela est compensé par le nombre et la diversité des rencontres que l’on peut faire dans un voyage de ce type. Evidemment, la nature de la plupart de ces rencontres est avant tout commerciale, mais cela n’empêche pas à l’occasion de faire des échanges intéressants ou joyeux. J’ai aussi utilisé le Couch Surfing pour rencontrer un Indien autour d’un verre (qui devrait bientôt me rendre la pareille en venant sur Lille), et pour être hébergé une nuit dans une famille Indienne, l’occasion de s’immerger un peu plus dans le mode de vie de là-bas.
La chambre que le Couchsurfeur a mis à ma disposition. Il accueille jusqu’à 6 couchsurfeurs en même temps, dans 3 chambres différentes ! Bel esprit d’hospitalité et d’ouverture aux rencontres Bien que cette famille soit manifestement pauvre (la maison étant sale, peu meublée, avec de gros problèmes de plomberie), leur maison est grande, et le couchsurfeur qui m’a accueilli fait preuve d’un bel esprit d’hospitalité et d’ouverture aux rencontres, puisqu’il accueille jusqu’à 6 couchsurfeurs en même temps dans ses 3 chambres ! Il est également très serviable et sympathique, et n’hésite pas à emmener ses invités dans sa ville, pour une belle balade en moto ! J’ai rencontré d’ailleurs des couchsurfeurs Ukrainiens et Russes qu’il hébergeait en même temps, l’occasion encore d’échanger avec des gens du monde entier. Comme je l’indiquais dans ma chronique de La semaine de 4 heures, avec le couchsurfing, une entreprise sur Internet et l’avion, le monde devient véritablement un village global ! Il est très facile de faire des rencontres avec des personnes dans presque tous les pays du monde, de se faire héberger, de nouer des amitiés et de se faire introduire dans la vie locale, ce qui n’est pas forcément évident pour des touristes.
Carte des membres du Couchsurfing. Comme vous le voyez il y a de quoi faire ! Bref, je ne peux que trop vous recommander de vous inscrire au Couchsurfing si vous aimez voyager, ce site changera votre vie ! Et même si vous ne voyagez pas, le couchsurfing vous permettra justement de voyager sans voyager en accueillant des personnes du monde entier, chez vous ou autour d’un verre. Comme à chaque fois que l’on se retrouve à l’étranger, en particulier dans des pays aussi dépaysant, une certaine solidarité née avec les touristes occidentaux, en particulier les Français. Nous avons ainsi rencontré plusieurs fois des Français, nous liant d’amitié le temps d’une soirée ou d’une discussion autour d’un verre, échangeant impressions, expériences et bons tuyaux. Autour des monuments peu fréquentés par les touristes, un phénomène curieux s’est produit : régulièrement des Indiens et Indiennes demandaient à nous prendre en photo. Certains, trop timides ou ne voulant pas s’embarrasser de formalités, nous prenaient même à la dérobée ! C’est une sensation vraiment étrange d’avoir autant de personnes qui demandent à vous prendre en photo. Je me suis demandé un moment s’il n’y a pas un site internet Indien où les gens peuvent voter pour les touristes qui ont l’air le plus stupide , mais au final il semble que dans certains endroits les touristes occidentaux ne sont pas si courants que cela, et nous sommes tellement différents par notre couleur de peau et notre accoutrement que nous suscitons la curiosité, un peu comme le ferait un yogi hindou se baladant à Lille ou à Nantes (Paris est tellement cosmopolite qu’il est difficile de s’y étonner de quoi que ce soit…). Au bout d’un moment j’ai imaginé une règle simple : OK pour les photos, si j’en prends en retour ! Cela m’a permis de prendre quelques portraits intéressants d’Indiens et d’Indiennes.
Ces jeunes filles Indiennes sont les premières à avoir “profité” de ma règle “photo contre photo” !
Langages et communication Selon les statistiques officielles, 5% des Indiens parlent couramment l’anglais (ce qui représente quand même 60 millions d’habitants !), mais dans la réalité, ils sont nombreux à se débrouiller et à pouvoir communiquer de manière basique dans cette langue, même si en Inde du nord c’est l’hindi la langue la plus utilisée. Evidemment, ce phénomène est encore accentué pour tous les Indiens qui travaillent de près ou de loin dans le tourisme, puisque dans ce secteur, sans anglais point de salut ! Cependant, la très grande diversité des accents, et le fait qu’ils soient parfois très forts, font qu’il est parfois difficile de comprendre un Indien qui s’exprime en Anglais. Ajoutez à cela le fait que je ne maitrise qu’imparfaitement l’anglais, tout comme l’Indien avec qui je veux communiquer, et cela conduit parfois à des quiproquos qui peuvent être assez burlesques, ou au contraire assez rageants ! La communication est donc parfois difficile du fait de la maitrise incomplète de l’anglais des deux cotés, et d’un accent difficilement compréhensible de part et d’autre (ceux qui auront pu admirer mon superbe accent français dans mon interview de Yaro Starak sauront de quoi je parle ! ). Il arrive aussi de tomber sur des personnes ne parlant pas du tout anglais (des conducteurs de rickshaw par exemple), mais cela ne pose en général pas de problèmes, car la personne demande rapidement autour d’elle si quelqu’un peut traduire, et dans tous les cas que j’ai vus il y a toujours une bonne âme prête à faire office d’interprète ! Globalement donc, la communication, sans être facile, est possible et on arrive toujours à se faire comprendre. Par contre si vous ne maitrisez pas du tout l’anglais, attendez-vous à des difficultés, le Français étant très rarement parlé, même si cela arrive de tomber sur des personnes qui le maitrise plus ou moins ! Dans les zones très touristiques, nombreux sont les Indiens qui savent quelques mots dans pratiquement toutes les langues des touristes (y compris le Japonais !) pour mieux les amadouer. Pouvoir d’achat La vie est très peu chère en Inde, même en payant plus que ce paie un Indien. Cela vous permettra soit d’y voyager pour un budget très serré (j’ai rencontré un Ukrainien qui avait dépensé 500 € en deux mois !), soit au contraire de goûter au luxe, voire au grand luxe, pour un cout 3 à 5 fois moins élevé que ce que vous paieriez en France ! Vous pouvez aussi alterner entre les deux, pour le plaisir de découvrir différentes facettes de l’Inde, l’Inde riche et l’Inde pauvre. C’est ce que j’ai choisi de faire, et j’ai alterné entre les hôtels et restaurants de luxe avec les petits hôtels miteux, aux draps à la propreté douteuse et à la douche souvent froide, et les bouibouis, dont il faut cependant toujours vérifier l’hygiène sous peine de faire une belle indigestion ou d’attraper quelque chose. D’un coté comme de l’autre, on a droit à des bonnes comme de mauvaises surprises.
Le Joney’s Place, un bouiboui qui propose une excellente nourriture pour presque rien. On peut y goûter le meilleur banana lassi d’Agra ! Il est à deux pas du Taj Mahal
Sécurité
L’Inde est un pays où le risque terroriste est pris très au sérieux, et on le comprend puisqu’il y a des attentats tous les ans ou presque dans de nombreuses parties de l’Inde, venant de sources très diverses. Les tensions avec le Pakistan sont également toujours vives, ce qui semble alimenter une partie des courants terroristes. Le résultat est que je n’ai jamais vu autant de gardes armés de kalachnikov de toute ma vie, ni autant de contrôles de sécurité et de détecteurs de métaux.
Une des nombreuses patrouilles militaires armées que l’on peut croiser à Delhi Toutes les entrées des monuments importants sont ainsi gardées par des militaires en armes, qui nous font passer par des détecteurs de métaux et qui nous font une fouille en règle. Dans certaines villes comme à Varanasi, les tensions religieuses sont vives, et les lieux saints des religions sont gardés de la même manière. Les contrôles dans les aéroports sont poussés, parfois jusqu’à l’absurde puisqu’il n’est pas rare que l’on vous demande plusieurs fois votre billet, et le ticket tamponné par la sécurité de votre sac, même dans des endroits où l’on n’aurait pas pu entrer sans billet sans s’être fait contrôlé trois fois ! Les contrôles sont ainsi plus poussés que dans tous les aéroports que j’ai pu voir, même les américains. Ainsi, il est impossible d’entrer dans un aéroport sans une pièce d’identité et un billet d’avion pour un vol du jour. Ceux qui attendent des passagers doivent patienter dehors. Cette présence militaire omniprésente nous rappelle constamment que le climat politique et sécuritaire est tendu en Inde, mais cela rassure également et finit par participer à l’aura de dépaysement qui nous prend dans tout ce pays. Monuments
L’Inde regorge de monuments anciens, essentiellement des temples, des mosquées, des palais de sultans ou de maharadjah et des tombes ou mausolées. Assez ironiquement, une bonne partie de ces monuments ont été construits par les envahisseurs musulmans, des Moghols pour la plupart, ce qui souvent a été l’occasion pour les architectes de fusionner les styles islamistes et indiens. C’est le cas du Taj Mahal, symbole le plus célèbre de l’Inde et pourtant construit par un empereur Moghol qui imposa un retour en force d’un Islam plus rigoureux après des décennies de tolérance religieuse. Jama Masjid, la plus grande mosquée de l’Inde, nous surprend en plein coeur de Delhi De tous les monuments que j’ai pu voir, le Taj Mahal est de loin le plus beau. Il n’a vraiment pas volé sa réputation, il est tout simplement d’une beauté exquise, quand son marbre blanc reflète le soleil levant, et que de douces ombres se dessinent sur son dôme et ses murs constellés de superbes calligraphies. Il est de plus placé dans un environnement superbe, au bout de jardins à l’anglaise reflétant la symétrie du lieu, et derrière une rivière aux courbes majestueuses, derrière laquelle se trouvent de beaux jardins desquels on a également une vue imprenable sur l’arrière du Taj Mahal.
Qutb Minar, tour de la victoire de 72 mètres de haut construite par les musulmans à partir de 1192 Les autres monuments que j’ai pu voir sont également sympas, pour peux que vous aimiez les belles pierres, et il y a notamment de superbes palais de maharadjahs ou de sultans (qui incidemment ne semblaient jamais avoir moins de 100 concubines dans leur harem !). Conclusion Un voyage dans le nord de l’Inde n’est pas vraiment un voyage de tout repos, comme celui que l’on pourrait prendre en allant dans une ile tropicale paradisiaque. On vient en Inde pour découvrir un autre monde, pour en apprendre plus sur soi et sur notre culture par le contraste incroyable avec la vie quotidienne sur place et la culture indienne. Car comme vous l’aurez compris en lisant cet article, le dépaysement est extraordinaire. Nos certitudes d’occidentaux sont frappées de plein fouet, tant sont nombreuses les choses étranges qui sont considérées comme la norme là-bas, et les choses qui nous paraissent normales qui paraissent étranges. Les buchers publiques de Varanasi, les ablutions dans le Gange, le Golden Temple d’Amritsar et ses 10 000 repas gratuits servis tous les jours, la ferveur religieuse omniprésente et ses traditions, la circulation, le mélange entre la culture hindoue et musulmane, la quasi-absence d’influence chrétienne, le contraste improbable entre modernité et technologies issues du moyen-âge, tout cela et bien d’autres choses encore contribuent à créer un sentiment irréel, comme si un nouvel oeil naissait dans notre conscience, nous permettant d’appréhender un nouveau pan de la réalité. Je n’irai jamais vivre en Inde. Les différences culturelles énormes, la saleté, la pauvreté, la chaleur étouffante, le manque d’hygiène et le risque de maladies (avoir une indigestion fait presque partie intégrante d’un voyage là-bas !) me rendent cette idée rédhibitoire. Mais y faire un voyage est l’occasion de vivre une expérience incroyable et d’en apprendre beaucoup sur soi et sur son propre pays. Par contraste, je peux vous dire que j’apprécie d’autant plus l’ordre qui règne en France, la propreté, l’efficacité des services publics, le calme de la circulation (je vous assure qu’en comparaison, même Paris parait calme !), l’absence de militaires armés à chaque coin de rue, la nourriture, et des dizaines de choses simples, comme la présence de goudron dans les villes (qui évite d’avoir des nuages de poussière qui nous bouchent les narines) et le fait que l’on puisse se laver les dents à l’eau du robinet sans craindre pour sa santé. On apprécie d’autant plus la chance extraordinaire que nous avons de vivre dans l’un des pays les plus riches de la planète, où les problèmes que nous avons semblent presque comiques en comparaison de ceux qui touchent l’Inde et la majorité de ses habitants. L’Inde est un pays énorme par sa taille, sa population et la richesse de sa culture, et y passer 15 jours suffit à peine à en égratigner la surface. Cet article est comme un dé à coudre de la glace d’un iceberg. On peut donc y faire de nombreux voyages et toujours y découvrir de nouvelles choses. Si j’y retourne, j’irai sans doute en Inde du sud, qui il paraît est très différente des régions du nord que j’ai visitées. Ou peut-être irai-je visiter le nord-est et l’Himalaya, en faisant un petit détour par son voisin le Népal. Qui vivra verra ! Et vous, êtes-vous déjà allé en Inde ? Si oui, partagez votre expérience dans les commentaires ?
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