Résumé du "Manifeste du capitalisme" de Robert Kiyosaki : un livre engagé de l'auteur de "Père riche, Père pauvre", dans lequel Kiyosaki cherche à démontrer tout l'intérêt individuel et collectif à suivre la voie capitaliste — intéressant, dérangeant parfois, mais indispensable !
Par Robert Kiyosaki, 2024, 504 pages.
Titre original : Capitalist Manifesto (2022).
Chronique et résumé du livre "Manifeste du capitalisme" de Robert Kiyosaki
Introduction
La définition du Parabellum ("Si tu veux la paix, prépare la guerre")
Robert Kiyosaki explique qu’à ce stade de sa vie, il a peu à gagner. En revanche, il risque beaucoup s’il publie un livre sur le capitalisme aujourd’hui.
Il s’interroge parce que le climat culturel lui paraît hostile. Il évoque notamment la Cancel Culture, les accusations de racisme et la censure des voix dissidentes.
L’auteur décrit des dirigeants passifs face aux émeutes, aux pillages et au slogan « defund the police ». Il critique aussi la réécriture de l’histoire, la destruction de statues et la diabolisation de symboles nationaux. Pour lui, cette dynamique menace la mémoire collective et la nation.
Robert Kiyosaki s’insurge contre les géants des médias capables de « déplateformer » même un président. Il voit dans ces pratiques une remise en cause profonde de la liberté d’expression. Il reproche aussi aux éducateurs de privilégier pronoms de genre et mots déclencheurs plutôt que l’éducation financière.
L’entrepreneur rappelle le succès mondial de Rich Dad Poor Dad (Père riche, Père pauvre) depuis 1997. Ce succès rend sa prise de position encore plus risquée, car il a beaucoup de réputation à perdre.
Il précise que ce livre ne porte pas sur la politique ni sur Donald Trump, même s’ils ont coécrit deux ouvrages. Il reconnaît toutefois que le pouvoir actuel pousse, selon lui, un agenda socialiste qui menace les libertés.
Robert Kiyosaki dit écrire pour défendre les marchés libres, le capitalisme et la Constitution américaine. Il voit les entrepreneurs comme une force capable de sauver le rêve américain et l’économie mondiale. Il veut combattre les idées communistes enseignées à l’école en diffusant le capitalisme dans les familles.
Il conclut en se posant une dernière question : qu’y a-t-il de plus important que l’argent ?Pour lui, la réponse est claire : la liberté.
Écoutez votre père
L'auteur rappelle que George Washington est souvent considéré comme le « père de son pays ». Washington avertit que sans liberté d'expression, les citoyens risquent d'être menés comme des moutons à l'abattoir. Robert Kiyosaki estime qu'en 2021, cette liberté disparaît derrière le politiquement correct et la censure culturelle.
Il dénonce la réécriture de l'histoire, les statues abattues et la surveillance accrue des réseaux sociaux. Il associe ces phénomènes à des idéologues qu'il juge racistes et à l'enseignement de la Critical Race Theory. Pour lui, ces dynamiques affaiblissent l'unité nationale et menacent la mémoire historique du pays.
George Washington met aussi en garde contre l'accumulation de dettes et l'usage excessif de la monnaie papier. Robert Kiyosaki voit dans la Réserve fédérale moderne un système corrompu, créant de l'argent et ruinant les épargnants. Il compare les plans de relance récents à l'hyperinflation de Weimar et au contexte ayant permis la montée d'Hitler.
Selon lui, avec une dette publique gigantesque, l'Amérique imprime désormais de l'argent fictif et se rapproche de la faillite. Chaque nouveau dollar augmente la dette plus vite que la richesse produite dans l'économie. Il compare cette situation à un drogué à l'héroïne, pour qui l'argent reçu accélère la destruction au lieu de sauver.
L'auteur rappelle que l'école ne nous apprend presque rien sur l'argent, alors qu'il structure chaque jour nos vies. Il se demande si cet oubli est accidentel ou s'il révèle une omission intentionnelle liée à un agenda politique. Sa conviction est claire : l'absence d'éducation financière sert ceux qui profitent du système.
En 1997, Robert Kiyosaki auto-édite Rich Dad Poor Dad après le refus des éditeurs new-yorkais. Ces éditeurs rejettent trois idées centrales de son père riche, qui contredisent la sagesse financière conventionnelle :
Les riches ne travaillent pas pour l'argent.
Ta maison n'est pas un actif.
Les épargnants sont perdants.
Pour lui, ces croyances expliquent pourquoi la majorité reste coincée dans la rat race salariale. Robert Kiyosaki estime que la plupart des éditeurs suivaient la philosophie de son pauvre père plutôt que celle du riche. Le pauvre père prône études longues, emploi stable, épargne et investissement boursier à long terme.
L'entrepreneur choisit l'autre voie et, avec Kim, atteint la liberté financière sans emploi, héritage ni loterie. En 1996, il crée le jeu de société CASHFLOW pour enseigner concrètement le capitalisme et les notions financières. Les écoles et certaines élites universitaires refusent le jeu, voire affirment que les femmes ne jouent pas.
Pour expliquer sa philosophie, Robert Kiyosaki rédige une simple brochure, qui deviendra finalement Père riche, Père pauvre.
Son pauvre père est un universitaire brillant, diplômé de grandes universités et devenu surintendant de l'Éducation à Hawaï. Il se présente en politique, perd, est blacklisté par le gouverneur et se retrouve sans emploi durable. Il finit par mourir pauvre, malgré un hommage tardif avec un doctorat honorifique qui reconnaît sa dévotion à l'éducation.
Robert Kiyosaki sert comme pilote de Marine au Vietnam avant de revenir voir son père en 1973. Son père lui conseille de reprendre des études, obtenir un master, puis un emploi sûr de pilote de ligne. L'auteur comprend alors que ce parcours respectable l'a conduit à la quasi-pauvreté et décide de changer de modèle.
Il se tourne vers son riche père spirituel, installé à Waikiki, pour obtenir un autre type de conseil. Rich dad lui recommande d'apprendre la vente, d'investir dans l'immobilier et d'utiliser la dette comme outil. Il l'encourage aussi à devenir entrepreneur, créer des emplois et payer légalement très peu d'impôts.
En 1974, Robert Kiyosaki quitte le Corps des Marines et s'engage pleinement sur la voie entrepreneuriale. Après le succès mondial du livre, il reçoit des lettres de haine pour avoir qualifié son père de « pauvre ». Avec Capitalist Manifesto, il sait qu'il sera attaqué et traité de réactionnaire pour qualifier son père de marxiste.
Il cite George Washington, qui met en garde contre l'adhésion précoce à des systèmes politiques étrangers mal compris. Selon l'auteur, les écoles américaines enseignent aujourd'hui la Critical Race Theory et des idées issues du marxisme. L'élection de 2021 en Virginie montre, selon lui, des parents réveillés qui rejettent ces programmes scolaires.
Robert Kiyosaki rappelle que le Manifeste communiste appelle à la révolution lorsque l'écart riches-pauvres devient trop grand. Il considère qu'au lieu d'enseigner aux gens à « pêcher », l'État américain se contente de distribuer toujours plus d'aides. Ce livre veut apprendre le capitalisme dans les familles, pendant que les écoles diffusent, selon lui, le communisme.
En 1965, à l'académie de la Marine marchande, il étudie Marx, Hitler, Mao et d'autres penseurs autoritaires. Il réalise alors que son pauvre père incarne une vision communiste, tandis que son riche père incarne le capitalisme. En voyant plus tard le Vietnam dévasté puis des magasins américains barricadés, il pense que ces avertissements se réalisent.
Attaché aux Marines, il choisit de lancer ce manifeste le jour anniversaire du Corps, le 10 novembre 2021. Il demande le soutien de son ancien camarade Jack Bergman, devenu général puis membre du Congrès. En entendant son « Semper fi », Robert Kiyosaki voit une confirmation qu'il est temps de défendre la liberté.
L'auteur affirme que trois institutions clés incarnent aujourd'hui le marxisme caché : la NEA, l'IRS et la Fed. Il veut les sortir de l'ombre, tout en rappelant que l'Amérique doit rester un pays de choix et de débats. En citant George Washington sur la parole libre et le courage, il demande s'il n'est pas temps d'écouter notre père.
Qui êtes-vous ?
L’auteur commence par demander au lecteur s’il est socialiste, marxiste, fasciste, communiste ou capitaliste. Il insiste sur la nécessité de définir clairement ces termes. Ces définitions serviront de base à tout le livre.
Le socialisme désigne, pour lui, un système où la communauté possède ou contrôle production, distribution et échanges. Dans la théorie marxiste, il représente une phase transitoire entre le capitalisme renversé et communisme. Il associe aussi le socialisme à des politiques publiques inspirées de cette logique.
Le marxisme regroupe les théories politiques et économiques de Marx et Engels, prolongées par leurs disciples. Il explique le changement social par les facteurs économiques et les moyens de production. Marx et Engels annoncent une révolution prolétarienne et une société communiste sans classes.
Le communisme défend la propriété collective et la fin de la propriété privée individuelle. L’auteur rappelle les régimes issus de cette idée : URSS, Europe de l’Est, Chine, Cuba, Vietnam, Corée du Nord. Il souligne l’écart entre la théorie d’un État appelé à « dépérir » et la réalité d’États omniprésents.
Le fascisme est présenté comme un système autoritaire, nationaliste et intolérant. Il met en avant la suprématie d’un groupe national ou racial et le culte d’un chef puissant. L’auteur cite Mussolini, Hitler et Franco comme exemples historiques.
La démocratie repose, pour lui, sur le gouvernement du peuple par des représentants élus.
Le capitalisme se définit par la propriété privée des entreprises et la recherche du profit. Le commerce et l’industrie y sont contrôlés par des acteurs privés plutôt que par l’État.
Robert Kiyosaki oppose ensuite Capitalist Manifesto au Manifeste communiste. La propriété privée est au cœur du capitalisme, alors que Marx et Engels veulent l’abolir. Il rappelle leurs avertissements sur la démocratie menant au socialisme et sur le rôle des révolutions.
L’auteur cite une prédiction attribuée à Marx sur l’endettement massif des travailleurs. Selon cette vision, la dette excessive conduit à la faillite des banques, puis à leur nationalisation. Ce processus ouvrirait la voie à un système communiste piloté par l’État.
Rich dad pose une question centrale : pourquoi il n’y a pas d’éducation financière à l’école. L’auteur rapproche cette absence des citations de Lénine, Staline, Hitler et Mao sur l’endoctrinement par l’éducation. Il laisse entendre qu’un contrôle idéologique commence dès l’enfance.
Robert Kiyosaki rapporte un sondage de 2020 de la Victims of Communism Memorial Foundation. 40 % des Américains, et près de la moitié des Millennials et Gen Z, ont une vision favorable du socialisme. Dans le même temps, le soutien au capitalisme baisse légèrement et une majorité privilégie la liberté à la sécurité.
Première partie : Vue d’ensemble du capitalisme et du communisme
Chapitre 1 : On nous avait prévenus
Nikita Khrouchtchev avertit en 1959 que les Américains finiront sous le communisme par petites doses de socialisme. Robert Kiyosaki relie cet avertissement à son retour du Vietnam, en 1973. À son arrivée, il découvre un pays hostile aux soldats, entouré de manifestants qui les insultent.
De retour sur la base, il voit des familles heureuses, mais aussi des Marines accueillis par des avocats avec des papiers de divorce. Il raconte la détresse d’un ami pilote, quitté par sa femme pendant la guerre. Pour lui, la guerre la plus dure commence dans l’Amérique déchirée et politisée qu’il retrouve.
À Honolulu, son pauvre père vient le chercher en silence. La famille, autrefois engagée dans le Peace Corps, désapprouve son engagement dans les Marines. L’atmosphère reste tendue, sur fond de guerre impopulaire et de désaccords politiques.
L’auteur rappelle que son père est surintendant de l’Éducation et dirige le syndicat des enseignants. Il associe les syndicats à la tradition marxiste, en citant le slogan « Workers of the world, unite ». Pour lui, la NEA illustre ce marxisme, en privilégiant pouvoir et argent plutôt que l’éducation.
Il cite des articles de Forbes et d’autres médias conservateurs qui accusent la NEA de corrompre l’école publique. Selon ces critiques, le syndicat protège les enseignants, bloque les réformes et fait grimper les coûts sans améliorer la qualité. L’auteur voit dans cette institution une force qui sabote l’apprentissage réel.
Adolescent, il assiste aux réunions syndicales chez ses parents et conclut que la priorité n’est pas l’élève. À l’inverse, son riche père fait face à une grève de ses employés, soutenue par le syndicat. Quand Robert traverse les piquets de grève pour l’aider, son pauvre père le traite de « scab », de traître.
En 1969, il refuse d’adhérer au syndicat des officiers de la marine marchande, par rejet du marxisme. Il choisit plutôt le Corps des Marines pour combattre les marxistes au Vietnam. Il se retrouve ainsi en opposition frontale avec la vision syndicale et politique de sa famille.
Plus tard, les divisions resurgissent autour de Donald Trump : lui et son frère le soutiennent, ses sœurs votent Biden. L’auteur évoque les polémiques sur Dominion Voting Systems et les accusations de fraude électorale. Il cite Staline et Hitler pour dénoncer, selon lui, la manipulation des votes et de la vérité.
Il raconte une interview où il déclare qu’il aurait pu « tuer des communistes » en tirant sur l’hôtel de ville, parole qu’il regrette. Pour lui, cela illustre à quel point la colère contre le communisme s’est invitée à l’intérieur même du pays. Il suggère que beaucoup « ne supportent pas la vérité ».
L’auteur se demande si le Manifeste communiste infiltre l’Amérique via l’école et les enseignants. Il note que de nombreux parents contestent aujourd’hui les programmes, notamment la Critical Race Theory. Il rappelle la mise en garde d’Einstein sur ceux qui négligent la vérité dans les « petites choses ».
Robert Kiyosaki répète alors l’avertissement de Khrouchtchev sur le socialisme administré par petites doses. Il relie cet avertissement au COVID-19, qu’il voit comme une « pause » pour réfléchir. Il pose une série de questions : les Américains sont-ils crédules, déjà socialisés, et leur économie affaiblie ?
Il accuse la NEA de « perfuser » le marxisme dans l’école, comme un opioïde idéologique. Il rappelle que des parents contestataires sont parfois assimilés à des « terroristes domestiques ». Il cite des articles relatant un mémo de Merrick Garland demandant au FBI de surveiller les menaces contre les conseils scolaires.
Pour l’auteur, ses outils capitalistes sont le jeu CASHFLOW et le livre Rich Dad Poor Dad. Ils servent à enseigner le capitalisme à la maison pour contrebalancer un enseignement scolaire qu’il juge marxiste. Il voit ces outils comme des armes éducatives dans une bataille idéologique.
Enfin, il aligne des citations de Marx, Lénine, Staline, Mao et Hitler sur le contrôle de l’éducation. Selon lui, ces dictateurs ont compris que l’école façonne les esprits et donc le système politique. Capitalist Manifesto veut, à l’inverse, aider les citoyens à reprendre le contrôle de l’éducation, de l’économie et de leurs libertés.
Chapitre 2 : Une autre éducation
L’auteur se souvient de l’essai nucléaire de 1962 à Hawaï, ciel rouge sang et peur d’une guerre atomique. Il relie cette angoisse aux menaces du communisme et aux propos de Khrouchtchev sur les « petites doses de socialisme ». Les exercices absurdes “sous le pupitre” lui montrent déjà le décalage entre réalité et discours officiel.
Plus tard, il compare cette situation aux débats sur le COVID-19, les masques et la fermeture des écoles. Il cite des responsables politiques qui veulent rouvrir les classes et accusent les syndicats d’enseignants de bloquer. Pour lui, la crise sanitaire révèle une école coûteuse, inefficace et idéologisée.
L’auteur évoque ensuite l’augmentation du décrochage scolaire pendant la pandémie, aux États-Unis et dans le monde. Ne pas finir le lycée réduit fortement le revenu futur des jeunes. Il y voit une bombe sociale silencieuse.
Il décrit la crise des prêts étudiants : dette colossale, difficilement effaçable par la faillite. Les familles aisées peuvent aider leurs enfants, les familles pauvres restent piégées. Candace Owens illustre cette impasse en parlant d’un diplôme cher, sans compétences pratiques.
En parallèle, il dénonce les bailouts de 2008, qui sauvent les banques mais pas les citoyens endettés. Il s’appuie sur G. Edward Griffin et la notion de « moral hazard » : les dirigeants prennent des risques, sachant qu’ils seront sauvés. Les étudiants, eux, portent à vie une dette que l’État a contribué à créer.
L’auteur critique la politique d’Obama sur les prêts fédéraux, qu’il juge inflationniste et irresponsable. Il cite des éditoriaux qui accusent la Maison-Blanche d’encourager l’irresponsabilité et d’alourdir la facture pour les contribuables. Pour lui, cette mécanique affaiblit l’économie, comme Khrouchtchev l’avait annoncé.
Robert Kiyosaki attaque aussi Black Lives Matter, dont certaines fondatrices se disent marxistes. Selon lui, limiter le discours à « Black Lives » est en soi raciste, car toutes les vies comptent. Il relie ce mouvement, ainsi que le 1619 Project, à une réécriture marxiste de l’histoire américaine.
Il rappelle l’histoire de sa propre famille japonaise-américaine : internement, biens confisqués, oncles prisonniers ou héros du 442e bataillon. Personne ne réclame de réparations, contrairement aux débats actuels sur l’esclavage. Il s’interroge : pourquoi certaines victimes seraient indemnisées et d’autres non ?
L’auteur liste ensuite des intellectuels noirs conservateurs, en particulier Thomas Sowell. Il résume sa trajectoire : Marine en Corée, Harvard, économiste prolifique au Hoover Institution. Il reprend ses critiques de l’idéologie progressiste, de la rhétorique sans faits et de l’endoctrinement scolaire.
Pour contrer ce qu’il appelle l’endoctrination marxiste. Il oppose les valeurs militaires – mission, honneur, discipline – à la culture des « snowflakes », des triggers et de la victimisation. Les mots deviennent des armes : soit pour renforcer la responsabilité, soit pour nourrir le ressentiment.
Enfin, l’auteur raconte son propre parcours scolaire chaotique, ses échecs et son rejet de l’université classique. Son père défend sa liberté de penser autrement, mais refuse de financer des études sans projet. Grâce aux écoles militaires et à la Marine, il choisit la « route moins fréquentée », la discipline et, plus tard, l’entrepreneuriat plutôt que la voie universitaire standard.

