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December 8 2023, 12:15am
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Se libérer de l’emprise émotionnelle
Résumé de « Se libérer de l’emprise émotionnelle » de Sylvie Tenenbaum : un livre qui vous aidera à reprendre votre vie en main en vous aidant à repérer le phénomène d’emprise émotionnelle et à briser le cercle vicieux dans lequel il peut vous enfermer.
Par Sylvie Tenenbaum, 2023, 269 pages.
Chronique et résumé de « Se libérer de l’emprise émotionnelle » de Sylvie Tenenbaum
Introduction. L’emprise est banale
« L’emprise est banale. Sa force vient de cette banalité, de ce qui quotidiennement émousse notre regard, notre écoute, nos sensations vis-à-vis de tous les systèmes abusifs que nous pouvons regrouper sous le terme d’emprise. » (Saverio Tomasella et Barbara Ann Hubert, L’Emprise affective, cité dans Se libérer de l’emprise émotionnelle, Introduction)
L’emprise peut prendre plusieurs noms autour de nous :
Maltraitance ;
Violence physique ;
Violence psychologique ;
Domination ;
Sexisme ;
Etc.
Nous la retrouvons — comme nous allons le voir au chapitre 1 — dans toutes les sphères de la vie, depuis la famille jusqu’au milieu médical. Toutes les institutions sont concernées.
Il en existe des formes plus ou moins complexes, qui vont des luttes de pouvoir explicites (relativement simples) aux supplices mentaux les plus subtils (et complexes).
Selon Sylvie Tenenbaum, nous pouvons même être notre propre bourreau. Nous avons, parfois, un « prédateur intérieur » qui nous maltraite et fait de notre monde comme le disait Oscar Wilde (cité par l’auteure), « un enfer ».
Sous ce phénomène, il y a une volonté de contrôle et de soumission. Pour les victimes, cette pression se traduit par une résignation et, dans les cas les plus graves, à la dépression ou aux tentatives de suicide.
Par la description des prédateurs et de leurs « types », nous pouvons aider à une prise de conscience. C’est ce que nous verrons au chapitre 2. Nous verrons que l’emprise s’immisce de façon inconsciente dans la relation, à partir de modes de communications dégradés et malsains.
Le chapitre 3, lui, se penchera sur la description des victimes et sur le traumatisme qu’elles subissent. Nous chercherons à comprendre les mécanismes qui les maintiennent dans le giron de ceux ou celles qui leur nuisent.
Nous verrons enfin qu’il est possible — heureusement — de percevoir les signes de l’emprise et de s’en dégager (chapitre 4). Cet acte de libération ne se fait pas sans mal ni sans effort, mais il en vaut la peine.
« Il est possible de se retrouver soi-même dès lors que l’on dirige ses doutes et ses accusations sur le prédateur et non plus sur soi », dit l’auteure. Mais surtout :
« Notre vie nous appartient, ne donnons à personne un droit de regard sur nos pensées, la possibilité de nous dominer et de nous contrôler par la force, de nous voler notre existence. » (Se libérer de l’emprise émotionnelle, Introduction)
Chapitre 1. L’emprise dans tous ses états
L’emprise touche toutes les relations humaines. Elle consiste en une « effraction psychique » qui s’étend dans la durée et conduit à un rapport de domination toxique qui peut conduire à la destruction psychique du dominé.
Au quotidien, l’emprise est faite de manipulations plus ou moins cachées, plus ou moins douces, et d’une série de stratégies visant à obtenir ou à renforcer l’influence perverse de l’un sur l’autre.
Ses effets peuvent être dévastateurs : perte d’estime de soi, de confiance en soi, érosion des fondements de l’identité. Depuis 2010, il existe un délit de violence psychologique dans la loi française. Les peines peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
L’emprise en famille
Au sein de cette partie, nous pouvons dissocier différents types d’emprise en fonction de la relation qu’elle dégrade :
Parents — enfant ;
Couple ;
Autre relation (fraternelle, par exemple).
— L’emprise parentale
L’emprise parentale est sans doute l’une des plus nocives qui soit, car elle s’enracine dès l’enfance et génère une profonde empreinte sur la personnalité.
Sylvie Tenenbaum fournit plusieurs exemples d’adultes en ayant souffert :
Marie, 45 ans, toujours ébranlée par les critiques de son père ;
Paul, 62 ans, incapable de se remettre des humiliations maternelles ;
Delphine, 33 ans, qui a été victime du syndrome de Münchhausen par procuration (SMPP) de sa mère (conduisant celle-ci à faire faire une foule d’examens médicaux sans raison à sa fille… au point de la rendre véritablement malade) ;
Frédéric, 44 ans, dont les deux parents étaient abusifs ;
Vincent, 40 ans, père de famille qui n’arrive pas à se dépêtrer de l’emprise de sa compagne et voit avec effroi sa fille subir le même sort (cas d’aliénation parentale) ;
Solène, 14 ans, qui s’est donné la mort à cause d’un cyberharcèlement qui impliquait sa famille.
L’enfant victime d’un prédateur (ou d’une prédatrice) ne peut se développer normalement.
Il doit se suradapter constamment aux désidératas du parent dysfonctionnel, voire le prendre en charge en endossant le rôle d’un adulte.
En revanche, il ne peut pas avoir d’exigence propre. La satisfaction de ses propres besoins est secondaire, voire refusée. En conséquence, il en vient souvent à les refouler plus ou moins complètement.
Les violences, physiques et/ou mentales, accompagnent le mécanisme et le renforcent. L’une des formes les plus graves étant la maltraitance sexuelle et d’inceste.
— L’emprise dans le couple
Ici encore, les témoignages ont la priorité :
Fabrice, 31 ans, se fait malmener par Laura, qui devient de plus en agressive ;
Brigitte, 46 ans, mariée avec deux enfants, a un mari qui la rejette ainsi que leurs enfants ;
Julien, 38 ans, est retenu financièrement par sa compagne, qui l’empêche de partir.
La personne persécutrice va jouer sur l’amour de l’autre pour le manipuler et parvenir à ses fins. En prodiguant tantôt caresse, tantôt écoute, elle croit pouvoir se donner le droit de devenir autoritaire et despotique.
Et surtout, elle pense (souvent avec raison, malheureusement) que ces gestes ou cette empathie suffiront à faire oublier ses comportements toxiques.
— L’emprise entre membres d’une famille
D’autres cas sont possibles, bien sûr. Toutes les relations intrafamiliales sont potentiellement concernées. Voici encore quelques témoignages :
Asmita, 30 ans, abusée sexuellement par son oncle, puis par un autre membre de sa famille ;
Yasmina, 27 ans, humiliée de façon constante par son grand-père ;
Maud, 58 ans, malmenée par sa grande sœur et incapable d’obtenir l’amour de sa mère ;
Laurent, 31 ans, sous le joug de sa sœur ainée avec qui il vit depuis le décès de leurs parents.
N’oublions pas non plus les personnes âgées. Fragilisées, elles peuvent facilement devenir l’objet de mauvais traitements.
L’emprise en amitié
L’amitié est une relation d’égalité et d’affection entre deux personnes. Mais il arrive qu’elle se détraque et mène à l’emprise. Cela peut commencer par de la rivalité, voire de la compétition, et prendre un mauvais pli.
C’est ce dont rend compte Estelle, 42 ans, qui n’a pas réussi à se défaire de son lien avec Séverine, son amie d’enfance, alors que celle-ci ne cesse de la critiquer et de la diminuer.
L’emprise dans l’entreprise
L’emprise en entreprise prend souvent place entre un supérieur hiérarchique et un employé de rang inférieur. Mais pas seulement. Le harcèlement moral (mobbing) n’en est qu’une phase ; il peut mener à une réelle malveillance et même au renvoi de la personne sous emprise.
Voici quelques exemples :
Virginie, 34 ans, sous antidépresseurs et sous l’emprise de sa cheffe ;
Arnaud, 37 ans, subit le harcèlement répété d’une collègue, qui le prend pour son « homme à tout faire ».
L’emprise religieuse et politique
Les fanatismes de tout poil lient religion et politique. Leurs adeptes sont des persécuteurs en ce qu’ils cherchent à dominer autrui, c’est-à-dire à lui faire « rendre raison » à tout prix.
Sylvie Tenenbaum relate l’histoire des enfants de Tiam, une ville d’Irlande. Entre 1925 et 1961, des enfants nés hors mariage ont été maltraités par toute une communauté. Le scandale n’a éclaté qu’en 2014.
L’emprise sectaire
C’est l’un des phénomènes d’emprise les plus connus et étudiés.
Selon la définition de l’Association de défense des familles et de l’individu (ADFI) reprise par l’auteure, une secte est « un groupe dans lequel on pratique une manipulation mentale qui entraîne : endoctrinement, contrôle de la pensée, viol psychique ».
L’entrée dans une secte se fait en plusieurs étapes (approche, séduction et persuasion). La technique d’amorçage donne une impression de liberté qui facilite l’adhésion.
Ce n’est qu’ensuite, peu à peu, que les menaces plus ou moins voilées et la coercition entrent en jeu.
L’emprise en psychothérapie
Nous pensons tout d’abord à « l’œuvre » de charlatans, plus avides que soucieux du bien d’autrui. Ceux qui cherchent à nous vendre « la » solution miracle à vos problèmes.
Mais ce ne sont pas seulement eux. Des personnes convaincues de leur bien-fondé et manipulatrices peuvent nous prendre dans des raisonnements dangereux.
À la suite de Guy Rouquet, créateur de Psychologie Vigilance, nous pouvons les appeler des « dérapeutes », autoproclamés psychothérapeutes, qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas.
Narcissiques, ils sont parfois convaincus qu’ils peuvent vous aider. Pourtant, ils sont incapables d’empathie réelle. Ce qu’ils aiment faire, c’est se prendre pour Dieu en vous promettant la guérison qu’ils sont incapables de vous donner.
Vous les trouverez généralement dans diverses disciplines farfelues, qui s’éloignent de toute rigueur scientifique. Eh oui, il est plus facile pour eux de se prétendre ceci ou cela que de faire l’effort réel de se former à des pratiques reconnues.
L’emprise médicale
Cela dit, de vrais médecins peuvent aussi nuire. Le risque zéro n’existe pas. La frontière entre charlatanisme et exercice sécurisé de la médecine n’est pas toujours bien tracée. Elle n’est pas non plus claire dans l’esprit de tout le monde.
« Qu’il s’agisse de psychothérapies ou de pratiques médicales douteuses, il est important d’insister sur les trop nombreuses impostures intellectuelles », rappelle Sylvie Tenenbaum.
L’emprise du prédateur intérieur
Nous pouvons être nos pires ennemis. Cette voix intérieure qui nous oblige à agir de telle ou telle façon nous domine. Elle nous rabaisse aussi en nous convainquant que nous ne sommes pas à la hauteur.
Si ces critiques ou ces ordres venaient d’un autre, nous ne les accepterions sans doute pas. Alors pourquoi nous laisserions-nous faire, lorsqu’il s’agit de nous-mêmes ?
Cela n’arrive pas à tout le monde. Notre dialogue interne peut être plus apaisé. Toutefois, nous pouvons parler d’emprise du prédateur intérieur lorsque cette voix intérieure nous empêche manifestement d’aller là où nous le souhaitons et de mener à bien nos projets.
L’auteure rapporte le témoignage de Marie-Claude, 60 ans, qui a découvert au cours de sa psychothérapie qu’elle se faisait beaucoup de mal à elle-même. Son juge intérieur l’a « contrainte au culte du sacrifice pour les autres », dit-elle notamment.
Chapitre 2. Les prédateurs…
Il n’existe pas une seule forme de personnalité qui mène à l’emprise. Cette notion est large et s’applique à différents types de « prédateurs ». Nous allons donc faire un tour d’horizon de différentes personnalités problématiques, afin d’aider tout un chacun à mieux se repérer.
Portraits de prédateurs
Les portraits qui suivent avancent par ordre de gravité. Tous les « empreneurs » ou « empreneuses », comme les appelle Sylvie Tenenbaum, sont des manipulateurs. Par contre, ils ne sont pas tous des bourreaux. Seuls les pires le sont.
— Le manipulateur
Nous pouvons tous avoir des moments de manipulation, surtout quand nous sommes mal dans notre peau. Nous avons besoin d’affection et avons alors parfois tendance à manipuler, plus ou moins consciemment, notre entourage.
Mais rappelez-vous : le manipulateur « consommé » est celui qui vous nuit pour en tirer un profit déterminé. Et il sait très bien ce qu’il fait. Son besoin de l’autre est vital pour obtenir ce qu’il veut. Cependant, il avancera masqué.
Comme le remarque également Isabelle Nazare-Aga, l’autrice de Les manipulateurs sont parmi nous, les manipulateurs sont immatures affectivement, et compensent souvent un complexe d’infériorité par une volonté de domination. Ils sont dépendants d’autrui et se sentent vides sans la présence de l’autre.
Le manipulateur est très souvent égoïste ou égocentrique, même s’il sait faire mine d’écouter pour récolter des informations sur vous qui lui seront utiles ensuite. Il sait également se faire valoir et remarquer en société (manipulateur histrionique).
— Le manipulateur narcissique et le pervers
Le narcissique est un égocentrique qui a besoin d’être constamment valorisé, flatté, mis en avant. Il aime — et veut — que les autres l’admirent.
Le pervers (à distinguer des perversions sexuelles) apprécie faire du tort à autrui, en le soumettant à « ses » propres lois, qui s’identifient à ses propres désirs. Il jouit de cet effet de tyrannie exercé sur autrui. Au fond, il n’aime personne : ni les autres ni lui-même.
— Le prédateur pervers narcissique
Il regroupe les traits du manipulateur narcissique et du pervers. Son but : se grandir. Ses moyens : vous humilier et, parfois, vous anéantir. Sylvie Tenenbaum vous propose une liste d’indicateurs pour vous protéger p. 98-99.
Voici quelques traits trouvés dans la liste :
Le PN (pervers narcissique) vous vide de votre énergie ;
Il n’est jamais content ;
Le PN vous isole ;
Il joue le rôle de la victime ;
Il dit une chose et son contraire pour vous confondre ;
Etc.
Nous pouvons ici parler de bourreau dans la mesure où il « jouit (très consciemment) des tortures qu’il inflige ».
— Le prédateur paranoïaque
La personnalité paranoïaque va faire des inférences erronées, des déductions fausses. Elle doute, se sent trahie ; en fait, elle a peur et, pour se défendre, prend la fuite ou attaque. Elle est constamment en mode défensif.
Ce type de personnalité est sujet à la rancœur tenace et à la jalousie. Il fait payer aux autres ce qu’il pense être des injustices subies (peu importe que celles-ci soient ou non imaginaires).
L’auteure donne l’exemple d’un couple : Pierre et Solange. Cette dernière a vécu un enfer sous sa coupe (p. 107-108).
— Le prédateur psychopathe
Les psychopathes sont des malades mentaux qui peuvent aller très loin dans l’horreur. Sylvie Tenenbaum donne l’exemple de Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux.
Ces personnes peuvent être très charismatiques. Mais au fond, elles sont profondément antisociales et dangereuses.
Les comportements du prédateur
Quels sont les procédés utilisés par ces « empreneurs » pour acquérir de l’emprise sur vous ? L’auteure analyse deux moyens : la séduction et la disqualification.
— La séduction
Le charme ne leur manque pas. Ils savent également s’exprimer avec aisance et montrer de l’assurance en eux-mêmes. Lorsque cela l’intéresse, il peut vous écouter aussi, nous l’avons déjà signalé.
Il sait jouer la perfection, l’intensité, la complicité et l’insouciance. Il peut même se montrer généreux. Mais en fait, il ment et imite ; il joue plus qu’il n’est sincère. Et surtout, ces comportements ne sont pour lui qu’une manière de vous entraîner vers lui pour vous faire agir à ses fins.
Découvrez les autres caractéristiques de ces jeux de séduction p. 116-117. Pour l’auteure, le but de la séduction est de fasciner sa proie.
— La disqualification
Ce versant du comportement des prédateurs émotionnels est explicitement plus agressif. Ici, la personne va chercher à vous rabaisser par tous les moyens.
De petites phrases peuvent très bien y parvenir, telles que :
« Là, tu es nulle, non ? »
« Tu fais n’importe quoi. »
« Tu t’es regardée ? »
« Non, tu ne penses pas ce que tu dis, non tu n’as pas envie de voir tes amis, etc. »
« Ma pauvre ! »
Etc.
Il est aussi le pro de la culpabilisation : « Regarde ce que tu m’as fait faire ! ». Voici l’une des phrases qui lui permet de rejeter la faute sur vous.
Il fait du chantage affectif ou génère la zizanie et la confusion à son propre profit. Par exemple en parlant mal de quelqu’un devant vous, ou en parlant mal de vous à quelqu’un d’autre !
Une communication pervertie
La communication verbale et non verbale est le terrain privilégié de la malveillance. La personne prédatrice ne communique pas pour dire qui elle est ou ce qu’elle ressent, mais pour se montrer sous un jour qui lui convient et qui lui permettra d’affirmer sa supériorité.
— Les armes verbales de l’ « impostueur »
Pour prendre le pouvoir sur votre psychisme, le prédateur va bien sûr chercher à utiliser la parole.
Voici quelques techniques évoquées (plus en détail) dans le livre :
La persuasion à tout prix ;
Le mensonge ;
L’injonction paradoxale ;
Les faux bons conseils ;
La confusion ;
Le brouillage des niveaux de communication ;
Les phrases non terminées ;
L’excès de détails inutiles ;
Les silences agressifs ou inappropriés ;
Le cynisme et la dérision ;
La critique excessive de l’autre, des proches ;
Le pessimisme ;
Le désintérêt pour les propos d’autrui (voire le dénigrement) ;
Etc.
Ce type de personne peut également très bien ne pas tenir ses promesses et ne pas en avoir cure. La promesse lui sert à un moment X pour obtenir ce qu’il veut, puis il l’oublie aussi vite que sa dernière paire de chaussettes. Sa parole n’a pas de valeur.
Il sait aussi très bien jouer des rôles (cela va de pair avec le mensonge). Plusieurs « jeux » sont présentés :
Le larmoyant ;
Le fuyant ;
L’ordinateur ;
Les lectures de pensée ;
Le chantage ;
L’exagération ;
L’art d’avoir toujours raison.
— les armes non verbales
Les personnalités manipulatrices peuvent et savent souvent jouer des aspects non verbaux de la communication.
Ils joueront l’indifférence ou moduleront leur voix pour vous faire comprendre qu’ils n’ont cure de ce que vous dites, par exemple… Ils peuvent aussi lever les yeux au ciel, bâiller, etc.
Autre attitude gênante et destructrice : leur imprévisibilité. Ils peuvent générer une tension à tout moment dans la conversation, de façon parfois presque imperceptible.
Bien sûr, la violence fait également partie de leurs outils : bris de verre, jets divers, volonté de faire mal et surtout d’apeurer la personne qui lui fait face.
Chapitre 3. … Et leurs proies
Sylvie Tenenbaum affirme qu’il n’existe pas de « portrait type » de victime. Elle décide donc de se limiter à des témoignages de personnes qui sont tombées aux mains d’une secte, qui ont connu des violences de couple ou qui ont fait l’objet de maltraitance infantile.
Qui sont les victimes des prédateurs ?
Elle dresse néanmoins une liste de « points communs entre les victimes » qui offre la possibilité de s’orienter un peu. Pour retrouver ces traits de personnalités, rendez-vous p. 142-146.
Puis, l’auteure commence par évoquer le sort des enfants. Elle fait part de plusieurs histoires. Notamment, celle de :
Frédéric, 44 ans, qui « se réveille » après la mort de son père ;
Caroline, 40 ans, qui a reproduit avec son mari ce que sa mère lui faisait subir ;
Nicole, 63 ans, qui avoue ne pas « savoir vivre » ;
François, 51 ans, qui n’ose toujours pas avouer à ses parents qu’il va divorcer ;
Etc.
Sylvie Tenenbaum dresse également un tableau des symptômes des enfants sous emprise. Il y a, d’après sa présentation, une différence à faire selon que l’enfant a 7 ans ou moins.
Voici les symptômes des enfants de moins de 7 ans :
Comportements modifiés et négatifs tels que tristesse, agitation ou repli sur soi ;
Trouble anxieux ;
Trouble du comportement alimentaire ;
Manifestations (par le jeu ou autre) de violence ;
Régressions dans le développement (au niveau de la propreté ou du langage, par exemple) ;
Psychosomatisations (douleurs corporelles) telles que des nausées, des migraines, etc.
Sur un plan plus théorique, il est utile d’analyser le mythe de la famille parfaite et de comprendre toute l’importance du rôle de l’amour pour les enfants. C’est pour eux une question de survie.
Si l’amour est conditionné à du chantage ou d’autres attitudes négatives, la construction de soi devient beaucoup plus difficile et toutes sortes de problèmes ou pathologies psychiques peuvent en découler.
L’auteure évoque enfin l’École de Palo Alto et son analyse systémique. Dans une famille, un individu peut devenir un « patient désigné », c’est-à-dire un être qui va jouer le rôle de thermostat ou de régulateur familial.
Dans une famille dysfonctionnelle, l’enfant peut être amené à jouer ce rôle et il est très difficile de s’en défaire, même à l’âge adulte.
Comment devient-on adepte d’une secte ?
« Ils sont encore trop nombreux ceux qui subissent les ravages des sectes, malgré tous les drames médiatisés. Les personnes embrigadées ne sont pas moins intelligentes que vous et moi. » (Se libérer de l’emprise émotionnelle, Ch. 3)
Selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (la Miviludes), il existe trois types de victimes de secte :
Tout d’abord, les adeptes eux-mêmes, qui ne reconnaissent pas leur statut de victime, car ils sont fascinés par le gourou et pris dans la communauté ;
Ensuite, les anciens adeptes qui demeurent fragiles de longues années après leur endoctrinement et craignent parfois des représailles ;
Enfin, les familles des victimes elles-mêmes, qui se sentent démunies et perdues face à ce phénomène.
L’endoctrinement à une secte fonctionne selon le principe de soumission à l’autorité. Sylvie Tenenbaum rappelle la célèbre expérience de Stanley Milgram.
Celui-ci montra dans les années 1960 qu’un grand pourcentage de personnes (90 %) était susceptible de se soumettre à l’obéissance d’un tiers autoritaire sans exposer de résistance, même quand cette obéissance pouvait entraîner un mal pour autrui.
Tout au long du chapitre (et même du livre), l’auteure prend aussi l’exemple du film La secte de Waco (réalisé par Dick Lowry, sorti en 1993). Dans ce film, un faux prophète du nom de David fait preuve d’un grand pouvoir de séduction pour convaincre des personnes — et notamment Jason — de le rejoindre. Pour ce faire, il lui promet qu’il trouvera dans la communauté la famille aimante qu’il n’a jamais eue.
L’enfer au cœur de l’alcôve
Venons-en aux relations de couple. Ici encore, il n’y a pas de profil type. La vie amoureuse peut prendre une tournure inattendue sans que nous y soyons préparés ou « prédestinés ».
Or, une fois à l’intérieur d’une relation toxique, il peut être très difficile d’en sortir. La violence psychique et/ou physique conduit à la solitude, à la soumission totale et à l’adaptation aux désirs d’autrui.
Les victimes peuvent connaître les symptômes suivants :
Une profonde souffrance psychique et affective ;
Des conduites addictives ;
Un état de sidération ;
Des difficultés à communiquer ;
Une baisse d’énergie ;
Un affaiblissement de l’estime de soi ;
De la somatisation ;
Etc.
Attention : ces symptômes (dont la liste est plus longue) ne sont pas tous visibles chez les victimes et peuvent avoir des intensités variables.
Souvent, les victimes conservent également l’espoir que les choses finiront par s’arranger et que la personne maltraitante redeviendra gentille, censée. Cet espoir est lié à une peur de l’abandon et de la solitude.
Pour ne rien arranger, les victimes sont régulièrement dans le déni et sous l’illusion du biais de confirmation. Elles sélectionnent les faits qui les arrangent et oblitèrent les autres. Pour plus d’informations sur ce type de biais, lisez Système 1 / Système 2 de Daniel Kahneman.
À l’inverse, cela peut aussi arriver aux proches. Ceux-ci peuvent croire le manipulateur davantage que la victime. Également pris dans les filets rhétoriques de la personne prédatrice, ils utiliseront les faits qu’ils connaissent pour mettre en doute la parole de celui ou celle qui souffre.
Par exemple :
« Elle est vraiment agréable, je l’ai vue récemment, tu as de la chance de l’avoir rencontrée. »
« C’est l’homme le plus gentil que je connaisse. »
Il n’est alors vraiment pas facile de s’en sortir. Et il peut être complexe de prouver les maltraitantes vécues.
« Comme les victimes, les prédateurs ont souvent une faille narcissique qu’ils repèrent très vite car ils la reconnaissent : c’est par là qu’ils entrent pour en prendre possession (…). Ainsi un prédateur saura repérer une personne dépendante qui se sentira en sécurité devant son assurance. La séduction s’opère déjà à cet instant : chacun répondant au désir/besoin de l’autre. La suite est prévisible : le jeu de dupes peut s’installer, l’un ne pensant qu’à donner, l’autre à prendre et à assurer son ascendant. » (Se libérer de l’emprise relationnelle, Ch. 3)
Vous pourrez découvrir plusieurs témoignages en fin de chapitre :
Arthur, 35 ans, qui ne peut s’occuper de ses enfants sans subir les foudres de sa femme ;
Daniel, 45 ans, dont la relation amoureuse difficile a déteint sur son travail ;
Pascale, 36 ans, qui fait les frais professionnels d’un refus de relation avec un collègue ;
Françoise, 60 ans, étouffée par l’amour et le culte maternels.
Chapitre 4. En finir avec l’emprise
Les chapitres précédents ont permis de se familiariser avec les mécanismes de l’emprise. Il ne s’agit pas de dire que « cela se passe partout ». Au contraire, il est important de pouvoir discerner les relations qui sont nocives et toxiques de celles qui ne le sont pas.
Nous avons également vu que le changement est difficile. Il l’est pour la victime, qui peut vivre dans le déni ou rester fascinée par la personne dominatrice. Mais il l’est surtout pour le manipulateur lui-même qui, à vrai dire, aurait trop à y perdre.
Dans ces circonstances, une solution s’impose : ne plus chercher à faire vivre ce lien néfaste. Si cela vous arrive, vous devez fuir et vous reconstruire.
Éviter de devenir une victime
Mais avant d’en arriver là, vous pourriez — et devriez — ouvrir l’œil. Nous avons vu que ce type de relation dysfonctionnelle peut apparaître dans bien des secteurs de la vie personnelle et professionnelle.
Il est donc particulièrement important de cultiver son esprit critique. Soyez particulièrement vigilant lorsqu’un médecin, officiel ou non, vous promet monts et merveilles en matière de guérison.
Agissez de même avec des professionnels de la relation tels que les coachs. Le coaching de vie, par exemple, peut être d’une grande aide. Cependant, il y a, comme partout, des charlatans.
Voici 4 bonnes pratiques pour éviter la crédulité face à ce type de situation :
De préférence, optez pour un professionnel reconnu, dont vous pouvez vérifier les références ;
Si possible, ne participez pas à de longs séminaires (plus d’une journée) si vous ne connaissez pas les animateurs ;
Ne faites pas confiance aux personnes qui vous assurent que vous pouvez, comme eux, devenir professionnel « en X » après quelques heures seulement de formation ;
De façon générale, prenez toujours des renseignements (et pourquoi pas des avis complémentaires) avant tout engagement.
Dans les relations interpersonnelles, il est capital d’apprendre à reconnaître une personne sous emprise, mais aussi repérer le phénomène d’emprise sur vous-même et, bien sûr, à reconnaître les comportements toxiques d’autrui.
En plus des chapitres précédents, Sylvie Tenenbaum propose quelques listes d’attitudes à tenir à l’œil (comme elles répètent partiellement le propos, nous ne les reproduisons pas ici. Vous pouvez consultez p. 195-201).
L’auteure propose également une liste de stratégies à éviter, car elles risqueraient d’approfondir l’emprise. Les voici :
Perdre son sang-froid ;
Lutter verbalement ;
Faire preuve d’empathie ;
Faire la leçon ;
Être encore plus dévoué ;
Vouloir comprendre à tout prix ;
Baisser les bras.
À la place, vous aurez plutôt intérêt à :
Noter précisément ce que vous subissez ;
Rechercher des personnes de confiance ;
Refuser de vous justifier ;
Savoir dire non ;
Etc. (plus de stratégies p. 215-216).
Sortir de l’emprise
Cela demandera de l’effort et engendrera, peut-être, de la tristesse. Mais n’oubliez pas que vous le faites pour vous sauver vous-même.
Le premier pas consiste souvent à avertir un proche et/ou à accepter l’aide qui est proposée. Cela signifie que vous avez déjà pris conscience et êtes sorti du déni.
Au travail, mieux vaut agir rapidement. Si vous avez pris des notes, que vous avez des témoins et des preuves (tels que des mails envoyés), ces documents vous seront très utiles — que vous décidiez de porter l’affaire devant la justice ou non (vous pouvez vous contenter d’une menace).
Deux cas nous montrent l’importance de parler rapidement :
Virginie, 34 ans, a eu le courage de solliciter le médecin du travail et sa DRH ;
Arnaud, 37 ans, a parlé de sa relation difficile avec sa collègue auprès de sa famille, qui l’a aidé à entamer des démarches officielles.
Bien sûr, si vous ne voyez pas vers qui vous tourner directement autour de vous, vous pouvez aussi vous adresser à des organismes spécialisés, tels que :
Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) ;
Violences conjugales ;
Institut de victimologie ;
Association de défense contre le harcèlement moral (ADCHM) ;
Miviludes ;
Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (UNADFI) ;
Maltraitance des enfants et des mineurs (composez le 119) ;
La police (appel 17 ou 112) ;
Violence Femmes Info (appelez le 3919) ;
SOS anti-manipulateurs ;
Etc.
Se reconstruire
Décider de s’aimer soi-même ; considérer que commencer à vivre est mieux, que c'est un devoir envers soi-même. Voilà de profonds changements d’attitude, préludes à la libération.
« Si l’on ne met pas tout en œuvre pour parvenir à vivre mieux, en prendre la décision n’est pas suffisant. Quelle que soit la situation d’emprise vécue, il est fondamental de se sentir soutenu, guidé. C’est le rôle des proches, avec l’aide du thérapeute (pas un coach, donc ce n’est pas le métier). » (Se libérer de l’emprise émotionnelle, Ch. 4)
Parfois, vivre auprès de ses proches durant une durée déterminée pourra aider à « sortir de la terreur », surtout si des risques de représailles sont probables.
Le thérapeute aidera en posant des questions claires et en faisant preuve de patience. Il aidera le patient à sortir de sa pudeur et de la minimisation, voire du déni ou de la mémoire traumatique.
Parfois, le travail psychologique devra aller creuser dans l’enfance pour trouver la trace d’anciennes relations toxiques. Cet exercice aidera le patient à sortir plus durablement de l’emprise plus récente.
Ici encore, quelques témoignages sont mis en avant par Sylvie Tenenbaum :
Océane, 40 ans, a fait un long travail pour comprendre pourquoi elle avait entretenu une relation toxique avec son mari et comment en sortir ;
Anastasia, 47 ans, éprouve des difficultés à se séparer de son compagnon, mais elle sait que c’est le seul véritable choix possible ;
Fabrice, 31 ans, s’est senti profondément trahi par Laura — et pourtant, elle lui manque encore. Mais il est bien décidé à changer de vie et à se prendre en main.
Ces exemples montrent que « le processus d’emprise peut psychiquement perdurer après la sortie de la relation ». Pour Sylvie Tennebaum, qui s’oppose ici à l’avis d’autres thérapeutes, le pardon ne peut aider à mettre fin à ces réminiscences. Au contraire : ce serait comme une double peine pour la victime.
Comme il ne peut généralement rester seul très longtemps, l’ « empreneur » aura souvent retrouvé quelqu’un d’autre rapidement. Quand cela arrive, c’est une chance pour l’ex-victime, car cela lui évite le risque de « rechute ».
Dernier point : comment sortir de l’emprise du prédateur intérieur ? Nous parlons ici d’une figure d’autorité qui veut faire la loi dans notre tête et réguler nos moindres faits et gestes.
Selon l’auteure, « suivre son intuition, ses antennes, peu importe le nom, est l’antidote ». Votre instinct est votre meilleur guide pour vous y opposer.
Peu à peu, vous gagnerez en force en ne lui répondant plus par la positive. Il ne disparaîtra sans doute jamais complètement, mais il se fera plus faible à mesure que vous aurez retrouvé votre « fil rouge » intérieur.
Conclusion. L’emprise n’est pas une fatalité
Sortir d’une situation d’emprise est un acte de résilience.
« Les ailes brisées se réparent : recouvrer l’idée de sa dignité autorise la sortie de la cage. Car il ne s’agit pas d’abandonner un abri sûr, un amour sincère, une amitié loyale, une relation de qualité, mais des illusions. Il faut savoir laisser derrière soi ce qui fait souffrir. » (Se libérer de l’emprise émotionnelle, Conclusion)
Se défaire du joug de l’emprise est un geste de libération existentielle. Une fois réalisé, ce geste vous redonne les clés de votre vie. Vous pouvez enfin vous demander le sens que vous voulez lui donner et œuvrer librement à reconstruire votre existence.
Conclusion sur « Se libérer de l’emprise émotionnelle » de Sylvie Tenenbaum :
Ce qu’il faut retenir de « Se libérer de l’emprise émotionnelle » de Sylvie Tenenbaum :
Ce livre aide à se souvenir de plusieurs choses :
Nous pouvons tous « tomber » sous l’emprise d’un manipulateur ;
Il convient d’être prudent, à la fois dans les domaines de la vie professionnelle et personnelle ;
Heureusement, nous pouvons repérer certains traits afin de reconnaître les personnes nocives ;
Et nous pouvons également rester attentifs aux victimes et à leurs symptômes, afin de les aider si nécessaire ;
La sortie de l’emprise est un processus souvent long et difficile ;
Mais ce n’est pas une fatalité — Il est possible de se protéger et de retrouver sa liberté !
Points forts :
Une présentation soignée et claire ;
De nombreux témoignages de patients ;
Une explication simple des concepts issus de la psychologie ;
Des listes de traits caractéristiques ou de symptômes.
Point faible :
Je n’en ai pas trouvé.
Ma note :
★★★★★
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December 7 2023, 5:00pm
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Réussir (sa vie) grâce au minimalisme digital
Résumé de « Réussir (sa vie) grâce au minimalisme digital » de Cal Newport : un guide clair et pratique qui vous dira tout ce que vous avez besoin de savoir sur les effets du glucose sur votre santé et votre bien-être et vous enseignera à modifier simplement vos habitudes pour gagner en énergie, perdre du poids et résoudre certains problèmes de santé.
Par Cal Newport, 2020, 256 pages.
Titre original : « Digital Minimalism: choosing a focusing life in a noisy world. »
Chronique et résumé de « Réussir (sa vie) grâce au minimalisme digital »
Introduction
À la suite de son premier ouvrage, le best-seller international Deep Work, de nombreuses personnes ont contacté Cal Newport. Elles s’inquiétaient de l’influence des outils numériques non seulement sur leur vie professionnelle, mais personnelle.
N’ayant pas vraiment l’habitude d’utiliser son smartphone ou les réseaux sociaux, l’auteur dut mener l’enquête pendant plusieurs mois pour se rendre compte, par lui-même, de l’ampleur du phénomène.
Comme d’autres, il constata d’abord plusieurs problèmes :
Surutilisation des outils ;
Perte d’autonomie ;
Réduction du bien-être ;
Encouragement à des comportements néfastes et émotions négatives ;
Détournement d’activités plus positives (loisirs, etc.).
Mais bien sûr, ces outils apportent aussi leur lot de bénéfices, sans quoi il ne serait pas si difficile de s’en passer. Néanmoins, globalement, les effets psychologiques sont inquiétants.
Or, pour Cal Newport, les solutions modestes — désactiver les notifications, par exemple — ne sont pas suffisantes. Alors, comment agir ?
Sa proposition est plus profonde. Pour autant, il ne suggère pas de rompre avec toute technologie ni d’en faire une critique radicale.
Après réflexion, il conseille d’opter pour le minimalisme digital.
Inspirée notamment par la philosophie de la sobriété de Henri David Thoreau et du stoïcisme de Marc Aurèle, cette éthique (cette façon de vivre) a pour but de nous aider à réduire notre temps en ligne au strict nécessaire.
Partie 1. Principes
Chapitre 1 : Une course aux armements déséquilibrée
Ce n’est pas ce que nous voulons
Lorsque Facebook ou l’iPhone sont devenus disponibles au grand public, personne ne s’attendait à ce que ces dispositifs modifient autant nos vies.
Nous pensions que Facebook nous aiderait à retrouver nos vieux copains de classe et que l’iPhone nous permettrait de téléphoner et d’écouter de la musique.
Pourtant, Facebook est devenu un réseau social addictif boosté aux « J’aime » et l’iPhone est devenu un ordinateur de poche multifonctionnel rempli d’applications plus ou moins utiles.
Ces changements « nous sont tombé dessus sans que nous le voulions vraiment », dit l’auteur. Or ces dispositifs ont peu à peu modifié profondément nos comportements.
Et il faut noter un autre point important : « les gens ne succombent pas aux écrans par paresse, mais parce que des milliards de dollars ont été investis dans ce but ».
Face à cette tentative puissante de capter notre attention, nous nous sentons souvent un peu perdus. Et ce qui est en jeu, c’est bien la perte de contrôle ou — pour le dire d’un mot plus savant — la perte d’autonomie.
Producteurs de tabac en T-shirt
Les gourous de la Silicon Valley ne sont pas des anges venus aider l’humanité, comme ils aiment à se présenter.
En fait, ils ressemblent plutôt à des dealers ou à des propriétaires de casino. Comme un ancien ingénieur de Google l’a fait remarquer, votre smartphone est un peu comme une « machine à sous » fourrée dans votre poche.
Autrement dit : les milliards de dollars dépensés par les promoteurs de ces dispositifs numériques (du smartphone lui-même aux applications telles que Google, Amazon, Facebook, etc.) le sont dans un but précis : vous rendre accro.
Cal Report ose donc le mot : les outils numériques créent de — ou plutôt des — addictions. Certes, celles-ci sont de nature « modérée », mais néanmoins préoccupante.
Pour étayer son affirmation, il se base sur les travaux du psychologue Adam Atler.
Celui-ci montre que les entreprises citées plus haut cherchent à opérer au niveau de deux mécanismes classiques de l’addiction comportementale :
Le renforcement positif intermittent ;
Le besoin d’approbation sociale.
Dans le livre, l’auteur prend plusieurs exemples pour expliciter ces processus psychologiques.
Une course aux armements déséquilibrée
Face à la puissance de tir de ces firmes technologiques, les individus se sentent — nous l’avons dit — souvent impuissants. Pourtant, nous avons les moyens de résister.
Il nous faut pour cela mettre en place une stratégie sérieuse, munie d’un plan concret d’actions. Nous allons en présenter les grandes lignes dans le chapitre qui suit.
Chapitre 2 : Le minimalisme digital
Une solution minimale
Voici comment Cal Report définit le minimalisme digital :
« Philosophie de l’usage des technologies dans laquelle vous concentrez votre temps passé en ligne sur un petit nombre d’activités soigneusement choisies et optimisées, très propices à ce qui est important pour vous, et vous renoncez d’un cœur léger à tout le reste. » (Réussir [sa vie] grâce au minimalisme digital, p. 42)
Cette philosophie pratique requiert de mettre en place des analyses coûts/bénéfices : qu’est-ce qui m’intéresse le plus entre x et y ?
Par exemple : le soir, est-ce que je préfère passer mon temps à scroller Facebook ou raconter une histoire à ma fille ? Qu’est-ce qui, pour moi, fait le plus de différence positive ?
Cette façon de voir les choses n’implique pas de renoncer à tous les avantages offerts par le numérique. Mais elle impose un choix drastique et conscient sur la meilleure manière d’utiliser ces technologies.
L’auteur rapporte les cas de plusieurs personnes qui se sont converties au minimalisme digital. Certaines d’entre elles ont délibérément choisi de rester partiellement connectées, que ce soit pour leur travail ou pour rendre possible certaines activités de loisir, notamment.
Les principes du minimalisme digital
Voici les 3 principes mis en avant par Cal Report dans son ouvrage :
L’encombrement coûte cher : tant au niveau financier que symbolique (les inconvénients ou petits bénéfices à court terme par rapport aux bénéfices réels ou à long terme).
L’optimisation est importante : utiliser une technologie, pourquoi pas ; en faire usage de la meilleure manière possible en fonction de nos objectifs, c’est mieux.
L’intentionnalité est satisfaisante : être capable de se montrer déterminé et volontariste face au numérique apporte en soi une satisfaction et donne plus de sens à la vie quotidienne.
Un argument en faveur du principe numéro 1 : la nouvelle économie de Thoreau
Henri David Thoreau est mondialement connu pour son ouvrage Walden ou la vie dans les bois. Ce philosophe états-unien de la fin du XIXe siècle voulait expérimenter un autre type d’existence, plus simple et plus sobre.
Ce qu’il a fait en partant vivre plusieurs années dans une cabane, construite par ses soins, dans les bois de Walden Pond.
Le récit de son expérience n’est pas seulement empreint de poésie et d’amour de la nature. Il est également riche en considérations domestiques sur la meilleure manière de gérer les ressources à sa disposition.
Henri D. Thoreau prend grand soin à comptabiliser ses dépenses et à noter, dans un carnet, le temps passé à accomplir ses activités quotidiennes.
Cette économie est basée sur un critère simple et nouveau : des « unités de vie ». Est-ce que le temps passé à faire quelque chose vous rapporte un bénéfice substantiel ou modeste ? Est-ce que ce n’est pas, tout simplement, du temps gâché ?
Cette façon de calculer amène le philosophe à refuser tout encombrement. Comme le résume Cal Newport :
« Nous sommes facilement séduits par le mince profit offert par la toute dernière appli ou le tout dernier service, mais nous oublions son coût exprimé dans la ressource la plus importante que nous possédions : les minutes de notre vie. » (Réussir [sa vie] grâce au minimalisme digital, p. 53)
Un argument en faveur du principe numéro 2 : la courbe des rendements
En économie, la loi des rendements décroissants stipule qu’arrivés à un certain stade de production, les investissements supplémentaires n’aboutiront plus à des bénéfices substantiels.
Autrement dit : il existe une limite naturelle à la production, un seuil au-delà duquel il est inutile de vouloir aller (à moins de vouloir perdre son argent et son temps).
Si nous considérons sous cet angle notre usage des technologies, nous pouvons nous rendre compte qu’il est possible de faire mieux avec moins.
Souvent, l’accroissement de temps et (parfois) d’argent dépensés en ligne n’augmente pas les bénéfices que nous retirons de cette activité virtuelle.
Il y a donc un espace d’optimisation à explorer. Par exemple :
Nous pouvons choisir de passer moins de temps sur Netflix en nous limitant à un visionnage en couple ou en groupe (bénéfice accru et gain de temps) ;
Nous pouvons supprimer les applications de médias sociaux de nos téléphones et ne consulter nos comptes qu’à partir d’un navigateur internet, à des heures précises (gain de temps pour une satisfaction égale, voire supérieure).
C’est à vous d’essayer : vous arriverez à trouver votre bon dosage personnel par essais/erreurs.
Un argument en faveur du principe numéro 3 : les leçons du pirate amish
Nous pensons souvent que les Amish vivent reclus du monde moderne et sont farouchement opposés à la technologie.
C’est faux ! L’auteur rapporte plusieurs témoignages de personnes ayant vécu dans des communautés Amish et qui rapprochent leur usage de la technologie des makers et des hackers.
En fait, la communauté Amish cherche à éviter les effets néfastes des techniques sur les individus et l’ensemble du groupe. Le confort compte moins que l’unité et la pérennité du vivre-ensemble.
Bien sûr, cet exemple a des limites. Les restrictions peuvent être trop fortes et l’inégalité des membres de la communauté (notamment des femmes) pose problème.
Toutefois, il y a un point à en retenir d’une incursion dans les communautés Amish ou mennonites (que l’auteur évoque également) : les personnes qui assument leur choix face aux technologies en retirent un grand sentiment de bien-être et d’autonomie.
Nouveau regard sur un conseil ancien
« Moins peut signifier plus », résume Cal Newport.
Ce principe n’est pas nouveau, mais il peut être à nouveau mis à profit dans nos façons d’utiliser les technologies digitales.
Ne succombons pas aux sirènes du technomaximalisme : plus d’informations, plus de connexions, plus d’options…
Apprenons au contraire à « faire le grand ménage » numérique !
Chapitre 3 : Le grand ménage numérique
Comment devenir (vite) minimaliste
Voici la proposition d’action numéro 1 de Cal Newport. Un grand ménage numérique en 3 temps :
Dites stop à tous vos appareils pendant 30 jours (digital detox) ;
Pendant ce temps, redécouvrez d’autres activités qui vous plaisent ;
Une fois cette période terminée, faites le point et réintroduisez les technologies dans votre vie seulement après avoir fait le point sur leur valeur et la façon dont vous pouvez les optimiser.
L’auteur a demandé à sa communauté de faire l’expérience : 1600 personnes ont répondu présentes !
Il tire deux conclusions majeures de l’analyse de ces précieux témoignages :
D’abord, cela fonctionne — une large partie des participants ont affirmé que ce grand ménage avait un effet positif sur leur vie quotidienne ;
Ensuite, ce n’est pas facile — il y a eu des abandons et de mauvaises compréhensions des règles. Et c’est justement pourquoi il est nécessaire de préciser les étapes dans la suite du chapitre.
Étape numéro 1 : définissez vos règles technologiques
Il n’est pas question de se priver de toute technologie pendant 30 jours. Nous parlons ici des dispositifs numériques tels qu’Internet, les applications de réseaux sociaux, etc. Il est évident que vos ordinateurs, tablettes et smartphones sont concernés.
Par contre, nous ne parlons pas de votre four à micro-ondes ou de votre brosse à dents électrique…
Mais quid des jeux vidéos ou de la télévision (en particulier de Netflix), par exemple ? À vous de décider. Sachez toutefois que les participants à l’expérience de Cal Newport ont estimé, dans leur grande majorité, qu’elles devaient faire partie du grand nettoyage.
Une règle : ne supprimez que les technologies qui sont facultatives, c’est-à-dire qui ne mettent pas en péril votre vie personnelle ou professionnelle.
Cela demande une réflexion préalable, car il faut distinguer dès ce stade entre le nécessaire et l’accessoire.
Pour aller plus loin, voyez les nombreux exemples donnés par l’auteur. Vous repérerez ainsi où vous vous situez et comment vous pourriez mettre en place des stratégies pour séparer le nécessaire et le facultatif !
L’objectif est d’obtenir une liste de technologies « interdites », ainsi que des procédures opérationnelles pertinentes pour bien vivre la cure.
Étape numéro 2 : respectez trente jours de pause
La première semaine sera sans doute compliquée. La tentation sera grande d’aller jeter un œil à vos écrans, mais résistez !
Une fois ce temps passé, vous aurez la sensation d’être libéré d’une emprise. Cela vous permettra de préparer sereinement la phase 3.
Attention : il ne s’agit pas d’une simple digital detox. Autrement dit, il ne s’agit pas de se réprimer, puis de retourner aux mêmes habitudes.
Durant les 30 jours de pause, comblez le temps nouvellement acquis par des activités plus riches de sens. Faites l’effort de sortir de zone de confort, explorez de nouveaux horizons ou retrouvez des activités qui vous tenaient à cœur.
Si vous savez quelles sont les activités qui vous nourrissent le plus, vous aurez moins de mal à acquérir cette autonomie face au numérique. Pourquoi ? Car vous saurez ce qui compte pour vous et vous apporte une satisfaction authentique.
Étape numéro 3 : réintroduisez les technologies
Ça y est : vous avez « réinitialisé votre vie numérique », comme le dit Cal Newport. Maintenant, que faire ? Eh bien, c’est le moment de reconsidérer avec soin vos usages des technologies digitales.
Pour vous décider, appliquez un filtre en trois étapes — c’est le « sélecteur de technologies minimalistes ». Pour qu’elle revienne dans votre vie, une technologie numérique doit être :
Au service de quelque chose qui a une réelle importance pour vous (et non simplement vous offrir un avantage quelconque) ;
Le meilleur moyen d’obtenir la valeur définie au point un (sinon, remplacez-la par une autre méthode) ;
Spécifiquement limitée dans son usage (à la fois au niveau du temps que vous y passerez et de la manière dont vous l’utiliserez).
« Ce processus vous aidera à cultiver une vie numérique dans laquelle les nouvelles technologies seront au service de vos valeurs profondes au lieu de les subvertir sans votre consentement. C’est lors de cette réintroduction soigneuse que vous prenez les décisions réfléchies qui feront de vous un minimaliste digital. » (Réussir [sa vie] grâce au minimalisme digital, p. 85)
Partie 2. Actions
Chapitre 4 : Passez du temps seul
Quand la solitude sauvait la Nation
Le président Lincoln, premier président des États-Unis, ne passait que 6 mois sur l’année à la Maison-Blanche.
Pourquoi ? Car il avait besoin de solitude.
À la Maison-Blanche, il était sommé de prendre des décisions rapides. Il ne pouvait pas non plus se dérober au public qui souhaitait lui rendre visite afin de lui demander telle ou telle chose.
Par contre, tranquillement installé dans son cottage, il pouvait penser à son aise. Était-ce pour se laisser aller à des pensées futiles ?
Non ! C’est sans doute grâce à ces moments cruciaux de solitude qu’il fut capable de prendre certaines des décisions les plus importantes de son mandat ; certains choix majeurs pour le pays tout entier.
Le prix de la solitude
La solitude a souvent une connotation négative. Pourtant, comme l’expliquent Raymond Kethledge et Michael Erwin dans leur livre à succès Lead Yourself First, elle recèle un grand nombre de bienfaits.
Pour ces auteurs, la solitude est avant tout un état subjectif. Peu importe l’environnement, c’est-à-dire que vous soyez effectivement isolé ou non. C’est ce qui se passe dans votre cerveau qui compte.
En fait, la solitude est un état de concentration sur vos propres pensées. Une chose que savaient déjà de nombreux artistes et intellectuels.
Mais nous devrions redécouvrir cette vertu : se désencombrer de la surcharge cognitive infligée par d’autres pour cultiver sa propre pensée originale et créative.
À l’heure actuelle, « cette surcharge est de plus en plus auto-infligée par notre préférence pour les distractions de l’écran numérique ».
Que perdons-nous ? Outre l’émergence de nouvelles idées et une meilleure compréhension de soi, la solitude apporte une proximité nouvelle avec les autres. C’est-à-dire ?
Eh bien, cela signifie que nous ne pouvons « goûter » (profiter, mais aussi évaluer) nos relations intimes que par contraste avec les moments de solitude.
Privation de solitude
Ce constat de manque de solitude à l’ère moderne n’est pas nouveau. Le bruit, la fureur des villes nous éloigne d’un rapport de proximité avec nous-mêmes.
Pour Cal Newport, le phénomène s’est aggravé avec l’iPod, puis le smartphone. Un simple coup d’œil à notre écran pour vérifier nos notifications (ou autre chose) nous éloigne de notre solitude.
L’auteur forge un concept pour marquer le problème. Il nomme cette incapacité à être seul « privation de solitude » et le définit de la manière suivante :
« État dans lequel le temps passé seul avec vos propres pensées sans apport d’autres esprits est presque nul. » (Réussir [sa vie] grâce au minimalisme digital, p. 102)
L’obsession de la connexion avec autrui, amplifiée par les réseaux sociaux, est une mauvaise chose. Les plus jeunes générations en souffrent. Les études en ce sens commencent à abonder. Cal Newport en résume plusieurs.
La cabane connectée
Revenons à David H. Thoreau, ce philosophe qui vécut un temps dans les bois. En fait, il ne vivait pas complètement isolé. Loin de là ! Sa cabane était visible depuis la route et il n’avait qu’à marcher une petite trentaine de minutes pour rejoindre la ville.
Le lieu, qui plus est, était fréquenté par des randonneurs. Ses amis et sa famille venaient également lui rendre visite. L’homme était donc rarement seul.
Pourtant, analyse Cal Newport, sa décision de vivre en ces lieux procède d’une volonté de se retrouver dans un état de solitude. La présence de la nature l’aidait à se plonger dans sa pensée et à retrouver ses capacités d’observation.
En fait, c’est l’alternance entre connexion et solitude qui importe le plus. Ce dosage rend la vie plus savoureuse et vous bénéficiez davantage à la fois de la compagnie et de la puissance de votre propre esprit.
Les propositions d’actions qui suivent sont conçues pour vous aider à générer ce cycle connexion-solitude. À vous de les adapter comme bon vous semble.
Action : laissez votre téléphone à la maison
Vous n’avez pas votre téléphone avec vous ? Et alors ? Est-ce vraiment un drame ? Respirez, détendez-vous. Vous n’en avez pas besoin dans l’immédiat.
Et si vous alliez vous balader sans lui ? Et pourquoi pas, même, le laisser à la maison toute une journée… Au minimum, si cette solution est trop compliquée, laissez-le dans la boîte à gants de votre voiture.
Il n’est pas question de vous débarrasser de votre téléphone, non. Mais d’expérimenter de temps à autre la vie sans lui. Si vous avez 40 ans ou plus, vous vous souvenez sans doute que vous pouviez sans peine le faire il y a quelques années encore.
Action : faites de longues marches
De nombreux philosophes adorent la marche. C’est le cas de Friedrich Nietzsche, mais aussi de Jean-Jacques Rousseau, entre autres.
Vous pouvez vous promener pour différentes raisons. Cal Newport rapporte qu’il aime marcher pour profiter du beau temps ou aller à la rencontre de lieux qui lui rappellent des souvenirs.
Elles aident à penser et à se maintenir en forme. Elles sont surtout, pour le sujet qui nous intéresse ici, une source de solitude incomparable. Marcher régulièrement améliore grandement le bien-être pour toutes ces raisons.
Action : écrivez-vous des lettres
L’auteur évoque également une autre habitude personnelle : il tient un carnet personnel. Adepte de la marque Moleskine, il rédige dans ses carnets, année après année, ses idées, projets et réflexions diverses.
Plus généralement, la « pratique de réflexion par l’écriture » est quelque chose que mettait déjà en place le président Dwight D. Eisenhower, ou Abraham Lincoln, par exemple.
Peu importe le support et le genre (épistolaire ou non) : « l’essentiel est l’acte d’écrire lui-même », affirme l’auteur. En effet, en écrivant, vous vous concentrez et rejetez temporairement au-dehors de vous toutes les sollicitations étrangères — et notamment numériques.
Chapitre 5 : Ne cliquez pas sur « J’aime »
Le plus grand duel sportif
Vous pensiez que pierre-papier-ciseaux était un jeu bête et dénué d’intérêt ?
Détrompez-vous ! Non seulement il en existe une ligue nationale américaine, qui a ses joueurs vedettes et ses tournois, mais il apparaît également que ce « sport » est exigeant et épuisant.
Pourquoi ? Car, en réalité, ce jeu peut receler des trésors de psychologie humaine. En tout cas, les meilleurs joueurs doivent avoir de bonnes compétences en analyse des comportements et savoir communiquer de façon subtile pour influencer autrui.
Bref, ce jeu implique — mine de rien — des raisonnements sociaux complexes. Ceux-ci sont essentiels à notre existence. Nous devrions donc en prendre soin en limitant l’interférence négative des outils numériques.
L’animal social
Cal Newport rapporte les études de sciences cognitives de l’équipe du psychologue Matthew D. Lieberman.
Les résultats sont sans appel : notre cerveau (le réseau « par défaut ») consacre une énergie importante à « comprendre l’esprit des autres, y compris leurs sensations et leurs intentions ».
En bref, comme les joueurs professionnels de pierre-papier-ciseaux, nous cherchons sans cesse à lire les pensées d’autrui. Une conclusion s’impose : comme le disait déjà le philosophe Aristote 4 siècles avant notre ère, nous sommes des « animaux sociaux ».
Nous pourrions penser que les outils numériques favorisent cette tendance, n’est-ce pas ? Et pourtant, ce n’est pas le cas.
En réalité, les outils de communication numériques affaiblissent les liens et les échanges d’information — là où l’évolution biologique nous a habitués à des interactions riches en face à face.
Le paradoxe des médias sociaux
Les réseaux sociaux sont-ils en cause directement ? Ses promoteurs défendent l’idée que ce qui pose problème n’est pas l’outil en soi, mais sa mauvaise utilisation. Ce n’est toutefois pas si sûr.
Cal Newport s’appuie sur plusieurs études et articles pour faire le point. Il en résulte un étrange paradoxe que l’auteur exprime en ces termes : « les médias sociaux vous donnent le sentiment d’être à la fois connecté et solitaire, heureux et triste ».
Pour l’auteur, qui cherche ici à cerner où se trouve le problème, le problème vient du fait que les réseaux sociaux peuvent contribuer à détacher les personnes des activités du monde réel, « hors réseau ».
En bref : un « J’aime » ne vaudra jamais un café en face à face avec un ami… Pourquoi ? Car nous avons besoin, en tant qu’animaux sociaux, d’une socialité plus intense.
Celle-ci est certes plus difficile à mettre en place, et il est souvent plus facile de choisir la version « rapide » en ligne, qui donne des résultats immédiats. Pourtant, le bénéfice à long terme d’une rencontre en chair et en os est bien plus grand.
Autre point : nous avons signalé plus haut les dangers de l’économie de l’attention. Les entreprises cherchent à utiliser notre besoin de reconnaissance et de socialité pour nous « attacher » à nos smartphones et applications.
Les « J’aime » assurent cette fonction : vous recevez une notification pour vous prévenir que quelqu’un a mis un « J’aime » sous votre post et vous ne pouvez que difficilement vous empêcher d’y jeter un œil. Vous avez été « capté ».
Reprenons la conversation
La conversation se distingue de la connexion. C’est ce qu’étudie Sherry Turkle dans son essai remarqué, Reclaiming Conversation.
Dans la conversation, nous apprenons à écouter, à faire usage d’empathie ; nous utilisons le ton adapté et faisons preuve de nuance. Cela n’a pas cours dans les petites doses de connexion quotidiennes.
Selon l’auteure, il est toutefois possible de renouer avec la conversation. Certes, sa solution va globalement dans le sens du minimalisme digital. Toutefois, elle n’attire pas suffisamment l’attention sur l’importance d’un changement de comportement face à nos dispositifs numériques.
Pour aller plus loin, Cal Newport propose de parler de communication métaconversationnelle, un concept qu’il expose p. 140-143. Plus concrètement, voici les quelques actions qu’il vous propose de mener.
Action : ne cliquez pas sur « J’aime »
Le bouton « J’aime » a été inventé à l’origine par FriendFeed en 2007, puis repris par Facebook en 2009.
Ce n’est pas seulement une façon simple de montrer son assentiment. C’est aussi et surtout une façon, pour les algorithmes mis au point par ces entreprises, de calculer précisément ce que vous préférez et de vous proposer des contenus (promotionnels ou non) en fonction de celles-ci.
Mais concentrons-nous sur l’intérêt du « J’aime » pour la communication.
En fait, il n’apporte rien, ou vraiment pas grand-chose. Au lieu de converser et de nuancer votre propos, vous n’apportez qu’un seul bit d’information, sans saveur, à votre interlocuteur (si l’on peut encore l’appeler ainsi).
La méthode de Cal Newport est la suivante : au lieu d’y voir un moyen de saluer un ami, voyez le bouton « J’aime » comme un poison. Faites de même avec les petits commentaires inutiles du genre « Trop mignon !! ».
Pourquoi ? Afin de préserver les relations à haute valeur ajoutée. Nous croyons pouvoir manier les deux — connexion à faible valeur et conversation à haute valeur —, mais les études montrent que ce n’est que rarement le cas.
Comment faire ? En prévenant, par exemple sur votre mur Facebook, que vous allez renoncer (au moins un temps) à ces petits gestes. Vous pouvez même expliquer pourquoi.
Il y a de fortes chances pour que cela soit bien accueilli. Mais si certaines personnes doivent sortir de votre « orbite sociale », laissez-les s’en aller.
Action : regroupez vos écritures
Quid des messages textuels ? Les SMS sont aujourd’hui devenus un moyen de communication privilégié. Pour un grand nombre d’entre nous, il serait difficile, voire impossible de s’en passer.
Cal Newport propose un compromis qu’il nomme le regroupement d’écritures.
Comment le mettre en place ?
Première étape : vous mettez votre téléphone en mode « Ne pas déranger » afin de couper l’arrivée des SMS et des notifications (il est possible de le faire tout en conservant, si vous le souhaitez, les appels urgents).
De cette façon, vous devez aller voir vous-même, quand vous le décidez, qui vous a écrit. Cette façon de faire vous libère d’avoir à regarder ou à répondre directement aux messages.
Deuxième étape : répondre à tous les messages en même temps.
Vous serez certes moins disponibles, mais vous améliorerez la profondeur des relations. C’est un principe que vous pourrez également retrouver dans Cessez d’être gentil, soyez vrai !
Action : des heures ouvrables pour les conversations
Faites de même — ou presque — avec les conversations téléphoniques. Désignez des « heures ouvrables » au cours desquelles vous êtes disponible pour converser par téléphone (ou Skype, par exemple).
C’est assez simple à mettre en place et nous le faisions facilement auparavant, et pourtant nous avons presque oublié comment le faire ! Il suffit d’établir un créneau horaire pour s’appeler…
Dans l’idéal, réservez des plages fixes, afin d’aider autrui à mémoriser vos moments de disponibilité.
« La stratégie des heures ouvrables de conversation est efficace pour améliorer votre vie sociale, car elle surmonte le principal obstacle à une socialisation pleine de sens : la crainte d’ennuyer les gens en leur téléphonant. Les gens adorent les vraies conversations, mais cet écueil suffit souvent à les dissuader. Si vous l’éliminez grâce à des heures ouvrables de conversation, vous serez surpris de constater combien de contacts satisfaisants supplémentaires vous pouvez faire tenir dans une semaine normale. » Réussir [sa vie] grâce au minimalisme digital, p. 153
Chapitre 6 : Récupérez vos loisirs
Le loisir et la bonne vie
Le minimalisme est une éthique en ce sens qu’il s’intéresse à ce qu’est une « bonne vie ». Si nous suivons Aristote sur ce thème, nous découvrons que le bonheur s’obtient par la réalisation d’activités plaisantes en elles-mêmes.
Le philosophe de la Grèce antique nous apprend en effet à aimer la contemplation, car c’est une activité que nous pouvons pratiquer pour elle-même, sans qu’elle ne doive s’orienter vers un but extérieur (manger, gagner de l’argent, vaincre un ennemi, etc.).
Cal Newport généralise et actualise cette pensée : pour lui, les « loisirs de haute qualité » sont ceux que nous faisons pour eux-mêmes, simplement car il nous apporte une « joie intérieure ».
Quel rapport concret avec les technologies numériques ? Eh bien, elles nous incitent à nous satisfaire de « loisirs de basse qualité » qui ne nous rendent pas vraiment heureux. Ceux-ci nous rendent juste les problèmes et l’ennui de la vie quotidienne plus supportables.
Lorsque nous nous en passons, nous nous retrouvons face au sentiment diffus de manque. La solution consiste à prévoir à l’avance quelles seront les activités de qualité que nous feront une fois les dispositifs numériques rangés dans l’armoire.
Le Principe de Bennet
Connaissez-vous la communauté FI (Financial Independence) et en particulier le mouvement FI 2,0, qui prône la liberté financière rapide, bien avant l’âge de la retraite ?
Les adeptes de ce mouvement cherchent à atteindre une indépendance financière complète (c’est-à-dire ne plus avoir à travailler pour subvenir à leurs besoins pendant le reste de leur vie) le plus rapidement possible.
La solution passe par la frugalité, c’est-à-dire la réduction drastique des dépenses. Mais ce qui intéresse au plus haut point Cal Newport, c’est que ces personnes s’intéressent de près à la façon de mener leur vie. Et notamment à la qualité de leurs loisirs.
Voici deux sites de personnalités FI 2,0 qui pourraient vous inspirer :
Mr. Money Mustache de Pete Aden ;
Frugalwoods de Liz Thames.
Leur point commun ? Ils passent leur journée à faire beaucoup, beaucoup de choses. Leurs loisirs ne sont pas passifs, mais actifs : ils fabriquent, rangent, composent, écrivent, tondent, récoltent, etc. Bref, ils sont friands d’activités intenses !
Celles-ci nécessitent des apprentissages et apportent des satisfactions plus durables. Et, chose étonnante : elles augmentent votre énergie pour le travail.
« Dépenser plus d’énergie dans ses loisirs (…) peut en fin de compte rendre plus énergique », affirme Cal Newport à la suite d’un célèbre auteur de développement personnel du début du XXI siècle, Dan Bennett. C’est pourquoi il l’appelle « le principe de Bennett ».
De l’artisanat à la satisfaction
L’artisanat est une excellente source de loisir créatif et de haute qualité, procurant une satisfaction intense.
Dans une société dominée par les écrans, nous avons besoin de retrouver le goût et le sens des savoir-faire manuels. Telle est la conviction de l’auteur, qui suit en cela la pensée de plusieurs intellectuels américains contemporains.
L’artisanat, c’est-à-dire le plaisir d’avoir créé quelque chose de ses propres mains, procure une satisfaction plus profonde pour au moins deux raisons.
D’abord, nous construisons des objets qui durent dans le temps et que nous pouvons toucher.
Ensuite, ces objets peuvent devenir des sources de fierté et de reconnaissance par les pairs.
Certes, l’action numérique (écrire des articles de blog ou un programme informatique, par exemple) peut également être source de satisfaction et être rapprochée de l’artisanat. Toutefois, elle n’a pas de rapport direct avec « le monde réel ».
Si vous travaillez déjà dans le domaine informatique, l’auteur vous conseille donc de vous en tenir à la définition plus traditionnelle de l’artisanat pour vos loisirs.
Construisez des objets réels. « Laissez une bonne trace de vous-même. Faites du bon travail », comme le dit Gary Rogowski.
Une vie sociale suralimentée
Ici, l’auteur défend l’intérêt des jeux de société. Ceux-ci permettent, selon lui, d’augmenter la vie sociale. Et de le faire hors du numérique.
Les jeux de table créent un espace fermé, propice à la création de liens et au développement des émotions. Durant une partie, quelques heures, vous entrez dans un rôle social et vivez plus intensément.
D’un autre côté, Cal Newport évoque aussi la mouvance du fitness social, qui a pour but principal de générer un vrai sentiment d’appartenance à une communauté (plus que de faire du sport).
Le CrossFit, si célèbre aujourd’hui, en est issu directement. L’objectif : faire du sport et créer de la camaraderie.
Ces activités ont au moins deux points communs :
Elles obligent à passer du temps avec les autres ;
Elles obligent à respecter des règles.
Ces deux éléments peuvent paraître contraignants, et pourtant ce sont eux qui améliorent notre sentiment d’appartenance à une communauté, de liberté et de joie au quotidien.
La renaissance du loisir
Il existe des loisirs de haute qualité qui sont liés à Internet. Celui-ci permet même une « renaissance du loisir » tout à fait intéressante. Il ne s’agit donc pas d’opposer de façon caricaturale loisir de faible qualité numérique et loisir de qualité non numérique.
Comment aide-t-il ? Principalement en se faisant le relais d’activités de qualité dans le monde réel :
Internet aide à trouver des communautés d’intérêts ;
Et donne accès à des informations utiles et parfois obscures.
Les blogs, ainsi que YouTube, par exemple, peuvent donc être utilisés avec un grand intérêt. Le principal est qu’ils demeurent dans un rôle de soutien aux activités « analogiques » (non numériques).
Action : réparer ou fabriquer quelque chose chaque semaine
Retrouver de l’habilité — être capable de réparer telle ou telle chose et d’acquérir des compétences manuelles — vous apportera un sentiment de puissance, de capacité.
Voici une liste de petites choses à faire vous-même dressée par l’auteur :
Faire la vidange de votre voiture ;
Construire une tête de lit sur mesure ;
Commencer un carré potager ;
Apprendre un nouveau morceau de musique (voire un nouvel instrument, mais cela demandera plus d’effort).
Essayez d’agir de la sorte sur 6 semaines, en privilégiant une compétence par semaine.
Vous n’êtes pas obligé de commencer par des choses compliquées. Suivez d’abord des instructions pas à pas, puis, si le sujet vous plaît, lancez-vous dans des projets plus complexes.
L’objectif : vous redonner envie de vous de mettre les mains dans le cambouis !
Action : programmer vos loisirs de basse qualité
« Voici ma suggestion : réservez à l’avance le temps que vous consacrerez à des loisirs de basse qualité. C’est-à-dire, spécifiez à quels moments vous vous adonnerez au surf sur le Web, aux visites de médias sociaux et aux divertissements en streaming. Dans ces moments, tout peut faire l’affaire (…). Mais hors de ces périodes, restez hors ligne. » (Réussir [sa vie] grâce au minimalisme digital, p. 184)
Selon Cal Newport, cette stratégie est efficace car :
Vous protégez ainsi les activités intenses des perturbations inutiles en ligne ;
Vous ne renoncez pas complètement à des moments de diversion numérique.
Action : adhérer à quelque chose
En prenant l’exemple de Benjamin Franklin, grand ingénieur et homme social, l’auteur nous invite à faire partie de sociétés ou de groupes dans lesquels nous pouvons pratiquer des activités avec autrui (la lecture, les jeux de société, une action militante ou mille autres choses).
L’essentiel est de faire le premier pas : adhérez, puis apprenez à côtoyer les autres et à vous joindre à l’ambiance de ces groupes. Il est fort probable que vous en retiriez une grande satisfaction.
Action : suivre des plans de loisirs
Ceux qui s’organisent correctement sont souvent ceux qui réussissent le mieux au niveau professionnel. Et si vous agissiez de la même façon au niveau personnel ?
L’auteur vous propose de créer un plan saisonnier (ou trimestriel) et un plan hebdomadaire de loisirs.
Dans le plan saisonnier, vous veillerez à indiquer :
Un objectif ;
Des stratégies (pour mener à bien votre objectif) ;
Des habitudes (qui viennent en plus de l’objectif principal).
Pour établir votre plan hebdomadaire, vous utiliserez le plan saisonnier en cours. Vous indiquerez les créneaux horaires dédiés à vos loisirs, de façon claire et réaliste. Prenez le temps de vous en imprégner en début de semaine.
Si cela vous paraît nécessaire, faites également le point, chaque semaine, sur les progrès réalisés.
Cal Newport est un fervent défenseur de cette vision planificatrice. Selon lui, elle n’enlève pas la spontanéité, mais permet au contraire de prendre davantage conscience des temps que nous nous octroyons à nous-mêmes et d’en augmenter la fréquence.
Chapitre 7 : Rejoignez la Résistance de l’attention
David et Goliath 2.0
Goliath 2.0, c’est Facebook — et de façon étendue, tous les services « gratuits » d’autres firmes qui cherchent à nous maintenir « verrouillés » sur nos écrans. Pour le dire autrement, Goliath, c’est donc toute cette économie de l’attention dont nous avons parlé depuis le début de ce livre.
Vous l’aurez compris : David, c’est vous ou toute personne soucieuse d’exercer son esprit critique afin de reprendre le contrôle de son attention et, plus largement, de son existence (numérique et hors numérique).
Comme dans le mythe, la lutte n’est pas égale. Vous n’avez très probablement pas le millième des ressources (financières, mais pas que) que possèdent ces entreprises. Mais vous avez néanmoins ce pouvoir de résister au marché qui vous est proposé.
Pour Cal Newport, il s’agit d’un véritable mouvement en marche, celui de la « Résistance de l’attention ». Dans ce dernier chapitre, l’auteur vous donne quelques actions pour vous engager en faveur de ce mouvement.
Action : supprimer les médias sociaux de vos téléphones
Ne prenons que l’exemple de Facebook : ses revenus publicitaires sont générés à 88 % (en 2017) par les annonces sur mobile.
Si vous supprimez votre application Facebook de votre téléphone, ce sera déjà un geste en faveur de la résistance à la capture de votre attention par les marques en tout genre.
« Vous n’avez pas besoin de faire une croix sur ces services, renoncez seulement à y accéder partout où vous allez », précise Cal Newport.
Action : transformer vos appareils en ordinateurs spécialisés
Cal Newport évoque une application utile pour bloquer les notifications et la connexion à Internet durant des plages horaires que vous pouvez choisir : Freedom.
Pourquoi priver votre ordinateur de sa puissance et de sa polyvalence ? N’est-ce pas paradoxal ? « Non », répond l’auteur.
Pour être productif, vous avez besoin de rester focaliser sur votre tâche quand vous travaillez sur ordinateur. Or, la possibilité d’alterner rapidement entre le traitement de texte et la recherche sur le Web, par exemple, peut clairement détériorer la productivité.
Encore une fois, il n’est pas question de se couper définitivement des applications de divertissement, des réseaux sociaux ou d’Internet, mais simplement d’en mieux réguler l’usage en les bloquant à dessein durant les heures où vous n’en avez pas besoin.
Action : utiliser les médias sociaux comme un professionnel
Les spécialistes des réseaux sociaux ne les utilisent pas, en général, comme les utilisateurs moyens. Ils cherchent à en tirer le maximum dans un objectif professionnel. Nous pouvons nous inspirer de leurs stratégies.
Voici quelques conseils issus de l’analyse, par l’auteur, de la pratique d’une experte en médias sociaux :
Ne pas utiliser les réseaux sociaux comme source de divertissement passif (inscription à des groupes pour leur simple côté « fun », scroll infini du fil d’actualité, etc.) ;
Suivre un petit nombre seulement de comptes directement en lien avec ses centres d’intérêt professionnels (ou pourquoi pas, dans un cadre élargi, personnel) ;
Réserver Facebook aux contacts personnels ou familiaux et se limiter à 150 (le nombre de Dunbar) et ne l’utiliser qu’une fois ou deux par semaine ;
Utiliser Twitter comme un radar pour détecter de nouvelles idées ou tendances, en utilisant notamment la fonction de thresholding (création de seuils) disponible avec un outil tel que TweetDeck.
Action : opter pour le Slow Media
Le mouvement Slow Media est né en Allemagne dans les années 2010. Il s’inspire du mouvement Slow food créé en Italie à la fin du XXe siècle pour s’opposer à l’implantation d’un Mc Donald à Rome (et plus largement à la fast food).
L’idée consiste essentiellement à « transformer la consommation des médias en expérience de haute qualité ».
Aux États-Unis, la tendance est plutôt à la diète : Timothy Ferriss, qui a écrit La semaine de 4 heures (entre autres), a notamment popularisé l’idée de consommer moins d’informations.
Les deux approches ont leurs mérites et Cal Newport nous invite à tester l’approche slow. C’est-à-dire, en premier lieu, se concentrer sur les meilleures sources possibles.
Choisissez également très bien les rédacteurs que vous suivrez. Qu’ils soient journalistes ou blogueurs, choisissez-les car ils ont fait la preuve de la qualité de leurs analyses et commentaires.
Action : abêtir votre smartphone
Vous pouvez aller jusqu’à vous munir d’un téléphone à grosses touches sans aucune connexion à Internet ou d’un Nokia 3310, mais il n’est pas obligatoire d’aller jusque là !
Si l’intérêt d’abêtir nos téléphones se fait de plus en plus sentir, nous voulons tout de même, dans la plupart des cas, pouvoir bénéficier de certains de ses avantages.
Plusieurs solutions existent. L’une d’entre elles est le Light Phone (voir p. 221). L’autre, déjà évoquée, consiste à supprimer les apps que vous ne voulez plus utiliser.
« Déclarer votre indépendance par rapport à votre smartphone est probablement le pas le plus sérieux que vous puissiez accomplir vers la résistance de l’attention. Car les smarpthones sont le cheval de Troie favori de l’économie d’attention numérique. » (Réussir [sa vie] grâce au minimalisme digital, p. 222)
Conclusion sur « Réussir (sa vie) grâce au minimalisme digital » de Cal Newport :
Ce qu’il faut retenir de « Réussir (sa vie) grâce au minimalisme digital » de Cal Newport :
Le point fort du livre est de proposer une solution de résistance simple et efficace à l'économie de l'attention qui gangrène nos vies. Du moins si nous n'y prenons pas garde.
Cal Newport cherche avant tout à nous donner des outils pour agir différemment. Sa philosophie reste simple et pratique. Néanmoins, il l'envisage comme une philosophie de vie ou comme une éthique globale.
Et en effet, le numérique s'infiltre aujourd'hui dans toutes les sphères de nos existences, aussi bien au niveau privé que professionnel.
Son propos est avant tout de nous aider à supprimer les moments inutiles ou à faible valeur ajoutée : ces instants où, par ennui ou dépit, nous consultons machinalement notre smartphone ou nous laissons aller à la procrastination.
L'auteur insiste : avant d'être une "faute" individuelle, c'est avant tout le résultat de techniques mises en place par les plateformes et plus généralement les entreprises du Web 2.0. Or, cela rend encore plus urgent de s'en libérer.
Les solutions proposées sont finalement assez simples. Au cœur du processus, vous trouverez l'idée de faire une pause numérique durant un mois afin de réorganiser votre vie autour des objectifs qui comptent vraiment pour vous.
Car ne l'oubliez pas : le numérique doit vous apporter des outils pour améliorer votre propre existence, et non vous enfermer sur vous-même tout en profitant avant tout aux géants du Web.
À lire aussi : La fabrique du crétin digital.
Points forts :
Une philosophie claire ;
Des conseils pour la mettre en œuvre ;
Une vision critique, mais pas radicale ;
Si vous êtes blogueur ou autre, vous pourrez continuer à travailler en ligne, même en devenant un minimaliste digital !
Point faible :
Je n'en ai pas trouvé.
Ma note :
★★★★★
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December 4 2023, 5:00pm
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Slasheurs, designers, gamers : quels seront les jobs de nos enfants demain
Résumé de "Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain" de Stéphane Biso : ce livre nous projette dans le futur du travail ; il décrit les transformations radicales des métiers et de l'éducation à venir face à l'innovation technologique et propose des pistes pour nous préparer et préparer nos enfants à ces changements.
Par Stéphane Biso, 2019, 192 pages.
Chronique et résumé de "Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain" de Stéphane Biso
Introduction
Un jour de rentrée scolaire : le déclic de l’auteur, père de famille, quant à l’avenir de son fils
Dans l’introduction de son livre "Slasheurs, designers, gamers", l’auteur, Stéphane Biso partage une réflexion qui a émergée lors de la plénière de la rentrée scolaire de son fils, lorsque le discours du chef d’établissement coordinateur a mis en évidence l'évolution des entreprises et l'apparition de nouveaux métiers.
L’auteur comprend ce jour-là, ce que sera vraiment le futur professionnel de son fils : des métiers transformés, originaux, différents de ceux que nous connaissons et entièrement impactés par le secteur du numérique.
Devant cette prise de conscience, Stéphane Biso se dit chanceux de la clarté des ambitions de son fils. Celui-ci se projette déjà comme un "design maker". Il souhaite travailler en tant que freelancer "slasheur". Autrement dit, il souhaite devenir multi-entrepreneur avec plusieurs identités professionnelles.
L'auteur a alors un déclic. Il sait, en tant que parent, qu’il est bien sûr responsable de sa scolarité ; il fera en sorte que celle-ci soit la meilleure possible. Mais il réalise surtout, à ce moment-là, qu’il n’aura accompli son devoir "que lorsqu’il accédera à un enseignement lui permettant d’exercer un métier passionnant et de vivre une vie remplie de joie".
L’adaptabilité, la créativité et le non-conformisme : des clés dans ce contexte en constante évolution
L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" met ainsi l'accent sur le besoin d'une vie épanouissante.
Inspiré par les pensées de Darwin, Pierre Rabhi ou encore Steve Jobs, il met également en lumière, l’importance d’une vie riche et créative pour nos enfants, loin des chemins prédéfinis et conformistes.
"Nous ne souhaitons pas que notre fils suive une vie ordinaire, prédéfinie, conformiste. Nous lui souhaitons une vie remplie d’éléments enrichissants, multiculturels, non conformes, où l’envie, le bonheur et la créativité n’auront aucune limite."
Le lecteur est ici invité à réfléchir à l'avenir de nos enfants dans ce contexte en constante mutation. Un avenir où les codes traditionnels de l'entreprise sont dépassés et où l'adaptabilité est clé.
Repenser l’éducation en valorisant l’échec
L’auteur rappelle ensuite que la chute n’est pas un échec. "L’échec est de rester là où l’on est tombé" lance-t-il.
Cette introduction se poursuit alors avec l’idée que l’échec doit être perçu comme une opportunité d'apprentissage et d'évolution. De ce fait, iI doit être encouragé. Selon l’auteur, il y a ici une part culturelle à considérer, notamment entre l’éducation européenne et l’éducation anglo-saxonne.
Deux situations très parlantes sont décrites pour illustrer cette idée.
Dans un jardin d’enfants, une fillette fait une petite chute en faisant du toboggan. "La mère américaine lui dira : "c’est bien, tu auras au moins essayé". La mère européenne lui dira : "tu vois, je te l’avais dit"."
Le deuxième exemple montre comment l'échec entrepreneurial est perçu comme une expérience enrichissante dans les cultures anglo-saxonnes.
Pour appuyer sur cette nécessité de repenser l'éducation, d'apprendre à faire confiance en soi et de valoriser l'échec pour préparer nos enfants à leur avenir professionnel, l’auteur raconte les échecs de personnalités célèbres.
Albert Einstein, Walt Disney, Oprah Winfrey, Michael Jordan, Steve Jobs, et les Beatles : tous ont un parcours parsemé d’échecs. Et pourtant, nous savons tous qui ils sont devenus.
Aussi, ces histoires passionnantes illustrent bien la notion qu'il faut oser tenter de nouvelles choses, même si cela implique parfois l'échec.
Cette idée est appuyée dans le livre "Slasheurs, designers, gamers" par un extrait du célèbre discours de Steve Jobs à Stanford en 2006. Ce que souligne ce passage du discours, c’est la valeur de suivre son intuition et de ne pas perdre de temps à vivre une vie qui n’est pas la sienne en se laissant influencer par les dogmes extérieurs.
La progression technologique
L’auteur parle ensuite de son inspiration et de son rôle en tant que designer.
Il explique comment son cadre professionnel évolue constamment.
Stéphane Biso travaille, en effet, dans un environnement de plus en plus connecté, augmenté. Il utilise des outils technologiques avancés : "nous utilisons des smartphones beaucoup plus puissants que les appareils qui ont permis à la NASA d’aller sur la Lune" s’amuse l’auteur. Il collabore avec des startups. Tout cela modifie sa manière d’exercer sa pratique, notamment par l'exploitation des objets connectés, la gamification des aspects marketing et la rupture des silos organisationnels.
L’introduction du livre "Slasheurs, designers, gamers" évoque ensuite :
La notion d'Homme augmenté.
Les trois étapes de la transformation, selon Schopenhauer, qu’elle soit industrielle, sociétale ou digitale : d’abord, on vous dit que c’est "ridicule", ensuite, on vous dit que c’est "dangereux", enfin, on vous dit que c’est "évident". Le parcours d'Apple est notamment raconté pour illustrer ces étapes.
L’évolution rapide de la technologie, de l'apparition des écrans plats à celle des voitures volantes.
Enfin, l'auteur pose la question de l'entreprise de demain face à cette mutation et aux enjeux que rencontreront les enfants dans ce nouveau monde du travail.
Ce que propose le livre selon Stéphane Biso
"Slasheurs, designers, gamers" se propose de :
Explorer ce que pourrait être l'entreprise 3.0 selon les indices que nous en percevons déjà, quelles évolutions étonnantes nous pourrions être amené à vivre dans les prochaines années.
Partager des clés pour mieux comprendre comment le design peut accompagner cette révolution historique.
Partie 1 – Une nouvelle génération d’entreprise ?
1.1 – Accélération et ruptures technologiques
Dans le premier chapitre de son livre "Slasheurs, designers, gamers", Stéphane Biso nous décrit comment le monde évolue aujourd’hui à une cadence ahurissante.
Il nous rappelle notre quotidien il y a une décennie à peine : les smartphones étaient une nouveauté, Facebook faisait timidement ses premiers pas. Et depuis, notre population mondiale s'est enrichie d'un milliard d'âmes supplémentaires !
Tout cela a considérablement influencé notre vision du monde, notamment sur notre consommation technologique et son impact sur l'environnement.
Stéphane Biso qualifie judicieusement cette période de transition intense de "rupture".
Et il identifie cinq domaines clés de cette rupture :
Première rupture - Des systèmes de production d’énergie décentralisée
Pour Stéphane Biso, le futur semble briller d'un nouvel éclat, surtout lorsque l'on se penche sur l'univers énergétique.
Oubliez les géants monolithiques qui contrôlent tout, l’ère de la "démocratie énergétique" est à nos portes. Car en effet, la façon dont l'énergie est produite et consommée pourrait bien être révolutionnée d'ici quelques années, affirme l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers".
Au cœur de cette transformation se trouvent deux concepts :
Enernet : inspiré par l'alliance des mots "énergie" et "Internet", "l'Enernet est un concept qui propose de mettre les technologies numériques au service des besoins énergétiques". Il s’agit d'un réseau d'échange d'énergie en peer to peer, fonctionnant sur le même modèle qu’Internet.
Smart grid : nous n’avons plus simplement un réseau électrique, mais désormais un réseau intelligent. En bref, c'est une plateforme qui "favorise la circulation d’informations entre les fournisseurs et les consommateurs afin d’ajuster le flux d’électricité en temps réel", permettant une gestion optimisée de l'électricité.
Le mariage du numérique et de l'énergétique promet une distribution d'énergie révolutionnaire. Grâce à ces innovations, les entreprises bénéficieront d'une autonomie sans précédent.
Deuxième rupture - La transformation du numérique en matière
Stéphane Biso envisage ensuite un futur où "l’industrie deviendra non seulement connectée, mais également bottom-up". Ainsi, les TPE et PME jouent un rôle majeur, stimulées par la montée en puissance des imprimantes 3D. Elles pourraient engendrer une révolution potentiellement nommée "numatière".
Troisième rupture - La fusion du numérique et de la biologie
La fusion du numérique et de la biologie révolutionne la santé. On passe d'un modèle curatif à un modèle préventif, bouleversant inéluctablement l'industrie pharmaceutique et agro-alimentaire.
Les technologies Healthcare montent en puissance. Parallèlement, la popularité des médecines alternatives - comme l'acuponcture, la physiothérapie ou la naturopathie - s'accroît.
En fait, chacun prend en main son bien-être, incitant par là même les entreprises à valoriser davantage le bien-être de leurs équipes.
Quatrième rupture - Un nouvel écosystème numérique
Tout devient connecté !
À l'instar de l'électricité ou du gaz, l'Internet évoluera pour devenir un écosystème numérique omniprésent, connectant toutes les niveaux professionnels, de la production à la distribution, en passant par la communication et l'éducation.
Cinquième rupture - De nouveaux outils de travail impactant notre quotidien
On l’a vu, le travail évolue à une vitesse fulgurante.
Stéphane Biso montre ici comment l'homme, au cœur de toutes ces transformations, se retrouve impacté dans toutes les sphères de son quotidien. Ses relations, ses loisirs, sa façon de travailler et de manager en sont bouleversés.
En fait, selon l’auteur, les salariés recherchent aujourd'hui un renouveau. Ils ne sont plus simplement des rouages d'une machine ; non, ils veulent, à présent, être acteurs du changement.
Comment ?
Grâce à une approche de management bottom-up, où chaque employé, quel que soit son niveau, peut contribuer par ses idées et participer activement aux décisions stratégiques de l'entreprise. Une citation du livre éclaire cela : "Le management bottom-up consiste à élaborer les politiques [...] en encourageant la participation des employés à la prise de décision".
Par l'adoption de l'holacratie, un modèle organisationnel innovant qui prône l'intelligence collective. Exit les postes figés, place à des rôles définis, centrés sur une mission, une raison d'être.
Dans ce contexte, il est primordial de ne pas seulement être techniquement compétent. Savoir interagir, analyser et s'adapter, devient tout aussi crucial.
1.2 – À nouveaux business models, nouvelles organisations
La fin du modèle traditionnel où le consommateur achète un produit/ service d'une entreprise qui fabrique/ distribue en touchant une marge
Cette partie de "Slasheurs, designers, gamers" traite des nouveaux modèles d'entreprise qui sont en train d'émerger et qui donnent un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler l'entreprise de 2030.
Ces entreprises sont souvent qualifiées de "disruptrices". Elles sont associées à des exemples tels que :
Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon),
Les NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber),
D'autres entreprises comme Booking, Deliveroo, Vizeat, Napster, Superprof, et Stootie.
Ce qui caractérise ces nouvelles entreprises, c'est leur capacité à se transformer en plateformes. Plateformes qui mettent en relation l'offre et la demande grâce à des algorithmes, sans posséder les actifs physiques liés à leur service.
Ainsi, le modèle traditionnel où le consommateur achète un produit ou un service d'une entreprise qui fabrique ou distribue, en touchant une marge, est remis en question.
Les nouvelles entreprises se positionnent comme une fine couche ajoutée à d'énormes systèmes de distribution existants, tels que les secteurs bancaires, de transport, d'assurance, d'hôtellerie, etc.
Elles permettent aux consommateurs de comparer les offres rapidement et à moindre coût, en utilisant les plateformes pour satisfaire leurs besoins. Les clients et les utilisateurs contribuent ainsi à la création de valeur ajoutée et alimentent le big data, qui est ensuite utilisé par les plateformes pour générer des revenus supplémentaires.
L’impact de ces nouveaux business models sur les métiers et les compétences
Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", l’évolution de ces modèles économiques influence les compétences recherchées dans le monde du travail.
- Premier impact : de nouveaux métiers
Le premier impact que note l’auteur est l’apparition de nouveaux métiers.
L’auteur explique que les nouveaux business models font naître des métiers liés à la donnée (data scientist), au digital et à la communication (community manager), au marketing (digital brand manager), à la robotique (solution owner), aux nouvelles démarches ou méthodes (Scrum Master), au développement durable (responsable des achats durables), aux ressources humaines (talent manager) et au management.
- Deuxième impact : de l’ubérisation à la "Netflixation"
L'ubérisation est un terme qui décrit la façon dont des entreprises disruptent le marché en supprimant les intermédiaires (référence à Uber à l’origine de la "plateformisation"). Cependant, ce terme est vu par certains comme vieillissant. Aujourd'hui, on évoque plutôt la "Netflixation", un modèle qui se focalise sur la création d'émotions chez l'utilisateur.
Il est crucial de saisir les nouvelles normes de ces nouveaux modèles d'entreprise et leurs effets sur le travail. Car ce passage influence les métiers et les compétences requises. Selon Stéphane Biso, certains emplois sont en danger et des acquis chez les salariés sont remis en question.
Une organisation plus flexible et contributive
Cette partie du livre "Slasheurs, designers, gamers" dépeint une nouvelle ère pour les entreprises : celle du management contributif.
Voici alors ce que le management contributif, selon Stéphane Biso, implique comme changements dans l’entreprise 3.0 :
- Une organisation souple
L’auteur présente l’organisation de l’entreprise 3.0 comme souple où le pouvoir est transversal, et non plus pyramidal.
- Une entreprise collaborative et contributive
Qu’une faible proportion de salariés en France se sent véritablement impliqués dans leur entreprise, affirme l’auteur. Proche de l’entreprise "libérée", l’entreprise 3.0 se veut, elle, collaborative et contributive. Les salariés doivent être inclus dans les décisions, se sentir valorisés et partie prenante des projets. Dans cette structure où chacun est responsabilisé, tous travaillent ensemble pour faire progresser l’entreprise, et ce, indépendamment de leur position hiérarchique.
- Un nouveau type de management
Stéphane Biso souligne le besoin d'un nouveau type de manager, reconnu pour son leadership et son expertise plutôt que pour son rang hiérarchique. Les salariés, eux, doivent être flexibles, mobiles, autonomes et capables de travailler en équipe.
- Les nouvelles attentes de la génération Y
L'auteur souligne la volatilité de cette génération, influencée par l'instantanéité du numérique. Elle privilégie sa qualité de vie, ne voit pas sa carrière sur le long terme au sein d'une même entreprise et n'hésite pas à changer pour vivre de nouvelles expériences.
Des outils facilitant l’accès aux données
Aujourd’hui, dans notre monde professionnel, l'accessibilité aux données est devenue une question essentielle. Voici ici les points-clés qui se dégagent de la réflexion de l’auteur sur les évolutions au sujet de l’accès aux données au sein des entreprises :
- Le développement des outils collaboratifs et de partage
Des plateformes comme Linkedin, Workplace by Facebook, Google Drive, WhatsApp, Facebook Messenger et Slack ont rendu la communication plus fluide et informelle. Elles favorisent le partage des données et les échanges dans l'entreprise.
- L’équilibre vie privée/professionnelle réajusté
Avec le renforcement du travail à distance, la frontière entre vie privée et professionnelle s'estompe. Cette transition technologique exige une redéfinition des limites entre ces deux aspects de notre vie.
- La nécessaire accessibilité et convivialité des interfaces
L'accessibilité est un enjeu majeur pour les entreprises. Les interfaces doivent être conviviales et faciles à utiliser pour garantir une intégration sans discrimination. Cela nécessite une gestion habile des différentes générations en entreprise.
- L’incontournable management intergénérationnel
La transition vers un management intergénérationnel, qui valorise les spécificités de chaque génération tout en répondant à leurs attentes communes, est indispensable.
- La nouvelle relation client et la notion de "consommacteurs"
L'entreprise 3.0 transforme la relation client. Les clients actifs, appelés "consommacteurs", influencent la marque et ses offres. Le marketing interactif et l'expérience client prennent donc une importance croissante.
- Le design thinking
Une expérience client positive génère un engagement fort et une fidélité à la marque. Le design thinking, qui met en avant l'empathie, l'intuition et la co-création avec l'utilisateur, offre des opportunités pour les entreprises désireuses de se différencier.
Ainsi, l'accessibilité aux données, la gestion intergénérationnelle, la relation client et le design thinking sont les principaux piliers pour naviguer dans ce monde professionnel en pleine mutation.
1.3 – De l’entreprise 2.0 des parents à l’entreprise 3.0 des enfants
L'entreprise, de manière classique, est ici décrite par Stéphane Biso comme un regroupement d'individus dont l’objectif est de produire des services ou des produits afin d'en générer des profits.
Ce modèle traditionnel, surnommé "brick and mortar", renvoie à l'idée de points de vente physiques, ancrés dans des bâtiments matériels. Dans ce contexte, l'organisation est souvent de type taylorienne, autrement dit une organisation rationnelle du travail, lui-même divisé en tâches élémentaires, simples et répétitives, confiées à des travailleurs spécialisés. Ses structures de management sont hiérarchiques ou pyramidales.
Ce modèle traditionnel connaît de profondes mutations depuis plusieurs années. Ces transformations, que l'on observe déjà avec l'entreprise 2.0, seront d'autant plus palpables dans l'entreprise 3.0, l'entreprise de demain.
Cette partie du livre "Slasheurs, Designers, Gamers - Quels seront les jobs de nos enfants demain" nous amène à la découverte de cette évolution de l'entreprise qui se compose, selon Stéphane Biso, de 4 paliers que voici résumés :
Premier palier : l’entreprise 1.0, verticale et sous contrôle
L'entreprise 1.0 est le premier palier dans l'évolution de l'entreprise. Elle intègre l'intranet pour booster communication et information internes. Toutefois, le management y reste de type top-down, centralisé, visant productivité et élimination du gaspillage de temps.
Deuxième palier : l’entreprise 2.0, plus transversale et participative
L'entreprise 2.0 se distingue par son orientation transversale et participative. S'éloignant du management de contrôle pour embrasser un management de confiance, elle mesure la performance non plus par le temps consacré au travail, mais par l'atteinte des objectifs.
Elle encourage l'autonomie, la coopération et la montée en compétences via des outils collaboratifs, renforçant l'intelligence collective, l'agilité et l'innovation. De nouveaux métiers voient le jour grâce aux nouvelles technologies. L'entreprise 2.0, c'est cette entité où le chef d'entreprise reconnaît que "L’entreprise, c’est vous, c’est nous", abolissant le management top-down.
Troisième palier : l’entreprise 3.0, plus connectée et gamifiée
Le principe de l'entreprise 3.0 s'inspire de la fameuse citation d'Einstein : "La créativité, c'est l'intelligence qui s'amuse". Ainsi, l’entreprise 3.0 est une entité virtuelle et ludique. Elle se démarque par l'externalisation de tout, à l’exception de son "centre nerveux". Les formations, échanges et présentations se transforment en serious games, avec des concepts modélisés en 3D et partagés sur des plateformes collaboratives (comme sur la plateforme de simulation sociétale en réalité virtuelle Sansar).
L'entreprise 3.0 se base sur un management bottom-up, où collaborateurs et clients sont au cœur des décisions. Ses prestataires sont dispersés à travers le monde pour optimiser réactivité et productivité.
En somme, l'entreprise 3.0 est un hub de transactions qui connecte son "centre nerveux", ses clients, collaborateurs et prestataires.
Dans l’ouvrage "Slasheurs, Designers, Gamer", un tableau récapitule de façon très claire et synthétique ces trois paliers.
Quatrième palier : l'entreprise 3.0 s’appuie sur le web 3.0.
L'entreprise 3.0 incarne la nouvelle ère du web, celle qui ouvre la voie à une plus grande participation, simplicité, ouverture des données et immédiateté. Cette transformation impose un changement dans la manière de penser et d'agir au sein des entreprises.
Le livre "Slasheurs, Designers, Gamers - Quels seront les jobs de nos enfants demain" distingue 4 composantes de ce qu’on nomme communément "l’ADN du Web 3.0" :
- La participation
La participation implique une étroite collaboration entre le producteur et le consommateur. Car ici, les clients contribuent à la conception et au design des produits ou services.
Cette approche bouleverse les modèles hiérarchiques traditionnels :
"Accepter d'injecter de la participation dans une entreprise, c'est accepter de basculer dans un milieu associé, c'est- à-dire que les clients prennent part, en amont, à la conception et au design des services ou des produits de l'entreprise. C'est aussi accepter, en interne, de repenser les logiques d'organisation du travail afin de s'émanciper des purs modèles hiérarchiques et administratifs. Certaines structures vont même jusqu'à rompre les codes organisationnels traditionnels."
"Las des organisations pyramidales avec des circuits de décision à rallonge, désabusés par les start-up où la rétribution est rarement à la hauteur des investissements", certains adoptent alors des structures hybrides qui vont favoriser l'échange et l'innovation. Un exemple pertinent est celui des "Hacker Houses" : des espaces d'innovation où ingénieurs, designers et développeurs collaborent sur des projets innovants.
- La simplicité
Les entreprises 3.0 visent la simplicité. Ainsi :
Les applications doivent être simples, intuitives et conviviales pour l'utilisateur, qu'il soit collaborateur ou client.
Une expérience utilisateur fluide est essentielle pour clients et collaborateurs. L'auteur de "Slasheurs, Designers, Gamers" note souvent un décalage entre ces deux expériences. Une interface commune pourrait résoudre ce problème.
L’entreprise 3.0 utilise mieux les données pour personnaliser l'accompagnement du client. Cela ouvre de nouvelles opportunités commerciales.
L’auteur introduit les concepts de Rich Internet Application (RIA) et de Rich Desktop Application (RDA) suggérant que leur simplicité est clé pour les entreprises 3.0.
En termes de simplicité, Stéphane Biso plaide aussi pour un changement managérial axé sur le client. Celui-ci doit être orienté vers la satisfaction du client et l'expérience utilisateur. Ainsi, l'humain est central. Les clients veulent désormais des expériences mémorables, pas juste des produits. Les outils, les compétences, l’organisation et la gestion des entreprises doivent évoluer en conséquence.
Enfin, Stéphane Biso mentionne les attentes des nouvelles générations, les "digital natives", en termes de management participatif, de coopération et de défi collectif. Ces derniers cherchent bien-être au travail et communication interne efficace. Selon lui, ils veulent des leaders capables de donner une direction claire à leurs équipes.
- L’ouverture des données
L'ouverture des données représente un véritable enjeu pour les entreprises 3.0.
Les données constituent en effet un véritable écosystème, nécessitant des interfaces de programmation applicatives (APIs) qui permettent leur intégration et leur exploitation.
Ces APIs favorisent l'accès aux données et la création de nouveaux services, tout en devant respecter des normes strictes de sécurité et de gestion des risques.
- L’immédiateté et la vitesse
L’auteur du livre "Slasheurs, Designers, Gamers"revient ici sur l'immédiateté et la vitesse : des valeurs devenues fondamentales dans le monde moderne.
De nos jours, nous sommes constamment en quête d'instantanéité, que ce soit dans nos interactions personnelles ou professionnelles. Et cet état d'esprit s'est infiltré dans tous les domaines de la vie, de la politique à la consommation.
Aussi, cette tendance marquée vers le court terme et l'immédiateté est particulièrement palpable dans l'entreprise 3.0 qui doit s'adapter pour répondre rapidement et efficacement aux besoins changeants des consommateurs.
L'entreprise 3.0 implique donc une transformation profonde de l'organisation du travail, des interfaces utilisateurs et de la gestion des données, indique Stéphane Biso.
Finalement, l'entreprise 3.0 est une entreprise plus connectée, plus participative, plus ouverte et plus rapide. Cette transition nécessite cependant une évolution des compétences, des outils et de l'organisation, ainsi qu'un changement managérial pour recentrer l'entreprise sur le collaborateur et le client.
1.4 – Focus sur la TPE de demain
Cette partie du livre "Slasheurs, designers, gamers" met en lumière la mutation profonde des très petites entreprises (TPE).
La TPE d’aujourd’hui est agile et plus rapide
Confrontées à un contexte où les géants d'entreprise n'inspirent plus autant, les TPE séduisent par leur agilité et leur rapidité. Selon Stéphane Biso, elles apportent un sentiment d'appartenance fort à 75 % de leurs employés contre seulement 51 % dans les grandes structures.
Il faut dire que les TPE excellent dans l'art du travail collaboratif. Elles se regroupent en écosystèmes ouverts, espaces de co-working ou incubateurs pour décupler leurs forces.
À quoi ressemblera la TPE de demain ?
Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", les petites entreprises de demain :
Seront mobiles et ultra-connectées, grâce à l'influence du numérique.
Leurs dirigeants, technophiles et parfois engagés socialement, exploiteront pleinement le potentiel des évolutions technologiques, notamment via le Cloud et les outils numériques.
L'accent sera mis sur le cœur de métier, l'interaction avec les clients via les réseaux sociaux et des méthodes avancées de CRM.
La TPE de demain sera mobile
Stéphane Biso nous dessine ensuite le visage de la TPE de demain comme résolument mobile.
D’ailleurs, 58 % des dirigeants accèdent déjà à l'information de leur entreprise n'importe quand, n'importe où.
Les frontières entre sphères privée et professionnelle s'estompent. Les postes comme le commercial et la relation client sont potentiellement entièrement mobiles, affirmant ainsi la complémentarité du digital et du physique.
L’entrepreneuriat devient plus social
L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" met ici l'accent sur le virage social de l'entrepreneuriat.
Stéphane Biso décrit, en effet, la responsabilité croissante qu’endossent les petites structures vis-à-vis des problèmes sociétaux et environnementaux.
Ainsi, l'entrepreneur 3.0 n'est plus seulement économiquement motivé. Il prend également en compte son impact social.
La collaboration entre entreprises est également soulignée comme un levier puissant pour le bien-être collectif.
L’enjeu pour l’entrepreneur de demain, c’est quoi alors ?
Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", l’enjeu majeur de l'entrepreneur de demain est la maîtrise du parcours client dans un contexte de digitalisation croissante.
En effet, Stéphane Biso explique que l'évolution technologique complexifie les comportements d'achat. En cela, elle oblige les entreprises à accélérer leur transformation.
Pour survivre, les entreprises doivent donc adopter une approche omnicanale, autrement dit proposer une interaction continue entre la marque et chaque client. De façon incontournable, les dirigeants de TPE, quant à eux, deviennent technophiles pour gagner en autonomie et guider leur entreprise selon leurs propres usages et besoins.
L'omnicanalité et la technophilie marquent ainsi l'entrepreneuriat de demain.
Des changements qui vont se poursuivre
Dans un monde en constante évolution, la capacité à s'adapter et à innover est primordiale.
L'adoption de nouvelles méthodologies de travail, comme le "design thinking", a permis aux géants de l'Internet de créer des produits révolutionnaires. Malgré les résistances, cette approche s'étend désormais à divers secteurs.
Stéphane Biso souligne enfin le rôle croissant des slasheurs, designers, gamers qui pensent en dehors des sentiers battus. L'exemple du "Legal Design" utilisé par les avocats et les comptables illustre ce rôle dans la pérennité et l'adaptabilité des nouvelles tendances.
Partie 2 – L’entreprise sera collaborative, ludique et nomade
2.1 – Tous focus client !
Dans la deuxième partie de son livre "Slasheurs, designers, gamers", Stéphane Biso commence par nous parler d’un point essentiel de la nouvelle approche des entreprises modernes : elle est avant tout axée sur le client.
L’auteur explique que placer le client ainsi, au cœur de la chaîne de valeur, permet une plus grande personnalisation et des innovations ciblées.
Selon lui, les GAFA et les NATU en sont de parfaits exemples. Car ceux-ci ne gèrent pas des "produits", mais des "clients" qu’ils considèrent d’ailleurs comme des co-innovateurs.
Stéphane Biso mentionne aussi une expérience de BNP Paribas. Cette banque a intégré ses clients dans un processus de design thinking dans le but de co-construire son offre de demain.
Il cite aussi le nouveau business model de Volkswagen. Grâce à la digitalisation, celui-ci place le client au centre de son écosystème. De cette façon, le client peut accéder à toutes les offres, tandis que l’entreprise pourra mieux connaître le client, répondre à ses besoins et proposer des services ou produits qui plaisent davantage au client.
Si cette approche client-centrique peut affecter les marges, elle présente aujourd’hui de nombreux avantages. En premier lieu, elle optimise la rentabilité grâce, notamment, à une simplification des processus.
"Partir du besoin du collaborateur est souvent moins coûteux, plus rapide, et favorise l'engagement et l'adhésion en interne."
Stéphane Biso souligne que la satisfaction client nécessite celle des collaborateurs, leur engagement et leur adhésion. Elle doit passer par des initiatives d’amélioration.
En résumé, pour survivre à l'ère du digital, les entreprises doivent devenir collaboratives, ludiques et nomades.
2.2 – La dynamique humaine au service de l’entreprise de demain
Selon Stéphane Biso, l'entreprise de demain sera avant tout construite à partir des hommes et de leurs compétences, ainsi qu’à partir de l'orientation client, soutenue par la gestion optimisée des flux.
Elle ne se définira plus par le marché, mais par sa rapidité à commercialiser des idées, grâce à un nouveau rôle crucial : le pilote de flux, chef d'orchestre des flux entrants et sortants.
L’auteur articule ici sa réflexion à travers 7 points-clés que voici résumées.
Point-clé n°1 : Plus d'agilité dans le monde professionnel
Stéphane Biso explique d’abord que les organisations modernes font face à un besoin croissant d'agilité. Cette agilité est nécessaire pour elles pour mettre en œuvre plus rapidement leurs projets. Elle permet, en effet, de contrecarrer l'inertie inhérente à la conception et au développement des projets/produits. Toutefois, mettre en place une approche agile n’est pas toujours aisé. Celle-ci se heurte parfois aux silos organisationnels et à des temporalités discordantes au sein des équipes.
L’auteur continue en soulignant que les méthodes agiles sont, du côté des professionnels, en adéquation avec les nouvelles générations. En effet, les jeunes, aujourd’hui, sont en quête de modes de travail plus flexibles. Ils recherchent généralement un job favorisant leur mobilité, que ce soit au sein de l'entreprise ou à l'international. Quand ils travaillent dans des organisations agiles, ils sont encouragés à exprimer leurs opinions. Ils apportent alors des idées moins conventionnelles que leurs aînés, souvent novatrices et à la pointe de la technologie. Ceci peut contribuer à améliorer le fonctionnement des entreprises.
Enfin, selon l’auteur, nous devrions :
Percevoir l'agilité non seulement comme une méthode, mais aussi comme un état d'esprit. Un état d’esprit qui favorise la coopération pour trouver des solutions communes aux problèmes.
Considérer le "design thinking" comme moyen de favoriser l'innovation et l'agilité et d'accélérer la réalisation des projets. L’auteur partage, en effet, les conclusions d’un rapport du cabinet de conseil McKinsey & Company qui montre une corrélation positive entre de bonnes pratiques de design et la performance d'une entreprise. Le design thinking est étudié en détail dans le second point…
Point-clé n°2 : Le design au cœur de l’entreprise de demain
- Le "design thinking"
Cette partie de "Slasheurs, designers, gamers" nous invite à découvrir la montée en puissance du "design thinking". Cette méthodologie innovante, collaborative, itérative et initialement cantonnée à l'industrie s'invite désormais dans d'autres sphères comme l'éducation, la santé et la politique.
À l'ère de l'agilité, les entreprises y voient une opportunité d'orientation client, essentielle pour résister aux start-ups dynamiques grignotant leur marché.
Dans cette partie de l’ouvrage "Slasheurs, designers, gamers", le design thinking est alors décrit étape par étape avec l’aide de schémas. Puis, l'auteur partage un exemple en guise d’illustration : celui d’une enseignante qui a implémenté le design thinking pour améliorer les performances mathématiques de ses élèves.
- Le "design doing"
L'auteur soutient aussi que le design thinking ne suffit pas. Selon lui, il est crucial de passer du "design thinking" au "design doing" pour concrétiser les idées. C’est ce qui a d’ailleurs participé au succès d'entreprises comme Alibaba fondée par des équipes de designers.
L’auteur insiste aussi sur le fait que dans cette nouvelle ère, il est essentiel d'oser, d'être audacieux et de ne pas craindre l'échec. C'est dans cet esprit d'innovation et de liberté que les nouvelles générations se retrouvent, s'épanouissent et apportent leur contribution à notre monde en constante évolution.
- Les professions du design
Plusieurs typologies de designers sont alors précisément décrites : le motion designer, le designer de produit/d'espace, le designer UX, le designer UI ou le Web designer, le modeleur 3D et le modeleur maquettiste.
L'auteur explique que de plus en plus d’entreprises cherchent aujourd’hui à combiner les designers et développeurs dans un processus commun, car cette collaboration favorise des idées novatrices et une approche transversale, indique-t-il.
- Trois méthodes liées au design
Stéphane Biso présente enfin trois méthodes liés au design : le design thinking, lean start-up et agile.
Le lean start-up qui étudie le marché via des enquêtes.
Le design thinking qui identifie les besoins clients, débouchant sur un "produit minimum viable" (MVP). Chaque étape intègre tous les acteurs du projet, dont les développeurs.
Enfin, la solution évolue suivant une méthode agile, avec des priorités définies par valeur commerciale.
Point-clé n°3 : L’open innovation
"Slasheurs, designers, gamers" aborde ici ce que l’on appelle l'Open Innovation.
Il s'agit d'un concept où les entreprises puisent des idées dans leur écosystème.
L’Open Innovation amène ainsi les grandes entreprises à vouloir s'allier aux start-ups innovantes. Ceci dans la perspective de se renouveler et de réduire leurs coûts. Le problème, c’est qu’il existe un décalage entre grandes entreprises et start-ups, et cette intégration est alors parfois maladroite. Les grandes entreprises agissent souvent comme des investisseurs en capital-risque. La collaboration devient alors ardue. Mais en dehors de cela, l'Open Innovation aide à anticiper les changements du secteur, qu'ils soient menaçants ou porteurs d'opportunités.
Point-clé n°4 : La gamification
Selon l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", le jeu représente un outil d'apprentissage puissant chez les individus. C’est ce qui a poussé les entreprises à l’intégrer dans leur environnement.
Mais la transition vers la gamification s’avère lente car elle demande des professionnels capables d'intégrer la culture du jeu à celle de l'entreprise.
Voici ce que nous apprend Stéphane Biso à ce sujet :
- La gamification est source de créativité et de productivité dans l’entreprise
L’auteur indique que le jeu est une méthode d'apprentissage naturelle pour le cerveau. Cette idée est appuyée par des observations réalisées chez tous les mammifères.
Ce constat a mené à intégrer le concept de gamification dans le monde du travail.
On a ainsi fait entrer le jeu dans les divers secteurs de l’entreprise : sur les sites web, sur ses réseaux sociaux, dans l'apprentissage et le travail des employés.
Le concept de gamification repose sur six mécaniques (les points, les niveaux, les challenges, les badges, les classements, les dons) et six dynamiques (la gratification, le statut, la réalisation, la créativité, la compétition, l’altruisme).
L’auteur cite l'exemple de Google comme entreprise ayant délibérément créé un environnement de travail amusant. Le but étant de stimuler la productivité et la créativité des employés.
D’autres sociétés comme Accor, L'Oréal et IBM ont aussi utilisé la gamification pour diverses finalités : fidéliser les clients, recruter ou encore faciliter l'apprentissage d'outils professionnels.
- Passion et travail deviennent compatibles
Il devient désormais courant d'allouer 10 % du temps de travail à des activités de passion. C’est une manière de favoriser l’épanouissement au travail, indique l’auteur.
- Il est nécessaire de privilégier les compétences aux simples connaissances dans l’éducation des enfants
Stéphane Biso cite le journaliste belge Jérôme Colin, qui critique l'enseignement pour son approche industrielle archaïque et son incapacité à intégrer les avancées des sciences cognitives. Aussi, l'accent est mis sur la nécessité de doter nos enfants de compétences plutôt que d’une simple accumulation de connaissances.
L’auteur vante aussi la philosophie Montessorienne. Cette approche éducative centrée sur l'enfant et le jeu encourage la confiance en soi et l'autonomie.
- La gamification en entreprise améliore la productivité et la motivation
L’auteur partage l’exemple de l'entreprise Numeric Partner pour nous montrer comment un environnement de travail convivial et ludique peut vraiment augmenter l'implication des employés. Grâce à des formations basées sur le jeu - comme des quiz sur l'entreprise et ses produits - les employés sont plus engagés et satisfaits. De plus, la culture d'autogestion promue par cette entreprise favorise l'autonomie et la responsabilité, fondamentales pour maintenir une motivation élevée.
- La gamification favorise le suivi optimisé des performances d'entreprise
La gamification aide à suivre des performances en temps réel. Les outils de jeu permettent en effet de tenir les employés en haleine, de la même manière que les jeux vidéo, en visualisant et en suivant leurs progrès. Des classements peuvent être créés pour entretenir l'esprit de compétition, avec des bénéfices pour les employés qui cherchent à atteindre ou dépasser leurs objectifs, et pour l'entreprise qui améliore ses résultats.
- Le renforcement du partage et de l'esprit d'équipe grâce à la gamification
En favorisant l'entraide à travers le jeu, les employés se sentent valorisés et écoutés. En cela, la gamification renforce le partage d'informations et l'esprit d'équipe. Cela peut aussi servir à recueillir des retours très intéressants sur le terrain pour le marketing.
Ainsi, si la gamification, il faut le souligner, ne représente pas une solution miracle à tout, elle reste un outil précieux pour ces trois avantages. Plusieurs entreprises s’illustrent pour avoir déjà réussi à intégrer la gamification à leur organisation, comme par exemple :
Playboy, avec son jeu Miss Social, qui a observé une augmentation de 60 % de son chiffre d'affaires mensuel.
Starbucks qui a lancé son programme de fidélité "My Starbucks Rewards" pour engager davantage ses clients.
M&M'S qui a gagné plus de 25 000 abonnés sur sa page Facebook grâce à un simple jeu.
Bluewolf qui a, quant à lui, constaté une augmentation de productivité de 20 à 25 % après la mise en place d'un programme de jeu social interne.
Point-clé n°5 : Le management visuel, facilitateur de mutation
Cette partie du livre "Slasheurs, Designers, Gamers" parle de "management visuel", un concept qui change la façon de mener nos réunions : exit la table classique, place aux tableaux muraux autour desquels on se tient debout pour des "stand-up meetings".
Christophe Parachini, de la Banque de France, y voit un moyen efficace de renforcer la cohésion d'équipe. Les secrets de cette méthode ? Choisir les tableaux ensemble, suivre les règles du "stand-up meeting" et alterner les animateurs. Le livre montre comment ces approches novatrices transforment le monde professionnel.
Point-clé n°6 : Collaboration, holacratie et liberté
Stéphane Biso, dans cette section de "Slasheurs, Designers, Gamers", décrit la transition vers un monde professionnel plus numérique, collaboratif, axé sur le partage et libre.
Il développe ainsi plusieurs idées :
Le management et les RH ne sont plus de simples structures, mais des moteurs de culture et d'échange. Leur focus ? Valoriser l'expertise plus que les titres et encourager le "Positive thinking". Stéphane Biso introduit à ce propos le concept innovant d’Appreciative Inquiry qui mise sur le positif pour trouver des solutions.
Les générations Y et Z influencent le paysage des entreprises d’aujourd’hui et de demain. Résultat : des méthodes de gestion plus flexibles, centrées sur le plaisir au travail. Des exemples inspirants à travers le monde illustrent cette mutation :
Aux États-Unis : Intuit organise des "fêtes de la défaite" pour célébrer et apprendre de leurs erreurs. Chez 3M, 20 % du temps est consacré à des projets personnels.
En France : les entreprises Mars Chocolat et Leroy Merlin adoptent des pratiques participatives pour renforcer l’implication et la confiance.
Au Brésil : les usines Fiat encouragent leurs ouvriers à exprimer leurs humeurs, créant une communication transparente.
Stéphane Biso prédit un monde où le digital renforce le rôle des RH et du management. Il affirme que les technologies du numérique vont continuer à remodeler nos façons de travailler et nos performances.
Point-clé n°7 : Gouvernance et organisation sont à revoir
Dans cette section, Stéphane Biso partage sa vision de l’avenir en matière de collaboration et de leadership.
Il commence en expliquant que les générations Y et Z, en quête d’un "bonheur au travail" différent, provoquent une évolution des pratiques traditionnelles pour répondre à leurs aspirations et à leur conception du bonheur au travail.
Adieu aux organigrammes rigides, Stéphane Biso nous décrit un futur où nous serions presque tous égaux.
Dans l’entreprise de demain, l’auteur interroge : le chef va-t-il disparaître ? Comment dirigera-t-on en 2030 ?
L’auteur développe plusieurs idées que voici résumées :
Un nouveau modèle de gouvernance est en train d’émerger : la "sociocratie". Il s’agit d’un modèle où le pouvoir est partagé. Ici, la décision est collective, valorisant davantage l'individu et par conséquent son bonheur au travail.
Le rôle du chef change. Son rôle traditionnel décline au profit d’un management moderne qui se base sur la rationalité, pas seulement sur la confiance. Il y a un besoin criant de décideurs, et non de managers qui se contentent de suivre le mouvement. Le contexte actuel nécessite désormais de vrais leaders, capables de s'adapter rapidement, d'agir avec courage et de mettre en œuvre leurs visions. Pas de simples gestionnaires. Les entreprises doivent chercher, former et promouvoir ces décideurs. Or, beaucoup de grandes entreprises françaises ont du mal à former ces leaders.
Assoiffées d’autonomie, les futures générations se détournent des employeurs traditionnels et préfèrent des modèles plus flexibles et innovants, comme les start-ups ou le freelancing.
2.3 – Sortir de l’entreprise : les nouveaux codes du travail
Du salarié au slasheur
Le deuxième chapitre du livre "Slasheurs, designers, gamers" se penche ensuite sur les nouveaux codes du travail. Il dissèque notamment la tendance croissante qu’est la pluractivité, que l’on appelle plus couramment le "slashing".
Un slasheur est quelqu’un qui jongle habilement entre plusieurs professions. Beaucoup adoptent ce mode de vie pour suivre leurs passions et se sentir plus alignés avec leurs valeurs personnelles. Loin d'être instables, les slasheurs sont polyvalents. Ils débordent de créativité et d'initiative.
Mais pour Stéphane Biso, être slasheur ne se résume pas une simple quête de diversité ou de sécurité financière : en offrant aux entreprises l'opportunité d'avoir des experts multifacettes sans avoir à s’engager à long terme, les slasheurs sont en train de redéfinir notre perception du travail. Cette pluriactivité donne un nouvel élan à l'innovation et à l'entreprenariat.
L’auteur termine en soulignant toutefois qu’être un slasheur n'est pas sans ses défis. La multiplication des tâches et des interruptions potentielles nécessite des compétences en matière de gestion du temps et de la complexité. Le slasheur doit aussi gérer des émotions variées.
Le co-working est-il un trait d'union pour l'open innovation ?
L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" évoque en détail le tournant de l'open innovation. Fini le travail isolé, place à une synergie collective. Les espaces de co-working émergent comme solutions. Ils deviennent des carrefours où entreprises de toutes tailles collaborent. En France et ailleurs, ils accueillent les travailleurs "sans bureau fixe". Avec l'augmentation des indépendants et des start-up, ces lieux de partage ont un avenir radieux.
Pourquoi opter pour le co-working ?
"Slasheurs, designers, gamers" met ici en lumière le co-working. Plus qu'une flexibilité économique, les espaces de co-working sont des creusets d'innovation. Selon le livre, ils favorisent collaboration, partage d'idées et exploration. Ils créent des ponts entre entreprises et nourrissent des communautés entrepreneuriales.
Quand lieu de vie et de travail ne font plus qu’un : les hacker houses
Stéphane Biso présente la première hacker house française, Seed-Up, fondée par Paul Poupet. Ces lieux mêlent cohabitation et travail, stimulant ainsi innovation et créativité. Leur credo ? Liberté, responsabilité et créativité. Un concept venu des États-Unis qui pourrait révolutionner notre conception du travail.
Pour le futur, les super diplômes ne suffisent plus
- Les profils "mad skills"/ "soft skills" recherchés et valorisés dans l’entreprise de demain
L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" développe ici l’idée suivante : pour être performant et s'adapter à la transformation numérique (robotisation et IA notamment), il est nécessaire d’intégrer et de valoriser des qualités humaines au sein de l’entreprise de demain.
C’est pour cela qu’aujourd’hui, les entreprises recherchent de plus en plus de profils "mad skills" : des individus non conformistes, avec des compétences éclectiques, capables d'innover et de remettre en question les normes établies.
Ces compétences humaines, appelées "mad skills" ou "soft skills" - comme l'empathie, la créativité ou l'esprit d'entreprise - deviennent indispensables aux yeux des recruteurs, et prennent le pas sur les compétences techniques "hard skills".
Stéphane Biso illustre ces propos avec un écrit de Michel Barabel, professeur affilié à Sciences Po Executive Education et Directeur des éditions du Lab RH.
Ce texte décrit l’avènement des profils "mad skills". Il explique qu’au 20e siècle, l'environnement était relativement stable et simple. A cette époque, les entreprises prospéraient en recrutant des profils homogènes appelés "rameurs". Ces derniers effectuaient des tâches routinières dans un cadre hiérarchique strict. Ils fonctionnaient en silos. Mais aujourd'hui, l'évolution rapide de la société impose aux entreprises de s'adapter constamment. Celles-ci ont donc désormais besoin de "surfeurs" ou "kayakistes" : des personnes capables de penser en dehors de la boîte, d'apprendre rapidement et de renouveler constamment leurs compétences.
Ainsi, pour Michel Barabel, être original et singulier devient une force dans ce nouvel environnement.
Les profils "mad skills", caractérisés par l'originalité, l'autonomie de pensée et des compétences exceptionnelles, sont perçus comme des innovateurs capables de remettre en question l'ordre établi et de transformer l'entreprise. Les entreprises doivent donc non seulement recruter ces profils, mais aussi encourager l'introduction de ce "gène rebelle" pour survivre.
- L’épanouissement au travail des collaborateurs aux compétences "mad skills"
Pour Stéphane Biso, les collaborateurs aux compétences "mad skills" sont aussi des profils qui ont besoin du soutien de la direction pour s'épanouir pleinement. L’auteur rappelle ici les quatre conditions sur lesquelles l'épanouissement au travail repose, selon le concept japonais de l'ikigaï : aimer ce que l'on fait, être compétent, répondre à un besoin du monde, et être rémunéré.
Si elles veulent survivre dans ce monde en mutation, les entreprises n’ont alors pas d’autres choix que de repenser leur organisation et leur environnement, pas conçue pour cela. Elles doivent créer un environnement favorable, plus ouvert et collaboratif.
2.4 – L’entreprise sera bienveillante et épanouissante
Les entreprises futures devront favoriser le bien-être et la qualité de vie au travail (QVT). Ainsi, elles stimuleront l'engagement des employés et créeront un cercle vertueux de satisfaction.
Le bien-être au travail
Stéphane Biso décrit trois sortes de bien-être au travail :
Le premier est "hédonique", basé sur les émotions.
Le second est "eudémonique", axé sur la croissance personnelle et la recherche de sens.
Le dernier est "social", centré sur les interactions entre collègues.
Puis, l’auteur explique que la QVT, ou qualité de vie au travail, influence ces trois dimensions. Elle dépend notamment de "l’équilibre entre la vie pro et perso" et d'un travail qui a du sens. C’est pourquoi certaines entreprises, conscientes de ces enjeux, embauchent des "responsables du bonheur" pour améliorer ces domaines.
Une génération en quête de sens
La génération Y veut un travail qui ait du sens. Elle valorise l'autonomie, le développement personnel et des projets qui comptent, plus que le salaire. C’est pourquoi, nous dit Stéphane Biso, les entreprises qui attireront ces talents sont celles qui privilégient la qualité de vie au travail (QVT). Les managers, quant à eux, doivent garantir un équilibre entre travail et vie privée pour éviter que le travail ne devienne une obsession.
Du management bienveillant au télétravail
Pour Stéphane Biso, le bien-être ne se limite pas à des distractions comme le yoga. D’autres concepts apportent une réelle différence de qualité de vie au travail. Il cite :
Le management bienveillant,
Le télétravail,
La conciergerie, qui simplifie la vie des salariés,
Une clarté des objectifs professionnels,
Le fait de donner la parole et de l'autonomie aux salariés.
Selon l'auteur, l'absentéisme et le désengagement actuels montrent bien combien les modèles de management actuels sont à bout de souffle. Aussi, miser sur l'avenir, c’est promouvoir le bien-être et une meilleure qualité de vie au travail.
Partie 3 - L’entreprise sera connectée et intelligente
3.1 – Vers l’entreprise data driven
La troisième partie de "Slasheurs, designers, gamers" nous plonge au cœur du virage data qu’est en train de prendre l'entreprise contemporaine.
Elle nous dévoile comment les entreprises peuvent et doivent naviguer dans l'univers complexe mais prometteur de la data. Un défi qui demande audace, innovation, mais aussi éthique et sens des responsabilités.
Les dimensions techniques et culturelles
Stéphane Biso parle ici d'une ère où le "big data" et le "small data" se confondent aujourd’hui en une simple "data" omniprésente et nécessaire à la croissance. Et le passage au "data driven" s’inscrit sur un plan aussi technique que culturel :
La technique devient indispensable aujourd’hui pour maîtriser la gestion de toutes ces données. Au cœur de cette transformation, le RGPD (Règlement Général de Protection des Données) occupe une place prépondérante. C’est le signe que les entreprises ne peuvent pas se permettre d'ignorer les questions d'éthique et de conformité. Stéphane Biso met notamment en lumière l'importance d'une orientation claire et d'un but précis pour exploiter efficacement ces données.
La transformation vers une entreprise "data driven" englobe aussi une dimension culturelle. Car selon l’auteur, être "data driven" ou "IT driven" ne suffit pas : l'entreprise doit rester "business driven". Et ceci implique un changement culturel majeur à développer au sein de l'entreprise.
Les technologies, comportements et systèmes émergents
L’auteur du livre "Slasheurs, designers, gamers" explore également des ruptures technologiques émergentes, telles que l'intelligence artificielle et le machine learning, qui sont à la fois défis et opportunités pour l'entreprise moderne.
Il souligne également la naissance d'un nouvel écosystème participatif où l'individu devient acteur de sa relation commerciale.
Sept profils métiers recherchés dans le passage au data driven
Pour finir, l'auteur dresse le portrait de sept profils métiers indispensables pour accompagner l'entreprise dans cette transition vers le data driven.
Du Chief Data Officer (CDO) au Data Protection Officer, en passant par le Data Scientist, Data Analyst Data Miner ou encore Master Data Manager, ces rôles clés doivent collaborer pour gérer, analyser et protéger les données, tout en respectant les réglementations en vigueur.
3.2 - Se préparer à la prochaine révolution digitale
Stéphane Biso dessine ici un futur qui n'est pas si lointain. Et il entend nous donner des clés pour nous préparer à la révolution digitale qui nous attend.
Cette partie du livre "Slasheurs, designers, gamers" nous immerge donc au cœur de la transformation digitale. Elle appelle les entreprises à un éveil. Car cette transformation numérique sera intégrale. Elle devra être centrée sur l'humain et intégrer les potentiels de l'IA et de l'IoT.
Les défis et les opportunités de l'IA et de l'IoT
L’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" commence par nous éclairer sur le potentiel, les opportunités, mais aussi les défis que représentent l'intelligence artificielle (IA) et l'Internet des Objets (IoT).
Dès le départ, l’auteur met en garde contre une approche trop techno-centrée. L'IA n'est pas une fin en soi, mais un outil au service de la valeur créée pour l'entreprise, les collaborateurs et les clients. Ses capacités de traitement des données surpassent largement celles des humains, mais sa capacité à prendre des décisions reste questionnée.
Quant à l'IoT, nous explique l’auteur, il matérialise le Web dans le monde réel, via des objets connectés, ouvrant les portes du Web 3.0. Les montres, véhicules, bâtiments deviennent intelligents et interconnectés. Ce maillage offre aux entreprises une flexibilité et une adaptabilité sans précédent.
L'auteur cite, à ce propos, de nombreux exemples d'interconnexion d'objets connectés comme les robots d'Ecorobotix ou de Naïo Technologies qui assistent l'homme dans des tâches difficiles. Ou encore le robot Flippy de Miso Robotics, capable de reconnaître quand retourner un steak sur le grill.
L'importance de rester centré sur l'humain
Au-delà de l'IA et de l'IoT, Stéphane Biso met l'accent sur la nécessité pour les entreprises de rester centrées sur l'humain. Aussi, un management participatif, la libération des collaborateurs des tâches ingrates au profit des fonctions cognitives sont des éléments clés pour stimuler la créativité et la qualité.
L'intégration du digital à tous les niveaux de l’ entreprise
Le dernier défi pointé par Stéphane Biso est l'intégration du digital à tous les niveaux de l'entreprise. Ce processus nécessite une culture numérique profonde, incarnée notamment par les CDO (Chief Digital Officers) qui succèdent aux DSI (Direction des Systèmes d’Information).
3.3 - L’industrie intelligente
En nous exposant le concept d’industrie intelligente, cette partie du livre "Slasheurs, designers, gamers" nous fait voyager dans un monde où virtuel et réel se superposent, fusionnent, se confondent. Les objets connectés, associés à l'intelligence artificielle, révolutionnent l'industrie.
Cette transformation est la quatrième révolution industrielle. Elle repose sur l'interconnexion et la synchronisation des systèmes informatiques.
L'utilisation croissante de la réalité virtuelle et augmentée en est un exemple flagrant. De plus en plus, ces technologies se mêlent à la production, à l’approvisionnement, à la logistique, et bien plus encore. Les usines qui utilisent ces avancées deviennent des usines 4.0 : dans celles-ci, on voit des outils connectés et innovants optimiser les processus, accélérer et perfectionner les tâches des ouvriers et ingénieurs.
Stéphane Biso cite plusieurs exemples, comme Airbus qui a remplacé leurs plans papier par des tablettes, des entreprises comme Walmart, Michelin ou Bouygues Construction qui se servent de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée pour former leurs équipes, anticiper les besoins et améliorer les conditions de travail.
Mais cette révolution ne concerne pas seulement la production. L'industrie intelligente met le client au cœur de sa stratégie. De cette façon, elle offre des produits personnalisés tout en conservant une production à grande échelle.
En résulte l'émergence de nouveaux métiers tels que designer de réalité virtuelle, ingénieur en cybersécurité ou encore responsable des données numériques.
3.4 - Tous makers
Dans cette partie de "Slasheurs, designers, gamers", Stéphane Biso étudie la mutation qui est en train d’opérer dans l’art de la fabrication.
Il évoque alors deux concepts qui sont passés du registre de "hobby" à "véritable art de fabrication" :
Le "Maker Movement"
Il s’agit d’un mouvement qui rassemble des individus/ fabricants aux profils divers, avec pour seul objectif le partage de connaissances et la création respectueuse de l'environnement.
"Pour devenir un "maker", tout ce dont nous avons besoin c’est un esprit débrouillard, innovant et la volonté de créer. Les makers ou doers sont ouverts à l’esprit de collaboration entre ingénieurs, "géotrouvetou", concepteurs, architectes, bricoleurs, artistes et étudiants. Nous voyons alors naître une véritable synergie des esprits dans la fabrication où les rois de la débrouille et les as du bidouillage intègrent le "Maker Movement"."
La révolution du "Do-It-Yourself"
L'univers "Do-It-Yourself" ("faites-le vous-même en anglais") séduit un nombre croissant d'individus. Le concept vise à revisiter notre manière de consommer et à fabriquer nous-même nos produits de tous les jours (lessive, lotion pour les mains, meubles en bois ou en carton, instrument de musique, barres de céréales, confitures, etc).
L'auteur évoque la multiplication des "makerspaces" et des Fab labs, espaces dédiés à la création à disposition du public. Pour lui, les "design makers" semblent capables de tout, sans limite, et laissent présager une future révolution industrielle.
3.5 - L’évolution du Web et ses conséquences
Web 1.0, Web 2.0, Web 3.0
Stéphane Biso analyse ici l'évolution du Web :
Le Web 1.0 a été l'aube d'une nouvelle ère d'information, marquée par l'essor des sites institutionnels.
Le Web 2.0 a introduit une nouvelle dimension : l'interactivité. De nombreuses entreprises se sont ruées vers les réseaux sociaux, cherchant à établir des relations de confiance avec leur audience.
Le Web 3.0 a ouvert la voie à l'exploitation des données des utilisateurs, permettant aux entreprises de personnaliser leur communication de manière beaucoup plus efficace.
Cette analyse rétrospective et prospective de l'évolution du Web et de ses implications pour les entreprises met en lumière la montée en puissance des utilisateurs. Aujourd'hui, le "consommateur augmenté" est au centre de la toile. Les internautes sont devenus des acteurs majeurs, disrupteurs des modèles économiques traditionnels, prescripteurs, loueurs, intermédiaires et même financeurs. Ainsi, nous entrons dans une ère où il est indispensable de travailler avec l'internaute et non plus seulement pour lui.
L’entreprise face à l’évolution du Web
Sur la question de l’évolution du Web, l’auteur distingue deux types d'entreprises :
Celles qui restent centrées sur leur force digitale sans mettre l'internaute au centre de leurs préoccupations
Celles qui intègrent les enjeux de l'information (Web 1.0), de l'interactivité (Web 2.0) et de la personnalisation (Web 3.0).
Enfin, l'auteur met en exergue le rôle croissant des collaborateurs dans le dialogue avec les clients. Des chartes ont été mises en place pour limiter les échanges sur les réseaux sociaux, tandis que d'autres entreprises encouragent leurs employés à devenir les ambassadeurs de leur marque, solidifiant ainsi leur présence digitale.
3.6 - De nouveaux robots
La dernière partie du livre "Slasheurs, designers, gamers", Stéphane Biso démystifie nos peurs concernant les robots et les drones. L’auteur explique en effet que ces nouvelles technologies, loin de supprimer massivement nos emplois, peuvent apporter une véritable collaboration entre l'homme et la machine.
Les drones
Stéphane Biso expose d’abord une panoplie d'applications des drones, allant de l'agriculture à l'industrie cinématographique, en passant par les assurances et la maintenance des éoliennes. Dans ce secteur en expansion, ce ne sont pas uniquement les pilotes qui sont recherchés. Managers, ingénieurs et techniciens sont aussi nécessaires.
Les cobots
Le cobot est une fusion des termes anglais "collaborative" et "robots". Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", au lieu d'être une menace pour l'emploi, le cobot se positionne comme notre collègue de bureau. Il nous libère des tâches pénibles et répétitives.
Stéphane Biso nous apprend que ce nouveau collaborateur est déjà présent dans l'industrie automobile, où il permet d’ailleurs de réduire considérablement les troubles musculaires et les risques d'accidents.
Aussi, selon l’auteur, ces robots apportent un champ d'opportunités. Ils nous ouvrent la voie vers une croissance exponentielle.
Vous sentez-vous prêts à accueillir ces nouveaux collègues ?
Conclusion
Comment Stéphane Biso conclut-il "Slasheurs, designers, gamers" ?
Voici les nombreux points clés qu’il développe en conclusion de son livre.
La symbiose imminente entre le biologique, l'humain et le numérique
Pour l'auteur, l'évolution technologique des dix dernières années ne se résume pas seulement à la communication et aux appareils numériques que nous utilisons quotidiennement.
Il suggère que nous sommes sur le point d'entrer dans une nouvelle ère de symbiose, où les frontières entre le biologique, l'humain, le matériel, l'électronique et le numérique deviennent de plus en plus floues.
"Cette nouvelle ère de l’IA va produire au minimum une accélération de l'accélération" écrit-il. "Elle va faire bouger un grand nombre de fondamentaux de notre société : la place de l'intelligence dans l'économie du savoir et la guerre des talents, la fin possible de la vie privée, l'anticipation de nombreux risques" continue Stéphane Biso.
Cette transition est rendue possible par les avancées dans les domaines des NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l'Information et sciences Cognitives).
Les Nanotechnologies, par exemple, manipulent des objets de la taille du nanomètre, rendant ainsi possible la construction de matériaux, de systèmes, de robots complexes.
Grâce aux Biotechnologies, nous pouvons aujourd’hui modifier les organismes vivants et produire de nouveaux biens, services et nouvelles connaissances.
Les technologies de l'Information englobent tous les systèmes et processus utilisés pour créer et gérer les données électroniques.
Enfin, les sciences Cognitives étudient les mécanismes de la pensée humaine, animale ou artificielle.
L'avenir selon "Slasheurs, designers, gamers" : vers l'Humain augmenté
"Slasheurs, designers, gamers" nous invite alors à envisager un avenir où, grâce à la fusion de ces domaines, nous devenons des êtres humains améliorés et de plus en plus autonomes. Un avenir où nous serons capables de réaliser des tâches complexes à distance, comme piloter une opération de nano-chirurgie.
Et pour nous aider à nous projeter, Stéphane Biso décrit un monde où des objets connectés et mettables, comme des bracelets, des montres ou même des puces RFID implantées sous la peau, sont devenus une partie intégrante de notre quotidien.
Les inquiétudes et les défis éthiques de la technologie
Au-delà des opportunités de cette vision de l’avenir, Stéphane Biso poursuit sa réflexion en soulignant qu’elle soulève aussi des inquiétudes. Notamment en ce qui concerne la surveillance généralisée et la protection de la vie privée.
Il nous pousse alors à réfléchir à ces changements technologiques, non seulement en termes de ce qu'ils signifient pour nos vies personnelles et professionnelles, mais aussi en termes d'implications éthiques et sociétales. Il nous encourage aussi à nous engager activement dans le façonnement de cet avenir technologique.
L'analyse prédictive et l'intelligence artificielle dans notre quotidien
L'intelligence artificielle est aujourd’hui omniprésente dans notre quotidien.
Des logiciels intelligents peuvent nous observer en temps réel. Couplés à une facette de l’intelligence artificielle appelée "l’analyse prédictive", ceux-ci peuvent même aisément faire des prédictions sur nos futurs comportements.
Des outils tels que Discover de Spotify, les suggestions de Netflix ou encore d'Amazon exploitent constamment ces technologies pour personnaliser nos expériences.
Pour Stéphane Biso, cette symbiose entre l’homme et la machine s’illustre aussi parfaitement dans les chatbots, de plus en plus courants, l’optimisation de nos déplacements avec Google Maps ou encore la voiture électrique Renault Symbioz, conçue comme une extension de la maison
Tous ces développements technologiques, autrefois de science-fiction, symbolisent notre relation croissante avec l'intelligence artificielle. Ils ont une incidence profonde sur notre quotidien.
La fracture numérique et l'accessibilité à la technologie : un problème sérieux
La conclusion de "Slasheurs, designers, gamers" souligne aussi un point à ne pas oublier : cette connexion n'est pas universelle. Un quart des Français peinent avec le numérique. Ce phénomène est appelé "illectronisme". Et cette fracture numérique, qui ne cesse de s'agrandir, pose un problème sérieux à mesure que la France avance vers une dématérialisation complète de son administration.
Le rôle déterminant de la créativité et la place centrale de l’humain dans l'élaboration de la société future
Dans ce contexte, la créativité et le design sont des éléments clés dans l'élaboration de la société technologique future.
Le designer a un rôle essentiel à jouer, non seulement dans la réflexion sur la place de l'humain dans la société, mais aussi dans la mise en place de nouvelles organisations d'entreprise.
Stéphane Biso rappelle que l'humanisme - pas seulement la science, la technologie ou le business - doit être au centre de nos préoccupations.
La transformation nécessaire des entreprises face à l'accélération technologique
Pour l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers", toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d'activité, doivent se transformer si elles veulent rester compétitives.
Si cette transformation est indispensable dans un monde globalisé et en rapide accélération, elle est toutefois délicate à mettre en œuvre.
Le nécessaire changement de vision du monde du travail en réponse à la transformation digitale
Face à ces changements, nous devons revoir notre vision du monde du travail, affirme Stéphane Biso.
Il s'agit de ne pas subir ces transformations, mais de choisir consciemment comment nous nous y adaptons, tout en protégeant notre vie privée.
Pour réussir cette transformation, il nous faut également changer notre façon de travailler. Nous devons, selon l’auteur de "Slasheurs, designers, gamers" :
Porter une attention particulière à l'innovation et à la conduite du changement dans l'organisation.
Mettre en place une nouvelle forme d'organisation dynamique, flexible et ouverte. Car pour survivre dans ce monde en constante mutation, une entreprise doit être capable de se réorganiser quasiment en temps réel et rester ouverte à de nouveaux talents.
Donner une place importante au design : en mettant l'accent sur l'humanisme, il a le potentiel de nous aider à créer une société future où la technologie et l'homme coexistent harmonieusement.
Conclusion de "Slasheurs, designers, gamers, quels seront les jobs de nos enfants demain" de Stéphane Biso
Alors que nous naviguons à grande vitesse dans une ère de ruptures technologiques, le livre de Stéphane Biso, "Slasheurs, designers, gamers", se présente comme une bouée salvatrice pour quiconque s'interroge sur l'avenir du monde professionnel.
L'Entreprise de demain à la lumière de "Slasheurs, Designers, Gamers"
"Slasheurs, designers, gamers" nous montre comment les accélérations technologiques provoquent une cascade de mutations : depuis les systèmes de production d'énergie décentralisée jusqu’à l'entreprise 3.0, en passant par l’émergence d'une symbiose inédite entre le biologique, l’humain et le numérique
Mais pour l'auteur, il serait naïf de ne pas mentionner les défis qui accompagnent cette évolution. La technologie, tout en offrant d'innombrables opportunités, suscite des inquiétudes éthiques. L’intelligence artificielle s’invite dans notre quotidien, et l’analyse prédictive promet des avancées mais aussi des dilemmes sans précédent. La fracture numérique, accentuée par des disparités d’accès à la technologie, est un défi majeur à surmonter.
Toutefois, comme Stéphane Biso le suggère, au cœur de cette révolution se trouve une constante indéfectible : la créativité humaine. Il souligne l'importance de la place centrale de l'homme dans la conception de notre futur. En dépit de l'accélération technologique, ce sont nos valeurs, notre vision et surtout notre capacité d’adaptation qui définiront l'entreprise de demain.
Le message est clair : l'avenir n'est pas uniquement dicté par la technologie, mais par la façon dont nous, en tant qu'êtres humains, la façonnons et l'intégrons. L'ouvrage de Stéphane Biso est un appel à l'action pour les décideurs, les entrepreneurs et tous ceux qui aspirent à modeler l'entreprise de demain.
Les 4 grands points clés que vous découvrirez en lisant le livre "Slasheurs, designers, gamers" de Stéphane Biso
En plongeant dans "Slasheurs, designers, gamers", vous découvrirez à quoi pourrait bien ressembler l'avenir du monde professionnel.
Stéphane Biso décode avec brio la manière dont les avancées technologiques redéfinissent notre vision du travail, tout en soulignant l'importance de préserver notre humanité. Cet ouvrage vous aidera alors à comprendre et à naviguer dans le paysage en constante évolution de la technologie et du travail.
Voici plus précisément 4 idées clés largement développées - parmi plein d'autres - que vous retrouverez dans le livre :
Point-clé n°1 : La symbiose entre biologie, humain et numérique est sur le point d'être une révolution majeure
Le premier point clé du livre "Slasheurs, designers, gamers" est la transformation majeure que nous observons aujourd'hui, à savoir : la fusion imminente entre le biologique, l'humain et le numérique.
Vous comprendrez pourquoi cette transition est amplifiée par des avancées impressionnantes dans les domaines des NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l'Information et sciences Cognitives). et pourquoi, pour Stéphane Biso, l'avenir se dirige vers l'Humain augmenté, une version améliorée de l'humanité avec une forte intégration technologique.
Point-clé n°2 : L'avenir du travail réside dans l'entreprise 3.0
Les entreprises ne sont plus ce qu'elles étaient. L'ère des organisations verticales et rigides s'efface, cédant la place à des structures plus flexibles, gamifiées et centrées sur l'humain.
Pour Stéphane Biso, le futur réside dans une entreprise 3.0. Un modèle d'entreprise qui s'appuie sur le web 3.0, prônant participation, simplicité, et ouverture des données. Cette transition, qu’il qualifie judicieusement de "rupture", nécessite une profonde réflexion sur notre consommation technologique, ainsi qu’une conscience accrue de son impact sur l’environnement.
Côté business, les modèles traditionnels s'estompent. Dans leur sillage, de nouveaux métiers voient le jour, portés par une logique de "Netflixation" de l'économie. Ce nouvel ordre économique influence fortement les compétences recherchées dans le monde du travail. Au centre de cette mutation : l’humain. Aussi, le design, l'open innovation et la gamification se révèlent comme des vecteurs d'efficacité et de créativité en entreprise.
Point-clé n°3 : La technologie apporte son lot de défis éthiques
Mais à mesure que la technologie progresse, elle apporte son lot de préoccupations.
Stéphane Biso insiste donc aussi sur les inquiétudes éthiques liées à l'intégration croissante de l'analyse prédictive et de l'intelligence artificielle dans notre quotidien. De plus, la fracture numérique grandissante et l'accessibilité limitée à ces technologies avancées posent un défi majeur pour notre société.
Point-clé n°4 : L'humain occupe une place centrale face à la transformation technologique
Malgré le rythme effréné de la digitalisation, le livre "Slasheurs, designers, gamers" rappelle également l'importance de la créativité humaine. Les entreprises doivent se transformer pour répondre à cette accélération technologique, mais il est vital qu'elles gardent à l'esprit que c'est l'humain qui reste au cœur de cette élaboration de la société future.
Un livre pour vous préparer à l'avenir du travail
"Slasheurs, designers, gamers" est, à mon sens, une lecture incontournable pour quiconque souhaite anticiper, comprendre et se préparer à l'avenir du travail. Un avenir où l'humain augmenté n'est pas seulement une possibilité, mais une réalité en devenir. À vous, désormais, de décider si vous souhaitez être un acteur ou un simple spectateur de cette transformation.
Je recommande vivement ce livre pour de nombreuses raisons mais surtout pour sa capacité à démystifier les tendances technologiques tout en mettant en lumière les implications éthiques et sociétales. Aussi, parce que Stéphane Biso nous rappelle que, malgré la technologie omniprésente, l'humain doit rester au centre de nos préoccupations.
Points forts :
Tout au long du livre, les illustrations, définitions, encarts et nombreux schémas récapitulatifs qui permettent une compréhension facile et agréable des propos de l’auteur.
L'exploration de la fusion entre le biologique, l'humain et le numérique et la mise en avant de l'humain comme élément central malgré la transformation numérique.
L'éclairage porté sur les défis éthiques liés à l'avancée technologique.
Un ouvrage très accessible pour comprendre l'évolution du monde professionnel face à la technologie.
Point faible :
Il aurait été pertinent d'approfondir comment adapter l'éducation et les apprentissages actuels de nos enfants aux compétences requises pour les métiers de demain.
Ma note :
★★★★★
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November 30 2023, 5:00pm
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L’art d’aimer
Résumé de « L’art d’aimer » de Erich Fromm : un manuel qui vous dit tout sur le métier de biographe privé ou familial, une activité qui allie écriture et relation pour celles et ceux qui veulent prendre une nouvelle voie dans leur existence.
Par Érich Fromm, 2015 (1re édition : 1956).
Titre original : « The Art of Loving ».
Chronique et résumé de « L’art d’aimer » de Erich Fromm
Erich From et L’art d’aimer
Né à Francfort, Erich Fromm (1900-1980) a fait ses études et ses premières armes intellectuelles en philosophie. Influencé par les travaux de Freud, il se forme également à la psychanalyse.
Émigré aux États-Unis dès les années 30, il devient progressivement un psychanalyste et un penseur mondialement connu.
Il a publié de nombreux ouvrages, tous parus postérieurement en France, dont :
L’homme pour lui-même (1967) ;
Société aliénée et société saine (1969) ;
Espoir et révolution (1970) ;
Avoir ou être (1978) ;
De la désobéissance et autres essais (1982).
L’art d’aimer a paru pour la première fois en anglais (États-Unis) en 1956 et est rapidement devenu un classique, au point d’être constamment réédité jusqu’à aujourd’hui.
Dans cet ouvrage, l’auteur reprend une série de concepts qu’il a développé ailleurs dans son œuvre. Pour autant, comme il le dit lui-même dans la préface, il ne s’agit pas d’un « exercice de récapitulation ».
Au contraire, Erich Fromm développe ici une pensée originale et articulée qui va plus loin que ses anciens travaux et qui, à partir de cette nouvelle perspective sur l’amour, projette sur eux une nouvelle lumière.
Le livre se décompose en 4 parties principales :
Dans la première, très courte, il pose la question de l’amour comme « art ».
La seconde partie est consacrée aux théories de l’amour dans l’histoire ;
Dans la troisième partie, l’auteur analyse la façon dont nous percevons l’amour dans la société d’aujourd’hui (c’est-à-dire les États-Unis des années 1950) ;
Enfin, la quatrième et dernière partie formule une approche pratique de l’amour et nous donne plusieurs clés pour exercer cet « art d’aimer ».
Première partie — L’amour est-il un art ?
L’auteur commence par opposer deux conceptions de l’amour :
L’amour comme art (ce qui est sa thèse) ;
Et l’amour comme « sensation agréable ».
Selon Erich Fromm, c’est la seconde option qui est aujourd’hui en vogue, comme le prouvent les innombrables films, chansons et objets culturels que nous consommons.
Cette idée de l’amour comme sensation ou sentiment est liée à plusieurs prémisses. L’intellectuel en évoque 3 principales :
Nous cherchons avant tout à être aimés plutôt qu’à aimer. Dans toutes nos relations, nous cherchons avant tout à être « aimable » et développons différentes stratégies pour ce faire.
Pour nous, l’enjeu est de trouver le bon « objet » à aimer : la bonne personne, celle qui aura les qualités requises et qui est « attrayante » à un moment historique donné) et non de développer une faculté (celle d’aimer).
Nous imaginons l’amour comme une chute dans un état permanent, comme le révèlent les expressions « tomber amoureux », puis « être » amoureux. Pourtant, l’engouement initial fait vite place à l’ennui et au retour de la solitude.
Nous pensons que la difficulté est d’être aimé ; aimer, en revanche, semble aisé et naturel. Pourtant, les échecs en amour, si nombreux, témoignent du contraire. Comment, dans ce cas, changer la donne ?
« La première démarche qui s’impose est de prendre conscience que l’amour est un art, tout comme vivre est un art ; si nous voulons apprendre comment aimer, nous devons procéder de la même manière que pour apprendre n’importe quel autre art, à savoir la musique, la peinture, la charpenterie, ou l’art de la médecine ou de la mécanique. » (L’art d’aimer, Première partie)
Erich Fromm considère qu’il y a deux étapes à cet apprentissage :
L’apprentissage théorique ;
La maîtrise de la pratique.
La connaissance théorique est largement insuffisante. Elle permet de donner l’impulsion et d’éduquer le regard. Toutefois, nous devenons un maître dans un art qu’après une longue pratique.
Le psychanalyste impose une troisième condition en plus de la théorie et de la pratique : « il importe, dit-il, que rien au monde n’ait plus d’importance que l’art ». Autrement dit, il faut être capable — ce qui n’est pas si évident à l’heure actuelle — de se dévouer à cet apprentissage.
Êtes-vous prêt pour entrer dans cette voie ?
Deuxième partie — La théorie de l’amour
1 — L’amour, réponse au problème de l’existence humaine
Si les animaux connaissent une forme d’amour, elle est essentiellement le fruit d’un instinct incontrôlé. Or, sur bien des points, les êtres humains (en tant qu’espèce et individu) ont coupé les ponts avec cette origine animale.
Bien sûr, nous restons sujets à des pulsions. C’est évident, une part animale nous habite toujours. Mais en tant qu’hommes, nous devons avancer dans la vie grâce à notre raison.
Cela signifie aussi que nous nous retrouvons face à une situation indéterminée, obligés de prendre conscience de ce que nous faisons.
En tant qu’individus pensants, nous nous sentons séparés d’autrui (et du monde) et nous aspirons à le retrouver.
— Angoisse de la séparation et besoin de la surmonter
« L’expérience de la séparation suscite l’angoisse ; elle est, à vrai dire, la source de toute angoisse », selon Erich Fromm.
La séparation génère aussi honte et culpabilité. Le mythe biblique d’Adam et Ève, qui se trouve aux racines de notre culture occidentale, est particulièrement clair sur ce point.
Ce n’est pas une morale de chasteté qui est en jeu dans cette histoire, mais plutôt l’idée selon laquelle nous nous trouvons démunis et honteux une fois que nous prenons conscience :
De notre situation d’isolement hors de la nature, hors de notre condition animale ;
De la séparation des sexes en masculin et féminin.
L’amour est l’opérateur de la réunion et c’est lui qui nous donne espoir. Si nous ne croyions pas à cette possibilité d’unité par l’amour, nous sombrerions dans la folie.
Cette condition fondamentale des êtres humains est universelle, pour Erich Fromm. Au cours du temps, dans les différentes régions du monde, les hommes et les femmes ont trouvé des moyens, des rituels, des réponses diverses et variées à ce problème unique.
Il en va aussi ainsi de l’individu lui-même. Lorsqu’il est enfant, il ne répond pas de la même façon à ce besoin fondamental que lorsqu’il est adulte. Ces manières de faire évoluent.
— Première solution partielle : les états orgiaques (abolition du moi séparé)
Les états orgiaques prennent plusieurs formes, de l’extase autoprovoquée à la prise de drogues, par exemple. L’expérience sexuelle fait également partie des rites qui permettent ce type de fusion.
Lorsqu’ils sont pratiqués au sein de rituels organisés par des groupes sociaux déterminés, ils sont socialement approuvés et les individus n’en souffrent pas.
En revanche, quand une culture donnée les abandonne et qu’ils deviennent des comportements individuels, ces comportements deviennent déviants et sources de souffrance.
Dans ce deuxième cas, la recherche d’états orgiaques peut vite devenir une tentative désespérée pour soulager un trop fort sentiment de solitude.
La particularité de ces formes d’union est leur violence et leur aspect total (engagement du corps et de l’âme). Par ailleurs, elles sont plutôt brèves et doivent être régulièrement répétées.
— Deuxième solution partielle : le conformisme
Le conformisme est une autre forme d’union. Celle-ci prévaut dans les sociétés démocratiques occidentales, depuis la République romaine jusqu’à nos jours.
L’union s’effectue au groupe dans son ensemble : nous voulons nous conformer à la façon d’agir et de penser d’autrui et, plus largement, de la « société » dans sa totalité.
L’égalité a plusieurs sens. Elle pouvait signifier coexistence des différences et respect des singularités. Mais aujourd’hui, elle est plutôt devenue synonyme de « similitude » : tout le monde doit se ressembler.
Les différences doivent s’effacer au profit d’une identité homogène, standardisée. Ce sont la routine et le calme qui caractérisent ce type d’union. Le corps reste en retrait ; c’est l’esprit qui est avant tout concerné.
— Troisième solution partielle : le travail créateur
« Une troisième manière d’atteindre l’union réside dans l’activité créatrice, que ce soit celle de l’artiste ou celle de l’artisan. Dans toute espèce de travail créateur, la personne qui crée s’unit avec son matériau, qui représente le monde en dehors d’elle. » (L’art d’aimer, Première partie)
Cela n’est pas vrai du travail d’exécution de type administratif (employé) ou industriel (ouvrier). Là, c’est plutôt le conformisme qui joue. Pour que ce troisième type d’union ait lieu, il faut, selon Erich Fromm, qu’il y ait organisation, élaboration, contemplation du résultat du travail « fait main ».
— L’amour seule solution humaine
L’amour est un terme vague qui comprend bien des acceptations. Cela pose problème dans la mesure où nous cherchons à en construire une théorie.
Pour Erich Fromm, l’amour est avant tout une « réponse plénière au problème de l’existence » et prend forme entre des personnes.
Toutefois, il faut aussi parler de l’amour dans d’autres sens, tel que le sens religieux par exemple. Dans la suite de l’exposé, l’auteur complète son propos en analysant d’autres formes et conceptions de ce mot.
— Les formes imparfaites de l’amour par union symbiotique
La symbiose signifie « ensemble ». Le modèle biologique de la symbiose est « la relation entre la mère enceinte et le fœtus ». Il y a interdépendance complète des deux êtres.
Au niveau psychologique, les formes d’attachement symbiotiques peuvent se diviser en deux :
Dans sa forme passive, la symbiose est masochisme ou soumission. Celle-ci peut prendre des modalités très diverses : soumission à une personne, au destin, à un objet de culte, etc.
Dans sa forme active, les psychanalystes parlent de sadisme ou de domination. Ici, c’est le sentiment d’emprise sur l’autre qui crée la fusion : un individu « se surestime et se valorise par incorporation d’une autre personne qui lui rend un culte ». C’est l’envers du masochisme. Toutefois, il faut noter que le sadique est aussi dépendant que le masochiste.
— L’amour accompli, pouvoir actif de participation
« En contraste avec l’union symbiotique, l’amour accompli est une union qui implique la préservation de l’intégrité, de l’individualisé. L’amour est chez l’homme (comme être humain) un pouvoir actif ; un pouvoir qui démantèle les murs séparant l’homme de ses semblables, qui l’unit à autrui ; l’amour lui fait surmonter la sensation d’isolement et de séparation, tout en lui permettant d’être lui-même, de maintenir son intégrité. Le paradoxe de l’amour réside en ce que deux êtres deviennent un et cependant restent deux. » (L’art d’aimer, Deuxième partie)
Pour Erich Fromm, il importe de comprendre que l’amour est une activité, un « prendre part ». Aimer, c’est avant tout donner et non « se laisser prendre » ou recevoir.
— Signification du don
Donner n’est pas « abandonner », comme nous le croyons trop souvent. Dans une optique créative, c’est un acte de puissance et de vitalité. Et cela, aussi bien chez l’homme que chez la femme.
Nous entendons trop souvent le mot « donner » dans un sens purement matériel. Souvent, nous plaçons ce mot en relation avec l’argent ou avec les biens (immobiliers ou autres).
Pourtant, là où il est le plus important et le plus intéressant, c’est dans la sphère des relations proprement humaines. Dans les relations authentiquement humaines, donner et recevoir vont de pair :
L’élève instruit le maître qui l’instruit ;
L’acteur stimule son public qui le stimule ;
Le patient guérit le psychanalyste qui le guérit ;
L’amant reçoit l’amour qu’il donne à l’être aimé.
— Sollicitude de l’amour
Mais ce n’est pas tout. L’amour sincère n’est pas que don. Il est aussi sollicitude. C’est parfois l’un de ces autres noms. Pour Erich Fromm :
« L’amour est une sollicitude active pour la vie et la croissance de ce que nous aimons ». Erich Fromm
Lorsque vous « vous donnez la peine » d’aider un être (une chose ou une personne) à « croître », à grandir, vous témoignez de la sollicitude et donc, d’une forme d’amour qui est liée à un effort.
— Amour et responsabilité
Ce geste de sollicitude et de souci d’autrui va de pair avec une responsabilité authentique. Non celle de « devoir imposé », mais de la capacité de répondre de ce qui, pourtant, n’est pas nous.
En vous rendant responsable d’autrui, vous créez un lien entre lui et vous.
— Amour et respect
Le respect, c’est d’abord « regarder » (de respicere en latin). Respecter, c’est donc d’abord regarder l’autre dans sa singularité et non obéir à une norme.
« Si j’aime l’autre personne, je me sens un avec elle, mais avec elle telle qu’elle est, non telle que j’ai besoin qu’elle soit en tant qu’objet pour mon usage », rappelle encore l’auteur.
— Amour et connaissance
Pour que le respect prenne sa vraie valeur, il est nécessaire de connaître l’autre. Le regard bienveillant vis-à-vis de l’autre implique la connaissance intime et donc, aussi, l’empathie.
Cette connaissance est aussi un désir : nous voulons souvent « percer le secret » de nous-mêmes comme des êtres qui nous entourent. Et pourtant, nous n’y arrivons jamais complètement.
La violence peut alors intervenir : la volonté de savoir se faire désir d’emprise et de destruction pour mieux pénétrer à l’intérieur de ce qui reste inconnu. C’est pourtant un acte désespéré et qui mène à la ruine des deux parties.
La meilleure manière de connaître est l’amour. Amour et connaissance authentiques s’impliquent et se nourrissent l’un l’autre.
— Amour, réunion de l’homme total : polarité masculine et féminine
La polarité est en chaque personne. Nous avons tous un pôle masculin et féminin : cela se confirme par la physiologie (les hormones que nous avons en commun) et au niveau psychologique.
Nous la retrouvons au niveau biologique, bien sûr, puisque l’ovule et le spermatozoïde créent un nouvel être. L’union de cette polarité est source de la perpétuation de l’espèce. Elle se retrouve d’ailleurs dans toute la nature.
— Erreur de Freud
Selon Erich Fromm, Freud a échoué à comprendre la dualité homme-femme. Pris dans des schémas de pensées patriarcaux, il a considéré à tort que la sexualité et la libido étaient avant tout des attributs masculins.
De ce fait, il a complètement manqué l’idée, à la fois physique et psychologique, de l’attirance sexuelle. Celle-ci ne se réduit pas à un besoin qui doit être déchargé, mais se fonde sur le besoin plus fondamental de l’union du féminin et du masculin.
2 — L’amour entre parents et enfants
Bébé, le petit humain s’identifie complètement à sa mère. Il y a fusion et, pour le dire avec la psychanalyse, état narcissique. La réalité de l’enfant se limite à ce qui le satisfait ou le frustre.
Quand l’enfant grandit, il se détache du giron maternel et apprend à donner un nom aux choses. La réalité s’agrandit et ne correspond plus seulement à ses désirs. Cela dit, il prend pour acquis (si tout se passe bien) qu’il est aimé et en sécurité.
Ce n’est qu’après 8 à 10 ans qu’il commence à inverser aussi le rapport : désormais, il sait qu’il peut aimer. Il lui faudra longtemps avant de porter cette connaissance à maturité (parfois jamais).
Pour résumer ce passage, Erich Fromm dit : « L’amour infantile suit le principe : “J’aime parce que je suis aimé.” L’amour parvenu à maturité suit le principe : “Je suis aimé parce que j’aime.” »
Cette évolution de la capacité d’aimer est liée à l’évolution de l’amour de la mère vers le père (considérés ici comme des « idéaux types » ou des « archétypes » et non des personnes réelles).
Alors que l’amour maternel est inconditionnel, celui du père est conditionné à la façon d’agir. Les deux s’incorporent progressivement et, dans les cas heureux, s’équilibrent.
« En fin de compte, lorsqu’elle est à maturité, la personne est devenue sa propre mère et son propre père », dit encore le psychanalyste. Autrement dit, elle a intégré harmonieusement les exigences d’amour inconditionné et conditionné.
3 — Les objets d’amour
L’amour est une attitude ou « une orientation du caractère ». Nous l’avons dit aussi : pour Erich Fromm, c’est une faculté et un pouvoir. En ce sens, il est absurde de prétendre le figer sur un seul objet.
C’est en ce sens que l’amour se diffuse et que, lorsque j’aime authentiquement une personne, j’aime aussi le monde et la vie.
Néanmoins, il y a bien des liens (au moins historiquement) privilégiés et des « formes d’amour d’après le type d’objet qui est aimé ». Voyons lesquels.
A. L’amour fraternel
L’auteur considère qu’il s’agit là de la forme la plus « fondamentale », car c’est celle qui est reliée à la sollicitude, à la responsabilité, au respect et à la connaissance (voir plus haut).
Le sens de l’égalité fonde cet amour ; c’est celui par lequel nous nous entraidons et nous sortons de la misère. Dans l’amour fraternel, nous aimons l’être fragile qui ne nous apporte rien, mais que nous pouvons aider à remettre sur pied, à égalité.
B. L’amour maternel
Ici, il n’y a pas égalité, car l’amour de la mère est ce qui permet au petit humain de grandir. Celui-ci dépend de celle-là.
Au-delà de ce simple souci de préserver l’enfant, la mère lui donne à goûter à la vie ; elle est capable de lui transmettre l’amour pour la vie.
Cet amour ne finit pas dans la fusion, mais au contraire dans la séparation. La mère aimante favorise ce départ de l’enfant et continue à aimer — d’une autre manière — une fois cette épreuve passée.
C. L’amour érotique (ou conjugal)
Les deux amours évoqués ci-dessus sont généralisables : vous pouvez passer d’un objet (« J’aime mon frère ») à une multiplicité (« J’aime tous mes frères »).
En revanche, l’amour érotique est (le plus souvent) attaché à un seul objet aimé et rejette tout élargissement. Il est exclusif.
Dans l’amour érotique, nous cherchons à fusionner par une connaissance complète de l’autre, à la fois physique et psychique. Il cherche à trouver, sous les différences, une essence unique qui joint les deux êtres.
L’auteur insiste sur un point supplémentaire : la volonté. C’est grâce à elle que le couple peut se maintenir et que l’union peut prendre une forme stable.
D. L’amour de soi
Contrairement à une pensée répandue, Erich Fromm distingue nettement amour de soi et égoïsme, ainsi qu’amour de soi et narcissisme.
Pour lui, l’amour de soi, loin de s’opposer à l’amour de l’autre, va de pair avec lui. D’ailleurs, le précepte biblique : « Aime ton prochain comme toi-même » ne dit pas autre chose.
E. L’amour de Dieu
Nous avons projeté sur un être parfait, hors de nous, nos propres caractéristiques.
En fait, cela signifie implicitement que nous avons appris à nous aimer et à nous considérer comme « la “chose” la plus digne et la plus élevée de l’univers ».
C’est ce que nous appelons anthropomorphisme. Approfondissons quelque peu la question dans les sections qui suivent.
— Passage des religions matriarcales aux religions patriarcales
Au cours de l’histoire humaine, nous sommes passés de religions matriarcales (fondées sur l’idée d’amour inconditionnel) à des religions patriarcales (fondées sur l’amour conditionnel).
Les religions matriarcales créent une foi en l’amour complet de Dieu. « Quoi que je fasse, Dieu m’aimera comme je l’aime ». À l’inverse, les religions patriarcales impliquent une foi fondée sur la justice et le châtiment : « Je serai digne de Dieu si j’agis bien ».
— Passage du principe anthropomorphique au principe monothéiste
Le principe anthropomorphique, nous l’avons signalé, renvoie à la personnification du Dieu à partir de caractéristiques humaines.
Que la religion soit patriarcale ou matriarcale, nous projetons des traits humains et nous nous plaçons, à rebours, dans la situation de l’enfant.
En revanche, l’auteur fait une distinction originale avec le principe monothéiste, plus authentique.
Dans ce cadre, nous devenons religieux lorsque nous n’attendons plus rien de Dieu. Le monothéiste croit en des principes qui sont certes « représentés » par Dieu, mais qui sont plus importants que lui.
— Logique aristotélicienne et logique paradoxale
L’auteur poursuit son enquête en opposant la logique aristotélicienne ou occidentale à la logique paradoxale ou orientale.
La première se fonde sur 3 principes :
Identité (A est A) ;
Non-contradiction (A n’est pas non A) ;
Tiers exclu (A ne peut être A et non-A, ni A ou non-A).
La seconde, en revanche, brouille les cartes et considère par exemple que A peut être non A. C’est une pensée que nous retrouvons notamment dans les philosophies chinoises (notamment le taoïsme) et indiennes (notamment le brahmanisme).
Pour Erich Fromm, la logique paradoxale permet d’aller plus loin dans notre compréhension du rapport à un être divin, infiniment supérieur. Si ce point vous intéresse, vous pouvez consulter en particulier les p. 108-111.
— Implications sur le plan religieux et éthique
Quelles sont les conséquences de ces réflexions ?
Eh bien, selon l’auteur, l’amour de Dieu est avant tout un amour de soi-même. Dans une conception mature, nous nous rendons compte que « Dieu et moi, nous sommes un », dit encore Erich Fromm en citant un célèbre théologien médiéval.
— Amour de Dieu et amour des parents
Avant la maturité, nous considérons l’amour de Dieu sur le modèle de l’amour parental. Nous serons protégés ou punis, mais nous resterons sous la tutelle du Dieu.
Avec la maturité, nous incorporons les principes d’amour et de justice et ne considérons plus Dieu que sous l’aspect du langage poétique ou symbolique.
Ces schémas sont souvent inconscients. La structure sociale en place, si nous n’y prenons pas garde, impose sa marque sur nos façons de considérer Dieu, mais aussi de vivre l’amour.
Troisième partie — L’amour et sa désintégration dans la société occidentale contemporaine
Pour Erich Fromm, la situation actuelle (en 1956, donc) n’est pas des plus enviables. Nous aurions perdu la capacité d’aimer authentiquement. Ce qui signifie aussi que nous nous réfugions, souvent, dans des comportements enfantins.
En fait, sous couvert d’amour authentique, ce sont des « contrefaçons » qui proliféreraient à foison. Mais quelles sont-elles ? Et comment les analyser ? C’est ce que nous allons voir maintenant.
La structure du capitalisme
Le capitalisme repose sur la liberté politique (libéralisme politique) et sur le marché comme régulateur des échanges économiques et sociaux (libéralisme économique).
Dans ce système, ce sont les possédants des moyens de production (une usine, par exemple) qui sont en mesure d’acheter la force de travail des personnes et donc de dicter leurs conditions.
Aujourd’hui, le capitalisme se caractérise par un haut niveau de bureaucratie (organisation rationnelle du capital et du travail). Et la règle qui gouverne le grand nombre est le conformisme, dont nous avons évoqué les traits plus haut.
Conséquences : l’homme-marchandise
« L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature », dit l’auteur. Il s’est oublié lui-même et surmonte sa solitude dans les « divertissements » qui lui sont proposés.
La routine « métro, boulot, dodo » le maintient dans un semblant d’union avec ses semblables. De temps en temps, il éprouve la nostalgie de la fusion orgiaque et se plaît à faire la fête et à aller au spectacle.
Mais la joie n’y est plus. Et il ressemble davantage à un automate (le travailleur salarié est une forme de marchandise pour son patron) prêt à ingurgiter n’importe quelle autre marchandise.
L’amour comme relation d’équipe
Pour l’auteur, l’un des effets de cette société sur l’amour est de modifier le sens de ce mot en en faisant une « relation d’équipe ». C’est un thème qui revient souvent dans les films états-uniens.
L’idée est, dans ce genre de couple, de fonctionner le plus efficacement possible en permettant à l’autre de réaliser ces projets et en lui offrant du confort.
Chacun prétend y trouver un refuge, un cocon qui lui permettra d’échapper au monde.
Primat de la technique sexuelle
À partir de la Première Guerre mondiale, des spécialistes ont estimé que la maîtrise de la sexualité permettait de rendre le couple heureux et donc de fortifier l’amour. C’est une conception que nous avons conservée dans la société actuelle.
Pourtant, c’est l’inverse qui est vrai : si nous avons des problèmes d’ordre sexuel, c’est d’abord — si nous évacuons les dysfonctionnements purement physiques — en raison d’une incapacité à aimer.
Nous ne savons pas comment nous unir à l’autre ; nous en avons peur et refusons de nous abandonner à lui. C’est la reprise en main de notre capacité à aimer qui nous libère des problèmes sexuels.
Réduction de l’amour à la sexualité chez Freud
Freud et ses disciples ne sont pas pour rien dans la croyance en ce « primat de la technique sexuelle ». En effet, le père de la psychanalyse a contribué à répandre l’idée d’une réduction de l’amour au sexe.
Pourtant, Erich Fromm considère qu’il faut plutôt renverser la cause et l’effet : Freud aurait été influencé par les conceptions de son temps, c’est-à-dire par l’idéologie capitaliste et le matérialisme scientiste qui régnaient au XIXe siècle.
L’élément qui se modifie après 1918 est le suivant : désormais, l’épargne et la retenue comme preuves de réussite économique et sociale sont dévalorisées au profit de la dépense et de la consommation.
Ce renversement coïncide avec la théorie freudienne de la satisfaction plénière et non inhibée des désirs instinctuels.
Sullivan et l’égoïsme à deux
Contrairement à Freud, le psychiatre et psychanalyste Henri Stack Sullivan établit une claire distinction entre amour et sexualité. Toutefois, ce dernier ne parvient pas à dépasser l’idée d’amour comme « relation d’équipe ».
Cette conception de l’amour est celle d’un « égoïsme à deux », c’est-à-dire d’un enfermement dans une bulle hors du monde à priori vécu comme hostile.
Dans la suite du chapitre, Erich Fromm étudie quelques formes pathologiques de l’amour dans les sociétés actuelles.
Formes d’amour névrotique d’origine familiale
Il arrive souvent que l’une des personnes au sein du couple, voire les deux, en soit restée à un stade infantile d’amour. Dans ce cas, il ou elle cherche une figure parentale à aimer sous couvert d’amour conjugal.
La forme la plus connue et peut-être la plus répandue est celle de l’amour névrotique qui unit un homme immature à une femme pensée comme une mère. Le conjoint attend de sa compagne un amour inconditionnel et une protection.
À l’inverse, certains hommes peuvent avoir été davantage influencés par la figure paternelle. Dans ce cas, ils font souvent une belle carrière, mais demeurent assez froids avec leurs partenaires féminines, ce qui déçoit celles-ci et finalement les éloigne.
Autre exemple : les conséquences d’un couple qui ne s’aime pas, mais qui « joue les apparences ». L’enfant qui vit dans cet environnement familial est susceptible de développer, adulte, un sentiment amoureux empreint de correction et d’absences.
Autres formes pathologiques de l’amour
Une autre forme d’amour pathologique est l’amour idolâtre. Celui-ci est d’office déçu, car personne n’est capable de tenir longtemps le rôle de l’idole. Face à la réalité, l’adorateur perd ses illusions et ne trouve que déception.
L’amour sentimental en est une autre forme. Ici, l’amour se vit par procuration dans une foule d’objets culturels (films, livres, etc.). Ce type d’amour, qui peut être vécu au sein même du couple, est fait de rêveries et d’évitement. I
L’auteur traite aussi de l’amour basé sur des mécanismes projectifs. Chacun, dans ce cas, devient le miroir de l’autre. Vous accusez l’autre des défauts que vous ne voulez pas voir (et surtout accepter) chez vous.
Si les deux partenaires agissent de la sorte, le développement devient impossible. À noter également : ce phénomène se produit souvent vers les enfants, qui se retrouvent chargés de devoir réussir la vie que l’un des parents (ou les deux) pense avoir manquée.
Autre forme problématique : penser que l’amour implique nécessairement l’absence de conflit ou de violence. Au contraire, il importe de voir que les conflits réels (non issus de mécanismes projectifs) peuvent être porteurs d’un renouveau.
Désintégration de l’amour de Dieu
La déliquescence de l’amour religieux sincère est le fruit de la société d’automates dans laquelle nous vivons. Si regain de religion il y a, c’est avant tout celui d’un amour idolâtre inauthentique.
Quatrième partie — La pratique de l’amour
Il est temps d’en venir à l’art d’aimer à proprement parler et à sa pratique. Toutefois, nous sommes face à deux problèmes, reconnaît ici Erich Fromm :
« Est-il possible d’apprendre quelque chose sur la pratique d’un art, sinon en le pratiquant ? »
« La plupart des gens (…) s’attendent à ce qu’on leur donne des recettes sur la manière de s’y prendre, ce qui signifie dans notre cas qu’on leur apprenne comment aimer. » (L’art d’aimer, Quatrième partie)
Si c’est ce à quoi vous vous attendez, vous serez déçu. Car c’est une expérience éminemment personnelle. Toutefois, nous pouvons « réfléchir sur les prémisses de l’art d’aimer », dit l’auteur. Penchons-nous donc sur ce qu’il nous propose.
Ce que requiert la pratique de tout art
Tout comme la cuisine ou la danse, l’amour a des exigences générales. La première d’entre elles est la discipline. Pour exceller en quelque chose, il faut s’y astreindre, y passer du temps.
Deuxième exigence de base : la concentration. Elle va de pair, vous le devinez, avec la discipline. Se plonger dans une activité exige une attention soutenue sur l’objet à réaliser (nous verrons ce qu’il en est dans le cas de l’amour).
Troisième exigence : la patience. Il n’est pas suffisant de se consacrer et de se concentrer. Il faut admettre, accepter que la maîtrise prend du temps. Nous avons tous envie d’aller vite. Pourtant, c’est dans la durée que s’établit l’excellence.
Enfin, le souci est une exigence générale de la pratique d’un art qui vaut pour l’amour également. Vous devrez vouloir l’excellence, et non pas en restant à un usage dilettante. Dans ces conditions, la personne doit se modeler en profondeur pour accueillir cet art.
« Pour ce qui est de l’art d’aimer, cela signifie que quiconque aspire à devenir un maître dans cet art doit commencer par pratiquer la discipline, la concentration et la patience dans chaque phase de sa vie », conclut Erich Fromm. Erich Fromm
— Pratique de la discipline
Précisons le premier point. La discipline doit devenir un style de vie plaisant que nous recherchons et non être ressenti comme une contrainte extérieure.
Parmi les aspects pratiques de la discipline, vous trouverez par exemple l’importance du sommeil et des repas. Se lever tôt, manger peu sont des règles d’ascèse assez connues.
— Pratique de la concentration
C’est un point particulièrement difficile à mettre en place. Nous voulons être sans cesse connectés. Pourtant, la concentration demande de savoir demeurer seul avec soi-même.
« Il sera utile de pratiquer quelques exercices très simples tels que, par exemple, se tenir assis dans une position de détente (ni molle ni rigide), fermer les yeux et imaginer un écran blanc, en veillant à écarter toutes les images et pensées qui viendraient interférer ; suivre sa respiration, non point y réfléchir ou la contraindre, mais s’efforcer de la suivre, et ce faisant, de la sentir ; enfin, essayer d’avoir le sentiment de son Je ; Je = moi-même, commencer de mes forces, comme créateur de mon monde. Il faudrait, au moins, faire ces exercices de concentration chaque matin durant vingt minutes (et si possible plus longtemps) et chaque soir avant de se coucher. » (L’art d’aimer, Quatrième partie)
Cela vous fait penser à la méditation de pleine conscience ? Ce n’est pas un hasard !
— Sensibilisation à soi-même
Cette exigence est très liée à la concentration. Il ne s’agit pas de penser au sens fort de réfléchir, mais d’être dans un état d’ « écoute flottante » (comme le disent les psychanalystes).
Dans cet état, vous êtes réceptif, sans pour autant être préoccupé. Vous prenez conscience de vos états sans les rationaliser ; à la place, vous écoutez plutôt votre intuition.
Cette sensibilisation à soi-même est un souci constant pour l’amélioration de l’art d’aimer. Il est l’équivalent du champion de course qui apprend à connaître le moindre bruit bizarre de sa moto, ou du violoniste qui écoute son corps et prend soin de son instrument.
Exigences propres à l’amour : l’objectivité, remède au narcissisme
Narcissisme et objectivité s’opposent :
Le narcissisme est l’incapacité à voir les choses telles qu’elles sont — nous préférons les voir telles qu’elles nous paraissent devoir être.
L’objectivité est la capacité à voir les choses telles qu’elles sont, même si cela contredit nos désirs.
Le psychotique est celui qui est incapable d’objectivité. Le rêveur, également, est un Narcisse endormi.
Au quotidien, nous diffusons tous de petites doses de narcissisme. Et ce n’est pas que l’apanage des individus. Les États, par exemple, préfèrent parfois voir le monde tel qu’ils veulent — et non tel qu’il est.
Pour contrer ce phénomène, il nous faut utiliser la faculté de penser objectivement, à savoir la raison. Celle-ci est sous-tendue par un affect : l’humilité, qui implique le rejet de l’omniscience et de l’omnipotence.
Humilité, objectivité et raison doivent nous accompagner sur le chemin de l’art d’aimer.
— Foi rationnelle et foi irrationnelle
Pour aimer, il est important d’avoir la foi. Qu’est-ce que cela signifie ? L’auteur parle-t-il ici de religion ? Non ! La foi est d’abord liée au phénomène de la croyance et aussi — plus profondément — de la confiance ou de la conviction.
C’est justement ce qui différencie foi rationnelle et foi irrationnelle selon Erich Fromm :
La première se fonde sur la « certitude et la fermeté qui marque nos convictions ».
La seconde s’appuie sur « la soumission à une autorité (idée, personne, divinité) ».
Les grands scientifiques eux-mêmes se remarquent à leur foi rationnelle. Avant d’aboutir à une nouvelle théorie, ils ont tous dû faire un saut — une hypothèse — et croire en sa portée intellectuelle, en sa fécondité. Cela leur a souvent demandé du courage.
Mais la foi rationnelle et le courage se retrouvent aussi dans l’existence ordinaire. Quand nous « avons foi » en nos frères et quand nous nous « confions » à eux, par exemple.
Nous avons souvent peur d’aimer, dit Erich Fromm. Car « aimer signifie se compromettre sans garantie, se livrer sans réserve, en espérant que notre amour engendrera l’amour dans l’aimé », précise l’auteur.
Or la foi et le courage nous sont ici d’un grand secours. En fait, l’amour est « un acte de foi », c’est-à-dire un saut dans l’inconnu. Et pour oser se lancer, reconnaissez qu’il faut une certaine dose de courage !
— Orientation active et productive
L’amour est activité. Pour le dire autrement : c’est se tenir dans un état d’intérêt vis-à-vis de l’être aimé et de la vie en général. Il ne peut y avoir d’amour dans la paresse et l’ennui.
Cela dit, inutile de courir et de s’agiter en tous sens : c’est au contraire l’usage productif et créatif de nos facultés qui compte. Faites primer la qualité et l’intensité sur la quantité et la dispersion.
« Pour aimer, nous devons nous tenir dans un état d’évidé intense, de puissance vitalité, qui implique nécessairement une orientation productive et active en de nombreuses sphères de la vie. » (L’art d’aimer, Quatrième partie)
— Distinction entre amour et équité
L’amour se diffuse dans toutes nos relations, et pas seulement à l’égard d’une seule personne. Lorsqu’il devient un trait de caractère intégré, l’amour ne connaît nulle « division du travail », dit Erich Fromm.
À défaut, nous cherchons — et c’est déjà quelque chose — à être équitables. L’équité est l’absence de fraude et de triche. Faute de fraternité, nous garantissons la sécurité des échanges par l’équité.
Il y a pourtant une grande différence. Dans l’amour, nous nous sentons responsables des autres et unis à eux. Avec l’équité, nous commençons détachés les uns des autres et, une fois la transaction terminée, nous nous estimons « quittes ».
Pratique de l’amour dans la société actuelle
L’amour authentique, tel qu’il a été enseigné dans ce livre, est-il une folie ? Est-il impossible de le mettre en œuvre dans la société actuelle ? Pour l’auteur, pas complètement.
Erich Fromm soutient que, même s’ils s’opposent théoriquement, amour et travail peuvent fonctionner ensemble. Au moins dans certaines professions ; celles où le mensonge n’est pas la règle comportementale de base.
Toutefois, il faut bien admettre que l’amour sincère ne peut rester que marginal dans une société où le travail et l’échange économique ont pris le dessus. Faire de l’amour un style de vie social et non individuel impliquerait des changements que ce livre ne peut aborder.
Pourtant, Erich Fromm veut y voir une foi rationnelle et non un désir délirant :
« La foi dans la possibilité de l’amour comme phénomène social, est non comme phénomène individuel d’exception, est une foi rationnelle qui se fonde sur l’intuition de la véritable nature de l’homme », affirme-t-il en conclusion de son ouvrage.
Conclusion sur « L’art d’aimer » de Erich Fromm :
Ce qu’il faut retenir de « L’art d’aimer » de Erich Fromm :
Ce livre est un classique. Il se situe au croisement de la philosophie, de la psychologie et du développement personnel.
Les analyses peuvent surprendre le lecteur distrait : il ne s’agit nullement de recevoir des conseils sur l’amour conjugal afin de « réussir sa vie de couple ». En fait, le thème est beaucoup plus large.
L’art d’aimer est un livre de réflexion sur le rôle de l’amour dans la société contemporaine et sur les façons actuelles que nous avons de le pratiquer. Il offre un regard critique sur nos attitudes contemporaines, tout en nous proposant une autre voie.
Cette voie se rapproche étonnamment des sagesses orientales et, notamment, de la méditation. Adopter une attitude de gratitude, d’humilité, d’attention consciente aux choses. Voilà des conseils généraux mais qui, à coup sûr, résonneront à vos oreilles !
Et si ce n’est pas le cas, nous vous conseillons de découvrir d’autres chroniques de ce site qui vont dans le même sens. Et pourquoi pas, par exemple, celle-ci : De l’art du bonheur ?
Points forts :
Un livre érudit par un intellectuel reconnu ;
Une argumentation très claire, malgré certaines difficultés théoriques ;
Des exemples d’amours problématiques qui nous permettent d’analyser nos relations ;
Une réflexion plus large sur le rôle de l’amour dans les relations sociales.
Point faible :
Je n’en ai pas trouvé, sinon que le livre est déjà ancien. Mais avec un peu d’imagination, vous trouverez très facilement comment le mettre au goût du jour !
Ma note :
★★★★★
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November 27 2023, 5:00pm
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J'ai publié sur des-livres-pour-changer-de-vie.fr
3 livres pour apprendre à déjouer ou se servir des techniques de manipulation mentale
La manipulation mentale est une réalité insidieuse qui nous entoure dans nombre d'aspects de notre quotidien. Nous sommes constamment influencés, que ce soit dans nos décisions d'achat, nos relations personnelles ou même dans nos choix politiques. Par ailleurs, nous devons souvent défendre nos idées, nos projets, convaincre, aider, négocier. Pour cela, nous employons, nous aussi, des techniques de manipulation avec les autres. À bon escient et avec nos bonnes intentions certes, mais il s'agit bien d'une forme de manipulation quand bien même celle-ci est éthique.
On comprend alors que décrypter et manier les techniques de manipulation mentale sont des compétences très utiles dans nos vies personnelles comme professionnelles. Tant pour nous en servir que pour nous en protéger.
Dans cet article, j’ai donc choisi de vous parler de 3 livres qui traitent de la manipulation mentale.
Chacun de ces livres vous offrira un éclairage sur le sujet : le premier vous explique comment influencer les autres en vous révélant plusieurs techniques de manipulation très efficaces. Le second ouvrage étudie les phénomènes psychologiques inhérents à l’influence des masses. Dans le troisième livre, vous comprendrez mieux les mécanismes cachés, subtils et complexes de la persuasion. Vous changerez très probablement de vision sur ce qui vous entoure. Et vous apprendrez à mieux contrer la manipulation mentale ou sinon, à continuer de vous faire influencer mais en toute conscience à présent.
Dans tous les cas, ces lectures vous permettront d'une part, de ressortir mieux armé contre les techniques de manipulation mentale qui impactent votre indépendance d’esprit voire votre intégrité. D'autre part, vous posséderez un grand nombre d'outils en main pour pouvoir renforcer votre propre pouvoir d’influence.
- "Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens"
Par Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, 2004 (2ème édition, première publication en 1987), 286 pages.
Résumé du livre "Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens" de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois
"Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens" est un ouvrage écrit par deux spécialistes de la psychologie sociale, Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois. Le livre donne un éclairage sur les mécanismes de la manipulation mentale.
Les auteurs y décrivent d’abord les six pièges de la décision selon eux. Ces méthodes sournoises appelées "la consistance comportementale", "l’engagement", "l’effet de gel", "l’escalade d’engagement", "la dépense gâchée" et "le piège abscons" sont largement décrites dans le livre.
Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois exposent ensuite, avec détail, différentes techniques de manipulation mentale. Ces techniques sont souvent utilisées "contre" nous. Mais nous pouvons tout à fait les "utiliser" avec les autres une fois connues. Il s'agit, par exemple, de celles dites de "l’amorçage", du "pied dans la porte", de "la porte au nez", de "l’étiquetage" et bien d'autres procédés des plus subtils au plus complexes.
Le livre évoque ensuite la manipulation au quotidien. Vous serez étonné de voir à quel point, ces techniques de manipulation se glissent dans notre quotidien. Et ce sans même que nous ne nous en rendions compte.
Les auteurs abordent aussi l'auto-manipulation. Nous comprenons alors ce qui fait que nous nous engageons parfois dans un processus coûteux sans parvenir à fixer de limite à notre investissement.
Car il ne s'agit pas seulement de comprendre comment nous pouvons être manipulés, mais aussi comment nous nous manipulons nous-mêmes. On apprend alors à être plus attentif à nos décisions instinctives. On comprend qu'il ne faut jamais surestimer notre sentiment de libre arbitre, notre impression de liberté de choix.
Enfin, dans sa dernière version actualisée, un chapitre entier est consacré à la manipulation des masses.
Mon avis sur le livre "Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens" de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois
Nous nous sommes tous demandé un jour comment réussir à influencer les autres pour qu'ils agissent selon nos souhaits. Si c'est une question que vous aussi, vous continuez de vous poser aujourd'hui, alors lisez "Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens". Car si ce manuel révèle comment nous sommes manipulés au quotidien (par les commerciaux ou la publicité notamment) il apprend également à obtenir ce que vous désirez des autres. Attention toutefois à en faire bon usage. Veillez à ne pas tomber dans le piège de la manipulation non éthique.
Vous l'aurez donc compris, les informations contenues dans le livre de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois sont utiles à deux fins :
D’abord, l’ouvrage est l’occasion de percer les mystères de l’influence. Il vous apprendra à détecter les techniques de manipulation. Vous pourrez alors mieux vous en défendre, décider et agir par vous-même. Ce petit traité sera votre bouclier contre les manœuvres sournoises de ceux qui cherchent à influencer votre jugement.
Ensuite, il décrypte les comportements naturels qui permettent d'influencer autrui, et révèle les techniques les plus efficaces, scientifiquement prouvées, pour y parvenir. Cette lecture vous aidera alors à limiter votre risque d’être manipulé. Mais aussi à augmenter vos chances d’arriver à manipuler vous-même autrui pour mieux parvenir à vos fins avec des intentions saines et louables.
Laissez-vous donc captiver par ce livre. Je suis quasiment certain qu’il vous donnera un regard neuf sur le monde qui vous entoure.
Les points forts et points faibles du livre "Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens e pouvoir rhétorique" de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois
Points forts :
L’abondance de références à des travaux divers.
Les exemples concrets et données chiffrées qui apportent une vraie crédibilité scientifique aux propos.
L'humour et le storytelling.
Un livre tout aussi utile pour la vie quotidienne qu’à des fins professionnelles et commerciales.
La présentation des bases en psychologie et la répétition des notions qui favorisent l’assimilation.
Points faibles :
Le manque d'exercices pratiques : le contenu est très axé "théorie".
La manipulation, bien qu'expliquée de manière neutre, peut être perçue comme immorale par certains lecteurs.
Ma note :
★★★★★
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- "La psychologie des foules"
Par Gustave Le Bon, 1895, 130 pages.
Résumé du livre "La psychologie des foules" de Gustave Le Bon
"La psychologie des foules" est un classique de la littérature sociologique et psychologique.
Gustave Le Bon, médecin et anthropologue français, y dépeint avec finesse les comportements humains en groupe et la manière dont une foule peut être manipulée.
Dans cet ouvrage, il livre une analyse lucide et détaillée des mécanismes psychologiques, cognitifs et moraux qui conditionnent et orientent le comportement de la foule. Il explique comment cet effet de masse peut rendre des individus capables, selon l’excitant du moment, de crimes les plus odieux, mais aussi d’actions les plus nobles.
En effet, selon l'auteur, "la foule" peut transformer des individus conscients, libres et responsables en des êtres inconscients, aliénés et instinctifs.
Les trois points clés développés dans "La psychologie des foules"
"La psychologie des foules" étudie ainsi :
Le pouvoir du prestige : le prestige, selon Gustave Le Bon, est une force puissante qui permet de saisir comment une idée, une croyance, une personne ou une divinité peuvent exercer une domination émotionnelle sur les esprits. Il est essentiel de comprendre cette notion pour apprendre à se prémunir de cette forme de manipulation mentale.
Les facteurs d’influence des foules : la race, les traditions, le temps, les institutions politiques et sociales, l'éducation sont des paramètres qui influencent grandement les croyances et les opinions des foules selon Gustave Le Bon. L'auteur distingue d'ailleurs les foules hétérogènes, constituées d'individus de différentes classes sociales, des foules homogènes, comme les sectes, les castes et les classes.
Les mécanismes de la manipulation : Gustave Le Bon explique que les leaders influencent les foules en utilisant des moyens spécifiques pour convertir les masses à une croyance ou les rendre adeptes d'une idée. Ces techniques de manipulation mentale subtiles sont basées sur l'exploitation des sentiments et des émotions. Aussi, il montre qu’il est toujours aisé de faire accepter à une foule des assertions générales présentées en termes saisissants, bien qu’elles n’aient jamais été vérifiées et ne soient généralement susceptibles d’aucune vérification. Il évoque également l’art de glisser un message dans une image. C’est une méthode largement employée par le matraquage publicitaire notamment : on impose au consommateur non seulement certaines façons de penser mais aussi certaines façons de se sentir ! L'auteur illustre son propos par toutes les associations d’idées complètement dissemblables du genre "je fume une cigarette donc je suis un cow-boy" ou encore "je conduis une voiture de sport donc je suis un héros".
Mon avis sur le livre "La psychologie des foules" de Gustave Le Bon
"La psychologie des foules" est un livre fondamental pour mieux comprendre le fonctionnement des sociétés et l'influence des leaders sur les masses.
En dévoilant les mécanismes de manipulation mentale, Gustave Le Bon nous invite à développer notre esprit critique. Il nous donne des clés pour déjouer ces mécanismes et adopter des comportements plus conscients.
Enfin, la psychologie des foules est aussi un excellent outil d'analyse pour comprendre rationnellement les nouveaux phénomènes que sont : la recrudescence de la criminalité des masses, le retour du terrorisme religieux et les malaises sociaux liés aux crises (sociales, financières et identitaires).
C’est un livre que je recommande à tous ceux qui s’intéressent aux dynamiques de psychologie sociale et qui ont envie de reprendre une forme de contrôle sur leurs décisions et comportements.
Les points forts et points faibles du livre "La psychologie des foules" de Gustave Le Bon
Points forts :
Le style d'écriture raffiné et agréable à lire.
La pertinence et l’actualité des analyses sur les mécanismes psychologiques et de manipulation mentale (religion, politique, publicité).
L’éclairage intéressant de l’auteur sur le sentiment religieux et ses conséquences.
Points faibles :
Les analyses se basent sur une courte période de l'histoire (révolution française) et le manque de rigueur scientifique dans certaines analyses.
La généralisation de certains cas particuliers.
Une vision plutôt individualiste et élitiste de la société.
Ma note :
★★★★★
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- "Influence et manipulation | Comprendre et maitriser les techniques de persuasion"
Titre original :"Influence, the psychology of Persuasion"
Par Robert Cialdini, 1984 (édition originale), 1993 (édition révisée actuelle), 300 pages.
Résumé du livre "Influence et manipulation" de Robert Cialdini
Dans son ouvrage à succès "Influence et Manipulation", l'éminent psychologue social Robert Cialdini partage ses précieuses connaissances sur l'art de la persuasion.
Il explore comment des techniques de manipulation peuvent exploiter nos réponses instinctives, ces raccourcis mentaux qui nous servent à économiser du temps et de l'énergie.
Ainsi, Robert Cialdini illustre, à travers des anecdotes personnelles et des exemples concrets, comment notre jugement peut être imperceptiblement altéré. Par exemple, il n'est pas rare que, lors de négociations ou de débats, des impressions trompeuses nous poussent à agir de manière contraire à nos intérêts.
Appuyé par une solide base de recherches scientifiques, l'auteur démonte ces méthodes d'influence. Il présente des stratégies efficaces pour se prémunir contre de tels comportements de "manipulation mentale".
Les six principes à la base des techniques de manipulation et de persuasion
"Influence et Manipulation" met en évidence six principes essentiels de la persuasion qui sont :
La réciprocité : une petite faveur peut engendrer un retour significatif. Nous nous efforçons toujours de rendre les bienfaits reçus. Ce cycle de don et de contre-don est une des "techniques de manipulation" les plus efficaces. Elle est notamment fondamentale dans les échanges commerciaux et sociaux.
La cohérence : nous cherchons constamment une concordance entre nos convictions et nos actions. Les personnes montrant une forte cohérence dans leur vie sont souvent perçues comme intelligentes, honnêtes et stables.
La preuve sociale : d'après Robert Cialdini, nous considérons un comportement comme approprié s'il est adopté par d'autres. Dans notre monde rempli d'incertitudes, nous nous laissons guider par l'attitude des autres. Ce phénomène, essentiel pour instaurer confiance et engagement, facilite la persuasion.
L'autorité : Robert Cialdini explique que nous avons tendance à suivre les figures d'autorité ou ceux qui semblent posséder une expertise spécifique. Les experts crédibles ont donc un pouvoir d'influence et de persuasion supérieur.
L'appréciation : lorsqu'on veut persuader quelqu'un, il faut garder à l'esprit que nous sommes plus enclins à être influencés par les personnes que nous apprécions et respectons.
La rareté : le principe de rareté se fonde sur l'idée que les gens ont tendance à accorder plus de valeur aux objets, aux opportunités ou aux expériences rares, difficiles à obtenir ou limitées dans le temps. Lorsque quelque chose est perçu comme rare ou en voie de disparition, cela suscite un sentiment d'urgence et de désir accru chez les individus. Ils peuvent être poussés à agir rapidement pour saisir cette opportunité unique avant qu'elle ne disparaisse. Cette prise de conscience peut s'avérer bénéfique dans une stratégie marketing ou de vente.
Chacun de ces principes peut être utilisé comme une technique de "manipulation mentale" pour persuader et influencer les autres.
Mon avis sur le livre "Influence et manipulation" de Robert Cialdini
"Influence et Manipulation" est une véritable mine d'or pour décrypter les rouages de la persuasion.
Ce livre, à la fois détaillé, captivant et aisément compréhensible, permet à chacun d'entre nous non seulement de mieux comprendre en quoi nos propres comportements répondent à des facteurs d’influence inconscients, mais aide également à nous prémunir de la manipulation mentale extérieure exercée régulièrement sur nous.
D'autre part, cet ouvrage est un guide d'une grande pertinence pour les professionnels du marketing, du management, de la publicité, de la vente, ou pour toute personne souhaitant mieux comprendre le processus décisionnel humain. Rappelons que si les connaissances divulguées par Robert Cialdini peuvent être actionnables à la fois comme des outils et des armes dans votre travail, leur utilisation dépendra, au final, de l'éthique personnelle que vous déciderez d'adopter.
Les points forts et points faibles du livre "Influence et manipulation" de Robert Cialdini
Points forts :
Un aperçu exhaustif des techniques de manipulation et de persuasion.
Une lecture aisée et fluide.
Des idées pertinentes et approfondies.
Un guide précieux pour se prémunir contre la manipulation mentale et affiner ses propres techniques de persuasion.
Points faibles :
Certains exemples pourraient paraître un tantinet désuets dans le contexte contemporain.
Ma note :
★★★★★
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Format Poche :
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November 23 2023, 5:00pm
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J'ai publié sur des-livres-pour-changer-de-vie.fr
L’intelligence artificielle pour les nuls
Résumé de "L'intelligence artificielle pour les nuls" de John Paul Mueller et Luca Massaron : voici un livre qu'il vous faut lire si vous voulez comprendre les enjeux de ces nouvelles technologies qui prétendent changer notre vie et nos façons de travailler — un ouvrage de vulgarisation technique complet qui répondra à toutes vos interrogations sur le fonctionnement et les défis posés par l'IA.
Par John Paul Mueller et Luca Massaron (pour l'adaptation française), 2022, 420 pages.
Titre original : "Artificial intelligence for dummies".
Chronique et résumé de "L'intelligence artificielle pour les nuls" de John Paul Mueller et Luca Massaron
Introduction
Il y a beaucoup de discours contradictoires sur l'intelligence artificielle (IA), des plus optimistes aux plus pessimistes. Ce livre cherche à faire le point en étudiant le rôle des IA dans nos vies quotidiennes. Il aborde aussi la question des limites — techniques et éthiques — de ces technologies.
Partie 1. Introduction à l'IA
Chapitre 1. Introduction à l'IA
"Chacun a de l'IA une vision différente", affirment les auteurs. Cela ne facilite ni sa compréhension ni son développement.
L'intelligence artificielle, qu'est-ce que ça veut dire ?
Il faut d'abord distinguer entre différents types d'activités mentales reprises sous le nom d'intelligence :
Apprentissage ;
Raisonnement ;
Compréhension ;
Perception de la vérité ;
Vision des liens ;
Prise en compte du sens ;
Distinction entre les faits et les croyances ;
Etc.
Malgré cette diversité, l'intelligence suit un processus qui peut être imité ou simulé par une machine :
Élaboration d'un objectif ;
Estimation de la valeur d'une information pour l'atteinte de l'objectif ;
Manipulation de données ;
Définition des valeurs de vérité entre informations nouvelles et existantes ;
Évaluation de l'atteinte de l'objectif ;
Modification de l'objectif en fonction de nouvelles données ;
Répétition jusqu'à la réussite/échec (trouvé vrai/trouvé faux).
Pour comprendre ce que les ordinateurs peuvent faire, il peut être utile de se rapporter à la théorie des intelligences multiples de Howard Gardner (voir le tableau 1.1. p. 12-14).
En fait, il est important de comprendre que "l'IA, en réalité, n'a rien à voir avec l'intelligence humaine". L'IA "simule" l'intelligence grâce à des algorithmes.
Comprendre l'histoire de l'IA
Les débuts de l'IA ont lieu aux États-Unis, à Darmouth, dans les années 50. Les premières expériences ont lieu avec la logique symbolique. Au début, les scientifiques tentèrent d'imiter le fonctionnement du raisonnement humain (tel qu'ils le comprenaient à l'époque). Cela a donné des résultats, mais plutôt décevants par rapport à ce qui était attendu.
Les systèmes experts ont ensuite fait leur apparition. Nous en utilisons toujours aujourd'hui (les correcteurs d'orthographes, par exemple). Ce type de recherche a connu ses beaux jours dans les années 70 et 80, avant d'être relégué au second plan dans les années 90.
Ensuite vint "l'hiver des IA". L'engouement s'est réduit (financier, scientifique, etc.). Mais au début des années 2000, de nouvelles découvertes ont vu le jour. De nouvelles théories et groupes de recherche naissent et se développent rapidement.
À l'heure actuelle, c'est la "tribu" de l'apprentissage profonds qui connaît le plus de succès. Nous verrons plus bas de quoi il s'agit.
Recenser les applications de l'IA
Voici quelques applications d'utilisations de l'IA déjà mises en place :
Détection des fraudes ;
Planification des ressources ;
Analyse complexe ;
Automatisation ;
Services à la clientèle ;
Systèmes de sécurité ;
Efficience des machines.
Éviter l'emphase et la surestimation concernant l'IA
Voici maintenant les 5 tribus de l'IA et de l'apprentissage machine dont nous parlions plus haut :
Symbolistes (leur truc, c'est la logique et la philosophie) ;
Connexionnistes (eux, ils sont branchés neurosciences) ;
Évolutionnistes (les biologistes du coin) ;
Bayésiens (pros de la statistique) ;
Analogistes (ou la psychologie appliquée aux machines).
À terme, l'objectif serait de fusionner toutes ces approches pour créer un ou plusieurs "algorithme(s) maître(s) (...) capable(s) d'apprendre quelque chose". Même si des scientifiques y travaillent, nous sommes encore loin du compte.
Il faut donc être prudent et ne pas succomber aux sirènes médiatiques qui nous annoncent la révolution IA tous les deux ou trois ans. En tant qu'utilisateurs, nous devons rester calmes et ne pas surestimer leur puissance.
Chapitre 2. Définir le rôle des données
Les données sont la "nourriture" des centres de calcul. Ce qui change aujourd'hui, c'est leur nombre et leur diversité. "L'utilisation de matériels sophistiqués et les progrès réalisés dans les algorithmes font que les données sont aujourd'hui la ressource universelle de l'IA", rappellent les auteurs.
Constater que les données sont aujourd'hui omniprésentes
Il existe différents types de données. Mais avant d'aller plus loin, il faut prendre la mesure du "big data" (grandes données). C'est la grande nouveauté. Les données sont vastes, si vastes que de nouveaux outils d'analyse sont nécessaires pour les stocker et les traiter.
Où sont créées et distribuées ces données ? Sur Internet, principalement. Et plus encore depuis la naissance du web 2.0 (collaboratif, avec les réseaux sociaux et le peer-to-peer, etc.).
Tous nos équipements contemporains — de l'ordinateur au mobile, en passant par les appareils domestiques connectés — récoltent des données qui sont (ou peuvent être) ensuite traitées ailleurs.
Aujourd'hui, ce sont principalement les algorithmes fonctionnant avec l'apprentissage profond qui sont capables de traiter ces grands amas de données.
Exploiter les données avec succès
Avoir des données ne suffit pas à améliorer les IA. Il faut les recueillir, les manipuler, puis seulement les analyser. Pour la récolte, vous aurez besoin de capteurs qui sont de toutes sortes (voir p. 36). Ce sont eux qui seront capables de vous fournir des données fiables.
Parfois, ce sont les humains qui introduisent eux-mêmes leurs données (sur Facebook ou dans un formulaire du registre national en ligne, par exemple). Mais vous pourrez aussi recourir à l'automatisation de la collecte de données.
Dans tous les cas, vous devrez vous assurer d'agir avec éthique (ce qui n'est pas toujours facile). Voici quelques recommandations :
Obtenir la permission ;
Utiliser des techniques d'assainissement des données ;
Éviter l'inférence des données ;
Éviter les généralisations (p. 41-42).
Adapter les données
Vous n'aurez que rarement des données "parfaites". Vous devrez faire avec des données manquantes et prendre en compte des discordances entre certaines d'entre elles. Par ailleurs, vous devrez faire le tri entre les données utiles et celles qui ne vous apporteront rien.
Autrement dit, comme vous pouvez le constater, les données sont loin d'être simplement "données". Il faut un long travail pour les "obtenir".
Tenir compte des 5 types de données incorrectes
Vous devrez être particulièrement vigilant, lors de la récolte, à exclure ces 5 types de données :
Mensonges ;
Omissions volontaires ;
Erreurs de perspectives ;
Biais cognitifs (sur ce point, voir Système 1/système 2) ;
Mauvais cadres de référence (quand vous ne parlez pas de la même chose, vous ne pouvez pas vous comprendre).
Définir les limites de l'acquisition des données
Bien sûr, il convient aussi de définir des limites à l'acquisition des données. Pourquoi accumuler tant de data ? Pour faire quoi ? "Il importe d'adapter l'acquisition de données aux questions auxquelles il faut répondre", rappellent les auteurs.
Sans questionnement préalable, la récolte pourrait bien être absurde ! Si vous êtes en situation de récolter et d'analyser des données, assurez-vous donc d'avoir clairement défini, au préalable, les choses que vous voulez savoir.
Prendre en compte les problèmes de sécurité des données
L'accessibilité des données ne va pas de soi. Certains utilisateurs biaisent volontairement leurs données (dans le domaine politique ou médical, par exemple). Par ailleurs, certaines données peuvent être corrompues par des sources humaines ou des machines (botnets, attaques de virus, etc.).
Chapitre 3. Réfléchir à l'utilisation des algorithmes
Les données sont capitales. Plus encore que le perfectionnement de l'algorithme. C'est en tout cas l'avis de spécialistes en création de modèles de langage. Mais allons un peu plus au fond des choses.
Comprendre le rôle des algorithmes
"Un algorithme est une procédure, c'est-à-dire une succession d'opérations, généralement exécutée par un ordinateur, qui garantit l'aboutissement à la solution correcte d'un problème dans un temps fini, ou qui vous dit qu'il n'existe aucune solution." (L'intelligence artificielle pour les nuls, p. 58)
En soi, ce n'est rien de très nouveau et nous utilisons déjà des IA appuyées sur des algorithmes plus ou moins simples tous les jours, depuis les systèmes intelligents d'ouverture de porte de garage jusqu'à Alexa ou Siri.
Les auteurs abordent ensuite des questions techniques liées à la compréhension plus fine des premiers algorithmes ayant servi au développement des IA :
Les plans et ramifications (comment construire des graphes de résolution de problèmes en créant des espaces d'états et des moyens de "traverser" les graphes) ;
Les jeux qui opposent des joueurs (l'exemple type est le morpion, aussi appelé OXO) ;
La recherche locale et les heuristiques.
Découvrir la machine qui apprend
Les algorithmes présentés ci-dessus peuvent résoudre des problèmes de type "sudoku". Mais certains problèmes de la vie réelle sont plus compliqués. Le diagnostic d'une pathologie ou la détection d'une fraude à l'assurance, par exemple, demandent d'autres compétences et — surtout — plus de flexibilité.
Les systèmes experts forment des moyens plus subtils de répondre à ce type de tâche (les auteurs donnent l'exemple de MYCIN et DENDRAL).
Autre solution : faire intervenir l'apprentissage machine. C'est ce qui a été utilisé par Google et son IA AlphaGo, qui a réussi à vaincre plusieurs champions du Go (un jeu de table plus complexe que le jeu d'échecs).
Chapitre 4. Innover avec un matériel spécialisé
Pour que l'IA fonctionne bien, et même mieux, il faut développer des matériaux nouveaux. Le matériel informatique reste la base de tout développement et progrès en ce domaine. Par ailleurs, il faut aussi apprendre à améliorer la relation humain/machine.
Utiliser un matériel standard
Mieux vaut se fier à ce qui a déjà fait ses preuves, au moins dans un premier temps. Si vous devez développer une IA, vous vous appuierez donc sur des systèmes pérennes et standards dans ce domaine. En l'occurrence, l'architecture de von Neumann (du nom de l'inventeur de l'informatique) fait encore référence, même si elle a des défauts (qui sont répertoriés page 80).
S'appuyer sur de nouvelles techniques de calcul
Certaines nouvelles techniques peuvent paraître géniales, mais c'est parfois juste un effet d'annonce. Il faut donc rester vigilant, surtout si vous souhaitez expérimenter en la matière. Neural Magic est une technique intéressante, mais elle nécessite d'avoir un matériel informatique robuste.
Les auteurs parlent également du Sub-Linear Deep Learning Engine (SLIDE) qui change complètement la façon traditionnelle d'exécuter les tâches.
Utiliser des processeurs graphiques (GPU)
Ceux-ci sont très performants. Ils s'adjoignent au processeur central (CPU) afin d'en accroître les performances, notamment dans le traitement des images, un thème brûlant de l'IA depuis les années 2010 au moins.
Travailler avec des processus d'apprentissage profond
Ici, il faut différencier entre :
Le DLP pour deep learning processor ou processeur d'apprentissage profond, encore étudié par les universitaires ;
Et le NPU pour neuronal processor unit ou unité de traitement neuronal, qui est issu du premier et qui a fait l'objet d'utilisations commerciales ;
Et le TPU pour tensor processing unit créé par Google sur la même base, pour des utilisations spécialisées.
Créer un environnement de traitement spécialisé
En revanche, l'apprentissage profond est incompatible avec les architectures classiques de type Von Neumann. Les spécialistes (dont l'Agence de recherche du ministère de la Défense US et IBM) ont donc conçu d'autres dispositifs, dont SyNAPSE (Systems of neuromorphic adaptative plastic scalable electronics).
Les matériels se font de plus en plus performants et la compétition est rude (entre Google et Microsoft, entre autres).
La course aux capteurs toujours plus sensibles est également lancée. L'objectif ? Rendre les IA encore plus réceptives à leurs environnements et, donc, plus capables d'interagir avec lui.
Partie 2. Recenser les utilisations de l'IA dans la société
Chapitre 5. Faire le tour des utilisations de l'IA dans les applications informatiques
La correction (d'erreurs, au sens large) et la suggestion (propositions en tout genre) sont actuellement les deux manières par lesquelles les IA répondent à nos besoins.
Prenons une voiture "intelligente" : celle-ci corrige les erreurs de conduite et suggère des itinéraires plus rapides. Ce sont déjà des fonctions que nous connaissons (conduite assistée et GPS, notamment).
Avoir une idée des applications les plus courantes
Il y a certaines applications déjà courantes de l'IA. Voici celles citées par les auteurs :
Créativité artificielle (les auteurs citent Chat GPT un peu plus haut) ;
Vision par ordinateur, réalité virtuelle et traitement d'image ;
Diagnostics ;
Reconnaissance de visages ;
Jeux de tous types ;
Reconnaissance d'écriture manuscrite ;
Traitement automatique du langage naturel, traduction automatique, agents conversationnels ;
Contrôle non linéaire et robotique ;
Reconnaissance optique de caractère ;
Reconnaissance de la parole.
L'un des plus gros problèmes à ce jour concerne les deepfake ou hypertrucage. Il faut donc mettre en balance les exploits de l'IA avec ses risques.
Voici quelques autres applications, plus spécifiques (ou en cours de recherche) :
Vie artificielle ;
Raisonnement automatisé ;
Exploration de données ;
Représentation des connaissances ;
Résolution des contentieux ;
Robotique ;
Web sémantique ;
Etc.
Etudier les erreurs de l'IA
"On parlera d'erreur pure et simple quand le résultat d'un processus, compte tenu des inputs, n'est correct en aucun cas, c'est-à-dire quand la réponse n'est pas adaptée du tout à la requête." (L'intelligence artificielle pour les nuls, p. 111)
Les erreurs sont nombreuses et les développeurs ne savent pas toujours pourquoi elles ont lieu. Ces erreurs peuvent avoir de conséquences graves dans certains cas. Toutefois, la plupart du temps, cela ne doit pas nous inquiéter outre mesure. Rappelons-nous simplement que l'IA ne pense pas !
Chapitre 6. Automatiser des processus courants
Élaborer des solutions contre l'ennui
Nous pouvons également renverser la conclusion précédente : les IA peuvent nous aider là où nous, humains, faisons des erreurs.
Selon les auteurs, qui s'appuient sur plusieurs études, les personnes au travail font souvent des erreurs lorsqu'ils s'ennuient. Les IA peuvent aider à réaliser ces tâches ennuyeuses.
Il est également possible d'élaborer des solutions efficaces contre l'ennui, en rendant les tâches plus intéressantes ou en permettant aux personnes de travailler plus efficacement.
Par contre, une IA ne pourra pas vous motiver ou vous dire ce que vous pourriez faire pour vaincre l'ennui. Mais rappelez-vous : l'ennui est aussi une condition de la pensée créative !
Travailler dans un contexte industriel
L'automatisation est un problème ancien, qui commence dès les débuts de l'industrialisation et même — à en croire les auteurs — dès le XIe siècle dans les chantiers navals de Venise !
Les IA peuvent aider à améliorer l'automatisation et à rendre le travail encore plus efficace. C'est vrai en l'associant à la robotique, mais pas seulement. Une question se pose alors : si nous automatisons tout, que feront les humains ?
Créer un environnement sécurisé
La sécurité n'est pas toujours garantie. En milieu industriel, c'est encore plus vrai. L'automatisation aide à être plus efficace, mais pas nécessairement à sécuriser certaines tâches. Les IA peuvent assister les humains dans leurs difficultés avec l'automatisation.
Mais ce n'est pas le seul endroit où l'IA pourrait améliorer la sécurité : c'est vrai aussi dans la vie quotidienne et même lorsque nous surfons sur le Net (l'IA pourrait nous aider à ne pas laisser traîner des données sensibles ou à nous prévenir de la présence de virus).
En revanche, l'IA ne pourra pas rendre le monde totalement sécurisé. La réponse de l'IA interviendrait toujours trop lentement au regard de notre irrésistible capacité à inventer de nouveaux problèmes et dangers !
Chapitre 7. Utiliser l'IA pour répondre à des besoins médicaux
L'IA peut aider le médecin, qui est confronté à de nombreux défis et qui doit mettre à jour régulièrement ses connaissances, après avoir déjà passé une dizaine d'années à l'université (en moyenne). Les auteurs se penchent sur certaines solutions techniques dans ce chapitre.
Mettre en œuvre une surveillance portative pour le patient
C'est l'une des voies à suivre pour améliorer le monitoring régulier des patients. Il y a certains moniteurs portables qui sont utiles, voire essentiels au bien-être des plus fragilisés ou des personnes avec des maladies chroniques (diabète, par exemple).
Rendre les gens plus capables
Rester en bonne santé plus longtemps est également un objectif souhaitable. Et il peut être atteint grâce — entre autres — à des techniques incluant l'IA.
Il y a d'abord des jeux qui peuvent aider à conserver motricité et capacités cognitives. Les consoles telles que Nintendo Wii ou Xbox 360 sont utilisées dans des programmes de physiothérapie, par exemple.
Au-delà des jeux pour rester en bonne santé, il existe déjà des ingénieurs s'intéressant à la création d'exosquelettes pour aider les personnes en souffrance à retrouver la mobilité.
Assurer une série de capacités physiques
Chacun est différent, avec ses forces et ses faiblesses. Les yeux d'untel seront plus vite fatigués, tandis qu'un autre aura plus rapidement mal aux jambes après une marche de 10 km, etc.
Pour nous aider dans nos tâches quotidiennes et permettre aux moins valides d'accéder aux technologies numériques, des solutions logicielles sont mises en place (comme les lecteurs d'écran pour les personnes malvoyantes, par exemple).
Au-delà des simples programmes disponibles sur nos ordinateurs, des solutions intégrant robotique et logiciels avec IA peuvent être pensées (c'est déjà le cas des exosquelettes évoqués ci-dessus). Différents types de prothèses ou de systèmes de pilotage sont d'ores et déjà imaginés pour aider les patients à recouvrer leurs capacités.
Mais que se passera-t-il quand ces dispositifs permettront à ces patients de surpasser les capacités physiques humaines ? Ou lorsque des personnes saines décideront de les employer ? Est-ce que cela est irrévocable ? Nous devrons réfléchir au caractère souhaitable de ces évolutions.
Exploiter de nouvelles méthodes d'analyse et de diagnostic
La téléprésence est la technologie qui permet à quelqu'un de consulter une personne tout en étant ailleurs. Elle est souvent combinée à la réalité virtuelle (plongée dans un monde virtuel) et à la réalité augmentée (ajout d'éléments numériques à la réalité présente).
Vous avez peut-être entendu parler de téléopérations qui ont déjà eu lieu dans le monde. Mais nous pouvons imaginer des systèmes qui permettent aux professionnels de santé d'intervenir auprès des patients à leur domicile, sans avoir besoin de s'y rendre.
Concevoir de nouvelles techniques chirurgicales
L'IA peut être utile pour formuler des suggestions et assister un chirurgien dans son diagnostic ou son intervention. Il sera plus difficile, en revanche, de lui faire remplacer le chirurgien. Pourtant, certains chercheurs s'y attèlent déjà ; en atteste le développement du robot STAR (smart tissue autonomous robot).
Exécuter des tâches en recourant à l'automation
Comme elles ne s'ennuient pas et adorent les procédures, les IA peuvent parfaitement gérer les dossiers médicaux, élaborer des prédictions à partir de ceux-ci ou rendre les protocoles de soin plus sûrs. Voire aider à créer des médicaments (l'IA a été utilisée dans la recherche de solutions contre la Covid-19).
Combiner les robots et les professionnels de la santé
Ceux-ci existent déjà au Japon et aux États-Unis. Ils aident les patients à l'hôpital et les professionnels dans leurs tâches.
"Ces robots n'en sont encore qu'à leurs balbutiements, mais on peut s'attendre à les voir évoluer", promettent les auteurs.
Chapitre 8. Utiliser l'IA pour améliorer l'interaction humaine
Dans ce chapitre, la question porte sur la communication et les IA. Où celles-ci pourraient-elles nous aider ? Que font-elles déjà ? Voici quelques points d'intérêt et lignes de recherche contemporaines.
Développer de nouvelles façons de communiquer
Pourquoi pas créer de nouveaux alphabets : c'est ce que l'informatique a déjà réalisé avec les émoticônes et les émojis. Ces caractères peuvent aider les IA et donc les machines informatiques à interpréter les émotions, qui leur restent sans cela incompréhensibles.
Au-delà, l'automatisation de la traduction doit être signalée. Google Traduction a fait de grands progrès. Or cette application est basée sur un système d'IA, le GNMT (Google neural machine translation).
Enfin, des recherches sont même effectuées pour apprendre aux IA à reconnaître (voire à imiter) le langage corporel.
Échanger des idées
Les IA peuvent nous aider à :
Créer des liens (c'est ce qui se fait sur LinkedIn, par exemple) ;
Augmenter la communication (via des représentations graphiques ou la traduction, notamment) ;
Définir des tendances (analyse de données et représentations graphiques, etc.).
Utiliser le multimédia
"Dans l'avenir (...), on peut espérer pouvoir utiliser l'IA pour la reconstitution de scènes en 3D à partir d'images en 2D. Imaginez que les policiers puissent se déplacer sur une scène de crime virtuelle et noter fidèlement tous les détails." (L'intelligence artificielle pour les nuls, p. 158)
Les images seront de plus en plus dynamiques et se "détacheront" des supports. Comme dans les journaux de Harry Potter !
Embellir la perception sensorielle humaine
Pourrions-nous avoir le don de synesthésie comme certains génies des mathématiques (tels que Daniel Tammet) ?
C'est encore une technologie à l'état expérimental, mais les auteurs semblent prévoir la possibilité d'augmenter nos sens humains et d'acquérir de nouvelles compétences dans ces domaines. De là à pouvoir aller jusqu'à la synesthésie, rien n'est moins sûr, car cet état est très difficile à décrire et à reproduire.
Partie 3. Travailler avec des applications électroniques de l'IA
Chapitre 9. Effectuer une analyse de données pour l'IA
"L'analyse de données et l'apprentissage machine permettent de dépasser les limites précédentes en matière d'utilisation de données et de développer une IA plus performante", affirment les auteurs.
Voyons en détail de quoi il en retourne.
Définir l'analyse de données
Les données, c'est comme le pétrole. Cette analogie a été popularisée, à l'origine, par un spécialiste du marketing : Clive Humby. Comme le pétrole, les données doivent être raffinées afin de pouvoir être utilisées.
Ce n'est donc pas du tout cuit : il faut beaucoup travailler pour devenir riche à partir des données !
L'analyse de données permet d'aider l'IA à interpréter les images.
Mais plus fondamentalement, les données sont désormais utilisées pour se passer des théories elles-mêmes : leur simple agrégation (en grand nombre) permet d'induire des règles et des lois sans avoir à passer par la création d'hypothèses.
Définir l'apprentissage machine
Il s'agit d'un apprentissage mathématique à partir des données. Les auteurs évoquent le fonctionnement et l'intérêt de cette technique. Mais ils explorent aussi ses limites.
Parmi celles-ci, il y a le sur-apprentissage (inférer des règles qui n'existent pas dans la réalité) et l'incapacité à reconnaître de mauvaises données (fausses ou anormales).
Savoir comment apprendre à partir des données
Il y a plusieurs types d'apprentissage machine. À chaque fois, il s'agit de donner un objectif (plus ou moins complexe) à un algorithme et de voir comment il se "débrouille" pour l'atteindre.
En l'occurrence, 3 grandes catégories d'apprentissage existent :
Supervisé (vous dites à la machine ce qu'elle doit faire) ;
Non supervisé (vous la laissez faire) ;
Par renforcement (vous la "récompensez" ou la "punissez" en fonction de ses réponses).
Chapitre 10. Utiliser l'apprentissage machine dans l'IA
"Aujourd'hui, l'apprentissage machine peut se vanter d'avoir atteint un niveau quasi humain pour des tâches spécifiques comme la classification des images ou le traitement du son, et il s'efforce d'atteindre un niveau similaire dans un certain nombre d'autres tâches." (L'intelligence artificielle pour les nuls, p. 181)
Emprunter différents chemins vers l'apprentissage
Il existe plusieurs techniques que nous avons déjà vues plus haut : symbolisme, connexionnisme, évolutionnisme, bayésianisme, analogisme. Mais quelle sera la prochaine percée ?
Explorer la vérité dans les probabilités
L'une des approches les plus fructueuses est d'utiliser les probabilités. C'est une solution intéressante lorsque l'IA doit agir en situation d'incertitude.
C'est ce que fait très bien l'algorithme bayésien qui permet, notamment, de se représenter le monde sous la forme d'un graphe. Sur la base de ce graphe, l'IA peut calculer les probabilités et choisir quelle action entreprendre.
Faire grandir les arbres pour classer des éléments
"L'arbre de décision est un autre type d'algorithme essentiel dans le domaine de l'apprentissage machine et de mise en œuvre de l'IA". Celui-ci est de type symbolique (déductif) et assez ancien.
Chapitre 11. Améliorer l'IA grâce à l'apprentissage profond
Allons un pas plus loin. Que peut l'apprentissage profond (une forme de l'apprentissage machine) qui est aujourd'hui tant vanté par les firmes et les publicitaires ?
Développer des réseaux de neurones similaires au cerveau humain
L'apprentissage profond est la méthode du connexionnisme, qui s'appuie sur les neurosciences.
L'idée est d'imiter le mode d'apprentissage du cerveau en utilisant le neurone comme unité de base (le neurone étant ici conçu comme un algorithme) et en superposant des "couches" formant une architecture de réseau.
Malgré quelques problèmes techniques qui en ont ralenti la progression durant plusieurs années, cette technologie s'est développée jusqu'à devenir l'une des plus prometteuses.
Elle est notamment très utilisée pour la reconnaissance des images. Et elle pourrait aujourd'hui nous aider à fabriquer des IA capables d'"imiter l'art et la vie", comme disent les auteurs, en prenant néanmoins leurs précautions (voir les limites posées plus bas, dans la "Partie des 10").
Quoi qu'il en soit, elles ont fait de grands progrès en matière de conversation : les agents conversationnels oraux de type Alexa ou écrits de type ChatGPT en témoignent.
Il importe toutefois de voir que ce ne sont pas encore de véritables IA, dans la mesure où ces réseaux d'apprentissages profond "ne peuvent pas vraiment comprendre le discours".
Partie 4. Travailler avec l'IA dans des applications matérielles
Chapitre 12. Mettre au point des robots
L'IA et la robotique ne doivent pas être confondus. Certains robots peuvent fonctionner sans IA et vice-versa. Pour autant, leur couplage est source de grands espoirs.
Définir les rôles des robots
Il faut distinguer les automates des hologrammes, qui sont des projections lumineuses sans mécanique. Les androïdes, dont rêvent beaucoup d'auteurs de science-fiction, sont issus de procédés biotechnologiques (et parfois mécaniques).
Hors de la SF, les robots sont déjà présents dans nos vies et surtout dans l'industrie, mais pas nécessairement sous forme humaine.
D'ailleurs, les robots humanoïdes ne sont pas si faciles à concevoir et créent des réticences éthiques plus fortes que les autres types de robots.
Lorsque ceux-ci deviennent trop réalistes, mais pas encore suffisamment pour être confondus avec des humains, nous avons tendance à les rejeter avec plus de véhémence. C'est ce qu'un auteur japonais a nommé la "vallée dérangeante".
Assembler un robot basique
Les auteurs expliquent comment assembler un robot basique en déclinant ses composants. Mais pour qu'il soit opérationnel, le robot doit détecter le monde alentour. Il doit également être possible de le contrôler et, notamment, de gérer les situations d'incertitude et de situations conflictuelles.
Chapitre 13. Voler avec des drones
Prendre connaissance de l'état actuel des progrès
Ces applications ont d'abord été militaires et existent déjà depuis plusieurs décennies (les années 1970). Les auteurs retracent leur histoire dans l'armée et s'intéressent en particulier au quadrirotor, ce drone à quatre pales que nous voyons aujourd'hui assez communément.
Définir l'usage des drones
À quoi peuvent bien servir les drones non militaires ? Voici quelques exemples d'applications :
Livrer des marchandises ;
Suivre la maintenance ou la gestion d'un projet ;
Cartographier ;
Évaluer des dommages pour les assurances ;
Assister des opérations de recherche et de sauvetage ;
Produire de l'électricité à partir de vents d'altitude ;
Transporter des personnes ;
Poursuivre des malfaiteurs ;
Organiser des entrepôts ;
Etc.
L'IA est bien sûr déterminante dans l'usage de ces engins car elle permet de les doter d'autonomie dans la prise de décision (ainsi, un "pilote" n'est pas obligé de les téléguider à chaque instant).
Néanmoins, il ne faudrait pas négliger les problèmes de réglementation qui se posent. Cela se voit déjà avec le développement des drones de loisir, dont l'usage a dû être réglementé dans de nombreux pays.
Chapitre 14. Utiliser une voiture conduite par une IA
Avoir un aperçu historique
Les premières tentatives de réalisation de ce type de véhicule ont eu lieu dans les années 1980. Google a racheté un projet prometteur dans les années 2000 et poursuit ses recherches.
Vous pouvez également consulter les avancées d'Elon Musk en ce domaine !
Avoir une vision claire de l'avenir de la mobilité
Ce type d'innovation changera en profondeur nos façons de nous mouvoir dans la ville, notamment. Restons toutefois prudents, car nous ne sommes pas encore arrivés au bout des recherches en la matière.
Nous devrons repenser le rôle de l'automobile dans nos existences. Sommes-nous prêts ? Y avons-nous suffisamment réfléchi collectivement ? Et sommes-nous au clair sur ce que ces voitures intelligentes ne pourront pas faire ?
Les attentes sont grandes. Mais les questions éthiques (quelle option choisir en cas d'incertitude ou de danger ?) et techniques (à propos des capteurs, notamment) ne manquent pas.
Partie 5. Se pencher sur l'avenir de l'IA
Chapitre 15. Avoir un aperçu d'une application qui ne mène nulle part
Ce qu'une IA ne peut pas faire
Selon les auteurs, l'IA ne pourra jamais être performante dans certains types d'intelligence. C'est en particulier le cas pour la créativité et l'intelligence. Ils n'ignorent pas les tentatives en ce domaine (notamment pour créer de la musique ou des images), mais considèrent que ce n'est pas de la créativité.
La créativité implique de "développer une nouvelle forme de pensée", or cela, une IA est incapable de le faire. Une IA se limite aux données reçues et ne pourra jamais créer ses propres données.
L'IA n'a pas d'imagination. Elle ne peut vagabonder à travers différents domaines et se laisser aller à faire des liens en fonction de ses émotions. Pourquoi ? Eh bien parce qu'elle n'en a pas !
L'IA ne pourra jamais inventer d'idées neuves, profondément originales. En revanche, elle pourrait bien se laisser berner par des données fausses ou qui recèlent des éléments négatifs que nous voudrions supprimer (racisme, etc.).
N'ayant pas de sentiments, l'IA pourrait également énoncer des vérités blessantes pour les gens et manquer cruellement d'empathie dans les moments douloureux.
Mesurer les effets des hivers de l'IA
Le danger majeur des hivers de l'IA, c'est-à-dire des moments d'arrêt de l'innovation, vient des espérances démesurées du public. Mais surtout, il vient des créateurs eux-mêmes qui promettent beaucoup trop et de façon beaucoup trop rapide !
Il existe aussi des solutions pour lesquelles on cherche un problème réel : ce sont les gadgets qui, au fond, ne servent à rien ou pas grand-chose. Sont-ils vraiment utiles ? Font-ils avancer l'IA ?
"De façon assez curieuse, les limites de l'IA laissent beaucoup de champ libre à l'être humain, notamment dans un certain nombre de domaines auxquels nous ne pouvons pas encore accéder parce que nous sommes trop pris par des tâches répétitives et ennuyeuses qui pourraient facilement être confiées à l'IA." (L'intelligence artificielle pour les nuls, p. 321)
Chapitre 16. Voir l'IA dans l'espace
Voici, en résumé, les 4 principales fonctions que les auteurs attribuent à l'IA dans la conquête de l'espace :
Observer l'univers (améliorer notre "visibilité", trouver de nouveaux endroits et étudier l'évolution de l'univers, voire créer de nouveaux principes scientifiques) ;
Extraire du minerai dans l'espace (récolter de l'eau, des minéraux rares, découvrir de nouveaux éléments, améliorer la communication terrestre et spatiale) ;
Explorer de nouveaux endroits (avec des sondes équipées d'IA, puis des robots et éventuellement des binômes IA/humain) ;
Construire des structures dans l'espace (aller en vacances, faire des investigations scientifiques, créer de nouvelles industries ou stocker des choses).
Chapitre 17. Inaugurer de nouvelles activités humaines
L'espace est une chose, mais que faire des terriens ? Contrairement à une idée répandue, les auteurs ne pensent pas que les IA vont supprimer le tiers des emplois humains dans les prochaines décennies. Ils se veulent rassurants.
Au contraire, selon eux, de nombreux métiers bénéficieront des IA. Celles-ci complèteront leurs compétences et amélioreront leurs conditions de travail.
C'est pourquoi il est important de continuer à privilégier l'humain. De là à l'augmenter grâce à l'IA ? Cela reste une question ouverte.
La question des territoires est importante. Les IA pourraient-elles nous aider à créer de nouvelles villes dans des environnements hostiles — voire dans l'espace, comme le suggère le chapitre précédent ? C'est possible…
Et qu'en est-il, enfin, des problèmes à l'échelle planétaire ? L'IA (ou plutôt les IA) aurait-elle les capacités de nous aider à régler les problèmes de la surpopulation, de la malnutrition, de la pollution et du réchauffement climatique ? N'est-ce pas à la résolution de ces problèmes qu'il faudrait l'employer en premier lieu ?
Certes, c'est une option. Mais nous devons rester conscients d'une chose : les IA n'étant pas créatives, la recherche de solutions reviendra toujours, in fine, à l'humain.
Partie 6. La partie des 10
Chapitre 18. Dix activités à l'abri de l'IA
Voici 10 catégories professionnelles que l'IA ne pourra pas remplacer (selon les auteurs, bien sûr) :
Enseigner aux enfants ;
Assurer des soins ;
Répondre à des besoins personnels ;
Résoudre des problèmes de handicap ;
Inventer ;
Faire de l'art ;
Imaginer l'irréel ;
Enquêter sur les crimes ;
Contrôler des situations en temps réel (par l'intuition) ;
Distinguer la réalité de la fiction
Autrement dit, ce qui touche majoritairement aux interactions humaines (1-3), à la création (4-7) et aux décisions intuitives (8-10).
Chapitre 19. Dix contributions importantes de l'IA à la société
Voici, par contraste, 10 contributions majeures de l'IA (présentes ou à venir) :
Concevoir une prothèse active de pied humain ;
Assurer un contrôle permanent (des patients, par exemple) ;
Administrer des médicaments ;
Utiliser l'IA pour l'impression 3D ;
Faire progresser les technologies robotiques ;
Développer de nouvelles ressources rares ;
Voir ce qui ne peut pas être vu (des structures ou matériaux, par exemple) ;
Livrer des marchandises aux stations spatiales ;
Exploiter des ressources extraterrestres ;
Explorer d'autres planètes.
Chapitre 20. Dix exemples d'échecs de l'IA
Ces échecs ont provoqué des hivers de l'IA et nous devrions donc apprendre à connaître ces 10 limites. L'IA est incapable de/d' :
Interpréter plutôt qu'analyser ;
Aller au-delà des chiffres ;
Considérer les conséquences inattendues ;
Faire de nouvelles données avec les anciennes ;
Voir au-delà des schémas ;
Mettre en œuvre de nouveaux sens ;
Se mettre dans la peau de quelqu'un ;
Développer de vraies relations ;
Changer de point de vue ;
Faire un acte de foi.
Conclusion sur "L'intelligence artificielle pour les nuls" de John Paul Mueller :
Ce qu'il faut retenir de "L'intelligence artificielle pour les nuls" de John Paul Mueller :
Ce livre est très intéressant ! Mais attention, car sa lecture n'est pas aisée (même si c'est "pour les nuls" !). En effet, il y a des parties assez techniques, que nous vous avons évitées ici. Mais si vous avez l'âme d'un geek, vous allez adorer, c'est sûr !
Mais que les autres ne perdent pas courage. Au-delà des questions techniques, les auteurs prennent soin de nous emmener vers des terrains plus philosophiques et éthiques. Ils posent des questions sur les limites et les futurs désirables de l'IA. Nous avons essayé de reproduire certaines de ces questions dans la chronique.
Dans l'ensemble, les auteurs, John Paul Mueller et Luca Massaron, sont tous deux de fervents technophiles. Le ton de l'ouvrage est donc résolument optimiste. Un peu comme Bill Gates lorsqu'il parle de changement climatique, ceux-ci pensent que l'innovation peut résoudre bien des problèmes…
Pour finir, retenez ces 4 points importants :
L'IA n'est pas ce qu'en font les médias, les publicitaires et les auteurs de science-fiction ;
C'est avant tout un ensemble de techniques en progrès, qui a ses ratés et ses limites ;
Cela étant dit, il est fort probable que les IA (au pluriel) changent en profondeur nos modes de vie ;
Et c'est d'ailleurs ce qu'elles sont déjà en train de faire, discrètement, depuis plusieurs décennies.
Points forts :
Une présentation claire et dynamique ;
Des encadrés pour comprendre ou approfondir certains concepts ;
Beaucoup de liens vers des vidéos, des articles, etc. pour "aller voir par soi-même" (le gros plus du livre, à notre avis).
Points faibles :
Une certaine difficulté de lecture par moment (mais cela fait partie du jeu !) ;
Quelques répétitions (notamment sur l'IA et l'espace) ;
Même si le livre est à jour et parle des agents conversationnels type Chat-GPT (OpenAI) ou Bard (Google), nous aurions aimé en savoir plus à ce sujet !
Ma note :
★★★★★
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Cet article L’intelligence artificielle pour les nuls est apparu en premier sur Des livres pour changer de vie.
November 20 2023, 5:00pm
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J'ai publié sur des-livres-pour-changer-de-vie.fr
Art oratoire : 5 livres pour exceller en prise de parole en public
La prise de parole en public est un défi intimidant pour beaucoup d'entre nous. Elle ferait même partie des plus grandes peurs de l’être humain. Pourtant, l'art oratoire est une compétence indispensable à développer. Une compétence utile dans bien des domaines professionnels comme personnels : que ce soit pour mener à bien un projet, inspirer votre équipe, témoigner des sentiments, une expérience, ou simplement gagner en confiance et en charisme.
Fort heureusement, des auteurs éclairés ont partagé leur expertise dans des livres afin de nous aider à maîtriser l'art de la parole. Car oui, bien parler en public s’apprend. Vous n’êtes pas voué à vie, à "faire un flop" lors de vos élocutions.
Cet article vous présente une sélection de 4 ouvrages incontournables pour faire de la prise de parole en public un atout majeur dans votre vie.
- "Parler en public | TED - Le Guide officiel"
Par Chris Anderson, 2016, 348 pages.
Résumé du livre "Parler en public - TED Le Guide officiel" de Chris Anderson
L’auteur du livre "Parler en public - TED Le Guide officiel" est Chris Anderson. Il est connu pour être le fondateur de la conférence TED et l’auteur d’autres livres célèbres comme "La Longue Traine", "Free : The future of a radical price" ou encore "Makers".
Dans "Parler en public TED", il partage une mine d’informations afin d'améliorer votre art oratoire.
Il met en lumière la structure logique d'une intervention réussie, des astuces pour captiver son auditoire et des techniques pour transformer son discours en un moment inoubliable.
L'ouvrage se divise en cinq parties majeures. Il explore d'abord les bases d'une bonne prise de parole, puis les quatre outils essentiels pour parler en public. Une troisième partie guide le lecteur à travers la préparation de la conférence. Ensuite, l'auteur aborde les cinq paramètres à ajuster une fois sur scène pour une performance optimale. Enfin, il termine par une réflexion profonde sur l'art de la communication.
Les points clés à retenir si vous voulez développer vos compétences en art oratoire, selon Chris Anderson
Voici 5 idées à garder en tête issues du livre "Parler en public - TED Le Guide officiel" de Chris Anderson :
La prise de parole en public repose sur une structure cohérente et une bonne préparation. Ainsi, il faut surtout : comprendre son auditoire, bien charpenter son discours et prévoir son support visuel.
Il est essentiel de connaître et d'utiliser des techniques de storytelling pour captiver et maintenir l'attention de l'auditoire.
La vulnérabilité d'un orateur est un atout qui permet de créer un lien d'empathie avec l'auditoire. Elle suscite l’émotion.
La mise en forme de l'introduction et de la conclusion est très importante. Il faut donc veiller à bien la préparer avant sa prise de parole.
La communication n'est pas uniquement verbale. L'orateur doit apprendre à maîtriser son langage corporel, son ton et son rythme pour être convaincant.
Mon avis sur le livre "Parler en public TED | Le Guide officiel" de Chris Anderson
"Parler en public TED" de Chris Anderson est un véritable manuel d’art oratoire.
J'ai trouvé les astuces et conseils pratiques très utiles et nombreux. En effet, ils se déclinent à tous les plans : que ce soit pour préparer un discours, un pitch ou encore une présentation orale devant une grande audience. D’autre part, l’auteur nous plonge dans les coulisses des conférences TED. Ceci apporte une dimension immersive unique au livre.
"Parler en public TED" est donc une lecture que je recommande sans hésitation aux conférenciers, aux orateurs et leaders en tout genre mais aussi à quiconque cherchant à améliorer sa capacité à parler en public.
Les points forts et points faibles du livre "Parler en public TED | Le Guide officiel" de Chris Anderson
Points forts :
L’approche méthodique des propos qui guide le lecteur pas à pas dans les différentes étapes d'une prestation orale, quelle qu’elle soit (longue, courte, grande ou petite audience, etc.).
Un aperçu détaillé de diverses techniques de communication, comme la répétition, le storytelling et l'art de convaincre.
La réflexion sur la communication proposée dans le dernier chapitre qui élargit le débat et ouvre vers une vision holistique.
Point faible :
L'auteur développe peu sur la confiance en soi et la gestion du stress, des éléments pourtant clés pour une prise de parole en public réussie.
Ma note :
★★★★★
Pour aller plus loin :
Lire la chronique sur ce blog
Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Chris Anderson "Parler en public TED | Le Guide officiel"
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Format poche :
- "Comment parler en public"
Titre original: “The quick and easy way to effective speaking”
Par Dale Carnegie, 1992 (réédition), 215 pages.
Résumé du livre "Comment parler en public" de Dale Carnegie
Si votre rêve est d'arriver enfin à prendre la parole en public avec confiance et assurance, le livre "Comment parler en public" de Dale Carnegie devrait vous intéresser.
Vous avez raison de vouloir développer vos compétences dans ce domaine, car quel que soit votre métier, votre capacité à parler en public aisément est déterminante. Et la bonne nouvelle, selon Dale Carnegie, c'est qu'il est tout à fait possible d'apprendre à surmonter les appréhensions qui peuvent vous paralyser face à un groupe ou face à un examinateur. Il est tout à fait possible également d'apprendre à retenir l'attention de son auditoire et à capter leur intérêt. Et c'est tout le sujet de son livre !
"Comment parler en public" est un guide pratique dans lequel l'auteur partage des techniques simples mais efficaces sur les trois plans indissociables de toute intervention en public :
Le discours : l’auteur partage des conseils sur la façon de structurer un discours de manière logique et cohérente pour le rendre convaincant, tout en assurant un bon flux d'idées.
L’orateur : Dale Carnegie explique comment vaincre la peur de parler devant une audience. Il met l'accent sur l'importance de la confiance en soi dans la prise de parole en public. Il propose alors différentes stratégies pour surmonter la nervosité et l'anxiété.
L’auditoire : le livre décrit des techniques de persuasion à employer. Il montre comment utiliser les histoires, les anecdotes et les exemples pour persuader et influencer positivement son auditoire.
Les 4 points clés à retenir pour réussir votre prise de parole en public
"Comment parler en public" partage de nombreux conseils clés pour réussir à parler en public. En voici 4 que vous pouvez d’ores et déjà appliquer :
La passion pour votre sujet est cruciale. Si vous êtes passionné par le thème dont vous parlez, cela se transmettra à votre auditoire et renforcera l'impact de votre discours.
Vous devez déterminer l'objectif de votre discours avant de prendre la parole : est-ce pour informer, convaincre, inciter à l'action ou divertir ? Votre préparation et votre présentation varieront en fonction de cet objectif.
Votre comportement est un élément clé. La sincérité, l'honnêteté et la chaleur que vous dégagez influencent fortement l'efficacité de votre message. La gestuelle, le ton de votre voix, votre expression faciale et le vocabulaire employé jouent tous un rôle dans la transmission de votre message.
Raconter une histoire rend votre discours plus impactant. Une histoire bien racontée, riche en détails, permet à l'auditoire de s'identifier au personnage principal et d'activer son imagination, rendant vos propos plus mémorables.
Mon avis sur le livre "Comment parler en public" de Dale Carnegie
L’auteur, Dale Carnegie, est un auteur américain réputé pour son expertise en matière d’art oratoire, de psychologie de la communication et de leadership.
Son ouvrage "Comment parler en public" se base alors sur ses expériences personnelles et son travail avec des milliers de personnes ayant suivi ses cours de communication et de leadership. La version rééditée de 1992 a été mise à jour pour inclure des conseils sur la façon d'utiliser les médias modernes et la technologie pour améliorer ses compétences en matière de prise de parole en public.
Le mélange des conseils pratiques avec des exemples tirés de la vie réelle rend l'ouvrage agréable à lire. Les techniques présentées sont facilement applicables et laissent espérer un impact significatif. "Comment parler en public" est à mon sens une base à lire pour les leaders et quiconque souhaitant plus impacter lors d'une prise de parole en public.
Les points forts et points faibles du livre "Comment parler en public" de Dale Carnegie
Points forts :
Des anecdotes captivantes, des extraits de discours inspirants, de nombreuses références.
Un langage accessible à tous, clair et direct.
Une structure bien pensée, avec des synthèses en fin de chaque section mettant en relief les idées clés.
Un rythme soutenu qui maintient l'intérêt du lecteur jusqu'à la fin.
La pertinence des techniques partagées.
Points faibles :
Quelques répétitions dues à la structuration du livre, sans pour autant nuire à l'intérêt de la lecture.
Le manque d'exercices pratiques dans le livre, malgré l'insistance de l'auteur sur l'importance de l'entraînement. Les outils offerts lors des formations Carnegie semblent alors indispensables pour compléter la lecture.
L'absence d'analyse scientifique des processus psychiques. L'auteur ne détaille pas "pourquoi" ni "comment" ses méthodes fonctionnent, mais se concentre sur "ce qui" fonctionne. Cette approche, basée sur l'expérience plutôt que sur la théorie, peut être considérée comme un point faible par certains lecteurs.
Ma note :
★★★★
Pour aller plus loin :
Lire la chronique sur ce blog
Visitez Amazon afin de lire plus de commentaires sur le livre de Dale Carnegie "Comment parler en public"
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- "La parole est un sport de combat"
Par Bertrand Périer, 2017, 250 pages.
Résumé du livre "La parole est un sport de combat" de Bertrand Périer
"La parole est un sport de combat" est un livre écrit par Bertrand Périer, un avocat et enseignant français spécialisé dans la prise de parole en public et l'art oratoire.
Ayant lui-même dû surmonter une grande timidité pour réussir à bien parler en public, il partage dans cet ouvrage sa méthode visant à libérer sa parole et à s'épanouir à l'oral.
Le livre est divisé en plusieurs parties. Chacune est dédiée à une étape clé de la structure d'un discours, à savoir l'exorde, la narration, l’argumentation, la réfutation et la péroraison.
Bertrand Périer invite aussi le lecteur à se familiariser avec le dictionnaire pour enrichir son vocabulaire et affiner la précision de son discours, retranscrire plus fidèlement sa pensée.
Il propose également des techniques pour maîtriser sa voix et la rendre plus puissante sans pour autant crier. Selon l’auteur, une bonne respiration et une bonne projection de la voix sont essentielles pour se faire entendre sans hurler.
Enfin, le livre partage des conseils pour l'écriture et la tenue du discours. On apprend alors que l'analyse précise des termes utilisés, l'appel à des références culturelles et la préparation d'exemples concrets sont des clés pour écrire un discours efficace. Mais, pour l’auteur, l'orateur doit aussi être capable d'improviser et de se détacher de ses notes pour s'adapter aux réactions de l'auditoire.
Les quatre idées fortes du livre pour maîtriser l'art oratoire
L'ouvrage de Bertrand Périer développe différentes techniques et idées pour améliorer sa prise de parole en public. Parmi elles, en voici quatre essentielles à retenir :
La parole est une force. Elle doit être précise, structurée et s'appuyer sur un vocabulaire étendu. L'orateur doit aussi maîtriser le langage corporel, la posture, le regard et le débit, qui constituent 90 % de l'impact de son discours.
Enrichir son vocabulaire et éliminer les tics de langage est essentiel pour une bonne prestation. Il recommande de lire régulièrement et de jouer avec les mots.
Pour l'auteur, il est nécessaire d’apprendre à gérer ses émotions et à surmonter sa timidité pour une meilleure prise de parole en public. Il conseille, pour cela, la pratique de l'autodérision, une bonne respiration et la visualisation.
La structure de notre discours doit être solide. C’est primordial pour bien communiquer ses idées. Elle permettra de susciter l'attention, présenter sa thèse, énoncer les arguments, réfuter les arguments adverses et conclure de manière claire.
En plus de ces principes, "La parole est un sport de combat" apporte des conseils pratiques pour débattre, réussir un entretien d'embauche, animer une réunion et parler dans les médias.
Mon avis sur le livre "La parole est un sport de combat" de Bertrand Périer
"La parole est un sport de combat" est un livre pratique que je recommande pour plusieurs raisons :
D’abord, il permet de réaliser à quel point certains mécanismes – comme le non-verbal, l’intonation de la voix, la respiration par exemple - impactent notre prise de parole en public. On y apprend donc à réajuster ce que l’on fait mal, souvent inconsciemment, pour éviter les influences négatives dans nos élocutions.
L’ouvrage nous apporte aussi une prise de conscience sur l’importance de la construction de nos discours pour en transmettre l’essence même.
De nombreux aspects de l'art oratoire sont couverts par l’auteur. Depuis la construction d'un discours jusqu'à la gestion du trac, en passant par la maîtrise de la voix et de la respiration, le livre offre une vision complète et détaillée de l'éloquence.
Les exercices proposés pour s’entraîner sont nombreux et accessibles. Ils ne sont pas difficiles à réaliser, même s’ils nécessitent parfois l’intervention d’un tiers.
Enfin, les conseils sont d’autant plus pertinents que provenant d’un auteur lui-même brillant orateur et professeur en communication expérimenté. Sa méthode pédagogique est claire, structurée et efficace.
Bref, je pense que "La parole est un sport de combat" est un guide précieux pour toute personne ayant peur de la prise de parole en public ou désireuse d’améliorer son art oratoire.
Si c’est votre cas, cet ouvrage peut vous aider à surmonter vos appréhensions et à gagner en confiance. "La parole est un sport de combat" est définitivement un livre qui vous réconciliera avec la prise de parole en public.
Les points forts et points faibles du livre "La parole est un sport de combat" de Bertrand Périer
Points forts :
La richesse et la variété du contenu.
L’approche pédagogique du livre.
Un contenu inspirant et motivant pour améliorer son art oratoire et gagner en confiance dans sa prise de parole en public.
Des résumés reprenant les points essentiels à la fin de chaque partie.
Point faible :
Les exercices qui nécessitent parfois la présence de complices et tierces personnes peuvent parfois freiner si l’on est seul dans son apprentissage.
Ma note :
★★★★★
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Format Poche :
- "L’ouverture du discours"
Par Éric Bah, 2021, 284 pages.
Résumé du livre "L’ouverture du discours" d’Éric Bah
Éric Bah, reconnu pour son expertise dans le domaine de la prise de parole en public, partage, dans cet ouvrage, tout son savoir pour nous aider à captiver un auditoire dès les premières secondes d'un discours.
Le livre est organisé en six grandes parties, chacune détaillant des techniques pour attirer l'attention, établir la connexion avec le public, susciter l'intérêt, lancer le sujet du discours, éviter les erreurs courantes et réussir sa prise de parole en public.
L'approche d'Éric Bah se base sur l'étude des besoins psychologiques de l'audience et la manière de répondre à ces besoins par le discours.
Les quatre points pour briller dès le début d'une prise de parole en public, selon Éric Bah
"L'Ouverture du Discours" est un ouvrage plébiscité. C'est une référence pour tous ceux qui souhaitent maîtriser l'introduction d'une prise de parole en public.
Il est le premier ouvrage de la trilogie phare d'Éric Bah sur l’art oratoire, tous best-sellers : "L’Ouverture du Discours", "La Structure du Discours", "Le Finale du Discours" (une version intégrale de cette trilogie a d’ailleurs été publiée en un seul volume, il s’intitule : "L’intégrale du discours").
Dans ce volume, l’auteur focalise sur le début du discours, son ouverture.
L’idée-maitresse à garder en tête, nous dit-il, c’est que la première impression est cruciale. Le secret alors, c’est d’arriver à captiver son public dans les 10 premières secondes de son élocution. Certes, c'est court, mais Eric Bah partage plein de pépites pour performer dans cet art.
Pour cela, l’auteur divise l'ouverture du discours en quatre missions cruciales, chacune répondant à un besoin fondamental de l'auditoire :
Attirer l'attention : il faut surprendre avec des déclarations étonnantes, des paradoxes intrigants, des questions rhétoriques captivantes, en créant du suspens ou même en exprimant une demande au public ou en utilisant des silences bien placés.
Établir une connexion émotionnelle avec votre public : montrez de l'intérêt pour eux, personnalisez votre discours, faites preuve d'humour et encouragez leur participation.
Susciter l'intérêt de l'auditoire : pour cela, répondez à leur question intérieure "Qu'est-ce que j'y gagne ?". Présentez des démonstrations, racontez des histoires, utilisez des supports visuels percutants et faites des promesses d'apprentissage.
Lancer le sujet clairement : cela rassure les auditeurs et répond à leur besoin de sécurité. Utilisez des statistiques, des citations, des événements passés ou des définitions pour encadrer votre discours.
Éric Bah met également en lumière 15 erreurs à éviter. Parmi celles-ci, il cite celle de commencer sans pause, d'improviser, de dire bonjour ou merci ou encore de s'excuser d'être là. Il propose également 15 outils incontournables pour y remédier et se donner toutes les chances d'une ouverture de discours réussie.
Mon avis sur le livre "L’ouverture du discours" d’Éric Bah
Si vous rêvez de marquer les esprits et de briller lors de vos prochaines prestations publiques, ne cherchez pas plus loin.
Qui que vous soyez, leader, conférencier, orateur amateur ou simplement parce que vous avez une prise de parole en public pour laquelle vous tenez absolument à briller et vous démarquer, ce livre vous aidera !
"L’ouverture du discours" est un ouvrage assez court et concis. Pour autant, son contenu est riche et pertinent, qui va à l'essentiel. Le partage de connaissances de l'auteur à propos de l’éloquence et de la rhétorique est complet.
Le livre regroupe une grande quantité et qualité d’informations. Éric Bah ne se contente pas de partager des conseils abstraits. Il propose aussi :
Des techniques concrètes, éprouvées, illustrées et clairement expliquées : ces techniques nous aident à structurer notre discours selon les besoins psychologiques de notre audience, assurant ainsi une connexion puissante avec notre auditoire.
De multiples exemples à travers de "vrais" discours analysés avec soin : nous pouvons ainsi nous exercer sur des cas pratiques et observer comment les grands orateurs ont réussi à captiver leur public.
Des ressources à consulter intéressantes et variées sur l'art oratoire pour compléter ses connaissances (audios, vidéos, textes...).
Bref, si vous cherchez à faire la différence lors de votre prochaine prise de parole en public et rêvez de laisser une impression inoubliable lors de vos élocutions, ne manquez pas l'occasion de vous plonger dans ce livre passionnant. Vous ne verrez plus jamais la prise de parole en public de la même manière !
Les points forts et points faibles du livre "L’ouverture du discours" d’Éric Bah
Points forts :
La pertinence, la richesse et la qualité du contenu.
Les exemples de discours nombreux et décryptés par l’auteur : ils rendent les principes théoriques concrets et sont une véritable base d'entraînement et d’analyse.
Les nombreuses références sur la prise de parole : supports audio et vidéo, livres, formations, leaders, conférenciers, etc. En plus d’être une plus-value, c’est un format original et différenciant.
Les touches d’humour de l’auteur rendent le contenu vivant, en restant extrêmement pertinent.
Point faible :
Je n’en vois point.
Ma note :
★★★★★
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Nous attendons avec impatience vos retours sur la façon dont ces livres vous ont aidé à transformer votre art oratoire. N'hésitez pas également à partager vos impressions sur ces ouvrages et à suggérer d'autres livres inspirants sur le thème de la prise de parole en public.
Cet article Art oratoire : 5 livres pour exceller en prise de parole en public est apparu en premier sur Des livres pour changer de vie.
November 16 2023, 5:00am
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J'ai publié sur des-livres-pour-changer-de-vie.fr
4 récits initiatiques pour entreprendre une quête spirituelle
Si vous recherchez des histoires envoûtantes qui vous poussent à réfléchir sur le sens que vous souhaitez donner à votre existence et qui participent à votre quête spirituelle, vous voilà au bon endroit !
Dans cet article, j'ai sélectionné quatre œuvres littéraires. Celles-ci sont toutes des références intemporelles en matière de récit initiatique. Les personnages de ces histoires traversent des épreuves et font des rencontres bouleversantes. En plongeant dans leurs aventures porteuses de sagesse, nous découvrons alors le processus de transformation personnelle et spirituelle qui s'enclenche chez eux.
C'est ainsi qu'au fil des pages, nous sommes amenés, nous aussi en tant que lecteur, à méditer sur notre propre chemin initiatique. Nous nous questionnons sur la voie à emprunter pour réaliser notre plein potentiel. Et comme ce sont des romans aux parcours passionnants, ces fables philosophiques ont, en plus, le pouvoir de nous captiver et de nous émouvoir.
Finalement, dans ces récits initiatiques, se trouve peut-être le début d'une véritable quête spirituelle à entreprendre. Un voyage intérieur pour reconnecter avec vous-même et votre nature authentique.
1."Le moine qui vendit sa ferrari"
Titre original : "The Monk Who Sold His Ferrari : A Remarkable Story About Living Your Dreams”
Par Robin S. Sharma, 2005, 288 pages.
Résumé et points clés du livre "Le moine qui vendit sa Ferrari" de Robin Sharma
Dans "Le moine qui vendit sa Ferrari", Robin Sharma raconte l'histoire de Julian Mantle, un avocat de renom submergé par l'excès de travail et une vie de luxe aliénante.
Un jour, ce dernier est victime d'une crise cardiaque en pleine audience. Cet évènement va marquer un tournant radical dans sa vie. Il décide alors de tout abandonner pour redonner du sens à sa vie et part en quête de sérénité dans l'Himalaya.
Cette aventure l’amène à rencontrer des moines himalayens. Ces sages vont lui enseigner des leçons de vie précieuses et sources de paix intérieure. C'est le début d'une véritable quête spirituelle et personnelle pour l'ancien avocat extravagant. À son retour en Occident, Julian partage son savoir nouvellement acquis avec son ancien collègue et ami, John.
Les pistes de travail développées dans le livre "Le moine qui vendit sa ferrari"
"Le moine qui vendit sa Ferrari" est un récit initiatique qui nous conduit à réfléchir sur le but de notre propre existence et nos modes de vies stressants et matérialistes.
L'auteur semble vouloir insister sur trois points précis. Le fait que nous devrions :
Reconsidérer nos priorités : le livre nous invite à questionner notre vie actuelle et à revoir nos priorités. Il met l'accent sur l'importance de la santé, de la paix intérieure et de l'équilibre vie privée/professionnelle.
Intégrer la sagesse des moines de l'Himalaya dans notre quotidien : le récit partage des enseignements spirituels et des techniques de développement personnel à travers la rencontre des moines de l'Himalaya et de Julian. Ces leçons peuvent être intégrées dans notre vie quotidienne pour favoriser notre bien-être et notre épanouissement personnel. Elles peuvent nous aider dans notre quête spirituelle.
Comprendre que donner un sens à notre vie est un processus : ce récit initiatique nous rappelle que donner un sens à sa vie n'est pas une fin en soi, mais un processus continu d'apprentissage et d'expérimentation.
Mon avis sur le livre "Le moine qui vendit sa Ferrari" de Robin Sharma
Parce qu’il est facile de se projeter dans le quotidien de Julian et John, personnages principaux du roman, il y a de fortes chances que vous vous retrouviez embarqué dans les mêmes réflexions et introspections que les leurs. Un voyage intérieur devrait alors commencer avec son lot de prises de conscience.
Au fil des pages, les questionnements universels de nos deux protagonistes trouvent écho en nous. Des perspectives nouvelles peuvent surgir naturellement, ainsi qu'un incroyable effet "booster". Car "Le moine qui vendit sa Ferrari" est un livre si inspirant qu'il en devient un véritable catalyseur de motivation.
À la fermeture du livre, on se sent galvanisé, enthousiasmé à l'idée de changer positivement et à passer à l'action. D'autant que le livre, en plus de faire réfléchir, offre des éléments pratiques pour mettre en œuvre des actions tangibles.
Au final, même si l'histoire peut sembler quelque peu "clichée" et manquer d'une dose d'originalité, Robin Sharma parvient à nous immerger dans son monde et à nous captiver. Sans même nous en rendre compte, nous découvrons, dans le même temps, de nombreux fondamentaux du développement personnel.
Aoinsi, si vous êtes au commencement de votre quête spirituelle ou de votre parcours de transformation personnelle, si vous désirez revisiter les bases ou si vous cherchez une source de motivation pour passer à l'action, alors n'hésitez pas. Ce récit initiatique, intemporel et classique dans le domaine, est fait pour vous !
Les points forts et points faibles du livre "Le moine qui vendit sa Ferrari" de Robin Sharma
Points forts :
Un livre qui suscite des prises de conscience, une réflexion profonde et invite à la transformation personnelle.
Des enseignements précieux présentés sous la forme d’une fiction agréable à lire et facile à comprendre.
À travers l’histoire, des actions concrètes et applicables immédiatement pour améliorer sa vie.
Points faibles :
Le style d'écriture pourrait sembler trop simpliste ou moralisateur aux lecteurs aguerris en matière de développement personnel.
Le livre peut paraître répétitif, mais cela semble être une volonté de l’auteur pour renforcer les concepts clés.
Ma note :
★★★★★
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2."L’Alchimiste"
Titre original : "O Alquimista"
Par Paulo Coelho, 1994, 189 pages.
L’histoire du livre "L’Alchimiste" de Paulo Coelho en quelques lignes
"L’Alchimiste" fait partie des livres phares du célèbre écrivain brésilien Paulo Coelho.
Dans ce récit initiatique, nous pouvons suivre les aventures épiques d'un jeune berger espagnol nommé Santiago.
Guidé par un rêve récurrent, Santiago abandonne tout : il quitte sa vie tranquille en Andalousie pour partir en quête d'un trésor caché près des Pyramides d'Égypte.
Mais le voyage de Santiago se transforme progressivement en une quête spirituelle, où il apprend à écouter son cœur et à suivre ses rêves. Au gré de ses rencontres, notamment avec un mystérieux roi et un sage alchimiste, Santiago découvre que le véritable trésor réside dans la capacité à donner un sens à sa vie, en suivant son cœur et en réalisant sa "Légende Personnelle".
Cinq idées à retenir du livre "L’Alchimiste"
Les livres de Paulo Coelho ont une renommée internationale. S’ils sont autant lus partout dans le monde, c’est sans doute grâce à la capacité de Paulo Coelho à transmettre des messages profonds à travers des histoires simples mais captivantes.
Dans "L’Alchimiste", l’auteur explore des thèmes de développement personnel tels que le sens de la vie et l'importance de poursuivre ses rêves. Et au fil de son parcours, Santiago réalise que ce voyage est bien plus que la quête d’un trésor : c’est une quête spirituelle. En tant que lecteur, nous nous identifions alors au héros et comprenons que nous devrions nous aussi suivre nos propres rêves.
Les 5 messages clés que vous pouvez retenir de l’histoire de "L’Alchimiste" peuvent être ainsi résumés :
Notre véritable trésor se trouve dans notre raison d'être : dans ce livre, Paulo Coelho nous enseigne que le véritable trésor n'est pas matériel, mais qu'il se situe dans la réalisation de notre "Légende Personnelle", de notre mission de vie.
L'essentiel est de poursuivre ses rêves : ce récit initiatique fait l'éloge de la quête de soi, en insistant sur l'importance d'écouter son cœur, de croire en ses rêves et de faire des efforts pour les réaliser.
L'évolution personnelle nécessite de savoir suivre sa voie : le parcours de Santiago symbolise l'évolution personnelle à laquelle nous sommes tous invités. Une évolution qui passe par l'acceptation du changement et le courage de suivre sa propre voie.
Le hasard n'existe pas : Santiago et l'Anglais, deux personnages du roman, partagent la conviction que rien n'arrive par hasard. Chaque événement, aussi petit soit-il, a un sens et fait partie d'un grand dessein.
Porter un regard émerveillé sur ce que l'on considère comme essentiel est une clé du bonheur : le vieux Roi, dans le roman, transmet à Santiago le secret du bonheur. C'est, selon lui, de regarder les merveilles du monde sans jamais oublier ce qui compte le plus à ses propres yeux.
Mon avis sur le livre "L’Alchimiste " de Paulo Coelho
"L'Alchimiste" fait partie des lectures incontournables pour tous ceux qui se demandent s'ils devraient réaliser ce rêve auquel ils aspirent depuis toujours.
Car si ce récit initiatique s’est vendu à plus de 85 millions d’exemplaires, c’est parce qu’il s'agit d'une histoire facile à lire, passionnante, tout en étant capable de nous faire réfléchir à l'importance que nous accordons, dans nos vies, à la réalisation de nos rêves.
Et pour l'auteur, c'est clair : il nous faut tous sortir de nos "pantoufles en béton". Nous devons chercher, à notre niveau, à concrétiser ces rêves bridés et inhibés par la peur.
En somme, la lecture de "L'Alchimiste" vous permettra de vivre une sorte de voyage d’auto-découverte et d’accomplissement personnel de façon rafraichissante. Elle vous motivera à accomplir vous aussi votre "Légende Personnelle". Après cette lecture, vous ressentirez probablement l'envie débordante de lister tous les projets enfouis par la routine et les années, pour oser les envisager et ainsi changer le cours de votre destin.
Les points forts et points faibles du livre "L’Alchimiste " de Paulo Coelho
Points forts :
La simplicité de la narration qui rend la lecture agréable et facile à suivre.
Une invitation à agir : le livre incite le lecteur à la réflexion personnelle sur sa propre existence et ses choix, mais aussi à passer à l'action pour donner un sens à sa vie en réalisant ses rêves.
Le message du livre est universel et parle à tout le monde, indépendamment de l'âge, du sexe, de la culture ou de la profession.
Point faible :
Le récit est court : certains considéreront cela comme une qualité, d’autres pourront peut-être avoir un sentiment d'inachevé et une envie d'explorer davantage les leçons du voyage de Santiago.
Ma note :
★★★★★
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3."L’âme du monde"
Par Frédéric Lenoir, 2012, 160 pages.
L’histoire du livre "L’âme du monde" de Frédéric Lenoir en quelques lignes
"L'Âme du monde" est un récit initiatique de Frédéric Lenoir, philosophe, sociologue et écrivain. L’auteur raconte l’histoire suivante :
Au cœur des montagnes tibétaines, un monastère mystérieux appelé Toulanka abrite une rencontre extraordinaire : sept sages venus des quatre coins du globe se sont rassemblés ici, conscients de l'imminence d'un cataclysme planétaire. Leur mission est cruciale : transmettre les clés de la sagesse universelle à deux jeunes adolescents, Tenzin et Natina.
Pour y parvenir, ces sept sages, bien que porteurs de traditions culturelles et historiques différentes, vont unir leurs forces. Pour cela, chacun s'appuie sur son expérience personnelle. Inspirés et guidés par une force bienveillante et harmonieuse que les anciens philosophes appelaient "l'Âme du monde", les sages vont entamer de longues discussions sur des principes universels : quel est le sens de notre existence ? Comment réussir notre vie et trouver le bonheur ? Par quels moyens concilier les aspirations de notre corps avec celles de notre esprit ? Comment découvrir notre véritable nature et libérer notre potentiel créatif ? Et surtout, comment passer de la peur à l'amour pour contribuer à la transformation du monde ?
Les messages de Frédéric Lenoir dans son livre "L’âme du monde"
Ce récit initiatique met finalement en évidence "sept clés de sagesse". Ces clés nous ouvrent la voie vers une quête spirituelle d'une façon accessible et concrète, au-delà des dogmes et cultures.
Ainsi, dans "L'Âme du monde" l’auteur partage, à mes yeux, trois idées majeures :
L’impermanence et le désir sont sources d’insatisfaction : Frédéric Lenoir insiste sur le fait que notre insatisfaction chronique provient de nos désirs matériels incessants et de notre incapacité à accepter l'impermanence de tout ce qui nous entoure. Nous devons accepter l’idée que les choses et les êtres qui nous entourent peuvent disparaître à tout moment. Et comprendre qu’il ne nous est pas possible d’obtenir tout ce que nous désirons sur le plan matériel.
Le développement personnel et la maitrise de soi sont essentiels à la contribution de notre bien-être : ce récit intiatique met en avant ce que nous devrions développer pour être heureux, à savoir l'amour, l'amitié, l'activité créatrice et la contemplation de la beauté du monde. Il nous met en garde contre les sentiments qui peuvent nous priver de notre liberté, tels que nos pulsions incontrôlables, les addictions, la colère destructrice et les angoisses paralysantes.
La grandeur de l'humain se caractérise par sa capacité à s’interroger sur le sens de l’existence : Frédéric Lenoir nous apprend que l'une des clés de la réussite est d'être attentif en toutes circonstances. C'est ainsi que l'on peut mieux comprendre et interagir avec "l'âme du monde". Selon lui, la grandeur de l’être humain, c’est qu’il est le seul être vivant qui puisse s’interroger sur la signification de son existence et lui attribuer une direction, un but.
Mon avis sur le livre "L’âme du monde" de Frédéric Lenoir
"L'Âme du monde" de Frédéric Lenoir est un récit initiatique qui nous entraîne dans un univers fascinant, captivant et plein de poésie.
Entre philosophie et conte traditionnel, le suspense reste présent jusqu'à la fin de l'histoire tout en nous procurant une réflexion profonde sur des principes universels. Non sans surprise, le style plaira donc à tous ceux qui se sont engagés dans une démarche de quête spirituelle. Mais plus globalement à tous ceux qui aiment les livres de développement personnel ou qui appellent à un voyage philosophique.
Si Frédéric Lenoir condense sa pensée en 7 principes clés dans l’histoire, les leçons de sagesse sont en fait bien plus nombreuses. Et en lisant "L'Âme du monde", impossible donc de s’empêcher de méditer sur nos idées ou de ne pas repenser notre vie.
Le livre nous invite enfin à plus d'humanité. Il met, en effet, en scène des personnages aux croyances différentes, qui finissent par se comprendre et partager pour créer, ensemble, un monde meilleur. En ce sens, il est un appel à la tolérance et au "vivre ensemble".
Vous l’aurez compris, "L'Âme du monde" est un livre inspirant, écrit par un auteur référent dans son genre. À savourer sans hésitation !
Les points forts et points faibles du livre "L’âme du monde" de Frédéric Lenoir
Points forts :
L’immersion totale dans un univers propice à la réflexion sur la question de la quête spirituelle.
Le style d'écriture captivant, clair et imagé.
La sagesse et la poésie.
La réflexion personnelle incontournable que suscite cette lecture.
Point faible :
La nécessité de se familiariser avec les noms des personnages, parfois complexes, et l’identification parfois difficile des sages lorsqu'ils prennent la parole.
Ma note :
★★★★★
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4."Et tu trouveras le trésor qui dort en toi"
Par Laurent Gounelle, 2016, 327 pages.
Le résumé du livre "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" de Laurent Gounelle en quelques lignes
"Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" est un roman qui combine un récit initiatique captivant et des outils de développement personnel.
Ainsi, Laurent Gounelle, écrivain français renommé, nous plonge ici dans l'histoire d'Alice. Cette jeune femme pétillante et audacieuse décide d'aider son ami d'enfance. Ce dernier, devenu prêtre de village, se désespère de la mince fréquentation de sa paroisse. En tant qu'athée et experte en communication, Alice décide d'intervenir... à sa façon.
Poussée par les circonstances, elle s'immerge alors dans le monde de la spiritualité. Du christianisme à l'hindouisme, du taoïsme au bouddhisme, Alice va découvrir une vérité universelle. Cette vérité concerne l'humanité et la clé de son épanouissement. Et c’est une vérité longtemps négligée par les religieux, qui s’est égarée au fil des siècles.
Quatre axes de travail proposés par Laurent Gounelle dans "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi"
La lecture du livre "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" permet de réfléchir à la façon de travailler sur son ego pour s’élever à un niveau supérieur.
Mais voici quatre points détaillés qui se dégagent du livre à ce propos :
Le mental et l'égo sont liés ; ils influencent profondément notre perception de nous-mêmes et de notre environnement. "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" nous invite à travailler sur cette relation pour améliorer notre bien-être.
Nos craintes infondées et notre désir de possession sont en fait les produits d'un égo qui cherche constamment à se renforcer. En travaillant sur ces aspects, nous pouvons arriver à nous libérer de nos peurs.
L'histoire met en évidence l'importance de l'estime de soi dans le processus de libération de l'égo. En cultivant une bonne estime de soi, il est plus facile de se détacher de l'égo.
L'auteur introduit l'idée que nos limitations sont souvent celles que nous nous imposons nous-mêmes. En changeant notre mentalité et notre perception, nous pouvons dépasser ces limites auto-imposées.
Ce récit initiatique fait réfléchir à notre quête spirituelle et notre position face à elle : l’auteur cherche en effet à faire ressortir la part de divinité que nous aurions tous en nous. Il tente ainsi d’apporter une définition universelle de "Dieu", loin de tout dogme religieux.
Mon avis sur le livre "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" de Laurent Gounelle
Le livre "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" est intéressant pour diverses raisons.
D'abord, il initie, chez le lecteur, une réflexion sur la spiritualité sous une forme drôle et romanesque. Les échanges entre les personnages nous poussent à nous questionner sur notre identité, notre égo, à méditer et à prendre du recul sur nos peurs et limitations avec beaucoup d'humour.
Ensuite, "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" introduit la notion d'une force supérieure loin des dogmes religieux. Il met en valeur l’idée de la divinité en nous. Aussi, la grande force de ce livre est qu'il fédère plutôt qu'il ne divise autour de la thématique de la quête siprituelle.
Enfin, le récit, bien qu'initiatique, est vif et inattendu. Il est agréable et facile à lire. C'est donc un livre que je conseille à tous ceux qui souhaiteraient réfléchir à des concepts complexes de façon simple et accessible.
Les points forts et points faibles du livre "Et tu trouveras le trésor qui dort en toi" de Laurent Gounelle
Points forts :
Un récit captivant, difficile à lâcher une fois commencé.
Beaucoup d'humour qui allège la densité des concepts abordés.
La richesse des références qui stimule la curiosité du lecteur.
Une manière inédite d’aborder les concepts de "Jésus" et de "Dieu".
Un message positif à ceux qui s'engage dans une "quête spirituelle".
Point faible :
Le format romancé peut rendre difficile la distinction entre la fiction et les faits avérés.
Ma note :
★★★★
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Format Poche :
Si ces récits initiatiques vous ont inspiré ou fait réfléchir, partagez votre avis dans les commentaires ci-dessous. Votre expérience de lecture et vos remarques sont précieuses. N’hésitez pas également à apporter votre contribution en recommandant, à votre tour, des lectures sur les sujets que sont la quête spirituelle et le récit initiatique.
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November 13 2023, 5:00pm

